#209 – AC Milan : Casciavìt

Les tournevis. Ce surnom désigne le club mais surtout ses supporteurs. Le football s’est retrouvé rapidement être le reflet de la société, avec ses contradictions et ses oppositions. Au départ, le jeu se répandit au travers des étudiants des universités anglaises qui venaient tous des classes bourgeoises de la société. Mais, la facilité de sa pratique séduisit rapidement les couches populaires qui y voyaient un loisir simple et plaisant. Comme au XIXème et au début du XXème siècle, ces deux strates de la société ne pouvaient cohabiter ensemble, chacune se développa au sein de ses propres structures. Parfois, ces clubs ne s’ouvraient pas statutairement aux autres classes. Et lorsqu’il n’y avait pas d’interdiction, c’était tout simplement la géographie de la ville qui empêchait des joueurs de rejoindre un club d’une autre couche sociale (Les clubs étaient attachés à un quartier de la ville où était concentrée une classe). Résultat, dans les grandes villes, il existait le club de la bourgeoisie et le club des couches populaires, ouvrières.

Pourquoi les surnommer les supporteurs du Milan AC les tournevis ? Tout d’abord, le terme provient du dialecte milanais. Ensuite, le tournevis rappelle que les supporteurs du club milanais étaient des personnes travaillant dans les métiers manuels, des ouvriers. Ce surnom fut au départ affublé par les supporters de l’Inter à ceux du Milan par dédain. Ces derniers se l’approprièrent avec fierté. L’AC Milan fut créé en 1899 notamment par un groupe d’anglais. En 1908, la fédération italienne interdît la présence de footballeurs étrangers dans les équipes italiennes. L’AC Milan se plia à cette décision mais 44 membres du club décidèrent de faire dissidence pour créer un club qui accepta les joueurs étrangers, l’Inter Milan (d’où son nom Internazionale). La population de Milan se partagea alors entre les deux clubs : la classe ouvrière pour l’AC Milan, la petite bourgeoisie et les classes moyennes pour l’Inter. La raison de cette répartition est inconnue. Le football à Milan séduisit peut-être en priorité les couches populaires qui se tournèrent vers l’AC Milan, en tant que premier club. En outre, les premiers matchs se jouèrent dans des « enceintes » ouvertes, ce qui en faisaient une distraction gratuite pour les ouvriers. En tout cas, il est certain que les supporteurs du Milan habitaient des HLM de l’époque, les Case di Ringhiera, et se rendaient au stade en transport en commun, à l’inverse des supporteurs intéristes qui étaient propriétaires et venaient en voiture.

#204 – Atalanta Bergamasca Calcio : la Dea

La déesse. Le surnom provient du nom du club, Atalanta, malgré le fait que la référence soit erronée. En effet, Atalanta est le nom italien d’Atalante, une héroïne grecque (et donc pas une déesse …). S’il existe plusieurs légendes à cette héroïne, Atalante est surtout connu pour le défi qu’elle lança à ses prétendants. En effet, pour l’épouser, il fallait la battre à la course à pied. Mais, ceux qui perdaient cette course périssaient, transpercés par la lance d’Atalante. Depuis, Atalante est reconnue pour ses exploits hors du commun pour une femme dans la société grecque antique et incarne la vitesse et la compétition extrême.

A l’image du club néerlandais de l’Ajax Amsterdam (cf. #243 et #936) ou d’autres clubs européens (#716, #577, #254, #765 et #1116), les fondateurs souhaitèrent donner à leur club les valeurs inspirées par l’héroïne. Le club fut fondé comme une entité omnisports et avec le nom de Società Bergamasca di Ginnastica e Sports Atletici Atalanta (Société Bergamasque de Gymnastique et de Sports d’Athlétisme Atalante). Il faut dire que les 5 fondateurs du club en 1907 baignaient dans cette culture antique puisqu’ils étaient des jeunes suisses étudiant au Liceo Classico Paolo Sarpi, lieu d’enseignement élitiste dont les méthodes intègrent toujours l’étude du grec ancien et du latin.

En outre, la petite histoire raconte que l’un des pères fondateurs découvrit l’héroïne en lisant un livre qu’il avait trouvé dans la rue. Or, la passion d’Atalante pour la course à pied collait bien avec les activités sportives (gymnastique et athlétisme) que le club allait proposer à ses membres.

#190 – US Lecce : Giallorossi

Les jaunes et rouges. Ceci fait référence au maillot rayé jaune et rouge du club. Ce dernier résulta de la fusion de 3 clubs de la ville de Lecce (FBC Juventus , Sporting Club Lecce et Gladiator) en 1928, sous l’impulsion de l’Etat fasciste. Les couleurs adoptées par la nouvelle institution étaient le blanc et le noir mais dès la saison suivante, avec la première accession du club en Série B, ces dernières laissèrent place aux couleurs actuels, le jaune et le rouge.

Ces couleurs sont celles de l’ancienne région de Terre d’Otrante (Terra d’Otranto) où se situe Lecce et dont les armes font apparaître un dauphin tenant un croissant sur un fond de lignes verticales jaunes et rouges. Ce fond n’est pas là par hasard évidemment car il s’agit en fait des Barras de Aragon (les barres ou pals en héraldiques d’Aragon), qui se composent de quatre franges verticales rouges sur fond or.

Les origines de ces armes ne sont pas clairement définies. La légende veut que Guifred le Velu, considéré comme le premier comte de Catalogne, aurait repoussé une invasion normande au IXème siècle mais aurait été blessé au combat. Le roi de France, Charles le Chauve, lui demanda alors avant son trépas ce qu’il désirait, et Guifred lui répondit qu’il souhaitait un signe d’unification pour son peuple. Le Roi plongea alors quatre doigts dans sa blessure et traça sur son bouclier d’or quatre marques de sang, lui offrant ainsi ses armoiries. Cette histoire semble inventée puisque Guifred le Velu mourut lors d’une bataille mais face au Sarrasin. En outre, les Barras d’Aragon apparurent bien plus tardivement. Il semblerait en fait que les couleurs proviennent de la Rome antique. En tout cas, ces armes furent utilisées par la Couronne d’Aragon, qui les rependît sur un grand nombre de territoires lors de son expansion du XIIème jusqu’au XVIème siècle. Ainsi, on les retrouve dans les armes de la Catalogne, la Communauté de Valence, les Baléares, la ville de Barcelone, la ville de Valence mais également dans les possessions tels que la Sicile, la ville de Palerme, la Provence …. Ce fut aussi le cas de la Terre d’Otrante, qui, sous domination du Royaume d’Aragon, connût un fort développement commercial. Le maillot jaune et rouge fut souvent associé à un short bleu. L’association de ces trois couleurs permet de faire référence à une vielle maxime qui caractérise la région des Pouilles, « lu sule, lu mare, lu ientu » (le soleil, la mer, le vent). Le jaune et le rouge rappelle le soleil, le bleu, la mer. Enfin, le second maillot, souvent blanc, s’associe au vent.

#188 – Audax Club Sportivo Italiano : Audinos

Ce surnom est évidemment dérivé du nom du club (Audax) et ne veut rien dire. En revanche, Audax a une signification. Le 12 Juin 1897, une douzaine de cycliste italien se lancèrent le défi de partir de Rome au levée du Soleil pour rallier Naples au coucher du Soleil, soit 230 km. Neuf réussirent. Leur tentative fut qualifié d’audacieuse dont la traduction latine est Audax. Aujourd’hui, l’Audax désigne une épreuve de cyclo-tourisme (ou pédestre) de régularité et d’endurance où un parcours doit être réalisé en équipe sur un rythme imposé. Ce type de course connut un certain succès au début du XXème siècle. Henri Desgrange, le fondateur du Tour de France, en fut un promoteur.

En 1910, 3 membres de la communauté italienne résidant au Chili décidèrent de créer une institution presque exclusivement axée sur le cyclisme d’où la référence à Audax dans le nom. Mais au fil des années et de l’augmentation considérable du nombre de membres, elle s’ouvrit à d’autres activités sportives dont le football en 1921. La section football est la dernière survivante aujourd’hui et remporta 4 championnats du Chili. L’écusson du club fait apparaître en son centre une roue de vélo blanche, honorant les origines de l’équipe en tant que club de cyclisme.

#169 – Genoa CFC : il Grifone

Le griffon. Cet animal fantastique apparaît sur le blason du club mais pas seulement. Il est avant tout le symbole de la ville de Gènes, connue comme la Cité du Griffon. Sur les armoiries de la ville, deux griffons entourent un écu où figure la croix de Saint Georges.

En 1139, lorsque la République de Gênes fut autorisée à battre monnaie, le griffon apparait sur l’avers d’un des sous-multiples du denier. Puis, en 1580, les armoiries de la ville de Gênes commencèrent à être représentées dans des livres et elles étaient soutenues par deux griffons se faisant face à face. Selon certaines études, ces deux griffons symbolisaient la protection, pour l’un, de la maison d’Autriche et, pour l’autre, celle de l’Espagne. Le griffon est un animal fabuleux à corps, pattes postérieures et queue de lion et tête, ailes et serres d’aigle. Il est souvent utilisé dans les emblèmes héraldiques car il unit en un seul être les symbolismes de l’aigle, maître des cieux, et du lion, roi des animaux de la terre. Dans les armoiries de Gênes, les griffons symbolisent la force, la vigilance, la victoire sur les forces du mal. Les deux animaux sont devenus les protecteurs de la ville.

Une petite anecdote concernant ces deux griffons. Aujourd’hui, celui de l’écusson du club comme ceux des armoiries affichent des queues tournées vers l’exterieur. Ce détail paraît insignifiant et pourtant … Après le congrès de Vienne en 1815, Gênes, qui avait été annexé à l’Empire Français en 1805, se retrouva intégré au Royaume de Sardaigne, alors dépendant de la Maison de Savoie. Les queues des griffons furent alors modifiées pour se glisser entre les jambes, comme un signe de soumission à son nouveau maître. Le 20 juillet 2000, la Mairie de Gênes a restauré les anciennes armoiries, en ramenant les queues des deux griffons vers le haut. Il semblerait en réalité que dans de nombreuses représentations précédent 1815, les griffons avaient déjà les queues pointées vers le bas et placées entre leurs pattes.

Le Genoa fut fondé en 1893 par la communauté britannique de la ville. Un des membres du club, Aristide Parodi, proposa, lors d’une réunion le 15 février 1910, de renforcer les liens entre le club et la cité italienne en insérant dans son blason les armoiries de la ville, ie deux Griffons soutenant l’écu avec la croix de Saint-George. Mariage parfait entre les célèbres griffons génois et la croix de Saint-George, symbole de l’Angleterre. Mais, le blason était en quelque sorte confidentiel puisqu’il apparaissait seulement sur les cartes des membres. A la fin des années 1920, le choix fut fait finalement de modifier le blason en insérant un seul griffon or dans un écu rouge et bleu, bordé d’or et fermé au sommet par la croix rouge. Ce blason apparut pour la première sur les maillots du club lors de la saison 1937-1938.

#157 – Udinese Calcio : Bianconeri

Les blancs et noirs. Depuis sa fondation en 1896, le club du Frioul joue dans un maillot noir et blanc. Quand il fallut choisir les couleurs du club, les membres fondateurs ne firent pas preuve d’originalité. En effet, ils reprirent tous simplement les couleurs de la ville d’Udine, qui elle-même reprend les armes de la famille Savorgnan. Les membres de la famille Savorgnan furent baron, marquis et comte dans le Frioul et en 1385, la famille fut agrégée à la noblesse vénitienne. Créé en 1896, Udinese est le second club le plus ancien d’Italie, après le Genoa. Et ses couleurs sont répandus au sein de la péninsule, d’autres clubs héritant également du surnom de Bianconeri (Juventus, AC Sienne, Ascoli). Ainsi, il est parfois décrit comme I Primi Bianconeri d’Italia (les premiers blancs et noirs d’Italie).

#103 – AC Fiorentina : Viola

Violet. Le club se distingue dans le championnat italien comme de par le monde par son maillot violet vif. Couleur plutôt rare dans le monde du football. La Fiorentina est issue de la fusion de deux clubs, Club Sportivo Firenze et Palestra Ginnastica Fiorentina Libertas. Le premier évoluait en blanc et noir, tandis que le second portait des maillots rouges et noirs. A sa fondation, en 1926, le nouveau club opta alors pour la réunion des 3 couleurs, avec un short noir et un maillot scindé en deux parties, une rouge et une blanche. Ce maillot avait le mérite d’afficher les couleurs de la cité. Mais, le 22 septembre 1929, lors d’un match amical contre la Roma, la Fiorentina porta, pour la première fois, la fameuse chemise violette frappée du le lis rouge sur la poitrine.

Selon la légende, cette couleur résultat d’un mauvais lavage des mailles rouge-blanc dans une rivière. La teinture rouge aurait déteint sur le blanc, créant une nuance de violet. Mais, la réalité serait qu’il fut choisi par Luigi Ridolfi, l’un des fondateurs, après un match amical en 1928 face au club hongrois Újpest FC. Outre l’originalité ou la noblesse qui pouvait se dégager de ce maillot, Luigi Ridolfi a pu également être impressionné par l’équipe hongroise qui connaissait son âge d’or et souhaitait lui ressembler pour connaître le succès. L’équipe d’Újpest pratiquait en effet un football défensif redoutée dénommé Fogl-gát (la barrière Fogl), du nom des deux frères qui composaient sa défense, Karoly Fogl et József Fogl.

Mais, le hasard faisant bien les choses, le violet est une couleur attachée à la ville de Florence. Au XIVème siècle, les florentins avait acquis, auprès des populations orientales de la Méditerranée, un savoir-faire pour produire des colorants violets, à base d’un lichen particulier de la famille des Roccellaceae. La ville de Florence devint alors un des plus importants centres de production du monde occidental de violet.

#65 – AS Roma : Lupa

La louve. La référence est évidente à la fois car il s’agit du symbole du club qui apparaît sur son écusson et souvent dans ses produits dérivés. Egalement car le mythe de Romulus et Remus est l’identité de la ville éternelle et connu par beaucoup. Ces jumeaux, fils du dieu Mars et de la vestale Rhéa Silvia, sont connus pour être les fondateurs de Rome. Nouveau-nés, ils furent abandonnés à la demande de leur oncle sur le Tibre et recueillis par une louve qui les allaitèrent. Par la suite, les jumeaux se vengèrent de leur oncle, fondèrent Rome mais la volonté de gouverner la ville entraîna le fratricide de Remus par Romulus. Depuis l’Antiquité, l’image des jumeaux allaités par une louve est un symbole de la ville de Rome et depuis de l’AS Roma.

En 1927, l’AS Roma naquit de la fusion de trois clubs de football romain (Fortitudo Pro Roma, Alba Audace et Roman). L’objectif était de créer un grand club portant haut les couleurs de la capitale afin de s’opposer aux clubs du nord du pays. Pour conserver la base de supporteurs des 3 clubs comme élargir l’audience à toute la ville, les fondateurs comprirent que la symbolique allait jouer un rôle crucial. Tout d’abord, le choix simple de retenir le nom de la ville comme nom du club. Puis, le choix des couleurs en se référant aux bannières de l’Empire Romain et du Capitole (cf. #980). Il était donc logique que la louve du Capitole soit adoptée comme symbole du club et complète son identité. Paradoxalement, elle n’apparut sur le maillot du club et son écusson qu’un demi-siècle après la fondation. Au cours des premières années, aucun blason se présentait sur le maillot. Puis, au milieu des années 1930, un premier écusson formé des initiales du nom du club « ASR » au sein d’un cercle s’installa sur la tunique. Puis, il disparut de nouveau pour revenir sporadiquement en 1953 et au début des années 1960. Finalement, en 1978, Dino Viola prit la direction du club et s’intéressa immédiatement à développer les revenus du merchandising. Ainsi, pour se distinguer, la louve s’imposa à cette époque dans le blason comme sur le maillot. Encore que ce n’était pas vraiment une louve et encore moins dans sa position d’allaitement actuelle et classique. En effet, il s’agissait d’une tête de loup, affectueusement appelé Lupetto, créé par le graphiste milanais Piero Gratton (1939-2020). A cette époque, la stylisation des emblèmes du club étaient à la mode parmi les clubs italiens (diavoletto du Milan, le taureau du Torino ou l’aigle de la Lazio). Cette tête demeura jusqu’au milieu des années 1990 avant que la louve capitoline se dévoila sur le maillot à l’été 1997.

Seulement si le terme Lupa signifie louve en italien, en latin il a le même sens que celui de prostituée. Or, une des légendes raconte que les jumeaux furent recueillis par un berger du nom de Faustulus et sa femme, Larentia, prostituée. En jouant sur le double sens du mot, d’autres auteurs auraient détourné la légende pour y intégrer une louve, dont la symbolique est plus puissante que celle d’une prostitué. Officiellement, le surnom de l’AS Roma provient de l’animal. Si vous n’aimez pas le club, vous pouvez en changer le sens.

#60 – SS Lazio : Biancocelesti, Biancazzurri

Les blancs et bleus ciels, couleurs du club de la Lazio. Contrairement à d’autres clubs, la Lazio n’a jamais changé de couleurs depuis sa fondation en 1900. A cette date, Luigi Bigiarelli, un jeune romain, qui revient de la bataille d’Adua (1896), se consacrait aux mouvements sportifs italiens naissant. Abandonnant la vie mondaine, il participait avec son frère aux différentes courses sportives (course d’endurance ou de vitesse, natation, gymnastique, régate) et voulait absolument fonder un club de course à pied car il le considérait comme le véritable sport moderne. Souhaitant participer au Giro di Castel Giubileo (un semi-marathon de l’époque) prévu le 21 avril 1900 auquel seuls les athlètes inscrits dans les clubs officiels pouvaient participer, il décida de fonder son propre club avec son frère et des amis. Ainsi, le 9 janvier 1900, sur la Piazza della Libertà à Rome, ils fondèrent la Società Podistica Lazio. Pour les couleurs, ce sportif émérite choisit de rendre hommage à l’esprit olympique, ressuscité depuis en 1896, et au pays qui l’inventa, la Grèce. Le blanc et bleu ciel fut donc retenu.

Néanmoins, une autre version avance que les premières couleurs du club furent le noir et blanc. A partir de 1904, le club utilisa le blanc et le bleu clair. Les deux couleurs auraient été choisies par le joueur-entraîneur Sante Ancherani car elles lui apparaissaient douces et élégantes. Le président du club, Fortunato Ballerini, adopta définitivement ces couleurs qui permettaient aussi de rendre hommage aux couleurs du drapeau du Royaume de Grèce, berceau des Jeux Olympiques.

#59 – Ascoli Calcio FC : Picchio

Picchio est le nom italien de l’oiseau pic (pivert). Selon la littérature romaine (Strabon, Pline l’ancien), les Sabins, peuple antique, fondèrent la ville d’Ascoli. Peut-être poussé par une famine ou un autre malheur, ce peuple, originaire de l’Osco-Umbri, fit une migration (ver sacrum ou printemps sacré) pour trouver des terres plus accueillantes. Dans cette quête dédiée à un dieu (principalement Mars, Jupiter ou Apollon), le peuple était guidé par un animal sacré (loup, taureau, aigle …). Le nom de cet animal servait à baptiser la nouvelle communauté ainsi formée. Ainsi les Sabins furent guider par un pic, oiseau consacré à Mars et qui représentait le roi Picus. Ce dernier se posa sur leur enseigne quand ils s’établirent pour fonder Asculum (l’ancêtre d’Ascoli). L’oiseau devint leur emblème. Les Sabins s’associèrent à d’autres population sur place pour donner naissance à un nouveau peuple, les Picènes, nom dérivant du pic. Quand à leur ville Asculum, pour la distinguer d’une homonyme, elle fut nommée Asculum Picénum, donnant le nom actuel de la ville, Ascoli Piceno.