Revenu au niveau du National, le club héraultais fait parti du patrimoine du football français, en étant l’un des tout meilleurs clubs français de l’entre-deux-guerres. Son écusson affiche un dauphin, surnom des joueurs. Les origines ne sont pas connues mais le dauphin ressemble à si méprendre à la baleine qui orne les armoiries de la ville. Et certainement qu’il faut se tourner vers la ville pour tenter de comprendre son origine. Jusqu’en 1927, le nom de la ville s’écrivait « cette » et si son étymologie n’est pas certaine, les explications possibles sont multiples et ramènent souvent au cétacé. A l’époque de l’Antiquité, la cité était connue sous différent nom (To Sition oros, Sêtion oros et Setius mons) et sa forme évolua au Moyen-Âge vers De Ceta, Seta, ou Cetia. Tous ces termes se référait au mont (ou montagne) car la ville se greffait au Mont Sain-Clair. Or, ce dernier ressemble à une baleine, ce qui aurait inspiré les armes de la ville. Néanmoins, pour d’autres, les mots Ceta ou Cetia proviendraient du latin cetus qui signifiait « gros poisson » et qui donna naissance au mot français cétacé. Or, cetus dérivait lui-même du grec kêtos (monstre marin) et le terme baleine découlait du grec phallaina qui désignait les monstres marins et également la baleine. Pour les tenants de cette version, ceci expliquerait la présence de la baleine sur le blason de la ville. En tout cas, ce n’est pas étonnant de voir un animal marin comme emblème pour une ville ancrée dans la Méditerranée, 2ème port français méditerranéen de pêche. Toutefois, si la baleine ornait le blason de la ville, pour le club, les joueurs furent affublés plutôt du gentil cétacé qu’est le dauphin. Il n’est d’ailleurs pas rare de voir des dauphins venir près de Sète voire malheureusement des cadavres échouer.
Étiquette : Héraldique/Vexillologie
#701 – FC Eindhoven : Blauw-witten
Les bleu et blanc. Depuis sa fondation en 1909, le second club d’Eindhoven joue avec un maillot rayé bleu et blanc et ce n’est pas en réaction au maillot rouge et blanc du grand PSV Eindhoven. Le 16 novembre 1909, un groupe d’hommes se réunirent afin de créer un club de football à Eindhoven capable de rivaliser avec les équipes des autres grandes villes du pays qui performaient de plus en plus et gagnaient en réputation. Pour les couleurs de ce nouveau club, étant donné que le club avait l’objectif de devenir l’étendard de la ville au niveau du football, il apparaissait logique pour les fondateurs de reprendre les couleurs d’Eindhoven. En 1909, les armes de la ville se composait, sur fond bleu, d’un lion rampant sur sa partie gauche et de trois cors sur celle de droite. La représentation la plus ancienne de ces armoiries d’Eindhoven remontent à un sceau datant de 1282. Les cors proviennent des armoiries de la famille Van Horne, seigneurs de Cranendonk, qui avait acquit la seigneurie d’Eindhoven au XIIIème siècle. Le lion provient des armoiries du duc de Brabant, où la ville d’Eindhoven se situait. Seulement, si on regarde les armes actuelles de la ville, elles reprennent exactement les composantes décrites ci-avant mais on s’aperçoit qu’elles ne sont pas bleus mais rouges. Entre le 16 juillet 1817 et le 17 octobre 1923 (donc au moment de la fondation du FC Eindhoven), les armoiries étaient bien sur un champs (fond) bleu. En effet, en 1815, le congrès de Vienne donna naissance au nouvel état du Royaume des Pays-Bas qui, pour ses armoiries, reprit en partie les armes de la Maison de Nassau, famille régnante, qui étaient bleus. Dans les années suivantes, soit les villes et provinces qui voulaient enregistrées leurs armoiries choisirent le bleu pour s’identifier au Royaume soit les autorités gouvernementales leur imposaient si les couleurs n’étaient pas renseignées dans la descriptions des armoiries. Résultat, les armes d’Eindhoven devinrent bleus alors que dès le XVIème siècle, elles étaient décrites comme rouge dans l’armoriale de Brocx. Ce rouge provenait certainement des couleurs du Duché de Basse-Lotharingie, dont le Duché de Brabant était issu. Finalement, en 1923, lors de la fusion de plusieurs communes avec Eindhoven, une demande fut déposée pour rétablir la couleur originelle des armes de la ville qui redevinrent donc rouges. Seulement, pour le club du FC Eindhoven, il devait certainement être compliqué après près de 15 ans d’existence de modifier ses couleurs. En outre, le rouge était la couleur de son nouveau rival du PSV, dont la notoriété montait en flèche.
#687 – CS Universitatea Craiova : Leii din Bănie
Les lions de Bănie. Suite à l’article #371, vous connaissez les péripéties qui chamboulèrent la vie du plus grand club roumain du Steaua Bucarest. Malheureusement, ce n’est pas le seul et la situation du club de Craiova est encore plus ubuesque. Fondée en 1948, le club représentait la section football de l’université de Craiova et appartenait à l’État roumain, à travers l’Union nationale des étudiants roumains. Jusqu’en 1991, le club rencontra de beaux succès sur le plan national (4 Championnats, 7 Coupes) et international (demi-finale de la Coupe de l’UEFA en 1982-1983). Puis patatras. La section football se sépara du club sportif de l’université mais en perdant les droits sur l’histoire du club (record, logo et couleurs). Après plusieurs histoires, le club fut repris par un homme d’affaires, Adrian Mititelu, en 2005. En 2011, face à des difficultés financières liées à sa mauvaise gestion, Adrian Mititelu tenta de faire déménager le club dans une nouvelle ville, ce qui entraina un conflit avec la fédération roumaine et la mairie de Craiova. Résultat, cette dernière décida de rétablir l’ancienne équipe historique de l’Université de Craiova (celle d’avant 1991) et créa le club du CS Universitatea Craiova en 2013. La fédération accepta que ce club reprenne officiellement l’historique du club de 1948. Néanmoins, après sa faillite en 2016, le club d’Adrian Mititelu fut redémarré en 2017 avec le nom de FCU Craiova 1948, en se réclamant de l’héritage du club qui dura de 1991 à 2016 mais également avec le club initial de 1948. En conséquence, la première division roumaine se retrouve aujourd’hui avec deux clubs qui se réclament du club historique du CS Université de Craiova (1948-1991). Les deux partagent le même stade et arborent le même logo : un lion encerclé par 5 U en parallèle. Cet article s’intéresse à celui qui officiellement poursuit l’activité du club historique puisque il a aussi son surnom.
Le lion du blason donna ce surnom et provient du logo de l’université qui inclut un lion rampant. Ce dernier est un héritage direct des armes de la région historique de Roumanie, l’Olténie. Egalement appelée Petite Valachie, cette région se situe dans l’ouest de la Roumanie, avec pour principale ville Craiova. Le symbole héraldique traditionnel de l’Olténie est, sur un champs de gueule (rouge), un lion rampant, faisant face à dextre (gauche), avec une étoile entre ses pattes. Il est intégré dans les armes de la Roumanie (quart inférieur à gauche).
#686 – Ruch Chorzów : Niebiescy
Les bleus. Deuxième club le plus titré de Pologne, avec 14 titres de champion à son actif entre 1933 et 1989, Ruch constitue, depuis un siècle, une véritable vitrine de la ville de Chorzów mais également de la Haute-Silésie et évolue dans un kit bleu et blanc. Il n’existe pas d’explication officielle justifiant ce choix de couleurs. Plusieurs histoires circulent même si une apparaît dominante et remonte à la création du club.
Au début du XXème siècle, la Haute-Silésie, et donc Chorzów, se situait au sein de l’Empire Allemand bien que sa population était majoritairement polonaise (60% vs 40% de germanophone). Forcément, il existait des tensions entre les deux communautés, sur des bases ethniques, religieuses et sociales, et dès la fin du XIXème siècle, les habitants polonais de Chorzów s’animèrent d’un sentiment nationaliste. Le traité de Versailles de 1919 offrit l’opportunité à cette population polonaise de rallier la République de Pologne, de nouveau indépendante depuis 1918. En effet, un référendum connu sous le nom de Plébiscite de Haute-Silésie fut organisé sous l’égide des alliés pour connaître à quel pays souhaitaient être incorporés les habitants de cette région : la République Allemande de Weimar ou la République de Pologne, de nouveau indépendante en 1918. Ce processus conduisit à la division de la Silésie, une partie étant rattachée au territoire polonais en 1922. Durant cette période, les silésiens d’origine polonaises menèrent de nombreux mouvements et soulèvements pour emporter la décision. Ainsi, le Commissariat du Plébiscite polonais (organisme nationaliste pro-Pologne) s’inquiéta de la germanisation de la jeunesse silésienne au travers des associations sportives allemandes et lança un appel le 27 janvier 1920 à la création de nouveaux clubs sportifs polonais en Haute-Silésie (ceci afin d’éveiller la jeunesse à la cause nationaliste). L’appel fut entendu avec, à l’été 1920,112 clubs déjà fondés, rassemblant plus de 15 000 adhérents. Dans ce contexte, le représentant du Commissariat à Chorzów créa le club le 20 avril 1920. Le nom Ruch, qui signifie mouvement en polonais, était censé faire référence aux mouvements insurrectionnels silésiens (mais les autres clubs créés lors de l’appel affichèrent des références plus explicites tels que Polonia (Pologne en Latin), Powstaniec (Insurgés), …). La couleur devait donc être un choix politique également et les membres auraient opté pour le bleu et blanc, couleurs des armes de la Haute-Silésie. Ces dernières se composent d’un aigle jaune sur fond bleu et proviennent directement des armoiries de la Maison Piast. Les Piast étaient la première dynastie régnante historique de la Pologne à compter du Xème siècle. Si le règne royal des Piast en Pologne prit fin en 1370 avec la mort du roi Casimir III le Grand, d’autres branches de la famille dominèrent encore des duchés, en particulier ceux de Mazovie et de Silésie (basse et haute). Toutes ces branches avaient pour armoirie un aigle, seuls les couleurs changées. En Basse-Silésie, l’aigle était noir sur fond jaune et donc en Haute-Silésie, jaune sur fond bleu. Pour la Haute-Silésie, ces armes sont affirmés dès 1222. Quand aux teintes, la plus ancienne représentation en couleur des armoiries est conservée dans le château de Lauf près de Nuremberg, où 114 armoiries des principautés, des évêchés et des villes d’Europe furent sculptées dans la pierre en 1353. Celles du duché d’Opole, dépendant de la Haute-Silésie, présentent encore aujourd’hui des traces de jaune sur l’aigle et de bleu sur l’écu. Cette palette de couleurs est confirmée dans l’Armorial de Gueldre (établi entre 1370 à 1395). Seulement, vous aurez noté une différence de taille : les armes sont de couleurs jaune et bleu tandis que le club évolue en blanc et bleu. Comment expliquer cette différence alors que le jaune figure sur les armoiries des Piasts de Haute-Silésie depuis au moins le XIVème siècle ? Certains prétendent que la couleur jaune ne fut pas permanente sur les armes et qu’il arriva qu’elle fusse remplacée par du blanc. Cela aurait été le cas dans l’entre-deux guerres. Ce qui vient corroboré cette hypothèse est l’Etoile de Haute-Silésie. Il s’agit d’une distinction militaire polonaise établie en 1925 pour décorer les insurgés de Silésie. Elle se composait notamment d’un aigle en argent (ici la matière mais en héraldisme l’argent correspond au blanc) sur une croix bleue et blanche. D’autres avancent que le club aurait remplacé le jaune par du blanc car le mariage du bleu et jaune aurait pu faire référence aux couleurs de l’Ukraine voisine, avec qui les relations n’étaient pas au beau fixe. Dans la même veine, la Basse-Silésie était la région voisine (mais très majoritairement germanophone) dont les armes étaient un aigle noir sur fond jaune. Les populations polonaises de Haute-Silésie n’auraient donc pas souhaité partager une couleur commune avec leur voisin « honni » . Enfin, l’explication la plus simple serait qu’à l’époque, les gardes-robes des joueurs, qui constituaient la « réserve » vestimentaire du club, étaient simples et ne comptait pas de jaune mais plutôt du blanc.
D’autres versions ont fleuri parmi les fans. Tout d’abord, le bleu du club ferait référence aux bleus de travail portés par les joueurs et les supporteurs qui travaillaient majoritairement dans les usines, notamment l’aciérie Huta Bismarck. Sauf que beaucoup indiquent que les employés de Huta dans les années 1920 ne travaillaient pas en uniforme bleu, mais avec ce qu’ils avaient dans leur garde-robe.
Une autre légende se rapporte aux soulèvements de Silésie de l’entre-deux guerres, au cours desquels les insurgés auraient porté des brassards bleus sur leurs manches et les populations les appelaient niebiescy. Résultat, la couleurs et le surnom se seraient reportés vers le club et ses joueurs. Seulement il semble que les insurgés portaient des brassards de différentes couleurs : blanc, blanc et rouge, blanc et bleu.
Une autre histoire fait appel à la rivalité avec le club germanophone de l’AKS Królewska Huta (aujourd’hui AKS Chorzów) qui évoluait en vert. Par opposition, le Ruch aurait opté pour le bleu. Mais, dans ce cas pourquoi pas le rouge, le blanc ou toute autre couleur qui par définition s’oppose au vert ?
Certains estiment que le surnom est venu plus tard, dans les années 1930. A cette époque, le Ruch Chorzów posait la première pierre de sa légende, en remportant 5 Championnats de Pologne (dont 4 d’affilé, 1933 à 1936 et 1938). Au même moment, un autre club de football en Allemagne s’imposa comme l’équipe dominante, à la popularité immense en Allemagne et grandissante dans le reste de l’Europe, Schalke 04. Après un premier championnat d’Allemagne remporté en 1929, Schalke disputa 14 des 18 finales du championnat d’Allemagne entre 1933 et 1942. Pour décrire son écrasante domination, rappelons que de 1935 à 1939, Schalke ne perdit aucun match de championnat. Les supporteurs de Ruch établirent alors le parallèle avec le club allemand qui évoluait également en bleu et dont le surnom était die königsblauen (les bleus royaux). Par mimétisme, les fans de Ruch adoptèrent le surnom niebiescy et le scandèrent à leurs joueurs.
Enfin, l’histoire la moins crédible mais finalement la plus sympathique. Depuis les cieux, le diable (bies) et l’archange Gabriel (Gabryjel) regardait un match. L’équipe de Ruch jouait un superbe football et les joueurs paraissaient inspirés. Gabryjel déclara à l’attention des joueurs de Ruch « Wyście som Anielscy » (Vous êtes des anges). Ce à quoi Bies répondit « Nie ! » (Non !) et Gabriel dit alors « Biescy » (diabolique). Les supporteurs de Ruch entendirent les deux derniers mots Nie et Biescy et crièrent alors à leurs joueurs « niebiescy » (les bleus).
#683 – CD Tondela : Auriverdes
Les jaune et vert. Il s’agit des couleurs de cette équipe dont les dirigeants devaient être également le 1er décembre 2021 quand toute l’équipe fut isolée suite à un cas positif au Covid. Ce choix de colorie remonte à sa création. Dans les années 1930, la ville de Tondela comptait deux équipes de football : Tondela FC (fondé le 1er janvier 1925) et le Operário Atlético Clube (fondé à la fin 1931). Bien que rivaux, les deux clubs ne s’affrontèrent pas en compétition officielle et ne connurent pas de grande gloire. Le 6 juin 1933, afin de permettre à la ville de Tondela de briller dans les compétitions de football, les deux conseils d’administration décidèrent de fusionner en fondant une nouvelle entité, CD Tondela. Etant donné que ce nouveau club devait être le représentant unique de la ville, le choix des couleurs se porta sur celles affichées sur la bannière et les armes de la ville, jaune et vert. Pour être précis, ce sont les armoiries qui ont donné les couleurs jaune et vert du drapeau de la cité. Sur un fond argent, les armes de la ville présentent un oranger au tronc noir, aux feuilles vertes et aux fruits jaunes. L’arbre fruitier est entouré de deux arbalètes rouges. Cet oranger rappelle l’importance de l’agriculture, en particulier l’arboriculture fruitière, dans cette région du Portugal. Les fruits sont ors pour symboliser la fidélité, le pouvoir et la liberté. Comme l’oranger, identité cette région agricole, à un feuillage vert et des fruits ors, ces deux couleurs furent choisies pour dominer le drapeau.
#680 – CA Bella Vista : los Papales
Les pontificaux. Les états pontificaux ne s’étendirent pas jusqu’à ce quartier de Bella Vista, en plein Montevideo. Ce lien avec le Pape s’explique par le maillot distinctif du club, composé d’une partie blanche et une autre jaune, à la façon de Blackburn Rovers. Or, cette association des deux couleurs correspond exactement au drapeau des Etats du Pape, ce qui enfanta le surnom. Pourquoi le club de quartier associa ces deux couleurs de cette façon ? Deux versions s’affrontent mais les deux remontent aux origines du club en 1920.
A cette époque, le football uruguayen était déjà bien développé et dominait la scène continentale : le pays avait remporté 3 des quatre premières éditions de la Copa America (il était même finaliste de la seule non gagnée) et la première division existait depuis l’année 1900. Montevideo, qui était une ville qui concentrait un tiers des 1 millions d’habitants du pays, avait déjà vu la plupart de ses grands clubs naître : Peñarol (1891), Nacional (1899) et Wanderers (1902). Cet environnement favorable au football se ressentait dans les nombreux quartiers de la ville et Bella Vista n’y échappa pas. La conjoncture de plusieurs passionnés permit l’émergence du Bella Vista. D’un côté, de jeunes garçons jouaient au football dans les terrains vagues près de Bulevar Artigas et Agraciada. De l’autre, l’inauguration de la chapelle et de l’école Maturana, par la congrégation des Salésiens, en octobre 1907 engendra l’implication de cette communauté dans la vie du quartier (conformément à leurs principes éducatifs) et notamment dans la promotion d’activités culturelles ou sportives. L’un de ses prêtres très actifs, Marino Guerra, enseignait le catéchisme avec deux outils qui lui paraissaient indispensables : une bible et un ballon de football. Ainsi, le barbier Vicente Zibechi impulsa l’idée de fonder un club dans le quartier, ce qui se réalisa le 4 octobre 1920.
Selon l’une des versions, le premier terrain du club se situait rue Larrobla, dans une propriété qui appartenait à l’école Maturana. En remerciement, le club demanda au prêtre de l’église de choisir les couleurs de l’uniforme et ce dernier reprit celles des Salésiens, jaune et bleu ainsi que celles des Etats Pontificaux, jaune et blanc. Ainsi, le kit se composa d’un maillot similaire au drapeau du Vatican et d’un short bleu.
Toutefois une autre version peu répandue avancent que cette composition de couleurs rendait hommage aux deux clubs dominateurs du championnat : Peñarol (alors connu sous le nom de CURCC) qui avait déjà remporté 6 titres et Nacional qui en avait gagné 8. Peñarol jouait en jaune et noir tandis que Nacional arborait les couleurs blanches et bleu.
#677 – Cerezo Osaka : 桜
Sakura (桜 / 櫻 / さくら), les cerisiers ornementaux du Japon. Comme tout club de football japonais, Cerezo connut deux vies. Une première, patronnée par une entreprise, Yanmar (fabricant de moteurs), débuta en 1957 pour s’achever avec l’intégration à la J-League au milieu des années 1990. En 1965, le club était l’un des 8 fondateurs de la Japan Soccer League (JSL) aujourd’hui dissoute. Avec quatre titres de champion du Japon à son actif, il demeurait un pilier de la JSL Division 1 jusqu’en 1990.
Sa seconde vie, détachée du lien corporate, commença en 1995 pour se poursuivre encore aujourd’hui. En effet, lors de la création de J-League en 1993, ses organisateurs décidèrent que, pour leurs noms, les clubs participants devaient ne plus faire apparaître l’entreprise-actionnaire et accoler celui de la localité où il résidait avec un surnom. Pour assurer le succès de leur nouveau championnat, les dirigeants de la J-League avaient compris à la fois l’importance du marketing (avec le surnom) et la nécessité d’ouvrir les club à un horizon de public plus large que celui de l’entreprise. Il devait donc exister un lien entre le club et sa localité d’attache pour attirer les fans et leur permettre de s’identifier.
En 1995, quand Yanmar Diesel Soccer Club souhaita rejoindre la J-League, les dirigeants interrogèrent par sondage leurs supporteurs pour choisir le nouveau nom. Cerezo, qui est le mot espagnol pour 桜 (Sakura), emporta le vote. Sachant qu’il y avait déjà en J-League un club de la ville d’Osaka (Gamba Osaka), le choix des supporteurs étaient judicieux. Non seulement le nom du nouveau club intégrait la ville (Osaka) mais en plus son surnom était directement lié à cette ville puisque le sakura est la fleur/arbre associé à Osaka. Le club prenait un avantage sur son rival dans le futur combat pour la domination locale. Pour aller au bout de cette identification, le rose et le bleu furent choisis comme couleur. Le rose pour rappeler la fleur du sakura. Le bleu, la couleur de la ville d’Osaka.
#674 – Chapecoense de Futebol : Verdão do Oeste
Le vert de l’Ouest. Le club réside dans la ville de Chapecó, la plus occidentale de l’Etat de Santa Catarina. Par ailleurs, les joueurs de cette équipe évolue dans un maillot vert. Le choix du vert pourrait logiquement provenir des couleurs de la ville de Chapecó, dont la bannière est constituée de deux bandes verticales vertes entourant une bande blanche. Les armes de la ville présentent également quatre quartiers, deux verts et deux blancs. Ces deux couleurs furent choisies, l’un symbolisant la pureté, l’espoir et la paix (le blanc), l’autre représentant le caractère agricole de l’Etat (le vert). Chapecó est connue comme la capitale agro-industrielle brésilienne, spécialisée dans la transformation de porcs et de volailles que les agriculteurs de la région élèvent. Ainsi, la ville est le siège de la coopérative Aurora, qui regroupent 65 000 producteurs, et compte depuis 1973 une usine de BRF (l’une des principales entreprises agro-alimentaires brésiliennes). Pourtant, l’un des fondateurs du club, Alvadir Pelisser, défendait une autre hypothèse quant au choix de la couleur verte. En effet, les fondateurs s’inspirèrent des autres clubs dont ils étaient fans : Palmeiras à São Paulo, Juventude à Caxias do Sul et Coritiba FC. Tous ces clubs évoluaient en vert et marchaient plutôt bien. Ils paraissaient alors aux fondateurs de Chapecoense que cette couleur placerait le club sous les meilleures auspices.
#671 – SV Darmstadt 98 : die Lilien
Les fleurs de Lys. L’écusson du club, fondé en 1898, affiche une fleur de lys, de couleur bleue et blanche et reprend directement les armes de la ville de Darmstadt. Ces dernières sont coiffées par une couronne grand-ducale (celle du Grand-Duché de Hesse où se situe Darmstadt) et se divisent en deux parties : en haut de l’écu, un lion rouge sur fond jaune et en bas, une fleur de lys blanche sur fond bleu. Les deux parties étaient par le passé séparées par une bande noire intégrant une boule blanche mais cet élément disparut quand ces armoiries furent réattribuées à la ville le 10 Mars 1917 par une lettre d’armoiries délivrée par le Grand-Duc de Hesse, Ernst Ludwig. Toutefois, ce blason apparaît déjà sur une clé de voûte de la partie inférieure de la tour de l’église de la ville (église protestante de Stadtkirche Darmstadt) datant du XVème siècle. La présence du lion se réfère à l’animal des armes des comtes de Katzenelnbogen. Il faut rappeler qu’un comte de Katzenelnbogen en 1330 obtint de l’empereur Louis de Bavière l’autorisation de construire Darmstadt, d’entourer la ville d’une enceinte et d’y tenir un marché hebdomadaire. La fleur de lys dans le bas demeure un signe distinctif par rapport aux autres villes du Grand-Duché. En effet, les autres cités (Pfungstadt, Viernheim, Zwingenberg, Riedstadt, Bischofsheim) affichaient aussi des armes divisées avec dans la partie haute le lion et dans la partie basse des éléments caractéristiques de la ville. Alors pourquoi une fleur de lys blanche sur fond bleu ?
L’origine exacte n’est pas connue avec certitude mais la cité ne souhaitait pas mettre à l’honneur le Royaume de France ou la ville italienne de Florence. Il semblerait plutôt que la fleur de lys blanche sur fond bleu soit une référence à la Vierge Marie. La fleur de lys blanche était signe de pureté dans la symbolique du Moyen Âge et était donc utilisé comme attribut dans la représentation de l’Annonciation (l’annonce par l’Archange Gabriel à la Vierge Marie de sa maternité divine). De même, la couleur bleu est celle de Marie dans la liturgie (cf articles #399 et #497). Ces références à la Vierge visaient certainement à rappeler que l’église de la ville (citée dans le paragraphe ci-avant) était la principale de la cité, n’était plus rattachée à l’église mère de Bessungen (donc était une église paroissiale indépendante) et surtout sous le patronage de la Vierge Marie, avant la Réforme.
#656 – SSC Naples : Azzurri
Les bleus. Les couleurs sociales de Naples sont le bleu et le blanc, avec une prééminence du premier par rapport au second qui apparaît plutôt sur le short et sur les parements du maillot. Ce bleu varia au fil du temps entre un azur, un électrique et un clair mais fut toujours la couleur du club.
Le choix de cette couleur n’est pas clairement défini mais résulte des deux clubs qui en 1922 donnèrent naissance au club actuel. Une première association naquit en 1904 sous le nom de Naples Football & Cricket Club puis fut rebaptisé Naples Football Club en 1906. En 1911, un autre club napolitain vit le jour, l’US Internazionale. En 1922, les deux clubs fusionnèrent pour créer l’Internaples qui le 25 août 1926 devint l’Associazione Calcio Napoli. Le Naples FC évoluait dans des maillots rayés bleu azur et bleu ciel tandis que l’Internaples portait des maillots bleu marine et un short blanc. Naturellement, le nouveau club ne pouvait porter que du bleu.
En 1922, les couleurs furent le bleu, le blanc et le bleu ciel (le marine était donc abandonné). Puis, en 1926, le maillot devint définitivement bleu accompagné d’un short blanc. Il est souvent avancé que le Naples FC opta pour le bleu et le bleu ciel qui devaient représenter respectivement la mer et le ciel de Naples. Côté Internazionale, le bleu marine et le blanc furent également choisis parce qu’ils rappelaient les couleurs du golfe de Naples. La sublime situation de Naples au bord de la mer serait donc à l’origine des couleurs du club.
Toutefois, une autre hypothèse apparaît aussi valable. Au XIIIème siècle, Naples et sa région (ainsi que la Sicile) devint une possession de Charles Ier, Comte d’Anjou qui fonda alors la maison capétienne d’Anjou-Sicile, branche cadette de la famille royale de France. Elle régna sur Naples jusqu’en 1481. Ces armoiries représentaient des fleurs de lys sur fond bleu. Ainsi, le bleu marqua la ville. D’ailleurs, la famille qui dominait la Sicile et Naples au XIème siècle était la Maison normande de Hauteville dont les armes étaient également azur (bleu). Cette hypothèse prit de l’ampleur quand de 1969 à 1973, le président Corrado Ferlaino tenta d’identifier l’équipe avec l’histoire de la ville. Ainsi, les armoiries des Bourbon des Deux-Siciles s’imprima sur les abonnements et les tickets d’entrée. En outre, l’écusson du club se dota d’un N entouré par 3 fleurs de lys sur fond bleu, rappelant les armes modernes de l’Anjou (donc de la Maison d’Anjou-Sicile).
