#1178 – CD Los Chankas : los Guerreros Chankas

Les guerriers chankas. Fondé en 1989, le club évolua jusqu’en 2015 en 3ème division péruvienne. Puis, enfin, en 2023, le club accéda à l’élite du pays. En à peine 35 ans, le club a également changé 3 fois de nom. Situé dans la ville d’Andahuaylas, dans la région d’Apurímac, le club débuta son existence avec le nom de Straiker et avec une équipe composée quasi-exclusivement de policiers. Au fil des années, le nom fut modifié pour devenir Club Deportivo Cultural Santa Rosa en l’honneur de la sainte patronne de la police nationale du Pérou (Santa Rosa de Lima). Enfin, avec l’élargissement de ses supporteurs et de ses membres, en 2021, la direction adopta un nouveau nom, Club Deportivo Los Chankas, en hommage au peuple précolombien originaire d’Andahuaylas, les Chancas. Le blason du club arbore la tête d’un guerrier chankas.

Entre le Xème siècle et le XVème, un peuple précolombien du nom de Chancas habitait dans les provinces actuelles d’Ayacucho, Apurímac et Huancavelica. D’origine inconnue mais apparu au moment de la disparition de l’empire Wari, ce peuple s’organisait en deux nations : d’un côté les hanan (hauts) chankas et de l’autre côté les urin (bas) chankas. Ces derniers étaient localisés à Andahuaylas. Leur culture et mode de vie demeurent peu connus mais les preuves archéologiques montrent un peuple agriculteur-guerrier. A leur apogée, ils s’opposèrent aux Quechuas, un peuple voisin et allié des Incas, et aux Incas. Ils furent vaincus par la Sapa Inca (Empereur) Pachacutec en 1438. Selon certaines traditions incas, les urin chankas auraient été battus plus tôt, vers l’an 1230, lorsque le Sapa Inca Mayta Cápac et son armée traversèrent la rivière Apurímac. Toutefois, les guerriers chancas avaient la réputation d’être sanguinaires, infligeant aux soldats ennemies vaincus des châtiments cruels. Les historiens contemporains leur attribuèrent même le surnom de vampire des andes. Tout un programme.

#1150 – Club Libertad : Repollero

En espagnol, le terme désigne les ramasseurs de balle. Mais, pour le club péruvien, le sens est totalement différent puisque le mot dérive de repollo, qui signifie le chou. Repollero pourrait se traduire comme le producteur de chou. Le 30 juillet 1905, une quinzaine de jeunes fondèrent une « association athlétique pour les exercices physiques », dont les buts seraient de promouvoir le football, ainsi que le développement et la vigueur de la jeunesse. À ses débuts, le club jouait sur un terrain vague appartenant à la famille Andreani. Cette zone fut par la suite dénommée Belvedere, car il y avait un établissement commercial portant ce nom à l’angle des rues Brasil et España (désormais Avenue Pérou). Quelques années plus tard, le club déménagea dans le quartier de Las Mercedes, dans un endroit connu sous le nom de « maison de la famille Schinini ». Dans les années 1920, de nombreux immigrants italiens vinrent s’installer dans ce quartier, fuyant le régime fasciste de Benito Mussolini. Ces derniers cultivaient leur propre potager et la culture du chou y était abondante, en raison du sol qui favorisait ce légume. Cette pratique fit que le terrain du club était entouré de chou. D’ailleurs, le stade fut nommé « La Huerta », le potager. En outre, la mascotte s’appelle Don Nicola (ou Don Pascuale) est un personnage aux larges moustaches, au chapeau à carreaux et portant un panier rempli de choux. En bref : un marchand traditionnel de légumes tano (les immigrants ou habitants d’origine italienne en argot espagnol sud-américain).

#1116 – Ermís Aradíppou : Ο Φτεροπόδαροι

Les jambes ailées. Ermís est le nom du Dieu grec Hermès, dont l’un des attributs est des sandales ailées. Le club naquit en 1958, dans un contexte particulièrement tendu à Chypre. En 1878, après la domination de l’Empire Ottoman, le Royaume-Uni administra l’île jusqu’en 1960. Mais, les britanniques exploitant les ressources de l’île au détriment de la population locale, qui se composait des communautés grecs et turcs, le sentiment nationaliste chypriote monta. En 1950, sans l’autorisation des autorités britanniques, l’Eglise Orthodoxe organisa un référendum où 95,7 % des votants se déclarèrent en faveur de l’Énosis (rattachement de Chypre à la Grèce). L’occupant ne reconnut pas évidemment le résultat, poursuivit sa répression et les indépendantistes d’origine grecque reprirent la lutte armée. En 1955, les britanniques interdirent certaines organisations liés à la mouvance nationalistes, dont l’ΕΔΟΝ (l’équivalent des jeunesses communistes). A Aradíppou, des anciens de l’ΕΔΟΝ se réunirent 3 ans plus tard pour créer un club de sport, avec l’objectif d’entretenir l’esprit sportif et nationaliste de la jeunesse locale. Un symbolisme en rapport avec la culture grec était une évidence pour marquer son nationalisme et le dieu Hermès fut choisi.

Messager des Dieux, Hermès portait des sandales ailées (ou talaria). Fabriqué par le dieu de la forge, Héphaïstos, elles permettaient à Hermès de se déplacer plus vite dans les airs. Elles se retrouvent mentionnées pour la première fois dans l’Odyssée d’Homère. D’autres auteurs anciens (Ovide, Nonnos de Panopolis) les mentionnèrent également. Sur l’écusson du club, Hermès est présent avec ses deux autres attributs, le caducée et le casque ailé.

#1107 – Sepsi OSK Sfântu Gheorghe : Secuii

Les Sicules ou Széklers. Depuis les années 2000, le football professionnel roumain connaît une profonde mutation où les clubs historiques, centenaires disparaissent sous le poids des dettes au profit de nouvelles entités sportives qui gravissent les échelons rapidement. Sepsi Sfântu Gheorghe fait parti de cette seconde catégorie, ayant été fondé par deux amis en 2011. Pour déterminer l’identité du club, ils décidèrent de reprendre les symboles de l’ancien club de la ville de Sfântu Gheorghe, le Olt Sport Klub (rouge et blanc pour les couleurs, OSK dans le nom du nouveau club). En outre, les deux amis rajoutèrent dans le nom, le terme Sepsi, qui faisait référence au nom de l’ancienne division administrative (Scaunele – siège) du Pays sicule.

Sfântu Gheorghe est l’une des plus anciennes cités de Transylvanie, au centre de la Roumanie, mais se situe surtout dans la région historique du Pays sicule. Depuis le Xème siècle, la voivodie de Transylvanie était sous la suzeraineté du chef des Hongrois et, en 1003, elle s’unit au Royaume de Hongrie. Pour défendre cette nouvelle frontière orientale des invasions tartares, les Rois Hongrois y favorisèrent l’installation du peuple Sicule au XIème ou XIIème siècle, qui en échange d’exemption d’impôts, établit les institutions judiciaires et militaires dans cette région. De langue hongroise, basée sur un alphabet rune, ce peuple serait d’origine Magyar et sa forte identité perdure encore aujourd’hui. D’ailleurs, au fil des siècles, intégrés au Royaume de Hongrie ou à la République de Roumanie, les Sicules ont toujours manifesté la volonté d’une certaine autonomie. Estimés entre 500 000 et 700 000 personnes, ils représentent aujourd’hui la moitié de la communauté magyare de Roumanie. La population du comté de Covasna dont le chef-lieu est Sfântu Gheorghe est constituée essentiellement de Sicules.

Depuis 2017, le club de Sfântu Gheorghe est la première équipe et pour l’instant la seule du comté de Covasna à évoluer dans l’élite du football roumain. Elle est ainsi le représentant de la communauté Sicule. D’ailleurs, le club communique à la fois en Roumain et en Hongrois. En 2019, le gouvernement de Budapest admit financer le club à hauteur de 3,2 millions d’euros par an afin de développer ses infrastructures sportives ainsi que l’académie de formation.

#1090 – FC Petržalka : Engerau

Puisant ses racines dans la première association de football de Petržalka établie officiellement en 1898, le FC Petržalka a connu de nombreuses vies (6 changements de nom sur les 20 dernières années) mais demeure l’un des clubs historiques de Slovaquie et l’un des plus vieux de Brastilava. Car, si Petržalka fut un village indépendant, le 13 février 1946, il devint officiellement un quartier de la capitale slovaque.

Avant le XVIIIème siècle, le territoire de l’actuelle Petržalka se composait de plusieurs îles régulièrement inondées et ne convenait pas à un établissement humain permanent. Au XIIIème siècle, des populations Pétchénègues et Magyars s’établirent à Pečniansky (Îles des Pétchénègues) et à Magyaroksziget (Îles de Magyars). Puis, au XVème siècle, des allemands fuyant le sud pendant les guerres ottomanes fondèrent un village dénommé Ungerau. Jusqu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, cette aire fut partagée entre les populations d’origines hongroises et allemandes, tout en restant faiblement habitée. Un recensement de 1910 montrait que sur ses 2 947 habitants, 1 997 parlaient l’allemand, 495 le hongrois et 318 le slovaque comme langue maternelle. En 1919, le village fut rebaptisé Petržalka lorsqu’il fut donné à la Tchécoslovaquie. Mais, en 1938, sur la base des accords de Munich, l’Allemagne Nazie annexa le village et le renomma Engerau. Toute la folie Nazie s’exprima ici et en particulier contre les populations non germanophones. En 1945, la Tchécoslovaquie rétablit la situation d’avant-guerre et les populations allemandes disparurent. En 2001, seuls 219 germanophones vivaient à Petržalka sur ses 117 227 habitants (soit 0,19% de la population). En 2011, il n’y en avait plus que 155 personnes soit 0,15% de la population.

La plus ancienne occurrence du nom en allemand daterait de 1420 et serait sous la forme du mot Unger Au ou Ungerau ou Hungerau qui signifie « plaine inondable hongroise ». Il dériverait donc du nom hongrois Magyarsziget. Puis, entre 1485 et 1567, il se modifierait en Unngeraw, Ungerau, Hungeraw, Hungerau, Enngerl et Hungereuelen. Engerau serait donc une déformation de Ungerau. Le terme Engerau apparaît avec certitude en 1654. Toutefois, d’autres indiquent que littéralement Engerau signifie « plaine inondable étroite », ce qui était le cas de cette zone dans les bras du Danube.

Malgré la faiblesse de la population germanophone aujourd’hui, les supporteurs du club s’identifient encore à l’histoire allemande du quartier. Le groupe de supporteurs se dénomment les Ultras Engerau. Et le slogan des fans du club est en allemand, Immer wieder Engerau (Toujours et encore Engerau).

#1072 – US Avellino : Lupi

Les loups. Niché au cœur d’une vallée d’origine volcanique dans les Apennins campaniens, la ville d’Avellino possède des armoiries où trône un agneau pascal. Etonnant alors d’aller choisir le prédateur de l’agneau comme symbole et surnom. Mais, dans les bois de cette partie des Apennins, le loup gris était un habitant endémique qui, comme dans d’autres régions d’Europe occidental, avait disparu ces dernières décennies. Mais il semble avoir fait sa réapparition depuis quelques années. Le Loup d’Italie (ou Canis lupus italicus), une sous-espèce du loup gris, a vu le jour dans cette chaîne montagneuse des Apennins avant de se répandre dans les Alpes, le Sud de la France et en Alsace. Au-delà de sa présence et de son appartenance à cette région, le loup y a aussi construit une légende.

La ville d’Avellino fut fondée par les Hirpins. Ces derniers étaient l’une des quatre tribus qui composaient le peuple samnite, une ligue de communautés italiques établies dans le Samnium. Or, la tradition rapportée par les auteurs anciens (en particulier Strabon) est que les Hirpins se seraient établis dans la région d’Avellino suite à une migration sacrée, le ver sacrum (printemps sacrée). Ce rite, dédié à un dieu (principalement Mars, Jupiter ou Apollon) à qui avait été fait un vœu, poussait une communauté à expulser une génération de jeunes hommes afin de fonder une nouvelle colonie, guidée dans cette quête par un animal sacré (loup, taureau, aigle …). Le nom de cet animal servait à baptiser la nouvelle communauté ainsi formée. Mais, selon les conclusions d’historiens, ce récit serait phantasmé et permettait de travestir rétrospectivement une réalité plus violente. Pour en revenir à notre récit, la légende, évoquée par Sextus Pompeius Festus, rappelle que, guidé par un loup, un peuple s’installa à Avellino et se nomma Hirpins. Ce terme dérive de Hirpus qui signifie loup en langue osque (celle que parlait les Samnites). Ainsi, le loup est un animal sacré dans la région d’Avellino et qui trouve sa place sur le blason du club de football.

#1065 – SD Aucas : Papá Aucas

Le papa Aucas. Le club de la capitale équatorienne a gagné une aura paternelle auprès de ses fans dès ses premières années d’existence. En 1945, Marius J. Federicus Hulswit, cadre néerlandais de la Royal Dutch Shell en Équateur, avait l’ambition de créer la meilleure équipe. Il reçut le soutien de son employeur et le SD Aucas vit le jour. Pour le choix du nom, Enrique Illingworth Quevedo, directeur de la compagnie pétrolière, suggéra Aucas. Il s’agit du nom donné par le peuple Quichua aux Huaorani, des indigènes d’Amazonie connus pour être des guerriers intrépides et des chasseurs extraordinaires. Cette réputation, entretenue par leur agressivité vis-à-vis des autres peuples indigènes et des envahisseurs blancs, engendra ce terme péjoratif d’auca qui signifie en langue quichua « sauvage ». Or, lorsque la compagnie pétrolière Shell réalisa des prospections dans la forêt amazonienne, elle subit la résistance des Huaorani et, convaincu que cet état d’esprit devait inspirer les joueurs mais aussi pour redorer l’image de sa compagnie, Enrique Illingworth Quevedo suggéra donc ce nom.

Avec le fort soutien financier de Shell, Aucas s’imposa rapidement comme l’une des meilleures équipes équatoriennes dans les années 1940 et 1950. En 1945, elle remporta son premier championnat de la province de Pichincha (celle de Quito). Mais la puissance de l’équipe fut telle qu’elle gagna également les championnats en 1946, 1947, 1948 et 1949. Alors que le championnat national n’existait pas encore, elle fut considérée comme le champion du pays en 1946 quand elle fut vainqueur de la meilleure ligue régionale et demeura invaincu lors des matchs qui l’opposa aux champions des autres provinces. La fédération la retint même pour des matchs internationaux. Résultat, le club devint l’idole de la capitale avec une base de fans qui ne cessait d’augmenter. Cette aura remplissait les stades où le club évoluait. Le professionnalisme n’existait pas encore d’où les recettes importantes générées par Aucas étaient redistribués aux autres équipes de la région de Pichincha. La solidarité du club s’exprima aussi dans sa participation gratuite à des matchs caritatifs. Il contribua ainsi à la récolte de fonds pour les victimes du tremblement de terre d’Ambato, de l’incendie de Durán, de l’incendie de Santa Ana de Manabí, de l’incendie d’Archidona, pour les joueurs blessés de toutes les équipes … Cette générosité et cette bienveillance envers toutes les équipes lui fit gagner le surnom de Papá.

#1045 – Sekhukhune United FC : Babina Noko

En langue Pedi, le Noko est le porc-epic et le Babina Noko est un poncho traditionnel pour le peuple Pedi. Les frères Simon et Jonas Malatji naquirent et furent élevés dans district de Sekhukhune dans la province du Limpopo, au Nord du Pays. Ils partirent, notamment au Royaume-Uni, pour poursuivre leurs études supérieures. Puis, revenus en Afrique du Sud, les deux frères fondèrent la principale société de sécurité, Mabotwane Security Services, en 1999. Riches entrepreneurs, ils décidèrent de fonder en 2019 un club de football dénommé African All Stars, qui évolua en 3ème division nationale. Fin 2020, l’opportunité se présenta de racheter la licence du club de Tshakhuma Tsha Madzivhandila en première division nationale (équivalent de la seconde division). Il présentait également l’avantage d’être établi dans la province du Limpopo où les deux frères souhaitaient se réinstaller. En effet, comme le déclarait Simon Malatji « We’re not in football for the money. We just want to change the lives of the people of our community » (Nous ne sommes pas dans le football pour l’argent. Nous voulons juste changer les vies des personnes de notre communauté). Ainsi, le nouveau club devait être le représentant du Limpopo et du peuple Pedi. Il fut renommé Sekhukhune United, en l’honneur du royaume Pedi de Sekhukhuneland, qui au XIXème siècle, sous le règne du Roi Sekhukhune I, mena la lutte face aux colons néerlandais puis anglais. Le club prit le slogan Adibahlabe dinoko qui signifie « Poignardez vos adversaires avec vos piquants, porc-épics ». Et enfin, installa un porc-épic sur son blason, animal totem des Pedi.

Les Pedi sont un peuple sotho-tswana d’Afrique du Sud, établis dans la région du Limpopo. Leurs ancêtres migrèrent d’Afrique des Grands Lacs vers le Limpopo, en Afrique du Sud au plus tard au VIIème siècle, côtoyant alors dans cette région d’autres ethnies. Les populations se regroupèrent et s’identifiaient par leur allégeance symbolique commune à un animal-totem tel que tau (lion), kolobe (cochon) … . Avec le développement d’une certaine homogénéité linguistique et culturelle, le peuple Pedi se distingua des autres ethnies entre le XVème et le XVIIIème siècle. Vers la fin du XVIIIème siècle, les différentes chefferies des tribus Pedi furent étape par étape unifiées pour donner naissance au Royaume de Sekhukhuneland. La légende raconte que durant les migrations du VIIème siècle, les Pedi avaient pour animal totem un kgabo (singe). Mais, lorsqu’ils traversèrent les montagnes Leolo, ils trouvèrent un pic de porc-épic et prirent alors le noko comme animal comme totem.

#1043 – HUS Agadir : لغزالة السوسية

La gazelle de Souss. Ville portuaire et station balnéaire du Sud du Pays, Agadir se trouve aussi être le chef lieu de la région administrative de Souss-Massa et une des principales cités de la région historique de Souss. Cette dernière recouvre l’aire de l’ethnie berbère des Chleuhs. Ces derniers demeurent la principale ethnie berbère (population estimée entre 8 et 10 millions de personnes) avec une culture forte (danse aḥwac, musique, costumes et fêtes traditionnelles) et une langue commune, le tachelhit. Cette dernière a gagné son statut officiel dans le Royaume chérifien en 2011. La légende veut que les Chleuhs descendent des Atlantes mais ils sont certainement un amalgame des tribus originelles du Souss, les Masmoudas, avec les peuples ayant immigrés dans le Souss, les Sanhadja et Guezoula, qui adoptèrent la culture des Masmoudas. La région du Souss et les Chleuhs connurent leur âge d’or sous l’Emirat Tazeroualt au XVIIème siècle qui jouissait d’une certaine autonomie et tirait ses richesses du commerce de l’or et du sucre avec les marins européens.

Fondé par des nationalistes marocains en 1946, le club est l’étendard sportif de cette région historique du peuple berbère, trouvant ainsi des relais et des partisans dans toute la région (qui n’a pas d’autre représentant sportif dans l’élite) et au niveau national. Son surnom puise donc ses racines dans un des animaux emblèmes de la région, la gazelle. Petite antilope, cet animal se trouve principalement dans la savane africaine, en Asie du Sud ainsi que dans le sud Maghreb, au Sahara. A 60 km d’Agadir, une réserve naturelle couvrant une superficie de 33 800 hectares fut créée en 1991 pour protéger la faune et la flore locale. Aujourd’hui, elle abrite 275 espèces d’oiseaux (dont l’ibis chauve) et une quarantaine de mammifères. Deux réserves animalières (Roken et Arrouais) ont été aménagées dans le parc pour permettre la sauvegarde et la protection de 4 antilopes sahariennes : Gazelle dama mhorr, gazelle dorcas (la gazelle la plus répandue dans la région), Addax (disparues du Maroc en 1956) et gazelles Oryx (disparues du Maroc en 1973).

Au delà d’être un animal endémique de la région et l’un de ses emblèmes, la gazelle est aussi un animal rapide (pouvant atteindre des pointes à 100 km/h), une vertu inspirante pour l’équipe de football.

#1041 – Casa Sports : Essamay

Le lion. En dialecte Diola, la langue de l’ethnie majoritaire dans la région de la Casamance, Essamay signifie un leader, un homme courageux. Et deux animaux symbolisent cet esprit et trouvent également leur traduction dans essamay : la panthère et le lion. Dans la danse des masques de la culture diola, l’essamay, la panthère, est un danseur portant un masque et une tenue faite avec les sacs de pommes de terre. Il détient également un long bâton au bras et danse pendant les cérémonies traditionnelles. Mais, l’essamay est donc aussi le lion, symbole du club. Il représente le courage, la force et la noblesse de l’équipe. D’autres associations de la Casamance reprennent essamay comme symbole.

Il s’agit d’un des symboles de la culture de la Casamance. Et ce n’est pas un hasard pour Casa Sports. Fondé le 14 Septembre 1969 par la fusion de plusieurs clubs (Foyer-Casamance, US Casamance, Galia Club, Trésor), le club se dénomma tout d’abord Casamance Sporting Club avec pour objectif d’être la référence du sport pour la Casamance et son représentant national. Situé au Sud du pays, la région de la Casamance a un statut à part par rapport au reste du Sénégal. Par exemple, elle est habitée principalement par les Diola au contraire des autres régions où les Wolof sont majoritaires. Ou encore ses habitants sont principalement catholiques face au reste du Sénégal musulman. De part sa position géographie (à plus de 500 km de la capitale Dakar et à la frontière avec la Guinée Bissau, la Gambie et la Guinée), la Casamance s’est souvent sentie délaissée voire abandonnée par le pouvoir central. Résultat, son identité diffère et a conduit à la naissance d’un sentiment identitaire porté par un mouvement indépendantiste depuis 1982. Casa Sports devait donc porté cette identité et reprendre ses symboles. L’un des plus grands joueurs formés par le club est le regretté Jules Bocandé (passé par Metz et Nice principalement) qui avait également hérité de ce surnom d’essamay.