#188 – Audax Club Sportivo Italiano : Audinos

Ce surnom est évidemment dérivé du nom du club (Audax) et ne veut rien dire. En revanche, Audax a une signification. Le 12 Juin 1897, une douzaine de cycliste italien se lancèrent le défi de partir de Rome au levée du Soleil pour rallier Naples au coucher du Soleil, soit 230 km. Neuf réussirent. Leur tentative fut qualifié d’audacieuse dont la traduction latine est Audax. Aujourd’hui, l’Audax désigne une épreuve de cyclo-tourisme (ou pédestre) de régularité et d’endurance où un parcours doit être réalisé en équipe sur un rythme imposé. Ce type de course connut un certain succès au début du XXème siècle. Henri Desgrange, le fondateur du Tour de France, en fut un promoteur.

En 1910, 3 membres de la communauté italienne résidant au Chili décidèrent de créer une institution presque exclusivement axée sur le cyclisme d’où la référence à Audax dans le nom. Mais au fil des années et de l’augmentation considérable du nombre de membres, elle s’ouvrit à d’autres activités sportives dont le football en 1921. La section football est la dernière survivante aujourd’hui et remporta 4 championnats du Chili. L’écusson du club fait apparaître en son centre une roue de vélo blanche, honorant les origines de l’équipe en tant que club de cyclisme.

#182 – Hammarby IF : Bajen

Hammarby n’est pas le club le plus connu de Stockholm et de Suède (son palmarès est assez réduit) mais il bénéficie d’un fort soutien populaire (la moyenne de spectateurs est de 22 000 par saison, soit la plus haute de Scandinavie) et compte un grand nombre de joueurs dans ses différentes équipes (près de 3 000) ainsi que Zlatan Ibrahimović comme actionnaire (23,5%). Fondé par la section aviron, le club est aujourd’hui omnisports, avec notamment une section de Hockey sur Glace qui fut l’une des plus grandes équipes de Suède. Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, l’économie suédoise était à plat. Le football ne faisait plus recette, au contraire du Hockey sur Glace qui demeurait le sport le plus populaire. En outre, à compter des années 20, pour Hammarby, la section de football fit le yo-yo entre première et seconde division, sans réaliser aucun exploit marquant. En revanche, la section Hockey enregistra ses plus belles performances, en remportant 7 fois le championnat de Suède entre 1932 et 1945. Résultat, les joueurs de football d’Hammarby émigraient vers d’autres équipes ou se tournaient vers le Hockey. Ainsi, le surnom du club provient du Hockey sur Glace. En 1946, lors de la tournée en Grande-Bretagne réalisée par l’équipe de Hockey, l’un des joueurs stars, Stig-Emanuel « Stickan » Andersson, détourna la pronunciation anglaise de Hammarby (qui se disait Hammerbay en Anglais) pour en faire le diminutif Bajen. Le surnom s’ancra au sein des supporters dans les années 60 et en 1981, l’un des principaux groupes de supporteurs (6 000 membres en 2012) se créa avec le nom de « Bajen Fans ».

#140 – SK Rapid Vienne : Rapidler

Ce surnom est dérivé directement du nom du club « Rapid ». Le club fut fondé en le 22 juillet 1897 par les ouvriers viennois qui étaient exclus des clubs sportifs de la bourgeoisie. Son nom était alors Arbeiter Fußball-Club (Travailleurs Football Club). Le 8 janvier 1899, l’assemblée générale, sous l’impulsion du secrétaire du club Wilhelm Goldschmidt, décida de changer de nom en devenant le Sportclub Rapid, son nom actuel. Deux versions existent pour expliquer ce changement de nom. Les premières années du Arbeiter Fußball-Club furent difficiles, les échecs sportifs se multipliant. En effet, le club enregistra seulement une victoire en dix-neuf matchs dont une déculottée contre le Wiener AC (0-20). Il fallait donc donner un nouveau départ symbolique, en optant pour un nom de club dynamique. Les instances s’inspirèrent du nom du club berlinois du Berliner FC Rapide Niderschönhausen. Une autre variante suppose que les dirigeants du club voulait éviter la persécution des autorités impériales. Ces dernières se méfiaient des mouvements ouvriers et considéraient toutes les associations qui avaient le mot « travailleur » en leur nom comme suspectes et potentiellement dangereuses. Elles étaient donc particulièrement surveillées. En changeant de nom, le club espérait mettre fin à ce « harcèlement » officiel.

#111 – SBV Vitesse Arnhem : Vites

Vites est un diminutif du nom du club Vitesse Arnhem. Si ce mot « Vitesse » ressemble tant au mot français, c’est qu’il s’agit du mot français. En néerlandais, la traduction est snelheid. Pourquoi un club néerlandais affiche un nom français ? Le club est fondé en 1892, ce qui est en fait un des plus vieux clubs des Pays-Bas (certaines pistes indiquent qu’un premier Vitesse fut fondé en 1887). A cette époque, le football était profondément influencé par sa patrie d’origine. Les associations sportives étaient souvent fondées par des expatriés anglais qui donnaient des noms anglais à leurs clubs (Athletic Bilbao, Le Havre AC, Genoa FC …).

En outre, le football s’exporta aussi au travers des écoles anglaises installés sur le continent. Pour ces institutions, le développement culturel des esprits s’alliait à l’entretien physique. Ainsi, les nouveaux sports venant d’Angleterre (le cricket, le rugby et le football) étaient appris aux étudiants, qui provenaient des classes aisées (seules à même à supporter les frais de scolarité). Les ouvriers eux n’avaient pas le temps pour se divertir. Influencé par leurs études et également car cela faisait plus chic, ces étudiants-joueurs optèrent pour le latin pour nommer leur club (Juventus, Atalanta Bergame) ou se référer aussi au monde antique grec (Ajax Amsterdam, Heracles Alamo). Les fondateurs du Vitesse étaient des étudiants et souhaitaient garder cette touche « élitiste » que procurait l’anglais ou le latin au nom d’un club. En même temps, ils voulaient s’en détachaient et se distinguaient (ou alors une autre version avance que le latin ou l’anglais leur paraissaient trop élitiste). Le français fut alors choisi avec le terme « Vitesse ».

#73 – SM Caen : Malherbe

Le surnom est simplement tiré du nom du club, Stade Malherbe de Caen. Mais pourquoi Malherbe ? Le club fut fondé le 15 octobre 1913 et résultait de la fusion de deux associations sportives : le Club Malherbe caennais et le Club Sportif caennais. Le compromis entre les deux clubs parvint à adopter le « Malherbe » dans le nom du club ainsi que les rayures verticales du CMC et le « S » du CSC ainsi que ses couleurs rouge et bleu. Le Club Malherbe caennais était une émanation de l’Union Athlétique du Lycée Malherbe. Les origines du club se trouvent donc au Lycée Malherbe de Caen, un des plus grand lycée de France, accueillant près de 2 000 élèves. Créé en 1804, il prend son nom définitif en 1892 et fait référence à François de Malherbe. Ce dernier était né à Caen et fut le poète officiel des rois Henri IV et Louis XIII. Il ouvrit la voie au classicisme en imposant à la langue et à la littérature française un idéal de rigueur, d’harmonie et de clarté. Pas sur pour autant que les joueurs du SM Caen soient rigoureux, classiques voire des poètes.

#71 – Glasgow Rangers : Teddy Bears

Les tendres ours. Comme pour le surnom d’Hibernian (Cabbage – Article #49), il s’agit d’un jeu de mot en argot écossais (rhyming slang). La prononciation de Rangers avec l’accent écossais accentue la dernière syllabe et celle-ci rime avec Bears. Le jeu de mot consiste à remplacer un mot par une phrase, sans rapport avec le mot mais ayant la même sonorité que le mot. Puis, la phrase est réduite à son premier terme pour signifier le mot initial. Par exemple, si vous dîtes « I’m going up the apples » (je monte les pommes), cela signifie « I’m going up the stairs » (je monte les escaliers). En effet, stairs (escalier) rime avec apples and pears (pommes et poires) et, au final, dans le jargon, apples remplace stairs. Dans celui des Rangers, le jeu de mot est plus simple puisqu’il ne joue que sur la sonorité.

Pourquoi le club s’appelle-t-il Rangers ? Galvanisés après avoir vu une équipe locale de Glasgow, Queen’s Park, jouer une nouvelle forme de football, cinq jeunes sportifs enthousiastes (pratiquant essentiellement l’aviron) fondèrent les Rangers en mars 1872 : les frères Moses et Peter McNeil, et les amis Peter Campbell, David Hill et William McBeath. Moses McNeil, qui est considéré comme la force motrice dans la formation du club, aurait vu le nom de « Rangers » dans un magazine intitulé « English Football Annual » rédigé par Charles Alcock (membre fondateur et plus tard secrétaire de la Football Association, et également créateur de la FA Cup). Dans ce livre, publié chaque année depuis 1868, Moses McNeil découvrit une équipe de rugby anglaise dénommée les Swindon Rangers qui jouaient en chaussette blanche, short blanc et maillot blanc avec une étoile bleue sur la poitrine. Le nom aurait tellement plu à Moses qui l’aurait proposé et fait adopté au reste de la troupe. Les fondateurs des Rangers copièrent non seulement le nom des rugbymen de Swindon, mais également leur kit. Selon certain, Moses avait aimé ce nom car Rangers rimait avec strangers (étrangers), ce qui symbolisait le rassemblement sous la houlette du club d’hommes différents (mais tout de même protestants) provenant de toute la ville.

#68 – Bayer Leverkusen : Neverkusen

Il s’agit d’un jeu de mot (ou un mot-valise si on veut être gentil) ayant pour base le nom du club (kusen) et intégrant en première syllabe Never (Jamais). En Allemand, le surnom se transforme en VizeKusen, Vize signifiant Second. Il fait référence à l’incapacité du club à obtenir des titres et à toujours finir dans les places d’honneur.

Evidemment, ce surnom fut donné de manière ironique par les supporteurs adverses à l’équipe du Bayer Leverkusen de la fin des années 90 et début des années 2000. A cette période, l’équipe s’appuyait sur le génial milieu Michael Ballack, le défenseur Jens Nowotny et l’attaquant bulgare Dimitar Berbatov. Le rugueux défenseur brésilien Lúcio, le besogneux milieu défensif Carsten Ramelow, le talentueux Bernd Schneider (surnommé le brésilien blanc), le fin attaquant Oliver Neuville complétaient cette équipe, qui ne manquait donc pas de talent. Avec un tel effectif, les résultats suivirent assez vite mais malheureusement, ne furent pas suffisants pour atteindre la première place.

Le club termina 4 fois vice-champion d’Allemagne (1997, 1999, 2000, 2002) et 1 fois finaliste de la Coupe d’Allemagne (2002). Surtout, ils atteignirent la finale de la Ligue des Champions en 2002, face au Real Madrid. Mais, la sublime reprise de volée de Zinedine Zidane les priva une nouvelle fois d’un trophée. Cette malédiction poursuivit les allemands de l’équipe. A la Coupe du Monde en Corée du Sud et au Japon, l’équipe d’Allemagne qui comptait dans ses rangs 5 joueurs du Bayer (Oliver Neuville, Carsten Ramelow, Bernd Schneider, Hans-Jörg Butt et Michael Ballack) s’inclina en finale face au Brésil. 2 finales perdues en 2002 et une place de vice-champion, de quoi devenir la risée des Allemands. Plutôt que d’être offusqué, le club breveta pour des raisons commerciales ce surnom.

En 2024, quand le club réalisa, sous la houlette de Xabi Alonso, une saison historique, où le club remporta son premier titre de champion d’Allemagne, réalisa le doublé et échoua simplement en finale de Ligue Europa, toute la presse rappela que le surnom n’avait peut-être plus raison d’être.

#49 – Hibernian FC : the Cabbage

Le club a été fondé en 1875 par des membres de la communauté irlandaise d’Édimbourg et sont nom provient du mot romain pour l’Irlande, Hibernia. Ses couleurs vertes et la harpe dans son blason sont d’autres symboles de l’attachement irlandais du club. Son surnom devait également y faire référence. The cabbage, qui signifie chou, est la référence au plat irlandais the cabbage and ribs (chou et côtes). Mais, surtout il s’agit d’un jeu de mot en argot d’ouvriers londonien (rhyming slang) car cabbage and ribs rime avec hibs, diminutif de Hibernian.

Ce style de parler consiste à remplacer un mot par une phrase, sans rapport avec le mot mais ayant la même sonorité que le mot. Puis, la phrase est réduite à son premier terme pour signifier le mot initial. Par exemple, si vous dîtes « I’m going up the apples » (je monte les pommes), cela signifie « I’m going up the stairs » (je monte les escaliers). En effet, stairs (escalier) rime avec apples and pears (pommes et poires) et, au final, dans le jargon, apples remplace stairs. Ce style de parler se développa dans tous les milieux ouvriers britanniques et de nombreuses phrases typiques du rhyming slang rentrèrent dans le langage courant.