#924 – UC Sampdoria : Samp, Doria

Le nom du club se divise en deux syllabes et chacune donne lieu à un surnom. Finalement, assez logique quand on connaît comment se forma Sampdoria. Il était normal de mettre à l’honneur le club génois car malheureusement, les supporteurs de foot sont affectés par la perte des idoles de leurs jeunesses en cette fin d’année 2022 et début 2023. Les plus anciens ont perdu le Roi Pelé. Ceux qui sont de ma génération se souviendront des superbes coups francs de Siniša Mihajlović et de l’élégant attaquant Gianluca Vialli. Tous deux passèrent par la Sampdoria mais à des époques différentes. Pour Gianluca, ce fut même la grande période avec un titre de Champion en Série A (1991) et une finale de Ligue des Champions (1992) au côté de son frère d’arme Roberto Mancini.

Le club se créa le 12 août 1946 par la fusion de deux équipes, SGC Sampierdarenese et SG Andrea Doria. Mais, il convient de remonter en arrière pour comprendre les origines de ce mariage. Les deux clubs prennent leur racine à la fin du XIXème siècle. D’un côté, dans la commune de Sampierdarenese (qui deviendra en 1926 un quartier de la ville de Gênes), à l’initiative de l’Associazione Studentesca Gymnasium et de la Società Operaia di Mutuo Soccorso Universale, le club omnisport SGC Sampierdarenese vit le jour le 6 juin 1891. Orienté exclusivement vers la gymnastique et l’haltérophilie à ses débuts, le club ouvrit rapidement de nombreuses nouvelles sections sportives et culturelles (escrime, cyclisme, bowling, aviron, lutte gréco-romaine, natation, tambourin, basket-ball, athlétisme, tir au pigeon d’argile, randonnée, fanfare, théâtre). Le football rejoignit cette grande famille en 1899. De l’autre côté, en 1895, des gymnastes de la Società Ginnastica Ligure Cristoforo Colombo partirent pour fonder une nouvelle association de gymnastique appelée Andrea Doria, du nom du condottiere (chef-mercenaire) et amiral de Gênes. Provenant d’un club qui mettait à l’honneur un grand homme de la cité ligurienne, Christophe Colomb, les fondateurs reprirent cette idée pour leur association et leur choix se porta sur Andrea Doria. Au XVIème siècle, chef de guerre et marin qui combattit pour différents pays, il fut un ardent défenseur de Gênes, qui était occupé par la France. Restaurant l’indépendance de la ville, il organisa ses institutions politiques et devint son censeur à vie. A sa mort, la ville lui édifia une statue avec cette inscription, « Au père de la patrie » . Porté sur la seule gymnastique, le club étendit ses activités, notamment au football en 1900.

Jusqu’en 1946, les deux clubs allaient s’ignorer, se croiser et se confronter. Andrea Doria remporta 4 tournois de la fédération italienne (qui était alors l’ancêtre de la Série A) tandis que Sampierdarenese fut finaliste du championnat italien en 1922. Ils se marièrent également une première fois. Le 27 juillet 1927, à la demande du régime fasciste, les deux formations fusionnèrent, donnant vie à l’AC La Dominante, qui prend en 1930 le nom de FC Liguria. Mais, la mariage tourna court, suite à la relégation en 1931 en 3ème division. Chaque club reprit alors sa vie séparément. Après la Seconde Guerre mondiale, à l’issue de la saison 1945-1946, Andrea Doria termina à la 9ème place du groupe Nord, tandis que Sampierdarenese concluait la saison à la 14ème et dernière position de ce même groupe, condamnant le club à la relégation. Toutefois, la décision fut prise, pour la nouvelle saison, d’unifier le groupe Nord avec le groupe Sud et de créer une Série A à 20 clubs. Pour décider des 20 clubs, la fédération ne se basa pas sur le classement de la saison 1945-1946 mais sur les clubs ayant joué dans l’élite dans les années 1940 (ie juste avant l’arrêt du championnat en 1943 et 1944 en raison de la guerre). Sous le nom d’AC Liguria, la Sampierdarenese participait à cette époque à la Série A même si ses résultats n’étaient pas flamboyants. En revanche, Andrea Doria n’avait évolué qu’en Série C jusqu’à sa dissolution en 1941. Résultat, malgré sa relégation sportive, Sampierdarenese fut admis en Série A pour la nouvelle saison tandis qu’Andrea Doria s’en voyait exclu et relégué en Série B. Seulement, Sampierdarenese était dans une situation financière déplorable tandis que, sur la base de ses résultats sportifs et pensant poursuivre dans l’élite, Andrea Doria avait déjà engagé le jeune Adriano Bassetto de Vicence pour la somme considérable de 3 200 000 lires. Après une série de rencontres, les directions des deux clubs se mirent d’accord et unirent leurs forces. Aucun des clubs absorba l’autre. Il s’agissait d’une sorte de mariage d’égaux (dans la dot de Sampierdarenese, une place en Série A ; dans celle de Doria, de l’argent). Ainsi, le nouveau maillot reposait sur une combinaison des 4 couleurs des deux clubs (cf #287). De même, le nouveau nom était la simple union des anciens, Doria-Sampierdarenese (Doria-Samp) qui finalement fut inversé pour Sampierdarenese-Doria, puis Sampdoria.


#838 – OFK Vihren : гладиаторите

Les gladiateurs. Le 24 mai 1925, le club de Vihren (sous le nom de FC Ustrem) fut fondé dans la ville de Svéti Vratch. En 1949, les autorités communistes donnèrent un nouveau nom à la ville, Sandanski, en l’honneur du révolutionnaire bulgare Iané Sandanski. Néanmoins, un autre révolutionnaire fit la réputation de la ville et donna son surnom au club :  le chef du plus grand soulèvement de l’Antiquité, Spartacus. D’origine thrace, Spartacus serait né dans cette ville bulgare vraisemblablement aux alentours de l’an 100 avant J.C.. Si la rebellion qu’il mena fut relatée par les auteurs latins, sa vie précédent ces évènements demeure peu documentée et repose sur de nombreuses hypothèses ou déductions. Il serait un Thrace libre de la tribu des Maides. Ces derniers s’établissaient entre Paionia et Thrace, soit l’actuel sud-ouest de la Bulgarie (où se situe la ville de Sandanski). Les romains commencèrent à conquérir ces régions à l’époque de Spartacus. Ses qualités de combattants et son éducation laissent supposer qu’il était d’une condition élevée, aristocratique. Certainement capturé au cours de la campagne de Caius Scribonius Curio en Dardanie en 75 avant J.C., il fut acheté par un laniste de Capoue qui en fit un gladiateur. En 73 avant J.C., 70 gladiateurs de cette école s’évadèrent et se réfugièrent en Campanie, sur les pentes du Vésuve. Avec ses lieutenants gaulois Crixus, Gannicus, Castus et Œnomaüs, Spartacus prit la tête et organisa ces rebelles, qui étaient renforcés par des esclaves et ouvriers agricoles. Il conduisit cette révolte, qui devint la 3ème guerre servile. En effet, deux rebellions d’esclaves contre la République romaine avaient déjà eu lieues et matées. Toutefois, contrairement aux précédentes guerres, les troupes de Spartacus connurent quelques succès et menacèrent directement la République et ses citoyens durant deux ans (entre 73 et 71 avant J.C.). Spartacus et ses troupes remontèrent jusqu’en dans la plaine du Pô et battit de nombreuses armées consulaires. Face à ces succès, le Sénat Romain envoya finalement une dizaine de légions commandées par le riche et intransigeant Crassus qui finirent par anéantir les rebelles et tuer Spartacus. Cette révolte modifia que légèrement les conditions des esclaves mais avantagea les carrières politiques de Crassus et de Pompée, qui devinrent Consuls. Le XIXème siècle, qui voyait les théories sociales s’affirmer, fit de Spartacus la figure d’un révolutionnaire. Bien que les véritables raisons de cette révolte (volonté d’être affranchis ou de fuir leurs conditions ou d’abolir l’esclavage) sont méconnues, Spartacus devint pour les idéologues du XIXème siècle le symbole de la lutte contre l’esclavagisme et pour l’auto-émancipation des classes sociales opprimées.

#830 – Real Republicans FC : Osagyefo’s Own Club

Le club de Osagyefo (chef victorieux). Ce club ghanéen connut une brève existence de 1961 à 1966 mais, pourtant, il fut le fer de lance du football ghanéen et l’icone de la vision politique du président du pays, Kwame Nkrumah. Remontons en 1957, année où la Gold Coast, nom colonial du Ghana, obtint son indépendance de l’emprise britannique. L’un des leaders qui permit ce résultat était Kwame Nkrumah qui devint logiquement président du pays en 1960. Mais, l’indépendance du Ghana, premier Etat subsaharien à l’obtenir, n’était qu’une étape dans l’ambition de Kwame Nkrumah. En effet, conscient de la faiblesse du nouvel état, morcelé entre différentes ethnies, face aux grandes puissances, Kwame Nkrumah milita pour une vision transfrontalière de l’ensemble du continent africain (panafricanisme). Son Ghana se devait à la fois de s’élever au-delà de ses différents peuples mais également devenir l’élément fédérateur d’une Afrique unie et solidaire. Le sport apparaissait comme un catalyseur pour promouvoir cet objectif. En particulier, Nkrumah considérait le football africain indépendant comme un symbole de la libération du continent de la domination coloniale et la démonstration de l’unité africaine. Kwame Nkrumah fit donc de l’équipe nationale du Ghana le porte-voix du continent africain.

Sur le plan local, Kwame Nkrumah et son ministre des sports, Ohene Djan, œuvrèrent pour fonder un nouveau « super » club pour renforcer le sentiment nationaliste. Pour cela, ce club, qui fut nommé Real Republicans (inspiré par le grand Real Madrid), se devait de représenter l’ensemble du Ghana et donc ne pas être rattaché à une ethnie particulière (comme les autres associations sportives du pays). Pour faciliter l’identification de tous les ghanéens, quelque soit leur région d’origine, avec le nouveau club, la direction avait la bénédiction du gouvernement pour piller les autres équipes (choix de deux joueurs dans chacune des autres équipes du championnat) pour constituer la sienne et naturellement elle ne se priva pas de prendre les meilleurs (d’autant plus que ces recrutés ne pouvaient pas refuser l’offre sous peine de représailles par le gouvernement). Ainsi favorisé par Kwame Nkrumah qui se faisait appeler Osagyefo, le Real Republicans se vit affublé de ce surnom qui devint même le second nom du club.

Les résultats ne se firent pas attendre avec un titre de champion en 1963 et 4 coupes du pays d’affilée (de 1962 à 1965). Les athlètes du club étaient traités comme des rois et avaient un accès illimité au président. Mais, ces privilèges accordés au Real Republicans traduisaient aussi la dérive autoritaire de Kwame Nkrumah dans l’exercice du pouvoir (arrestation des opposants, censure de la presse, contrôle de la justice, culte de la personnalité). Tant au niveau politique que sportif la colère monta contre Kwame Nkrumah (les clubs historiques dépouillés chaque année de leurs meilleurs éléments menacèrent régulièrement de boycotter le championnat). Résultat, le 24 février 1966, alors en voyage en Chine, Kwame Nkrumah fut renversé par un coup d’état militaire qui ne rencontra aucune résistance. Totalement identifié à son créateur et supporteur, le Real Republicans fut immédiatement dissout après le renversement de Kwame Nkrumah.

#784 – Arminia Bielefeld : die Arminen

Surnom directement tiré du nom du club. Le club fut fondé en 1905 et, pour comprendre son nom, il faut se replonger dans l’Allemagne de cette époque. Depuis le milieu du XIXème siècle, la marche vers l’unification de l’Allemagne était inéluctable. Le processus s’acheva avec la proclamation de l’Empire Allemand le 18 janvier 1871 dans la galerie des Glaces du château de Versailles, avec Guillaume Ier de Prusse à sa tête. Une trentaine d’année plus tard, cet Etat était encore jeune et son nationalisme encore fort, surtout que la construction de l’Empire se faisait par confrontation avec les deux grands empires de l’époque, la Grande-Bretagne et la France. Le sport était alors un moyen pour la jeunesse d’exprimer leur amour de la patrie. Résultat, les fondateurs attribuaient à leurs associations sportives un nom qui rappellait l’Allemagne, la Prusse (l’Etat qui dominait l’Empire Allemand) ou alors ses origines ancestrales. Ainsi naquit les clubs Borussia (Prusse en latin), Preussen, Alemania ou Germania (cf. article #648).

Avant la fondation de l’Arminia, Bielefied comptait déjà une association qui se nommait Teutonia (en référence au peuple barbare et germanique). La ville avait également un autre club, Cheruskia, qui mettait en avant la tribu germanique des Chérusques. Ceci inspira certainement donc les fondateurs d’Arminia. En effet, Emil Schröder, un des 3 fondateurs, était également président d’une association de danse qui partageait le bar local avec le club Cheruskia. Résultat, ils décidèrent de nommer leur club en référence au chef de guerre de la tribu des Chérusques, Arminius. Premier avantage : son ancrage local. Arminius infligea une défaite cuisante à l’Empire romain en 9 après J.-C. à la bataille de Teutobourg. Elle se tint dans la forêt de Teutberg, où se trouve en lisière la ville de Bielefield. Second avantage : son aura nationale. Arminius fut longtemps oublié par les allemands jusqu’au XVIIIème siècle où son histoire commença à trouver une raisonnance avec le mouvement romantique. Issu d’une famille chérusque puissante, il fut éduqué à Rome et revint dans son pays au sein des troupes romaines. Mais, il fut en quelque sorte un agent double car il commença à chercher à fédérer plusieurs tribus germaniques pour repousser les romains, ce qu’il parvint avec la victoire de Teutobourg. Cette dernière mit un terme à toute tentative d’expansion de l’Empire au-delà du Rhin. Au XIXème siècle, dans ce jeune Etat multiethnique se cherchant une identité commune, le chef tribal, fédérateur de différents peuples germaniques, devint un héro allemand, un stimulateur du sentiment national, en lui offrant des racines anciennes. En 1875, l’imposante statue d’Arminius (plus de 50 mètres de hauteur), le Hermannsdenkmal, fut érigé dans la célèbre forêt de Teutobourg. Elle faisait écho à la statue française de Vercingétorix à Alesia.

A Berlin, une histoire similaire se produisit quelques années auparavent (en 1891). Un club de gymnastique fut nommé Arminia car il y avait déjà un club dénommé Cheruscia dans le quartier de Charlottenburg.

#743 – FK Mladá Boleslav : Bolka

Bolka est une variante tchèque du prénom Boleslav comme d’autres tels que Bolek, Boleček, Sláva et Slávek. Provenant certainement du latin Magnus, Boleslav est un prénom masculin d’origine slave et que l’on retrouve en Russie, Slovaquie, Bulgarie et aussi en Pologne, sous la forme Bolesław. Le nom a été formé à partir du terme bolje signifiant « grand, haut » et de slav signifiant « glorieux ». Ainsi, le prénom se traduirait pas « plus glorieux » . Mladá Boleslav, ville de Bohême centrale, fait donc référence à Boleslav II, duc de Bohême de 967 à 999, surnommé le Jeune (en opposition à son père Boleslav I), membre de la maison Přemyslides. Territoire nouvellement acquis, Boleslav II y fonda une ville en décidant de construite un chateau pour défendre la région et y établir un centre administratif. Mladá Boleslav se développa ainsi autour de ce chateau. Comme il y avait déjà une ville connue sous le nom de Boleslav près de Prague, le chateau s’appela Novým Boleslavem (Nouveau Boleslav), sous la forme latine Nouo Bolezlau. Puis, la nouvelle cité fut nommée Město Boleslava Mladého (La ville de Boleslav le Jeune), qui fut plus tard abrégée en Mladá Boleslav (Jeune Boleslav) pour la distinguer de l’ancienne ville de Boleslav. Cette dernière devint connu à compter du XVème siècle sous le nom de Stará Boleslav (Vieux Boleslav). Ce qui est étonnant est que Mladá est à la forme féminine en tchèque de jeune alors que le fondateur était un homme. Alors qu’au XVème siècle, les habitants nommaient leur ville aussi bien Mladý (forme masculine) et Mladá (forme féminine) Boleslav, l’adjectif Mladá s’imposa au XVIème siècle. L’origine de cette féminisation serait à chercher à nouveau du côté du chateau originel. En effet, au Xème siècle, le terme utilisé pour désigner la forteresse était Boleslavův (chateau de Boleslav) qui était féminin.

#738 – Gaziantepspor : Şahinler

Les faucons. Le 31 juillet 2020, après 53 ans d’existence, les faucons s’écrasèrent définitivement, ne pouvant assumer leurs dettes envers les joueurs. Avant cette triste fin, ils bousculèrent un peu la domination stambouliote en terminant dans les premières places du championnat au début des années 2000. Le rapace déploit ses ailes sur le blason du club et fait référence à Mehmed Said, mieux connu sous le nom de Şahin Bey. Né à Gaziantep en 1877, il fut tout d’abord un militaire qui défendit l’Empire Ottoman au Yemen ou en Libye. Au lendemain de la Première Guerre mondiale qui vit l’Empire Ottoman s’effondrait et être partagé entre ou occupé par différents pays (Grèce, France, Grande-Bretagne, Kurdistan, Arménie), Şahin Bey intégra le Kuva-yi Milliye, une organisation de résistance turque qui, dans le sillage de Mustapha Kemal, cherchait à chasser les occupants et établir la République turque. Il entreprit la défense de la route Kilis-Gaziantep et organisa les forces miliciennes de la ville de Gaziantep. Fin février-début Mars 1920, il repoussa les forces françaises près de Gaziantep. Puis, le 24 mars 1920, une importante force française lança une opération contre la ville d’Urfa, à 140 km de Gaziantep. Une nouvelle fois, Şahin Bey et ses miliciens parvinrent à stopper le convoi français. Cependant, en raison de l’arrivée de renfort et de la puissance de feu des militaires fraçais, Şahin Bey et ses troupes durent battre en retraite. Il mourrut le 28 mars 1920, lors de cette retraite. Aujourd’hui, il est un personnage important de Gaziantep. Son nom a été donné à un quartier de Gaziantep en raison de ses efforts pour défendre la ville. Un mausolée a été construit en son honneur sur l’autoroute Gaziantep-Kilis, à l’endroit où il perdit la vie. La combativité et le courage qu’il démontra dans sa lutte sur le chemin d’Urfa amenèrent à son surnom de Şahin (faucon).

Outre la référence au héros de la résistance Şahin Bey, le club opta pour le noir et rouge comme couleurs pour rendre hommage aux 6 317 « martyrs » qui défendirent la ville pendant 10 mois face aux forces françaises en 1920-1921. Le noir est pour porter leur deuil et le rouge rappelle leur sang.

#734 – Grenade CF : los Nazaríes

Les nasrides. Grenade, ville d’Andalousie, fut influencé par les Carthaginois et les Romains mais, sans aucun doute que c’est l’occupation musulmane au Moyen-Âge qui façonna la cité et sa culture. Tout débuta avec la dynastie Berbère des Zirides qui constitua le taïfa puis le Royaume de Grenade entre 1012 et 1090. Puis les Almoravides, autre dynastie berbère, conquièrent al-Andalus, les régions espagnoles sous domination berbère, et y rattachèrent le Royaume de Grenade. D’autres dynasties berbères se succèderent jusqu’à l’arrivée d’une famille arabe du nom des Nasrides. Instauré en 1238 par l’émir arabe Mohammed ben Nazar, elle reconstitua le royaume de Grenade. Il fut le dernier bastion musulman à tomber ((avec la chute de Grenade) sous le joug catholique en 1492 lors de la reconquista. Durant ces deux siècles, Grenade connut un âge d’or avec les Nasrides. Mohammed ben Nazar construisit une résidence fortifiée qui par suite d’embellissement devint le célèbre palais de l’Alhambra, un des des plus hauts-lieux de la ville et de l’architecture hispano-mauresque. D’autres palais ou monuments furent également édifiés dans la ville tels que les thermes el bañuelo, le caravansérail el corral del Carbón et le palais de Dar al-Horra. Au delà de cette architecture flamboyante et raffinée, la ville connut une prospérité économique et le règne des Nasrides favorisa le rayonnement culturel et spirituel de la ville (les poètes Ibn al-Yayyab et Ibn Zamrak, le philosophe Lissan-Edine Ibn al-Khatib) comme la coexistence des communautés (notamment juives et musulmanes), ce qui contribua à forger la légende dorée d’Al-Andalus.

#711 – FC Augsbourg : die Fuggerstädter

Ceux de la ville des Fugger. Ville moyenne de Bavière aujourd’hui, Augsbourg eut son âge d’or du Moyen-Âge jusqu’à la Renaissance. Fondée en 15 avant J.-C. par deux beaux-fils de l’Empereur Romain Auguste, elle connut un premier essor en étant un des points de contact entre Rome et la province de Germanie nouvellement conquise. A la chute de l’Empire et jusqu’au 12ème siècle, la ville était avant tout le siège de l’Evêque, ce qui en faisait un lieu spirituel important sans être une ville significative. Puis, le 21 juin 1156, Augsbourg reçut les droits de cité par l’empereur Frédéric Barberousse, qui furent confirmés presque cent ans plus tard en 1251 par le droit d’utiliser un sceau et de taxer ses citoyens. En 1256, Augsbourg devint même une ville libre d’Empire, ce qui décupla son développement démographique, politique et économique. Plusieurs diètes de l’Empire (assemblée des États de l’Empire, Reichsstände) se tinrent à Augsbourg, en particulier au XVIème siècle, sous Charles Quint. Ce prestige politique découla de la puissance économique de la ville. Au XIIIème siècle, la fabrication de futaine, un tissu de lin bon marché, dominait l’activité commerciale de Augsbourg et, associée à sa position centrale entre les villes hanséatiques et l’Italie, fit sa prospérité. Des commerçants de la ville souabe accumulèrent d’importantes richesses qui leur permirent d’étendre leurs activités, en particulier à l’usure.

Ainsi, à Augsbourg, les familles Fugger et Wesler devinrent les principaux argentiers de la noblesse européenne. Les Fugger étaient une famille souabe qui émigra à Augsbourg en 1367. Simple maître tisserand à leur établissement à Augsbourg, les Fugger devinrent des marchands de textile puis les chefs de la guilde des tisserands, et enfin, avec leur fortune, des banquiers. Leur réseau s’étendit d’abord vers le Proche-Orient puis de la Baltique jusqu’à la Méditerranée. En tant que banquiers, ils financèrent la noblesse et les familles royales, en particulier les Habsbourg, pour leurs campagnes militaires et leurs élections (au titre d’Empereur, en particulier Charles Quint). En 1408, les Fugger faisaient partie des 50 plus riches familles de la ville. Au XVIème siècle, le plus éminent de ses membres, Jacob Fugger, rassembla la plus grande fortune privée de l’époque, au point que le nom Fugger était même devenu synonyme de richesse dans toute l’Europe. En 1511, l’Empereur Maximilien Ier anoblit la famille, puis en 1514, les Fugger reçurent le titre héréditaire de comte du Saint-Empire. Aujourd’hui, il est possible d’admirer le Fuggerhäuser, le palais de la famille à Augsbourg, ainsi que le Fuggerei, le premier ensemble de logements sociaux financé par les Fugger. Il existe encore des descendants de la famille et une banque privée allemande porte encore leur nom (Fürst Fugger Privatbank). Leur grande influence dans la vie politique et économique valut à la ville d’Augsbourg et ses habitants le surnom de Fuggerstadt.

#624 – Panserraikos FC : Λιοντάρια

Les lions. Le club de la ville de Serrès s’est choisi pour emblème le lion qui apparait donc sur son blason. Même s’il garde sa stature imposante, il n’est pas rugissant, ni rampant mais assis sur un bloc de pierre, comme une statue. En réalité, l’emblème du club est le Lion d’Amphipolis, l’un des monuments les plus importants de la région de Serrès. Haut de 5 mètres (et de plus de 15 mètres avec son socle), l’imposant lion en marbre fut découvert par morceau à partir du début du XXème siècle. Lors de la première guerre des Balkans, des soldats grecs qui campaient dans la région entre 1912 et 1913 furent les premiers à découvrir des morceaux du lion suivis par des soldats britanniques en 1916. Au début des années 1930, lors de travaux d’assèchement d’une partie du lac Kerkini, de très gros morceaux du lion furent mis à jour. En 1937, grâce au soutien de Lincoln MacVeagh, ambassadeur des États-Unis en Grèce, le Lion d’Amphipolis put être restauré et ainsi prit sa forme actuelle. Généralement, les statues de Lion se trouvaient généralement sur le site d’une bataille, comme celui de Chéronée, ou était associée à un grand soldat. En l’espèce, les historiens considèrent qu’aucune bataille majeure se déroula vers la cité d’Amphipolis à l’époque de la construction du monument. Datée du IVème siècle avant J.-C., la statue aurait donc été probablement érigée près de la sépulture de Laomédon. Originaire de Mytilène sur l’île de Lesbos, il s’installa dans la ville d’Amphipolis, alors importante base navale du Royaume de Macédoine, et devint l’un des grands amiraux d’Alexandre le Grand, qu’il accompagna dans ses conquêtes. Néanmoins, d’autres historiens avancent que ce lion fut érigé en l’honneur de Néarque, crétois qui s’établit Amphipolis et devint également un amiral et fidèle compagnon d’Alexandre. Découvert près des rives du Strymon, il aurait été déplacé de sa position originelle peut-être par les Romains qui conquirent Amphipolis vers 168 avant J.-C. et voulurent le ramener à Rome. Mais, la version la plus probable serait que la statue fut détruit par les Bulgares vers 1204.

#563 – St Mirren FC : the Saints

Les saints. Ce surnom est directement lié au nom du club, qui rend hommage à Saint Mirin, saint irlandais célébré par les catholiques et les orthodoxes, né vers 565. L’histoire de ce saint qui nous est parvenu relève parfois de la fable. Après avoir répandu la foi chrétienne en Irlande, il partit pour l’ouest de l’Écosse. Après un long et difficile voyage, il s’arrêta à un endroit qui correspond aujourd’hui à la ville de Paisley. La région avait été abandonnée par les Romains et était dominée par un puissant chef local. Ce dernier prit sous sa protection Mirin et lui concéda un petit champ près d’une rivière dans la partie sud de la ville. Mirin fonda la première église à Paisley et après sa mort, sa communauté érigea un sanctuaire, qui devint un centre de pèlerinage. Par la suite, le développement de la ville fut intimement lié à celui du prieuré qui s’établit en 1163, élevé au rang d’abbaye en 1245. Elle devint l’une des places religieuses d’importance de l’Eglise d’Ecosse, appréciée des familles royales Bruce et Stewart. Aujourd’hui, une chapelle de l’abbaye est consacrée à Mirin, contenant une frise en pierre sculptée représentant la vie du saint. En 1931, une cathédrale fut édifiée à Paisley et nommée St Mirin. Enfin, en 2003, une statue du Saint fut érigée près de la cathédrale. Naturellement, St Mirin est devenu le Saint Patron de la ville. Quand, en 1877, un groupe de gentleman de Paisley décidèrent de créer un club de cricket et de rugby, ils trouvèrent naturel de nommer le club du nom du Saint Patron de la ville.