#776 – Montevideo City Torque : el City Uruguayo

Le City uruguayen. Dénommé initialement CA Torque et attaché au quartier de Punta Carretas à Montevideo, le club naquit de l’ambition d’un groupe d’hommes d’affaires, emmené par Raúl Aquino Reynoso, qui se lancèrent le défi de créer un club de football renommé en partant de zéro. La progression fut rapide et 5 ans après sa création en 2007, il aquit le statut professionnel en accédant à la seconde division nationale. Dès sa première année en seconde division, l’équipe faillit réaliser l’exploit d’être promue à l’étage supérieure. Malheureusement, cet échec marqua une période de stagnation du club dans l’antichambre de l’élite. En 2017, le City Football Group envisageait d’élargir ses bases en s’ancrant dans le football sud-américain. Société holding majoritairement détenu par le fonds Abu Dhabi United, elle a constitué un portefeuille de clubs de football à travers le monde dont la tête de pont est Manchester City. Cette politique de « conglomérat » est également poursuivi par d’autres investisseurs ou « mécènes » (tels que Red Bull) mais City l’a hérigé à une grande échelle. City a ainsi intégré les américains du New York City FC, les australiens du Melbourne City, les japonais de Yokohama F. Marinos, les espagnols de Girona FC, les chinois de Sichuan Jiuniu FC, les indiens du Mumbai City FC et les belges du Lommel SK. La dernière acquisition fut le club français de l’ESTAC. Pour le marché sud-américain, le groupe d’investissement évalua différentes cibles ayant une capacité de développement sur ce continent et le choix final se porta sur Torque. L’acquisition du club devint effective le 6 avril 2017. Dans cette stratégie, pour les clubs qui ne possèdent pas une histoire et une marque forte, la volonté marketing du groupe est de s’appuyer sur l’image du club anglais de City. Ainsi, les couleurs, le blason et le nom du club acheté s’aligne sur celui de Manchester. Ce fut le cas pour Torque qui finit alors par être nommé le City uruguayen.

#742 – Landskrona BoIS : Skånes Uruguayare

Les uruguayens de Scanie. La ville de Landskrona se trouve dans la région de la Scanie mais cette dernière n’a aucun lien avec l’Uruguay. En revanche, le club se tissa une connexion avec le pays sud-américain dans les années 1930. En 1932, le meilleur joueur et buteur du club, Harry Dahl, quitta Landskrona après avoir marqué 334 buts en 410 matches (record inégalé à ce jour). Dans la foulée, le club descendit en seconde division. Pour redonner du souffle, la direction engagea Nisse Svensson comme entraineur. Il révolutionna le style de jeu du club en étant tourné vers l’offensive et le porta au sommet de la ligue. En 1938, le club atteignit la 3ème place du championnat tandis que l’année suivante le club accrocha la 4ème place. Suite à victoire de Landskrona 8 buts à 2, un journaliste compara alors l’équipe à celle qui était l’une des meilleures du monde à l’époque, l’Uruguay. En 1930, double championne olympique en titre, l’Uruguay remporta la première Coupe du Monde. Dans les années suivantes, sans les rancoeurs à l’égard des pays européens et l’animosité avec sa rivale argentine qui la détourna de nombreuses compétitions, la Celeste aurait certainement pu enrichir son palmarès et marqué encore plus l’histoire du football dans ces années-là. Néanmoins, elle resta comme l’une meilleures équipes et une des plus belles à voir jouer dans les années 1930.

Pour rendre hommage à ce surnom, le club décida cette année d’adopter en deuxième maillot un équipement bleu ciel, au couleur de l’équipe d’Uruguay. Malheureusement, après quelques matchs, la Ligue demanda de retirer ce maillot qui était trop proche de la version domicile (de couleur blanche). Ce qui fut fait au regret des supporteurs.

#719 – CS Cerrito : los Auriverdes

Les jaunes et verts. Comme beaucoup de clubs uruguayens, le CS Cerrito naquit à Montevideo, dans le quartier de Cerrito de la Victoria (Colline de la Victoire) le 28 octobre 1929. Si certains clubs choisirent leurs couleurs en référence à celles de leurs villes ou pour rappeller leur attachement à des causes nationalistes (et pour bien d’autres raisons réfléchies), le choix de Cerrito fut plus pragmatique. L’un des fondateurs, Esteban Marino, possédait un magasin où il vendait notamment du linge de maison. Parmi ses invendus figuraient des taies d’oreiller et des draps aux couleurs jaunes et vertes. Il piochat dans ces stocks pour fournir la matière première nécessaire à la confection des premiers maillots du club. Le hasard fut plutôt bon avec un mariage de couleurs plutôt heureux.

#705 – Plaza Colonia : el Leicester Uruguayo

Le Leicester uruguayen. Le lien avec le club anglais ne remonte pas aux origines du club qui ne fut pas fondé par ou avec le soutien d’immigrés anglais provenant des Midlands. Plaza Colonia connut simplement son heure de gloire au même moment où Leicester conquit pour la première fois et à la barbe des cadors anglais, la Premier League, en 2016. Et les commentateurs trouvèrent quelques similarités dans les épopées des deux clubs. Lors des saisons 2012-2013 et 2013-2014, le club de la ville de Colonia del Sacramento luttait en seconde division pour ne pas être rétrogradé. Puis, lors de la saison 2014-2015, après un départ loupé, l’équipe entrainée par Eduardo Espinel, finit par terminer à la seconde place et gagner son accession en première division. A l’aube de leur retour dans l’élite uruguayenne, le club ne visait que le maintien et le tournoi d’ouverture confirma leur inquiétude. L’équipe finit à la 13ème place (sur 16). Puis, la situation s’inversa totalement pour le tournoi de clôture. Luttant avec les deux clubs historiques et prestigieux de Peñarol et Nacional, Plaza Colonia leur ravit le titre à l’avant-dernière journée du championnat, en remportant une victoire au stade Campeón del Siglo, domicile de Peñarol. C’était la première ligne significative du club et surtout il s’agissait de la première fois qu’une équipe ne résidant pas à Montevideo gagnait le championnat uruguayen. Jusqu’à ce tournoi de clôture 2016, seuls les clubs de Nacional, Peñarol, Defensor Sporting, Progreso, Danubio, Central Español et Montevideo Wanderers avaient remporté le titre suprême. Cette magnifique histoire se solda malheureusement par une défaite en demi-finale face à Peñarol, vainqueur du tournoi d’ouverture la même année, et qui fut officiellement déclaré champion. Au classement cumulé, le club de Colonia termina à la 4ème place, ce qui le qualifiât tout de même pour la Copa Sudamericana. L’exploit du petit club de province ne parvint pas jusqu’en Europe où l’épopée de Leicester monopolisa l’attention de la presse. Mais, en Amérique du Sud, cette réussite fut saluée. L’un des principaux journaux sportifs argentin, Canchallena, titra Otra historia de David y Goliat (une autre histoire de David et Goliath), soulignant qu’un seul joueur de Peñarol gagnait plus que le budget mensuel total de Plaza. Pour sa part, le journal chilien, El Gráfico Chile, qualifiât le couronnement de l’équipe comme une sorpresa mayúscula en el fútbol de Uruguay (surprise majeure du football uruguayen). En Colombie, le portail Fútbol Red salua le triomphe de humilde equipo ante el todopoderoso (l’humble équipe contre le tout-puissant) Peñarol. ESPN remarqua également le triomphe de Colonia (Plaza Colonia hizo historia / Plaza Colonia est entré dans l’Histoire). Même en Indonésie, via le portail CNN, la consécration de Plaza fut notée et le club fut nommé el Leicester Uruguayo, surnom que d’autres journaux sud-américains utilisèrent aussi.

#680 – CA Bella Vista : los Papales

Les pontificaux. Les états pontificaux ne s’étendirent pas jusqu’à ce quartier de Bella Vista, en plein Montevideo. Ce lien avec le Pape s’explique par le maillot distinctif du club, composé d’une partie blanche et une autre jaune, à la façon de Blackburn Rovers. Or, cette association des deux couleurs correspond exactement au drapeau des Etats du Pape, ce qui enfanta le surnom. Pourquoi le club de quartier associa ces deux couleurs de cette façon ? Deux versions s’affrontent mais les deux remontent aux origines du club en 1920.

A cette époque, le football uruguayen était déjà bien développé et dominait la scène continentale : le pays avait remporté 3 des quatre premières éditions de la Copa America (il était même finaliste de la seule non gagnée) et la première division existait depuis l’année 1900. Montevideo, qui était une ville qui concentrait un tiers des 1 millions d’habitants du pays, avait déjà vu la plupart de ses grands clubs naître : Peñarol (1891), Nacional (1899) et Wanderers (1902). Cet environnement favorable au football se ressentait dans les nombreux quartiers de la ville et Bella Vista n’y échappa pas. La conjoncture de plusieurs passionnés permit l’émergence du Bella Vista. D’un côté, de jeunes garçons jouaient au football dans les terrains vagues près de Bulevar Artigas et Agraciada. De l’autre, l’inauguration de la chapelle et de l’école Maturana, par la congrégation des Salésiens, en octobre 1907 engendra l’implication de cette communauté dans la vie du quartier (conformément à leurs principes éducatifs) et notamment dans la promotion d’activités culturelles ou sportives. L’un de ses prêtres très actifs, Marino Guerra, enseignait le catéchisme avec deux outils qui lui paraissaient indispensables : une bible et un ballon de football. Ainsi, le barbier Vicente Zibechi impulsa l’idée de fonder un club dans le quartier, ce qui se réalisa le 4 octobre 1920.

Selon l’une des versions, le premier terrain du club se situait rue Larrobla, dans une propriété qui appartenait à l’école Maturana. En remerciement, le club demanda au prêtre de l’église de choisir les couleurs de l’uniforme et ce dernier reprit celles des Salésiens, jaune et bleu ainsi que celles des Etats Pontificaux, jaune et blanc. Ainsi, le kit se composa d’un maillot similaire au drapeau du Vatican et d’un short bleu.

Toutefois une autre version peu répandue avancent que cette composition de couleurs rendait hommage aux deux clubs dominateurs du championnat : Peñarol (alors connu sous le nom de CURCC) qui avait déjà remporté 6 titres et Nacional qui en avait gagné 8. Peñarol jouait en jaune et noir tandis que Nacional arborait les couleurs blanches et bleu.

#659 – Albion FC : el Decano

Le doyen. Le football fut introduit en Uruguay, comme dans beaucoup de pays, en particulier sud-américain, par des immigrés britanniques dans les années 1880. Le premier match de football connu en Uruguay fut celui joué en 1881 entre le Montevideo Rowing Club (club d’aviron fondé en 1874) et le Montevideo Cricket Club (club de cricket créé en 1861). Toutefois, ces deux institutions sportives n’étaient pas dédiées au football et il fallut attendre 1891 pour que le premier club de football naisse. Un professeur britannique nommé William Leslie Poole arriva en Uruguay en 1885 en provenance de l’université de Cambridge pour enseigner l’anglais au sein de la English High School à Montevideo. Au delà de son statut d’enseignant, Poole était un sportif exemplaire qui pratiquait le football, l’aviron, le cricket et le rugby. Il entraina ses élèves à ses différentes disciplines nouvelles et inspira l’un d’eux, Henry Candid Lichtenberger Levins, qui convainquit 22 autres camarades de fonder le premier club exclusivement dédié au football, sous le nom de Foot-ball Association, le 1er juin 1891. Le premier match se déroula le 2 août 1891 contre le Montevideo Cricket Club et se conclut par une défaite 3 buts à 1. Le 21 septembre 1891, lors d’une réunion tenue dans les locaux de la caserne anglaise, sur proposition de deux membres (Pepper et Clark), le nom du club fut changé en Albion Foot Ball Club (Albion est un nom alternatif de la Grande-Bretagne depuis Ptolémée), en hommage à la patrie des créateurs de ce sport et certainement aussi car les membres étaient tous des descendants de la communauté britannique de Montevideo. En 1900, avec 3 autres clubs, l’Albion participa à la création du championnat d’Uruguay et de la Uruguay Association Foot-ball League, prédécesseur de la fédération actuelle. En 1901, l’équipe d’Albion, rejointe par 2 joueurs du Club Nacional, joua contre une équipe d’Argentine, ce qui est aujourd’hui considéré comme le premier match de l’équipe nationale d’Uruguay. Aujourd’hui, le club existe toujours et navigue entre la seconde et la première division. Il demeure à jamais le doyen du football uruguayen.

#561 – Racing Club de Montevideo : los Cerveceros

Les brasseurs. En 1919, le football se développait bien en Uruguay, en particulier à Montevideo. Chaque quartier de la capital voyait des clubs se constituer : Defensor Sporting (quartier du Prado) en 1913, Rampla Juniors (quartier d’Aduana) et Sud América (quartier de Villa Muñoz) en 1914, Liverpool (quartier de Nuevo París) en 1915, Fénix (quartier de Capurro) en 1916 et Progreso (quartier du Port) en 1917. Ainsi, un nouveau club fit son apparition dans le quartier de Reducto. Un groupe de jeunes, composé de Dante Roberto, Germán Roberto, Osvaldo Roberto, Bartolomé Grilo, Carlos Sagredo, José Maeri, Casimiro Céspedes, entre autres, fonda le Racing Club de Montevideo le 6 avril 1919. Initialement le club portait le nom de Yuyito puis Guaycurú FC, ces noms provenant des rues du quartier. Finalement, les fondateurs optèrent pour le nom du Racing Club en l’honneur du club de Buenos Aires. Mais, le surnom reste attaché au quartier de Reducto puisque face au premier terrain où l’équipe évoluait se situait une brasserie du nom de Colón.

#501 – Nacional Montevideo : los Tricolores

Les tricolores, le blason du club affichant les couleurs bleu, rouge et blanc. Le 14 mai 1899, joueurs et dirigeants de l’Uruguay Athletic Club et du Montevideo Football Club fusionnèrent pour donner naissance au Nacional. Premier club « créole » (ie de personnes nées en Uruguay et descendant des européens) d’Amérique du Sud, les fondateurs voulaient que le club soit le digne représentant du pays, qui avait à peine 70 ans d’existence. Ainsi, sur proposition de Dr Ernesto Caprario, les fondateurs dotèrent le club du nom de Nacional et, pour les couleurs, reprirent celles du drapeau d’Artigas. Cela tombait bien car Montevideo Football Club portait du rouge et Uruguay Athletic du bleu.

Le drapeau d’Artigas est l’un des symboles de l’Uruguay et la bannière des indépendantistes des années 1810-1820. En 1811, la population de l’Uruguay actuel (appelé alors Bandera Orientale) ainsi que de l’Argentine prirent les armes contre l’Espagne pour obtenir leur indépendance. Ces troupes étaient emmenées par José Gervasio Artigas, qui devint plus tard un héros national. A compter de 1815, ils adoptèrent un drapeau composé de bandes horizontales bleues, blanches et rouges (plus tard, les bandes rouges furent remplacées par une unique bande diagonale, barrant celles du haut et du bas bleues et celle du centre blanche). Artigas avait créé ce drapeau sur la base de celui de Manuel Belgrano (un des principaux leaders de la guerre d’Indépendance et le créateur du drapeau de l’Argentine), auquel il ajouta la couleur rouge symbolisant le sang versé pour l’indépendance.

Le club opta d’abord pour un maillot rouge, couleur du poncho national, avec un col et des poignets bleus. Puis, en 1902, le maillot blanc (qui perdure aujourd’hui) s’imposa, à la demande de la fédération, car le maillot rouge était trop similaire aux couleurs d’un autre club, Albion FC (mais également car le rouge des maillots s’estompait au fil des lavages et en outre, en 1900, Nacional absorba le club du Defensa Football Club qui évoluait en blanc). Ce maillot blanc fut toujours accompagné de parements rouge et bleu (soit au travers de la fameuse poche – cf #57 – soit le cols et/ou les poignets).

#479 – CA Rentistas Montevideo : el Renta

Diminutif du nom du club, nom qui signifie rentiers. Nom de club original et dont la détermination ne l’est pas moins. Malgré un nom qui suggère une aisance financière, les fondateurs établirent en 1933 le club dans le quartier Cerrito de la Victoria, connu pour être le quartier ouvrier de la ville de Montevideo en raison de l’installation de nombreuses usines dans les années 30 et 40. Le club effectivement ne reposait pas sur de riches donateurs ou fondateurs. Ces derniers étaient un groupe de jeune, parmi lesquels les frères Pizzi, Bovino, Gamba, Esteban Marino, José Santuyo, Emilio Pronzolino, Rissotto, Ballestier et quelques autres, qui se réunissaient régulièrement pour jouer au football. Au point que leurs voisins s’interrogeaient sur leur autre occupation en dehors du sport. Esteban Marino entraina ses camarades à structurer une association et ainsi leur déclara « ¿Alguien trabaja mañana…? » (Quelqu’un travaille demain … ?). Un silence s’installa comme seule réponse et il leur dit ce bon mot « Vivimos de rentas » (nous vivons de rentes). Emilio Pronzolino, proposa alors de nommer le club « Rentistas » .

#436 – Cerro Largo FC : los Arachanes

Les Arachanes seraient une tribu amérindienne disparue et dont l’existence n’est pas certaine. Ils sont considérés comme une nations indigènes de l’Uruguay. Un seul ouvrage les mentionne en 1612 rédigé par Ruy Díaz de Guzmán (Historia Argentina del descubrimiento, población y conquista de las provincias del Río de la Plata). En 1836, l’historien argentin, Pedro de Angelis, reprit les mentions de Díaz de Guzmán concernant cette tribu en précisant l’étymologie du nom. Ce dernier exprimait leur lieu de résidence. Ara est le jour, et chane, celui qui voit. Les Arachanes étaient donc un peuple qui voit le jour, ie un peuple oriental. Membres du peuple Guarani, ils étaient localisés dans la partie orientale de l’Uruguay et au sud-est du Brésil. Ils étaient donc également à l’est du peuple Guarani. La découverte de vestiges archéologiques dans le sud du Brésil et l’est de l’Uruguay, principalement dans le Cerro Largo, renforcèrent cette idée. Pour autant, à la fin du XXème siècle, leur existence fut remise en cause par certains auteurs.