#620 – CA Osasuna Pampelune : los Rojillos

Les petits rouges (Gorritxoak en basque). La naissance du club souffre de quelques incertitudes mais tous s’accordent à penser que le CA Osasuna résulte de la fusion de deux clubs, Sportiva Foot-ball Club et New Club, en 1920. Concernant le premier jeu de maillot, certains avancent qu’il était blanc, accompagné d’un short noir, comme ceux du Sportiva FC (probablement que par manque de moyen, le nouveau club reprit l’équipement de l’ancienne équipe). Mais, dès l’année suivante, le blanc aurait été remplacé par le rouge. D’autres affirment que le club a toujours évolué depuis ses débuts avec un maillot rouge et un short bleu. En tout cas, depuis longtemps, les statuts du club ont fixés ces dernières comme les couleurs officielles. Ce choix, qui s’affiche naturellement aussi sur l’écusson du club, pourraient venir des couleurs des armes de la ville, qui représentent un lion blanc sur fond bleu et une bordure rouge portant les chaînes des armoiries du Royaume de Navarre. Ce blason fut codifié pour la première fois en 1923.

A compter du Xème siècle, autour du village originelle romain nommée Navarreria, habités par des basques, s’établissait un premier bourg, San Cernin, occupé par des francs. Au XIIème siècle, un autre bourg franc, San Nicolas, apparût. Bien que sous l’autorité de l’évêque, chaque bourg avait sa propre administration et ses privilèges. Cette organisation donna donc lieu à de nombreux et réguliers désaccords et heurts entre voisins. Finalement, le 8 Septembre 1423, afin de régler définitivement les différends, le Roi Charles III le Noble signa un traité, Privilegio de la Unión, qui regroupait les 3 bourgs en une commune, unie sous un seul blason, une seule bannière, une seule fiscalité et un seul régent. En outre, les murs d’enceinte de 3 bourgs devaient être abattus pour permettre l’édification d’une seule barrière extérieure. Ce traité, en son article 15, dotait la ville de ses premières armoiries encore utilisées aujourd’hui.

#619 – FC Bayern Munich : der Rekordmeister

Le maître des records. La question se pose souvent de savoir quel est le plus grand club du monde. Et pour parvenir à réaliser le classement, le niveau de remplissage de la salle des trophées demeure l’un des principaux indicateurs. A ce jeu, en Allemagne, la réponse est vite trouvée tant le Bayern Munich écrase toute la concurrence : 31 Championnats d’Allemagne (record national, dont 30 à l’ère Bundesliga et 9 d’affilé, série en cours), 20 Coupes d’Allemagne (record national), 9 Super Coupe d’Allemagne (oui encore record national) et 6 Coupes de la Ligue (faut-il préciser qu’il possède le record national ?). Voilà sur le plan national, le Bayern possède le plus de titres dans chacune des compétition.

Il faut aussi rajouter 6 Ligues des Champions, 1 Coupe de l’UEFA, 1 Coupe des Vainqueurs de Coupe (l’un des rares clubs à avoir remporter les 3 Coupes d’Europe historiques), 2 Super Coupe d’Europe, 2 Coupes Intercontinentale et 2 Coupe du Monde des Clubs. N’en jetez plus, la Coupe est pleine.

Tant en Allemagne que sur le plan international, le Bayern possède l’un des palmarès les plus beaux et des records à foison. Pourtant, le club au 121 années d’existence, connut des premières années sans relief puis quelques succès pendant les années 20. Champion d’Allemagne pour la 1ère fois en 1932, il ne put en profiter longtemps car martyrisé par les Nazis (ils considérèrent le Bayern comme club juif car son président et un certain nombre de membres l’étaient). Il faillit même disparaitre à la sortie de la guerre (les alliés interdisant toutes les associations existantes). Après quelques années de yo-yo, le Bayern s’installa en Bundesliga définitivement en 1966 sous l’impulsion de sa première génération dorée : Sepp Maier, Franz Beckenbauer et Gerd Müller. La victoire en Coupe d’Allemagne en 1966 lança ainsi une décennie exceptionnelle : Coupe d’Europe des vainqueurs de coupes et Coupe d’Allemagne en 1967, 4 Championnats d’Allemagne (1969, 1972, 1973, 1974), 2 autres Coupes d’Allemagne en 1969 et 1971. Enfin, Beckenbauer et sa bande dominèrent le football européen en remportant 3 Coupes d’Europe des clubs champions consécutivement en 1974, 1975 et 1976. Dans les années 1980 et 1990, les grands joueurs se succédèrent (Karl-Heinz Rummenigge, Paul Breitner, Klaus Augenthaler, Lothar Matthäus, Jean-Marie Pfaff, Stefan Effenberg …) et les titres nationaux s’accumulèrent (10 Championnats et 4 Coupes). Mais, l’Europe leur échappa à tous malgré 3 finales de C1 (dont une cruelle face à Manchester United en 1999). Seule une Coupe de l’UEFA en 1996 évita 20 années sans trophée européen. Puis, le nouveau siècle consacra encore le Bayern sous l’égide de Kahn, Élber, Scholl, Ballack, Lizarazu, Lahm, Ribéry, Robben. L’Allemagne réunifiée est alors sous son écrasante domination (16 titres de champion et 11 Coupes) et l’Europe n’y résiste pas (3 C1 en 2001, 2013 et 2020). Plus les années passent, plus le Bayern est intouchable et rien ne semble l’arrêter dans sa quête de records.

#618 – Livingstone FC : the Lions

Les lions. Ce club écossais débuta son histoire en 1943 en tant qu’équipe corporatiste, dépendant de l’usine du fabricant d’électronique Ferranti, et était basé à Edimbourg. Il s’appelait alors Ferranti Amateurs et connaissait des début modeste, jouant alors dans des parcs publics et évoluant dans des ligues municipales. Puis, en 1948, le club changea de nom, en Ferranti Thistle (Ferranti Chardon), afin d’intégrer la ligue « corpo » d’Edimbourg. Le premier écusson du club reprit alors les deux symboles de l’Ecosse : le chardon (qui fut donc aussi intégré au nom du club) et le lion rampant. Pour rappel, le lion rampant constitua les armoiries et l’étendard royal d’Ecosse du XIIème siècle (certainement la première fois sous le règne de Guillaume Ier, dit William the Lion) jusqu’à l’unification des couronnes en 1603. Le club gravit petit à petit les échelons et finit par intégrer la ligue professionnelle écossaise (38ème club) en 1974. Seulement le stade de City Park (pas aux normes) et le nom (jugé inapproprié car directement tiré du nom d’une société commerciale) ne convenaient pas aux règles de la ligue. La ville d’Edimbourg proposa alors le nouveau stade de Meadowbank (construit pour les Jeux de l’Empire de 1970) au club et ce dernier adopta alors logiquement comme nouveau nom, Meadowbank Thistle. A cette occasion, le lion rampant disparut du blason du club au profit du seul chardon. Mais, le club restait dans l’ombre des deux autres géants de la ville, Hibernian et Heart of Midlothian. En 1995, la ville nouvelle de Livingstone, située à une trentaine de kilomètres d’Edimbourg, proposa au club de déménager pour représenter désormais Livingstone en échange d’un stade tout neuf. L’autre contrepartie était de trouver une nouvelle identité. Malgré les protestations des supporteurs, le club changea de nom (pour prendre l’actuel). Les couleurs, ambre et noir, demeurèrent et l’écusson fut peu modifié, avec l’intégration de la devise latine Fortitier omnia vincit (la Bravoure vient à bout de tout). Puis, en 1999, le lion, symbole du club depuis le début, réapparut sur l’écusson en remplacement de la devise, le lion collant bien à cette dernière.

Parfois, à ce surnom a été ajouté l’abréviation du nom de la ville, Livi, devenant ainsi the Livi Lions.

#617 – Neuchâtel Xamax FCS : Xamax

Une fois de plus, le surnom a été très simple à trouver. Mais, le terme Xamax est si particulier qu’il était logique qu’il devienne la référence du club. Xamax ne signifie rien ni en Français, ni dans un dialecte local, ni dans aucune autre langue. Cela ne fait pas plus référence à une montagne ou une rivière de Neuchâtel ou même à un quartier de la ville. Revenons à l’histoire de ce club pour comprendre l’origine du terme Xamax. Neuchâtel Xamax naquit en 1970 de la réunion des clubs du FC Xamax et du FC Cantonal Neuchâtel. Le FC Xamax fut fondé le 17 mai 1916 avec la tenue de sa première assemblée générale. Mais, dès 1912, des jeunes garçons pratiquaient des matches de football dans la cour du Collège Latin puis sur le terrain du Mail, à Neuchâtel. L’un de ses enfants, âgés de 10 ans et dénommé Max Abegglen commença à organiser l’équipe afin de rencontrer d’autres adversaires. Ce début de structure amena donc à la création officielle du club le 17 mai 1916. Max Abegglen était le leader de l’équipe en dehors et sur le terrain. D’ailleurs, alors que le FC Xamax demeura un club modeste (n’ayant même plus d’activité quelques années pendant les années 1920 puis de 1943 à 1953) avant sa reprise par l’entrepreneur Roger Facchinetti, Max Abegglen devint l’un des grands attaquants suisses et gagna une réputation mondiale lors des JO de 1924 (la Suisse arriva en finale du tournoi olympique). 68 fois sélectionnés en équipe nationale, il resta le meilleur buteur de l’histoire de la Nati (34 buts) pendant plus de 70 ans, avant d’être rejoint par Türkyilmaz, puis dépassé par Alex Frei (42). Il joua également pour le FC Cantonal Neuchâtel et le Lausanne-Sports avant de faire les beaux jours des Grasshoppers. Pour en revenir à la création du club en 1916, comme le leader Max Abegglen était surnommé « Xam » , le palindrome Xamax devint le nom du nouveau club. Depuis, étant un symbole unique au monde et malgré différente fusion, Xamax resta et le X marqua l’écusson du club.

#616 – Chievo Vérone : Mussi Volanti

Les ânes volants, en dialecte véronais (parfois traduit en italien en Asini Volanti). J’avais décidé, en ouvrant ce blog, de parler des surnoms des équipes existantes et non celles disparues. J’imaginais peut-être que cela le rendrait plus vivant. Mais, je me rends compte que c’est une erreur. Mon but, au travers de ce site, est de faire connaître les histoires des clubs, leur rendre hommage afin de rappeler aux jeunes fans qu’un club ne se résume pas au carnet de chèque de son propriétaire, à ses stars éphémères et à son équipe de marketing composée de footix. En s’intéressant à l’histoire de ce sport, il me semble désormais obligatoire d’évoquer également les clubs disparus. En particulier, l’actualité m’a rappelé à l’ordre au cœur de l’été quand j’ai découvert que le Chievo Vérone était en faillite et disparaissait définitivement après 92 ans d’existence. Je n’étais pas supporteur de ce club mais il mettait en lumière certaines valeurs du football d’antan.

La comparaison avec un âne est généralement peu flatteur et relève de l’ironie (cf article #337 sur Naples). Dans les années 80 et 90, le Hellas Vérone était le club phare de la ville de Roméo et Juliette. Finaliste de la Coupe d’Italie en 1983 et 1984, l’équipe atteint le graal en 1985 en remportant le championnat d’Italie avec le danois Preben Elkjaer Larsen et de l’Allemand Hans-Peter Briegel. A l’opposé, le Chievo Vérone, modeste club d’un quartier de la ville comptant 4 000 âmes, montait péniblement les différentes marches des divisions inférieures. En 1985, alors que la ville fêtait le titre, le Chievo évoluait en série C interrégional (5ème division). A la fin des années 1980 et au début des années 1990, les supporteurs du Hellas se moquèrent de leur faux « rival » en affichant dans les travées du Stade Marcantonio-Bentegodi des banderoles où on pouvait lire « Quando i mussi i volerà faremo el derby in serie A » (quand les ânes voleront, nous ferons le derby en Série A). A l’époque, il n’y avait jamais eu de derby entre les deux clubs de la ville et ceux d’Hellas voulaient rappeler qu’il n’y en aurait jamais vu la différence entre les deux clubs. Sauf, comme seule le sport en réserve, la magie va opérer. Suite au titre de 1985, le Hellas connut quelques bonnes années mais assez vite redescendit en Série B à l’issue de la saison 1990. Hellas s’établit principalement alors au second échelon professionnel dans les années 1990. A contrario, le club ouvrier du Chievo poursuivit sa progression. Le club accéda au statut professionnel en 1986 avec sa promotion en 4ème division . Quand le Hellas descendit en Série B en 1990, le Chievo monta en 3ème division. Vous me voyez venir ? Ce qui devait rester un évènement impossible, se réalisa le 10 décembre 1994 avec le premier Derby della Scala (en référence à la famille noble qui gouvernait la cité de Vérone au XIVème siècle) en Série B. L’histoire ne s’arrête pas là. En 2001, le Chievo gagna sa première promotion en Série A rejoignant ainsi le Hellas . Les premiers mois du club furent même idéals, le Chievo pointant à la 1ère place du classement quasiment jusqu’à la trêve hivernale. Il n’en fallait pas plus pour les supporteurs du Chievo pour prendre leur revanche. Le club et les fans adoptèrent le surnom de Mussi Volanti. L’âne fit son apparition sur le site du club et les porte-clés et autres objets de merchandising se parèrent de l’animal. Un groupe de supporters se nomma « Calcio Club Mussi volanti« , et un bar « La Tana dei Mussi volanti« . L’animal devint définitivement la nouvel mascotte. Attention sur le blason du club, ce n’est pas un âne sur lequel monte le chevalier. Il s’agit de la reproduction de la statue équestre de Cangrande della Scala, un des membres importants de la dynastie scaligère (qui apporta la prospérité à la cité). Au final, 19 derbys furent joués pour terminer par une égalité parfaite : 7 victoires pour le Chievo, 7 pour le Hellas et 5 matchs nuls.

Malheureusement, le club est désormais redevenu un âne au sens premier avec cette faillite. Un ancien joueur du club, Sergio Pellissier, et des supporteurs vont tenter de redonner naissance au club via le FC Chievo 1929.

#615 – Portsmouth FC : Pompey

Surnom à la fois du club et de la ville de Portsmouth. Rappelez-vous le début des années 2000. Le club de Portsmouth retrouvait la Premier League grâce aux fonds d’un milliardaire qui permit au club de s’acheter de nombreux joueurs de qualité (Peter Crouch, Sol Campbell, Sylvain Distin, Nwankwo Kanu …). Seulement, la dette s’accumula et l’actionnaire lâcha le club. Résultat, Portsmouth fit faillite et fut repris en main par ses supporteurs en 2013. Une histoire que les fans de clubs aujourd’hui détenus par un milliardaire ou un Etat devraient garder en tête plutôt que de se laisser tourner la tête par la planche à billet … Revenons plutôt à ce surnom de Pompey. Il existe de nombreuses théories et explications, certaines plus crédibles que d’autres, mais personne ne semble être en mesure d’avoir la raison exacte et définitive. En outre, personne ne sait si le surnom a d’abord été appliqué à la ville ou à l’équipe de football. Cependant, il semble que la première référence écrite a concerné le club de football. Nous avons donc rassemblé ci-après diverses explications possibles, qui convergent toutes sur un point : elles trouvent leur origine dans le monde de la marine, Portsmouth étant un des principaux ports de la Grande-Bretagne.

La première légende raconte qu’Agnes « Anggie » Weston dirigeait une auberge, Sailors’ Rest, et y donnait des conférences aux marins. En 1904, la conférence portait sur Pompée le Grand, nom élogieux donné au général et homme d’État romain Cnaeus Pompeius, afin de le comparer avec Alexandre le Grand. Pompée gagna sa notoriété militaire en menant en Hispanie une guerre difficile, en remportant des victoires sur les pirates en Méditerranée et par ses conquêtes en Orient. Il composa avec Crassus et César le premier triumvirat. Puis, à la fin du triumvirat, il fut vaincu par César lors de la bataille de Pharsale en 48 avant JC. Il s’enfuit alors en Egypte, où il fut assassiné. Agnes Weston présenta avec vigueur la chute de Pompée et lorsqu’elle décrivit son assassinat, l’un des marins, certainement ivre, cria « Poor old Pompey ! » (Pauvre vieux Pompée). Quelques jours plus tard, Portsmouth FC disputa un match où ils jouèrent mal et perdirent. Un marin dans la foule s’appropria alors le cri entendu dans le bar « Poor old Pompey ! » et les autres fans reprirent le refrain.

Il est également dit qu’un groupe de marins basé à Portsmouth aurait grimpé le pilier de Pompée près d’Alexandrie en Égypte vers 1781. Cette colonne est un bloc de granit de 28 m de haut, attribuée à tort au général romain Pompée, mais en réalité construite comme un mémorial à l’empereur romain Dioclétien. Etant donné sa sculpture, son escalade constitua un exploit et les marins gagnèrent ainsi le nom de Pompey Boys (Les garçons de Pompée).

En 1662, Charles II, Roi d’Angleterre, épousa Catherine de Bragance, membre de la famille royale portugaise. Contre le soutien militaire et naval de l’Angleterre comme protection face à l’Espagne, la monarchie portugaise donna en dot Tanger en Afrique du Nord et plusieurs îles en Inde, dont Bombay. Le mariage se déroula à Portsmouth. Lorsque les marins portugais qui accompagnaient Catherine découvrirent Portsmouth, ils trouvèrent des ressemblances entre la ville anglaise et Bombay : les deux sont des îles, les deux sont de bons ports et leur relief est plats, avec une colline en arrière-plan. Les marins surnommèrent alors Portsmouth en portugais, Bom Bhia (la bonne baie), qui donna le nom de la ville indienne. Bom Bhia fut ensuite anglicisé devenant Pompey.

Portsmouth est un port depuis l’époque romaine. A proximité de Portsmouth, se dresse le chateau fort de Portchester, fort romain très bien conservé. Ainsi, plus tard, lorsque le port commença à se développer, les habitants surnommèrent leur ville Pompey, pour rappeler ses ruines et son passé romain en la comparant avec les vestiges de Pompéi.

Portsmouth est un important port militaire de la Royal Navy où se déroulent de nombreux cérémonies. Ces « festivités » sont décrites comme the pomp and ceremony (faste et cérémonie) qui réduit devint Pompey.

Port important sur les routes marchandes et militaires, Portsmouth constituait un point de localisation pour les marins. Ceux-ci l’appelaient ainsi le Portsmouth Point et l’écrivaient en abrégé sur le journal de bord : Pom. P. Les cartes de navigation utilisaient également cette abréviation. Ceci donna le surnom Pompey. En outre, « Pom-pey » ressemble à la prononciation par des marins ivres de Portsmouth Point, d’où ils prenaient leurs bateaux.

Selon certains, l’équipe de football de Portsmouth commença à se développer en récupérant de nombreux membres de l’équipe de la Royal Artillery dont la structure disparut en 1899 (1 an après la fondation de Portsmouth FC). Cette dernière portait le surnom originel des Pompeys. Ce surnom fut acquis lorsque, lors d’une revue organisée à l’occasion de l’anniversaire de la Reine, la Royal Artillery fut simplement chargée d’encadrer la parade au lieu de défiler. Ils furent alors relégués à la mission qu’effectuait généralement la Brigade des Sapeurs Pompiers de Paris. L’année suivante, la population acclama la Royal Artillerie sous le nom de « Pompiers », qui devint par la suite Pompey.

« La Pompée » était un navire français amarré dans le port de Portsmouth. Peu après son achèvement, ce navire de classe Téméraire avait été volé par les royalistes français qui avaient fui la France après le Siège de Toulon (Septembre-décembre 1793) et donné aux britanniques à Spithead, une rade de la Royal Navy près de Portsmouth, en mai 1794. Les anglais copièrent la conception de ce bateau français qui était une réussite et construisirent des navires connus alors sous le nom de « classe Pompée », dont le Superb et l’Achilles. Le Pompée fut renommé HMS Pompée et servit dans la marine britannique dans de nombreuses campagnes en Europe et dans les Caraïbes. Il eut également des fonctions défensives en gardant le port de Portsmouth. Puis, en 1816, le Pompée devint une prison navale dans le port de Portsmouth et fut finalement démoli en 1817. Le bateau aurait donc donné le surnom à la ville. Une autre explication pourrait également venir soutenir cette version puisque dans l’argot du Nord du pays, pompey désigne une prison.

Enfin, des expressions marines pourraient également expliquer ce surnom. Dans la tragédie Antoine et Cléopâtre de William Shakespeare, un vers décline « Pompey is strong at sea » (Pompée est fort en mer) ce qui plaisait beaucoup aux marins. Par ailleurs, il existe une expression anglaise « to play Pompey » qui signifie « faire des ravages ».

Si pour certains surnoms, les explications manquent ou sont tombées dans les oubliettes de l’histoire, Portsmouth n’en connait que trop. Mais, à défaut de faire encore parti des clubs huppés de la Premier League, Portsmouth bénéficie finalement d’une autre richesse plus importante : une histoire.

#614 – CS Sfaxien : يوفنتوس العرب

La Juventus des Arabes. En 1912 et en 1922, des tentatives furent menées pour créer le premier club réservé aux musulmans en Tunisie. Mais, alors sous protectorat de la France, l’accord des autorités ne fut pas obtenu et les activités gelées. A compter de 1925, Zouhair Ayadi, journaliste à La Tunisie Nouvelle, déposa plusieurs demandes pour fonder un club musulman. Finalement, le 28 mai 1928, le club fut autorisé. Le journal La Tunisie Nouvelle était un hebdomadaire indépendantiste à caractère national (ie bien qu’il soit publié à Sfax, il couvrait la Tunisie dans son ensemble) et Zouhair Ayadi était un nationaliste actif. Résultat, le nouveau club avait pour vocation d’être un étendard de la cause nationaliste et devait donc arborer des symboles tunisiens. Tout d’abord, le nom était Club Tunisien pour représenter l’ensemble des musulmans du pays et revendiquer l’unité de la Tunisie. Ensuite, les couleurs retenues furent le rouge et le vert. Selon certains, le rouge évoquait le sang des martyrs et le vert, la nature tunisienne. Tandis que d’autres avancent que ces couleurs étaient celles de la bannière arborée par la résistance sfaxienne lors de son affrontement en 1881 avec l’armée française (couleurs qui étaient aussi en symbiose avec les couleurs du drapeau du Bey de Tunis). Ces choix demeurèrent jusqu’en 1962 où il fut décidé de changer de nom et de couleur à l’issue d’une session extraordinaire du comité directeur du club sous la tutelle directe du maire de Sfax. Pourquoi changer ? Personne ne sait aujourd’hui. Selon certains acteurs de l’époque, il semble que le président tunisien, Habib Bourguiba, aurait agit directement ou indirectement pour faire changer le nom et les couleurs du club. La raison demeure encore inconnue aujourd’hui mais il semblerait que la décision de Bourguiba fut prise après une défaite du Club Tunisien face à une équipe du FLN algérien. Le Club Tunisien devint le Club Sportif Sfaxien. Quand aux couleurs noires et blanches, elles furent proposés par l’entraineur Milan Kristić. Entraineur du club entre 1961 et 1966, ce dernier fut déterminant dans les succès futurs du CSS. Ayant carte blanche du président, il était l’entraineur de toutes les équipes, des minimes aux seniors. Il professionnalisa l’organisation du club, structura la formation des joueurs et leurs hygiènes de vie et insuffla un style de jeu offensif et spectaculaire. Son influence était donc grande et il n’eut pas de mal à imposer ces couleurs. Etant yougoslave, il importa peut-être les couleurs noires et blanches d’une des équipes yougoslaves telles que le Partizan Belgrade. Avec un maillot rayé (donc blanc et noir) et un joli palmarès qui s’est constitué à partir des années 1970, l’analogie avec le club italien de la Juventus se fit naturellement et donna le surnom de la Juventus des Arabes.

La comparaison avec la Juventus ne fut pas la seule pour le CSS. En 1970, le CSS perdit la finale de la Coupe du Maghreb des clubs champions face au club algérien CR Belcourt au tir aux penalties. Malgré la défaite, les spectateurs furent ravis par le jeu développé par le club tunisien. Le président du CR Belcourt dit à son homologue tunisien : « Si l’on pouvait partager la coupe en deux, nous l’aurions fait » . Résultat, le commentateur de la télé algérienne qualifia le CSS de Real Madrid du Maghreb.

#613 – Aduana Stars FC : Ogya

Le feu. En 1985, quatre natifs de la ville de Dormaa Ahenkro inscrivirent leur nouvelle équipe dans la division régionale 4 de la ligue du Ghana. Pour le nom de l’équipe, ils décidèrent de donner celui d’Aduana, l’un des principaux clans des Akan. Cet ethnie, comptant près de 25 millions de personnes, réside principalement au Ghana (et également en Côte d’Ivoire) et se compose de 8 principaux clans. Les Aduana est celui qui compte la population la plus nombreuse. En outre, les fondateurs souhaitèrent retenir l’emblème du clan, un chien crachant du feu.

La légende veut que les ancêtres du clan Aduana descendirent du ciel vers leur région actuel sur une chaîne en or, guidés par un chien avec du feu dans la gueule. Ainsi, ils sont communément appelés Ogyaasefuo, ce qui signifie les descendants du feu. Une autre histoire raconte également que le premier Aduana avait un chien qui, un jour, était parti à la recherche de nourriture. En voyant le feu, le chien pensa qu’il y avait quelque chose à manger. Bien évidemment, il se brula sa gueule. Quand son maître le vit arriver avec le feu, il aurait dit m’atwea woabre me adie (mon chien, tu m’as apporté quelque chose de valable). Ceci donna naissance au nom du peuple Aduana Atwea Aberade.

Pour utiliser le nom et le symbole du clan, le groupe de fondateurs obtint la permission de l’Aduanahene, qui était un chef suprême du clan. Aujourd’hui encore, le chien crachant du feu apparaît sur l’écusson du club et Ogya est devenu le surnom des joueurs et des supporteurs. Il est parfois traduit en anglais en Fire Boys.

#612 – AS Real Bamako : le Réal

Le surnom est tiré directement du nom du club. Dans la foulée de l’indépendance du pays en 1960, les anciens clubs coloniaux de l’époque donnèrent naissances aux actuels en fusionnant entre eux. Ce fut le cas pour le rival du Real, le Stade Malien (cf article #600). Ce fut donc aussi l’origine du Real de Bamako. Le grand club malien qui vit passer la plus grande star du pays, Salif Keita, naquit de la fusion de deux clubs de la capitale : Racing Club de Bamako (fondé dans les années 1940) et l’Avenir de Bamako (fondé en 1950). Les responsables des deux clubs hésitèrent pendant une journée pour trouver le nom du nouveau club. Le doyen, Kadialy Diawara, pharmacien de son état et président du Racing invita l’assemblée constituante à nommer le club Real en référence au Real Madrid. Le prestige du club espagnol, qui dominait le football européen en venant de remporter sa 5ème Coupe des Clubs Champions et en possédant les meilleurs joueurs de l’époque, convainquit les fondateurs que le nouveau club se plaçait donc sous les meilleurs auspices.

#611 – MC Oujda : ملوك الشرق

Le roi de l’Est. Le Maroc et ses sublimes villes : ses cités impériales, Fès, Meknès, Marrakech et Rabat, sa capitale économique romancée par Bergman et Bogart, Casablanca, son spot touristique, Agadir, ainsi que sa sublime porte vers l’Europe, Tanger. Dans tout cela, l’Est marocain demeure souvent méconnu et pourtant se dresse, près de la frontière algérienne, la 10ème ville du pays, Oujda. A la fin du protectorat français en 1956, la nouvelle fédération marocaine de football créa le championnat du Maroc ainsi que la coupe nationale. Cette dernière fut dénommée Coupe du Trône afin d’aider à assoir la légitimité politique du monarque alaouite, Mohammed V, face aux autres mouvements politiques, dans ce nouveau Maroc. En l’associant à la dynastie régnante et étant remise au vainqueur par le Roi ou le Prince, la Coupe du Trône devint la compétition de football la plus prestigieuse du pays. Les 6 premières éditions donnèrent lieu à une période faste pour le MCO. Ainsi, le club remporta devant 30 000 spectateurs la première Coupe du Trône face au WAC. L’année suivante, le MCO doubla la mise en gagnant une nouvelle fois face au WAC. Puis, en 1959, le MCO atteignit la finale mais ne réussit malheureusement pas la passe de trois. Toutefois, pour l’édition suivante en 1960, le MCO se vengea en remportant le 3ème Coupe du Trône de son histoire. Puis, en 1962, le club vainquit la Coupe une nouvelle fois mais pour la dernière fois de son histoire. Même si depuis, les grands clubs marocains ont mis la main sur ce trophée (le FAR de Rabat avec 11 titres – record de victoires, le WAC avec 9 titres et le Raja Club Athletic avec 8 titres), il n’en demeure pas moins que le MCO marqua de son empreinte la Coupe du Trône. Le club méritait donc bien son titre de Roi de l’Est, d’autant plus que cette région, le MCO est sans conteste le plus prestigieux club.