#946 – CA Aldosivi : el Tiburón

Le requin, qui, dans un style simplifié, trône fièrement sur la gauche du blason. Ce club argentin de Mar el Plata a une connexion particulière avec la France. Le gouvernement argentin lança le 12 décembre 1909 un appel d’offres pour la construction d’un port à Mar del Plata et, le 26 novembre 1910, ce fut la solution des ingénieurs entrepreneurs français Allard, Dolfus, Sillard et Wirriot qui remporta ce concours. Leurs ouvriers décidèrent de créer un club de football pour s’adonner à leur nouveau loisir. Pour le nom de leur association, ils prirent les premières lettres de leur employeur ALlard, DOlfus, SIllard et WIrriot.

Le surnom du club est tiré à la fois de la situation géographique de la ville de Mar el Plata ainsi qu’au tempérament prétendu ou réel de l’équipe. Située sur la côte Atlantique, au bord de la Mer d’Argentine, Mar el Plata est un important port et une station balnéaire renommée. L’objectif initial de ce port était d’exporter la production des riches plaines fertiles de l’intérieur du pays vers les pays consommateurs européens. Aujourd’hui, il est principalement tourné vers les activités de pêche (en 2007, 44 000 tonnes de poissons transitaient dans le port) tandis que le transport de céréales et l’importation de pétrole demeurent des activités secondaires. Le tourisme s’est également développé. Ainsi, le port accueille une réplique de la grotte de Lourdes. Surtout, une réserve d’otaries, située sur une plage de la côte intérieure de la digue sud, abrite une colonie de 800 spécimens mâles. Le conseil municipal déclara l’animal « monument historique » de Mar del Plata. Mais, pour représenter le lien de la ville, de son club de foot avec la mer, l’otarie apparaissait peut-être trop gentil. Ce fut donc un autre animal maritime et endémique qui inspira le surnom, le requin. En effet, en Mer d’Argentine, il existe une trentaines d’espèces de requins, présents à la fois sur les côtes, en pleine mer et dans les profondeurs. Beaucoup d’entre eux sont migrateurs. Les plus communs sont le requin épineux et la roussette, qui peut atteindre un mètre et demi. Les plus grands sont le requin cuivre, requin-taureau ou le requin plat-nez, avec environ 3 mètres de long.

Le surnom apparût en 1975 quand le club remporta 3 titres consécutifs dans la ligue régionale (1973, 1974 et 1975) et joua ces 3 mêmes saisons en première division. Lors de cette dernière saison, il remporta même un match face à Boca Junior, 2 buts à 1. Le surnom devait donc se rapporter au port mais surtout le requin est le roi des mers (comme le lion l’est sur terre). Or, l’équipe semblait dévorer ses adversaires comme le requin.

Aujourd’hui, si le requin apparaît sur l’écusson, le club possède également une réplique de requin de 20 mètres de long qui se ballade sur le terrain à chaque match à domicile. En outre, en 2015, l’équipementier du club sortit un maillot gris, avec pour motif, la peau d’un requin.

#942 – Auckland City FC : the Navy Blues

Les bleus marines. En 2004, un nouveau championnat néo-zélandais, dénommé New Zealand Football Championship (NZFC), vit le jour en remplacement de la National Soccer League, avec un système fermé de franchises. Ainsi, huit nouvelles franchises furent créer en substitution des clubs traditionnels. Pour faciliter l’attachement des fans à ses nouvelles marques, les clubs choisirent des couleurs uniques et en lien avec leur territoire. Ainsi, Auckland City opta pour le bleu, couleur traditionnelle de la cité du Nord du pays. D’ailleurs, la franchise de Rugby à XV d’Auckland, fondée en 1996, s’appelle tout simplement Blues. Normalement, le bleu traditionnel tire plus vers le bleu clair mais, en observant l’écusson du club, on comprend que le bleu marine représente aussi le lien de la cité avec la mer.

Grande ville métropolitaine de l’île du Nord de la Nouvelle-Zélande, Auckland baigne entre deux eaux, colonisant l’isthme qui relie la Péninsule de Northland au reste de l’île du Nord. D’un côté le Golfe de Hauraki qui s’ouvre sur l’Océan Pacifique. De l’autre, la Mer de Tasman. Avec cette exposition, la ville se tourna naturellement vers les activités maritimes, au point d’avoir deux ports. Au Nord, le port de Waitematā qui s’étend à l’Est jusqu’au Golfe de Hauraki. Au Sud, le port de Manukau qui s’ouvre à l’Ouest sur la Mer de Tasman. Le port de Waitematā (Waitematā Harbour) est l’infrastructure portuaire principale de la ville et est donc souvent simplifié en Port of Auckland. S’étendant sur 55 hectares, il constitue le plus grand port commercial de la Nouvelle-Zélande, manipulant pour plus de 20 milliards de dollars néo-zélandais de marchandises par an. Le port d’Auckland gère le mouvement de 60 % des importations néo-zélandaises et de 40 % de ses exportations. 811 565 containers (équivalent 20 pieds) sont passés par le port en 2022. Le port de Manukau est le deuxième plus grand port naturel de Nouvelle-Zélande par sa superficie et concentre ses activités sur la pêche, la plaisance et les sports maritimes. Les deux ports sont gérés par la société publique Ports of Auckland. Les activités maritimes ont toujours constituées l’une des principales ressources de la ville. Au milieu du XIXème siècle, les colons commencèrent à bâtir un port et dès les années 1920, ce dernier devint le port principal de Nouvelle-Zélande. Selon des études économiques, 173 000 emplois dans la région d’Auckland dépendent du commerce via les ports, qui concentrent un tiers de l’économie locale. Le recensement de 2001 montra que 60 500 des 149 900 marins du pays vivaient dans la région d’Auckland. Résultat, depuis plus de 30 ans, la ville acquit le surnom de City of Sails.

#919 – Unión Magdalena : el Ciclón Bananero

Le cyclone bananier. Ce club réside dans la ville de Santa Marta, capitale du département de Magdalena, et réussit l’exploit en 1968 à remporter le championnat colombien, une première pour une équipe de ce département. Ville côtière au Nord-Est du pays, Santa-Marta baigne dans la Mer des Caraïbes et connaît un climat tropical. De par cette situation, la cité enregistre aussi des vents importants et réguliers (notamment les alizées de nord-est), qui inspirèrent la première partie du surnom du club, ciclón.

L’économie du département de Magdalena est plus agricole que la Colombie dans son ensemble (le secteur agricole contribue à hauteur de 20% du PIB départemental contre 9 % au niveau national) et dans ce secteur, la banane occupe une place exceptionnelle, tant par la surface cultivée, le nombre d’emploi et la génération de revenus. Les bananes sont le principal moteur de l’économie et produit d’exportation du département de Magdalena depuis les premières années du XXème siècle. La première exploitation de bananes débuta en 1887 avec des hommes d’affaires colombiens. La culture de la banane se développa et prévalut sur les autres cultures en raison de divers facteurs: ce n’était pas intensif en capital, les rendements étaient plus rapides (la maturité est de sept mois pour la banane contre 3 ou 4 ans pour le café) et ne nécessitait aucun processus de transformation comme la canne à sucre. Rapidement, des capitaux étrangers investirent dans la région. En 1899, plusieurs sociétés étrangères se réunirent pour former une nouvelle compagnie sous le nom de United Fruit Company (UFC), avec pour objectif de concentrer et gérer l’activité bananière en Amérique centrale et dans le bassin des Caraïbes. Pendant des décennies, UFC contrôla le commerce de la banane dans cette zone et à destination des Etats-Unis. Dans les années 1960, UFC se retira du département de Magdalena pour investir dans d’autres régions. L’économie de Magdalena en souffrit mais la culture de la banane demeure aujourd’hui encore un pilier. Avec 47,1% de la production, la banane représente de loin la première culture du département (suivi par le manioc 20,6% et le palmier à huile 15,9%). Magdalena est le deuxième producteur national de bananes destinées à l’exportation en Colombie après Antioquia, avec une part de 30 % de la production nationale. Pour l’année 2019, la superficie plantée en bananes dans la zone de Magdalena était de près de 17 000 hectares et la productivité moyenne pour cette même année était de 2 155 caisses (environ 20 kg) par hectare. La production de bananes dans la région représente un peu plus de 20 000 emplois directs et environ 45 000 emplois indirects et se situe dans 800 propriétés, réparties sur 6 communes. Au niveau mondial, en 2020, la banane demeurait encore le fruit le plus exporté, avec 21,4 millions de tonnes (soit plus du double de celui de la pomme (7,6 millions de tonnes), second fruit le plus vendu au monde), soit environ 30 % du commerce global de fruits. Les exportations de bananes sont dominées par l’Equateur (380 millions de boîtes en 2021) et les autres principaux pays étaient les Philippines (entre 140 et 160 millions de caisses de bananes), le Guatemala (près de 130 millions de caisse) puis le Costa-Rica (près de 120 millions de caisse). La Colombie, qui était le 3ème exportateur mondial en 2011 (avec 1,7 millions de tonne), occupait en 2021 la 5ème place, avec 110 millions de caisse. A noter que trois des cinq principaux producteurs mondiaux de bananes – l’Inde, la Chine et le Brésil – produisent presque exclusivement pour leurs marchés nationaux.

#917 – Leixões SC : os Bébés do Mar

Les bébés de la mer. Résidant dans la ville de Matosinhos, Leixões est un club omnisports fondé le 28 novembre 1907, l’un des plus vieux du Portugal. Son surnom se compose de deux aspects : les bébés d’un côté et la mer de l’autre. Commençons par la mer. Située face à l’Océan Atlantique et au nord de Porto, Matosinhos offrait un terrain favorable aux activités maritimes. En effet, sur une côte souvent tourmentée par les tempêtes et le brouillard, la crique de Leixões constituait un refuge idéal pour les marins, dès l’antiquité romaine. En 1812, le marin et homme politique portugais, Marino Miguel Franzini écrivait alors à propos de Leixões « talvez seja este o único ponto desta costa que oferece algum abrigo às embarcações acossadas pela travessia » (c’est peut-être le seul point de cette côte qui offre quelque abri aux navires harcelés par la traversée). Ainsi, les activités portuaires se développèrent rapidement et à la fin du XIXème siècle, un port moderne émergea à l’embouchure de la rivière Leça (Les travaux de construction commencèrent le 13 juillet 1884, furent dirigés par l’ingénieur français Wiriot et se terminèrent en février 1895). Plus grand port artificiel du Portugal, il est le débouché maritime naturel pour la production industrielle du grand Porto. Dénommé Porto de Leixões, 25% du commerce international portugais transitent par ses 5 kilomètres de quai, pour environ deux mille cinq cent navires, plus de 400 000 containers et 16 millions de tonnes de marchandises par an. Leixões est l’un des ports les plus compétitifs et polyvalents du pays. Egalement port de croisière, avant le Covid, il accueillait près de 100 000 voyageurs pour une centaine de navires. Naturellement portée vers la mer, l’économie de Matosinhos repose également sur les activités de pêche.

Les bébés rappellent une formidable épopée d’une bande de « gamins » qui représentèrent brillamment Leixões et ramenèrent le seul trophée de la section football. Club à faible moyen, Leixões s’attacha à former des jeunes pour renforcer l’équipe première. Au début des années 1960, des jeunes nés à Matosinhos et formés à Leixões comme Raul Machado et Jacinto Santos intégrèrent l’équipe première. A l’issue de la saison 1959-1960, Leixões monta en première division portugaise. En 1961, l’équipe réalisa un formidable parcours en Coupe du Portugal. Après avoir éliminé en demi-finale, le tenant du titre, Belenenses, Leixões devait affronter en finale ses voisins et rivaux du FC Porto. Match totalement contrasté entre le puissant Porto (déjà vainqueur de 5 championnats et 2 coupes nationals) et le petit club de banlieue, ce déséquilibre était accentué par le lieu de la finale. Comme usuellement, elle devait se dérouler à l’Estádio Nacional, à Lisbonne mais le FC Porto, arguant que les deux clubs étaient de la région de Porto, la fit délocaliser dans son antre, l’Estádio das Antas. La légende raconte qu’à la veille du match, les joueurs du FC Porto portaient un toast en l’honneur de la conquête d’un futur trophée et que les moins prévoyants s’endettaient en prévision du probable pari remporté. Pire, le périodique « Norte Desportivo » lançait en avance le tirage du journal en titrant sur la victoire du FC Porto. Mais, à la surprise générale, Leixões tint tête au FC Porto et, en seconde période, en l’espace de deux minutes, marqua deux buts par l’intermédiaire de Silva et Oliveirinha. Leixões remportait son premier et unique trophée. L’année suivante, le club atteignit les quart-de-finale de la Coupe d’Europe des vainqueurs de coupe. Les joueurs de Leixões furent alors surnommés par le journaliste Alfredo Farinha, os bébés do mar. Cette génération marqua le début de la politique de Leixões qui en fit l’un des bastions de la formation des joueurs au Portugal. De ses rangs sortirent des joueurs tels que Chico Faria, Jacinto, Folha, Fonseca, Tibi, Tozé.

#887 – Knattspyrnufélag ÍA : Skagamenn

Les péninsulaires. En Islande, si les 3 clubs de Reykjavik, KR, Valur et Fram, dominent le football local (ayant respectivement remporté 27, 22 et 18 championnats), il faut également compter sur un club de province (à 50 km de la capitale) qui a gagné 18 championnats : Knattspyrnufélag Íþróttabandalag Akraness, régulièrement simplifié en ÍA. La performance est remarquable dans la mesure où la ville d’Akraness ne compte que 7 habitants. En outre, contrairement aux clubs de Reykjavik, qui sont plus que centenaires et donc fréquentent l’élite depuis de nombreuses années, ÍA débuta son existence en 1946 et, 5 ans plus tard, il remportait déjà son premier titre.

Mais, revenons à cette ville d’Akranes. Elle était initialement connue sous le nom de Skipaskagi, qui signifie la péninsule du bateau. En effet, fort de ces 7 000 habitants, la cité est située à l’extrémité d’une petite péninsule en face de Reykjavík. Cette péninsule est entourée par deux fjords, Hvalfjörður au Sud et Leirárvogur au Nord. Une grande partie est occupée par la montagne Akrafjall. Son isolement s’est grandement réduit en 1998 avec l’ouverture de Hvalfjarðargöng, un tunnel sous-marin situé sous le Hvalfjörður d’une longueur de 5 770 mètres. Colonisée au IXème siècle par des irlandais, la ville se développa au XIXème siècle avec les activités de pêche, notamment à la baleine. Il est désormais le plus grand port de pêche d’Islande.

#885 – Shandong Taishan FC : 泰山队

L’équipe du Mont Tai. Basé dans la ville de Jinan dans la province du Shandong, le club s’est établi comme une place importante du football chinois, avec ses 4 titres de champion dont celui remporté lors de la saison 2021. Le club actuel trouve sa source dans une association semi-professionnelle, créée le 10 avril 1956 par le gouvernement local de la province du Shandong, avec pour objectif de représenter la province dans la nouvelle ligue de football chinoise. En 1993, la professionnalisation du football chinois entraina la fondation du club, soutenu par la municipalité de Jinan, avec toujours la province comme zone de « chalandise ». Représentant de la province, il en prit l’un des symboles, le Mont Tai. D’ailleurs, le terme Taishan est dérivé du Mont Tai. Ce dernier est situé dans l’ouest du Shandong, juste au nord de la ville de Tai’an et au sud de Jinan. Son point culminant est le pic de l’Empereur de Jade, qui s’élève à 1 532,7 mètres.

Ce mont tient une place particulière dans la culture de la région mais également dans toute la Chine. Signifiant montagne tranquille, il est d’une importance cultuelle clé aussi bien pour la religion traditionnelle chinoise (en étant l’une des cinq montagnes sacrées de Chine et même la première d’entres-elles), que pour la Taoïsme et le Bouddhisme. Il est associé au levée du soleil, à la naissance et au renouveau. 5 Dieux de la mythologie chinoise lui sont associés dont la grande divinité du Mont Tai, qui est une « réincarnation » de Pangu, l’un des principaux êtres, responsable de la séparation du ciel et de la terre. Lieu de culte depuis au moins 3 000 ans, il accueille de nombreux temples et a été l’un des centres cérémoniels les plus importants de Chine. Il fut un lieu de pèlerinage pour les empereurs chinois au moins depuis l’an 1 000 avant J.-C.. Les empereurs installaient sur le mont des autels pour offrir des sacrifices afin de prier pour la paix ou rendre hommage au ciel et à la terre (cérémonies de Fengchan). Le mont, ses paysages et sa charge religieuse sont également des sources d’inspiration pour les écrivains et les poètes. Confucius et Du Fu le visitèrent et écrivirent des poèmes. Un célèbre dicton de Confucius dit « 登泰山而小天下 » (Escaladez le mont Tai et rendez le monde petit). Depuis 1987, le Mont Tai est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Il est l’un des premiers sites touristiques en Chine, avec, en 2003, environ 6 millions de visiteurs.

#873 – UD Leiria : os Lis

Quand on parle de José Mourinho, the Special One, le panthéon du football européen s’étale dans la discussion : Real Madrid, Chelsea, Manchester United, Inter Milan … Toutefois, José a du faire ses classes comme tout le monde et après une première expérience écourtée d’entraineur à Benfica, il rebondit à Leiria pour emmener le club à une inespérée 5ème place en championnat. La performance ne passa pas inaperçue et dès la saison suivante, il signa à Porto pour l’aventure que l’on connait. Au delà de ce passage, le club affiche un palmarès vierge et est depuis redescendu dans les divisions inférieures.

Agglomération de 130 000 habitants, l’identité de Leiria est fortement marquée par la rivière Lis qui la traverse. Long d’une quarantaine de kilomètres, ce cours d’eau prend sa source à 5 kilomètres de la ville de Leiria. Dans la commune, ses rives ont été aménagées, avec de nombreux espaces verts et aires de jeux, et plusieurs ponts emblématiques l’enjambent, devenant un lieu de promenade et de récréation des habitants. Hors de la cité, ses berges accueillent de nombreuses espèces d’oiseaux et irriguent des plaines agricoles. La rivière regorgeait de poissons et des concours de pêche étaient organisés à Leiria. Élément prépondérant de la ville, elle inspira des poètes et écrivains locaux. Une légende pretend même que le Lis et son affluent le Lena qui se rejoignent à Leiria vécurent une histoire d’amour. Au Moyen-Âge, la rivière constituait un vecteur de développement important, servant de voie de navigation et de source d’énergie. Les nombreux moulins à eau permirent la naissance d’une industrie florissante de mouture de blé, de maïs et d’aliments pour animaux. De même, des fabriques de papier émergèrent. Une des spécialités sucrées de la ville se nomment Brisas do Lis (Brises de Lis). Le Lis étant tellement gravé dans la culture de la ville, son club de football ne pouvait y échapper. La présence d’une fleur de Lys (flor de lis en portugais) sur le blason de l’UDL n’est certainement pas un hasard et souligne certainement ce lien.

#807 – FK Bodø/Glimt : Glimt

La lueur, le rayon. Située au nord du Cercle polaire, dans le comté de Nordland, Bodø est la ville norvégienne qui attire les touristes pour observer les aurores boréales et s’engouffrer dans les fjords. Surtout, elle connaît une période estivale (2 juin au 10 juillet) pendant laquelle le soleil ne se couche pas (le fameux soleil de minuit). Depuis 2020 (et son premier titre de champion), elle est devenue la fierté et la lueur du nord du pays, souvent dénigré, notamment en football, par le reste de la Norvège. En effet, une vieille croyance supposait que les clubs du nord du pays (Nordland, Troms et Finnmark) n’avaient pas les moyens de rivaliser avec ceux du sud, et en conséquence, ils n’étaient pas autorisés à participer à la Coupe nationale jusqu’en 1963, ni être promus en première division avant 1972. Seulement, Bodø/Glimt fit mentir cette légende en remportant 2 fois la Coupe (1975, 1993 + 4 fois finaliste : 1977, 1996, 2003, 2022) et surtout 2 fois le championnat (2020, 2021). Pratiquant un jeu offensif et ayant une philosophie de développement passant par la formation, il s’agit désormais de la nouvelle sensation norvégienne. L’AS Roma de Mourinho ne me contredira pas après le 6-1 reçu à Bodø en Ligue Europa Conférence en 2021.

Mais, le surnom du club ne provient pas de sa réputation et de la lumière qu’elle attire sur cette région mais tout simplement de son nom. Fondé en 1916, le club se nomma tout de suite FK Glimt. Pourquoi les fondateurs souhaitèrent s’appeler ainsi ? Ce choix n’est pas documenté mais il n’est pas étonnant qu’ils se placèrent sous le signe du soleil. Bodø étant la première ville au nord du cercle polaire arctique et par conséquent la ville la plus méridionale de Norvège avec le soleil de minuit, la cité et ses habitants ont donc une longue relation avec l’astre lumineux. D’ailleurs, en 1889, lorsque le premier blason de la ville apparût (même s’il fut peu utilisé jusqu’à l’entre-deux guerre), ses éléments reprenaient les principaux symboles de la cité : la montage pour les fjord, un bateau pour l’activité de la pêche et un soleil pour le soleil de minuit. En outre, quand l’écusson fut revisité à la sortie de la Seconde Guerre Mondiale (alors que la ville entamait sa reconstruction suite aux bombardements de la guerre qui l’avait grandement détruite), le seul élément qui fut conservé était le soleil sur fond rouge. De l’avis de son créateur, Trætteborg, Bodø avait une raison particulière de choisir le soleil comme symbole (en raison de sa position géographique citée avant). En outre, le motif constitue une vieille tradition héraldique et aucune ville norvégienne ne l’utilisait.

Le nom du club évolua au fil des ans pour arriver à cette particularité d’intégrer un « slash ». En 1936, le club créa une section ski (saut à ski, ski de fond, combiné) et devint donc Ski- og Fotballklubben Glimt (Ski et Football Club Glimt). Puis, commençant à se faire connaître dans le reste du pays, il découvrit qu’un autre club s’appelait Glimt dans la ville d’Orkland (Ungdoms- og Idrettslaget Glimt). Ce dernier étant plus ancien (fondé en 1896), le nom de la ville de Bodø fut rajouté au nom du club avec un trait d’union pour le séparer du terme Glimt en 1948. En 1970, la section ski disparût et sa référence dans le nom aussi. Mais un nouveau problème apparût avec le trait d’union. En effet, le trait d’union était utilisé dans les systèmes informatiques (comme ceux des sociétés de paris ou de la ligue norvégienne) pour identifier (séparer) les adversaires d’un match. Or celui de Bodø-Glimt perturbait la lecture. Résultat, en 1988, le trait d’union entre Bodø et Glimt fut remplacé par une barre oblique. Cette dernière, qui constitue aussi l’identité du club, est encore souvent discuté. En 2021, le conseil d’administration du club proposa de supprimer la barre oblique dans le nom. Pour eux, cette barre oblique avait le sens de « ou ». Or, le club était un tout unique et ne devait donc pas opposer le nom de la ville au nom historique. Le Conseil des Langues norvégiens (Språkrådet – en charge de protéger et enrichir les langues norvégiennes) alla dans le sens de la direction en indiquant que le sens de la barre oblique était bien « ou ». Toutefois, Bodø / Glimt étant un nom privé, le Conseil des Langues ne voulait pas émettre de recommandation et que le nom pouvait s’écrire comme le club lui-même le souhaitait. Les supporteurs craignirent de perdre leur âme et finalement, l’assemblée générale rejeta la proposition.

#802 – ABC FC : Elefante da Frasqueira

L’éléphant de Frasqueira. Fondé en 1915 une quinzaine de jours avant son grand rival de l’América Natal, le club adopta comme mascotte l’éléphant, lors de la première période de présidence de Judas Tadeu Gurgel (entre 1998 et 2009). En 2010, le service marketing d’ABC donna vie à la mascotte en créant les personnages de Fantão et Fantinho, qui animent les débuts de matchs et les mi-temps. En 2021, ce département poussa un peu plus loin l’exploitation de cette identité en créant un troisième maillot reproduisant la peau du pachyderme. Mais pourquoi avoir pris l’éléphant comme mascotte alors que cet animal ne vit pas du tout au Brésil ? Lors de la saison 1997, le club fit ses débuts en série B (seconde division brésilienne) par un match à domicile contre Santa Cruz de Recife et une victoire 3 à 0. Le lendemain, le 10 août 1997, dans le quotidien « Dário de Natal », le journaliste Edmo Sinedino et le dessinateur Ivan Cabral représentèrent ABC sous la forme d’un éléphant écrasant le serpent corail, mascotte du club de Santa Cruz FC. L’idée de l’éléphant était d’indiquer que le club était aussi grand, de mettre le club au même niveau que l’Etat du Rio Grande do Norte (où se situe la ville de Natal). En effet, cet Etat est souvent comparé à un éléphant car ses frontières dessinent la silhouette d’un pachyderme. En outre, l’animal montrait la force de l’équipe.

Situé sur la Rota do Sol, dans le quartier de Ponta Negra, le stade du club de 18 000 places se nomme Maria Lamas Farache, mais est plus communément connu sous le nom de Frasqueirão.

#739 – FK Tchornomorets Odessa : Моряки 

Les marins. S’il y a quelques débats concernant la date de naissance du club (1936, 1958 ou 1959), la fin des années 1950 furent déterminantes. En 1958, le club prit le nom de Tchornomorets qui signifie les « hommes de la Mer Noire » . Puis en 1959, après avoir été attaché à d’autres syndicats, le club intégra la Черноморское морское пароходство (Compagnie Maritime de la Mer Noire). Cette dernière est la plus ancienne compagnie maritime de la Mer Noire, débutant son histoire à l’époque de l’Empire Russe en 1833. Son port d’attache a toujours été la ville d’Odessa. Avec ces deux événements, le surnom semble évident (en plus, avec la guerre actuelle, tout le monde sait où se situe Odessa). Au départ, la Compagnie Maritime de la Mer Noire avait pour objectif de faciliter les communications entre Odessa et Constantinople au moyen de bateaux à vapeur. Elle se développa dans le transports de marchandises et de passagers. A la veille de l’effondrement de l’Union soviétique, la Compagnie était la plus puissante d’Europe et l’une des plus importantes du monde, avec environ 360 navires de différentes classes. Puis, le démentelement de l’Union Sovietique l’affaiblit, avec une flotte en diminution et des dettes en augmentation. Elle se trouvait au bord de la faillite avant la guerre. Odessa était la base idéale de la Compagnie avec son port important, qui comprenait notamment des chantiers de réparation. Construit en 1794, il prit sa forme moderne en 1905. Situé sur la côte nord-ouest de la Mer Noire, dans la partie sud-ouest de la baie d’Odessa, il est le plus grand port d’Ukraine en termes de chiffre d’affaires de fret et le 3ème de la Mer Noire. Côté trafic de passagers, il est reconnu comme le port de croisière de base de l’Ukraine et possède l’un des plus grands terminaux de passagers d’Europe.