La bande de fous ou le gang de cinglés. La saison 2026-2027 marque le retour d’un club historique en Roumanie. Près de 10 ans après avoir quitté la scène footballistique, le Sportul Studențesc Bucarest fait son retour en 5ème division, avec le soutien d’anciens joueurs du Gașca nebună.
Fondé en 1916, à l’initiative d’un groupe d’enseignants et d’étudiants mené par le mathématicien Traian Lalescu, l’équipe accéda à la première division en 1937 et, sans les moyens des autres clubs de la capitale, représenta dignement la communauté étudiante. Le club connut son apogée dans les années 1980 avec au manette le symbole du football roumain, Gheorghe Hagi, qui joua pour le Sportul Studențesc entre 1983 et 1987, disputant 125 matchs et marquant 63 buts. Mais, une autre génération donna naissance à ce surnom, qui, loin d’être péjoratif, fut attribué par la presse sportive et adopté avec fierté par les supporters pour caractériser une équipe au comportement tactique et mental hors du commun entre 2003 et 2006.
Au début des années 2000, sous la houlette des entraineurs Gigi Mulțescu puis Ioan Andone, une philosophie de jeu et une nouvelle génération de jeunes joueurs virent le jour et ramenèrent l’équipe dans l’élite. Tout d’abord, le Sportul Studențesc rejetait catégoriquement le calcul tactique. Quelque soit la qualité de l’adversaire, l’équipe jouait avec la même philosophie : attaquer sans relâche, presser haut et prendre des risques considérables. Leurs matchs se terminaient fréquemment sur des scores fleuves (victoire 5 buts à 4 sur le terrain du Dinamo Bucarest le 29 Avril 2006), offrant un spectacle permanent.
Cette tactique fut supportée par la folie d’une équipe relativement jeune. Composée en grande partie de jeunes formés au club ou repérés très tôt (Gigi Bucur, Ionuț Mazilu, Costin Lazăr, Dacian Varga et Tiberiu Bălan), l’effectif jouait sans la moindre pression psychologique. Ils affrontaient les cadors du championnat sans aucun complexe d’infériorité, imposant leur rythme avec une insolence rafraîchissantes. En outre, l’ambiance au sein de l’équipe était particulièrement joyeuse. Dacian Varga le résumait ainsi « La noi în fiecare zi se faceau glume, nu exista o zi fără să facem. Întreabă-i pe toți care au fost la Sportul. Dacă îți murea mama astăzi și mâine mergeai la antrenament, n-aveai cum să fii supărat când ajungeai acolo, când deschideai vestiarul » (Chez nous, on faisait des blagues tous les jours, il n’y avait pas un seul jour sans qu’on en fasse. Demande à tous ceux qui sont passés par le Sportul. Même si ta mère mourait aujourd’hui et que tu allais à l’entraînement le lendemain, tu ne pouvais pas être triste en arrivant là-bas, en ouvrant la porte du vestiaire).
La saison 2005-2006 marqua l’apogée sportive de la Gașca Nebună. Affichant un niveau de jeu flamboyant, le Sportul Studențesc rivalisa les yeux dans les yeux avec le Steaua et le Rapid Bucarest. Au terme d’une campagne mémorable, le club décroche la 2ème place du championnat, coiffant au poteau le Dinamo et le Rapid, et s’assurant sur le terrain une qualification historique pour la Coupe UEFA. Cependant, la folie de ce moment allait être rattrapée par la dure réalité. En raison de dettes accumulées par le club, la Fédération Roumaine de Football prit une décision drastique : le club fut relégué administrativement en seconde division et exclut de la Coupe d’Europe.