#1459 – Sunshine Stars FC : the Owena Waves

Les vagues d’Owena. Le Sunshine Stars Football Club, fondé en 1995 et basé à Akure, dans l’État d’Ondo, s’est imposé comme l’une des formations incontournables de la première division du championnat de football du Nigeria. Ses joueurs sont affectueusement surnommés The Owena Waves. Ce surnom, loin d’être une simple métaphore sportive, est un ancrage géographique profond. Il rend hommage à la rivière Owena, un cours d’eau dont le rôle environnemental, économique et social est indispensable à toute la région de l’État d’Ondo.

Située dans le sud-ouest du Nigeria, la rivière Owena prend sa source dans les collines du nord-ouest de la région. Elle serpente ensuite sur une longueur approximative de 43 kilomètres, traversant un bassin versant vaste qui couvre environ 790 kilomètres carrés. Au cours de son parcours, la rivière traverse plusieurs zones administratives, notamment celles d’Ifedore et d’Ondo East, avant de se fondre dans le bassin hydrographique plus large de Benin-Owena. Bien que la rivière Owena ne figure pas parmi les longs fleuves du continent africain, son débit constant et la morphologie de son bassin en font une artère hydrique de valeur pour ce territoire. Dès 1960, le premier grand projet d’adduction d’eau de la région s’est appuyé sur son flux pour alimenter plusieurs municipalités. Cependant, face à une croissance démographique rapide, le gouvernement a commandité en 1976 le développement d’un projet de plus grande envergure : le barrage à buts multiples d’Owena (Owena Multipurpose Dam).

Ce barrage abrite un réservoir d’une superficie d’environ 7,8 kilomètres carrés et alimente une station de traitement moderne capable de traiter 60 000 mètres cubes d’eau par jour. Cette infrastructure est essentielle pour la ville d’Akure et les communautés voisines des États d’Ondo et d’Ekiti. La conception du barrage inclut des canaux permettant l’irrigation de près de 3 000 hectares de terres agricoles environnantes, soutenant ainsi les récoltes indépendamment des saisons des pluies.

Le surnom du club s’approprie à la fois l’aspect identitaire de la rivière pour la région mais aussi sa force, renforcée par l’adjonction du terme « vague ». Dans le langage footballistique, la métaphore de la vague incarne le mouvement perpétuel, la persévérance et une force irrésistible capable de submerger les défenses adverses.

#1194 – Bendel Insurance FC : the Benin Arsenal

L’Arsenal de Benin. Attention à ne pas tomber dans le piège facile de penser que l’on parle d’un club béninois. En réalité, Bendel Insurance est un club nigérian représentant la capitale de l’État d’Edo, Benin City. Cette ville se situe sur les bords de la rivière Bénin et fut également la capitale d’un Royaume puissant dénommé Royaume du Bénin. Ce royaume dura du XIIème siècle à 1897, année où il tomba face aux Britanniques. Le terme Benin serait la prononciation portugaise du mot itsekiri Ubinu, qui signifie « capitale de la royauté » et désignait Benin City.

Le football fut importé dans le pays au début du XXème siècle par les missionnaires et les colons britanniques, en particulier Frederick Baron Mulford, qui organisait régulièrement des matchs entre des jeunes britanniques et des locaux à Lagos. En 1945, la Fédération nigériane de football fut fondée pour organiser et superviser le sport dans le pays. Enfin, dans le but d’améliorer la qualité du football nigérian et de fournir un environnement compétitif pour le développement des talents locaux, la ligue professionnelle nigériane fut crée en 1972, rebaptisée Ligue professionnelle en 1990 et Premier League en 1993. Parmi les fondateurs, le club du Bendel Insurance, fondé la même année. De 1972 à 2008, Bendel Insurance joua dans l’élite nigériane et remporta deux titres en 1973 et en 1979. Mais, en 2008, la propriété du club fut disputée entre deux parties, ce qui affaiblit l’équipe qui termina à la dernière place et fut reléguée en fin de saison. Toutefois, avec ses 37 saisons sans discontinuées parmi l’élite, Bendel fut comparé au club anglais d’Arsenal qui est le recordman de présence consécutive au sein de l’élite anglaise. En effet, Arsenal évolue en première division anglaise depuis la saison 1919-1920, soit 99 saisons (à date), et devance largement le deuxième club à la plus grande longévité, Everton (1954-1955). Suite à sa relégation, le surnom retrouva un peu de consistance lors de la saison 2022-2023 lorsque le club réussit à ne pas perdre un match (18 matchs dont 8 victoires) dans la première partie de saison, rappelant ainsi les fameux invincibles d’Arsenal (#941).

#1042 – Heartland FC : the Naze Millionaires

Les millionaires de Naze. Après la guerre du Biafra (1963-1970) où une partie du Sud-Est du pays tenta de faire secession, le gouvernement nigérian réforma l’organisation administrative du Sud-Est et créa l’Etat d’Imo. Dans la foulée, ce nouvel état fonda un nouveau club de football (directement détenu donc par le gouvernement de l’Etat d’Imo), dénommé Spartans of Owerri FC. Les premières performances du club furent plutôt limitées mais en 1979, le club parvint à la seconde place de la Ligue Nationale et renouvela cette exploit en 1981. En 1982, les Spartans atteignirent la finale de la WAFU Cup, une compétition continentale équivalent à la Ligue des Champions des clubs d’Afrique de l’Ouest. Malheureusement, à peine 3 ans plus tard, le club connut des difficultés financières conduisant le gouvernement à le céder à l’homme d’affaires et politique Emmanuel Iwuanyanwu, un des hommes les plus riches et puissants du Nigéria.

L’équipe fut renommée Iwuanyanwu Nationale en 1985 et le camp de base fut installé dans la commune de Naze, à 8km de la capitale d’Etat, Owerri. Avec ses importants moyens financiers, Iwuanyanwu transforma considérablement la fortune de l’équipe. Il recruta les meilleurs joueurs du pays (dont certains étaient internationaux nigérians), notamment Thompson Oliha, Uche Okechukwu, Ben Iroha, Etim Esin et Edward Ansah, et leur offrit des voitures (Peugeot 505) et des maisons neuves. Les joueurs étaient traités comme des rois. Le staff comprenait des physiothérapeutes et des médecins. En janvier 1986, il envoya 42 joueurs et 8 officiels pour une tournée d’entrainement de 3 semaines au Brésil. Ces investissements massifs eurent les effets sportifs escomptés. La première saison se conclut par une seconde place au championnat de première division. Puis, la vitrine à trophée se remplit très vite : 4 titres consécutifs de champion du Nigéria (de 1987 à 1990), suivi d’un 5ème titre en 1993. Une coupe nationale compléta ce palmarès en 1988. Avec sa pléiade de stars, l’équipe nigériane constitua aussi une référence au niveau continentale. Iwuanyanwu fut finaliste en 1988 de la Coupe des Clubs Champions Africaine (perdant contre les Algériens de l’Entente Sétif) et atteignit également les demi-finales en 1990 et 1991 respectivement face à Nkana FC (Zambie) et au SC Villa (Ouganda). Ce pouvoir financier fit surnommé l’équipe par la presse les Naze Millionaires.

Si le surnom était justifié pour ce qui fut sans conteste la meilleure équipe nigériane de la fin des années 1980 et du début des années 1990, il apparaît aujourd’hui complétement en décalage. Le 7 février 2006, l’État d’Imo racheta le club et le rebaptisa Heartland FC (Heartland étant le surnom de l’Etat d’Imo). Les bons résultats sportifs se poursuivirent (2 Coupes nationales en 2011 et 2012 et une nouvelle finale de Ligue des Champions en 2009) mais le club fait fasse depuis plusieurs années à un grave manque de fonds. Les retards de salaire (en partie en raison de détournement de fonds des dirigeants) sont récurrents, au point d’avoir atteint 11 mois en 2022 et conduit à une manifestation des joueurs dans la rue. Il est arrivé que le bus des joueurs ne pouvait pas les ramener à leur base après un match à l’extérieur car le club n’avait pas l’argent pour payer l’essence. Autre exemple des déficiences du club : les joueurs se virent équipés d’un kit de mauvaise qualité acheté le matin même d’un match de championnat, (soi-disant car les tenues officielles étaient encore à la laverie) sans marque et sans logo du club, et sur lesquels les noms des joueurs et les numéros de maillot étaient écrits au stylo. Au même moment, les officiels du club et du gouvernement d’Imo s’affichaient en tribune avec de superbes maillots. En 2021, l’équipementier attaqua le club pour non-paiement des tenues fournies. Autant dire qu’aujourd’hui le club n’est plus millionnaire et les moqueurs n’hésitent pas à l’affubler du surnom d’Owerri Thousandnaires (les milliernaires d’Owerri).

#762 – Kano Pillars FC : the Ahly Killers

Les tueurs d’Ahly. A l’issue de la saison 2007-2008, le club de la ville Kano réalisa l’exploit de remporter son premier titre de champion du Nigéria (3 autres suivront par la suite). Avec cette victoire, Kano obtenait le droit de participer à la Champions League de la CAF. Au premier tour, le club élimina les tchadiens de Elect-Sport FC et au second, les sénégalais de l’AS Douanes. En huitième de finale, se dressa face à Kano le monstre égyptien Al Ahly SC. Tenant du titre, le club égyptien représentait l’équipe la plus titrée de l’histoire de la compétition, la superpuissance du football africain (33 titres de Champion d’Egypte, 35 Coupes d’Egypte, 6 Ligues des Champions de la CAF, 4 Coupes des Vainqueurs de Coupe). Au match aller, les nigériens résistèrent et obtinrent à domicile un match nul. Au retour, pas de victoire pour Kano mais le résultat 2 partout permettait, grâce à la règle des buts à l’extérieur, la qualification au tour suivant des nigériens. Kano réussissait donc l’exploit d’éliminer Al-Ahly. Ils échoueront en demi-finale face à leur compatriote de Heartland mais l’élimination du géant qu’était Al-Ahly eut un grand écho et leur valut ce surnom.

#607 – Enyimba International FC : Peoples’ Elephant

L’éléphant du peuple. En langue Igbo, Enyimba signifie « l’éléphant du peuple » et le club a simplement adopté pour son nom le surnom de la ville d’Aba où il réside. En effet, ce surnom d’Enyimba City (ville de l’éléphant) a totalement imprégné la ville au point que la plupart des institutions publiques d’Aba sont aujourd’hui toujours identifiées par le nom d’Enyimba. Rien d’étonnant donc que le club de football reprit ce nom, sachant qu’il était lors de sa création en 1976 détenu par l’Etat d’Imo puis d’Abia (où se situe la ville d’Aba). L’éléphant est donc le symbole de la ville et il s’affiche fièrement sur le blason du club.

Il est vrai que les éléphants sont des animaux endémiques du Nigéria (même si malheureusement leur population a nettement diminué) mais la région d’Aba n’est pas particulièrement connue pour cette présence animale. Cet attachement de la cité à l’éléphant remonterait selon une légende à sa fondation. Dans les temps anciens, certaines population Igbo habitaient quelque part dans la région d’Uli, dans l’actuel État d’Anambra, et décidèrent de migrer au Sud. Une partie des populations s’installèrent alors au nord de l’Etat d’Abia (dont Aba est la capitale). Après un certain temps, le besoin d’étendre la frontière de leur nouveau territoire se fit sentir mais la méconnaissance de la région empêcha ces velléités. Puis, un jour, un éléphant émergea de nulle part et commença à mouvementer vers l’est. Les populations suivirent l’éléphant qui les mena vers ce qui est aujourd’hui connu sous le nom d’Aba. En arrivant donc au futur Aba, l’éléphant s’arrêta et disparut subitement. Les populations virent en l’éléphant un signe de Dieu, pour leur montrer le chemin et les inviter à s’installer ici, et le firent. L’endroit où l’éléphant disparut est aujourd’hui connu sous le nom de Ehi (Eléphant) Road, l’un des lieux plus populaires de la ville.

#593 – Rangers International FC : Flying Antelopes

Les antilopes volantes. Le club de la ville d’Enugu demeure un des piliers du football nigérian : 7 championnats nationaux, 6 coupes nationales et une coupe des coupes africaine en 1977. Comme la plupart des meilleurs clubs du Nigeria, il appartient au gouvernement de l’État local, l’Etat de l’Enugu. Le club a prit pour symbole l’antilope qui apparait sur son écusson. L’animal est présent dans le nord du pays et développe des qualités de vitesse et de saut impressionnantes. Elles peuvent atteindre des vitesses de 90 à 100 km/h et bondir jusqu’à 4 mètres de hauteur et jusqu’à 15 mètres de longueur. De quoi inspirer l’équipe et ses joueurs. Malheureusement, l’animal, présent dans de nombreuses régions africaines, est souvent menacé d’extinction par l’activité humaine.