#591 – Vancouver Whitecaps : the Village

Le village. Après la fin de la fameuse ligue nord-américaine NASL en 1984, un nouveau club vit le jour en 1986 à Vancouver du nom des 86ers. Jusqu’en 2011, le club évolua dans différentes ligues canadienne ou nord-américaine mineures avant d’intégrer la plus prestigieuse, la MLS. En 2001, le club voulut profiter de la notoriété de l’ancien club de la ville, les Vancouver Whitecaps, en reprenant leur nom et leur logo. Cette dernière franchise concourut dans la NASL de 1974 à 1984 et connut son heure de gloire en 1979, en remportant le championnat. Il s’agissait du premier titre de la ville de Vancouver dans un championnat majeur nord-américain.

A cette époque, le football n’était pas le sport roi en Colombie-Britannique où l’équipe de hockey sur glace, les Vancouver Canucks, attirait tous les regards. Mais, après avoir terminé premier de sa division, les Whitecaps entamèrent un magnifique parcours en play-off qui les conduisit au titre et qui engendra un formidable engouement au sein de la ville. En quart de finale, Vancouver élimina les Los Angeles Aztecs de Johan Cruyff et, pour les demi-finales, se dressait le monstre du New York Cosmos. La franchise new-yorkaise avait remporté les deux derniers championnats et, même si Pelé avait déjà quitté la franchise, cette dernière comptait tout de même dans ses rangs, le champion du monde brésilien Carlos Alberto, l’attaquant star de la Lazio, Giorgio Chinaglia, l’ailier anglais Dennis Tueart, le yougoslave Vladislav Bogićević, le hollandais Wim Rijsbergen, double finaliste de la Coupe du Monde ainsi que les stars Franz Beckenbauer et Johan Neeskens. Face à cet armada, les Whitecaps présentait le profil du classique outsider. Dépourvus de stars, l’équipe débordait de caractère, était farouchement déterminés, composée de travailleurs et soudée comme une famille. Après l’élimination de New York, l’équipe remporta le championnat face au Tampa Bay Rowdies. A leur retour à Vancouver, une foule de 100 à 150 000 personnes accueillit les nouvelles stars de la ville. Le commentateur d’ABC, Jim McKay, déclara que « Vancouver must be like the deserted village right now » (Vancouver doit être comme un village désert maintenant – supposant que tous les habitants étaient devant leur TV pour regarder le match). Evidemment, les canadiens prirent très mal cette allusion au village, estimant que Vancouver était une grande ville et que les américains dénigraient encore une fois le Canada. Mais, au final, très vite, le terme Village of Vancouver apparût et finalement s’imposa comme un surnom du club, qui se transmit à la nouvelle franchise MLS.

#587 – Apollon Smyrnis : Ελαφρά Ταξιαρχία

La brigade légère. Fondé en 1891 à Smyrne, dans l’actuelle Turquie, le club fut obligé de déménager à Athènes après la guerre gréco-turque (1919-1922). En 1938, emmenée par son attaquant, Vassilis Grigoriadis, l’équipe remporta la 12ème édition du championnat d’Athènes et participa à la phase finale du championnat panhellénique (face aux vainqueurs des tournois du Pirée et de Thessalonique). Il termina à la deuxième place derrière l’Olympiakos et devant l’Aris. Le jeu développé par l’équipe séduisit la presse de l’époque qui lui donna le surnom de Ελαφρά Ταξιαρχία. Cette année là, les cinémas grecs diffusaient le film The Charge of the Light Brigade (La Charge de la brigade légère), film américain réalisé par Michael Curtiz, sorti en 1936. Errol Flynn y tenait le rôle principal. Le film relatait la charge désastreuse de la cavalerie britannique, dirigée par Lord Cardigan au cours de la bataille de Balaklava le 25 octobre 1854 lors de la guerre de Crimée. Charge inutile, elle devint aussi le symbole de bravoure. C’est ce sentiment qu’inspira l’équipe à la presse. Pour rappel, un autre film où joua Errol Flynn inspira le nom et le surnom d’un club (cf. article #166).

#565 – SSC Bari : Galletti

Les coqs. Les symboles des équipes ne trouvent pas toujours leurs racines dans les armes ou l’histoire de la ville qui les accueillent. Pour Bari, le coq est le résultat d’une initiative journalistique. Le 10 octobre 1928, l’hebdomadaire Guerin Sportivo sorta dans les kiosques avec en une, un article se proposant de décrire l’héraldisme des équipes de football italiennes. L’humoriste et illustrateur Carlo ‘Carlin’ Bergoglio décida d’associer aux principales équipes un animal qui devait être leur mascotte. Si pour certaines équipes, le choix fut évident (cf articles #13 et #36), l’inspiration ne vint pas pour Bari.

Mais, 1928 était une année charnière pour Bari. Venant juste d’accéder à la première division, le Bari FC décida d’absorber l’autre club de la ville, US Ideale. Le nouveau club, l’US Bari, adopta alors les couleurs rouge et blanche, celles de la ville (alors que les deux clubs évoluaient dans des couleurs différentes, noire et verte pour le FC Bari et bleu et blanc pour l’US Ideale). Le 22 septembre 1928, le journaliste Alfredo Bogardo, du journal local Cinesport, trouva bonne l’idée de Carlo Bergoglio : donner un symbole à la nouvelle équipe permettrait de mieux l’ancrer auprès des habitants des pouilles. Il lança alors un référendum populaire. Le coq remporta les suffrages face à l’aigle, l’écureuil, les moineaux et les gazelles. La tenue de l’équipe (short et maillot blanc avec un col rouge) donnait aux joueurs l’allure d’un coq au plumage blanc et à la crète rouge. En outre, pour Alfredo Bogardo, le coq était une allégorie de la combativité de l’équipe.

Ainsi, Bari apparut sous les traits d’un coq dans le Guerin Sportivo. Toutefois, le coq s’afficha sur l’écusson du club qu’en 1979. Lors de cette saison, plusieurs clubs italiens redessinèrent leur blason dans l’optique de moderniser leur image et améliorer les ventes de produits du club. Le designer italien Piero Gratton proposa la tête la tête stylisée d’un coq qui s’afficha donc sur l’écusson jusqu’à la saison 2014. Puis de 2014 à 2016, seul la crête du coq subsista. En 2016, avec le changement de propriétaire, un coq en pied s’installa sur l’écusson. Enfin, en 2018, le nouveau propriétaire revint à l’image de 1979 avec la tête du coq.

#551 – EC Taubaté : Burro da Central

L’âne du centre. Ce surnom apparût en 1955 suite à une belle bourde du club. Il évoluait alors en 2ème division du championnat paulista. Le 1er Mai 1955, l’équipe remporta un match contre Comercial FC 6 buts à 3, victoire qui fut réduite à néant quelques jours après. La Fédération de football pauliste se rendit en effet compte que Taubaté avait fait rentrer en cours de match l’attaquant Alcino, qui n’avait pas été enregistré par la direction du club auprès de la fédération. Ayant pris connaissance de cette erreur, Comercial fit appel et la Fédération n’eut pas d’autre choix que d’annuler la victoire et les points acquis par Taubaté. Ce genre d’erreur administrative arrive parfois dans le football (en 1996, Paris faillit ne pas se qualifier face au Steaua pour une raison similaire. S’il n’avait pas rectifier le tir au match retour, le club de la capitale n’aurait pas accédé à la Ligue des Champions cette année-là. Comme quoi l’amateurisme ne se trouve pas uniquement dans les clubs brésiliens de seconde division).

Tout comme Paris, cette défaite sur tapis vert n’était pas sans conséquence pour Taubaté. Le tournoi de seconde division débuta en 1954 avec 19 équipes concourant dans 3 poules. A l’issue de cette phase, un nouveau championnat était organisé avec les deux premiers de chaque poule pour déterminer les équipes qui accéderaient à la première division. Après un investissement important dans l’équipe, Taubaté réalisa une première partie de championnat quasi-parfaite (15 points sur 20 possible) et s’imposa comme un candidat sérieux à la montée. La phase finale débuta contre Comercial le 1er mai 1955. La victoire 6-3 semblait donc idéal pour lancer la campagne d’accession de Taubaté … sans la négligence des dirigeants. Le journaliste Thomaz Mazzoni de Gazeta Esportiva caricatura le club sous la forme d’un âne. A côté de cette âne, deux personnage se moquaient de l’animal. L’un des personnages qualifia le club de Burro da Central tandis que l’autre déclarait « clube que ganha no campo e perde na secretaria é…burro » (un club qui gagne sur le terrain et perd au secrétariat est… idiot). Au final, Taubaté ne parvint pas à monter en première division. Malgré cet épisode tragique pour le club et l’ironie associée à l’âne, les supporteurs s’approprièrent le surnom. Enfin pas tous car certains racontent à leurs rejetons que l’origine du surnom est la présence d’ânes à côté du stade du club, que parfois on entendait braire lors des matchs.

Enfin, le terme Central ne vient pas de la localisation de la ville. Certes, Taubaté se situe à une position stratégique, quasiment au milieu des deux plus importantes villes du Brésil (Saõ Paulo et Rio de Janeiro), et entre l’océan Atlantique et les montagnes. Mais, ici, le journaliste faisait allusion à la compagnie de chemin de fer, Estrada de Ferro Central do Brasil, qui était l’un des principaux réseau ferré du Brésil, reliant les provinces de Rio de Janeiro, São Paulo et Minas Gerais. La gare de Taubaté était desservie par ce réseau.

#544 – 1. FC Kaiserslautern : die Roten Teufel

Les diables rouges. Ce surnom est apparu après la Seconde Guerre Mondiale et a un lien avec le style de jeu de l’équipe à cette époque et à la couleur du maillot. Fleuron du Lander de la Rhénanie-Palatinat, le club actuel résulte de la fusion de plusieurs associations de la ville de Kaiserslautern au début du XXème siècle. Pour choisir les couleurs de la nouvelle formation, celles de la ville, rouge et blanc, s’imposèrent comme symbole unificateur (tous les membres pouvaient s’identifier à ces nouvelles couleurs) et pacificateur (elles n’étaient pas particulièrement liés à l’un des clubs précédents) et demeurèrent les principales. A la sortie de la Seconde Guerre Mondiale, les pénuries et difficultés financières dans l’Allemagne battu étaient nombreuses. Le club se rabattit alors sur le tissu le plus commun, le plus facile à trouver pour faire fabriquer des maillots (avec le soutien de quelques donateurs) et les joueurs évoluèrent ainsi avec un kit intégralement blanc en 1946 et 1947. Mais, cette tenue n’enchanta pas la star de l’équipe, Fritz Walter, et, dès que la situation s’améliora pour le club, il convainquit la direction pour opter pour un kit intégralement rouge. Fritz Walter s’inspira du kit rouge complet de l’équipe de football de l’armée allemande qui se dénommait rote jäger (les chasseurs rouges) et pour laquelle il joua pendant la guerre. Cette tenue fut inaugurée lors d’une finale régionale le 1er mai 1948 face au SV Saarbrücken et le résultat fut sans appel pour Kaiserslautern (7 à 0), impressionnant les reporters locaux. Une nouvelle victoire deux semaines plus tard, le 15 mai 1948, face au Bayern Munich sur le score de 5 buts à 1, enthousiasma public et dirigeants et entérina la décision du changement de couleur. En outre, le 8 août 1948, le club joua et perdit la finale du championnat d’Allemagne en blanc car son adversaire, Nuremberg, évoluait également en rouge et, en tant que sextuple champion d’Allemagne avant guerre, put conserver ses couleurs. Avec cette mésaventure, le rouge s’imposa définitivement. Une période faste débuta alors pour le club sous cette couleur (Champion d’Allemagne en 1951 et 1953, vice-champion en 1948, 1954 et 1955, champion de la zone française en 1947, 1948, 1949 et 1950).

Au-delà de la tenue, le style de jeu développé par la star Fritz Walter et ses équipiers fut la base de cette période dorée. Les mouvements rapides et virevoltants des joueurs semaient l’horreur dans les rangs défensifs adversaires, comme la vision du diable l’aurait fait. En juillet 1948, le club rencontra en phase finale du championnat d’Allemagne, le TSV Munich 1860, qu’il battit 5 buts à 1. Flamboyant, Kaiserslautern éblouit une nouvelle fois spectateurs et journalistes. Edmund Kronenberger, journaliste au Rheinpfalz, compara les joueurs au diable et titra son article « Walters Rote Teufel überfahren München 5:1 » (Les diables rouges de Walter écrase le Bayern 5:1). Ses collègues bavarois du Münchner Abendzeitung et du Süddeutsche ne furent pas en reste et titrèrent respectivement « Pfälzer Rote Teufel in großer Fahrt » (Les Diables Rouges du Palatinat en grande pompe) et « Gegen Rote Teufel auch Löwen machtlos » (Contre les diables rouges, les lions aussi sont impuissants -cf article #406). Le surnom ne s’imposa pas de suite, notamment car l’équipe était plutôt connue sous le nom de « Waltermannschaft » (l’équipe de Walter) ou « Walterelf » (le onze de Walter), en raison de la présence du maître à jouer, Fritz Walter, et de son frère Ottmar. Avec le premier titre de championnat remporté le 30 juin 1951, contre Preußen Münster (que cette fois Kaiserlautern disputait dans leur tenue rouge), le surnom fut reprit allégrement par la presse berlinoise et devint ainsi populaire dans tout le pays et même au-delà.

Il semblerait aussi que la comparaison avec le diable soit née avant guerre. Le terme teuflisch (diabolique) ou wie die Teufel (comme le diable) aurait été utilisé pour décrire le style de jeu de l’équipe déjà avant guerre. Dès 1934, le magazine Der Kicker qualifia les joueurs de diables car, suite à une série de victoires du club, le journaliste indiqua que les joueurs couraient wie wildgewordene Teufel umher (comme des diables déchaînés). Si la façon de jouer inspira cette comparaison, quelques habitants et supporteurs de la ville font un lien entre le diable et le Betzenberg, cette colline où se situe le stade de Kaiserslautern. Le nom Betzenberg pourrait dériver de Belzebuth et Betzen est un terme qui désigne les sorcières dans cette région d’Allemagne. Toutefois, ces dernières hypothèses reposent sur de vieilles histoires, des rumeurs, non documentées.

En 1951 (ou lors du deuxième titre en 1953), un diable défila au côté de l’équipe lors de son retour triomphal à Kaiserslautern. Avec les départs en retraite à la fin des années 50 des frères Walter, Waltermannschaft et Walterelf disparurent des gazettes et le surnom de Roten Teufel prit définitivement le relais et le club se l’appropria. En 1977, la mascotte dénommée Betzi et représentant un diable fut créée. A compter de 1991, elle circule le long du terrain lors des matchs à domicile. Malheureusement, ce club historique connait depuis 10 ans une longue descente aux enfers puisqu’il descendit en 3ème division en 2018 et se plaça en faillite en 2020.

#528 – SC Bastia : i Lioni di Furiani

Les lions de Furiani. Ce surnom donna naissance à une mascotte. Arpentant le terrain comme mascotte dans les années 90, le lion disparut dans les années 2000 pour enfin revenir de nouveau comme mascotte en 2012, sous le nom de Pistellu. Son origine n’est pas connu mais il semble que dans les années 60 et 70, ce surnom n’était pas utilisé. Il serait né lors de l’épopée européenne du club lors de la saison 1977-1978. La saison précédente, l’équipe bastiaise termina à la 3ème place du championnat, obtenant le droit de disputer la Coupe de l’UEFA. Meilleure attaque du championnat (82 buts), l’équipe reposait également sur son solide libéro, Charles Orlanducci, surnommé le Lion de Vescovato. Natif de Vescovato, Orlanducci réalisait de grande chevauché, ses longs cheveux donnant l’effet d’une crinière. Sa rudesse et son courage n’était pas non plus étranger à ce surnom. Avec le meneur Claude Papi, ils étaient les symboles corses de l’équipe bastiaise, au milieu de joueurs étrangers (Johnny Rep, Abdelkrim Merry) et continentaux (Félix Lacuesta, Jean-François Larios et François Félix). Avec son stade bucolique de Furiani, Bastia réalisa une superbe campagne en atteignant la finale face au PSV Eindhoven. Certes, l’équipe fut défaite en finale mais elle réussit l’exploit d’enchainer 7 victoires d’affilée auparavant face à des bastions européens tels que le Sporting Portugal, Newcastle et le Torino (qui était invaincu sur son terrain depuis 2 ans). La 7ème victoire fut  un cinglant 7-2 affligé au Carl Zeiss Iéna. Son jeu offensif (avec de longues courses agressives ou des une-deux), sa détermination, son courage, son capitaine surnommé le lion, l’équipe fut surnommé par la presse les lions. A l’issue de la demi-finale, Onze Mondial fit sa une avec l’équipe bastiaise et le titre « Les lions en finale ». Puis, lors de finale aller, « Les Lions sont lâchés » titra France Football. Surtout, le journaliste corse, Victor Sinet publia un livre sous le nom « Les lions de Furiani » qui entérina le surnom. Aujourd’hui, le club estime que ce symbole véhicule les valeurs du club : identité, force, combativité et respect.

#520 – Zorya Louhansk : Мужики

Les hommes. De 2011 à 2019, le club ukrainien fut entrainé par Yuri Vernidub. Il fut un entraineur créatif et talentueux, qui permit au club de sortir de ses années de léthargie pour revenir à des résultats honorables. Si aucun titre ne fut conquis pendant cette période, le club atteignit régulièrement les places européennes ainsi qu’une finale de Coupe d’Ukraine (perdu contre le Shakhtar 2-0). En 2015, suite à un match nul face au Dynamo Kiev, Yuri Vernidub commenta ainsi le résultat : « Мої хлопці – професіонали, мужики. Вважаю, що заслужено поділили сьогодні очки з Динамо » (Mes gars sont des professionnels, des hommes. Je pense que nous avons à juste titre partagé les points avec le Dynamo aujourd’hui). Ces termes plurent aux supporteurs du club qui décidèrent de l’adopter. Dans le stade, des bannières reprenant le mot apparurent et il n’est pas rare d’entendre les supporteurs crier « Мужики! Мужики! » (les hommes, les hommes).

#469 – Clube do Remo : Leão Azul

Le lion bleu. Fondé le 5 février 1905, l’association reposa d’abord sur la pratique de l’aviron. Un des fondateurs, Raul Engelhard, qui avait étudié en Angleterre, proposa de s’inspirer pour le nom de celui du club d’aviron anglais, Rowing Club (Rowing signifiant aviron tout comme Remo en portugais) ainsi que reprendre les couleurs britanniques (bleu marine et blanc), pays dominant la discipline. Ainsi, depuis sa création, les joueurs du club évolue en bleu. En 1944, le club de São Cristóvão de Rio réalisa une tournée dans le Nord du Brésil. Il s’agissait d’une équipe forte, ayant terminé troisième du championnat Carioca en 1943 (l’un des championnats les plus réputés et relevés du pays). Sur le terrain, la différence était claire, São Cristóvão ne perdant aucun des matchs disputés face aux équipes de l’Etat du Pará (où se situe le Clube do Remo). Le 30 janvier, São Cristóvão affronta le Clube do Remo et s’inclina 1 but à zéro. Face à cet exploit retentissant, le lendemain, le journaliste Edgar Proença écrivit dans le journal O Estado do Pará « Como um verdadeiro Leão Azul de garras aduncas, o Clube do Remo foi a própria alma da cidade » (Comme un vrai Lion Bleu aux griffes crochues, le Clube do Remo était l’âme même de la ville). Pour le journaliste, les joueurs avait montré force et vigueur, à l’image d’un lion, pour remporter le match. La relation entre l’animal et le club est si grande qu’au bord de la pelouse du stade Evandro Almeida, il y a une statue d’un lion bleu. Le lion est désormais la mascotte du club.

De ce surnom, d’autres sont naturellement apparus tels que Leão de Antônio Baena (le club évolue dans le stade Evandro Almeida, dénommé aussi Baenão car il se situe rue Antônio Baena) et Leão da Amazônia (le club se situe à Bélem, une ville de l’estuaire de l’Amazone).

#431 – CD Marathón : el Monstruo Verde

Le monstre vert. Le club fut fondé en 1925 mais malheureusement il y a assez peu d’information concernant la création du club et encore moins sur le choix de la principale couleur, le vert. En revanche, la naissance de ce surnom remonte à 1988 lorsque le célèbre commentateur sportif, Marco Antonio Pinto, l’utilisa la première fois. Il qualifia le club ainsi car le CD Marathón enchaina 8 victoires d’affilé dans le championnat national. Depuis, le club s’est attaché une nouvelle mascotte, un dinosaure. Un T-Rex pour être exact.

#425 – Cúcuta Deportivo FC : el Doblemente Glorioso

Le double glorieux. Il y a une histoire dominante pour expliquer ce surnom mais elle comporte quelques curiosités. Il est répandu que pendant la période dorée du football colombien (entre 1949 et 1953), le Deportivo Cali était alors une des meilleurs équipes du pays, qui remporta notamment le championnat trois années consécutives. Pour cet exploit, cette équipe fut alors dénommé el glorioso (l’équipe glorieuse). Lors d’une saison, le Cúcuta Deportivo réussit à battre le Deportivo Cali à l’aller comme au retour. Un journaliste radio déclara après cette double confrontation victorieuse : « Si el Deportivo Cali es el equipo glorioso, entonces el Cúcuta Deportivo es el doblemente glorioso » (si le Deportivi Cali est l’équipe glorieuse, alors le Cúcuta Deportivo est le le double glorieux). Ainsi, cette double victoire contre el glorioso justifia le fait d’être surnommé el doblemente glorioso. Mais, le Deportivo Cali ne connut pas une période faste durant el dorado du football colombien, ne remportant aucun championnat et ne terminant qu’une seule fois vice-champion. Il est donc probable que le Deportivo Cali avait reçu le surnom d’el glorioso lorsqu’il remporta 3 fois de suite le championnat du département de Cali, l’un des championnats régionaux les plus relevés du pays (à une époque où il n’existait pas de championnat national), de 1934 à 1936. Ceci, même si une décennie avant, le club avait réalisé l’exploit d’être 5 fois de suite champion de 1927 à 1931. Malheureusement, ce surnom n’empêcha pas de placer le club en liquidation judiciaire en Décembre 2020. Il est inenvisageable pour les habitants et nombreux supporteurs de la ville de Cúcuta que cette dernière se retrouve sans équipe professionnelle. Une solution sera certainement trouvée.