Le tueur. Pas d’Hannibal Lecter dans les supporteurs du club, ni d’hinchada de chasseurs. Une version présente la série de 66 matchs sans défaite d’affillée dans la ligue de Córdoba comme les racines de ce surnom. Toutefois, la version la plus communément admise (et aussi documentée) remonte à une victoire en 1970. 20 septembre 1970, 3ème journée du Nacional (à cette époque, le championnat argentin se divisait en deux tournois distincts : le Metropolitano réunissant les équipes directement affiliées à la fédération et le Nacional, avec les meilleures du Metropolitano et celles qualifiées via des tournois régionaux), Talleres reçevait une superbe équipe de San Lorenzo. Cette dernière avait terminé 3ème du Metropolitano 1970, à deux points du champion Independiente. Les bleus et grenats avaient également conclu une belle tournée en Espagne quelques mois plus tôt. Enfin, la base de l’équipe était constituée des fameux joueurs qui avait remporté le Metropolitano en 1968. Cette année là, San Lorenzo avait été le premier champion invaincu du football argentin de l’ère professionnelle (16 victoires et 8 nuls), avec la meilleure attaque (49 buts marqués) et la meilleure défense (12 buts encaissés). En produisant un football offensif et séduisant lors de ce tournoi et en remportant les matchs face à leurs grands rivaux (Estudiantes, le vainqueur de la Coupe Intercontinentale, Independiente de Brandao, le Boca de Rojitas et Rattin, le Lanús de Silva et Acosta, Huracán de Loayza, et le River de Matosas, Carrizo et l’Onéga), les joueurs de San Lorenzo étaient entrés dans l’histoire comme l’une des équipes les plus brillantes du football argentin et avaient gagné le surnom de Matadores. Même si le match apparaissait déséquilibré, Talleres n’était pas totallement désarmé. Le club avait gagné son ticket pour le tournoi national en remportant 2 matchs âpres face à son grand rival de Belgrano et avait bien débuté le Nacional en triophant lors du match initial contre le Racing Club (2-1) et faisant un match nul 1-1 contre Gimnasia de Mendoza. En première mi-temps, les joueurs de Talleres jouèrent sans complexe et dominèrent leurs adversaires, qui misèrent sur la contre-attaque. Mais, à la mi-temps, San Lorenzo menait 1 but à 0 après un tir de Pedro Alexis González. Au retour des vestiaires, Talleres reprit son jeu et marqua par deux fois avec son attaquant Miguel Patire. L’international Rafael Albrecht de San Lorenzo parvint à égaliser à 2-2 et, alors que l’on se dirigeait vers un match nul qui convenait aux deux équipes, Patire marqua un dernier but pour donner la victoire à Talleres sur le score de 3-2. Le lendemain, afin de résumer un match remarquable où Talleres tint tête et vainquit cette grande équipe de San Lorenzo, le journal La Voz del Interior titra « El Matador fue Talleres » (le tueur était Talleres), une idée reprise par plusieurs autres hebdomadaires. Talleres gagna donc un match et un surnom à vie tandis que los Matadores demeura finalement dans l’histoire de San Lorenzo que comme le surnom attribué à la génération de 1968 qui comprenait Rodolfo Fischer, Victorio Cocco, Roberto Telch et Pedro González, entre autres.
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#722 – Hull City AFC : the Tigers
Les tigres. La fondation du club en juillet 1904 était trop tardive pour lui permettre de rejoindre une ligue officielle. Le club se contenta lors de sa première année d’existence à disputer des matchs amicaux. L’histoire officielle indique que lors du premier match, les joueurs portèrent un maillot blanc avec un short noir (ce que certains contestent). Toutefois, assez rapidement, l’équipe arbora son fameux maillot rayé noir et ambre, couleurs qu’elle affiche encore aujourd’hui (en 1935-1936 et en 1946-1947, le club porta exceptionnellement un maillot respectivement bleu foncé et bleu clair). Ces rayures ambre et noir inspirèrent un journaliste du Hull Daily Mail en 1905 qui surnomma pour la première fois les joueurs les tigres. A l’époque, le Rugby était roi dans la ville de Kingston upon Hull et les deux équipes rivales avaient pour surnom un animal. D’un côté, Hull FC était surnommé Airlie Birds (les oiseaux d’Airlie). De l’autre côté, l’Ouest de la ville supportait les robins (rouge-gorges) de Hull Kingston Rovers. Le journaliste du Hull Daily Mail trouva donc logique de comparer l’équipe de football avec un animal et les rayures du maillot rappelaient le tigre.
Le surnom est bien ancré désormais au point que le tigre s’imposa presque sur tous les symboles du club. Tout d’abord le maillot qui, lors de certaines saisons, pouvaient abandonner les célèbres rayures pour arborer le pelage du tigre ou être barré d’un coup de griffe. Sur le blason du club, la tête de tigre a également trouvé sa place. Après la Seconde Guerre mondiale, le nouveau propriétaire de Hull, Harold Needler, souhaita rebaptiser le club sous le nom de Kingston upon Hull AFC et adopter l’orange, le bleu et le blanc comme nouvelles couleurs. Il modifia également le blason traditionnel qui reprenait les armes de la ville en faisant, pour la première fois, afficher une tête de tigre. Le changement de nom ne se concrétisa pas et le manque de tissu ne permit pas d’adopter les nouvelles couleurs. Néanmoins, le blason fut lui définitivement entériné. En 1975, le College of Arms, une institution royale qui gère les armoiries et blasons, officialisa le tigre comme armes du club. Enfin, en Août 2013, à la surprise générale, le propriétaire du club, Assem Allam, annonça qu’il avait déposé une demande auprès de la fédération anglaise pour changer le nom en Hull Tigers. Malheureusement, ce choix n’avait pas pour objectif de rendre hommage à la longue histoire du club et était basé sur de basses considérations marketing (étendre la zone de chalandise aux Etats-Unis où les franchises se nommes ainsi et vers l’Asie où le tigre est chargé d’un fort symbolisme, se distinguer des autres clubs qui s’appelaient également City ainsi que « in marketing, the shorter the name the more powerful it is » (en marketing, plus un nom est court, plus puissant il est)). Les supporteurs s’opposèrent à cette proposition et scandaient dans le stade « City Till We Die » (City jusqu’à notre mort). Ce à quoi Assem Allam répondit violement « They can die as soon as they want » (Ils peuvent mourir dès qu’ils le veulent). Finalement, le 9 avril 2014, la fédération anglaise rejeta la demande de Assem Allam. D’autres décisions calamiteuses accentua le désamour entre les fans et Assem Allam et le club finit par être vendu en Janvier 2022 à un producteur turc.
#720 – CF Monterrey : la Pandilla
Le gang. En 1962, le club était officiellement surnomé los Rayados depuis le début des années 1950 (cf article #214). Néanmoins, après être remonté en première division en 1960, le club connut deux saisons difficiles où l’équipe échappa plusieurs fois à la relégation. Ces sauvetages lors des dernières journées inspirèrent Salvador Meza, le seul véritable journaliste qui suivait le club depuis ses débuts, qui décrivit l’équipe comme « una pandilla de desesperados » (un gang de désespéré). Meza avait un riche réseau au sein de la presse, principalement le speaker de la radio et de la télévision Roberto Hernández Jr. et de certains magazines de football nationaux. Son influence permit rapidement à ce surnom de s’imposer dans la presse et l’esprit des supporters, coexistant avec le traditionnel et plus populaire Rayados.
À cette époque, le mot pandilla n’avait pas de connotation négative et, selon le dictionnaire, ce terme désignait un groupe d’amis qui sortent ensemble ou se réunissent régulièrement pour réaliser une activité quelconque. L’irruption de ce surnom poussa peut-être l’équipe de 1963 puisque, sous les ordres de l’entraîneur uruguayen Roberto Scarone, le club signa sa première saison réussie en terminant à la 3ème place. Entre 1973 et 1980, le surnom de Pandilla fut officiellement utilisé par le club.
#718 – América Cali : el Diablo Rojo
Le diable rouge. Voila un surnom qui doit inspirer la crainte aux adversaires et galvaniser ses troupes. Pas étonnant alors de le retrouver sur le blason du club, qui d’ailleurs évolue en rouge. Sa naissance donne lieu à diverses histoires mais remontent toutes aux premières années d’existence du club. Officiellement fondé le 13 février 1927, le club puise ses origines au sein de deux formations créées quelques années auparavant. D’un côté, le Racing Club (ou Junior) naquit en 1925 et portait des maillots rayés bleu ciel et blanc qui mettait à l’honneur le club argentin du Racing que les fondateurs admiraient. De l’autre, le club d’Independiente, formé notamment de dissidents du Racing, évoluait avec un maillot bleu foncé. Le Racing absorba Independiente en 1927 et continua à utiliser ses maillots. Puis, les joueurs utilisèrent un maillot rouge associé à un short bleu. Suite à des discussions internes, les joueurs souhaitèrent changer pour des maillots et shorts respectivement rouge et blanc. La raison de ce choix est inconnu.
En 1931, le club fut suspendu de toute compétition régionale pendant un an après avoir contesté les décisions arbitrales lors de la finale d’un tournoi. Afin de maintenir l’activité football, les dirigeants d’América décidèrent d’entreprendre une tournée à travers le pays. A son arrivée à Barranquilla, América fut invité à assister à un match de basket entre Unión Colombia et Los Diablos Rojos. Cette dernière portait un uniforme intégralement rouge et sa domination était telle que le secrétaire de la tournée, Hernando Lenis, suggéra d’adopter une tenue totalement rouge. Ce choix aurait alors également coïncidé avec les déclarations d’un journaliste quelques temps plus tôt lors de cette tournée. En effet, dans le journal « El Gráfico » de Bogota un journaliste écrivit après la victoire de l’América sur Bartolino que « Los negritos del América parecen unos diablos rojos… » (Les petits noirs d’América ressemblent à des diables rouges…). Ainsi, cette tournée fut structurante pour le club puisqu’elle permit de sauver la section football, d’adopter sa couleur encore actuelle et d’y gagner un surnom.
Le diable accompagné de son trident apparut sur le blason du club entre 1940 et 1943 en remplacement de l’image du continent sud-américain. Toutefois, la présence du diable sur l’écusson du club (et qui se répandit comme une symbole de fierté dans toute la ville) ne pouvait laisser indifferent dans un fervent pays catholique. Le diable de l’América fut donc souvent tenu pour responsable des malheurs de l’équipe. Un prêtre avait même réalisé un exorcisme sur le terrain avant une rencontre. En outre, l’entraineur, Gabriel Ochoa Uribe, en raison de ses croyances et superstitions, fit disparaître du maillot le diable pendant 12 ans (lors de la période dorée du club dans les années 1980 où ils remportèrent 5 titres nationaux consécutifs et atteignirent 3 finales de Copa Libertadores d’affilée).
#705 – Plaza Colonia : el Leicester Uruguayo
Le Leicester uruguayen. Le lien avec le club anglais ne remonte pas aux origines du club qui ne fut pas fondé par ou avec le soutien d’immigrés anglais provenant des Midlands. Plaza Colonia connut simplement son heure de gloire au même moment où Leicester conquit pour la première fois et à la barbe des cadors anglais, la Premier League, en 2016. Et les commentateurs trouvèrent quelques similarités dans les épopées des deux clubs. Lors des saisons 2012-2013 et 2013-2014, le club de la ville de Colonia del Sacramento luttait en seconde division pour ne pas être rétrogradé. Puis, lors de la saison 2014-2015, après un départ loupé, l’équipe entrainée par Eduardo Espinel, finit par terminer à la seconde place et gagner son accession en première division. A l’aube de leur retour dans l’élite uruguayenne, le club ne visait que le maintien et le tournoi d’ouverture confirma leur inquiétude. L’équipe finit à la 13ème place (sur 16). Puis, la situation s’inversa totalement pour le tournoi de clôture. Luttant avec les deux clubs historiques et prestigieux de Peñarol et Nacional, Plaza Colonia leur ravit le titre à l’avant-dernière journée du championnat, en remportant une victoire au stade Campeón del Siglo, domicile de Peñarol. C’était la première ligne significative du club et surtout il s’agissait de la première fois qu’une équipe ne résidant pas à Montevideo gagnait le championnat uruguayen. Jusqu’à ce tournoi de clôture 2016, seuls les clubs de Nacional, Peñarol, Defensor Sporting, Progreso, Danubio, Central Español et Montevideo Wanderers avaient remporté le titre suprême. Cette magnifique histoire se solda malheureusement par une défaite en demi-finale face à Peñarol, vainqueur du tournoi d’ouverture la même année, et qui fut officiellement déclaré champion. Au classement cumulé, le club de Colonia termina à la 4ème place, ce qui le qualifiât tout de même pour la Copa Sudamericana. L’exploit du petit club de province ne parvint pas jusqu’en Europe où l’épopée de Leicester monopolisa l’attention de la presse. Mais, en Amérique du Sud, cette réussite fut saluée. L’un des principaux journaux sportifs argentin, Canchallena, titra Otra historia de David y Goliat (une autre histoire de David et Goliath), soulignant qu’un seul joueur de Peñarol gagnait plus que le budget mensuel total de Plaza. Pour sa part, le journal chilien, El Gráfico Chile, qualifiât le couronnement de l’équipe comme une sorpresa mayúscula en el fútbol de Uruguay (surprise majeure du football uruguayen). En Colombie, le portail Fútbol Red salua le triomphe de humilde equipo ante el todopoderoso (l’humble équipe contre le tout-puissant) Peñarol. ESPN remarqua également le triomphe de Colonia (Plaza Colonia hizo historia / Plaza Colonia est entré dans l’Histoire). Même en Indonésie, via le portail CNN, la consécration de Plaza fut notée et le club fut nommé el Leicester Uruguayo, surnom que d’autres journaux sud-américains utilisèrent aussi.
#699 – Lillestrøm SK : Kanarifugla
Les canaris. Les joueurs du club norvégien évoluent avec un maillot jaune vif qui fait naturellement penser à l’oiseau. L’utilisation de ce surnom traditionnel remonte au début des années 1950 (lors de la saison 1952-1953) par le journaliste Folke Bålstad qui en fut l’initiateur. Bålstad était journaliste et arbitre de football. Fan du football anglais, il fut certainement inspiré par le surnom du club de Norwich (#51) et le reprit donc pour qualifier l’équipe norvégienne. Dans les années 50, Lillestrøm jouait un football léger et technique, fait de très nombreuses passes. Bålstad, qui avait un langage fleuri, surnomma également ce football Hardangersøm, qui une broderie typique de la région de Hardanger en Norvège. Mais, la référence au canari est certainement liée à la couleur du maillot du club qu’à son style de jeu.
La question est de savoir pourquoi les fondateurs optèrent pour un maillot jaune. Malheureusement, la raison est inconnue. Le club résulta de la fusion de deux associations, le 2 avril 1917, Lillestrøm Idrætslag et Sportsklubben Rask. Ces deux derniers était également le résultat de nombreux fusions de plusieurs clubs. Le jaune était-il une couleur commune ou alors justement la couleur d’aucun des deux clubs ? Les supporteurs du KFL (Kanari-Fansen Lillestrøm) raccourcirent le surnom en Fugla (oiseau) à partir des années 1990.
#689 – Lille OSC : la Machine de Guerre
Le club nordiste a réussi une superbe saison en 2021 en parvenant à devenir champion de France et en devançant des parisiens dépassés par l’état d’esprit et le jeu de Lille. Mais, cette performance ne donna pas lieu à ce surnom. Il faut remonter beaucoup plus loin, aux premières saisons.
Après la Seconde Guerre mondiale, le football français se devait de recréer un championnat digne de ce nom, après les années d’occupation qui scinda la France et ses clubs en deux et les championnats étaient régulièrement interrompus. Les clubs d’avant-guerre n’avaient évidemment plus la même aisance financière après ces années de privation. Plusieurs réunirent leurs forces et ce fut le cas pour l’Olympique Lillois et le SC Fives, qui donnèrent naissance au LOSC. L’équipe qui en résulta était l’assemblage du meilleur des deux clubs, des jeunes footballeurs de la région tels que Jean Baratte, François Bourbotte, Jean Lechantre, Jean-Marie Prévost, Joseph Jadrzejczak ou encore Roger Carré. Côté organisation, l’ancien président du SC Fives, Louis Henno, en prit la tête et imposa comme entraineur, celui de Fives également, l’anglais George Berry.
La première saison se termina par une première finale de Coupe de France mais la jeunesse lilloise se heurta à l’expérience du RC France et perdit. Néanmoins, dès la saison suivante, la machine se mit en marche et ce nouveau club, qui opta pour le professionnalisme, connut alors son premier âge d’or. Lors de la saison 1945-1946, la légende débuta par un doublé Championnat-Coupe de France. L’équipe enchaina par deux nouvelles victoires en Coupe en 1947 et 1948. Un autre championnat fut remporté en 1954 et le club collectionna les secondes places (1948, 1949, 1950, 1951). Malheureusement, cette période prit fin après le dernier titre de champion, le club s’empêtrant dans différents scandales et conflits internes. Néanmoins, la performance de la saison 1947 amena la presse à surnommer l’équipe (à juste titre), la machine de guerre (et certainement sans mauvais jeu de mot par rapport au conflit qui venait de s’achever).
#591 – Vancouver Whitecaps : the Village
Le village. Après la fin de la fameuse ligue nord-américaine NASL en 1984, un nouveau club vit le jour en 1986 à Vancouver du nom des 86ers. Jusqu’en 2011, le club évolua dans différentes ligues canadienne ou nord-américaine mineures avant d’intégrer la plus prestigieuse, la MLS. En 2001, le club voulut profiter de la notoriété de l’ancien club de la ville, les Vancouver Whitecaps, en reprenant leur nom et leur logo. Cette dernière franchise concourut dans la NASL de 1974 à 1984 et connut son heure de gloire en 1979, en remportant le championnat. Il s’agissait du premier titre de la ville de Vancouver dans un championnat majeur nord-américain.
A cette époque, le football n’était pas le sport roi en Colombie-Britannique où l’équipe de hockey sur glace, les Vancouver Canucks, attirait tous les regards. Mais, après avoir terminé premier de sa division, les Whitecaps entamèrent un magnifique parcours en play-off qui les conduisit au titre et qui engendra un formidable engouement au sein de la ville. En quart de finale, Vancouver élimina les Los Angeles Aztecs de Johan Cruyff et, pour les demi-finales, se dressait le monstre du New York Cosmos. La franchise new-yorkaise avait remporté les deux derniers championnats et, même si Pelé avait déjà quitté la franchise, cette dernière comptait tout de même dans ses rangs, le champion du monde brésilien Carlos Alberto, l’attaquant star de la Lazio, Giorgio Chinaglia, l’ailier anglais Dennis Tueart, le yougoslave Vladislav Bogićević, le hollandais Wim Rijsbergen, double finaliste de la Coupe du Monde ainsi que les stars Franz Beckenbauer et Johan Neeskens. Face à cet armada, les Whitecaps présentait le profil du classique outsider. Dépourvus de stars, l’équipe débordait de caractère, était farouchement déterminés, composée de travailleurs et soudée comme une famille. Après l’élimination de New York, l’équipe remporta le championnat face au Tampa Bay Rowdies. A leur retour à Vancouver, une foule de 100 à 150 000 personnes accueillit les nouvelles stars de la ville. Le commentateur d’ABC, Jim McKay, déclara que « Vancouver must be like the deserted village right now » (Vancouver doit être comme un village désert maintenant – supposant que tous les habitants étaient devant leur TV pour regarder le match). Evidemment, les canadiens prirent très mal cette allusion au village, estimant que Vancouver était une grande ville et que les américains dénigraient encore une fois le Canada. Mais, au final, très vite, le terme Village of Vancouver apparût et finalement s’imposa comme un surnom du club, qui se transmit à la nouvelle franchise MLS.
#587 – Apollon Smyrnis : Ελαφρά Ταξιαρχία
La brigade légère. Fondé en 1891 à Smyrne, dans l’actuelle Turquie, le club fut obligé de déménager à Athènes après la guerre gréco-turque (1919-1922). En 1938, emmenée par son attaquant, Vassilis Grigoriadis, l’équipe remporta la 12ème édition du championnat d’Athènes et participa à la phase finale du championnat panhellénique (face aux vainqueurs des tournois du Pirée et de Thessalonique). Il termina à la deuxième place derrière l’Olympiakos et devant l’Aris. Le jeu développé par l’équipe séduisit la presse de l’époque qui lui donna le surnom de Ελαφρά Ταξιαρχία. Cette année là, les cinémas grecs diffusaient le film The Charge of the Light Brigade (La Charge de la brigade légère), film américain réalisé par Michael Curtiz, sorti en 1936. Errol Flynn y tenait le rôle principal. Le film relatait la charge désastreuse de la cavalerie britannique, dirigée par Lord Cardigan au cours de la bataille de Balaklava le 25 octobre 1854 lors de la guerre de Crimée. Charge inutile, elle devint aussi le symbole de bravoure. C’est ce sentiment qu’inspira l’équipe à la presse. Pour rappel, un autre film où joua Errol Flynn inspira le nom et le surnom d’un club (cf. article #166).
#565 – SSC Bari : Galletti
Les coqs. Les symboles des équipes ne trouvent pas toujours leurs racines dans les armes ou l’histoire de la ville qui les accueillent. Pour Bari, le coq est le résultat d’une initiative journalistique. Le 10 octobre 1928, l’hebdomadaire Guerin Sportivo sorta dans les kiosques avec en une, un article se proposant de décrire l’héraldisme des équipes de football italiennes. L’humoriste et illustrateur Carlo ‘Carlin’ Bergoglio décida d’associer aux principales équipes un animal qui devait être leur mascotte. Si pour certaines équipes, le choix fut évident (cf articles #13 et #36), l’inspiration ne vint pas pour Bari.
Mais, 1928 était une année charnière pour Bari. Venant juste d’accéder à la première division, le Bari FC décida d’absorber l’autre club de la ville, US Ideale. Le nouveau club, l’US Bari, adopta alors les couleurs rouge et blanche, celles de la ville (alors que les deux clubs évoluaient dans des couleurs différentes, noire et verte pour le FC Bari et bleu et blanc pour l’US Ideale). Le 22 septembre 1928, le journaliste Alfredo Bogardo, du journal local Cinesport, trouva bonne l’idée de Carlo Bergoglio : donner un symbole à la nouvelle équipe permettrait de mieux l’ancrer auprès des habitants des pouilles. Il lança alors un référendum populaire. Le coq remporta les suffrages face à l’aigle, l’écureuil, les moineaux et les gazelles. La tenue de l’équipe (short et maillot blanc avec un col rouge) donnait aux joueurs l’allure d’un coq au plumage blanc et à la crète rouge. En outre, pour Alfredo Bogardo, le coq était une allégorie de la combativité de l’équipe.
Ainsi, Bari apparut sous les traits d’un coq dans le Guerin Sportivo. Toutefois, le coq s’afficha sur l’écusson du club qu’en 1979. Lors de cette saison, plusieurs clubs italiens redessinèrent leur blason dans l’optique de moderniser leur image et améliorer les ventes de produits du club. Le designer italien Piero Gratton proposa la tête la tête stylisée d’un coq qui s’afficha donc sur l’écusson jusqu’à la saison 2014. Puis de 2014 à 2016, seul la crête du coq subsista. En 2016, avec le changement de propriétaire, un coq en pied s’installa sur l’écusson. Enfin, en 2018, le nouveau propriétaire revint à l’image de 1979 avec la tête du coq.
