#764 – Real Oviedo : los Carbayones

Surnom du club, il s’agit surtout du gentilé des habitants d’Oviedo. Il provient de deux éléments typiques de la région d’Oviedo. Tout d’abord, Carbayón était le nom en asturien (Oviedo étant la capitale de la principauté, de la communauté autonome et de la province des Asturies) d’un chêne centenaire qui se trouvait dans la Calle de Uría, principale artère d’Oviedo ouverte en 1874. Cet arbre, qui atteignaient une hauteur de 30 mètres, dont la cime mesurait 38 mètres de circonférence et agé d’environ 500 ans, était devenu un lieu de loisirs et de promenade pour les habitants d’Oviedo. Mais, il fut abbatu en 1879 car des vers l’avaient colonisé. Une plaque commémorative rappelle aujourd’hui l’emplacement de cet arbre légendaire.

Mais, le Carbayón est aussi une patisserie d’Oviedo, créée dans la première moitié du XXème siècle. Entre 1920 et 1923, José de Blas, propriétaire de la confiserie Camilo de Blas, demanda à son maître boulanger, José Gutiérrez, de confectionner une friandise représentant Oviedo. Il créa une patisserie à base d’une pâte feuilletée renfermant un mélange d’œuf, d’amandes moulues, de cognac ou de vin doux et de sucre, recouverte d’un sirop fait d’eau, de jus de citron, de sucre et de cannelle. Il fut dévoilé lors de la première foire commerciale des Asturies qui se tenait à Gijón en 1924. Comme il devait être symbolique de la région, son nom aurait été tiré de l’arbre.

#667 – FC Spartak Moscou : мясо

La viande. Certes, dans ce football business du XXIème siècle, les joueurs peuvent être considérés comme de la viande par les plus mercantilistes agents mais ce n’est pas cette raison qui conduit à ce surnom des joueurs du Spartak. Au contraire, pour comprendre la création de ce surnom, il faut remonter à une époque où le football demeurait encore une activité récréative, dans les années 1920, et sous un régime qui s’opposait au capitalisme, le communisme soviétique. Le club fut fondé en 1922, sous le nom de МКС (cercle sportif de Moscou), et sur les ruines dans un ancien club omnisport attaché au mouvement panslave Sokol. En 1923, les autorités communistes décidèrent que les clubs sportifs devaient s’identifier à un lieu géographique. Moscou étant une grande ville, le club prit le nom du quartier où il résidait (Presnenski) et s’appella Красная Пресня (Rouge Presnenski). Puis, en 1926, nouvelle intervention des autorités qui intimèrent aux clubs de se lier avec des administrations ou des syndicats ou coopératives de travailleurs. Les autres grands clubs moscovites étaient alors déjà patronnés par les grandes administrations centrales : le Dynamo Moscou était soutenu par la police politique, le CSKA Moscou par l’armée rouge et le Lokomotiv Moscou par la compagnie des chemins de fer. Le futur Spartak était alors supporté par Nikolai Pashintsev, président du comité central du syndicat de l’industrie alimentaire, et ce dernier mit le club sous la direction et le parrainage d’une coopérative de bouchers et de commerçants alimentaires. Le club prit donc le nom de Пищевики (Travailleurs de l’alimentation) de 1926 à 1931. Après 1931, le club changea de partenaire et de nom (Промкооперация – Coopérative de production).

Jusqu’aux années 1970, les groupes de supporteurs étaient plutôt rares et donc les surnoms des clubs existaient peu. De même, les rivalités liées à des derbys étaient inexistantes. La première association de supporteurs du Spartak apparût en 1972 et les rivalités avec ceux des autres clubs naquirent à la fin des années 1970. Les supporteurs du CSKA auraient alors qualifié les joueurs et fans du Spartak de мясо. Ce surnom faisait référence aux liens historiques du club avec la coopérative des bouchers et commerçants. Surtout, comme ce sobriquet était donné par les supporteurs du CSKA, il se devait être péjoratif. Or, quel aliment faisait le plus défaut dans les rayons des magasins soviétiques ? La viande. Ce qui faisait penser que les bouchers étaient des escrocs. Pour certains fans du Spartak, ce surnom demeure encore une insulte mais pour la majorité s’est aujourd’hui une fierté. En 2002, l’attaquant Dmitry Sychev réalisa une sacrée performance en marquant 8 buts lors de ces 12 premiers matchs pour le Spartak. Il montrait alors après ses buts un maillot où il était marqué : Кто мы? Мясо (Qui sommes nous ? La viande). Ce geste ancra définitivement le surnom.

#621- Gimnasia y Esgrima La Plata : los Triperos

Les tripiers, les bouchers. Le football argentin se construisit dans ses villes par une opposition entre deux clubs. A Buenos Aires, Boca s’opposa à River quand Racing combattait Independiente. A Rosario, Central et Newell’s étaient les ennemies intimes. A La Plata, les deux clubs qui émergèrent de leurs quartiers pour régner sur la ville et au-delà furent Gimnasia y Esgrima d’un côté et Estudiantes de l’autre. Ses rivalités locales se traduisirent dans les clubs au travers de la sociologie des supporteurs. En effet, les classes sociales se répartirent naturellement entre les deux clubs.

Au début du XXème siècle, de par son nom, Estudiantes enrôlait ses supporteurs principalement au sein de la communauté étudiante de la ville et s’interdit même en 1916 de recruter ses joueurs hors des murs de La Plata. Résultat, le club limita sa zone d’influence géographiquement et socialement aux couches aisées de la ville. Gimnasia y Esgrima, à l’inverse, s’ouvrit aux autres quartiers tels que El Mondongo et à la banlieue tels que les vieilles villes d’Ensenada et de Berisso. Très vite, les couches populaires de ces quartiers et villes constituèrent le gros du bataillon des supporteurs comme des joueurs du Gimnasia. Au début des années 1920, 25% des joueurs des différentes sections du club provenaient d’Ensenada et de Berisso.

Ses quartiers périphériques se développèrent avec l’industrialisation de la ville. Berisso abritait ainsi les premiers abattoirs et usines de conditionnement de viandes des sociétés « Swift » et « Armour ». Ces industriels employèrent de nombreux ouvriers provenant de Berisso ou de El Mondongo et qui vinrent grossir les rangs des fans de Gimnasia. Avec dédain, les rivaux de Gimnasia surnommèrent ses supporteurs et joueurs de triperos.

#580 – CA San Luis : los Tuneros

Le mot provint du terme tuna qui désigne le fruit issu du cactus connus sous le nom de figuier de barbarie. Cet espèce est originaire du Mexique, où elle est appelée nopal, et est si endémique au pays, qu’elle figure sur le drapeau du Mexique. L’Europe ne connaîtra ce fruit qu’avec la découverte des Amériques. La région de San Luis Potosí est l’un des grands centres de production de la figue au Mexique. Selon le Ministère du Développement Agricole et des Ressources Hydrauliques (Sedarh), à fin 2020, San Luis Potosí se positionnait comme la 5ème région productrice de figue de barbarie de tout le pays avec 17 045 tonnes par an, soit 5% de la production nationale. On dénombre 710 producteurs de figues de barbarie (sur 20 000 fermes au Mexique, représentant 48 000 hectares) dans 20 municipalités situées principalement dans l’Altiplano et la zone centrale de San Luis Potosí. La gastronomie de cet Etat propose également quelques plats à base de figue. Le queso de tuna (fromage de figue) est un dessert fabriqué à la main en utilisant le jus de la figue comme seul ingrédient. Cuit pendant 12 heures ou plus, le jus est réduit et épaissi, sous la surveillance d’un cuisiné équipé d’une pelle en bois pour que la substance ne colle pas ou ne brûle pas. Autre douveur : El colonche. Il s’agit d’une boisson fermentée traditionnelle qui se déguste entre juillet et octobre (la saison de récolte du tuna) et qui existait dans le monde préhispanique.

Ce surnom qualifiait l’ancienne équipe de la ville, San Luis FC, fondé en 1957 et disparu en 2013. Dès cette disparition, le nouveau club du CA San Luis se créa, en transférant à San Luis Potosí le club de Veracruz. Le CA ne reprit pas totalement les symboles de l’ancien club, notamment pour le surnom. En particulier, quand le club espagnol de l’Atlético de Madrid prit une participation dans le CA qui amena à changer les couleurs du club, les surnoms du club espagnol s’imposèrent à San Luis. Toutefois, même si le fait d’utiliser los Tuneros fit débat, il reflète tellement la région et est si associé au football local qu’il continue à être utilisé.

#557 – Albacete Balompié : el Queso Mecánico

Le fromage mécanique. Au début de la saison 1989-1990, le club évoluait encore en seconde division et nomma à la tête de l’équipe première un jeune entraineur de 29 ans, Benito Floro. Dès sa seconde saison, Floro réussit à terminer premier de son groupe et fit accéder Albacete Balompié à la première division, grace à un style de jeu brillant et offensif. Après cette montée, l’entraîneur et son équipe obtinrent l’un des meilleurs résultats sportifs de l’histoire du club, en étant la révélation de la saison et en terminant à la 7ème place – à un point seulement de participer à la Coupe de l’UEFA. Durant cette saison, l’équipe enchaîna 15 matchs consécutifs sans défaite. Le club demeura 5 saisons en première division mais le travail de Benito Floro fut remarqué et il rejoint dès 1992 le grand Real Madrid.

Le succès et le jeu développé par l’équipe eurent un grand écho et un fort impact médiatique dans l’Espagne des années 1990. Benito Floro promut un jeu offensif tout en reposant sur un bloc solide et solidaire. Il innova également avec le recours à de psychologues pour motiver l’équipe. Cette dernière fut ainsi comparée aux Pays-Bas de Johan Cruyff, connus sous le nom d’Orange mécanique et qui pratiquait le fameux « football total » (en raison de la mécanique lié au football total, de la couleur orange du maillot et de la sortie en 1971 du film de Stanley Kubrick). Albacete hérita alors du surnom de queso mecánico, la région d’Albacete étant productrice du fameux fromage espagnol, le Manchego.

#533 – Club River Plate : el Kelito

Ce surnom est simplement le nom d’une marque de glace. En effet, dans les années 1940, le stade du club, situé à l’intersection des avenues Mariscal Lopez et General Santos à Asuncion, était rudimentaire. Sans mur d’enceinte, les spectateurs pouvaient regarder le match de l’extérieur du stade sans avoir à payer de billets. Cette perte de recettes ne convenaient évidemment pas à la direction du club, qui chercha alors une alternative. Un des membres du club possédait une usine de glace, dénommée Helados Kelito. Il offrit au club une clôture composée de barrière en laiton, sur lesquels le nom de sa marque de crème glace apparaissait. Cette structure précaire fut d’abord un support de promotion pour ce partenaire mais au fil du temps, elle était devenu un signe distinctif du stade et de son club résident, au point que le stade commença à être surnommé el Kelito. Malgré la construction et le déménagement dans un nouveau stade, le terme el Kelito était devenu populaire dans le milieu du football et, au fil du temps, il s’apparenta plus au club de River Plate qu’au stade lui-même. En 2016, le président du club se permit un jeu de mot après une victoire contre Sol de América en déclarant « El helado derritió al sol » (la glace a fait fondre le soleil).

#490 – Club Puebla : los Camoteros

L’état mexicain de Puebla et sa capitale Puebla (de Zaragoza) possède l’une des cuisines les plus riches du Mexique, reconnus pour ses plats emblématiques tels que le mole poblano ou les chiles en nogada. Il existe également de nombreuses préparations sucrées dont l’une des plus typiques est les camotes de Puebla. Il s’agit d’une préparation de patates douces mijotées dans du lait et du sucre, puis aromatisées au gout souhaité (citron, fraise, orange, noix de coco, ananas, vanille …). Ils sont présentés sous la forme d’une barre recouverte de sucre glace et emballée dans du papier. Camote, qui provient du terme nahuatl Camohtli, signifie patate douce en espagnol mais cette confiserie est si connue que personne ne confondrait la confiserie avec le tubercule quand il s’agit de camotes de Puebla.

La légende de l’origine de cette confiserie se déroule dans le couvent de Santa Clara aux environs du XVIIIème siècle. Une religieuse laissa une casserole sur le feu. Une autre pour faire une blague ajouta dans la casserole une patate douce et du sucre et les mélangea jusqu’à cela devienne une masse dégoûtante. Mais, lors de la dégustation, les religieuses découvrirent une saveur agréable et, petit à petit, améliorèrent la recette en y ajoutant des arômes.

Toutefois, ce n’est pas la seule version. Une deuxième raconte qu’à Oaxtepec, (dans l’état actuel de Morelos), une fille nommée María Guadalupe arriva pour être ordonnée au couvent de Santa Clara de Jesús. Un jour, elle voulut envoyer une confiserie comme cadeau à son père. Elle se rendit au jardin du couvent pour ramasser des patates douces. Elle les mélangea avec du sucre, un zeste de citron et produisit une pâte. Elle fabriqua alors deux barres et créa ainsi une grande tradition.

Ce n’est pas tout puisque une troisième histoire concurrence les deux autres. A l’époque coloniale, les couvents vivaient des dons des classes aisées. Mais, il y avait une ressource abondante et bon marché, la patate douce. Ainsi, un jour, un haut ministre de l’Église catholique en visite à l’un des couvents se vit servir une patate douce en dessert, un novice ayant eu cette brillante idée.

#409 – Peñarol Montevideo : Manyas

Terme difficilement traduisible mais dont voici l’histoire. Tout est lié avec le joueur uruguayen Carlos Scarone, d’origine italienne et dont toute la famille supportait Peñarol. Scarone joua pour le CURCC (ancêtre de Peñarol). Avant-centre agressif et techniquement brillant, Scarone composa avec un autre jeune joueur, Jose Piendibene, un formidable duo d’attaque qui conduisit Peñarol au titre de champion en 1911. Tenté par une aventure à l’étranger et un beau salaire, Scarone signa pour Boca Juniors en Argentine en 1913. Au bout d’une année, après une maladie contractée en Argentine, il rentrât au pays. Il eut alors deux offres : une de Peñarol et une autre, du club rival de Nacional. Seulement, le second lui offrit des émoluments nettement supérieurs au salaire proposé par Peñarol et également beaucoup d’attention. Scarone n’hésita pas longtemps. Sa famille fut déçu et, lors d’un repas de famille, Carlo Scarone justifia son choix pécunier en déclarant: « ¿ A qué me iba a quedar ?¿ A mangiare merda ? » (pourquoi y aller [à Peñarol] ? pour manger de la merde ?). Cette phrase mélangeant italien et espagnol (le terme mangiare était un mot italien) était typique de la communauté italienne d’Uruguay. Et l’expression « mangiare merda » se contracta et s’espagnolisa pour devenir manyas. Les manyas étaient donc des mange merde.

Quelques mois plus tard (le 26 juin 1914), Carlos Scarone et le Nacional jouèrent le derby face au Peñarol. Ce dernier le remporta 2-1. Pendant tout le match, le milieu de Peñarol, Manuel Varela, empêcha Carlos Scarone de développer son jeu qui lui répondit par des coups de pieds. Excédé, Carlos Scarone déclara avec mépris à son adversaire : « Jueguen ustedes que son unos manyas » (jouez, vous êtes des mangeurs de merde). Sa prestation fut si décevante que le journal « La Razón » écrivit sur Scarone : « jugó más mal que los demás. Se cayó 22 veces en el partido, cuando podía jugar la pelota. Es malo caerse » (Il a joué moins bien que les autres. Il est tombé 22 fois dans le jeu, alors qu’il pouvait jouer le ballon. C’est mauvais de tomber). A la fin du match, le père de Carlos Scarone, qui assistait au match dans les gradins et avait supporté son club de toujours, Peñarol, célébra la victoire et répondit à son fils « perche no juega ahora usted que no es manya » (et pourquoi vous ne jouez pas maintenant puisque vous n’êtes pas des mange merde »).

Par la suite, ce terme désobligeant fut revendiqué avec fierté par les supporteurs de Peñarol. Il signifie maintenant que la fidélité et l’attachement inconditionnel au Peñarol est plus fort que les aspects économiques. Cette mésaventure ne perturba pas Carlos Scarone qui évolua avec le maillot du Nacional pendant 13 saisons (jusqu’en 1927). Il fut huit fois champion d’Uruguay avec Nacional, marquant 152 buts en 227 matchs disputés. Il fut également champion d’Amérique avec l’équipe uruguayenne en 1917 et 1920.

#285 – AZ Alkmaar : Kaaskoppen

Le terme n’est pas traduisible car il s’agit d’un utensil de forme ronde pour fabriquer les fromages hollandais, en particulier l’Edam. La ville d’Alkmaar est connue pour son marché aux fromages (Edam et Gouda) qui se déroule sur la place Waagplein, au centre ville. L’année 1593 est considérée comme la première année du marché au fromage. Dès 1612, la ville comptait 4 balances à fromage et des archives datant de 1619 mentionnaient déjà la Guilde des Porteurs à Fromage (kaasdragers). Au XVIIème siècle, le marché au fromage avait lieu le vendredi et le samedi, du mois de mai à la Toussaint et au XVIIIème siècle, jusqu’à quatre jours par semaine. Aujourd’hui, il se déroule les vendredis (du premier vendredi d’avril au premier vendredi de septembre) et présente un aspect folklorique, touristique mais demeure encore une vrai bourse aux fromages.

Par extension, le mot est utilisé pour une tête humaine ronde et s’utilise également de manière péjorative pour désigner un cancre. Pour les Belges (surtout les les Limbourgeois du Sud) et les Allemands (sous le terme Käskopp), le mot est devenu le surnom des néerlandais. Aux Pays-Bas, le surnom a été attribué aux habitants d’Alkmaar et de Gouda. Alkmaar a transformé ce surnom en un événement annuel, appelé Kaeskoppenstad, qui célèbre le siège d’Alkmaar en 1573. Lors de la Guerre de Quatre-Vingts Ans, Alkmaar faisait partie de la confédération des provinces rebelles et fut assiégée par les espagnols entre la fin du mois d’août et le 8 octobre 1573. Ce siège s’acheva par une victoire hollandaise, suite au retrait des troupes de Don Fadrique Álvarez, duc de Toledo. Cette victoire est considérée comme le moment charnière de cette guerre où les troupes hollandaises prirent le dessus sur les armées espagnoles.

#239 – FC Porto : Tripeiros

Les mangeurs de tripes. Il y a les tripes à la mode de Caen, les callos a la madrilena (tripes à la madrilène) et donc la recette de Porto. Les tripes à la mode de Porto sont un plat typique de la gastronomie de la ville, au point d’en être même l’identité et le trait de caractère des Portuans. D’ailleurs, le terme tripeiros désigne les habitants de la ville, plus que simplement les joueurs de l’équipe de football. La recette contient des tripes, de l’oreille et de la queue de porc ou des lardons, du chorizo, des tomates et des haricots blancs. Remontant 1415, elle est donc étroitement liée à l’histoire de la ville du Porto et de ses habitants.

Donc en 1385, le Portugal vit monter sur le trône une nouvelle dynastie avec le couronnement de de Jean Ier. Mais, le royaume s’enlisait dans les crises. Tout d’abord, la peste noire qui engendra une profonde crise démographique et économique. Puis, son indépendance avait été menacée entre 1383 et 1385. Le prédécesseur de Jean Ier mourut sans descendant mâle et la Castille voisine espérait alors récupérer le trône, de par ses alliances maritales avec sa fille. En résistance, les Cortes portugais élurent sur le trône Jean Ier et s’ensuivit alors une guerre avec la Castille, que Jean Ier, avec l’aide des Anglais, remporta. Dans cet Etat instable politiquement et pauvre économiquement, Jean Ier se devait pour légitimer son pouvoir de donner une perspective. Il confia alors à son fils, Henri le Navigateur, de conquérir de nouvelles terres et donc de nouvelles richesses.

Tout débuta avec la conquête de la ville de la Ceuta, sur la côte marocaine, en 1415. La Ceuta était à la fois une place stratégique pour le contrôle de la navigation sur la côte africaine mais également un symbole politique, puisqu’il fallait reprendre la ville à la dynastie mérinide, les maures qui avaient occupé le Portugal pendant des siècles. Cette expédition fut un succès et marqua la renaissance du pays. Et la ville portuaire de Porto joua un rôle important dans cette conquête en tant que centre logistique. La flotte royale venait s’approvisionner dans la ville, qui lui donna un important stock de nourriture, en particulier de viande. Cette fourniture d’aliments assécha la ville en vivre. Après le départ de la flotte, les habitants durent se contenter des provisions restantes qui étaient principalement des abats, dont les tripes. Les abats étaient difficiles à emporter et conserver lors des expéditions. Depuis cette date, les tripes sont devenues un pilier de la gastronomie de Porto.