#366 – Hellas Vérone FC : i Mastini

Les mastiffs. Si le nom du club fait référence à la Grèce antique (Hellas), pour ses couleurs comme son blason, le club fit appel à l’histoire de la ville. En 1945, le blason du club évolua en fusionnant le symbolisme de la ville (une croix or sur fond bleu) avec celui de sa province (une échelle d’argent sur fond rouge). La province rendait ainsi hommage à une célèbre famille noble véronaise, Della Scala (ou Scaligera). À Vérone, cette famille apparut à partir de la fin du XIème siècle et faisait partie de la classe aisée. Ses membres étaient des hommes de loi et faisaient partie de l’administration municipale. Puis, en 1259, un des membres de la famille, Mastino I della Scala, devint Podestat de Vérone. A partir de là, la famille Della Scala exerça son emprise sur les affaires communales jusqu’à quasiment la fin du XIVème siècle. Ses armes affichaient donc une échelle (scala en italien) blanche sur fond rouge. Elles évoluèrent avec l’ajout de part et d’autre de l’échelle de deux mastiffs se faisant face, en l’honneur de ses deux plus illustres membres, Mastino I et Mastino II (mastino étant un prénom et le mot italien pour mastiff). En 1984, le Hellas changea de blason et fit appel alors à l’agence de publicité Orti Manara, avec l’objectif d’apposer ce nouveau logo sur les maillots. Le choix des dirigeants se porta sur un blason, qui renforçait le symbolisme avec la famille Scala, avec deux têtes de mastiff en forme de « V », partagé au centre par la fameuse échelle. Depuis cette date, les mastiffs ne quittèrent plus le blason du club et devint le surnom de l’équipe.

#361 – CD Guadalajara : las Chivas

Les chèvres. Ce surnom provient de la rivalité qui anime les deux clubs de la ville de Guadalajara : le CD et l’Atlas FC. Suite à une victoire du CD face à l’équipe de Tampico, sur le plus faible des scores (1-0), le 1er octobre 1948, le journal El Informador publia le résumé de la rencontre sous le titre « Jugaron a las carreras y ganaron las ‘chivas’ uno a cero » (ils ont courus et les chèvres ont gagné 1-0). L’article avait pourtant été écrit par un journaliste, Manuel Gómez Gutiérrez, fan du CD, mais un autre journaliste, Martín del Campo, supporteur de l’Atlas, avait été chargé de relire et de donner un titre à la chronique de son partenaire. Le ton de l’article fut tout aussi sévère avec la prestation du CD : « Uno de los partidos más desastrosos que hemos presenciado en los torneos de Liga Mayor…No valió la pena el evento, que se fue haciendo tedioso a medida que transcurría, pues los jugadores se concretaban a ejecutar carreras por todos lados, sin organizar ningún avance digno de mención…El verdadero futbol brilló por su ausencia » (Un des matchs les plus désastreux auxquels nous ayons assisté dans le championnat mexicain … L’événement n’en valait pas la peine, c’est devenu fastidieux au fur et à mesure que le temps passait, car les joueurs faisaient des courses partout, sans s’organiser, aucune attaque digne d’être signalée … Le vrai football a brillé par son absence). Aux yeux des journalistes, le club avait gagné mais en déroulant un jeu digne des chèvres. Pourquoi prendre comme référence des chèvres plutôt qu’un autre animal ? Pendant le match, les journalistes entendirent, provenant du rang des supporteurs, un cri « ¡Míralos, parecen Chivas! » (regardez on dirait des chèvres). Le spectateur faisait alors référence à un joueur du CD qui avant chaque centre, sautillait à côté du défenseur de Tampico, motivant la comparaison avec les chèvres. Evidemment, suite à l’article, les rivaux de l’Atlas reprirent le terme de chivas pour désigner de manière désobligeante les fans et l’équipe du CD. Et comme souvent, le mot ironique ou insultant utilisé par les fans adverses est devenu une référence pour le club moqué. En effet, un an plus tard, en 1949, les joueurs du CD rentrèrent sur le terrain accompagnés d’une chèvre habillée aux couleurs de l’équipe. Le gardien de but de cette équipe lança alors cette phrase qui immortalisa ce surnom : « ¡Sí, somos «Chivas» y qué! ¡Decir «Chivas» es decir Guadalajara! » (Oui, nous sommes des chèvres et alors ! Dire chèvres c’est dire Guadalajara).

#353 – Boavista FC : as Panteras

Les panthères. Fondé le 1er août 1903 sous le nom de The Boavista Footballers, le club résulta de la détermination de deux frères anglais, Henry « Harry » Lowe et Richard « Dick » Lowe, dont le père leur avait offert un ballon importé d’Angleterre, et de quelques jeunes portugais, qui vivaient tous dans la quartier de Boavista. Les membres fondateurs optèrent pour un maillot et un short noir, équipement qui faisait leur fierté. Au fil des années, le maillot évolua pour finalement en 1933 arriver à leur maillot unique à damier, noir et blanc. Mais, quelque soit l’époque et le style, le noir demeura une des couleurs dominantes. Ainsi, la panthère, principalement connut pour son pelage noire, devint à la fois le surnom et le symbole du club. Une statue de panthère noire et agressive trône devant le stade. Malheureusement, que peut faire une panthère face à dragon (cf article #6).

#350 – Jiangsu FC : 江东雄狮

Le lion de Jiangdong. Fondé en 1958 et basé dans la ville de Nankin, le club participa à la création du championnat professionnel chinois en 1994. Toutefois, pour assurer les coûts opérationnels liés à la participation à ce championnat, le club dut, comme d’autres, s’associer à une entreprise, Maint, et changea son nom en Jiangsu Maint. Au fil des années, d’autres sociétés de la région de Jiangsu parrainèrent le club dont la société Jiangsu Sainty International Group, qui le détint pendant 15 ans. Finalement, le 21 décembre 2015, Suning Appliance Group racheta le club pour 68 millions d’euros et modifia évidemment le nom en Jiangsu Suning FC. Outre le nom, la société de distribution spécialisée dans la vente de produits d’électroniques imposa aussi son symbole, le lion. Lancé en 2015 également, le lion devait représenter, en tant que roi des animaux, le prestige et le potentiel de Suning. Le lion devint logiquement également le surnom de l’équipe et s’afficha sur son blason. Cette appropriation du club par Suning avait évidemment une logique marketing. Au Japon, lors de la création de la J-League, la fédération souhaita détacher les clubs des entreprises en interdisant le nom des sociétés dans celui des clubs. La Chine ne fit pas ce choix mais la fédération semble faire machine arrière. En effet, pour la prochaine saison 2021, il est prévu que les clubs optent pour des « noms neutres », en supprimant toute référence aux investisseurs et aux entreprises qui les possèdent. Presque toutes les équipes chinoises de Super League devraient devoir changer de nom dont Jiangsu. Mais, contrairement au Japon où la suppression du nom de l’entreprise avait pour but d’aider les supporteurs à mieux s’identifier au club, le sentiment est totalement différent en Chine. La décision de la fédération a en effet exaspéré les fans. Il faut dire que certains n’ont jamais connu leur équipe sous un autre nom que l’actuel. Les clubs de supporteurs des 5 équipes ont publiquement critiqué cette nouvelle stratégie : « Le football est une culture et un club de football n’est pas une simple entreprise, c’est un symbole culturel d’une ville ou d’une région […] Le nom de l’équipe, le logo et la couleur font un tout ». L’entreprise publicitaire a donc plutôt bien marché en Chine.

Jiangdong est une ancienne région de la Chine dont la capitale se trouvait dans la préfecture de Jiangning (aujourd’hui ville de Nankin).

#343 – The Strongest : el Tigre

Le tigre. Le club hérita de ce surnom lors de son 33ème anniversaire. En effet, le 8 avril 1941, le président de la Fédération de Football de La Paz, M. Max de la Vega, déclara un discours lors des célébrations où il baptisa le club du surnom de Tigre : « TIGRES! Yo les llamo Tigres!, porque lleváis en la piel los colores máximos del Club, que en las sombras densas han recibido el beso del sol, para, con sus rayos luminosos, hacer de la penumbra el emblema gualdinegro. Yo les llamo « Tigres »!, porque en los campos de la lid, vuestra garra y tesón me recuerdan al tigre feroz.Yo les llamo « Tigres »!, porque cuando el score os es adverso, lucháis, cual « Tigre » herido, para reconquistar el laurel » (TIGRES! Je les appelle des Tigres!, Parce que vous portez les couleurs du Club sur votre peau, qui dans les ombres denses a reçu le baiser du soleil, pour, avec ses rayons lumineux, faire sortir l’emblème noir et or de l’obscurité. Je les appelle « Tigres »! Parce que dans les champs de combat, ta griffe et ta détermination me rappellent le féroce tigre. Je les appelle « Tigres »!, Car quand le score vous est défavorable, vous vous battez, comme un « Tigre » blessé, pour reconquérir le laurier).

Le président de la Fédération ne puisa pas bien loin pour y trouver cette inspiration. En effet, en portant un maillot rayé or et noir, la référence au tigre devenait naturelle. D’ailleurs, l’équipement du club donna le surnom d’atigrados (tigrés). Ces rayures noires et jaunes représentaient pour les fondateurs le jour et la nuit et copiaient le maillot d’un ancien club de La Paz disparu en 1907, Thunder FBC. Ce dernier arborait un maillot avec des rayures horizontales noires et jaunes, inspiré du plumage noir tacheté de jaune d’un oiseau chanteur très abondant dans les parcs de la ville appelé Chayñita (une espèce de chardonneret).

En outre, avec un nom comme The Strongest (les plus forts), le club ne pouvait s’identifier qu’à un animal qui se rapproche des valeurs du club : force et courage. Dans les années 1920, le condor des Andes fut le premier animal qui s’afficha sur le maillot du club. Mais, l’oiseau disparut quelques années plus tard. Le tigre s’imposa donc à partir de 1941 mais il ne fit son apparition sur le maillot, sous la forme de la tête, qu’à compter de 1969. Jusque dans les années 1980, ce symbole était utilisé à la place du blason. Depuis, les deux s’affichent sur la tunique du club. Enfin, le pseudonyme est parfois précisé en indiquant le quartier dont est originaire le club, el tigre de Achumani.

#337 – SSC Naples : i Ciucciarelli

Les petits ânes dans le dialecte napolitain. Après Boca Junior, autre hommage à Diego Maradona avec son second club de cœur, le SSC Napoli, et l’un de ses surnoms que le club n’aurait pas hérité si l’équipe napolitaine des années 1920 avait compté Diego dans ses rangs. Dans les premières années du club, le cheval en était son symbole et s’affichait sur son écusson. L’attachement de la ville avec le cheval remontait aux premières heures de son existence. Les premiers colons grecs, fondateur de la cité, aurait découvert des chevaux dont les sabots résistants leur permettaient de se balader sur les pentes abruptes et recouvertes de blocs de lave du Vésuve. Ils firent du cheval l’emblème de leur nouvelle cité et, au moins, à partir IIIème siècle, un culte équin était célébrait dans la cité. Les habitants se réunissaient auprès d’une statue monumentale de cheval en bronze, attribuée à Virgile, pour prier et obtenir la guérison de leur équidé. Au XIVème siècle, le cheval était toujours vénéré puisque l’évêque de Naples fit abattre une statue de cheval en 1322 pour faire cesser cette tradition païenne. Au XIXème siècle, un cheval cabré orna les armes de la province. Une race de cheval est même issue de la région et est dénommée encore aujourd’hui Napolitain.

Pourtant, lors de la saison 1926-1927, la première du club, le symbole passa du cheval vers l’âne et cette transformation n’avait pas pour objectif de rendre hommage aux joueurs. Le club concourrait dans l’un des groupes de la Série A et la saison se révéla catastrophique. L’équipe termina dernière de son groupe de 10 avec seulement un point obtenu, 61 buts encaissés et 7 marqués. En 18 matchs, les joueurs parvinrent seulement à obtenir un résultat positif : un match nul face à Brescia à domicile. Le reste des confrontations se résuma uniquement à des défaites, dont certaines particulièrement sévères (9-2 face à l’Inter ou 8-0 face à la Juventus).

Les supporteurs napolitains, avec l’ironie qui les caractérisent, affublèrent les joueurs du surnom de ciucciarelli. Selon une légende, la scène se déroula dans un bar brésilien, lieu de rencontre de fervents supporteurs. Un des fans, exaspéré par les résultats, déclara : « sta squadra nosta me pare o ciuccio ‘e fichelle: trentatrè piaghe e ‘a coda frucida » (cette équipe me paraît être un âne se plaignant de ses trente-trois plaies et de sa queue pelucheuse). L’anecdote fut rapportée au journal local, qui reprit dans son édition un âne plein de tâches et une petite queue pour caricaturer le club. Depuis, l’animal, prénommé O Ciuccio, a supplanté le cheval qui disparaît du blason en 1928.

#334 – Wolverhampton Wanderers FC : the Wolves

Les loups. Wolverhampton est le seul club anglais a avoir pour surnom le loup et il provient simplement du nom de la ville qui commence par le même terme (Wolverhampton). A partir de là, il peut être évidement d’en tirer la conclusion que la toponymie de la ville trouve ses racines dans le mot « loup ». Pas du tout !

La légende raconte que la ville fut fondée par la noble anglo-saxonne, Wulfrun, en 985 suite au don par le roi Æthelred le Malavisé de neuf hides situés à Heantune (ou aussi désigné comme Hamtun). Ce dernier terme signifiait « ferme ou enceinte haute ou principale ». Le suffixe apparut un peu plus tard, en 1070. La ville était alors connue sous le nom de Wolvrenehamptonia, soit la ferme ou enceinte haute ou principal de Wulfrun.

Une autre thèse avance que la ville peut avoir gagné son nom original de Wulfereēantūn ( « l’enceinte ou la ferme haute ou principale de Wulfhere »). Wulfhere était le le Roi de Mercie, l’un des principaux royaumes anglo-saxons du Haut Moyen Âge. Le cœur de ce royaume correspondait aux Midlands où se situe Wolverhampton. Selon la tradition, ce Roi aurait établi une abbaye en 659 à Wolverhampton, mais aucune preuve n’a pu être apportée. Quoi qu’il en soit, la forme actuel du nom de la ville fit son apparition au XIVème siècle.

Il convient de noter que les deux personnages ayant pu donner leur nom à la ville contiennent dans leur nom le terme « Wulf ». Or, en vieil anglais, il signifiait loup. Peut-être un début de lien entre l’animal et la ville. En outre, avec le temps, le nom de la ville a souvent était raccourci en « Wolvo », « W’ton » ou « Wolves ». Un lien supplémentaire. Naturellement, l’animal sauvage devint le symbole de l’équipe, d’autant plus que le loup véhicule un certain nombre de valeurs qui sied bien à équipe sportive : rusé, guerrier et qui évolue en meute. Son apparition pour le club se fit assez tardivement, au début des années 1970. Les joueurs arboraient un maillot avec un loup sautant au-dessus des initiales du club. Puis, le logo changea vite pour montrer trois loups en fuite. Finalement, une tête de loup stylisée s’imposa en 1979 et demeure depuis l’écusson et le symbole du club.

#332 – Kashima Antlers :アントラーズ

Les ramures (bois de cerf). L’avantage avec les clubs japonais ou américains est que leurs surnoms sont très vite trouvés puisqu’il s’agit de leurs noms. Outil marketing puissant, ces noms, souvent imagés, sont parfois ancrés dans l’histoire de la ville ou de la région. En effet, comme souvent au Japon, au départ, le club de Kashima était une association corporatiste qui dépendait de Sumitomo Metal Industries. Ainsi, son premier nom était Sumitomo Metal Industries Factory FC.

Puis, à la création de la J-League au début des années 90, les organisateurs de cette dernière décidèrent que, pour leur nom, les clubs devaient accoler celui de la localité avec un surnom (et surtout abandonner le nom de l’entreprise dans leur dénomination). Les dirigeants de la J-League avaient compris qu’il était important qu’il existe un lien entre le club et sa localité d’attache pour attirer les fans et leur permettre de s’identifier. Ceci était d’autant plus vrai pour Kashima. Certes, le club fut créé en 1947 mais il était un club modeste cantonné aux tournois d’entreprises jusqu’en 1974. A cette date, il intégra la seconde division et toqua de manière surprenante à la porte de la J-League en 1991. Pour y parvenir, Sumitomo s’engagea à construire un stade de 15.000 places mais pour le remplir, il fallait associer à ce projet 4 communes voisines autours de Kashima (qui comptait seulement 45.000 habitants), pour élargir la zone de chalandise. Pour renforcer le lien, Antlers (ramures) fut choisit comme surnom car c’était un rappel direct à la région de Kashima, qui signifie littéralement « île des cerfs ».

#324 – AC Ajaccio : l’Orsu

L’ours. L’ours a été introduit en Corse au XVème siècle mais a disparu au XVIème siècle, étant donné qu’il fut un concurrent pour les bergers locaux. Avec une présence aussi courte et lointaine, difficile d’imaginer qu’il réussit à laisser son empreinte 400 ans plus tard pour un club de football. Fondé en 1910, le club d’Ajaccio choisit l’ours comme emblème suite à un match amical. Le navire britannique militaire HSM Carnavon mouillait dans la rade d’Ajaccio et l’équipage souhaitait pratiquer le football. Un match fut proposé au club d’Ajaccio. Ainsi, l’équipe corse affronta sur la place du Diamant celle composée des marins du navire. Ajaccio perdit le match 3 à 1. L’unique buteur corse était Martin Baretti. Suite au but, le public scanda le prénom du joueur. Mais, au vue de la corpulence du joueur, sa puissance et sa pilosité, le public ne criât plus le nom du joueur mais « l’Ours, l’Ours » à chaque fois que Baretti touchait le ballon. Quelques mois plus tard l’Ours fît son apparition sur le maillot du club, un ballon sur la patte droite. Jusqu’au début des années 80, l’ours était présent sur l’écusson du club et donc sur le maillot. Puis, sa présence fut plus sporadique. En 2014, l’ours fut réintroduit sur le blason, dans le quartier haut droit. De ce surnom, d’autres en sont tirés : les oursons, a Squadra di l’Orsu (l’équipe de l’ours) et l’Orsi di Timizzolu (les ours de Timizzolu, Timizzolu étant le nom du stade où évolue l’ACA).

#312 – Gimnasia y Esgrima La Plata : el Lobo

Le loup. Jusqu’en 1953, le club était caricaturé sous les traits d’un boucher, en raison d’un autre surnom du club : lors triperos (les tripiers, cf. #621). Mais, selon le site du club, Gimnasia était déjà représenté parfois sous la forme d’un loup. Ce dernier surnom gagna en popularité au début des années 1950. En 1953, un dessinateur dénommé Julio Cesar « Pilo » Trouet aimait croquer les clubs de football en les associant à des personnages et ses caricatures accompagnaient les articles du journal « La Plata » sur les rencontres dominicales.

Toutefois, il n’était pas satisfait de l’image du boucher pour le club de Gimnasia y Esgrima. Après en avoir discuté avec des amis, il publia une caricature dans la journal régional « El Día » où le club était représenté sous la forme d’un loup. Pourquoi un loup ? Deux raisons inspirèrent le dessinateur. Tout d’abord, le stade du club, depuis 1929, se situe dans le seul parc de la ville, dénommé Paseo del Bosque. Le stade dont le vrai nom est Estadio Juan Carmelo Zerillo hérita du surnom, el Bosque (la forêt). Or, que trouve-t-on dans une forêt ? Des loups. Ensuite, l’équipe jouait un football rapide, rusé et audacieux, caractéristiques que le loup symbolisait.

Les fans adoptèrent ce symbole lors de la grande campagne de la saison de 1962. Après un début de saison moyen, où le club perdit à domicile 1 à 0 face à son rival d’Estudiantes, Gimnasia y Esgrima demeura invaincu pendant 15 matchs de suite. Ce parcours hissa le club à la première place du classement à quelques matchs de la fin du championnat. Au final, il termina à la 3ème place avec 16 victoires, 6 nuls et 6 défaites. Emmené par les buteurs Alfredo « Tanque » Rojas avec 17 buts et Diego Bayo avec 10 buts, l’équipe marqua 47 buts pour 28 buts encaissés. Comme de nombreuses équipes perdirent dans l’enceinte de Gimnasia y Esgrima, les supporteurs estimèrent que le loup était alors le symbole du club. Aujourd’hui, le loup est la mascotte du club.