#875 – 1. FC Slovácko : Synot

Le terme n’est pas traduisible car ce n’est pas un nom commun. Il s’agit du nom de l’entreprise, ancien sponsor du club. L’adversaire de l’OGC Nice en Ligue Europa Conference est un club à la fois ancien et récent. En effet, techniquement, le 1. FC Slovácko naquit en 2000 par la fusion de deux entités : FC Synot Staré Město (fondé en 1927, représentant la vieille ville d’Uherské Hradiště) et FC Synot Slovácká Slavia Uherské Hradiště (fondé en 1894, certainement l’un des premiers clubs de la ville d’Uherské Hradiště). Ces deux clubs partageaient une partie de leur nom, Synot, qui était en fait leur sponsor principal, la société Synot. Créée en 1991 à Uherské Hradiště par l’entrepreneur Ivo Valenta, Synot est une entreprise tchèque présent dans plus de 30 pays et employant environ 3 000 personnes. Son activité se concentre sur les jeux d’argent, en ligne ou non. Ce groupe s’est rapidement développé dans d’autres domaines, tels que la distribution des véhicules BMW, le tourisme, l’immobilier, les médias ainsi que les services informatiques. Actif dans les paris sportifs, le groupe se tourna naturellement vers le sponsoring des clubs d’Uherské Hradiště. En 1994, il prit le contrôle du SFK Staré Město qui devint le FC Synot Staré Město. Vers la même époque, l’autre club, le Slovácká Slavia Uherské Hradiště fut également repris par une entreprise, TIC (Trade Investment Consulting). Mais, rencontrant elle-même des difficultés financières, TIC dut abandonné le club. Une autre compagnie, Joko, prit la relève en 1995, après les deux ans de TIC. Mais, elle ne réussit pas plus à stabiliser financièrement le club, qui connut une relégation en 1997. En 1999, Synot intervint alors dans le club de Slovácká Slavia, celui-ci intégrant le nom de l’entreprise.

Voulant faire de la ville, une des places incontournables du football tchèque, Synot décida de fusionner les deux institutions en 2000. Le nouveau club prit le nom de son sponsor-actionnaire, 1. FC Synot. L’entreprise et son dirigeant avait l’ambition de se battre pour les premières places dans l’élite tchèque, afin de participer aux compétitions européennes. Dès la fusion, le club retrouva sa place en première division et il termina pour sa première saison à la 11ème place, gagnant sa participation à la prochaine Coupe Intertoto. En octobre 2003, un nouveau stade fut construit d’une capacité de 8 121 places, remplaçant la petite enceinte obsolète de Širůch dans la vieille ville. Jusqu’en 2004, la progression fut constante pour atteindre une 5ème place lors de la saison 2003-2004. Toutefois, cette année fut fatale pour le soutien de Synot et le football tchèque, éclaboussés par des affaires de corruption.

En avril 2004, le directeur sportif du Synot, Jaroslav Hastík, fut arrêté dans une station-service près de Vyškov en possession de 175 000 couronnes tchèques (6 500 euros de l’époque) et en compagnie de l’arbitre Stanislav Hruška. Ecoute téléphonique à l’appuie, l’enquête de la police conclut à une tentative de corruption. D’autres actes furent également découverts par la police. L’arbitre Václav Zejda fut acheté par Jaroslav Hastík (à hauteur de 120 000 couronnes tchèques) pour influencer le match Chmel Blšany-Synot. Un autre arbitre, Eduard Cichý, avait manipulé le match Synot-Teplice contre 200 000 couronnes slovaques (Cichý faisait parti d’un échange entre les ligues tchèques et slovaques). L’implication du président de Synot, Ivo Valenta, dans cette politique de corruption fut également démontrée par les enquêteurs pour au moins deux matchs Zlín–Synot et Synot–Sparta. Cette affaire révéla un système de corruption beaucoup plus large au sein du football tchèque. En effet, au delà de Synot, d’autres clubs de l’élite (FK Teplice, FK Jablonec, Sparta Prague, Slovan Liberec, SFC Opava, HFK Olomouc et Viktoria Žižkov) avaient également soudoyé des arbitres. Des clubs de deuxième division furent également impliqués. Pour Synot, cela se termina par des sanctions plutôt clémentes. La commission de discipline de la ligue décida de ne pas reléguer le FC Synot et de lui infliger une amende de seulement 500 000 couronnes tchèques (18 000 euros) et une perte de 12 points pour le championnat 2004-2005. La direction du club de Synot démissionna, son actionnaire vendit le club et proclama qu’il ne financerait à l’avenir plus aucune activité sportive. Le club changea de nom en 1. FC Slovácko pour effacer toute trace du nom honni. Même si le club fut le plus impliqué dans cette affaire, les supporteurs n’en gardèrent pas de rancœur et continuent de surnommer le club, Synot.

#839 – NK Inter Zaprešić : Keramičari

Les céramistes. Vous avez évidemment deviné que la poterie ne constitue pas une activités des entrainements de l’équipe. En revanche, la présence de l’usine de porcelaine d’Inkerpor, filiale du groupe espagnole Porvasal, dans la ville de Zaprešić n’est certainement pas étrangère à ce surnom. En 1929, le club de football fut fondé sous le nom de NK Sava. En 1932, le club changea son nom en NK Jelačić, qu’il porta jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Après la guerre, nouveau changement de nom pour NK Zaprešić. Puis, en 1962, le nouveau nom qui nous intéresse : NK Jugokeramika. En effet, à partir de cette date et jusqu’à l’indépendance du pays, le club fut patronné par la société Jugokeramika. Son usine s’installa dans la ville de Zaprešić en 1953. Sa production était diversifiée et sa gamme allait de carreaux de céramique aux appareils sanitaires, en passant par la vaisselle en porcelaine, dès 1956. Ses produits avaient alors une bonne réputation dans toute la Yougoslavie. A l’orée de l’indépendance du pays en 1991, le club obtint le titre non-officiel de champion de Croatie (ce premier championnat n’était pas encore officiellement reconnue mais il avait une haute valeur symbolique pour le peuple). A la même époque, Jugokeramika fut privatisé et changea de nom pour INKER (INdustrija KERamike). En conséquence, le club modifia son nom pour Inker Zaprešić. Mais, avec l’effondrement de la Yougoslavie, les marchés des territoires de l’ancien État n’étaient plus porteurs et les marchés étrangers connaissaient la crise. L’activité de l’usine déclina alors comme son soutien au club. Finalement, au début des années 2000, l’usine ne manifestait plus aucun désir de coopérer avec le club et aucune aide financière ne parvenait. Selon les dirigeants de l’époque, l’usine ne répondait même plus aux demandes d’explication ou d’aide de l’équipe. La direction du club constata donc le divorce en 2003 en abandonnant le nom de l’entreprise et devint l’Inter Zaprešić, qui avait l’avantage d’être proche de son ancienne dénomination. Le surnom en revanche resta.

#837 – BATE Borisov : жоўта-блакітныя

Les jaune et bleu. Ville de près de 145 000 habitants, à 70 km au nord-est de la capitale Minsk, Baryssaw accueille le football depuis le début des années 1900. A l’aube de la Première Guerre Mondiale, la ville comptait déjà quatre clubs de football. Par la suite, le football dans la ville connut des hauts et des bas et dans les années 1950 et 1960, deux clubs la représentaient dans le championnat de la République Soviétique Biélorusse : Торпедо et Строителя. Строителя constituait une équipe solide de la ligue et en 1968, elle était un candidat sérieux au titre. Mais, des problèmes financiers eurent raison de ses ambitions et le club fut dissout avant même la fin du championnat de cette même année. La passion pour le football dans la cité était forte et cette dernière ne pouvait rester sans représentant. Comme les finances avaient été le point faible de Строителя, toute nouvelle organisation qui voulait devenir l’étendard footballistique de la ville devait s’adosser à un mécène. Nikolai Busel, le directeur de l’usine BATE (Барысаўскі завод аўтатрактарнага электраабсталявання – Usine de Borisov d’équipements électriques pour automobiles-tracteurs), qui était un des grands employeurs de la ville, fonda un nouveau club de football au sein de l’entreprise en 1973. Ce dernier prit donc le nom de son sponsor (BATE) et également le logo de l’entreprise qui devint son blason (et donc les couleurs jaune et bleu de la société). Disparu en 1984, BATE réussit tout de même en une décennie à remporter 3 titres de champion de Biélorussie (1974, 1976 et 1979). Sous le patronage de l’entrepreneur Anatoly Kapsky, qui était également le directeur de l’usine BATE, l’équipe renaquit de ses cendres en 1996 pour de nouveau ramener la ville de Baryssaw sur le devant de la scène. Et ce fut fait et de quelle manière ! Depuis 1996, BATE a gagné 15 titres de champions (dont 13 d’affilés entre 2006 et 2018, ce qui signifie avoir conquis 70% des titres de champion depuis l’indépendance de la Biélorussie) et 5 Coupes nationales. Il est aussi le premier club biélorusse à intégrer la phase de groupes de la Ligue des champions (2009) et de la Ligue Europa (2010).

#794 – FC Villefranche Beaujolais : les Tigres Caladois

Philippe Terrier, entrepreneur local et dont le père sponsorisait déjà le club de Villefranche, reprit sa présidence en 2010. A l’orée de la saison 2013-2014, il décida de doter son club du surnom de tigres caladois ainsi que d’une mascotte féline. Pourquoi avoir choisi cet animal qui n’est pas endémique à la région viticole du Beaujolais ? Pour des raisons de valeur et marketing. Pour le président, le tigre symbolisait bien les valeurs de combat de son équipe. Mais, il reconnut aussi que l’animal faisait écho à l’un des produits commercialisés par le sponsor principal qui s’étalait sur le maillot du club, le beaume du tigre. D’origine chinoise, ce beaume est censé soulager les douleurs d’origine musculo-squelettique. Son distributeur en France est une société située non loin de Villefranche. Encore aujourd’hui, il s’agit du sponsor principal du club.

Que signifie le terme caladois ? C’est simplement le gentilé des habitants de Villefranche-sur-saône et son origine hésite entre deux théories. La première version se focalise sur le relief de la ville qui comprend quelques rues pentues. Or, au Moyen-âge, le terme « calade », emprunté à l’italien calata (descendre), désignait une pente sur laquelle on faisait descendre plusieurs fois un cheval au petit galop pour lui apprendre à plier les hanches et à former son arrêt. La deuxième histoire avance aussi le terme « calade ». Mais cette fois, le mot se rapporte aux dalles du parvis de la Collégiale Notre-Dame-des-Marais. Dans le Beaujolais, le mot calade désignait les dalles, généralement en calcaire, utilisées pour paver. Cela faisait certainement appel à la méthode, employée depuis des siècles, pour construire des sols stabilisés à partir de galets, qui s’appelait calade.

Mais, ces deux versions ne sont pas forcément contradictoires puisque les rues pentues étaient généralement couvertes de galets ou de pierre calcaire provenant du Rhône.

#739 – FK Tchornomorets Odessa : Моряки 

Les marins. S’il y a quelques débats concernant la date de naissance du club (1936, 1958 ou 1959), la fin des années 1950 furent déterminantes. En 1958, le club prit le nom de Tchornomorets qui signifie les « hommes de la Mer Noire » . Puis en 1959, après avoir été attaché à d’autres syndicats, le club intégra la Черноморское морское пароходство (Compagnie Maritime de la Mer Noire). Cette dernière est la plus ancienne compagnie maritime de la Mer Noire, débutant son histoire à l’époque de l’Empire Russe en 1833. Son port d’attache a toujours été la ville d’Odessa. Avec ces deux événements, le surnom semble évident (en plus, avec la guerre actuelle, tout le monde sait où se situe Odessa). Au départ, la Compagnie Maritime de la Mer Noire avait pour objectif de faciliter les communications entre Odessa et Constantinople au moyen de bateaux à vapeur. Elle se développa dans le transports de marchandises et de passagers. A la veille de l’effondrement de l’Union soviétique, la Compagnie était la plus puissante d’Europe et l’une des plus importantes du monde, avec environ 360 navires de différentes classes. Puis, le démentelement de l’Union Sovietique l’affaiblit, avec une flotte en diminution et des dettes en augmentation. Elle se trouvait au bord de la faillite avant la guerre. Odessa était la base idéale de la Compagnie avec son port important, qui comprenait notamment des chantiers de réparation. Construit en 1794, il prit sa forme moderne en 1905. Situé sur la côte nord-ouest de la Mer Noire, dans la partie sud-ouest de la baie d’Odessa, il est le plus grand port d’Ukraine en termes de chiffre d’affaires de fret et le 3ème de la Mer Noire. Côté trafic de passagers, il est reconnu comme le port de croisière de base de l’Ukraine et possède l’un des plus grands terminaux de passagers d’Europe.

#731 – Pohang Steelers : 강철전사

Guerrier d’acier. Au vue de son nom, steelers, ce surnom apparaît logique. Mais il est encore plus logique quand on connaît les origines du club. Fondé le 1er avril 1973, ce dernier était une association corporatiste d’un chaebol (les fameux conglomérats coréens) dénommé POSCO. Lors de la création du championnat coréen en 1983, il fut l’un des 5 membres fondateurs. Vainqueurs de 5 championnats et de 3 ligues des champions asiatiques, il demeure l’un des grands clubs du jeune football coréen. Mais, pour revenir au début, l’équipe fut montée par la volonté de Park Tae-joon, alors président de POhang iron and Steel COmpany dit POSCO. POSCO n’avait alors que 5 ans d’existence car, dans les années 1960, l’administration sud-coréenne considéra que le développement économique du pays passait par l’indépendance dans la production d’acier. En 1968, POSCO vit donc le jour avec le soutien financier du Japon et du gouvernement. POSCO concentra sa production pour alimenter les besoins des entreprises nationales avec de l’acier compétitif. La croissance du groupe accompagna le développement des chaebols coréens tels que Samsung ou Hyundai. A la fin des années 1980, elle était la 5ème plus grande entreprise sidérurgique au monde, avec une production annuelle approchant les 12 millions de tonnes. Aujourd’hui, POSCO demeure l’un des plus grands sidérurgistes mondiaux, 4ème producteur avec 42 000 millions de tonnes en 2015. Le club de football, qui appartient toujours à POSCO, a suivi le développement de l’entreprise. Initialement semi-professionnel , le club opta pour le statut professionel en 1984 et changea son nom en POSCO Dolphins. Un an plus tard, il fut renommé POSCO Atoms. Enfin, en 1997, le club adopta le nom de Pohang Steelers. Quelques soit le nom du club, son logo comme sa mascotte firent toujours référence au propriétaire du club, au steelers. Les mascottes sont Soedori et Soesooni, personnages mi-humains mi-robots avec un corps en acier, une tête qui symbolise les vagues bleues de la mer de Pohang, et une marque V sur le front, signe de victoire.

#721 – FC UTA Arad : Textiliștii

Les textiles. Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, le 18 Avril 1945, la ville d’Arad accueillait un nouveau club de football, le FC UTA, issu de la volonté d’un seul homme, Francisc von Neuman, baron de Végvár. Passionné de football, aristocrate argenté, il tenta en 1938 de racheter l’équipe d’AMEFA, un club qu’il soutenait financièrement, mais son offre fut refusée. N’ayant pas abandonné l’idée de posséder une équipe de football capable de rivaliser avec les clubs voisins de Timișoara (Chinezul et Ripensia), le baron créa donc son équipe avec quelques membres de l’entreprise qu’il détenait, Uzina Textilă Arad (Usine Textile d’Arad).

Les ancêtres du baron venaient de l’ancien Empire austro-hongrois, quelque part près de Vienne. Puis, la famille Neuman s’installa en Roumanie, sur les terres d’Arad. Les premiers entrepreneurs de la famille Neumann furent les frères Moritz et Jakab qui établirent une usine de spiritueux. Les descendants se diversifièrent avec un moulin et une fabrique de levure, nommée Indagrara. Leurs produits devinrent célèbres dans tout l’Empire, avec des entreprises s’étendant dans plusieurs pays européens. Au début du XXème siècle, la famille Neumann avait accumulé une certaine richesse et créa, en 1909, l’usine textile d’Arad, qui devint rapidement la plus importante de Transylvanie. Francisc von Neuman étudia à Manchester en Angleterre l’ingenierie textile et reprît l’usine dans les années 1930. En 1936, UTA comptait plus de 2 000 employés. L’usine fut nationalisée par les autorités communistes en 1948 et était la seule de Roumanie à produire du velours et la deuxième, après Bucarest, à disposer de lignes de production de linge de maison, connu internationalement. En décembre 1989, UTA employait près de 8 000 personnes.

Donc en 1938, Francisc von Neuman réunit certains de ses amis et du personnel de l’usine pour fonder le nouveau club. Il leur demanda de trouver un nom et des couleurs. Une première proposition fut Gloria mais rapidement abandonnée. Finalement, d’autres souhaitèrent que le club porta le nom de l’usine auqeul il était lié, qu’il représentait. Pour les couleurs, le vert et le blanc sortirent du lot. Mais, rappelant celles du nazisme, récemment vaincu, le rouge et blanc fut proposé, couleurs du club d’Arsenal que le Baron avait supporté lors de ses aventures anglaises.

#691 – FCBW Linz : Blau Weiss

Les bleu et blanc. Facile de comprendre qu’il s’agit des couleurs de l’équipe, qui s’imprègnent jusque dans le nom du club : BW sont les initiales de Blau Weiss. Ok vous vous dîtes que l’article va encore porter sur les couleurs de ce club. Mais, en l’espèce, elles apparaissent importantes. Le 26 Juillet 1946, le SV Eisen und Stahl 1946 Linz (SV Fer et Acier 1946 Linz) fut fondé avec le soutien de l’aciérie locale (l’une des principales d’Autriche) nommée VÖEST et adopta les couleurs noires et blanches de l’usine. En 1949, le nom du club fut rebaptisé SK Voest. En 1972, l’équipa modifia ses couleurs pour le bleu et blanc. La raison m’est encore inconnue. L’entreprise mécène changea-t-elle également de couleurs (son héritière arbore le bleu) ? La volonté de se distinguer de son rivale locale, le Linz ASK, qui évoluait également en noir et blanc ?

L’important est que les nouvelles couleurs s’imposèrent vite car le club remporta son premier et unique Championnat d’Autriche en 1974. Malheureusement, entreprise d’Etat, VÖEST fut privatisée au début des années 1990 et ne voulut plus continuer à financer le club (qui s’appelait désormais FC Linz). Sans ce soutien, en 1997, les difficultés sportives et financières apparurent et son président promut l’idée d’une fusion avec son rival du Linz ASK pour réunir leurs forces et poursuivre leur existence. Toutefois, au lieu d’une fusion, ce fut une absorption et disparition du SK Voest. En effet, le soi-disant nouveau club s’appela LASK et reprit les couleurs noires et blanches. Il était donc clair que pratiquement rien n’avait changé pour le Linz ASK alors que le champion de 1974 disparaissait de la scène du jour au lendemain, ses supporteurs des bleus et blancs étant désemparés.

Emmenés par un fan et entrepreneur local, Hermann Schellmann, les supporteurs convainquirent un autre club amateur de la ville, le SV Austria Tabak (lui-même soutenu par l’usine locale du cigarettier autrichien qui ne voulait également plus financer ces activités sportives), de devenir le 1er août 1997, le FCBW Linz. Pour établir la continuité avec l’ancien club, quoi de mieux que de reprendre les couleurs auxquels les fans s’identifier, qui n’étaient pas protégées par un quelconque droit de propriété intellectuel (contrairement au blason) et qui ne nécessitait pas d’accord de la fédération. Le sauvetage en urgence des bleu-blanc rencontra un franc succès : lors des matchs à domicile, le stade se remplissait de 1 000 à 2 000 spectateurs (alors que le club repartit en 4ème division) et plus de 400 abonnements furent vendus (plus qu’à l’époque du FC Linz). Seulement, à croire que l’Autriche souhaita imiter la confusion Roumaine (cf articles #687 et #371), en 2013, un nouveau club naquit avec la volonté d’être le successeur officiel du FC Linz. Il prît les couleurs bleus et blanches ainsi que le nom de FC Stahl Linz (Stahl signifiant acier en allemand).

#678 – Manchester City : Brewerymen

Les hommes de la brasserie. Les racines de Manchester City se situent au XIXème siècle au sein de la paroisse de St. Mark’s dans le quartier de West Gorton, au sud-est de Manchester. Pour occuper les hommes et les jeunes pendant les longs mois d’hiver, le recteur de l’église encouragea l’équipe de cricket de la paroisse à pratiquer le football. Ainsi naquit le club de football de St. Mark’s (West Gorton) en 1880. Comme beaucoup de clubs au début du développement du football, St. Mark’s connut des premières saisons plutôt chaotiques étant donné le manque de structure et les faibles moyens financiers du club. Le principale sujet de préoccupation était de trouver un terrain d’accueil pour jouer. Le premier lieu était évidemment un terrain près de l’église St. Mark’s, dans Clowes Street, mais ce dernier était plutôt accidenté. En 1881, l’équipe déménagea sur le proche terrain de cricket de Kirkmanshulme mais la cohabitation avec les joueurs de cricket fut difficile et les footeux furent bannis du terrain en 1883-1884. Cette expulsion encouragea à la fusion avec une autre équipe locale mais l’union ne dura pas plus d’un an. Le club changea alors de nom pour Gorton AFC. Puis, en 1887, poussé par une nouvelle expulsion du terrain qu’il occupait et par le fort développement du football en Angleterre (organisation de compétition officielle, apparition du professionnalisme …), le club prit 3 importantes décisions pour se structurer et donc perdurer. Premièrement, le club trouva un nouveau terrain de jeu près d’un viaduc ferroviaire à Ardwick, qui était donc en dehors du quartier originel de Gorton. Deuxième décision, le changement de nom. En s’expatriant du quartier de Gorton, s’appeler Gorton AFC apparaît désormais un terme impropre. Par conséquent, le club fut officiellement rebaptisé Ardwick Association Football Club, du nom du nouveau quartier. Enfin, alors que le club était officiellement amateur depuis sa création, la direction décida pour la première fois en 1887 d’attribuer à un joueur un salaire hebdomadaire de 5 shillings pour ses services, le club devenant ainsi une organisation professionnelle.

Mais toutes ces décisions furent facilitées par une rencontre que permit le déménagement à Ardwick. En effet, la direction du club sympathisa avec Stephen Chesters-Thompson, en entrepreneur local, qui possédait un hôtel (avec un pub) près de la nouvelle enceinte ainsi qu’une brasserie du nom de Chester’s, fondée en 1830, dans la quartier d’Ardwick. Les bonnes relations entre la direction du club et cet entrepreneur furent décisives pour Ardwick AFC. En effet, le siège du club s’établit d’abord au sein de l’hôtel. De même, de 1887 à 1896, l’hôtel-pub servait de vestiaire aux joueurs, ce qui pourrait expliquer certaine défaite, les matchs se déroulant après l’apéritif. Puis, la brasserie Chester’s soutint le club en aidant à financer l’aménagement du terrain et également à acheter des joueurs. En échange, elle obtint la concession de l’ensemble des bars et pubs autours de l’enceinte. Les liens étant si forts, Stephen Chesters-Thompson se fraya un chemin jusqu’à la direction du club et de nombreux salariés de la brasserie intervenaient également au sein du club de football. Puis, la brasserie serait même devenue actionnaire du club. Ainsi, Ardwick AFC (qui devint Manchester City en 1894) s’assimila dans les faits avec la brasserie Chester’s et le surnom brewerymen s’imposa. En 1920, les liens se dénouèrent entre le club et la brasserie et le surnom fut moins utilisé. La brasserie d’Ardwick continua sa vie et fut démolie en 1967.

#673 – Samsunspor : Kırmızı Şimşekler

L’éclair rouge. Le football naquit dès le début du XXème siècle (1909) dans la principale ville turque de la Mer Noire, Samsun. Toutefois, les premiers clubs vécurent à peine quelques années. Puis, les années 1920 furent le véritable point de départ du développement des associations sportives dans la ville. Certains de ces clubs fusionnèrent entre eux et, lors de l’un de ces mariages, un nouveau club du nom de Samsunspor émergea en 1927. Portant des maillots noirs et blancs (dans une conception qui pouvait différer d’un joueur à l’autre), ses débuts furent chaotiques et après plusieurs fermetures-réouvertures, le club commença vraiment une nouvelle vie le 16 novembre 1950. Mais, dans le contexte de la structuration du football turque qui donna naissance à sa première division professionnelle en 1959 et à sa seconde division en 1963, la création de l’association actuelle se réalisa le 30 juin 1965 quand Samsunspor fusionna avec 4 autres clubs de la ville : 19 Mayıs, Fener Gençlik, Akınspor et Samsun Galatasaray. Cette nouvelle structure fut encouragée par le directeur régional de la Türk Ticaret Bankası (Banque Commerciale Turque), Kadri Ersan, qui accéda à sa présidence. Comme les couleurs de la banque était le rouge et le blanc, elles s’imposèrent alors au nouveau club. Même si le dessin du premier maillot était similaire à celui du Slavia Prague (un maillot séparé verticalement en deux avec une partie rouge et une partie blanche), le premier kit porté lors de sa première saison fut plus simple : un maillot rouge, un short blanc et des chaussettes rouges et blanches.