#1388 – KF Vllaznia Shkodër : Djepi i Futbollit Shqiptar

Le berceau du football albanais. Au Nord du pays, une ville et un club se revendiquent le berceau du football albanais. Là où a débuté l’aventure du ballon rond dans le pays des aigles. En 1905, alors que le pays se trouvait encore sous domination de l’Empire Ottoman, une première vague de missionnaires catholiques, en provenance de Malte, s’établit à Shkodra, ville florissante par son commerce mais encore ancrée dans des mœurs ancestrales. Les prêtes se donnèrent pour mission d’éduquer les enfants, dans la foi chrétienne. Ces derniers jouaient à un jeu ressemblant au football appelé top e kambë (ballon et jambe). Les balles étaient façonnées à partir de chiffons liés avec de la ficelle. Un prêtre, Gut Ruter, du Collège Savérien à Shkoda, eut l’idée de s’appuyer sur ce passe-temps pour introduire le football, avec un premier véritable ballon en cuir, et ainsi s’enraciner dans la population. Puis, le prête fonda la première équipe sous le nom de Indipendenca (Indépendance). 5 ans plus tard, toujours à Shkodra, un match amical eut lieu entre cette équipe et une formation austro-hongroise composée de soldats de l’Empire qui occupaient alors la ville. Cette rencontre, qui se solda par une défaite 2 buts à 1 pour les albanais, est encore considérée comme le premier match international de l’Albanie, d’autant plus qu’elle se joua dans les standards internationaux (match de 90 minutes, avec deux mi-temps).

Puis, le 16 février 1919, 75 personnes, provenant de deux sociétés familiales (la société Mustafa Pasha et la société Vaso Pasha), se réunirent et fondèrent le Shoqëria Sportive Vllaznia (Société Sportive Vllaznia), l’équipe de Shkodra aux couleurs rouge et bleu, 9 fois championne et 8 fois vainqueur de la Coupe d’Albanie. Le club cherchait à donner des opportunités à la jeunesse de Shkoda, non seulement via le sport (football, gymnastique) mais aussi par la culture (littérature, théâtre, musique). Il s’agissait du premier club de football du pays et demeure donc le doyen albanais.

#1387 – KV Mechelen : Malinwa

Aucune signification à ce terme si ce n’est la prononciation locale de Malinois. Pour comprendre pourquoi des flamands appellent leur club de la manière francophone, il faudra replonger dans la création de l’Etat Belge, s’étonner de la répartition linguistique belge au XIXème siècle, sans ouvrir la fracture identitaire actuelle. Pas une mince affaire, surtout lorsqu’on est français et loin de cette histoire qui nous parait simple : d’un côté des flamands (pour beaucoup de français, des néerlandais) et de l’autre des wallons (de vague français pour les français).

En 1904, à Malines (le nom francophone de Mechelen), deux clubs de football virent le jour. D’un côté, le Racing Mechelen, né d’écoliers fréquentant un établissement d’enseignement néerlandophone, l’Athénée, représentait la classe moyenne de gauche, libérale dans le sens de l’émancipation de la religion catholique et de l’assimilation au français. De l’autre, des étudiants de 3 écoles catholiques différentes (l’internat Saint-Victor d’Alsemberg, l’Université de Louvain et le collège Saint-Rombout) se réunirent pour créer un club afin de pratiquer leur sport favori, le football. Mais, il s’agissait aussi d’une réaction à la fondation du Racing et, comme les trois établissements étaient francophones comme leurs élèves, le club s’appella le FC Malinois. D’où le surnom de Malinois à Malinwa.

Oui, les 3 établissements cités, dont la fameuse université de Louvain, étaient bien francophone et catholique, ce qui peut surprendre alors que nous sommes à Malines, dans une ville de la Région Flandres et qui l’a toujours été. Lors de la révolution de 1830, qui vit la création de la Belgique, par séparation avec les Pays-Bas, la majorité de la population belge avait comme langue maternelle son parler local (champenois, picard, lorrain ou wallon côté wallon et limbourgeois-carolingien, francique ripuaire, francique mosellan, flamand et brabançon côté flamand). Et ce parler s’adapter dans chaque ville par l’accent et le vocabulaire. Le français comme le néerlandais n’étaient que peu utilisés par les habitants. Pourtant, l’administration (Gouvernement, Justice, Armée …) comme le clergé catholique (la Belgique était alors principalement catholique), souhaitant se démarquer de l’ancienne domination protestante néerlandaise, adoptèrent le français comme langue du nouvel état (même si officiellement la constitution ne prévoyait pas de langue officielle). Comme le clergé organisait la vie scolaire et que le français, comme langue de la diplomatie et des « Lumières », jouissait d’un grand prestige, la langue de Voltaire s’imposa également aux étudiants. Elle séduit ainsi toutes les élites aussi bien du côté wallon que dans les villes de Flandres. La langue devenait un marqueur de classe sociale (plus qu’un marqueur géographique). C’est ainsi qu’à Malines, le peuple parlait le dialecte local (le Mechels), mais dans les classes sociales plus élevés, le français était de mise.

Au fur et à mesure du XIXème siècle, cette prédominance de fait du français aida au développement puis se heurta au mouvement flamand. À partir de 1840, une guerre linguistique débuta, en particulier dans les écoles, qui conduisit à un bilinguisme de droit en Flandres. Ce fut la première étape du retour en grâce du flamand au détriment du français jusqu’à son avènement dans la période d’Entre-deux guerre. C’est dans ce contexte que les deux club malinois naquirent avec le Racing pour les néerlandophones de la classe moyenne et le FC pour les francophones de l’élite.

#1386 – Kapfenberger SV : die Falken

Les faucons. Fin 2023, une vidéo, montrant des joueurs en maillot rouge se réunir de manière spontanée pour se déhancher et chanter à tue-tête dans un vestiaire, se répandit comme une trainée de poudre sur internet, cumulant plus de 11 millions de clics. Ces joyeux fêtards étaient l’équipe de Kapfenberger après leur victoire face à Horn le 6 Octobre. Leur joie et leur enthousiasme débordants conquit le public qui surnomma la vidéo tanzenden Falken (les faucons dansant). Non pas que leurs pas de danse improvisés rappelaient le vol du rapace mais le volatile s’affiche sur l’écuson du club.

Surplombant leurs proies et attaquant en piqué, le rapace véhicule une image qui sied souvent bien au club de sport, et notamment celui-ci. Mais, au de cette symbolique, l’oiseau parait dans son milieu naturel pour cette ville située dans les alpes autrichienne. D’ailleurs, la municipalité émergea au pied du chateau d’Oberkapfenberg construit par les seigneurs de Stubenberg au Moyen-Âge. Installée sur un promontoire, la forteresse offre une vue imprenable sur la vallée de la Mürz, en amont comme en aval, ainsi que sur la vallée de la Thörl. Aujourd’hui, abritant une fauconnerie, il domine le stade Franz-Fekete. Ses rapaces planent au-dessus du stade et sont devenus une image familière pour les supporters, créant un lien naturel entre l’équipe et l’oiseau. Le stade est ainsi métaphoriquement considéré comme le territoire de chasse des faucons.

La couleur argenté du faucon sur l’écusson rappelle l’acier fabriqué par l’usine sidérurgique Böhler. Son importance explique le surnom de la cité Böhlerstadt (la ville de Böhler). Dès le Moyen Âge, l’artisanat sidérurgique local (moulin à marteaux) profita de deux atouts majeurs. D’un côté, le minerai de fer provenant de l’Eisenerz (le mont de fer) tout proche. De l’autre, l’énergie hydraulique de la rivière Mürz. Puis, dans la première moitié du XIXème siècle, la famille Mayr fit entrer l’outil industriel de la ville dans l’ère moderne. Enfin, le véritable tournant survint à la fin du XIXème siècle, avec les frères Albert et Emil Böhler qui achètent l’usine sidérurgique, et sous leur impulsion, Kapfenberg devint un centre mondial pour les aciers spéciaux.

#1385 – Envigado FC : la Cantera de Héroes

La carrières de héros, qui s’affiche fièrement en tête de son écusson. A la fin de la saison 2025, la relégation du club en seconde division pouvait apparaître comme un désastre qui dépassait la simple douleur ressentie par la ville et ses fans. Car cette dégradation, résultat d’une gestion calamiteuse et de mauvais choix tactiques, pouvait sonner le glas de la cantera de héroes, ie du club connu pour être l’un des plus importants viviers de talents du pays. L’équipe d’Antioquia a formé des joueurs pour son équipe première qui s’expatrièrent par la suite dans de nombreux grands clubs et devinrent des éléments fondamentaux de l’équipe nationale. Juan Fernando Quintero, Giovanni Moreno, Matheus Uribe, Freddy Guarín, Dorlan Pabón, Neider Morantes, Frank Fabra, Yaser Asprilla et Jhon Jader Durán sortirent des rangs de son académie et son fer de lance reste James Rodríguez, qui, du haut de ses 16 ans, marqua 11 buts en 15 matchs et sauva le club de la faillite.

Cette réussite n’est pas le fruit du hasard puisque le club a construit un parcours structuré pour accompagner l’éclosion de jeunes talents. Le programme commence dès l’age de deux ans et s’appuie sur des entraineurs expérimentés. Ainsi, en 2020, l’académie comptait 430 jeunes âgés de 2 à 12 ans et 380 enfants au-delà de 12 ans, permettant à l’institution d’être présente dans toutes les catégories de la Ligue de football d’Antioquia, en plus de trois équipes (moins de 15, 17 et 20 ans) dans les tournois nationaux. 40 entraineurs, préparateurs physiques et psychologues entre-autres sont chargés de façonner ces jeunes. En outre, le programme « 25 héroes de proyección » (25 héros en devenir) repère les individus les plus remarquables dans tous le pays et leur permet de venir suivre une formation à Envigado.

L’Observatoire du football CIES reconnut le travail effectué par l’équipe. En 2022, au sein de 15 ligues (dont les 5 principales européennes), le club d’Envigado s’inscrivait parmi les vingt meilleurs clubs formateur au monde. En Décembre 2025, Envigado était le 4ème club à compter le plus de joueurs formés au club au sein de son équipe première (sur 50 ligues, 799 équipes et 24 034 joueurs).

#1384 – Mirassol FC : Leão Caipira

Le lion de la campagne. Mirassol, c’est le nouveau rayon de soleil du football brésilien. Représentant une ville de seulement 65 000 habitants, le club connut une ascension fulgurante en passant des divisions régionales à l’élite brésilienne en 6 ans. Avec un budget modeste (2ème masse salariale la plus faible du championnat), le club de l’intérieur de l’Etat de São Paulo créa la surprise pour sa première participation au Brasileirão lors de la saison 2024-2025. L’équipe termina à la 4ème place et offrit pour le centenaire du club, une première participation à la Copa Libertadores. Mais, l’originalité s’arrête ici puisque la mascotte du club est un lion, qui donne le surnom au club.

Même si le continent sud-américain n’acceuille pas de lion, le roi des animaux promène sa crinière et sa longue queue sur beaucoup de terrains de football. Car pas moins de 13 clubs brésiliens ont adopté le félin comme mascotte outre Mirassol (4 clubs de Série A, 2 en Série B, 4 en Série D et au moins 3 autres) : Bragentino, Fortaleza (#871), EC Vitória (#270), SC Recife (#417), Remo (#469), Avaí (#696), Portuguesa, Cianorte, Inter de Limeira, GAS, Comercial São Paulo, Villa Nova et Nacional.

Fondé en 1925, Mirassol FC connut une révolution en 1964 puisqu’il fusionna avec l’autre club professionnel de la ville, Grêmio Recreação e Esportivo Cultura. Si le nouveau club de Mirassol Atlético Clube reprit les couleurs du second (bleu et blanc), sa direction lança un vote auprès des fans pour trouver la nouvelle mascotte. Le choix des supporteurs se porta sur le lion, animal chargé de symbolisme. En effet, il représente la noblesse, le courage, la force et l’esprit de leadership. Finalement, 18 ans plus tard, les deux clubs se séparèrent mais Mirassol FC conserva le lion, qu’il fit d’ailleurs apparaître sur son blason pendant quelques années. Et comme la ville se situe à l’intérieur de l’Etat de São Paulo, dans une région plutôt agricole, le terme « campagne » a été ajouté au lion pour son surnom.

#1383 – Eintracht Francfort : Launische Diva

La diva capricieuse. Egalement surnommé die Diva vom Main (la diva du Main). Club historique de la Bundesliga en participant à sa fondation en 1963, l’Eintracht s’est distingué au fil des saisons par ses résultats en dent de scie, capable de battre une grosse écurie un week-end puis de tomber face au dernier du championnat la semaine suivante. Cette irrégularité dans sa performance résultait parfois des forts caractères au sein de l’équipe qui, finalement, semblaient choisir leur match, avoir des comportements excentriques ou clamer des revendications particulières qui déstabilisaient l’ensemble. Un vrai comportement de diva.

Pour illustrer ces événements, replongeons au début des années 1990. La décennies des années 1980 avait bien commencé par une victoire en Coupe de l’UEFA mais les années suivantes, le club évoluait plutôt au-delà la 10ème place du classement et se battit plusieurs fois pour éviter la relégation. Les années 1990 marquèrent un début de renouveau. Nommé en 1988, l’entraineur Jörg Berger composa un magnifique effectif (avec Uwe Bein, Uli Stein, Jørn Andersen, Manfred Binz, Anthony Yeboah, Ralf Weber et Andreas Möller) qui joua un des football les plus plaisants de la Bundesliga. Malheureusement, alors que l’équipe occupa de nombreuses fois la place de leader (19 fois sur 38 journées), la saison 1991-1992 se conclut sans titre. A l’ultime journée, 3 trois équipes (Francfort, Stuttgart et Dortmund) étaient à égalité de points. Francfort disposait de la meilleure différence de buts (+36 contre +29 pour Stuttgart et +18 pour Dortmund) et une victoire contre le Hansa Rostock, qui conservait une minuscule chance de se maintenir en cas de victoire, lui garantissait le titre. Mais, l’équipe du Maine s’inclina 2 buts à 1, après que l’arbitre leur eut injustement refuser un pénalty. Après cette décision arbitrale, Ralf Weber eut un célèbre coup de chaud en blessant l’œil d’un caméraman après avoir asséné un coup de pied à sa caméra.

Deux ans plus tard, sous la direction de Klaus Toppmöller, le club connut un nouvel échec. A la mi-saison, l’équipe, qui comptait Jay-Jay Okocha et Maurizio Gaudino en plus d’Uwe Bein et Anthony Yeboah, était champion d’automne avec 5 points d’avance sur le Bayern. Mais, elle s’écroula lors de la seconde partie de la saison, récoltant que 14 points et terminant finalement 5ème. La personnalité des joueurs conduisit à cet effondrement. Le gardien Ulie Stein, connu pour ses nombreux coups d’éclat et ses provocations, fut renvoyé le 10 avril 1994. A l’issu de la 30ème journée, Klaus Toppmöller, qui avait perdu la confiance de ses joueurs, fut démis de ses fonctions. Maurizio Gaudino, au caractère bien trempé, résuma plus tard « Einfach aufgrund, dass viele Faktoren wieder eine Rolle spielen. Die Situation war gerade wieder zu dem Thema ‘Die Diva’. Es wird von außen sehr viel hineininterpretiert, sehr schwierige Charaktere in der Mannschaft. Davor war ja auch damals der Vorfall in der Saison; davor sind wir ja Herbstmeister geworden und danach kam der Umbruch in der Mannschaft. Uli Stein musste gehen aus internen Gründen und dadurch ging auch Klaus Toppmöller, und da war einfach die Mannschaft sehr zerrüttet und keine Einheit mehr. » (C’est simplement dû au fait que de nombreux facteurs sont entrés en jeu. La situation renvoyait justement à ce thème de la ‘Diva’ : beaucoup d’interprétations extérieures et des caractères très difficiles au sein de l’équipe. Juste avant, il y avait eu cet incident durant la saison ; nous étions devenus champions d’automne, puis la rupture est survenue dans l’équipe. Uli Stein a dû partir pour des raisons internes, et Klaus Toppmöller est également parti à cause de cela. L’équipe était alors totalement désunie, il n’y avait plus de cohésion).

Les difficultés se poursuivirent la saison suivante, les joueurs Jay-Jay Okocha, Anthony Yeboah et Maurizio Gaudino étant suspendus par l’entraîneur Jupp Heynckes. Et finalement, à l’issu de la saison 1996, le club fut rétrogradé, pour la première fois de son histoire, en seconde division.

#1382 – Club Cerro Porteño : el Club del Pueblo

Le club du peuple. En Amérique du Sud, les équipes apprécient d’être surnommé l’équipe du peuple, label de popularité. Pourtant, ce sobriquet pouvait aussi dénigrer une équipe. Les supporteurs adverses soulignaient alors, avec condescendance, les origines modestes du club adverse. Ce fut le cas pour Cerro Porteño.

Au début du XXème siècle, la plupart des clubs paraguayens prenaient leurs racines dans les milieux scolaires et universitaires où les jeunes hommes de bonnes familles étudiaient. Cerro Porteño naquit lui de la volonté d’une trentaine de jeunes aux origines diverses. Surtout, dès sa première participation au championnat du pays, en 1913, Cerro Porteño s’imposa comme une force majeure du football paraguayen, en remportant le titre sans concéder la moindre défaite. Enchaînant les victoires et les titres les années suivantes, Cerro gagna le cœur de nombreux supporteurs, jusqu’à devenir le club le plus populaire du pays. Mais cette popularité, notamment dans les couches sociales les plus basses, motiva le dénigrement de ses adversaires. Au contraire, fier de ces fans, la direction de Cerro Porteño adopta ce surnom en 1920, son président, Adriano Irala, déclarant « Ese nombre constituye para nosotros el timbre de orgullo mas legitimo surgido de las filas del pueblo, organizado sobre las bases de la igualdad y de la fraternidad, nuestro club es, verdaderamente el club del pueblo » (ce nom constitue pour nous une source légitime de fierté issu des rangs du peuple, organisé sur la base de l’égalité et de la fraternité, notre club est, vraiment, le club du peuple).

La popularité du club ne fit que croître avec les années, tout comme son surnom. En 1936, Herminio Giménez, un célèbre directeur d’orchestre, composa une polka, nommé « Cerro Porteño », dont l’un de ses vers déclamé « Cerro Porteño, el Club del Pueblo … » et qui devint l’hymne du club. En 1952, l’hebdomadaire sportif « El Golero » organisa un sondage pour connaître le club le plus populaire du pays. 70 clubs y participèrent et, avec un total de 9 936 votes, le Club Cerro Porteño remporta le sondage, confirmant son surnom. Cette victoire des suffrages engendra un nouveau surnom la mitad más uno (La moitié plus un).

#1381 – Club Always Ready : el Millonario

Le millionaire. La décennie 1950 représentent les plus belles années de l’histoire du club, qui ouvrait les premières lignes de son palmarès et s’imposa alors comme l’une des institutions les plus prestigieuses du pays. CAR remporta deux championnats professionnels de La Paz (1951 et 1957), qui, à l’époque, était considéré comme le championnat le plus difficile du pays et le championnat national non-officiel, ainsi que 3 titres de vice-champion (1952, 1953 et 1959). Le surnom apparût au début de cette décennie suite au choix du club de changer de maillot.

A la création du club, en 1933, l’uniforme de CAR se composait d’un maillot rouge barré d’une diagonale blanche et une autre bleue, d’un short blanc et de chaussettes grises. En 1950, pour une raison inconnue, la tunique devint blanche avec une diagonale rouge accompagné d’un short bleu électrique et de chaussettes grises. Or, cette tenue ressemblait à s’y méprendre au club argentin de River Plate dont les initiales étaient CARP, proche de celles du club bolivien. Dans les années 1950, River Plate rayonnait nationalement, remportant les titres de champion de 1952, 1953, 1955, 1956 et 1957, et sa renommée innondait le continent sud-américain. Il avait gagné le surnom de los millonarios (les millionaires) vingt ans auparavant (cf. #238). La ressemblance avec CAR était si forte que le club bolivien fut surnommé milionario.

Dans les années 1980, CAR poussa le mimétisme en adoptant un short noir comme le club argentin et aujourd’hui encore, il s’agit de sa tenue.

#1380 – Toronto FC : the Reds

Les rouges. Après 10 ans d’existence, la ligue américaine, MLS, s’ouvrit au Canada en intégrant Toronto, dont le projet de franchise était porté par la société Maple Leaf Sports & Entertainment, déjà actionnaire de l’équipe de Hockey des Maple Leaf. Dans cette aventure à la fois sportive et business, le choix du nom de la franchise et de ses couleurs relevaient avant tout d’une stratégie marketing. Résultat, en 2006, pour se garantir l’adhesion de futurs supporteurs, la direction du nouveau club lança une consultation pour trouver un nom parmi les propositions « Toronto Northmen », « Inter Toronto FC », « Toronto Reds » et « Toronto FC ». Comme il recueillit 40% des votes et qu’il reproduisait une tradition européenne, terre du football, la simplicité du nom Toronto FC fut retenue. Par ailleurs, comme le déclara Tom Anselmi, l’un des principaux dirigeants de Maple Leaf Sports & Entertainment, « the absence of a conventional sports nickname is deliberate. We wanted the whole city to feel ownership and we want to provide the opportunity for a meaningful nickname to emerge over time » (L’absence d’un surnom sportif conventionnel est délibérée. Nous voulions que toute la ville se sente concernée et nous souhaitions laisser la place à un surnom significatif qui émergera avec le temps).

Mais, finalement, à l’image de la direction concernant le nom de la franchise, les fans et la presse ne firent pas preuve d’imagination en appelant les joueurs du Toronto FC de la couleur principale de leur tunique, les reds. D’ailleurs, dans le choix de la couleur, MLSE demeura assez classique également. Première ville non-américaine à intégrer la MLS, l’équipe de Toronto opta pour le rouge et le blanc, mettant en valeur ses origines canadiennes. Car, basée sur le red ensign (pavillon rouge avec l’union jack dans le coin supérieur gauche), la première bannière canadienne affichait déjà principalement la couleur rouge. En 1921, le roi George V proclama le rouge et le blanc comme couleurs officielles du Canada (le rouge provenant de la croix de saint Georges et le blanc de l’emblème royal français depuis Charles VII). Enfin, les deux couleurs furent reprises définitivement en 1965 lors de l’adoption du drapeau actuel. Ce qui tombait bien, c’est que ces deux couleurs étaient également les principales du futur sponsor de l’équipe, la Banque de Montréal. Le hasard fait bien les choses …

#1379 – Bibiani Gold Stars : the Miners

Les mineurs. Comme nombre de pays africains, le Ghana est riche en matières premières, notamment en minerais, et leur extraction représente des pans importants de l’économie locale. Ainsi, l’or occupe une place absolument centrale et vitale dans l’économie du Ghana. En 2024 et 2025, le pays a consolidé sa position de premier producteur d’or en Afrique, devant l’Afrique du Sud. Contribuant à hauteur de 10% du PIB du pays, le secteur minier aurifère a extrait 5,1 millions d’onces. Les exportations d’or représentent 61% des recettes du Ghana, loin devant le cacao (16 %) et le pétrole (10 %). Le Ghana compte une douzaine de grandes mines actives (opérées par les géants locaux du secteur, Newmont, Gold Fields, AngloGold Ashanti), complétées par des centaines d’exploitations à petite échelle.

Les grandes mines d’or ont modelé le Ghana et ses villes et enrichi les sociétés minières. Comme les grandes sociétés européennes du début du XXème siècle, les compagnies minières ont réinvesti une partie des gains dans le sport, et en particulier dans le football. On retrouve ainsi le Ashanti Gold SC, soutenu par le groupe minier Ashanti Goldfields Corporation, et dont les joueurs portent le surnom de the miners. Même cause, même effet à Bibiani. Sa mine d’or constitue son poumon économique depuis la fin du XIXème siècle. En 2023, la production annuelle de la mine s’établissait à 77 koz (équivalent à 2,4 tonnes) d’or pour des réserves dépassant les 2,5 millions d’onces.

Le club de football de Bibiani fut fondé en 1998 sous le nom Complex Stars. Puis, la compagnie minière prit le contrôle de l’équipe et la renomma Bibiani Gold Stars. En 2021, Asante Gold Corporation racheta la concession de la mine et reprît également le club, qui demeure donc toujours lié à l’exploitation de la mine d’or.