#382 – OFI Crète : Ομίλου

Le club. Encore un club dont le statut dépasse le cadre du football. L’OFI est le club d’Héraklion, la plus grande ville de Crète, mais il représente plus que cette cité. Il est l’emblème de la Crète entière. Si les crétois se sentent pleinement grecs, il demeure pas moins que leur culture (costume, patronyme, langue, cuisine, danse, musique) diffère de la Grèce continentale. Au printemps 1925, alors que les derniers musulmans quittaient l’île, que les réfugiés grecques d’Asie Mineure venaient d’immigrer massivement et que le rattachement à la Grèce étaient encore frais (1913), plusieurs sportifs de différentes disciplines (athlétisme, haltérophilie, lutte ou football) partageaient le même lieu d’entrainement et assez rapidement la même idée de créer une association réunissant leurs sports et des amis crétois. Ainsi, naquit quelques jours plus tard, l’OFI Crète dont les fondateurs voulaient que cette association – le Club – soit spéciale : être composé de ses propres fans. Ce collectif s’appela Όμιλος Φιλάθλων Ηρακλείου (Club des Fans d’Héraklion) et avait pour aspiration de gérer des évènements sportifs, de divertir ses membres et d’organiser des conférences et des excusions. Jusqu’à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, l’OFI ne pouvait se rendre sur le continent pour disputer des matchs, les voyages en bateau étant trop hasardeux à l’époque. Sa renommée se limitait alors à son ile. Puis, après la guerre, le club commença petit à petit à gravir les championnat régionaux pour titiller les sommets du football grecque. En 1968, il y parvint et devint le premier club crétois à évoluer dans la première division nationale. A compter de cette date, le club va connaître des période sombre (avec de graves difficultés financières) mais aussi quelques succès (tels qu’une Coupe de Grèce en 1987, une seconde place en Championnat en 1986 et une Coupe des Balkans en 1989), dont 6 campagnes européennes. Mais, quelque soit les résultats, OFI est le club crétois avec le plus d’apparitions en première division grecque, produisit des beaux joueurs (Machlas, Samaras, Mahamadu Diarra). Il représente et fait la fierté de l’ile.

#342 – PAS Giannina : Άγιαξ της Ηπείρου

L’Ajax d’Épire . Cela paraît naturel pour une équipe grec de faire appel à un héros de la mythologie pour se constituer une renommée. Sauf que, pour ce club, ce sont plutôt les « dieux » hollandais qui les inspirèrent. Fondé en 1966, à Ionnina, capital de la région d’Épire, le club se morfondait en seconde division, quand, au début des années 70, il connut son premier age d’or en recrutant un entraineur portugais, Gomez De Faria. Lorsqu’il tenta de faire venir des footballeurs grecs au club, il constata que leur valeur marchande était excessive, sans rapport avec leur qualité footballistique. Le problème, à l’époque, sous le régime dictatorial des colonels, les joueurs devaient être grecs ou d’origine grecque pour évoluer dans le championnat. Cette contrainte restreignait le marché des transferts et faisait prendre de la valeur à tous joueurs possédant un passeport grec. Gomez De Faria en conclut qu’avec l’argent demandé pour un footballeur grec, il pouvait acquérir une douzaine de joueurs argentins à potentiel. Il intégra donc plusieurs joueurs argentins dont les origines grecs était réelles ou phantasmées. Leurs noms étaient Edward Rigkani, Alfredo Gklasman, Jose Pasternak, Edward Lisa, Juan Montes et Oscar Alvarez.

Les équipes grecques jouaient simplement : un grand ballon devant en espérant qu’il parvienne jusqu’à l’avant-centre. Les joueurs argentins modifièrent le jeu de l’équipe de Giannina, en apprenant à jouer dans les espaces, à temporiser pour trouver la faille. Certes, ce jeu n’était pas l’équivalent du football total de l’Ajax d’Amsterdam, mais comme les néerlandais au niveau européen, PAS révolutionna le jeu en Grèce et fut donc comparé au club hollandais. Les résultats ne furent pas également au niveau du triple champion d’Europe mais, tout de même, le club accéda à la première division pour la première fois en 1974 et atteignit plusieurs fois la 5ème place du championnat (1976 et 1978), son meilleur résultat.

#302 – Panathinaïkos Athènes : οι Πράσινοι

Les verts. Dans l’article #86, vous appreniez que le surnom comme le symbole du Panathinaïkos est le trèfle. Logique alors de s’afficher en vert ? Pas si évident. La plupart des historiens comme le club affirme que le choix de la couleur verte fut faîte au même moment que le choix du trèfle comme symbole. Rappelez-vous que ce trèfle proviendrait du marathonien irlando-canadien Billy Sherring, qui portait un maillot floqué d’un énorme trèfle, lors des Jeux Olympiques de 1906. Nécessairement le trèfle devait être vert sur fond blanc, ce qui expliquerait le choix de la couleur verte pour les maillots du club. Mais certains, peu nombreux, affirment que le choix de cette couleur (ainsi que le blanc) se fit avant 1919 (date à laquelle le trèfle fut adopté) et peu d’années après la création du club (vers 1910). Ce choix aurait voulu symboliser la jeunesse, l’espoir et la nature (pour le vert) et l’éthique (pour le blanc). Mais alors dans quelles couleurs jouaient le club avant d’opter pour le vert ? Le club jouait en rouge et blanc, couleurs qui sont aujourd’hui celles de son pire ennemie, l’Olympiakos Le Pirée.

#271 – Iraklis Salonique : Γηραιός

Le doyen. Le club d’Iraklis prend ses racines au sein de l’association Omilos Filomouson (le club des amis de la musique). Fondée en 1899, cette association était d’abord un club de lettres et de musique. Mais, ses membres se laissèrent séduire par les sirènes des nouveaux sports à la mode, tels que le football, la natation et le cyclisme, et fondèrent une section football. Le premier match eut lieu le 23 avril 1905 contre une équipe de la diaspora européenne présente en ville. L’équipe grecque remporta ce match 3-0. Malgré la victoire, la section football connut des difficultés financières. Et en 1908, Omilos Filomouson et Olympia unirent leurs forces pour créer l’Iraklis. Résultat, aujourd’hui, Iraklis est le plus ancien club de la ville et même l’un des plus anciens clubs de sports en Grèce.

#254 – Aris Salonique FC : Θεός του πολέμου

Le Dieu de la guerre. Surnom belliqueux mais somme toute logique puisque Aris (Arès ou Mars pour les latinistes) est le Dieu de la guerre dans la mythologie. Les fondateurs ne donnèrent pas son nom par hasard. Certes, pour un club grec, faire référence à la mythologie est naturel. Dans le cas du club de Salonique, cette référence avait une portée nationaliste.

Fondé le 25 mars 1914, le club fut créé dans un contexte particulier. En 1912 et en 1913 se produisirent les deux guerres balkaniques qui virent Salonique revenir dans le giron grec après avoir été occupé pendant des siècles par l’Empire Ottoman. Depuis la création du Royaume en 1832, la Grèce n’eut de cesse que de vouloir s’étendre et réunir toutes les populations grecques des Balkans et d’Asie Mineure. La récupération de la cité de Salonique était même l’un des enjeux majeurs pour les nationalistes grecs dans le cadre du rêve de la Grande Idée. La première guerre balkanique en 1912 lui permit d’obtenir la région de Thessalonique au dépend de son allié Bulgare qui la convoitait également. Ce différend fit partie des raisons de la seconde guerre balkanique de 1913.

Les fondateurs voulurent donc rappeler ce combat pour la libération de la ville, fait d’armes du nationalisme grec. Ils choisirent ainsi le jour de la fête nationale grecque (le 25 mars car fut proclamée la déclaration d’indépendance du pays le 25 mars 1821) comme date de fondation du club. Puis, les fondateurs choisirent Arès pour nom. D’une part, le choix d’un dieu grec était clairement un manifeste nationaliste qui rattachait le club à une tradition grecque et pré-ottomane (d’autant plus que les couleurs jaune et noir font référence à l’empire byzantin). D’autre part, le dieu de la guerre était un rappel explicite à ces guerres balkaniques. D’ailleurs, un autre symbolisme apparait dans le blason. En effet, Arès est représenté assis, sans casque, son bouclier sur le côté, ie qu’il est au repos. Cette pose s’inspire de la statue du IVème siècle avant J.-C. nommée l’Arès de la collection Ludovisi. Le choix du motif même d’Arès au repos représente la victoire et la paix obtenues suite aux guerres balkaniques.

En outre, le choix d’Arès permettait de débuter une rivalité avec l’autre club de la ville, fondé en 1908, l’Iraklis Salonique. En effet, ce dernier tirait son nom du demi-dieu Héraclès. Or, selon les légendes  mythologiques, Héraclès et Arès n’étaient pas les meilleurs amis du monde et s’opposèrent. Ainsi, Héraclès tua Cicno, fils de Arès. Plus tard, Arès et Hercules se livrèrent un combat terrible, qui se termina par la grave blessure à la jambe d’Arès. 

#234 – AEK Athènes : Κιτρινόμαυροι

Les noir et jaune. Les couleurs du club sont directement liés à l’histoire de la population grecs de Constantinople. En 1919, portée par son nationalisme, la Grèce lança une expédition militaire pour occuper les régions d’Asie Mineure où habitaient des populations orthodoxes de langue grecque, héritières de l’époque hellénistique, qui étaient persécutaient par l’Empire Ottoman. Soutenu par les britanniques et les français ainsi que leurs victoires, la Grèce obtint des possessions en Anatolie suite au Traité de Sèvres (1920). Mais, ce traité ne fut pas ratifié par les deux parties, qui demeuraient insatisfaites, et la guerre reprit.

Au final, les troupes de la jeune Turquie renversèrent le jeu des alliances et gagna des batailles qui conduisit pour les grecs à la Megalê katastrophê (la Grande Catastrophe) en 1922. La Grèce perdit tous les territoires conquis et surtout un grand échange de population eut lieu. 1 300 000 Grecs de Turquie émigrèrent vers la Grèce tandis que 385 000 Turcs quittèrent la Grèce pour la Turquie. Arrivée en 1922, notamment à Athènes, ces immigrés se regroupèrent au sein de nouvelles associations pour conserver leur lien, leur identité. Ces associations proposaient des activités culturelles et sportives. Ainsi, en 1924, l’AEK fut fondé par la communauté grecque ayant fuit Constantinople (d’où le K de AEK qui signifie Konstantinoupóleos). Le club souhaitait alors se rappeler cette catastrophe dans tous ces symboles, notamment les couleurs des maillots. Ainsi, le jaune symbolise l’espoir des milliers de réfugiés après le déracinement. Cette couleur prend également ses racines dans l’empire byzantin, le jaune étant l’une des ses couleurs. Le noir indique la douleur de cette génération, qui a été forcée de quitter leur terre natale et se déplacer vers les centres urbains de la Grèce.

#146 – Panionios Athènes : Ιστορικός

L’historique. L’origine la plus lointaine du Panionios est le club fondé par la communauté grec d’Izmir, en Turquie actuel. En effet, le 14 septembre 1890, des jeunes des éminentes familles grecques de Smyrne (Izmir) décidèrent de créer une association dénommée « Ορφεύς Σμύρνης » (Orphée de Smyrne) dans le but était de consolider les liens de la communauté en éduquant ses membres à la musique et la gymnastique. En 1894, certains membres d’Orphée férus de sport formèrent une organisation distincte, « Γυμνάσιον Σμύρνης » (Gymnasium Club), et créèrent la véritable première équipe de football à Smyrne en 1895. En 1898, ces deux associations fusionnèrent pour donner naissance à Panionios. Ce dernier poursuivit l’oeuvre de ces deux prédécesseur qui visait à promouvoir l’éducation culturelle et sportive de la communauté grecque de Smyrne (Izmir) dans l’Empire Ottoman afin de défendre l’identité grecque. Panionios organisait des championnats ouverts à tous et donna l’impulsion à l’Etat pour rendre obligatoire la gymnastique dans les écoles.

Mais, en 1922, après une guerre de 3 ans entre la Grèce et la Turquie, la Grèce perdit la guerre et certains territoires. Cette défaite entraîna un grand échange de population : 1 300 000 Grecs de Turquie émigrèrent vers la Grèce tandis que 385 000 Turcs quittèrent la Grèce pour la Turquie. Arrivée en Grèce en 1922, ces grecs de Turquie se retrouvèrent en créant des associations culturelles et sportives, telles que l’AEK Athènes et le PAOK Salonique (cf articles #74, #118 et #234). Si la plupart furent de nouvelles associations, les membres de Panionios s’installèrent à Athènes et poursuivirent l’oeuvre débutée en 1890. Cette continuité fait qu’aujourd’hui, le Panionios est le doyen des clubs de football grec et donc le club historique.

#118 – PAOK Salonique : Δικέφαλος Αετός του Βορρά

L’aigle à double tête. Il s’affiche sur le blason du club et est un de ses symboles forts. En effet, le club fut fondé en 1926 mais il se considère reprendre le flambeau du club sportif et culturel Hermès Sport Club (le K signifie Konstantinoupolitón, Costantinople). Créé en 1877, cette association fut la première existant à Constantinople et devint le principal club sportif de la communauté grecque au sein de l’Empire ottoman. Mais, en 1919, portée par son nationalisme, la Grèce lança une expédition militaire pour occuper les régions d’Asie Mineure où habitèrent des populations orthodoxes de langue grecque, héritières de l’époque hellénistique, qui étaient persécutaient par l’Empire Ottoman. Soutenu par les britanniques et les français ainsi que leurs victoires, la Grèce obtint des possessions en Anatolie suite au Traité de Sèvres (1920). Mais, ce traité ne fut pas ratifié par les deux parties, qui demeuraient insatisfaites, et la guerre reprit. Au final, les troupes de la jeune Turquie renversèrent le jeu des alliances et gagna des batailles qui conduisit pour les grecs à la Megalê katastrophê (la Grande Catastrophe) en 1922. La Grèce perdit tous les territoires conquis et surtout un grand échange de population eut lieu. 1 300 000 Grecs de Turquie émigrèrent vers la Grèce tandis que 385 000 Turcs quittèrent la Grèce pour la Turquie.

Certains de ces grecques atterrirent à Salonique et se réunirent au sein d’association sportive et culturel. A l’instar de l’AEK Athènes (#74), le PAOK Salonique reprit des symboles forts de la communauté grecque de Constantinople, l’aigle à deux tête. Ce dernier est à la fois le symbole de l’Empire Byzantin (l’âge d’or de Constantinople et de la religion Orthodoxe) et celui du Patriarcat œcuménique de Constantinople. Contrairement à celui de l’AEK Athènes, l’aigle du PAOK a les ailes repliés afin de signifier le deuil de l’expulsion de la patrie.

Cet aigle bicéphale s’imposa dans l’héraldisme byzantin avec la dynastie macédonienne des Paléologue. Le motif se trouvait déjà dans l’art à l’âge du bronze, mais également en Grèce mycénienne et dans le Proche-Orient ancien, en particulier dans l’iconographie mésopotamienne et hittite. L’aigle à deux têtes apparaît vers le Xème siècle dans l’art byzantin mais bien plus tard comme emblème impérial au cours du dernier siècle de la dynastie des Paléologues (XIIIème-XVème siècle). Cette famille utilisait un aigle à deux têtes de couleur or sur fond rouge (couleur de l’Empire romain) sur lequel, au niveau de la poitrine, se trouvait le sympilima, monogramme de la famille. Toutefois, une autre famille dynastique utilisait également l’aigle à deux têtes. Il s’agissait des Comnènes qui régnèrent de 1057 à 1185 sur l’Empire Byzantin. Originaire de la région de Paphlagonie, au Nord de la Turquie, cette famille s’inspira certainement de l’aigle à deux têtes des Hittites, qui était associé à la ville paphlagonienne de Gangra. En tout cas, cet aigle à deux têtes qui ne se regardent pas pouvait être interprété par la suite comme l’Empire Romain dans ses composantes occidentale et orientale.

#86 – Panathinaïkos Athènes : Το Τριφύλλι

Les trèfles. Fondé en 1908, le club adopta le vert comme couleur et le trèfle comme symbole en 1919. La principale version raconte que le fondateur du club, George Kalafatis, entreprit de remédier à l’absence d’emblème. Il convoqua quelques joueurs pour leur demander leur avis. Un d’entre eux, Michalis Papazoglou, proposa le trèfle blanc comme emblème du club et le vert comme couleur. Ce symbole était celui de son lycée et de son club dans le quartier de Kadiköy à Istanbul (Halkidona pour les Grecs) à Istanbul. Une autre version indique que le trèfle du Panathinaikos proviendrait du marathonien irlando-canadien Billy Sherring, qui fit rêver des milliers d’Athéniens lors du marathon des Jeux olympiques d’Athènes en 1906. Il remporta la médaille d’or du Marathon avec un temps de 2 h 51 min 23 s en portant un maillot floqué d’un énorme trèfle.

#74 – AEK Athènes : δικέφαλος αετός

L’aigle à deux têtes, surnom mais également symbole du club qui s’affiche sur son écusson. Pour connaître le choix de ce symbole, il faut remonter aux origines du club.

En 1919, portée par son nationalisme, la Grèce lança une expédition militaire pour occuper les régions d’Asie Mineure où habitaient des populations orthodoxes de langue grecque, héritières de l’époque hellénistique, qui étaient persécutaient par l’Empire Ottoman. Soutenu par les britanniques et les français ainsi que leurs victoires, la Grèce obtint des possessions en Anatolie suite au Traité de Sèvres (1920). Mais, ce traité ne fut pas ratifié par les deux parties, qui demeuraient insatisfaites, et la guerre reprit. Au final, les troupes de la jeune Turquie renversèrent le jeu des alliances et gagna des batailles qui conduisit pour les grecs à la Megalê katastrophê (la Grande Catastrophe) en 1922. La Grèce perdit tous les territoires conquis et surtout un grand échange de population eut lieu. 1 300 000 Grecs de Turquie émigrèrent vers la Grèce tandis que 385 000 Turcs quittèrent la Grèce pour la Turquie.

Arrivée en 1922, notamment à Athènes, ces immigrés se regroupèrent au sein de nouvelles structures proposant des activités sportives. Ainsi, en 1924, l’AEK fut fondé par la communauté grecque ayant fuit Constantinople (d’où le K de AEK qui signifie Konstantinoupóleos). Le club souhaitait alors se rappeler cette catastrophe et des origines des fondateurs du club et reprit de nombreux symboles de l’Empire Byzantin (l’âge d’or de Constantinople et de la religion Orthodoxe), dont le fameux aigle à deux têtes. Celui-ci était en outre le symbole du Patriarcat œcuménique de Constantinople.

Cet aigle bicéphale s’imposa dans l’héraldisme byzantin avec la dynastie macédonienne des Paléologue. Le motif se trouvait déjà dans l’art à l’âge du bronze, mais également en Grèce mycénienne et dans le Proche-Orient ancien, en particulier dans l’iconographie mésopotamienne et hittite. L’aigle à deux têtes apparaît vers le Xème siècle dans l’art byzantin mais bien plus tard comme emblème impérial au cours du dernier siècle de la dynastie des Paléologues (XIIIème-XVème siècle). Cette famille utilisait un aigle à deux têtes de couleur or sur fond rouge (couleur de l’Empire romain) sur lequel, au niveau de la poitrine, se trouvait le sympilima, monogramme de la famille. Toutefois, une autre famille dynastique utilisait également l’aigle à deux têtes. Il s’agissait des Comnènes qui régnèrent de 1057 à 1185 sur l’Empire Byzantin. Originaire de la région de Paphlagonie, au Nord de la Turquie, cette famille s’inspira certainement de l’aigle à deux têtes des Hittites, qui était associé à la ville paphlagonienne de Gangra. En tout cas, cet aigle à deux têtes qui ne se regardent pas pouvait être interprété par la suite comme l’Empire Romain dans ses composantes occidentale et orientale.