#1272 – Lyon – La Duchère : le Club des Pieds-Noirs

Dans l’Ouest lyonnais, s’étire le 9ème arrondissement de la capitale des Gaules, dénommé La Duchère. Cet espace accueillait un chateau dès le XIVème siècle, commandé par Bernard de Varey de la Duchère, conseiller de ville à Lyon. Puis, entre 1844 et 1851, un fort fut établi à La Duchère, intégré au sein d’un vaste réseau de fortifications servant de ceinture défensive autour de Lyon. Mais, au fil des siècles et jusqu’à la fin des années 1950, cette zone était avant-tout agricole. Toutefois, la ville de Lyon, comme la France en générale, connaissait depuis le lendemain de la Seconde Guerre mondiale, une grave crise immobilière, mêlant déficit d’habitations et logements insalubres. D’ailleurs, le quartier ouvrier de Vaise, en contre-bas de la colline de La Duchère, était surpeuplé et abritait un grand nombre de logements malpropres. Ainsi, le Maire de Lyon, Louis Pradel, s’attacha dès son premier mandat en 1957 à moderniser la ville, incluant notamment un vaste programme de construction de logements neufs, en particulier sur le quartier de La Duchère.

Alors que les premières barres d’immeuble, qui devaient accueillir les lyonnais, sortaient, une nouvelle vague d’habitants démunis arriva sur Lyon. En effet, de l’autre côté de la méditerranée, en 1962, le département français tombait et l’Algérie accédait à son indépendance. Sa population européenne et juive, venant d’Alger, Oran, Constantine et de toutes les communes, devait fuir en métropole, sans aucune ressource. Plus d’1 millions, de ceux qu’on appelait les pieds-noirs, furent rapatriés, dans des conditions difficiles et chaotiques en France. Le Fort de la Duchère accueillit ces rapatriés à qui une partie des nouveaux logements de La Duchère fut attribuée (près d’un tiers des logements).

Des associations réunirent cette population qui connaissait peu la métropole et dont les mœurs étaient différentes, dont l’Amicale des Rapatriés et de leurs Sympathisants de la Duchère-Champagne et région lyonnaise. Elle avait pour but de se mettre au service des rapatriés dans tous les domaines, sports et culture compris. Ainsi, le 25 Juin 1963, la section football vit le jour au sein de l’association. Les couleurs retenus, jaune et rouge, feraient référence soit aux armoiries de la ville d’Oran, à l’époque de l’Algérie Française, soit au drapeau espagnol (dans les deux cas, nombreux étaient les rapatriés venant d’Oranie ou aux origines espagnoles). En 1964, la section football devint indépendante et le club de l’Association Sportive Lyon-Duchère fut fondé. Aujourd’hui, cette époque et lien avec les pieds-noirs sont terminés.

#1255 – SK Sigma Olomouc : Hanáci

Les Haná. Au cœur de la Moravie Centrale se situe une région historique du pays, habitée par le peuple Haná. Il s’agit d’une plaine les plus fertiles de la République tchèque et se distingue par son climat favorable et ses riches terres boisées et fertiles. Elle est aussi connue pour ses spécialités régionales, son riche folklore ainsi que son dialecte très particulier. Oloumouc, sixième ville la plus peuplée de la République tchèque et la troisième en Moravie, a été pendant longtemps considéré comme le centre de la région des Haná.

Géographiquement, la rivière Haná constitue l’axe centrale de la région qui se répand dans l’aire d’Olomouc, l’aire de Zlín et l’aire de Moravie du Sud. Le terme Haná dérive naturellement du nom de la rivière et la première désignation de la population comme Haná provient de l’ouvrage daté de 1571 du grammairien tchèque Jan Blahoslav. Les Haná représentent le groupe ethnographique le plus ancien de la population morave, la région ayant été habitée de manière continue depuis la préhistoire. Elle se distingue tout d’abord par son dialecte particulier. Il fait partie des dialectes moraves de la langue tchèque et est généralement inclus dans le groupe dialectal dit de Moravie centrale ou hanakien. De par la richesse de la terre, les populations paysannes Haná étaient plutôt aisées et fières, vu comme de l’orgueil aux yeux des étrangers. Les opérettes et les opéras haná du XVIIIème siècle soulignaient que le confort, l’indécision et l’orgueil sont des caractéristiques typiques des Haná. Mais cette indécision serait le résultat d’un certain conservatisme et une envie de ne pas se précipiter. Cette partie pittoresque de la Moravie est particulièrement riche en histoire, folklore et culture. Outre les danses et la musique, la culture locale se distingue notamment par la cuisine qui inclut de nombreux plats à base de céréales, notamment en bouillie. Les pâtisseries, gâteaux et petits pains à base de pâte levée fourrés aux graines de pavot font partie des desserts typiques. Mardi-gras, mariage et fête de la Pentecôte constituent les 3 grands rendez-vous populaires. Enfin, les costumes traditionnelles représentent la manifestation la plus distinctive de la culture de cette région. Le costume des hommes se compose d’une longue chemise fine blanche décorée de broderies marrons et noires sur le col et de broderies crème à jaune sur l’épaule. Les pantalons, qui à l’origine n’atteignaient que les genoux, où ils étaient attachés avec des lanières décorées, sont de couleur rouge brique ou jaune. Pour les femmes, le costume se distingue par un chemisier blanc, avec des manches ballons (amples), auquel est rajoutée un corset richement décoré, le plus souvent noir, rouge, bleu ou vert. Les femmes portaient des jupes cousues avec un tablier multicolore décoré de broderies ou de motifs colorés imprimés.

#1237 – Dundee United FC : Arabs

Les arabes. La péninsule arabique ne s’est pas répandue jusqu’aux rives orientales de l’Écosse. Mais, il est vrai que les supporteurs du club sont connus comme les arabes et ce sobriquet a déteint sur le club et ses joueurs. D’innombrables keffiehs (turban traditionnel arabe) à la couleur mandarine (teinte du club) coiffent la tête des supporters de United et de nombreux t-shirts annoncent que leur porteur est « proud to be an Arab » (fier d’être arabe). Si vous vous renseignez sur ce surnom, on vous parlera généralement de l’hiver 1962-1963.

Cet hiver là, en Écosse, les températures descendirent très bas (-30°C) et le terrain du club, Tannadice, était gelé et impraticable. Les matchs repoussés s’accumulaient et en conséquence, l’argent ne rentrait plus et les caisses du club se vidaient. En Janvier 1963, le match de Coupe d’Écosse contre Albion Rovers approchait et Jerry Kerr, le manager, se démena pour rendre possible la rencontre. Des braseros furent d’abord utilisés, mais le résultat n’était pas suffisant. William Briggs Sons, constructeurs de routes à la raffinerie Camperdown, proposa d’utiliser un brûleur de goudron pour faire fondre la couche de glace. La glace fondit effectivement mais la pelouse brûla également. Nouveau branle-bas de combat et plusieurs camions vinrent déposer du sable sur le terrain. Le 26, l’arbitre déclara à la surprise générale le terrain praticable, et devant 12.000 spectateurs, Dundee remporta aisément le match 3 buts à 0 (marqués par Doug Smith, Dennis Gillespie et Wattie Carlyle). Le lendemain, la presse souligna que l’équipe « took to the sand like Arabs » (s’était emparé du sable comme des Arabes).

L’histoire est belle mais selon des dernières recherches, il s’agirait d’une légende. Ainsi, la bonne version remonterait également aux années 1960 quand, en imitation du kop de Liverpool, les fans de United se mirent à détourner des chansons pop pour supporter leur équipe. Dans une des travées du stade, il y avait, à chaque match, un homme mince d’âge moyen portant un long manteau et une casquette qui entrainaient les jeunes à chanter. Un jour, il s’adressa à eux en déclarant « I am Nasser and you are my Arabs! » (Je suis Nasser et vous êtes mes arabes). Référence pas si étonnante à cette période. Depuis sa prise de pouvoir en 1956, le leader égyptien, Gamal Nasser, était devenu une icone dans le monde arabe, en promouvant sa doctrine socialiste et pan-arabique. Son influence sur les peuples arabes et son aura internationale s’accrurent quand il défia l’occident lors de la crise du Canal de Suez et lorsqu’il unifia la Syrie à l’Egypte, au sein de la République Arabe Unie. Au point d’atteindre l’enceinte de Dundee.

#1192 – Deportivo Independiente Medellín : el Equipo del Pueblo

L’équipe du peuple. Dans la Colombie du début du XXème siècle, les classes huppées souhaitaient se distinguer de la population ouvrières et paysannes en pratiquant des activités culturelles et sportives différentes de la plèbe. Les modes venant d’Europe et qui étaient méconnues de la population rencontraient donc un certain succès chez les jeunes bourgeois et le football en faisait parti. Ainsi, le 14 novembre 1913, Alberto Uribe Piedrahíta et ses frères Luis et Rafael, accompagnés d’un groupe de jeunes issus de familles riches, comme Guillermo Greiffenstein et José Luis Jaramillo fondèrent une équipe de football sous le nom de Medellín FootBall Club afin d’affronter un autre club de la ville, le Sporting (également appelé « Los Extranjeros », les étrangers, car il comptait dans ses rangs des joueurs belges et suisses). Au fil des années et des victoires contre les rivaux locaux, le prestige de Medellín grandit au sein de la ville ainsi que de la région d’Antioquia. En 1928, les joueurs de Medellín formèrent une grande partie de l’équipe représentant la région d’Antioquia au tournoi organisé à Cali et qui arriva en finale. En 1930, l’équipe fut invitée à Bogota comme étant le meilleur club d’Antioquia joua plusieurs matchs contre les meilleurs de la capitale dont Bartolinos, La Salle, Internacional et Juventud. A partir de ces années, Medellín FootBall Club devenait le représentant d’une région entière et emporta la passion et la fierté de ses habitants, notamment des quartiers populaires. Débutant comme un club de l’élite, il commença alors à être connu comme l’équipe du peuple.

Aujourd’hui, l’Independiente Medellín suscite toujours la sympathie parmi toutes les classes sociales, tous les âges et toutes les communautés d’Antioquia. Son rival, l’Atlético Nacional, représente désormais la bourgeoisie de la ville de Medellín. Ce surnom est tellement ancré qu’en 2012 la société qui racheta le club se nommait El Equipo del Pueblo SA. Et même si sa propriété changea, elle demeure l’unique actionnaire du club de football.

#1189 – Audax Club Sportivo Italiano : los Itálicos

Les Italiens. Le club de Santiago du Chili représente la communauté italienne depuis ses origines. Quand on parle d’immigration italienne en Amérique du Sud, on pense naturellement à l’Argentine où plus de trois millions d’Italiens émigrèrent en près d’un siècle (entre 1857 et 1940), soit 10% de l’immigration italienne dans le monde. Elle laissa une trace indélébile dans le pays des gauchos. En 2011, plus de 25 millions des Argentins (soit 62,5 % de la population) avaient des origines italiennes. Le football n’y échappa pas (Boca Junior #1, River Plate #900, CS Independiente Rivadavia #1171). Mais, au tournant du XIXème et XXème siècle, l’Argentine ne fut pas la seule terre d’accueil et des italiens se retrouvèrent aux Etats-Unis et dans tous les pays d’Amérique du Sud.

Au Chili, l’immigration démarra timidement puisque le recensement de 1854 établissait qu’il y avait seulement 406 résidents italiens dans le pays. Mais, avec l’industrialisation du Chili et les difficultés économiques et politique de l’Italie, l’immigration italienne s’accéléra fortement entre 1880 et 1930 et le recensement de 1920 dénombrait alors 12 342 italiens au Chili, le chiffre le plus élevé jusqu’à présent, faisant de la colonie italienne la deuxième plus importante après la communauté espagnole. Comme pour l’Argentine, l’Etat Chilien favorisa cette immigration en allant faire directement sa promotion en Europe même (avec l’Agencia General de Colonización de Chile en Europa). Aujourd’hui, en fonction des études, les descendants d’immigrés italiens représenteraient entre 150 000 et 600 000 chiliens.

Originaires principalement du nord de l’Italie (Ligurie et Piémont), les immigrés italiens se répartirent dans tout le pays, à hauteur de 80% dans les zones urbaines, comme Valparaíso et Santiago, et dans les zones agricoles de Capitán Pastene, Parral et La Serena. A Santiago, les italiens vivaient principalement dans le quartier Barrio Italia (ou aussi connu sous le nom de Barrio Santa Isabel). Bien intégrés dans la population et constituant des piliers du développement économique et social du pays, les immigrés italiens fondèrent aussi de solides réseaux sociaux entre eux, servant à créer de la solidarité et à défendre leur identité et leur culture. En 1910, la communauté italienne offrit la statue Monumento al Genio de la Libertad pour célébrer le centenaire du Chili qui fut érigée sur la Plaza Baquedano à Santiago. La même année, 3 de ses membres, Alberto Caffi, Ruggero Cozzi et Amato Ruggieri, décidèrent de créer une institution sportives qui les représenterait. La symbolique du club s’attacha donc à se concentrer sur le rappel des liens avec l’Italie. Le premier écusson présentait une croix blanche sur un champ rouge, qui était l’écu de la Maison de Savoie, qui régnait sur l’Italie depuis son unification. Elle fut remplacée dans les années 1950 par une roue cycliste intégrant en son centre le tricolore italien (vert, blanc et rouge). Pour le maillot, le choix se porta sur le vert, accompagné d’un short blanc, s’inspirant du drapeau italien. En 2020, pour commémorer les 110 ans de la fondation du club, un maillot bleu a été porté par les joueurs, en hommage aux couleurs représentatives de la Maison de Savoie, qui inspira l’uniforme de l’équipe nationale italienne.

#1178 – CD Los Chankas : los Guerreros Chankas

Les guerriers chankas. Fondé en 1989, le club évolua jusqu’en 2015 en 3ème division péruvienne. Puis, enfin, en 2023, le club accéda à l’élite du pays. En à peine 35 ans, le club a également changé 3 fois de nom. Situé dans la ville d’Andahuaylas, dans la région d’Apurímac, le club débuta son existence avec le nom de Straiker et avec une équipe composée quasi-exclusivement de policiers. Au fil des années, le nom fut modifié pour devenir Club Deportivo Cultural Santa Rosa en l’honneur de la sainte patronne de la police nationale du Pérou (Santa Rosa de Lima). Enfin, avec l’élargissement de ses supporteurs et de ses membres, en 2021, la direction adopta un nouveau nom, Club Deportivo Los Chankas, en hommage au peuple précolombien originaire d’Andahuaylas, les Chancas. Le blason du club arbore la tête d’un guerrier chankas.

Entre le Xème siècle et le XVème, un peuple précolombien du nom de Chancas habitait dans les provinces actuelles d’Ayacucho, Apurímac et Huancavelica. D’origine inconnue mais apparu au moment de la disparition de l’empire Wari, ce peuple s’organisait en deux nations : d’un côté les hanan (hauts) chankas et de l’autre côté les urin (bas) chankas. Ces derniers étaient localisés à Andahuaylas. Leur culture et mode de vie demeurent peu connus mais les preuves archéologiques montrent un peuple agriculteur-guerrier. A leur apogée, ils s’opposèrent aux Quechuas, un peuple voisin et allié des Incas, et aux Incas. Ils furent vaincus par la Sapa Inca (Empereur) Pachacutec en 1438. Selon certaines traditions incas, les urin chankas auraient été battus plus tôt, vers l’an 1230, lorsque le Sapa Inca Mayta Cápac et son armée traversèrent la rivière Apurímac. Toutefois, les guerriers chancas avaient la réputation d’être sanguinaires, infligeant aux soldats ennemies vaincus des châtiments cruels. Les historiens contemporains leur attribuèrent même le surnom de vampire des andes. Tout un programme.

#1150 – Club Libertad : Repollero

En espagnol, le terme désigne les ramasseurs de balle. Mais, pour le club péruvien, le sens est totalement différent puisque le mot dérive de repollo, qui signifie le chou. Repollero pourrait se traduire comme le producteur de chou. Le 30 juillet 1905, une quinzaine de jeunes fondèrent une « association athlétique pour les exercices physiques », dont les buts seraient de promouvoir le football, ainsi que le développement et la vigueur de la jeunesse. À ses débuts, le club jouait sur un terrain vague appartenant à la famille Andreani. Cette zone fut par la suite dénommée Belvedere, car il y avait un établissement commercial portant ce nom à l’angle des rues Brasil et España (désormais Avenue Pérou). Quelques années plus tard, le club déménagea dans le quartier de Las Mercedes, dans un endroit connu sous le nom de « maison de la famille Schinini ». Dans les années 1920, de nombreux immigrants italiens vinrent s’installer dans ce quartier, fuyant le régime fasciste de Benito Mussolini. Ces derniers cultivaient leur propre potager et la culture du chou y était abondante, en raison du sol qui favorisait ce légume. Cette pratique fit que le terrain du club était entouré de chou. D’ailleurs, le stade fut nommé « La Huerta », le potager. En outre, la mascotte s’appelle Don Nicola (ou Don Pascuale) est un personnage aux larges moustaches, au chapeau à carreaux et portant un panier rempli de choux. En bref : un marchand traditionnel de légumes tano (les immigrants ou habitants d’origine italienne en argot espagnol sud-américain).

#1116 – Ermís Aradíppou : Ο Φτεροπόδαροι

Les jambes ailées. Ermís est le nom du Dieu grec Hermès, dont l’un des attributs est des sandales ailées. Le club naquit en 1958, dans un contexte particulièrement tendu à Chypre. En 1878, après la domination de l’Empire Ottoman, le Royaume-Uni administra l’île jusqu’en 1960. Mais, les britanniques exploitant les ressources de l’île au détriment de la population locale, qui se composait des communautés grecs et turcs, le sentiment nationaliste chypriote monta. En 1950, sans l’autorisation des autorités britanniques, l’Eglise Orthodoxe organisa un référendum où 95,7 % des votants se déclarèrent en faveur de l’Énosis (rattachement de Chypre à la Grèce). L’occupant ne reconnut pas évidemment le résultat, poursuivit sa répression et les indépendantistes d’origine grecque reprirent la lutte armée. En 1955, les britanniques interdirent certaines organisations liés à la mouvance nationalistes, dont l’ΕΔΟΝ (l’équivalent des jeunesses communistes). A Aradíppou, des anciens de l’ΕΔΟΝ se réunirent 3 ans plus tard pour créer un club de sport, avec l’objectif d’entretenir l’esprit sportif et nationaliste de la jeunesse locale. Un symbolisme en rapport avec la culture grec était une évidence pour marquer son nationalisme et le dieu Hermès fut choisi.

Messager des Dieux, Hermès portait des sandales ailées (ou talaria). Fabriqué par le dieu de la forge, Héphaïstos, elles permettaient à Hermès de se déplacer plus vite dans les airs. Elles se retrouvent mentionnées pour la première fois dans l’Odyssée d’Homère. D’autres auteurs anciens (Ovide, Nonnos de Panopolis) les mentionnèrent également. Sur l’écusson du club, Hermès est présent avec ses deux autres attributs, le caducée et le casque ailé.

#1107 – Sepsi OSK Sfântu Gheorghe : Secuii

Les Sicules ou Széklers. Depuis les années 2000, le football professionnel roumain connaît une profonde mutation où les clubs historiques, centenaires disparaissent sous le poids des dettes au profit de nouvelles entités sportives qui gravissent les échelons rapidement. Sepsi Sfântu Gheorghe fait parti de cette seconde catégorie, ayant été fondé par deux amis en 2011. Pour déterminer l’identité du club, ils décidèrent de reprendre les symboles de l’ancien club de la ville de Sfântu Gheorghe, le Olt Sport Klub (rouge et blanc pour les couleurs, OSK dans le nom du nouveau club). En outre, les deux amis rajoutèrent dans le nom, le terme Sepsi, qui faisait référence au nom de l’ancienne division administrative (Scaunele – siège) du Pays sicule.

Sfântu Gheorghe est l’une des plus anciennes cités de Transylvanie, au centre de la Roumanie, mais se situe surtout dans la région historique du Pays sicule. Depuis le Xème siècle, la voivodie de Transylvanie était sous la suzeraineté du chef des Hongrois et, en 1003, elle s’unit au Royaume de Hongrie. Pour défendre cette nouvelle frontière orientale des invasions tartares, les Rois Hongrois y favorisèrent l’installation du peuple Sicule au XIème ou XIIème siècle, qui en échange d’exemption d’impôts, établit les institutions judiciaires et militaires dans cette région. De langue hongroise, basée sur un alphabet rune, ce peuple serait d’origine Magyar et sa forte identité perdure encore aujourd’hui. D’ailleurs, au fil des siècles, intégrés au Royaume de Hongrie ou à la République de Roumanie, les Sicules ont toujours manifesté la volonté d’une certaine autonomie. Estimés entre 500 000 et 700 000 personnes, ils représentent aujourd’hui la moitié de la communauté magyare de Roumanie. La population du comté de Covasna dont le chef-lieu est Sfântu Gheorghe est constituée essentiellement de Sicules.

Depuis 2017, le club de Sfântu Gheorghe est la première équipe et pour l’instant la seule du comté de Covasna à évoluer dans l’élite du football roumain. Elle est ainsi le représentant de la communauté Sicule. D’ailleurs, le club communique à la fois en Roumain et en Hongrois. En 2019, le gouvernement de Budapest admit financer le club à hauteur de 3,2 millions d’euros par an afin de développer ses infrastructures sportives ainsi que l’académie de formation.

#1090 – FC Petržalka : Engerau

Puisant ses racines dans la première association de football de Petržalka établie officiellement en 1898, le FC Petržalka a connu de nombreuses vies (6 changements de nom sur les 20 dernières années) mais demeure l’un des clubs historiques de Slovaquie et l’un des plus vieux de Brastilava. Car, si Petržalka fut un village indépendant, le 13 février 1946, il devint officiellement un quartier de la capitale slovaque.

Avant le XVIIIème siècle, le territoire de l’actuelle Petržalka se composait de plusieurs îles régulièrement inondées et ne convenait pas à un établissement humain permanent. Au XIIIème siècle, des populations Pétchénègues et Magyars s’établirent à Pečniansky (Îles des Pétchénègues) et à Magyaroksziget (Îles de Magyars). Puis, au XVème siècle, des allemands fuyant le sud pendant les guerres ottomanes fondèrent un village dénommé Ungerau. Jusqu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, cette aire fut partagée entre les populations d’origines hongroises et allemandes, tout en restant faiblement habitée. Un recensement de 1910 montrait que sur ses 2 947 habitants, 1 997 parlaient l’allemand, 495 le hongrois et 318 le slovaque comme langue maternelle. En 1919, le village fut rebaptisé Petržalka lorsqu’il fut donné à la Tchécoslovaquie. Mais, en 1938, sur la base des accords de Munich, l’Allemagne Nazie annexa le village et le renomma Engerau. Toute la folie Nazie s’exprima ici et en particulier contre les populations non germanophones. En 1945, la Tchécoslovaquie rétablit la situation d’avant-guerre et les populations allemandes disparurent. En 2001, seuls 219 germanophones vivaient à Petržalka sur ses 117 227 habitants (soit 0,19% de la population). En 2011, il n’y en avait plus que 155 personnes soit 0,15% de la population.

La plus ancienne occurrence du nom en allemand daterait de 1420 et serait sous la forme du mot Unger Au ou Ungerau ou Hungerau qui signifie « plaine inondable hongroise ». Il dériverait donc du nom hongrois Magyarsziget. Puis, entre 1485 et 1567, il se modifierait en Unngeraw, Ungerau, Hungeraw, Hungerau, Enngerl et Hungereuelen. Engerau serait donc une déformation de Ungerau. Le terme Engerau apparaît avec certitude en 1654. Toutefois, d’autres indiquent que littéralement Engerau signifie « plaine inondable étroite », ce qui était le cas de cette zone dans les bras du Danube.

Malgré la faiblesse de la population germanophone aujourd’hui, les supporteurs du club s’identifient encore à l’histoire allemande du quartier. Le groupe de supporteurs se dénomment les Ultras Engerau. Et le slogan des fans du club est en allemand, Immer wieder Engerau (Toujours et encore Engerau).