#125 – Leicester City : Foxes

Les renards. En 1948, une tête de renard fit son apparition sur le blason du club et le surnom s’imposa de lui-même. La ville de Leicester est une commune située dans le comté de Leicestershire (auquel elle donna son nom). Or, cette région est mondialement connue pour ces chasses au renard. Elle présentait l’avantage au XIXème siècle d’avoir de grands espaces sans clôture, habités par un gibier abondant qui attiraient des renards, qui étaient plus sauvages qu’ailleurs.

Au XVIIème siècle, un élevage de chiens de la race des foxhounds fut établi à Tooley Park (Leicestershire). Le foxhounds est une race de chien dit courant (un type de chien de chasse dressé pour poursuivre ou attraper le gibier) spécialisée pour la chasse au renard (comme son nom l’indique fox signifiant « renard » et hound « chien courant »).

Cet élevage fut racheté par Hugo Meynell, propriétaire terrien et homme politique, au XVIIIème siècle, et le réunit avec un autre de ses élevages. Il créa alors la meute de Quorn qui acquit une grande réputation, et surtout, la chasse de Quorn, où Hugo Meynell développa de nouvelles techniques pour la chasse au renard (dans la sélection et le dressage des chiens, la technique de chasse du serrage …). Il fut alors connu comme le grand maître de la chasse au renard et gagna le surnom de « Primat de la Science ». Son élevage fut repris par d’autres propriétaires-chasseurs qui perpétuèrent la chasse au renard dans la région du Leicestershire jusqu’à aujourd’hui.

Le hasard faisant bien les choses, le dessin du périmètre du comté de Leicestershire ressemble à s’y méprendre à une tête de renard.

#75 – Manchester City : Sky Blues

Les bleus ciels, que les joueurs de Manchester City arborent sur leur maillot. La raison du choix de cette couleur n’est pas raisonnablement connue. Difficile de croire qu’elle fasse référence au ciel bleu. On est tout de même à Manchester ! En revanche, l’eau est bien plus présente dans la cité mancuniene et le blason du club pourrait aider à retenir cette hypothèse. Tout d’abord, il affiche un bateau qui rappelle le Manchester Ship Canal, une voie maritime qui relie la ville à la Mersey. En outre, trois bandes bleu ciel juste en-dessous représentent, quant à elles, les trois rivières qui traversent Manchester, l’Irwell, l’Irk et la Medlock. Voila suffisamment de raisons qui étayent cette théorie.

Ce bleu ciel a été une couleur plus ou moins constante dans le maillot du club anglais. Toutefois, les racines du club s’établisse en 1875 avec l’équipe de cricket de St. Mark’s (West Gorton). Comme dans la plupart des zones industrielles à forte croissance du nord et des Midlands, le quartier de West Gorton manquait de distraction et de lieu de réunion pour les jeunes résidents. Afin de les détourner de la délinquance et d’une consommation excessive de bière, la femme du vicaire de l’église Saint-Marc dans le quartier ouvrier de West Gorton, Anna Connell, décida de proposer des activités sportives en formant une association. En 1880, la section football fit son apparition. Son maillot était noire avec une croix maltaise. La présence de ce signe serait plus liée à un effet de mode qu’attaché à un symbolisme particulier. En 1887, suite à son expulsion de son terrain de jeu habituel, il trouva un nouveau refuge près d’un viaduc ferroviaire à Ardwick et prit alors le nom d’Ardwick FC. Avec ce changement de dénomination, le club opta pour un maillot bleu ciel et bleu marine, façon Blackburn Rovers, accompagné d’un short blanc. En 1890, en gardant la même configuration, les couleurs devinrent blanche et bleu ciel, avec un bas noir. 1892, nouveau changement avec un maillot intégralement blanc et un short bleu marine. En 1894, les difficultés financières d’Ardwick conduisirent à une réorganisation au sein du club et Ardwick se transforma en Manchester City. Le maillot devint alors bleu ciel définitivement, même si la teinte pouvait varier. A noter qu’après la Seconde Guerre mondiale, les couleurs de City étaient décrites comme « bleu clair » et, au début des années 1950, comme « bleu ciel ». Aucun document ou article permet de démontrer une évolution de la couleur entre ces deux périodes.

#70 – Hajduk Split : Bili

Les blancs. Le club de Split évolue en maillot blanc et short bleu. Comme souvent, ce choix de couleur n’est pas anodin. A la fondation du club, Hajduk Split joua son premier match équipé d’un maillot rayé verticales rouges et blancs, qui rappelaient évidemment les armoiries croates. Sauf que dans le cadre de l’empire Austro-Hongrois, ces émanations nationalistes pouvaient être mal vues et le conseil municipal de la ville exigea du club de changer ses maillots. Hajduk changea alors pour un maillot rayé rouge (qui symbolisait la Croatie) et bleu (qui représente la mer). Puis, en 1914, un choix moins partisans et plus consensuels fut encore fait : maillot blanc, short et chaussettes bleus.

Ce choix était teinté de symbolisme puisqu’il représentait les voiles blanches d’un bateau sur une mer bleue. En effet, Split est une ville maritime, un des grands ports de la région. Historiquement, il fut un point de commerce important dès sa fondation sous les grecs, qui s’est confirmé sous la domination vénitienne ou ottomane. Depuis 2017, il est le plus grand port de passagers de Croatie et de l’Adriatique et le 11ème plus grand port de la Méditerranée. On y trouve aussi un grand centre de construction navale, Brodosplit.

L’avantage de ce mariage de couleur est qu’il correspondait également à celles de la ville. Les armoiries de Split représentent dans un écu rectangulaire la partie des murs nord du palais de Dioclétien, et au milieu, au-dessus des murs, le clocher de la cathédrale. Au début du XXème siècle, le palais et le clocher de la cathédrale étaient blancs sur un fond bleu. Aujourd’hui, les teintes sont inversées.

#44 – FCG Bordeaux : le club au Scapulaire

Le club de Bordeaux a régulièrement affiché au fil des saisons un scapulaire (une sorte de V) sur le devant de ses maillots. Souvent présent sur les vêtements de Rugby à XIII, il fut à la mode dans les années 30 pour les clubs de football mais disparu dans les 50. Pas pour l’équipe de Bordeaux d’où le fait que le club est hérité de ce surnom. La section football a été créée en 1920 et ce n’est qu’en 1938 que le maillot du club s’orna d’un scapulaire. Il pourrait représenter le Bec d’Ambès, point de confluence entre la Dordogne et la Garonne, qui marque le début de l’estuaire de la Gironde, proche de Bordeaux. D’ailleurs, pour corroborer cette forme de la confluence, il faut étudier les armes de la ville d’Ambes qui montre un scapulaire inversé. Certains pensent que ce scapulaire provient de la fusion avec le club de l’AS du Port en 1940 (afin d’assimiler les joueurs des girondins au corps des pompiers du port de Bordeaux – représenté par l’AS du Port – pour leur éviter le STO). Toutefois, il semble que l’héritage de cette fusion fut plutôt une ancre marine que le scapulaire. A noter, tout de même, que dans une forme stylisée, le scapulaire peut représenter une ancre marine. Enfin, de manière marginal, certains avancent que ce scapulaire est une référence à la Vierge Marie. En effet, en étant dénommé Scapulaire et non Chevron comme dans les autres clubs, un lien direct est réalisé avec une pièce de toile de l’habit monastique. Cette pièce est un tissu de la largeur des épaules qui pend sur le devant et le dos presque jusqu’aux pieds, mais il est ouvert sur les côtés. Le mot Scapulaire vient du latin scapulæ qui signifie épaule. Le port de ce tissu était considéré par certain comme un acte dévotion à la Vierge Marie. Par ailleurs, certaine statue représente la Vierge avec un scapulaire dont, semble-t-il, une, située à Bordeaux, rue Neuve depuis la Révolution française.

#42 – Real Madrid : los Vikingos

Le Real Madrid est connu aussi comme les Vikings. Pourtant, Erik le Rouge ne semble pas avoir déambulé sur Gran Vía. Il existe 3 légendes à propos de ce surnom, moins utilisés de nos jours. La première raconte que dans les années 1960 un journaliste du magazine anglais, Times, compara les madrilènes aux géants du nord. En effet, après la création de la première coupe d’Europe en 1956, le Real Madrid écrasa la concurrence européenne en remportant les 5 premières éditions. Suite à la victoire en finale de la coupe d’Europe 1960 face à l’Eintracht Francfort 7 buts à 3, la 5ème Coupe des Champions remportée par le club, le journaliste écrivit dans son article « Le Real Madrid traverse l’Europe comme les Vikings avaient l’habitude de marcher, détruisant tout sur leur passage ».

La deuxième est née dans les années 1970. Le club du Real Madrid signa à cette époque des joueurs provenant d’Europe du Nord (Allemagne et Scandinavie) tels que Günter Netzer (1973-1976), Paul Breitner (1974-1977), Uli Stielike (1977-1985) ou Henning Jensen (Danemark, 1976-1979), qui affichaient des longues crinières, des moustaches et des visages blancs plutôt nordiques. Leur apparence semblait similaire aux Vikings. Il faut lire également ce surnom en mirroir de celui gagné à la même époque par les rivaux de l’Atlético, les Indiens (cf #269).

Enfin, la dernière histoire se rapporte à la géographie. Les supporteurs rivaux de l’Atlético de Madrid appelaient ainsi les joueurs du Real car le stade de Bernabeu était au nord du stade Calderón (le stade de l’Atlético). Ils venaient donc du Nord.

#32 – Aberdeen FC : the Dons

Plusieurs histoires justifient ce surnom, sans savoir laquelle est vraiment à l’origine de ce surnom. En tout cas, il est utilisé depuis au moins 1913. Don signifie professeur, enseignant d’université. Il se pourrait que des professeurs fassent partie des fondateurs d’un des clubs prédécesseurs d’Aberdeen FC. En effet, selon certaines sources, Aberdeen FC fut formé en octobre 1881, à l’initiative de trois enseignants de l’école Woodside.

Plus probablement, ce surnom fait référence au fait qu’Aberdeen accueille 2 universités (University of Aberdeen, and Robert Gordon University) et la ville constitue depuis plusieurs siècle un important centre d’éducation. En 2007, 11% de la population, soit plus de 16 000 personnes, était des étudiants tandis que la moyenne nationale s’établissait à 7%. L’University of Aberdeen trouve ses origines dans le King’s College fondé en 1495 par William Elphinstone (1431–1514), évêque d’Aberdeen et chancelier d’Écosse. D’autres collèges furent par la suite créés et en 186o, par ordre du Parlement, ces différentes institutions furent fusionnées pour donner naissance à l’organisation actuelle. Régulièrement classé parmi les 200 meilleures universités du monde et parmi les 20 meilleures universités du Royaume-Uni, elle constitue la cinquième plus ancienne du monde anglophone et offre des diplômes dans de nombreuses disciplines. Son campus principal se trouve à Old Aberdeen, au nord de la ville, et compte actuellement environ 14 000 étudiants. La Robert Gordon University date de 1750 et s’est vue doté du statut d’université en 1992. Aberdeen abrite également deux écoles artistiques dont la Gray’s School of Art, fondée en 1886, qui est l’une des plus anciennes écoles d’art établies au Royaume-Uni. D’autres institutions d’enseignement supérieur complète ce panel telles que le Marine Laboratory Aberdeen, spécialisé dans la pêche, le Macaulay Land Use Research Institute (sciences du sol) et le Rowett Research Institute (nutrition animale).

Don est également le nom d’une rivière qui passe au Nord du Pittodrie Stadium, le stade de l’équipe depuis sa création et se jette dans la Mer du Nord à Aberdeen. Toutefois, cette rivière n’est pas limitrophe du stade.

Enfin, ce pourrait aussi être la contraction du gentilé d’Aberdeen, Aberdonians. Et là, on retrouve un lien avec la rivière précédemment cité. En effet, les premières colonies de population écossaise se concentrèrent dans la zone connue aujourd’hui sous le nom d’Old Aberdeen, qui se situe au nord du Pittodrie Stadium. Or, cette zone à l’origine s’appelait Aberdon, qui signifie « à l’embouchure du Don », car elle est située à l’embouchure de la rivière Don. Néanmoins, Aberdeen pourrait ne pas venir d’Aberdon. En effet, si le préfixe aber viendrait du celte et signifie « confluence des eaux », « l’embouchure d’une rivière », le suffixe deen parait plus complexe à identifier. En effet, il pourrait faire référence au nom de la ville en latin et grec, Denova. Si ce terme se rapporte bien à une rivière, ce pourrait être aussi bien le Don que le Dee, qui coule au Sud de la ville.

#23 – Grêmio Porto Alegre : Tricolor

Il est assez simple de comprendre que le surnom Tricolor qui signifie tricolore est associé aux 3 couleurs du club, bleu, blanc et noir. Mais, le choix de ces couleurs ne se fit pas sans heurts et difficultés. Le 22 septembre 1903, soit 7 jours après la création officiel du club, une réunion se tint avec les 32 fondateurs. Joaquim Ribeiro proposa de retenir les couleurs Havane (presque orange), bleu (ainsi que le short noir et une cravate blanche), à priori en l’honneur du club anglais d’Exeter. Toutefois, cette version paraît étonnante car Exeter n’a jamais joué dans ces couleurs havane et bleu (selon l’excellent site http://www.historicalkits.co.uk). Cândido Dias, qui était l’initiateur de la création du club, voulait du rouge, du noir et du blanc (comme il était de São Paulo, Cândido Dias voulait voir les couleurs de son état dans ce nouveau club). Toutefois, la proposition de Joaquim Ribeiro fut adoptée, le rouge échouant pour 3 voix. Mais, le club se rendit compte que la couleur Havane était difficile à se procurer et décida finalement de le supprimer du maillot, se limitant au bleu, noir et blanc.

De ce surnom en est tiré un autre : Tricolor dos pampas (les tricolores de la pampa). La ville de Porto Alegre est situé dans la région du Rio Grande do Sul, constitué d’une vaste Pampa.