Les rouges-gorges. Ce petit oiseau, répandu dans toute l’Europe, affiche un plumage rouge orangé sur le devant de la tête, la gorge et la poitrine. Evidemment cette couleur du plumage n’est pas sans rappeler les teintes du maillot du club. Les joueurs portèrent-ils toujours ce rouge ? Pour cela, il faut remonter aux origines du club. Or, comme beaucoup de clubs né au XIXème siècle, les véritables circonstances de la formation du Swindon Town Football Club demeurent un mystère. Pendant longtemps, la date de 1881 était celle retenue par le club qui fêta son centenaire en 1981. Dans les années 1990, des recherches permirent de découvrir de nouvelles sources qui dataient le début du club en 1879 sous une autre dénomination (Swindon AFC en 1879 puis Swindon Spartan en 1880). AFC évoluait avec un maillot rayé noir et rouge tandis que les Spartans jouèrent en blanc (avec un short noir et parfois une ceinture bleue). Puis, de 1894 à 1898, le club revient au rouge et noir. Sans connaître la raison, en 1897, il fut décidé qu’un changement était nécessaire et les joueurs portèrent désormais des maillots verts, avec des manches blanches. Toutefois, à l’orée du XXème siècle, des problèmes pour obtenir le bon vert pour les kits convainquirent la direction de changer une nouvelle fois de couleur. En 1901, un maillot uni fut retenu et fut décrit comme marron (certainement foncé) par deux journalistes (et également sur la flyer d’un match). L’année suivante, la teinte de marron s’éclaircit et s’approchait alors du plumage de l’oiseau. Le surnom apparut alors à ce moment. Le passage au rouge actuel n’est pas documenté mais il est certain que dans les années 1920, le kit du club était devenu rouge. Le rouge-gorge apparut quant à lui sur le blason du club dans les mêmes années.
Étiquette : Rouge
#818 – EC Bahia : Tricolor
Le tricolore. Si l’équipe de Salvador joue avec un maillot blanc, ce dernier intègre toujours des parements bleu et rouge. D’ailleurs, son second maillot, qui se compose de rayures bleues et rouges entrecoupées de bandes blanches (à la manière de celui de Fluminense), est très célèbre. Le blason du club, basé sur l’insigne du club des Corinthians, reprend ces 3 couleurs et valorise en son centre un drapeau bleu, blanc et rouge qui est semblable à la bannière de l’Etat de Bahia. Il semblerait que le club est choisi les mêmes couleurs que celles de l’Etat. Mais, revenons en 1930, quelques mois avant la création du club le 1er janvier 1931. Deux clubs omnisports coexistaient à Bahia : l’Associação Atlética da Bahia (fondé en 1914) et le Clube Bahiano de Tênis (fondé en 1916). Chacun de ces clubs créa rapidement une section football. L’équipe de football du Clube Bahiano de Tênis connut même un certain succès, en remportant notamment le championnat de l’Etat en 1927. Toutefois, les deux clubs décidèrent pour des raisons inconnues de fermer leurs sections football en 1930. Les membres pratiquant le football de ces deux clubs se retrouvèrent désœuvrés et jouèrent séparément dans des matchs amateurs à Salvador et dans sa banlieue. Le 8 décembre 1930, certains membres des deux anciennes équipes se rencontrèrent lors d’un match et discutèrent la fondation d’une nouvelle équipe de football. 4 jours plus tard, plus de 70 personnes, pour la plupart d’anciens athlètes des deux clubs, entérinèrent l’idée et le 1er janvier 1931, l’EC Bahia naquit. Les 3 couleurs bleu, blanc et rouge furent approuvées. Le bleu fut choisi car elle était celle de l’Associação Atlética da Bahia. De même, les fondateurs retinrent le blanc et le noir, couleurs du Clube Bahiano de Tênis. Toutefois, le futur premier président, Waldemar Costa, estima que le noir pourrait porter la malchance à la nouvelle équipe. Le noir fut alors remplacé par le rouge, qui était la troisième couleur du drapeau de l’Etat.
Alors que la fin de l’Empire Brésilien approchait, les idées républicaines faisaient leur chemin dans l’élite du pays. Ainsi, cette dernière pensait que la création de nouveaux symboles pour les Etats régionaux (dont les drapeaux) soutiendrait l’affaiblissement de la monarchie et l’avènement de la république. Pour l’Etat de Bahia, le choix se porta sur des symboliques républicaines fortes. La composition rappelle ainsi la première démocratie mondiale, les Etats-Unis, et les couleurs sont celles de la France, vieille république qui diffusait ses idées dans le monde. En outre, il comporte un triangle, symbole maçonnique, dont la philosophie est plutôt acquise aux idées républicaines. Enfin, ces 3 couleurs avaient déjà été utilisées lors de la conjuration bahianaise en 1798. Ce mouvement populaire à caractère indépendantiste se déroula dans la capitainerie de Bahia et reprenait les idées des lumières dont la République, la liberté et l’égalité. La jeune France révolutionnaire était également une source d’inspiration et les révolutionnaires bahianais se levèrent sous une bannière tricolore, bleu, blanc et rouge.
Le surnom de tricolore est parfois associé avec l’autre (cf #228), donnant ainsi le Tricolor de Aço. De même, comme il n’est pas le seul à porter 3 couleurs et avoir ce surnom, il est parfois qualifier de Tricolor Baiano.
#814 – Slavia Prague : Červenobílí
Les rouge et blanc. Couleurs du maillot de l’équipe depuis sa création en 1895 (bien qu’il y ait eu quelques dérives en bleue, blanche ou en jaune pendant les années 1953-1955 en raison de l’interdiction du maillot traditionnel par les autorités communistes). Lors de la réunion de fondation le 31 mai 1895, les deux couleurs furent choisies pour souligner un peu plus l’identité slave du club.
Il faut rappeler que le club naquit à un moment où le nationalisme tchèque était exacerbé alors que la région faisait parti de l’Empire Austro-Hongrois. Avec la diminution de l’influence de l’Autriche dans sa zone traditionnelle (l’Italie et l’Allemagne), son Empereur, François-Joseph Ier, souhaita renforcer son pouvoir en Europe Centrale. Pour conserver la couronne hongroise en 1867, il garantit à la noblesse locale ses privilèges ancestraux en créant un royaume hongrois quasi-indépendant. Toutefois, cet accord avec la noblesse hongroise se fit au dépend de la constellation des autres peuples slaves qui vivaient dans les territoires de la double monarchie (Tchèques, Slovaques, Polonais, Ukrainiens, Slovènes, Croates, Serbes). Les aspirations nationalistes montèrent donc au sein de ses populations. Les mouvements sportifs étaient un moyen de développer les qualités physiques de la jeunesse mais également de diffuser les idées politiques, notamment celle de l’indépendance. Le Slavia se voulut le successeur d’un premier club qui avait été porté par les étudiants de l’association patriotique universitaire Literární a čnický spolek Slavia (Société littéraire et oratoire de Slavia).
Tout d’abord, le nom du nouveau club reprenait déjà un premier symbole puisque Slavia provient du latin et désigne dans la littérature médiévale le territoire habité par les Slaves. Ensuite, le drapeau du club copiait celui du Royaume de Bohême : une bande blanche au dessus du bande rouge. Le Royaume de Bohême constituait depuis 1085 le territoire principale des Tchèques. D’ailleurs, aujourd’hui, ces derniers dénomment cet Etat monarchique, Royaume Tchèque. Le rouge et le blanc dérivaient des armes initiales du Roi de Bohême, Vladislav II, qui représentaient un aigle argenté (blanc) sur un champ de gueule (rouge). Il était le deuxième souverain à obtenir le titre de Roi de Bohême en 1158. Outre ce symbolisme nationaliste, la direction donna un sens à chaque couleur. Ainsi, la couleur blanche symbolise la pureté des pensées et l’intention de gagner dans un combat loyal, où l’adversaire n’est pas un ennemi, mais un adversaire reconnu. La couleur rouge est un symbole du cœur que les joueurs mettaient à l’ouvrage à chaque match.
#775 – Bangu AC : Alvirrubro
Les blanc et rouge, couleurs du club carioca depuis ses origines. Bangu, quartier de Rio de Janeiro, vit apparaître le football grâce à la présence de l’usine textile locale, Fábrica de Tecidos Bangu, où de nombreux employés anglais travaillaient. Car, comme dans beaucoup de pays, les expatriés anglais apportèrent avec eux leurs savoir-faire industriels mais également leurs nouveaux loisirs, tels que le football. En particulier, l’écossais Thomas Donohoe apporta des ballons de football à Bangu. En décembre 1903, l’anglais Andrew Procter proposa, notamment à ses collègues britanniques de l’usine, John Starck, Thomas Donohoe, Clarence Hibbs, Willian French, Willian Procter, et Thomas Hellowell, la création d’un club. Lors de l’assemblée constituante, le choix des couleurs se porta sur le rouge et le blanc. On suppose aujourd’hui que ce choix fut dicté par la dominance des anglais au sein du club puisque le rouge et le blanc aurait célébré Saint Georges, saint patron de l’Angleterre et présent sur le drapeau anglais au travers de sa croix rouge et blanche. En effet, la représentation de Saint Georges, terrassant un dragon, est l’aggorie de la victoire de la Foi sur un Démon. Ainsi, Saint Georges avait un cheval blanc, signe de pureté et portait également un écu et une barnière d’argent à la croix de gueules (en termes moins héraldiques, blanc et rouge). Toutefois, une autre version est apparue, avec l’aide (intentionnelle ?) du club. Comme pour d’autres clubs, les employés britanniques de l’usine textile et fondateurs étaient des fans, en particulier du club de Southampton. Ce dernier évoluait dans des maillots rayés rouge et blanc et avait une certaine notoriété, ayant été finaliste de la FA Cup en 1900 et 1902. En 2015, le club s’équipa d’un maillot extérieur bleu marine à parement jaune, totalement similaire à celui de Southampton. De quoi relancer cette version.
#758 – Adelaide United FC : the Reds
Les rouges. Sans surprise, l’équipe d’Adélaïde, capitale de l’Etat d’Australie-Méridionale, évolue avec un kit intégralement rouge, depuis quasiment sa création. A l’issue de la saison 2002-2003, le club d’Adélaïde City se retira de la première ligue australienne (NSL), imitant son rival local, West Adelaide, qui avait pris la même décision en 1999, laissant alors la 5ème ville d’Australie et l’Etat d’Australie-Méridionale sans aucune équipe professionnelle de football. Gordon Pickard, un magnat de l’immobilier et l’un des hommes les plus riches d’Australie-Méridionale, fonda alors l’équipe d’Adelaide United en Septembre 2003 pour reprendre le flambeau et porter les espoirs de tout un peuple. Se voulant le représentant de l’Etat d’Australie-Méridionale et non seulement de la ville d’Adélaïde, l’équipe se pouvut des couleurs officielles de l’État d’Australie-Méridionale depuis le 25 novembre 1982, le rouge, le bleu et l’or (que l’on retrouve sur le swoosh de l’écusson). En 2005, l’A League remplaça la NSL comme plus haut niveau du football australien. Naturellement (et certainement pour des raisons marketing et faciliter le lancement de cette compétition), les clubs simplifièrent leurs uniformes. Ainsi, chacun opta pour des maillots presque unicolores et la couleur principale de chaque équipe était différente. Le choix d’Adelaide United se porta sur le rouge, première couleur de l’Etat, qui rappelle aussi la plante Swainsona formosa, qui se distingue par sa fleur rouge sang et qui fut choisie comme emblème de l’Etat d’Australie-Méridionale.
#718 – América Cali : el Diablo Rojo
Le diable rouge. Voila un surnom qui doit inspirer la crainte aux adversaires et galvaniser ses troupes. Pas étonnant alors de le retrouver sur le blason du club, qui d’ailleurs évolue en rouge. Sa naissance donne lieu à diverses histoires mais remontent toutes aux premières années d’existence du club. Officiellement fondé le 13 février 1927, le club puise ses origines au sein de deux formations créées quelques années auparavant. D’un côté, le Racing Club (ou Junior) naquit en 1925 et portait des maillots rayés bleu ciel et blanc qui mettait à l’honneur le club argentin du Racing que les fondateurs admiraient. De l’autre, le club d’Independiente, formé notamment de dissidents du Racing, évoluait avec un maillot bleu foncé. Le Racing absorba Independiente en 1927 et continua à utiliser ses maillots. Puis, les joueurs utilisèrent un maillot rouge associé à un short bleu. Suite à des discussions internes, les joueurs souhaitèrent changer pour des maillots et shorts respectivement rouge et blanc. La raison de ce choix est inconnu.
En 1931, le club fut suspendu de toute compétition régionale pendant un an après avoir contesté les décisions arbitrales lors de la finale d’un tournoi. Afin de maintenir l’activité football, les dirigeants d’América décidèrent d’entreprendre une tournée à travers le pays. A son arrivée à Barranquilla, América fut invité à assister à un match de basket entre Unión Colombia et Los Diablos Rojos. Cette dernière portait un uniforme intégralement rouge et sa domination était telle que le secrétaire de la tournée, Hernando Lenis, suggéra d’adopter une tenue totalement rouge. Ce choix aurait alors également coïncidé avec les déclarations d’un journaliste quelques temps plus tôt lors de cette tournée. En effet, dans le journal « El Gráfico » de Bogota un journaliste écrivit après la victoire de l’América sur Bartolino que « Los negritos del América parecen unos diablos rojos… » (Les petits noirs d’América ressemblent à des diables rouges…). Ainsi, cette tournée fut structurante pour le club puisqu’elle permit de sauver la section football, d’adopter sa couleur encore actuelle et d’y gagner un surnom.
Le diable accompagné de son trident apparut sur le blason du club entre 1940 et 1943 en remplacement de l’image du continent sud-américain. Toutefois, la présence du diable sur l’écusson du club (et qui se répandit comme une symbole de fierté dans toute la ville) ne pouvait laisser indifferent dans un fervent pays catholique. Le diable de l’América fut donc souvent tenu pour responsable des malheurs de l’équipe. Un prêtre avait même réalisé un exorcisme sur le terrain avant une rencontre. En outre, l’entraineur, Gabriel Ochoa Uribe, en raison de ses croyances et superstitions, fit disparaître du maillot le diable pendant 12 ans (lors de la période dorée du club dans les années 1980 où ils remportèrent 5 titres nationaux consécutifs et atteignirent 3 finales de Copa Libertadores d’affilée).
#706 – Estudiantes de Mérida FC : Rojiblanco
Le rouge et blanc. 2021 marque le cinquantenaire du club vénézuélien. L’occasion parfaite pour se plonger dans ses racines. Le 4 avril 1971, 58 personnes se réunirent dans la ville andine pour approuver les statuts et élire le conseil d’administration d’un club de football. Avec de nombreux membres fondateurs ayant étudié au Colegio San José, le maillot rayé rouge et blanc s’imposa pour rappeler les couleurs du collège. Dans les années 1920, les prêtres de la Compagnie de Jésus (les jésuites) débarquèrent au Venezuela et fondèrent plusieurs institutions éducatives dont le Colegio San Ignacio à Caracas (8 janvier 1923) et le Colegio San José à Mérida (1927). Dans leurs valises, ils apportèrent bien entendu des bibles et des crucifix, mais, ce qu’ils considèrent aussi importants que les objets spirituels, des ballons de football. En effet, les religieux étaient des passionnées de football et, trois mois seulement après avoir ouvert les portes du collège de Caracas, ils avaient déjà constitué une équipe de football, sous le nom de Loyola, qui existe encore aujourd’hui. En 1927, la même Compagnie de Jésus implanta son projet éducatif à Mérida et tout comme à Caracas, l’équipe de football suivit immédiatement. Les prêtes, qui s’était forgés cette passion sportive dans leur Bilbao natal, dotèrent le collège et l’équipe d’un écusson (et donc de maillots) aux couleurs rayés de celles de leur club de cœur, l’Athletic Club de Bilbao. Bien que le Colegio San José ferma ses portes en 1962, les anciens élèves de ce collège lui rendirent donc hommage 9 ans plus tard en reprenant ses couleurs pour le club d’Estudiantes.
#676 – FK Rabotnički Skopje : Црвени
Rouge. Le club fut fondé en 1937 dans le village de Debar Maalo, situé sur la rive droite de la rivière Vardar, qui intégra par la suite la ville de Skopje. Dans les années précédentes, le football apparaissait comme le loisir favori des jeunes et des ouvriers du village. Naturellement, des tentatives furent lancées pour créer une association sportive mais elles se soldèrent toutes par un échec. La Macédoine du Nord était alors intégré dans le Royaume de Yougoslavie, dominé par les Serbes. Le gouvernement poursuivait une politique de serberisation forcée de la région, ce qui entraina la naissance de mouvement indépendantiste macédonien, dont certain était encouragé par le Komintern (l’internationale communiste). Avec sa population ouvrière, Debar Maalo s’imposa comme l’un des villages les plus revendicatifs de Skopje et plusieurs personnalités révolutionnaires y sévissaient, notamment l’un qui deviendra un héros de la Macédoine, Damjan Krapchev, communiste et indépendantiste.
Conscient de l’importance du football et du pouvoir dont il disposait sur les masses, Krapchev eut l’idée de former un club qui pourrait encadrer la pratique sportive des jeunes mais également permettrait d’éveiller leur esprit révolutionnaire. Ainsi, en 1937, il fut l’instigateur de la création du club. Il proposa le nom de Rabotnički qui signifie le club des ouvriers, une évidence au vue de la population locale, et les autres membres l’adoptèrent avec enthousiasme. De même, les fondateurs adoptèrent le rouge comme couleur. Seulement, le club devait être enregistré auprès des autorités serbes et évidemment, ces dernières surveillaient de près ces nouvelles associations qui ne devaient pas constituer des foyers de contestation.
Pour contourner cette difficulté administrative, Krapchev et d’autres fondateurs, au vue de leurs activités révolutionnaires, n’apparurent pas sur les papiers officiels et des personnalités plus « acceptables » furent nommés aux postes de direction de la nouvelle entité. Les autorités serbes acceptèrent le nom mais pas la couleur dont ils savaient très bien qu’elle était un symbole des mouvements communistes. Suite à ce refus, les membres fondateurs, après de nombreuses discussions, acceptèrent de changer la couleur rouge pour du noir, afin de composer avec les autorités et permettre la création de l’association. Après l’enregistrement, l’équipe porta un maillot noir pour ses deux premiers matches puis ils furent remplacés par des maillots rouges que Rabotnicki porte encore aujourd’hui. Lors d’un match à Tetovo en 1938, la police exigea des joueurs de porter des maillots noirs conformes à ceux acceptés par les autorités au moment de l’enregistrement, sous peine de ne pas jouer. Malgré les menaces, les joueurs et la direction du club déjouèrent la police en sortant sur le terrain avec des maillots rouge foncé. Ayant eu connaissance des menaces, les supporters saluèrent l’entrée des joueurs en scandant « Црвени, Црвени ! » (rouge, rouge !). Depuis, cette couleur est définitivement celle de ce club ouvrier.
#673 – Samsunspor : Kırmızı Şimşekler
L’éclair rouge. Le football naquit dès le début du XXème siècle (1909) dans la principale ville turque de la Mer Noire, Samsun. Toutefois, les premiers clubs vécurent à peine quelques années. Puis, les années 1920 furent le véritable point de départ du développement des associations sportives dans la ville. Certains de ces clubs fusionnèrent entre eux et, lors de l’un de ces mariages, un nouveau club du nom de Samsunspor émergea en 1927. Portant des maillots noirs et blancs (dans une conception qui pouvait différer d’un joueur à l’autre), ses débuts furent chaotiques et après plusieurs fermetures-réouvertures, le club commença vraiment une nouvelle vie le 16 novembre 1950. Mais, dans le contexte de la structuration du football turque qui donna naissance à sa première division professionnelle en 1959 et à sa seconde division en 1963, la création de l’association actuelle se réalisa le 30 juin 1965 quand Samsunspor fusionna avec 4 autres clubs de la ville : 19 Mayıs, Fener Gençlik, Akınspor et Samsun Galatasaray. Cette nouvelle structure fut encouragée par le directeur régional de la Türk Ticaret Bankası (Banque Commerciale Turque), Kadri Ersan, qui accéda à sa présidence. Comme les couleurs de la banque était le rouge et le blanc, elles s’imposèrent alors au nouveau club. Même si le dessin du premier maillot était similaire à celui du Slavia Prague (un maillot séparé verticalement en deux avec une partie rouge et une partie blanche), le premier kit porté lors de sa première saison fut plus simple : un maillot rouge, un short blanc et des chaussettes rouges et blanches.
#664 – Hapoël Beer-Sheva : האדומים מהדרום
Les rouges du Sud. En 1949, Zalman Caspi, un ancien joueur de football du club du Hapoël Ramat Gan mit en place un système de scouting pour trouver de jeunes talents dans les camps de transit de la région de Beer Sheva, afin de créer éventuellement une équipe de football. Le club fut alors fondé, sous l’égide de Hapoël, une organisation sportive qui dépendait du syndicat de travailleurs הסתדרות (Histadrout – Fédération générale des travailleurs de la Terre d’Israël).
Ce syndicat avait été fondé en 1920, porté par des mouvements socialistes, et avait pour objectif de permettre l’installation des juifs en Palestine, qui était sous mandat britannique, ainsi que la promotion et la défense des travailleurs juifs. Il investit alors toutes les sphères d’activité des ouvriers : éducation, construction de logements, santé, banque, entreprises coopératives, protection sociale, culture et donc sport. Ainsi, Histadrout fit naître en 1926 le mouvement sportif Hapoël (הפועל), ce nom étant dans la tradition de gauche du syndicat, signifiant « l’ouvrier ». Etant donné les orientations politiques du syndicat et le fait que le Comité olympique israélien était contrôlé par le rival du Maccabi, Hapoël rechercha des liens avec des organisations sportives des partis socialistes similaires et devint ainsi membre du Socialist Workers’ Sport International et de l’International Workers and Amateurs in Sports Confederation. Hapoël reprit également les codes internationaux de l’époque des mouvements de gauche : fossile et marteau dans son blason et couleur rouge pour ses tenues.
Le rouge est la couleur de tous les mouvements de gauche depuis le XVIIIème siècle, quand les premiers mouvements prolétaires émergèrent et utilisèrent le drapeau rouge comme bannière. Ce symbole proviendrait de la Marine, qui utilisait le drapeau rouge avant une bataille pour signifier qu’il ne sera pas fait de prisonnier lors du combat. Ainsi, il était un signe d’un esprit combatif sans concession, du sang prêt à couler. Et cet état d’esprit séduisit les premiers mouvements de révolte d’ouvriers (qui jaillirent dans les villes portuaires), prêts à lutter au prix de la vie jusqu’à l’abdication de leurs adversaires. Ainsi, les ouvriers du port de Londres, lors de leur grève de 1768, auraient été les premiers à utiliser le drapeau rouge. Il apparût ensuite lors de différentes révolutions en France et devint la bannière des mouvements socialistes lors de la révolution de 1848 et surtout pendant la Commune de Paris en 1871. Depuis, il s’imposa comme drapeau (avec quelques attributs) des différents pays communistes (URSS, Chine, Vietnam, Mongolie …) et des parties politiques de gauche.
Beer-Sheva copia donc les symboles de l’Hapoël et ses maillots devinrent rouge. Enfin, Beer-Sheva, 6ème ville d’Israël, est la plus grande cité du Neguev et le centre administratif pour le sud d’Israël. Résultat, afin de le distinguer des autres clubs existant sous l’égide de l’Hapoël et portant également du rouge, au surnom classique fut rajouté la localisation géographique de la ville de Beer-Sheva.