#1204 – SC Farense : Leões de Faro

Les lions de Faro. Dans l’Algarve, le SC Farense représente la ville de Faro, capitale de la région, et constitue le doyen de l’Algarve, ayant été fondé le 1er avril 1910. Le football fut importé dans la région, comme dans beaucoup d’autre partie du monde, par les échanges maritimes. En 1904, mouillait dans le port de Faro un bateau-école nommé « Duque de Palmela » et dont les marins pratiquaient le football contre des jeunes de la ville. Finalement, 5 frères du nom de Gralho (João, José, Joaquim, António et Jorge) décidèrent de former une vrai équipe qui bénéficierait d’un terrain, d’un siège et de kit, en l’échange d’une cotisation. Le club se dénomma d’abord Faro Foot-Ball.

Dans un football portugais naissant, les clubs de la capitale, parfois à peine plus âgées, imprimaient déjà leur aura sur les autres jeunes associations du pays, notamment par leurs résultats ou par leurs infrastructures/organisations développées. En 1910, le Benfica (fondé en 1904) et le Sporting Clube Portugal (fondé en 1906) voyaient leur réputation dépasser les frontières de Lisbonne. Le Sporting se voulait être une référence (l’un de ses fondateurs, José Alvalade, se donnait comme objectif « Queremos que o Sporting seja um grande Clube, tão grande como os maiores da Europa » (Nous voulons que le Sporting soit un grand club, aussi grand que le plus grand d’Europe)) et bénéficiait de meilleure infrastructure sportive qui avait déjà attiré des joueurs du Benfica en 1907. En outre, en 1910, le Sporting se distinguait sportivement, ses athlètes remportant des titres nationaux au saut à la perche, au lancer du poids, au saut en longueur et à la corde. En football, le club avait été vice-champion de Lisbonne en 1908. Les fondateurs du club de Farense avaient alors des sympathies pour le Sporting et décidèrent d’en adopter le nom et les symboles. Le Faro Foot-Ball devint le Sporting Clube Farense. Le Sporting jouait déjà à cette époque avec son maillot scindé en deux, vert et blanc. Mais, les photos de l’époque étant en noir et blanc, les membres de Farense reprirent le même maillot mais en noir et blanc. Enfin, le lion, symbole du Sporting (cf. #295) depuis sa fondation, influença également le club de Faro. Aujourd’hui, le roi des animaux, figurant sur le blason de Farense, représente la force, la bravoure et la noblesse, valeurs qui doivent se diffuser dans toutes les activités du club.

Cette influence du Sporting sur Farense se traduisit par l’affiliation de ce dernier en 1922 au club de la capitale. En effet, même s’il est indépendant, Farense a la statut de filiale du Sporting, qui en compte près de 180 dans le monde entier. Il est même officiellement la deuxième filiale.

#1203 – RAEC Mons : les Dragons

Sur le logo du club, un dragon apparaît mais son style semble peu commun (même si personne n’a jamais observé un dragon) et renvoie plutôt à char de carnaval. Mons est l’une des villes du Nord (Nord de la France et Belgique) qui s’anime à l’époque du carnaval avec des fêtes traditionnelles et des figures folkloriques (des géants ou des dragons). Lors du week-end de la trinité, soit une semaine après la pentecôte ou huitième dimanche après Pâques (donc entre mi-mai et mi-juin), Mons célèbre la Ducasse (ou Doudou, nom de la musique jouée pendant la fête).

La fête s’étire du Samedi au Lundi, jalonnée de plusieurs manifestations scénarisées. Tout commence le Samedi soir, lorsque la Châsse (le coffre contenant les reliques) de Sainte Waudru, considérée comme la fondatrice de la ville, quitte la collégiale qui porte son nom et est confiée au bourgmestre. Le Dimanche, la Châsse déambule dans les rues de la ville, posée sur un immense char d’apparat de près de 2 tonnes datant de 1780 et tiré par 6 robustes chevaux, le Car d’Or, et accompagnée de près 1 500 participants en costumes d’époque représentant les corporations et personnes importantes de la ville, comme les confréries, les paroisses, la famille de la sainte et les personnages liés à sa vie. Puis, la foule en liesse pousse les chevaux pour effectuer la remontée de la rampe qui longe la collégiale. A l’issue de cette remontée commence l’apogée de la ducasse, le Combat dit Lumeçon, qui chorégraphie la lutte de Saint Georges (le bien) contre le dragon (le mal). Descendant de la collégiale, les acteurs du combat, Saint Georges et le dragon, ainsi que 44 personnages folkloriques comme les chins-chins, diables, hommes blancs et hommes de feuilles, cybèle, poliades, pompiers et policiers, rejoignent la Grand Place et se livrent à un rituel précis et parsemé de nombreux éléments symboliques, où, au final, Saint Georges terrasse le dragon. Mu par les Hommes blancs et les Hommes feuilles, le dragon se nomme El’ Biète, mesure environ 10 mètres de long et pèse 180 kilos. Un des objectifs des spectateurs est d’attraper un crin de la queue du Dragon qui est ensuite porté en bracelet comme porte-bonheur. Puis, les festivités se poursuivent jusqu’au Lundi avec des concerts, braderies, jeux …

La procession en l’honneur de la patronne de la ville remonte à 1248. Sa date aurait été fixée au dimanche de la trinité en 1349. La représentation du combat serait apparue au XVème ou XVIème siècle, selon les sources. Puis, elle cessa au XVIIIème avant de revenir au XIXème siècle. La fête reprit de la vigueur dans les années 1930, sous l’impulsion du chanoine Edmond Puissant, qui contribua à la création de nouveaux groupes et au renouvellement des costumes. Enfin, en 1972, pâtissant de nombreux débordements et bagarres, le combat fut réaménagé par Georges Raepers qui travailla sur la scénographie et son aspect ludique. En 2005, la Ducasse de Mons obtint le statut de chefs-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité par l’UNESCO.

#1202 – Alkí Larnaca : Αθάνατη

L’immortel. Je commente assez peu les surnoms des clubs disparus car il y a déjà tellement à faire avec ceux qui existent. Mais, celui de ce club chypriote a une petite singularité. En 1948, année de fondation du club, Chypre se fracturait. Les chypriotes s’opposaient à la présence coloniale britannique. Population chypriote qui était également divisée entre la communauté grecque et la communauté turque. Enfin, important la guerre civile grecque sur le territoire chypriote, la communauté grecque se partageaient entre ceux supportant les mouvements nationalistes et ceux pour les communistes. Ces divisions se transférèrent dans le monde sportif et de nombreux clubs exclurent les turcs puis les grecques de gauche. Ces derniers prirent la décision de fonder leurs propres associations. Ainsi naquit l’Alkí Larnaca.

Dérivant d’un terme proto-indo-européen signifiant « protéger », Alkí (Αλκή) signifie prouesse, force ou combat. Né sous ces auspices, le club démarrait bien son existence et pouvait déjà paraître comme immortel. Mais, en réalité, le terme arriva un peu plus tard et pour une toute autre raison que son nom. En 1960, le club rejoignait l’élite chypriote et, en faisant le bilan à l’année 2014, Alkí participa à 42 saisons au sein de la première division, dont 20 d’affilée entre 1960 et 1981 (et 19 années en seconde). Cette constance au sein de l’élite se fit malgré la faiblesse de ses moyens et le fait d’avoir souvent flirté avec la zone de relégation. Mais elle démontrait la persévérance et la capacité à résister, à se battre du club. Les fans appelèrent alors affectueusement leur équipe, l’immortel. Un chant célèbre dit « Αλκή μου είσαι αθάνατη, τζι αθάνατη θα μείνεις » (Mon Alkí , tu es immortel, tu resteras immortel).

Pourquoi arrêter le bilan à 2014 ? Depuis un certain nombre d’année, le club rencontrait de graves difficultés financières et finit par se faire sanctionner avant le début de la saison 2013-2014 par une déduction de points et une interdiction de transfert pour les footballeurs de plus de 21 ans. La situation continua à se dégrader financièrement et sportivement, l’équipe terminant la saison avec -39 points. En mai 2014, le club fit finalement faillite et disparut définitivement … étonnant pour un immortel.