Les jaune et bleu. Ville de près de 145 000 habitants, à 70 km au nord-est de la capitale Minsk, Baryssaw accueille le football depuis le début des années 1900. A l’aube de la Première Guerre Mondiale, la ville comptait déjà quatre clubs de football. Par la suite, le football dans la ville connut des hauts et des bas et dans les années 1950 et 1960, deux clubs la représentaient dans le championnat de la République Soviétique Biélorusse : Торпедо et Строителя. Строителя constituait une équipe solide de la ligue et en 1968, elle était un candidat sérieux au titre. Mais, des problèmes financiers eurent raison de ses ambitions et le club fut dissout avant même la fin du championnat de cette même année. La passion pour le football dans la cité était forte et cette dernière ne pouvait rester sans représentant. Comme les finances avaient été le point faible de Строителя, toute nouvelle organisation qui voulait devenir l’étendard footballistique de la ville devait s’adosser à un mécène. Nikolai Busel, le directeur de l’usine BATE (Барысаўскі завод аўтатрактарнага электраабсталявання – Usine de Borisov d’équipements électriques pour automobiles-tracteurs), qui était un des grands employeurs de la ville, fonda un nouveau club de football au sein de l’entreprise en 1973. Ce dernier prit donc le nom de son sponsor (BATE) et également le logo de l’entreprise qui devint son blason (et donc les couleurs jaune et bleu de la société). Disparu en 1984, BATE réussit tout de même en une décennie à remporter 3 titres de champion de Biélorussie (1974, 1976 et 1979). Sous le patronage de l’entrepreneur Anatoly Kapsky, qui était également le directeur de l’usine BATE, l’équipe renaquit de ses cendres en 1996 pour de nouveau ramener la ville de Baryssaw sur le devant de la scène. Et ce fut fait et de quelle manière ! Depuis 1996, BATE a gagné 15 titres de champions (dont 13 d’affilés entre 2006 et 2018, ce qui signifie avoir conquis 70% des titres de champion depuis l’indépendance de la Biélorussie) et 5 Coupes nationales. Il est aussi le premier club biélorusse à intégrer la phase de groupes de la Ligue des champions (2009) et de la Ligue Europa (2010).
Étiquette : Sponsor
#794 – FC Villefranche Beaujolais : les Tigres Caladois
Philippe Terrier, entrepreneur local et dont le père sponsorisait déjà le club de Villefranche, reprit sa présidence en 2010. A l’orée de la saison 2013-2014, il décida de doter son club du surnom de tigres caladois ainsi que d’une mascotte féline. Pourquoi avoir choisi cet animal qui n’est pas endémique à la région viticole du Beaujolais ? Pour des raisons de valeur et marketing. Pour le président, le tigre symbolisait bien les valeurs de combat de son équipe. Mais, il reconnut aussi que l’animal faisait écho à l’un des produits commercialisés par le sponsor principal qui s’étalait sur le maillot du club, le beaume du tigre. D’origine chinoise, ce beaume est censé soulager les douleurs d’origine musculo-squelettique. Son distributeur en France est une société située non loin de Villefranche. Encore aujourd’hui, il s’agit du sponsor principal du club.
Que signifie le terme caladois ? C’est simplement le gentilé des habitants de Villefranche-sur-saône et son origine hésite entre deux théories. La première version se focalise sur le relief de la ville qui comprend quelques rues pentues. Or, au Moyen-âge, le terme « calade », emprunté à l’italien calata (descendre), désignait une pente sur laquelle on faisait descendre plusieurs fois un cheval au petit galop pour lui apprendre à plier les hanches et à former son arrêt. La deuxième histoire avance aussi le terme « calade ». Mais cette fois, le mot se rapporte aux dalles du parvis de la Collégiale Notre-Dame-des-Marais. Dans le Beaujolais, le mot calade désignait les dalles, généralement en calcaire, utilisées pour paver. Cela faisait certainement appel à la méthode, employée depuis des siècles, pour construire des sols stabilisés à partir de galets, qui s’appelait calade.
Mais, ces deux versions ne sont pas forcément contradictoires puisque les rues pentues étaient généralement couvertes de galets ou de pierre calcaire provenant du Rhône.
#739 – FK Tchornomorets Odessa : Моряки
Les marins. S’il y a quelques débats concernant la date de naissance du club (1936, 1958 ou 1959), la fin des années 1950 furent déterminantes. En 1958, le club prit le nom de Tchornomorets qui signifie les « hommes de la Mer Noire » . Puis en 1959, après avoir été attaché à d’autres syndicats, le club intégra la Черноморское морское пароходство (Compagnie Maritime de la Mer Noire). Cette dernière est la plus ancienne compagnie maritime de la Mer Noire, débutant son histoire à l’époque de l’Empire Russe en 1833. Son port d’attache a toujours été la ville d’Odessa. Avec ces deux événements, le surnom semble évident (en plus, avec la guerre actuelle, tout le monde sait où se situe Odessa). Au départ, la Compagnie Maritime de la Mer Noire avait pour objectif de faciliter les communications entre Odessa et Constantinople au moyen de bateaux à vapeur. Elle se développa dans le transports de marchandises et de passagers. A la veille de l’effondrement de l’Union soviétique, la Compagnie était la plus puissante d’Europe et l’une des plus importantes du monde, avec environ 360 navires de différentes classes. Puis, le démentelement de l’Union Sovietique l’affaiblit, avec une flotte en diminution et des dettes en augmentation. Elle se trouvait au bord de la faillite avant la guerre. Odessa était la base idéale de la Compagnie avec son port important, qui comprenait notamment des chantiers de réparation. Construit en 1794, il prit sa forme moderne en 1905. Situé sur la côte nord-ouest de la Mer Noire, dans la partie sud-ouest de la baie d’Odessa, il est le plus grand port d’Ukraine en termes de chiffre d’affaires de fret et le 3ème de la Mer Noire. Côté trafic de passagers, il est reconnu comme le port de croisière de base de l’Ukraine et possède l’un des plus grands terminaux de passagers d’Europe.
#731 – Pohang Steelers : 강철전사
Guerrier d’acier. Au vue de son nom, steelers, ce surnom apparaît logique. Mais il est encore plus logique quand on connaît les origines du club. Fondé le 1er avril 1973, ce dernier était une association corporatiste d’un chaebol (les fameux conglomérats coréens) dénommé POSCO. Lors de la création du championnat coréen en 1983, il fut l’un des 5 membres fondateurs. Vainqueurs de 5 championnats et de 3 ligues des champions asiatiques, il demeure l’un des grands clubs du jeune football coréen. Mais, pour revenir au début, l’équipe fut montée par la volonté de Park Tae-joon, alors président de POhang iron and Steel COmpany dit POSCO. POSCO n’avait alors que 5 ans d’existence car, dans les années 1960, l’administration sud-coréenne considéra que le développement économique du pays passait par l’indépendance dans la production d’acier. En 1968, POSCO vit donc le jour avec le soutien financier du Japon et du gouvernement. POSCO concentra sa production pour alimenter les besoins des entreprises nationales avec de l’acier compétitif. La croissance du groupe accompagna le développement des chaebols coréens tels que Samsung ou Hyundai. A la fin des années 1980, elle était la 5ème plus grande entreprise sidérurgique au monde, avec une production annuelle approchant les 12 millions de tonnes. Aujourd’hui, POSCO demeure l’un des plus grands sidérurgistes mondiaux, 4ème producteur avec 42 000 millions de tonnes en 2015. Le club de football, qui appartient toujours à POSCO, a suivi le développement de l’entreprise. Initialement semi-professionnel , le club opta pour le statut professionel en 1984 et changea son nom en POSCO Dolphins. Un an plus tard, il fut renommé POSCO Atoms. Enfin, en 1997, le club adopta le nom de Pohang Steelers. Quelques soit le nom du club, son logo comme sa mascotte firent toujours référence au propriétaire du club, au steelers. Les mascottes sont Soedori et Soesooni, personnages mi-humains mi-robots avec un corps en acier, une tête qui symbolise les vagues bleues de la mer de Pohang, et une marque V sur le front, signe de victoire.
#721 – FC UTA Arad : Textiliștii
Les textiles. Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, le 18 Avril 1945, la ville d’Arad accueillait un nouveau club de football, le FC UTA, issu de la volonté d’un seul homme, Francisc von Neuman, baron de Végvár. Passionné de football, aristocrate argenté, il tenta en 1938 de racheter l’équipe d’AMEFA, un club qu’il soutenait financièrement, mais son offre fut refusée. N’ayant pas abandonné l’idée de posséder une équipe de football capable de rivaliser avec les clubs voisins de Timișoara (Chinezul et Ripensia), le baron créa donc son équipe avec quelques membres de l’entreprise qu’il détenait, Uzina Textilă Arad (Usine Textile d’Arad).
Les ancêtres du baron venaient de l’ancien Empire austro-hongrois, quelque part près de Vienne. Puis, la famille Neuman s’installa en Roumanie, sur les terres d’Arad. Les premiers entrepreneurs de la famille Neumann furent les frères Moritz et Jakab qui établirent une usine de spiritueux. Les descendants se diversifièrent avec un moulin et une fabrique de levure, nommée Indagrara. Leurs produits devinrent célèbres dans tout l’Empire, avec des entreprises s’étendant dans plusieurs pays européens. Au début du XXème siècle, la famille Neumann avait accumulé une certaine richesse et créa, en 1909, l’usine textile d’Arad, qui devint rapidement la plus importante de Transylvanie. Francisc von Neuman étudia à Manchester en Angleterre l’ingenierie textile et reprît l’usine dans les années 1930. En 1936, UTA comptait plus de 2 000 employés. L’usine fut nationalisée par les autorités communistes en 1948 et était la seule de Roumanie à produire du velours et la deuxième, après Bucarest, à disposer de lignes de production de linge de maison, connu internationalement. En décembre 1989, UTA employait près de 8 000 personnes.
Donc en 1938, Francisc von Neuman réunit certains de ses amis et du personnel de l’usine pour fonder le nouveau club. Il leur demanda de trouver un nom et des couleurs. Une première proposition fut Gloria mais rapidement abandonnée. Finalement, d’autres souhaitèrent que le club porta le nom de l’usine auqeul il était lié, qu’il représentait. Pour les couleurs, le vert et le blanc sortirent du lot. Mais, rappelant celles du nazisme, récemment vaincu, le rouge et blanc fut proposé, couleurs du club d’Arsenal que le Baron avait supporté lors de ses aventures anglaises.
#691 – FCBW Linz : Blau Weiss
Les bleu et blanc. Facile de comprendre qu’il s’agit des couleurs de l’équipe, qui s’imprègnent jusque dans le nom du club : BW sont les initiales de Blau Weiss. Ok vous vous dîtes que l’article va encore porter sur les couleurs de ce club. Mais, en l’espèce, elles apparaissent importantes. Le 26 Juillet 1946, le SV Eisen und Stahl 1946 Linz (SV Fer et Acier 1946 Linz) fut fondé avec le soutien de l’aciérie locale (l’une des principales d’Autriche) nommée VÖEST et adopta les couleurs noires et blanches de l’usine. En 1949, le nom du club fut rebaptisé SK Voest. En 1972, l’équipa modifia ses couleurs pour le bleu et blanc. La raison m’est encore inconnue. L’entreprise mécène changea-t-elle également de couleurs (son héritière arbore le bleu) ? La volonté de se distinguer de son rivale locale, le Linz ASK, qui évoluait également en noir et blanc ?
L’important est que les nouvelles couleurs s’imposèrent vite car le club remporta son premier et unique Championnat d’Autriche en 1974. Malheureusement, entreprise d’Etat, VÖEST fut privatisée au début des années 1990 et ne voulut plus continuer à financer le club (qui s’appelait désormais FC Linz). Sans ce soutien, en 1997, les difficultés sportives et financières apparurent et son président promut l’idée d’une fusion avec son rival du Linz ASK pour réunir leurs forces et poursuivre leur existence. Toutefois, au lieu d’une fusion, ce fut une absorption et disparition du SK Voest. En effet, le soi-disant nouveau club s’appela LASK et reprit les couleurs noires et blanches. Il était donc clair que pratiquement rien n’avait changé pour le Linz ASK alors que le champion de 1974 disparaissait de la scène du jour au lendemain, ses supporteurs des bleus et blancs étant désemparés.
Emmenés par un fan et entrepreneur local, Hermann Schellmann, les supporteurs convainquirent un autre club amateur de la ville, le SV Austria Tabak (lui-même soutenu par l’usine locale du cigarettier autrichien qui ne voulait également plus financer ces activités sportives), de devenir le 1er août 1997, le FCBW Linz. Pour établir la continuité avec l’ancien club, quoi de mieux que de reprendre les couleurs auxquels les fans s’identifier, qui n’étaient pas protégées par un quelconque droit de propriété intellectuel (contrairement au blason) et qui ne nécessitait pas d’accord de la fédération. Le sauvetage en urgence des bleu-blanc rencontra un franc succès : lors des matchs à domicile, le stade se remplissait de 1 000 à 2 000 spectateurs (alors que le club repartit en 4ème division) et plus de 400 abonnements furent vendus (plus qu’à l’époque du FC Linz). Seulement, à croire que l’Autriche souhaita imiter la confusion Roumaine (cf articles #687 et #371), en 2013, un nouveau club naquit avec la volonté d’être le successeur officiel du FC Linz. Il prît les couleurs bleus et blanches ainsi que le nom de FC Stahl Linz (Stahl signifiant acier en allemand).
#678 – Manchester City : Brewerymen
Les hommes de la brasserie. Les racines de Manchester City se situent au XIXème siècle au sein de la paroisse de St. Mark’s dans le quartier de West Gorton, au sud-est de Manchester. Pour occuper les hommes et les jeunes pendant les longs mois d’hiver, le recteur de l’église encouragea l’équipe de cricket de la paroisse à pratiquer le football. Ainsi naquit le club de football de St. Mark’s (West Gorton) en 1880. Comme beaucoup de clubs au début du développement du football, St. Mark’s connut des premières saisons plutôt chaotiques étant donné le manque de structure et les faibles moyens financiers du club. Le principale sujet de préoccupation était de trouver un terrain d’accueil pour jouer. Le premier lieu était évidemment un terrain près de l’église St. Mark’s, dans Clowes Street, mais ce dernier était plutôt accidenté. En 1881, l’équipe déménagea sur le proche terrain de cricket de Kirkmanshulme mais la cohabitation avec les joueurs de cricket fut difficile et les footeux furent bannis du terrain en 1883-1884. Cette expulsion encouragea à la fusion avec une autre équipe locale mais l’union ne dura pas plus d’un an. Le club changea alors de nom pour Gorton AFC. Puis, en 1887, poussé par une nouvelle expulsion du terrain qu’il occupait et par le fort développement du football en Angleterre (organisation de compétition officielle, apparition du professionnalisme …), le club prit 3 importantes décisions pour se structurer et donc perdurer. Premièrement, le club trouva un nouveau terrain de jeu près d’un viaduc ferroviaire à Ardwick, qui était donc en dehors du quartier originel de Gorton. Deuxième décision, le changement de nom. En s’expatriant du quartier de Gorton, s’appeler Gorton AFC apparaît désormais un terme impropre. Par conséquent, le club fut officiellement rebaptisé Ardwick Association Football Club, du nom du nouveau quartier. Enfin, alors que le club était officiellement amateur depuis sa création, la direction décida pour la première fois en 1887 d’attribuer à un joueur un salaire hebdomadaire de 5 shillings pour ses services, le club devenant ainsi une organisation professionnelle.
Mais toutes ces décisions furent facilitées par une rencontre que permit le déménagement à Ardwick. En effet, la direction du club sympathisa avec Stephen Chesters-Thompson, en entrepreneur local, qui possédait un hôtel (avec un pub) près de la nouvelle enceinte ainsi qu’une brasserie du nom de Chester’s, fondée en 1830, dans la quartier d’Ardwick. Les bonnes relations entre la direction du club et cet entrepreneur furent décisives pour Ardwick AFC. En effet, le siège du club s’établit d’abord au sein de l’hôtel. De même, de 1887 à 1896, l’hôtel-pub servait de vestiaire aux joueurs, ce qui pourrait expliquer certaine défaite, les matchs se déroulant après l’apéritif. Puis, la brasserie Chester’s soutint le club en aidant à financer l’aménagement du terrain et également à acheter des joueurs. En échange, elle obtint la concession de l’ensemble des bars et pubs autours de l’enceinte. Les liens étant si forts, Stephen Chesters-Thompson se fraya un chemin jusqu’à la direction du club et de nombreux salariés de la brasserie intervenaient également au sein du club de football. Puis, la brasserie serait même devenue actionnaire du club. Ainsi, Ardwick AFC (qui devint Manchester City en 1894) s’assimila dans les faits avec la brasserie Chester’s et le surnom brewerymen s’imposa. En 1920, les liens se dénouèrent entre le club et la brasserie et le surnom fut moins utilisé. La brasserie d’Ardwick continua sa vie et fut démolie en 1967.
#673 – Samsunspor : Kırmızı Şimşekler
L’éclair rouge. Le football naquit dès le début du XXème siècle (1909) dans la principale ville turque de la Mer Noire, Samsun. Toutefois, les premiers clubs vécurent à peine quelques années. Puis, les années 1920 furent le véritable point de départ du développement des associations sportives dans la ville. Certains de ces clubs fusionnèrent entre eux et, lors de l’un de ces mariages, un nouveau club du nom de Samsunspor émergea en 1927. Portant des maillots noirs et blancs (dans une conception qui pouvait différer d’un joueur à l’autre), ses débuts furent chaotiques et après plusieurs fermetures-réouvertures, le club commença vraiment une nouvelle vie le 16 novembre 1950. Mais, dans le contexte de la structuration du football turque qui donna naissance à sa première division professionnelle en 1959 et à sa seconde division en 1963, la création de l’association actuelle se réalisa le 30 juin 1965 quand Samsunspor fusionna avec 4 autres clubs de la ville : 19 Mayıs, Fener Gençlik, Akınspor et Samsun Galatasaray. Cette nouvelle structure fut encouragée par le directeur régional de la Türk Ticaret Bankası (Banque Commerciale Turque), Kadri Ersan, qui accéda à sa présidence. Comme les couleurs de la banque était le rouge et le blanc, elles s’imposèrent alors au nouveau club. Même si le dessin du premier maillot était similaire à celui du Slavia Prague (un maillot séparé verticalement en deux avec une partie rouge et une partie blanche), le premier kit porté lors de sa première saison fut plus simple : un maillot rouge, un short blanc et des chaussettes rouges et blanches.
#668 – CD Cobresal : los Mineros
Les mineurs. Vainqueur de la Coupe du Chili en 1987 et du Championnat en 2015, le club réside dans la petite ville d’El Salvador, qui compte un peu plus de 8 000 habitants, et qui se situe dans la région minière d’Atacama. En effet, le Chili dispose d’importantes ressources de minerais, en particulier de cuivre. Le pays demeure le premier producteur de la planète (plus de 30% de la production mondiale) et plus de 5,6 millions de tonnes de cuivre ont été extraits en 2013. L’activité minière représente plus de 50% de ses exportations et près de 20% de son PIB. L’extraction du cuivre s’effectue surtout au nord du pays, dans le désert d’Atacama où se situe 4 grandes mines, dont celle d’El Savador. L’extraction de cuivre était déjà réalisée par le peuple précolombien des Atacamas mais ce fut en 1959 que la mine actuelle fut mise en service par la société américaine Andes Copper Mining. La découverte de ce filon permit de trouver du travail pour les mineurs de la ville de Potrerillos, dont la mine était épuisée. La ville d’El Salvador (le sauveur) fut alors créée de toutes pièces et organisées dans le seul but de servir les besoins de la nouvelle mine de cuivre. En 1971, l’industrie du cuivre fut intégralement nationalisée par Pinochet au sein de la compagnie publique, Codelco. En 1979, la Codelco soutint la fondation du club de football, qui reprit dans son blason (casque de mineur et la croix Ânkh, symbole utilisé par les alchimistes pour le cuivre et logo de la Codelco) et ses couleurs (orange, couleur du cuivre et de la Codelco) les représentations de cette activité économique. Codelco finança en partie la construction du stade du club, qui se nomme El Cobre (le cuivre). L’apogée de la mine fut atteint au début des années 1980. L’épuisement des réserves conduisit la Codelco à prendre la décision de fermer la mine au milieu des années 2000. La production commença alors à réduire mais en 2010, la présidente du pays décida la prolongation de l’activité de la mine au moins jusqu’en 2021. En 2020, 56 302 tonnes de cuivre était extrait de cette mine et 1 438 personnes y travaillaient.
#667 – FC Spartak Moscou : мясо
La viande. Certes, dans ce football business du XXIème siècle, les joueurs peuvent être considérés comme de la viande par les plus mercantilistes agents mais ce n’est pas cette raison qui conduit à ce surnom des joueurs du Spartak. Au contraire, pour comprendre la création de ce surnom, il faut remonter à une époque où le football demeurait encore une activité récréative, dans les années 1920, et sous un régime qui s’opposait au capitalisme, le communisme soviétique. Le club fut fondé en 1922, sous le nom de МКС (cercle sportif de Moscou), et sur les ruines dans un ancien club omnisport attaché au mouvement panslave Sokol. En 1923, les autorités communistes décidèrent que les clubs sportifs devaient s’identifier à un lieu géographique. Moscou étant une grande ville, le club prit le nom du quartier où il résidait (Presnenski) et s’appella Красная Пресня (Rouge Presnenski). Puis, en 1926, nouvelle intervention des autorités qui intimèrent aux clubs de se lier avec des administrations ou des syndicats ou coopératives de travailleurs. Les autres grands clubs moscovites étaient alors déjà patronnés par les grandes administrations centrales : le Dynamo Moscou était soutenu par la police politique, le CSKA Moscou par l’armée rouge et le Lokomotiv Moscou par la compagnie des chemins de fer. Le futur Spartak était alors supporté par Nikolai Pashintsev, président du comité central du syndicat de l’industrie alimentaire, et ce dernier mit le club sous la direction et le parrainage d’une coopérative de bouchers et de commerçants alimentaires. Le club prit donc le nom de Пищевики (Travailleurs de l’alimentation) de 1926 à 1931. Après 1931, le club changea de partenaire et de nom (Промкооперация – Coopérative de production).
Jusqu’aux années 1970, les groupes de supporteurs étaient plutôt rares et donc les surnoms des clubs existaient peu. De même, les rivalités liées à des derbys étaient inexistantes. La première association de supporteurs du Spartak apparût en 1972 et les rivalités avec ceux des autres clubs naquirent à la fin des années 1970. Les supporteurs du CSKA auraient alors qualifié les joueurs et fans du Spartak de мясо. Ce surnom faisait référence aux liens historiques du club avec la coopérative des bouchers et commerçants. Surtout, comme ce sobriquet était donné par les supporteurs du CSKA, il se devait être péjoratif. Or, quel aliment faisait le plus défaut dans les rayons des magasins soviétiques ? La viande. Ce qui faisait penser que les bouchers étaient des escrocs. Pour certains fans du Spartak, ce surnom demeure encore une insulte mais pour la majorité s’est aujourd’hui une fierté. En 2002, l’attaquant Dmitry Sychev réalisa une sacrée performance en marquant 8 buts lors de ces 12 premiers matchs pour le Spartak. Il montrait alors après ses buts un maillot où il était marqué : Кто мы? Мясо (Qui sommes nous ? La viande). Ce geste ancra définitivement le surnom.
