#784 – Arminia Bielefeld : die Arminen

Surnom directement tiré du nom du club. Le club fut fondé en 1905 et, pour comprendre son nom, il faut se replonger dans l’Allemagne de cette époque. Depuis le milieu du XIXème siècle, la marche vers l’unification de l’Allemagne était inéluctable. Le processus s’acheva avec la proclamation de l’Empire Allemand le 18 janvier 1871 dans la galerie des Glaces du château de Versailles, avec Guillaume Ier de Prusse à sa tête. Une trentaine d’année plus tard, cet Etat était encore jeune et son nationalisme encore fort, surtout que la construction de l’Empire se faisait par confrontation avec les deux grands empires de l’époque, la Grande-Bretagne et la France. Le sport était alors un moyen pour la jeunesse d’exprimer leur amour de la patrie. Résultat, les fondateurs attribuaient à leurs associations sportives un nom qui rappellait l’Allemagne, la Prusse (l’Etat qui dominait l’Empire Allemand) ou alors ses origines ancestrales. Ainsi naquit les clubs Borussia (Prusse en latin), Preussen, Alemania ou Germania (cf. article #648).

Avant la fondation de l’Arminia, Bielefied comptait déjà une association qui se nommait Teutonia (en référence au peuple barbare et germanique). La ville avait également un autre club, Cheruskia, qui mettait en avant la tribu germanique des Chérusques. Ceci inspira certainement donc les fondateurs d’Arminia. En effet, Emil Schröder, un des 3 fondateurs, était également président d’une association de danse qui partageait le bar local avec le club Cheruskia. Résultat, ils décidèrent de nommer leur club en référence au chef de guerre de la tribu des Chérusques, Arminius. Premier avantage : son ancrage local. Arminius infligea une défaite cuisante à l’Empire romain en 9 après J.-C. à la bataille de Teutobourg. Elle se tint dans la forêt de Teutberg, où se trouve en lisière la ville de Bielefield. Second avantage : son aura nationale. Arminius fut longtemps oublié par les allemands jusqu’au XVIIIème siècle où son histoire commença à trouver une raisonnance avec le mouvement romantique. Issu d’une famille chérusque puissante, il fut éduqué à Rome et revint dans son pays au sein des troupes romaines. Mais, il fut en quelque sorte un agent double car il commença à chercher à fédérer plusieurs tribus germaniques pour repousser les romains, ce qu’il parvint avec la victoire de Teutobourg. Cette dernière mit un terme à toute tentative d’expansion de l’Empire au-delà du Rhin. Au XIXème siècle, dans ce jeune Etat multiethnique se cherchant une identité commune, le chef tribal, fédérateur de différents peuples germaniques, devint un héro allemand, un stimulateur du sentiment national, en lui offrant des racines anciennes. En 1875, l’imposante statue d’Arminius (plus de 50 mètres de hauteur), le Hermannsdenkmal, fut érigé dans la célèbre forêt de Teutobourg. Elle faisait écho à la statue française de Vercingétorix à Alesia.

A Berlin, une histoire similaire se produisit quelques années auparavent (en 1891). Un club de gymnastique fut nommé Arminia car il y avait déjà un club dénommé Cheruscia dans le quartier de Charlottenburg.

#743 – FK Mladá Boleslav : Bolka

Bolka est une variante tchèque du prénom Boleslav comme d’autres tels que Bolek, Boleček, Sláva et Slávek. Provenant certainement du latin Magnus, Boleslav est un prénom masculin d’origine slave et que l’on retrouve en Russie, Slovaquie, Bulgarie et aussi en Pologne, sous la forme Bolesław. Le nom a été formé à partir du terme bolje signifiant « grand, haut » et de slav signifiant « glorieux ». Ainsi, le prénom se traduirait pas « plus glorieux » . Mladá Boleslav, ville de Bohême centrale, fait donc référence à Boleslav II, duc de Bohême de 967 à 999, surnommé le Jeune (en opposition à son père Boleslav I), membre de la maison Přemyslides. Territoire nouvellement acquis, Boleslav II y fonda une ville en décidant de construite un chateau pour défendre la région et y établir un centre administratif. Mladá Boleslav se développa ainsi autour de ce chateau. Comme il y avait déjà une ville connue sous le nom de Boleslav près de Prague, le chateau s’appela Novým Boleslavem (Nouveau Boleslav), sous la forme latine Nouo Bolezlau. Puis, la nouvelle cité fut nommée Město Boleslava Mladého (La ville de Boleslav le Jeune), qui fut plus tard abrégée en Mladá Boleslav (Jeune Boleslav) pour la distinguer de l’ancienne ville de Boleslav. Cette dernière devint connu à compter du XVème siècle sous le nom de Stará Boleslav (Vieux Boleslav). Ce qui est étonnant est que Mladá est à la forme féminine en tchèque de jeune alors que le fondateur était un homme. Alors qu’au XVème siècle, les habitants nommaient leur ville aussi bien Mladý (forme masculine) et Mladá (forme féminine) Boleslav, l’adjectif Mladá s’imposa au XVIème siècle. L’origine de cette féminisation serait à chercher à nouveau du côté du chateau originel. En effet, au Xème siècle, le terme utilisé pour désigner la forteresse était Boleslavův (chateau de Boleslav) qui était féminin.

#738 – Gaziantepspor : Şahinler

Les faucons. Le 31 juillet 2020, après 53 ans d’existence, les faucons s’écrasèrent définitivement, ne pouvant assumer leurs dettes envers les joueurs. Avant cette triste fin, ils bousculèrent un peu la domination stambouliote en terminant dans les premières places du championnat au début des années 2000. Le rapace déploit ses ailes sur le blason du club et fait référence à Mehmed Said, mieux connu sous le nom de Şahin Bey. Né à Gaziantep en 1877, il fut tout d’abord un militaire qui défendit l’Empire Ottoman au Yemen ou en Libye. Au lendemain de la Première Guerre mondiale qui vit l’Empire Ottoman s’effondrait et être partagé entre ou occupé par différents pays (Grèce, France, Grande-Bretagne, Kurdistan, Arménie), Şahin Bey intégra le Kuva-yi Milliye, une organisation de résistance turque qui, dans le sillage de Mustapha Kemal, cherchait à chasser les occupants et établir la République turque. Il entreprit la défense de la route Kilis-Gaziantep et organisa les forces miliciennes de la ville de Gaziantep. Fin février-début Mars 1920, il repoussa les forces françaises près de Gaziantep. Puis, le 24 mars 1920, une importante force française lança une opération contre la ville d’Urfa, à 140 km de Gaziantep. Une nouvelle fois, Şahin Bey et ses miliciens parvinrent à stopper le convoi français. Cependant, en raison de l’arrivée de renfort et de la puissance de feu des militaires fraçais, Şahin Bey et ses troupes durent battre en retraite. Il mourrut le 28 mars 1920, lors de cette retraite. Aujourd’hui, il est un personnage important de Gaziantep. Son nom a été donné à un quartier de Gaziantep en raison de ses efforts pour défendre la ville. Un mausolée a été construit en son honneur sur l’autoroute Gaziantep-Kilis, à l’endroit où il perdit la vie. La combativité et le courage qu’il démontra dans sa lutte sur le chemin d’Urfa amenèrent à son surnom de Şahin (faucon).

Outre la référence au héros de la résistance Şahin Bey, le club opta pour le noir et rouge comme couleurs pour rendre hommage aux 6 317 « martyrs » qui défendirent la ville pendant 10 mois face aux forces françaises en 1920-1921. Le noir est pour porter leur deuil et le rouge rappelle leur sang.

#734 – Grenade CF : los Nazaríes

Les nasrides. Grenade, ville d’Andalousie, fut influencé par les Carthaginois et les Romains mais, sans aucun doute que c’est l’occupation musulmane au Moyen-Âge qui façonna la cité et sa culture. Tout débuta avec la dynastie Berbère des Zirides qui constitua le taïfa puis le Royaume de Grenade entre 1012 et 1090. Puis les Almoravides, autre dynastie berbère, conquièrent al-Andalus, les régions espagnoles sous domination berbère, et y rattachèrent le Royaume de Grenade. D’autres dynasties berbères se succèderent jusqu’à l’arrivée d’une famille arabe du nom des Nasrides. Instauré en 1238 par l’émir arabe Mohammed ben Nazar, elle reconstitua le royaume de Grenade. Il fut le dernier bastion musulman à tomber ((avec la chute de Grenade) sous le joug catholique en 1492 lors de la reconquista. Durant ces deux siècles, Grenade connut un âge d’or avec les Nasrides. Mohammed ben Nazar construisit une résidence fortifiée qui par suite d’embellissement devint le célèbre palais de l’Alhambra, un des des plus hauts-lieux de la ville et de l’architecture hispano-mauresque. D’autres palais ou monuments furent également édifiés dans la ville tels que les thermes el bañuelo, le caravansérail el corral del Carbón et le palais de Dar al-Horra. Au delà de cette architecture flamboyante et raffinée, la ville connut une prospérité économique et le règne des Nasrides favorisa le rayonnement culturel et spirituel de la ville (les poètes Ibn al-Yayyab et Ibn Zamrak, le philosophe Lissan-Edine Ibn al-Khatib) comme la coexistence des communautés (notamment juives et musulmanes), ce qui contribua à forger la légende dorée d’Al-Andalus.

#711 – FC Augsbourg : die Fuggerstädter

Ceux de la ville des Fugger. Ville moyenne de Bavière aujourd’hui, Augsbourg eut son âge d’or du Moyen-Âge jusqu’à la Renaissance. Fondée en 15 avant J.-C. par deux beaux-fils de l’Empereur Romain Auguste, elle connut un premier essor en étant un des points de contact entre Rome et la province de Germanie nouvellement conquise. A la chute de l’Empire et jusqu’au 12ème siècle, la ville était avant tout le siège de l’Evêque, ce qui en faisait un lieu spirituel important sans être une ville significative. Puis, le 21 juin 1156, Augsbourg reçut les droits de cité par l’empereur Frédéric Barberousse, qui furent confirmés presque cent ans plus tard en 1251 par le droit d’utiliser un sceau et de taxer ses citoyens. En 1256, Augsbourg devint même une ville libre d’Empire, ce qui décupla son développement démographique, politique et économique. Plusieurs diètes de l’Empire (assemblée des États de l’Empire, Reichsstände) se tinrent à Augsbourg, en particulier au XVIème siècle, sous Charles Quint. Ce prestige politique découla de la puissance économique de la ville. Au XIIIème siècle, la fabrication de futaine, un tissu de lin bon marché, dominait l’activité commerciale de Augsbourg et, associée à sa position centrale entre les villes hanséatiques et l’Italie, fit sa prospérité. Des commerçants de la ville souabe accumulèrent d’importantes richesses qui leur permirent d’étendre leurs activités, en particulier à l’usure.

Ainsi, à Augsbourg, les familles Fugger et Wesler devinrent les principaux argentiers de la noblesse européenne. Les Fugger étaient une famille souabe qui émigra à Augsbourg en 1367. Simple maître tisserand à leur établissement à Augsbourg, les Fugger devinrent des marchands de textile puis les chefs de la guilde des tisserands, et enfin, avec leur fortune, des banquiers. Leur réseau s’étendit d’abord vers le Proche-Orient puis de la Baltique jusqu’à la Méditerranée. En tant que banquiers, ils financèrent la noblesse et les familles royales, en particulier les Habsbourg, pour leurs campagnes militaires et leurs élections (au titre d’Empereur, en particulier Charles Quint). En 1408, les Fugger faisaient partie des 50 plus riches familles de la ville. Au XVIème siècle, le plus éminent de ses membres, Jacob Fugger, rassembla la plus grande fortune privée de l’époque, au point que le nom Fugger était même devenu synonyme de richesse dans toute l’Europe. En 1511, l’Empereur Maximilien Ier anoblit la famille, puis en 1514, les Fugger reçurent le titre héréditaire de comte du Saint-Empire. Aujourd’hui, il est possible d’admirer le Fuggerhäuser, le palais de la famille à Augsbourg, ainsi que le Fuggerei, le premier ensemble de logements sociaux financé par les Fugger. Il existe encore des descendants de la famille et une banque privée allemande porte encore leur nom (Fürst Fugger Privatbank). Leur grande influence dans la vie politique et économique valut à la ville d’Augsbourg et ses habitants le surnom de Fuggerstadt.

#624 – Panserraikos FC : Λιοντάρια

Les lions. Le club de la ville de Serrès s’est choisi pour emblème le lion qui apparait donc sur son blason. Même s’il garde sa stature imposante, il n’est pas rugissant, ni rampant mais assis sur un bloc de pierre, comme une statue. En réalité, l’emblème du club est le Lion d’Amphipolis, l’un des monuments les plus importants de la région de Serrès. Haut de 5 mètres (et de plus de 15 mètres avec son socle), l’imposant lion en marbre fut découvert par morceau à partir du début du XXème siècle. Lors de la première guerre des Balkans, des soldats grecs qui campaient dans la région entre 1912 et 1913 furent les premiers à découvrir des morceaux du lion suivis par des soldats britanniques en 1916. Au début des années 1930, lors de travaux d’assèchement d’une partie du lac Kerkini, de très gros morceaux du lion furent mis à jour. En 1937, grâce au soutien de Lincoln MacVeagh, ambassadeur des États-Unis en Grèce, le Lion d’Amphipolis put être restauré et ainsi prit sa forme actuelle. Généralement, les statues de Lion se trouvaient généralement sur le site d’une bataille, comme celui de Chéronée, ou était associée à un grand soldat. En l’espèce, les historiens considèrent qu’aucune bataille majeure se déroula vers la cité d’Amphipolis à l’époque de la construction du monument. Datée du IVème siècle avant J.-C., la statue aurait donc été probablement érigée près de la sépulture de Laomédon. Originaire de Mytilène sur l’île de Lesbos, il s’installa dans la ville d’Amphipolis, alors importante base navale du Royaume de Macédoine, et devint l’un des grands amiraux d’Alexandre le Grand, qu’il accompagna dans ses conquêtes. Néanmoins, d’autres historiens avancent que ce lion fut érigé en l’honneur de Néarque, crétois qui s’établit Amphipolis et devint également un amiral et fidèle compagnon d’Alexandre. Découvert près des rives du Strymon, il aurait été déplacé de sa position originelle peut-être par les Romains qui conquirent Amphipolis vers 168 avant J.-C. et voulurent le ramener à Rome. Mais, la version la plus probable serait que la statue fut détruit par les Bulgares vers 1204.

#563 – St Mirren FC : the Saints

Les saints. Ce surnom est directement lié au nom du club, qui rend hommage à Saint Mirin, saint irlandais célébré par les catholiques et les orthodoxes, né vers 565. L’histoire de ce saint qui nous est parvenu relève parfois de la fable. Après avoir répandu la foi chrétienne en Irlande, il partit pour l’ouest de l’Écosse. Après un long et difficile voyage, il s’arrêta à un endroit qui correspond aujourd’hui à la ville de Paisley. La région avait été abandonnée par les Romains et était dominée par un puissant chef local. Ce dernier prit sous sa protection Mirin et lui concéda un petit champ près d’une rivière dans la partie sud de la ville. Mirin fonda la première église à Paisley et après sa mort, sa communauté érigea un sanctuaire, qui devint un centre de pèlerinage. Par la suite, le développement de la ville fut intimement lié à celui du prieuré qui s’établit en 1163, élevé au rang d’abbaye en 1245. Elle devint l’une des places religieuses d’importance de l’Eglise d’Ecosse, appréciée des familles royales Bruce et Stewart. Aujourd’hui, une chapelle de l’abbaye est consacrée à Mirin, contenant une frise en pierre sculptée représentant la vie du saint. En 1931, une cathédrale fut édifiée à Paisley et nommée St Mirin. Enfin, en 2003, une statue du Saint fut érigée près de la cathédrale. Naturellement, St Mirin est devenu le Saint Patron de la ville. Quand, en 1877, un groupe de gentleman de Paisley décidèrent de créer un club de cricket et de rugby, ils trouvèrent naturel de nommer le club du nom du Saint Patron de la ville.

#555 – CA Nueva Chicago : Torito de Mataderos

Le petit taureau de Mataderos. Situé à Buenos Aires, le CA Nueva Chicago est le club du quartier de Mataderos, où naquit et vécut Justo Suárez, l’une des premières idoles populaires du sport argentin. Ce boxeur gagna son importante popularité grace à ses victoires mais également de par sa vie. En pleine crise des années 1930, le peuple argentin s’identifia à ce destin tragique. Sorti de la misère grace à la boxe, il connut la gloire et l’argent avant de mourir de la tuberculose à seulement 29 ans. Quinzième enfant d’une famille qui en comptait 25, Justo travailla aux abattoirs dès l’age de 9 ans. A 10 ans, il était déjà un boxeur amateur, qui gagnait quelques pesos dans certains galas. Féroce, rapide et puissant mais désordonné, il démolissait ses rivaux et remporta 48 combats en tant qu’amateur (dont les titres de champion argentin et sud-américain des poids plumes). Avec son style et son allure, il gagna le surnom de Torito de Mataderos. Puis, il tenta sa chance avec succès aux Etats-Unis, la Mecque de la boxe. Malheureusement, il n’eut jamais la chance de concourir pour le titre mondial. Atteint de la tuberculose dès 1932, sa carrière commença par décliner. Il se retira à Cordoue en 1935 et vécut ses 3 dernières années dans la misère. Depuis sa mort, Suárez fait parti de la culture populaire argentine. Il existe des tangos, des histoires, des bandes dessinées, des chansons et même des films qui racontent sa vie. Enfin, le nom de la rue où se trouve l’accès principal du stade de Nueva Chicago porte le nom de Suárez. Le club hérita ainsi du surnom de Suárez.

#507 – CDU San Martín de Porres : los Santos

Les saints. Fondé récemment (en 2004), le club s’est installé dans l’élite péruvienne et compte déjà 3 titres de champion du Pérou. Il est affilié à l’Université de San Martín de Porres (d’où son nom et surnom), établissement d’enseignement privé à Lima, très lié à l’Eglise. L’institution romaine, Pro Deo, impulsa en 1952 la création d’un institut d’enseignement sous la houlette de l’Ordre Dominicain. Le but était certes d’éduquer les jeunes péruviens mais les objectifs politiques n’étaient pas nuls. En effet, les étudiants devaient être éveillés à la doctrine sociale chrétienne afin de réduire l’avancée du marxisme dans les universités péruviennes. Le 16 mai 1962, le Pape Jean XXIII canonisa un religieux dominicain péruvien du nom de Martín de Porres. La même année, l’institut obtint le statut d’Université et prit le nouveau saint comme patron et comme nom. Frère Martín naquit à Lima le 9 décembre 1579 et y mourut le 3 novembre 1639. A l’age de 16 ans, il entra dans les ordres et vécut une vie humble. D’une grande foi, il œuvra à la fondation d’un orphelinat, instruit les enfants et fut proche des pauvres de la ville. On lui prêta des dons de guérison et lui attribua des miracles (don de bilocation, contrôle de la nature, lévitation, voyance …).

#470 – CSD Colo Colo : el Colo

Dans les premiers mois de 1925, le club Deportes Magallanes était dans une grave crise institutionnelle, en raison de problèmes persistants entre les dirigeants et certains des jeunes footballeurs. Menés par David Arellano, ils demandaient des réformes pour faire de Magallanes un club professionnel mais leur demandes furent rejetées par le conseil d’administration du club. Les joueurs en rebellion se réunirent alors au bar Quita Penas le 19 Avril 1925 et choisirent de former un nouveau club de football reposant sur des solides principes sportifs et moraux. 

Ils voulaient notamment revendiquer leur fierté d’être chilien et recherchèrent un nom pour le club dans ce sens. Une des modes étaient d’opter pour une consonnance britannique, patrie du football, comme Boca Junior, River Plate, Montevideo Wanderers, The Strongest, Santiago Wanderers ou Newell’s Old Boys. Mais, les fondateurs du Colo Colo voulaient un nom qui démontre leur fierté d’être chilien. Ainsi, « Independiente », « O’Higgins » (du nom de l’indépendantiste chilien Bernardo O’Higgins et de sa célèbre famille), « Arturo Prat » (héros militaire chilien considéré comme un symbole de ralliement pour les forces chiliennes), furent proposés mais finalement Luis Contreras, un des membres fondateurs, choisit le nom du chef indien Colo-Colo, issu d’un peuple indigène du Chili et véritable leader des indiens. Ce dernier, chef (lonco) d’une tribu Mapuches, vécut au XVIème siècle. Face à l’invasion espagnol, Colo-colo réussit à rassembler les clans Mapuches pour lutter face aux conquistadors. Il remporta d’importants triomphes parmi lesquels se détachent la bataille de Tucapel. Il parvint à signer une trêve avec les espagnols lors des dernières années de sa vie. Colo Colo est reconnu comme un vénérable lonco qui se distingue par sa sagesse et prudence en temps de paix et sa vaillance et ses qualités de stratège en temps de guerre.