Les citoyens de la cathédrale. Ville du centre du pays, Utrecht a pour principal symbole sa cathédrale qui a plus d’une particularité la rendant unique. Dénommée Cathédrale Saint Martin, elle est également surnommé « Dom ». Construite dans le style gothique entre 1254 et 1517, cette église possède la plus haute tour d’église des Pays-Bas avec 109 mètres (puis 112 mètres suite à sa restauration en 1910) et est le plus haut bâtiment d’Utrecht. A son achèvement en 1382, elle était également la plus haute tour d’Europe. Le mercredi 1er août 1674, une forte tempête faisait rage sur les Pays-Bas et sa violence fit s’effondrer la nef de l’église. Résultat, aujourd’hui, la tour est séparée du chœur et du transept et l’ensemble constitue les derniers restes de la cathédrale. Cette tour abrite une collection unique de 14 cloches, pesant 32 tonnes au total. La plus grosse cloche, la « Salvator », pèse 8 200 kg et mesure 227 cm de diamètre. En outre, la tour a été construite sur le site de l’ancien castellum (fort) romain qui caractérise le premier lieu d’habitation de la ville d’Utrecht. Par ailleurs, jusqu’en 1559, cette église était la seule cathédrale du territoire des Pays-Bas. Enfin, catholique à sa livraison, elle devint protestant en 1580. Toutes ces raisons font de la cathédrale l’emblème de la ville.
Étiquette : Monument/Statue
#411 – ACN Sienne 1904 : Bianconeri
Encore un club évoluant en blanc et noir en Italie. Tout d’abord, le club, qui a vu évoluer Vincent Candela, Tore Andre Flo et Enrico Chiesa, a de nouveau connu la faillite à l’été 2020, après la précédente en 2014. Mais, le noir sur le maillot ne symbolise pas le marasme dans lequel le club vit depuis près d’une décennie. Sienne adopta ses couleurs à sa création en 1904, en reprenant les couleurs de la ville. A partir de la seconde moitié du XIIIème siècle, le blason argent (blanc) et noir comme principal symbole de la ville s’affirma et prit le nom de balzana, dérivé de l’arabe بلقاء (balqâ) signifiant « bigarré de blanc et de noir ». La raison exacte de ce mariage de couleurs est inconnue mais de nombreuses hypothèses existent, mêlant mythologie et histoire. La première version repose sur la fondation de la ville par les romains Senius et Aschius, fils de Rémus, frère de Romulus (les fondateurs de Rome). Après le meurtre de leur père par Romulus, les deux frères fuirent de Rome et emmenèrent avec eux la louve (qui éleva Rémus et Romulus) jusqu’à la vallée de Tressa où ils fondèrent Sena Julia (Sienne). La légende raconte que pour leur fuite, les deux frères montèrent un cheval blanc et un autre noir. Toutefois, d’autres avancent que pour remercier les Dieux de la fondation de la ville, ils allumèrent un feu dont la fumée était blanche et noire. Mais, les explications ne s’arrêtent pas là. Pour certain, ce blason noir et blanc rappelle les marbres blanc et vert foncé (proche du noir) qui ornent la Cathédrale Santa Maria et d’autres palais de la ville. Pour d’autres, le blanc et le noir, couleurs opposées, symbolisent deux populations de la ville. Mais, de même, les versions diffèrent. D’un côté, ces deux couleurs représenteraient la noblesse et le peuple de la ville. D’un autre côté, cette union dans un seul blason indiquerait la paix conclue entre les factions rivales des Guelfes blancs et noirs (au Moyen-Âge, alors que la guerre entre Gibelins, les partisans du Saint-Empire et les Guelfes, les soutiens de la Papauté, faisait rage, le partie Guelfe se divisa encore entre les deux clans). Enfin, une dernière hypothèse veut que ces deux couleurs soient tirés des emblèmes des anciens Comtes de la cité à l’époque Carolingienne.
#370 – Belenenses SAD : Torres de Belém
Les tours de Belém. Pour tout amateur de football portugais, Belenenses n’est pas un club inconnu. Club fondateur de la ligue portugaise et vainqueur du championnat en 1946, le club lisboète a tout de même sa petite renommée. Jusqu’en 1982, il faisait même parti du quatuor des Grandes, avec Porto, Benfica et le Sporting, car jusqu’à cette date, ces quatre clubs n’avaient jamais quitté la première division. Malheureusement, cette année-là, Belenenses fut rétrogradé. En 1999, comme beaucoup d’autres associations, le club créa sa Sociedade Anónima Desportiva (Société Anonyme Sportive) pour gérer l’équipe professionnelle, le reste des activités amateures demeurant en son sein. En 2012, aux prises avec des difficultés financières, le club amateur vendit 51% des parts de la SAD à un investisseur, Codecity, dirigé par Rui Pedro Soares. En parallèle de cette vente, un pacte d’actionnaires fut également signé dans lequel le club fondateur conservait certains droits (droit de veto sur certaines résolutions et droit de racheter, unilatéralement, les actions de la SAD à un prix et une échéance convenue). Toutefois, les relations entre le club, Codecity et les supporteurs se dégradèrent et cette situation conduisit Codecity à rompre le pacte d’actionnaires, acte validé par le Tribunal Arbitral du Sport en 2017. La SAD conserva ainsi le statut professionnel et changea de nom pour Belenenses SAD. Le nom, le palmarès comme le stade demeurèrent, suite à une nouvelle décision judiciaire, la propriété de l’équipe amateure, CF Os Belenenses (mais cette dernière redémarra au 6ème échelon nationale). Dénué de toute histoire et palmarès, le club professionnel se devait de créer un nouveau symbolisme pour enraciner le club et ne pas perdre ses fans. Comme Os Belenenses était un club de Belém, un quartier de Lisbonne, Belenenses SAD garda la référence à ce quartier en reprenant dans son nouveau blason un B majuscule, couronné d’un mâchicoulis, rappelant la Tour de Belém, monument emblème du quartier. En effet, sur les bords du Tage, se dresse depuis le XVIème siècle, cette tour de style manuélin qui avait pour vocation de défendre l’entrée maritime de la ville mais également servait de port pour les expéditions portugaises vers les nouveaux mondes. Symbole majestueux qui servait le destin du nouveau club.
#320 – Vitória Guimarães : os Conquistadores
Les conquérants. Avec seulement une Coupe et une Supercoupe du Portugal à son actif, le club a peu été conquérant en son pays. La ville de Guimarães n’a pas été non plus le point de départ ou de ralliement des conquérants portugais partis à la découvertes des Amériques ou du Monde. En réalité, il faut remonter un peu plus loin dans l’histoire et évoquer une conquête qui fut moins gourmande en terrain conquis mais ô combien importante pour le Portugal.
Tout d’abord, fondé en 1922, le club opta pour son blason actuel au début des années 1930. Le capitaine Mario Cardoso, concepteur de l’écusson, s’inspira de la statue de Dom Afonso Henriques, situé au Paço dos Duques de Bragança (Palais des Ducs de Bragance) à Guimarães. Dom Afonso Henriques, aussi appelé Alfonso I, et surnommé le « Conquérant », fut le premier Roi du Portugal, à partir de 1140. Elevé à Guimarães, il conquit définitivement le Comté du Portugal, alors sous domination des nobles galiciens et du Royaume de Castille, après avoir battu sa mère lors de la bataille de São Mamede en 1128. A partir de cette date, Dom Afonso Henriques rechercha à obtenir l’indépendance de son Comté envers le Roi de Castille. Il y parvint en 1143 par le traité de Zamora. Puis, le Portugal fut reconnu en 1179 par le pape Alexandre III.
En même temps que sa conquête de l’indépendance, ce fut également à partir de Guimarães que Dom Afonso Henriques partit à la reconquista du sud du Pays. En 1147, il reprit ainsi Santarém et Lisbonne aux Maures. Guimarães est donc historiquement associée au premier Roi du Portugal et à sa conquête de l’indépendance et des terres du Portugal. La ville est le point de départ et le centre politique du pays durant son règne. Elle est ainsi connue comme le « berceau de la nation portugaise ». D’ailleurs, pour le rappeler aux habitants comme aux visiteurs, dans l’une des tours de l’ancienne muraille de la ville, il est inscrit « Aqui nasceu Portugal » (Ici est né le Portugal).
#319 – MVV Maastricht : de Sterrendragers
Les porteurs de l’étoile. Bien qu’un célèbre traité européen porte son nom et que le drapeau de l’Europe se caractérise par 12 étoiles en cercle, le surnom de l’équipe de football de la ville n’y puise pas son explication. En fait, ce surnom provient de l’écusson du club qui reprend celui de la ville : une étoile à 5 branches blanche sur fond rouge. L’origine de cette étoile à cinq branches comme armoiries de Maastricht est inconnue même si le fort culte à l’Etoile de Mer (Sterre der Zee) pourrait en être la raison. L’Etoile de la Mer est un ancien titre donné à Marie, allégorie de la Vierge comme étoile, guide des hommes vers Dieu. Sterre der Zee est le nom populaire d’une statue de la Vierge Marie du XVème siècle exposée dans la Basilique Notre-Dame de Maastricht. La dévotion à Marie, Etoile de la mer est particulièrement populaire dans le sud des Pays-Bas (Marie, Etoile de la Mer est même la sainte patronne des Pays-Bas.) et la statue de la basilique Notre-Dame constitue le plus important sanctuaire marial des Pays-Bas. L’étoile à 5 branches est mentionné pour la première fois en 1253 comme sceau de la ville. Une oeuvre confirme ces armes. Ainsi, le tableau Gerechtigheidstafereel (Scène de Justice), attribué à Jan Van Brussel et daté de 1475, représente une riche source d’information pour la ville de Maastricht puisqu’il décrit notamment le premier paysage urbain de Maastricht. Surtout, le tableau contient trois images des armoiries. Le premier apparait sur les vêtements d’une personne. Le deuxième blason de la ville est représenté sur un vitrail dans la salle d’audience. Le troisième est tenu par une figure féminine, placée comme une statue au sommet d’une colonne. Le tableau fut suspendu pendant plus de 350 ans à la mairie de Maastricht. A compter du 16ème siècle, un ange, porteur du blason, fut ajouté. Si l’écusson du club de football reprend à l’identique les armoiries de la ville, l’ange n’y apparaît pas mais cet ange porteur fait partie du folklore de la ville. Et les joueurs du club sont donc les porteurs de l’étoile.
#256 – Calcio Catane : gli Elefanti
Les éléphants. L’animal est fortement attaché à la ville de Catane, apparaissant sur ces armes comme sur un des monuments remarquables, la fontaine des éléphants, située au centre de la Piazza del Duomo. L’éléphant est devenu un symbole de Catane avec le personnage semi-légendaire dénommé Héliodore de Catane. Magicien, ce dernier aurait pactisé au VIIIème siècle après Jésus-Christ avec le Diable qui en échange de son abjuration de sa foi chrétienne, lui aurait conféré des pouvoirs. Il aurait alors lui-même sculpté dans de la pierre volcanique de l’Etna un éléphant, puis le chevauchant, il exécutait sa magie et rendait la vie des habitants impossible. Le nom de l’éléphant est Liotru, corruption populaire du nom Heliodorus.
#127 – Nagoya Grampus : 赤鯱
Le shachi rouge. Le club japonais, lié à Toyota, évolue en rouge notamment, qui est également la couleur du constructeur automobile. Le shachi (ou shachihoko) est un animal du folklore japonais avec une tête de tigre et un corps de carpe. On accordait à cet animal le pouvoir de faire tomber la pluie. Ainsi, pour se protéger des incendies, les temples et les châteaux étaient souvent ornés sur leur toit de « gargouille » sous la forme d’un shachihoko. Deux shachi dorés ornent justement l’entrée du chateau de Nagoya. Etant donné la forme du personnage, shachi désigne également un orque, un dauphin. Ceci donna le nom de Grampus au club puisqu’il s’agit du nom latin du dauphin de Risso que l’on associe également à ces deux statues dorés situés à l’entrée du chateau de Nagoya.
#44 – FCG Bordeaux : le club au Scapulaire
Le club de Bordeaux a régulièrement affiché au fil des saisons un scapulaire (une sorte de V) sur le devant de ses maillots. Souvent présent sur les vêtements de Rugby à XIII, il fut à la mode dans les années 30 pour les clubs de football mais disparu dans les 50. Pas pour l’équipe de Bordeaux d’où le fait que le club est hérité de ce surnom. La section football a été créée en 1920 et ce n’est qu’en 1938 que le maillot du club s’orna d’un scapulaire. Il pourrait représenter le Bec d’Ambès, point de confluence entre la Dordogne et la Garonne, qui marque le début de l’estuaire de la Gironde, proche de Bordeaux. D’ailleurs, pour corroborer cette forme de la confluence, il faut étudier les armes de la ville d’Ambes qui montre un scapulaire inversé. Certains pensent que ce scapulaire provient de la fusion avec le club de l’AS du Port en 1940 (afin d’assimiler les joueurs des girondins au corps des pompiers du port de Bordeaux – représenté par l’AS du Port – pour leur éviter le STO). Toutefois, il semble que l’héritage de cette fusion fut plutôt une ancre marine que le scapulaire. A noter, tout de même, que dans une forme stylisée, le scapulaire peut représenter une ancre marine. Enfin, de manière marginal, certains avancent que ce scapulaire est une référence à la Vierge Marie. En effet, en étant dénommé Scapulaire et non Chevron comme dans les autres clubs, un lien direct est réalisé avec une pièce de toile de l’habit monastique. Cette pièce est un tissu de la largeur des épaules qui pend sur le devant et le dos presque jusqu’aux pieds, mais il est ouvert sur les côtés. Le mot Scapulaire vient du latin scapulæ qui signifie épaule. Le port de ce tissu était considéré par certain comme un acte dévotion à la Vierge Marie. Par ailleurs, certaine statue représente la Vierge avec un scapulaire dont, semble-t-il, une, située à Bordeaux, rue Neuve depuis la Révolution française.
