#1385 – Envigado FC : la Cantera de Héroes

La carrières de héros, qui s’affiche fièrement en tête de son écusson. A la fin de la saison 2025, la relégation du club en seconde division pouvait apparaître comme un désastre qui dépassait la simple douleur ressentie par la ville et ses fans. Car cette dégradation, résultat d’une gestion calamiteuse et de mauvais choix tactiques, pouvait sonner le glas de la cantera de héroes, ie du club connu pour être l’un des plus importants viviers de talents du pays. L’équipe d’Antioquia a formé des joueurs pour son équipe première qui s’expatrièrent par la suite dans de nombreux grands clubs et devinrent des éléments fondamentaux de l’équipe nationale. Juan Fernando Quintero, Giovanni Moreno, Matheus Uribe, Freddy Guarín, Dorlan Pabón, Neider Morantes, Frank Fabra, Yaser Asprilla et Jhon Jader Durán sortirent des rangs de son académie et son fer de lance reste James Rodríguez, qui, du haut de ses 16 ans, marqua 11 buts en 15 matchs et sauva le club de la faillite.

Cette réussite n’est pas le fruit du hasard puisque le club a construit un parcours structuré pour accompagner l’éclosion de jeunes talents. Le programme commence dès l’age de deux ans et s’appuie sur des entraineurs expérimentés. Ainsi, en 2020, l’académie comptait 430 jeunes âgés de 2 à 12 ans et 380 enfants au-delà de 12 ans, permettant à l’institution d’être présente dans toutes les catégories de la Ligue de football d’Antioquia, en plus de trois équipes (moins de 15, 17 et 20 ans) dans les tournois nationaux. 40 entraineurs, préparateurs physiques et psychologues entre-autres sont chargés de façonner ces jeunes. En outre, le programme « 25 héroes de proyección » (25 héros en devenir) repère les individus les plus remarquables dans tous le pays et leur permet de venir suivre une formation à Envigado.

L’Observatoire du football CIES reconnut le travail effectué par l’équipe. En 2022, au sein de 15 ligues (dont les 5 principales européennes), le club d’Envigado s’inscrivait parmi les vingt meilleurs clubs formateur au monde. En Décembre 2025, Envigado était le 4ème club à compter le plus de joueurs formés au club au sein de son équipe première (sur 50 ligues, 799 équipes et 24 034 joueurs).

#1020 – Manchester United : Busby Babes

Les enfants de Busby. La Seconde Guerre Mondiale interrompit le championnat d’Angleterre pendant près de 7 ans. D’ailleurs, en 1941, le stade Old Trafford fut gravement endommagé lors d’un raid aérien allemand. Au lendemain de la guerre, pour relancer le club mancunien, la direction nomma à la tête de son équipe l’écossais Matt Busby. Ancien ailier droit de Manchester City pendant 8 ans, ce dernier se vit proposer un poste d’entraineur adjoint à Liverpool. Mais, souhaitant appliquer sa vision sans contrainte, il refusa Liverpool pour rejoindre Manchester United où il obtint les pleins pouvoirs (gestion des entrainements, transferts, compositions d’équipe). Outre un style de jeu offensif, Busby était convaincu qu’une politique de formation de jeunes talents était la clé du succès sur le long terme. Il créa ainsi un réseau de dépisteurs de jeunes joueurs et, secondé par Jimmy Murphy, les fit émerger au plus haut niveau. Après un premier cycle où Manchester cumula les places d’honneurs (vice-champion en 1947, 1948 et 1949, et victoire en FA Cup en 1948, le premier trophée majeur du club depuis 37 ans), Busby poursuivit sa politique avec une seconde vague de talents qui offrirent au club une période dorée (3 titres de champion en 1952, 1956 et 1957). Plusieurs exemples témoignent de la jeunesse de l’équipe fanion ou encore de la qualité de la formation. Le 28 novembre 1953, face à Portsmouth, en championnat, l’équipe de Manchester comptait 7 joueurs de moins de 22 ans. L’âge moyen des équipes de 1955-1956 et 1956-1957 qui furent sacrées championne n’était respectivement que de 21 et 22 ans. En 1952, la FA Youth Cup fut lancée et Manchester United écrasa la concurrence en remportant les cinq premières éditions. Malheureusement, en février 1958, l’accident aérien de Munich, où 8 joueurs perdirent la vie, mit un terme à cette époque. Matt Busby décida de relancer une nouvelle génération mais en modifiant de surnom, Busby Babes rappelant alors un évènement tragique.

Ainsi, nombres de joueurs sortirent des rangs de l’académie mancunienne : Geoff Bent (1948-1958), Johnny Berry (1951–1958), Jackie Blanchflower (1949-1958), Roger Byrne (1949-1958), Bobby Charlton (1953-1973), Eddie Colman (1952–1958), John Doherty (1952–1957), Duncan Edwards (1952–1958), Bill Foulkes (1950-1970), Mark Jones (1950–1958), Wilf McGuinness (1953–1959), Kenny Morgans (1956–1961), David Pegg (1952–1958), Albert Scanlon (1953–1960), Tommy Taylor (1953–1958), Dennis Viollet (1949–1962), Liam Whelan (1952–1958) et Ray Wood (1949–1958). L’expression apparut pour la première fois dans la presse écrite en 1951 sous la plume de Frank Nicklin, sous-rédacteur en chef du Manchester Evening News. Il inventa le surnom pour décrire deux jeunes joueurs (Jackie Blanchflower (18 ans) et Roger Byrne (22 ans)) qui débutèrent leur carrière lors d’un match face à Liverpool le 24 novembre 1951. Le terme se démocratisa avec la génération de joueurs qui remportèrent les titres de 1956 et 1957.

#1009 – Zhejiang FC : 中國阿賈克斯

L’Ajax chinois. La comparaison avec le club néerlandais de l’Ajax ne se focalise pas sur le style de jeu, le club chinois n’ayant jamais été remarqué pour pratiquer le football total ou un autre jeu offensif. En réalité, Zhejiang est connu pour sa formation, une compétence qui faisait défaut dans un football chinois qui loucha trop longtemps sur l’importation de pseudo-stars européennes. Fondé en 1998 par la volonté de deux sociétés immobilières, de l’Université Zhejiang et de la ligue provinciale, le club posséda au départ que des équipes de jeunes. Un an après sa création, il comptait déjà des équipes des U13 à U19. Mais il se pourvut rapidement d’une équipe sénior, qui débuta au 3ème échelon national.

Depuis sa création, la formation demeure une pièce maitresse du projet du club et un soutien important à sa subsistance en temps de crise financière (comme en 2016 suite à la relégation du club en 2ème division). Le club investit 140 millions de yuan dans une académie de formation en 2004 avec des installations modernes (10 terrains de football à 11, 2 à 5 et une piscine) et exporta nombres de ses jeunes parfaire leurs éducations sportives en Europe, notamment en Bulgarie et dans les pays de ex-Yougoslavie. Zhejiang a continuellement fourni des talents au football chinois, plus de 160 joueurs du club ayant fréquenté les diverses équipes nationales chinoises. Récemment, le gardien Zou Dehaï, les défenseurs Shi Ke et Zhao Yuhao, l’attaquant Zhang Yuning et le milieu Xie Pengfei sont passés par les classes de jeunes de Zhejiang. Et si le club est comparé à l’Ajax, ses méthodes d’entrainement et de formation s’inspirent toujours du japonais, Takeshi Okada, qui fut l’entraineur de l’équipe première de 2011 à 2013. Zhejiang possède même une base d’entrainement au Japon où se rendent ses jeunes en formation.

#987 – Diambars FC : Diambars

Les champions, les guerriers en wolof. Le sens du terme n’est pas celui de la guerre, de la compétition et la victoire potentiellement associée. Un diambar se dit d’une personne déterminée, qui ne baisse pas les bras, qui veut atteindre ses rêves. Cette rage de vaincre est pour lui-même car accompagnée d’humilité et de respect. Le nom du club a donc du sens, une signification chère et voulue par les 4 fondateurs du club (qui désignèrent spécifiquement le club ainsi). Dans les années 1990, le gardien international français Bernard Lama et le défenseur international béninois Jimmy Adjovi-Boco évoluaient au RC Lens et souhaitaient rendre à la jeunesse africaine ce que le football leur avait donné. Leur volonté était de créer une structure qui permettrait à la jeunesse africaine de s’éveiller par le football. Ainsi, cet institut ne devait pas être simplement une filière de formation d’excellence pour alimenter le football européen mais il devait offrir une formation sportive aux enfants tout en leur permettant d’avoir accès à un niveau d’éducation et de culture suffisant. Pour les deux compères, le centre devait aussi bien promouvoir des footballeurs professionnels que des avocats et des médecins.

Leur rêve prit forme en 2003 à Saly, à 80 km de la capitale sénégalaise, Dakar, avec l’aide de l’entrepreneur local Saer Seck et du milieu international français (d’origine sénégalaise) Patrick Vieira et co-financé par la région des Hauts-de-France, l’Etat français et le conseil général des Hauts-de-Seine. Aujourd’hui, le centre compte plus d’une centaine d’élèves, 5 terrains synthétiques, un terrain en herbe, 2 terrains de basket … . Après avoir dominé les championnats régionaux, l’équipe première obtint le statut professionnel en 2009, remporta le championnat de 2ème division en 2011 et enfin toucha le graal, le titre national en 2013. L’institut multiplie les projets aussi bien sur le sol africain (Afrique du Sud) comme en France. Tous les élèves rêvent de suivre les pas d’Idrissa Gueye, le premier alumni à avoir signer un contrat professionnel en Europe et connaître une grande carrière (LOSC, Aston Villa, Everton, Paris). Et si l’objectif n’était pas d’être une usine à champion, une vingtaine de jeunes poursuivent aujourd’hui une carrière professionnelle en Europe et les autres possèdent une base de connaissances solide pour évoluer vers d’autres métiers. Tous se battent pour atteindre leurs rêves. Ce que voulaient Jimmy Adjovi-Boco et Bernard Lama au début des années 90.

#952 – Danubio FC : la Universidad del Fútbol Uruguayo

L’académie du football uruguayen. Un autre surnom équivalent est également utilisé, la cuna de crácks (le créateur de cracks). Ce slogan apparaît clairement en sous-titre du nom du club sur son site internet. Derrière les deux clubs dominants du football uruguayen, Peñarol et Nacional, Danubio est parvenu à se faire une petite place. D’une part par son palmarès. Depuis son apparition dans l’élite en 1948, le club ne connut que 3 saisons en seconde division. Il remporta également 4 titres de champion lors des saisons 1988, 2004, 2006-2007 et 2013-2014. D’ailleurs, il fut le dernier champion uruguayen autre que le Peñarol et le Nacional. D’autre part, Danubio est une véritable usine à champion. En effet, de ces rangs sortirent de nombreux grands joueurs et sa formation est reconnue dans tout le pays. Tout commença avec l’attaquant Carlos Romero qui fut formé à Danubio et y joua toute sa carrière (1947-1962). Il fit parti de l’équipe nationale championne du monde en 1950. Avec lui, Danubio pouvait également compter sur Raúl Bentancor. Il faut aussi citer Héctor « Lito » Silva, Lorenzo Carrabs, Sergio Santín, Eliseo Rivero, Javier Zeoli, Gustavo Dalto, Jadson Viera, Juan Pedro Ascery (qui réalisa une grande partie de sa carrière en France), Ignacio María González, Eber Moas et Pablo Lima Olid. Parmi les footballeurs plus récents, multiples capés de la sélection nationale, il y a les attaquants Marcelo Zalayeta, Ernesto Chevantón, Diego Perrone, Edgar Borges et Cristhian Stuani ainsi que le gardien Fabián Carini et les milieux Walter Gargano et Rubén Pereira. Des joueurs actuels ont également été formé par Danubio comme Cristian Marcelo González, Marcelo Saracchi, Camilo Mayada et José María Giménez. Tous sont des membres réguliers de la sélection nationale. Mais, surtout, 4 grandes stars récentes sont des pures produits de la formation danubienne : les attaquants Edinson Cavani, Diego Forlán (qui passa 3 saisons dans les équipes junior du club même s’il ne débuta pas dans l’équipe professionnelle), Rubén Sosa et Álvaro Recoba.

#927 – Tromsø IL : Gutan

Les garçons. Club norvégien fondé le 15 septembre 1920, il s’agit d’un des plus septentrionales au monde. Situé à plus de 1 700 km par la route de la capitale Oslo, il faut plus de 21 heures pour relier les deux villes. Autant dire que cela n’a pas facilité le développement de cette association sportive nordique. D’ailleurs, jusque dans les années 1950, les clubs du Nord du pays ne pouvaient pas participer aux ligues nationales et il fallut attendre 1963 pour qu’ils puissent enfin concourir en Coupe de Norvège. Tromsø attendit les années 1980 pour parvenir dans l’élite norvégienne. Depuis, le club a pu glaner quelques titres (2 Coupes de Norvège en 1986 et 1996), truster quelques places menant aux joutes européennes et finalement s’installer durablement dans le paysage footballistique norvégien.

Néanmoins, situé dans le grand nord, exclu des compétitions nationales jusqu’au milieu du XXème siècle, il n’était pas évident de recruter des joueurs. Naturellement, le club se porta sur la formation pour constituer et renforcer ses équipes. Il investit donc dans son académie et Tromsø devint un fournisseur de joueurs pour les clubs huppés de l’Eliteserien (la première division norvégienne) ou l’équipe nationale. Le dernier en date est Bryan Fiabema, jeune attaquant de 19 ans, acheté par Chelsea. Mais, parmi les plus connus, des joueurs comme Steinar Nilsen (ex-Milan et Napoli), Morten Gamst Pedersen (ex-Blackburn) et Roger Nilsen (ex-Sheffield United et Tottenham) passèrent dans les rangs de Tromsø. Ce fut aussi le cas pour Sigurd Rushfeldt, Arne Vidar Moen, Nils Solstad, Lars Iver Strand, Ole Martin Årst, Truls Jenssen, Bjørn Johansen, Jonas Johansen et Runar Espejord. Ces jeunes joueurs qui se succédèrent dans la formation donnèrent ce surnom de gutan.

#917 – Leixões SC : os Bébés do Mar

Les bébés de la mer. Résidant dans la ville de Matosinhos, Leixões est un club omnisports fondé le 28 novembre 1907, l’un des plus vieux du Portugal. Son surnom se compose de deux aspects : les bébés d’un côté et la mer de l’autre. Commençons par la mer. Située face à l’Océan Atlantique et au nord de Porto, Matosinhos offrait un terrain favorable aux activités maritimes. En effet, sur une côte souvent tourmentée par les tempêtes et le brouillard, la crique de Leixões constituait un refuge idéal pour les marins, dès l’antiquité romaine. En 1812, le marin et homme politique portugais, Marino Miguel Franzini écrivait alors à propos de Leixões « talvez seja este o único ponto desta costa que oferece algum abrigo às embarcações acossadas pela travessia » (c’est peut-être le seul point de cette côte qui offre quelque abri aux navires harcelés par la traversée). Ainsi, les activités portuaires se développèrent rapidement et à la fin du XIXème siècle, un port moderne émergea à l’embouchure de la rivière Leça (Les travaux de construction commencèrent le 13 juillet 1884, furent dirigés par l’ingénieur français Wiriot et se terminèrent en février 1895). Plus grand port artificiel du Portugal, il est le débouché maritime naturel pour la production industrielle du grand Porto. Dénommé Porto de Leixões, 25% du commerce international portugais transitent par ses 5 kilomètres de quai, pour environ deux mille cinq cent navires, plus de 400 000 containers et 16 millions de tonnes de marchandises par an. Leixões est l’un des ports les plus compétitifs et polyvalents du pays. Egalement port de croisière, avant le Covid, il accueillait près de 100 000 voyageurs pour une centaine de navires. Naturellement portée vers la mer, l’économie de Matosinhos repose également sur les activités de pêche.

Les bébés rappellent une formidable épopée d’une bande de « gamins » qui représentèrent brillamment Leixões et ramenèrent le seul trophée de la section football. Club à faible moyen, Leixões s’attacha à former des jeunes pour renforcer l’équipe première. Au début des années 1960, des jeunes nés à Matosinhos et formés à Leixões comme Raul Machado et Jacinto Santos intégrèrent l’équipe première. A l’issue de la saison 1959-1960, Leixões monta en première division portugaise. En 1961, l’équipe réalisa un formidable parcours en Coupe du Portugal. Après avoir éliminé en demi-finale, le tenant du titre, Belenenses, Leixões devait affronter en finale ses voisins et rivaux du FC Porto. Match totalement contrasté entre le puissant Porto (déjà vainqueur de 5 championnats et 2 coupes nationals) et le petit club de banlieue, ce déséquilibre était accentué par le lieu de la finale. Comme usuellement, elle devait se dérouler à l’Estádio Nacional, à Lisbonne mais le FC Porto, arguant que les deux clubs étaient de la région de Porto, la fit délocaliser dans son antre, l’Estádio das Antas. La légende raconte qu’à la veille du match, les joueurs du FC Porto portaient un toast en l’honneur de la conquête d’un futur trophée et que les moins prévoyants s’endettaient en prévision du probable pari remporté. Pire, le périodique « Norte Desportivo » lançait en avance le tirage du journal en titrant sur la victoire du FC Porto. Mais, à la surprise générale, Leixões tint tête au FC Porto et, en seconde période, en l’espace de deux minutes, marqua deux buts par l’intermédiaire de Silva et Oliveirinha. Leixões remportait son premier et unique trophée. L’année suivante, le club atteignit les quart-de-finale de la Coupe d’Europe des vainqueurs de coupe. Les joueurs de Leixões furent alors surnommés par le journaliste Alfredo Farinha, os bébés do mar. Cette génération marqua le début de la politique de Leixões qui en fit l’un des bastions de la formation des joueurs au Portugal. De ses rangs sortirent des joueurs tels que Chico Faria, Jacinto, Folha, Fonseca, Tibi, Tozé.

#893 – West Ham United : the Academy of Football

L’académie de football. Si les nombreux clubs londoniens affichent des moyens financiers importants, et pas seulement ces dernières années, la formation a toujours fait parti de leur stratégie. En la matière, l’un des clubs s’est particulièrement distingué, West Ham United. Sa formation est reconnue comme l’une des plus performante du pays. Avec l’afflux de nombreux joueurs étrangers en Premier League, West Ham United demeure toujours comme l’un des rares clubs formateurs.

Dans les années 1950 et 1960, le club alignait une équipe composée de nombreux jeunes formés en son sein. En effet, quand le nouveau manager Ted Felton prit le club en main en 1950 en seconde division, il comprit que le manque de moyens du club ne lui permettrait pas de décoller. Dans son autobiographie, « Home With the Hammers », Fenton écrivait : « The only way to build the club was youth. There were lots of good players around, but I had no money to buy the key players we needed. There was always the problems of running a club on a shoe-string. » (La seule façon de construire le club était la jeunesse. Il y avait beaucoup de bons joueurs, mais je n’avais pas d’argent pour acheter les joueurs clés dont nous avions besoin. Il y avait toujours les problèmes de gestion d’un club avec peu de moyens). Ainsi, avec le soutien de son président, Reg Pratt, et du dépisteur en chef du club, Wally St. Pier, une politique et un programme de développement des jeunes commencèrent à être mis en œuvre. Cette stratégie conduisit à l’avènement de nombreux joueurs tels que Ken Brown, Malcolm Musgrove et John Bond mais surtout, d’une génération dorée, à la fin des années 1950, comprenant Geoff Hurst, John Smith, John Lyall, Ronnie Boyce et Martin Peters et emmenée par le légendaire défenseur Bobby Moore. Mais, au-delà de la formation, avec la contribution considérable du joueur Malcolm Allison, Fenton infusa auprès des joueurs une nouvelle approche moderne du football. Ils introduisirent des régimes alimentaires pour améliorer leur niveau de performance et encouragèrent les joueurs à passer du temps ensemble en dehors du terrain et à discuter leurs tactiques. Ils s’inspirèrent des méthodes d’entrainement des équipes continentales, et notamment de la fameuse équipe hongroise de Ferenc Puskás. Ces concepts innovants furent connus sous le nom de The West Ham Way.

En 1961, Fenton céda sa place à Ron Greenwood, qui va poursuivre le travail. Lors de la Coupe du Monde 1966, 3 joueurs formés à West Ham, Bobby Moore, Geoff Hurst et Martin Peters, constituèrent l’ossature de l’équipe nationale. Capitaine de la sélection aux 3 lions, Moore fut décrit par Pelé comme le plus grand défenseur contre lesquels il avait joué. Lors de la finale face à l’Allemagne de l’Ouest, remporté 4 buts à 2 par les anglais, Hurst resta célèbre pour son hat trick, complété par un but de Peters. Les fans de West Ham chantèrent alors « I remember Wembley/When West Ham beat West Germany/Peters one and Geoffrey three/And Bobby got his OBE! » (Je me souviens de Wembley/quand West Ham a battu l’Allemagne de l’Ouest/Peters un et Geoffrey trois/et Bobby a obtenu son OBE – ordre de chevalerie britannique). Depuis, l’académie de West Ham a continué à produire de nombreux joueurs professionnels, dont Frank Lampard Senior, Trevor Brooking, Clyde Best, Paul Ince, Tony Cottee, Frank Lampard, Rio Ferdinand, Jermain Defoe, Glen Johnson, Sol Campbell, Joe Cole, John Terry, Anton Ferdinand et Michael Carrick.

Avec l’arrivée de Ron Greenwood, la presse commença à utiliser le terme d’Academy of Football. Il fut repris par le club qui l’utilise régulièrement dans sa communication et nomme désormais sa structure de formation the Academy of Football. Outre être une source importante pour l’équipe première, l’académie est une partie importante de l’identité du club. Lorsque le club a été relégué de la Premier League en 2003, la vente des prometteurs jeunes joueurs de l’Académie sauva le club d’un désastre financier. Pour terminer, un article d’ITV Football du 13 septembre 2004 déclarait que « The biggest single contributor to the current England national squad is not Manchester United, Arsenal, Liverpool or Chelsea, but the West Ham Youth Academy » (Le plus grand contributeur à l’équipe nationale d’Angleterre actuelle n’est pas Manchester United, Arsenal, Liverpool ou Chelsea, mais la West Ham Youth Academy).

#824 – AFC Chindia Târgoviște : Micul Ajax

Le petit Ajax. Le club roumain ne s’étalonne pas directement au héros grec, Ajax, mais son surnom s’inspire du grand club d’Amsterdam. Tout d’abord, l’AFC Chindia Târgoviște a hérité ce surnom de l’ancienne équipe nommée FCM Târgoviște, qui disparut en 2015. En effet, en raison de divergence entre la direction du FCM Târgoviște et la mairie en 2010, cette dernière choisit de fonder une nouvelle entité en association avec l’ancien international Gheorghe Popescu et l’ancien arbitre Ion Crăciunescu. Ce nouveau club reprit quasiment le nom de l’ancienne association, également ses couleurs (bleu et rouge) et reçut son surnom historique. Au début des années 1990, le FCM Târgoviște évoluait en 3ème division roumaine (comme souvent dans son histoire et en l’espèce depuis 12 ans). Mais, bénéficiant d’une génération dorée de jeunes formés au club pratiquant un football tournée vers l’avant, le club obtint deux promotions consécutives, de 3ème en 2ème division lors de la saison 1994-1995 et de 2ème en 1ère en 1995-1996. Couvée par les entraineurs Silviu Dumitrescu et Gică Păsărică, l’équipe s’appuyait sur Adrian Bogoi, Vasile Bârdeș, Bogdan Liță, Cristian Țermure, Cristian Bălașa, Remus Gâlmencea et Laurențiu Reghecampf. Malheureusement, l’apprentissage de l’élite fut plus difficile. L’équipe se classa à la 16ème place lors de la saison 1996-1997. Dans l’édition suivante, elle termina à la même place mais cette fois, ce classement donnait lieu à la relégation de l’équipe. Il n’empêche que la performance de l’équipe basée sur un style de jeu offensif et des jeunes joueurs talentueux formés au club valut au club d’être comparé au mythique Ajax, qui porte ces valeurs au plus haut. Mais, effectivement, il valait mieux le qualifier de « petit » pour remettre les choses en perspective.

#795 – Universitario de Sucre : la U

Il s’agit de l’initial du nom du club qui est exactement Club Deportivo Universitario San Francisco Xavier. Tout commença sur un terrain de football de l’Université Mayor Real y Pontificia San Francisco Xavier de Chuquisaca de la ville de Sucre. Le 5 avril 1961, le professeur Alfredo Sandi Navarro, surnommé le père du sport universitaire, observa un match de football entre deux équipes d’étudiants. D’un côté, les étudiants médecins. De l’autre, ceux provenant de l’école d’économie. Face à ce spectacle, Sandi Navarro proposa aux étudiants de créer une équipe de football pour représenter l’Université au championnat régionale de Sucre en ces mots : « les invito fraternalmente a ser protagonistas al integrar este plantel y tengan el honor de representar a nuestra Universidad en el campeonato oficial. Les dejo en libertad de pensar para su decisión final esperando sus respuestas en los próximos días para saber su opinión » (Je vous invite fraternellement à être des protagonistes en intégrant cette équipe et avoir l’honneur de représenter notre Université dans le championnat officiel. Je vous laisse libre de réfléchir à votre décision finale et j’espère avoir de vos nouvelles dans les prochains jours pour connaître votre opinion). La réponse positive des étudiants fut immédiate et d’autres étudiants des facultés de médecine, de sciences économiques, de droit et d’agronomie les rejoignirent. Le jour même, le professeur Sandi Navarro rédigea les formulaires d’inscription que les joueurs s’empressèrent de remplir. L’équipe reçut le soutien moral et matériel du recteur de l’université, l’avocat Óscar Frerklin Salas. Ensuite, le nom de l’équipe fut choisi Club deportivo Universidad ainsi que les couleurs du maillot. Le premier uniforme était une chemise blanche avec une bande sur la poitrine aux couleurs rouge et bleu, un short bleu et des chaussettes blanches, kit semblable à l’Université Catholique du Chili. Surtout, la bande bleue et rouge reprenait les couleurs de l’Université San Francisco Xavier.