Les mineurs. Vainqueur de la Coupe du Chili en 1987 et du Championnat en 2015, le club réside dans la petite ville d’El Salvador, qui compte un peu plus de 8 000 habitants, et qui se situe dans la région minière d’Atacama. En effet, le Chili dispose d’importantes ressources de minerais, en particulier de cuivre. Le pays demeure le premier producteur de la planète (plus de 30% de la production mondiale) et plus de 5,6 millions de tonnes de cuivre ont été extraits en 2013. L’activité minière représente plus de 50% de ses exportations et près de 20% de son PIB. L’extraction du cuivre s’effectue surtout au nord du pays, dans le désert d’Atacama où se situe 4 grandes mines, dont celle d’El Savador. L’extraction de cuivre était déjà réalisée par le peuple précolombien des Atacamas mais ce fut en 1959 que la mine actuelle fut mise en service par la société américaine Andes Copper Mining. La découverte de ce filon permit de trouver du travail pour les mineurs de la ville de Potrerillos, dont la mine était épuisée. La ville d’El Salvador (le sauveur) fut alors créée de toutes pièces et organisées dans le seul but de servir les besoins de la nouvelle mine de cuivre. En 1971, l’industrie du cuivre fut intégralement nationalisée par Pinochet au sein de la compagnie publique, Codelco. En 1979, la Codelco soutint la fondation du club de football, qui reprit dans son blason (casque de mineur et la croix Ânkh, symbole utilisé par les alchimistes pour le cuivre et logo de la Codelco) et ses couleurs (orange, couleur du cuivre et de la Codelco) les représentations de cette activité économique. Codelco finança en partie la construction du stade du club, qui se nomme El Cobre (le cuivre). L’apogée de la mine fut atteint au début des années 1980. L’épuisement des réserves conduisit la Codelco à prendre la décision de fermer la mine au milieu des années 2000. La production commença alors à réduire mais en 2010, la présidente du pays décida la prolongation de l’activité de la mine au moins jusqu’en 2021. En 2020, 56 302 tonnes de cuivre était extrait de cette mine et 1 438 personnes y travaillaient.
Auteur : panamstory
#667 – FC Spartak Moscou : мясо
La viande. Certes, dans ce football business du XXIème siècle, les joueurs peuvent être considérés comme de la viande par les plus mercantilistes agents mais ce n’est pas cette raison qui conduit à ce surnom des joueurs du Spartak. Au contraire, pour comprendre la création de ce surnom, il faut remonter à une époque où le football demeurait encore une activité récréative, dans les années 1920, et sous un régime qui s’opposait au capitalisme, le communisme soviétique. Le club fut fondé en 1922, sous le nom de МКС (cercle sportif de Moscou), et sur les ruines dans un ancien club omnisport attaché au mouvement panslave Sokol. En 1923, les autorités communistes décidèrent que les clubs sportifs devaient s’identifier à un lieu géographique. Moscou étant une grande ville, le club prit le nom du quartier où il résidait (Presnenski) et s’appella Красная Пресня (Rouge Presnenski). Puis, en 1926, nouvelle intervention des autorités qui intimèrent aux clubs de se lier avec des administrations ou des syndicats ou coopératives de travailleurs. Les autres grands clubs moscovites étaient alors déjà patronnés par les grandes administrations centrales : le Dynamo Moscou était soutenu par la police politique, le CSKA Moscou par l’armée rouge et le Lokomotiv Moscou par la compagnie des chemins de fer. Le futur Spartak était alors supporté par Nikolai Pashintsev, président du comité central du syndicat de l’industrie alimentaire, et ce dernier mit le club sous la direction et le parrainage d’une coopérative de bouchers et de commerçants alimentaires. Le club prit donc le nom de Пищевики (Travailleurs de l’alimentation) de 1926 à 1931. Après 1931, le club changea de partenaire et de nom (Промкооперация – Coopérative de production).
Jusqu’aux années 1970, les groupes de supporteurs étaient plutôt rares et donc les surnoms des clubs existaient peu. De même, les rivalités liées à des derbys étaient inexistantes. La première association de supporteurs du Spartak apparût en 1972 et les rivalités avec ceux des autres clubs naquirent à la fin des années 1970. Les supporteurs du CSKA auraient alors qualifié les joueurs et fans du Spartak de мясо. Ce surnom faisait référence aux liens historiques du club avec la coopérative des bouchers et commerçants. Surtout, comme ce sobriquet était donné par les supporteurs du CSKA, il se devait être péjoratif. Or, quel aliment faisait le plus défaut dans les rayons des magasins soviétiques ? La viande. Ce qui faisait penser que les bouchers étaient des escrocs. Pour certains fans du Spartak, ce surnom demeure encore une insulte mais pour la majorité s’est aujourd’hui une fierté. En 2002, l’attaquant Dmitry Sychev réalisa une sacrée performance en marquant 8 buts lors de ces 12 premiers matchs pour le Spartak. Il montrait alors après ses buts un maillot où il était marqué : Кто мы? Мясо (Qui sommes nous ? La viande). Ce geste ancra définitivement le surnom.
#666 – Société Omnisports de l’Armée : les Militaires
Le nom du club laisse peu de doute au mystère concernant l’origine de ce surnom. En effet, le SOA est le club omnisports du Ministère de la Défense ivoirien, avec 14 disciplines. Remontons un peu le temps pour comprendre la création du club. Le 7 août 1960, la Côte d’Ivoire proclama son indépendance, via le plus connu de ses représentants et le plus influent, Félix Houphouët-Boigny. Ce dernier qui concentrait un certain nombre de pouvoirs depuis de nombreuses années (président de l’Assemblée territoriale depuis 1953, maire d’Abidjan depuis 1956 et Premier ministre de la Côte d’Ivoire en 1959) accéda à la Présidence de la République. Se méfiant des forces armées trop fortes, qui pouvaient fomenter des coups d’état, Houphouët-Boigny fit le choix de créer une armée faible en moyen, préférant confier à la France sa sécurité extérieure. Ceci fut facilité par le fait que l’armée ivoirienne ne se constitua pas dans le cadre de la décolonisation (elle n’était pas née de relations conflictuelles avec la puissance française et encore moins d’une lutte de libération nationale). Toutefois, si cette armée était réduite et moyennement équipée (au point qu’elle fut qualifiée d’armée suisse d’Afrique), elle n’était pas dénuée de missions. Ainsi, Houphouët-Boigny lui confia des tâches extra-militaires, notamment la gestion d’un service civique dont le but était de faire participer les conscrits à la construction de la nation. Dans ce contexte, en 1962 (ou 1964), les dirigeants de l’Armée ivoirienne fondèrent le SOA avec pour objectif de permettre aux conscrits de se retrouver dans un cadre convivial et d’entretenir leur physique. Le club parvint lors de la saison 2018-2019 à son premier titre de champion de Côte d’Ivoire, un an après avoir failli être relégué.
#665 – Ferro Carril Oeste : Ferroviarios, Carboneros
Les cheminots, les charbonniers. Au 665ème article dont une dizaine consacrée à ce type de surnom, vous savez désormais quelle peut être son origine. Ce club de Buenos Aires était une émanation de la compagnie de chemin de fer britannique Ferrocarril Oeste de Buenos Aires. Le 28 Juillet de 1904, au sein du quartier de Buenos Aires de Caballito, dans le bureau du fret, 95 employés, la plupart de nationalité anglaise, de cette compagnie ferroviaire fondèrent cette association sportive afin de favoriser le développement physique et intellectuel ainsi que le maintien de relations sociales entre les associés et leurs familles, en leur offrant toutes les distractions d’un centre culturel. Avec le soutien de l’entreprise et de son directeur, David Simpson aux manettes, l’institution naissante obtint rapidement un terrain pour la construction d’un siège social et d’un terrain de sport.
Mais que venez faire une compagnie britannique en Argentine à cette époque ? Tout d’abord, en termes ferroviaire, les britanniques avaient une certaine expertise. La première voie ferrée fut établie au Royaume-Uni au début du XVIIème siècle et ce sont des ingénieurs anglais (Richard Trevithick et John Blenkinsop) qui créèrent la locomotive à vapeur. En 1812, ouvrit entre Middleton Colliery et Leeds, la première ligne commerciale d’un train à vapeur. Maitrisant cette technique, les britanniques développèrent une activité économique et l’exportèrent, en particulier en Amérique du Sud. Ensuite, la Ferrocarril Oeste de Buenos Aires fut la société qui construisit et exploita la première ligne ferroviaire du pays (10 kms inaugurée le 29 Août de 1857). Le premier voyage fut réalisé avec une motrice nommée La Porteña, construite dans les ateliers britanniques de The Railway Foundry Leeds. Bien que cette société fusse une initiative privée, l’investissement pour cette première ligne fut réalisé grâce à l’importante contribution de l’État de Buenos Aires, qui formait à l’époque un État distinct de la Confédération Argentine (plus d’un million de pesos, renonçant plus tard à recevoir des dividendes, auquel s’ajouta 6 autres millions pour permettre l’extension de la ligne). Le 1er janvier 1863, la province de Buenos Aires deviendra l’unique propriétaire de l’entreprise, changeant son nom en Ferrocarril de la Provincia de Buenos Aires. Sous son administration, le chemin de fer atteindra une longueur de 210 km, transportant annuellement 500 000 passagers et 167 000 tonnes de fret, sans avoir eu recours à des emprunts à l’étranger, ce qui faisait la fierté des Argentins. Seulement, le chemin de fer étatique connut les mêmes difficultés que la SNCF aujourd’hui : personnel pléthorique à la faible productivité et investissements inutiles. Face aux pertes de la société et aux besoins du gouvernement argentin de rembourser ses autres dettes, ce dernier céda la Ferrocaril Oeste aux intérêts britanniques en 1890 (Buenos Aires Western Railway Limited) pour la somme de 8 134 920 livres, soit l’équivalent de 41 millions de pesos. Les sujets de sa majesté considéraient cette société comme un moyen d’écouler leur production ferroviaire et de charbon. Ce fut ainsi que des ouvriers et ingénieurs anglais débarquèrent à Buenos Aires et amenèrent dans leurs valises le football, le cricket et d’autres sports créés dans leur pays d’origine. La Ferrocarril Oeste étendit son réseau jusqu’au centre de la province de Buenos Aires et de La Pampa, atteignant également le sud de la province de Mendoza. En 1947, le gouvernement de Juan Perón trouva un accord avec le représentant des différentes compagnies de chemin de fer argentines possédées par des britanniques (la Ferrocarril Oeste n’était pas la seul), pour racheter tous les actifs pour la somme de 17 510 044 livres sterling, dont 16 570 747 correspondaient à la seul Ferrocarril Oeste.
#664 – Hapoël Beer-Sheva : האדומים מהדרום
Les rouges du Sud. En 1949, Zalman Caspi, un ancien joueur de football du club du Hapoël Ramat Gan mit en place un système de scouting pour trouver de jeunes talents dans les camps de transit de la région de Beer Sheva, afin de créer éventuellement une équipe de football. Le club fut alors fondé, sous l’égide de Hapoël, une organisation sportive qui dépendait du syndicat de travailleurs הסתדרות (Histadrout – Fédération générale des travailleurs de la Terre d’Israël).
Ce syndicat avait été fondé en 1920, porté par des mouvements socialistes, et avait pour objectif de permettre l’installation des juifs en Palestine, qui était sous mandat britannique, ainsi que la promotion et la défense des travailleurs juifs. Il investit alors toutes les sphères d’activité des ouvriers : éducation, construction de logements, santé, banque, entreprises coopératives, protection sociale, culture et donc sport. Ainsi, Histadrout fit naître en 1926 le mouvement sportif Hapoël (הפועל), ce nom étant dans la tradition de gauche du syndicat, signifiant « l’ouvrier ». Etant donné les orientations politiques du syndicat et le fait que le Comité olympique israélien était contrôlé par le rival du Maccabi, Hapoël rechercha des liens avec des organisations sportives des partis socialistes similaires et devint ainsi membre du Socialist Workers’ Sport International et de l’International Workers and Amateurs in Sports Confederation. Hapoël reprit également les codes internationaux de l’époque des mouvements de gauche : fossile et marteau dans son blason et couleur rouge pour ses tenues.
Le rouge est la couleur de tous les mouvements de gauche depuis le XVIIIème siècle, quand les premiers mouvements prolétaires émergèrent et utilisèrent le drapeau rouge comme bannière. Ce symbole proviendrait de la Marine, qui utilisait le drapeau rouge avant une bataille pour signifier qu’il ne sera pas fait de prisonnier lors du combat. Ainsi, il était un signe d’un esprit combatif sans concession, du sang prêt à couler. Et cet état d’esprit séduisit les premiers mouvements de révolte d’ouvriers (qui jaillirent dans les villes portuaires), prêts à lutter au prix de la vie jusqu’à l’abdication de leurs adversaires. Ainsi, les ouvriers du port de Londres, lors de leur grève de 1768, auraient été les premiers à utiliser le drapeau rouge. Il apparût ensuite lors de différentes révolutions en France et devint la bannière des mouvements socialistes lors de la révolution de 1848 et surtout pendant la Commune de Paris en 1871. Depuis, il s’imposa comme drapeau (avec quelques attributs) des différents pays communistes (URSS, Chine, Vietnam, Mongolie …) et des parties politiques de gauche.
Beer-Sheva copia donc les symboles de l’Hapoël et ses maillots devinrent rouge. Enfin, Beer-Sheva, 6ème ville d’Israël, est la plus grande cité du Neguev et le centre administratif pour le sud d’Israël. Résultat, afin de le distinguer des autres clubs existant sous l’égide de l’Hapoël et portant également du rouge, au surnom classique fut rajouté la localisation géographique de la ville de Beer-Sheva.
#663 – Pécsi Mecsek FC : Munkás
Les ouvriers. Le club, basé à Pécs, fait référence dans son nom (Mecsek) à la chaîne de collines située au nord de Pécs mais jusqu’en 1995, il s’appelait Pécsi Munkás Sport Club. Il s’agit d’un club jeune, fondé en 1973 par la fusion de 5 équipes de Pécs : Pécsi Dózsa, Helyiipari SK, Ércbányász, Pécsi Bányász et Építők. Ainsi, 21 sections sportives et 1 800 sportifs se retrouvèrent dans cette nouvelle structure. Comme pour beaucoup d’associations sportives dans les régimes communistes, ces 5 clubs étaient liés à une administration ou un syndicat de travailleurs. Ainsi, le Pécsi Dózsa dépendait du Ministère de l’Intérieur. Építők était avec le secteur de la construction. Ércbányász et Bányász réunissaient les mineurs (dans la région, on comptait des mines de charbon et d’uranium ainsi que des carrières de sable). Enfin, Helyiipari était le représentant des industries locales. Via ses « géniteurs », le club était fortement lié au tissu économique locale et à ses ouvriers et opta donc pour le terme générique de munkás. Mais, ce nom a une autre petite histoire. Dans les années 1920, il existait déjà une association avec ce nom à Pécs suite à la fusion en 1919 du PSC avec le Munkás Testedzővel. Lors de la fondation du club actuel en 1973, un des membres convainquit des footballeurs de la région d’être transférés dans ce nouveau club. Comme il connaissait le nom de l’ancien PMSC, il présenta le nouveau club aux joueurs sous ce nom. Quelques heures plus tard, alors que l’assemblée constituante n’avait pas encore décidé du nom de la nouvelle association, cette personne s’alarma car si le club ne reprenait pas le terme PMSC, alors comment pourrait-il finir de convaincre les joueurs de venir dans ce club ? Les responsables prirent alors la résolution de le nommer ainsi.
#662 – PAOK Salonique : Ασπρόμαυροι
Les blanc et noir. En consultant l’article #118, le lecteur comprend que le PAOK naquit au sein de la communauté grecque venant de l’Empire Ottoman et installée à Salonique. Après 3 années de guerre, la Turquie parvint à repousser la Grèce hors de son territoire en 1922, évènement conduisant à la Megalê katastrophê (la Grande Catastrophe). En effet, ces pertes territoriales eurent pour conséquence l’émigration ou l’expulsion des communautés hellénistes de Turquie (soit 1 300 000 personnes), remplacées par 385 000 turcs qui vivaient alors en Grèce. Certains de ces grecques d’orient atterrirent à Salonique et se réunirent au sein d’association sportive et culturel. Ainsi, les clubs de l’AEK et du PAOK naquirent à Salonique, avec pour missions d’entretenir le lien au sein de cette communauté et avec sa culture, et reprirent les symbole de Constantinople pour rappeler leur origine (et celle de leurs membres). Comme le club athénien, l’AEK inscrivit dans son blason l’Aigle à deux têtes, symbole de l’Empire Byzantin (l’âge d’or de Constantinople et de la religion Orthodoxe) et celui du Patriarcat œcuménique de Constantinople. Le PAOK opta lui pour deux couleurs symboliques : le blanc et le noir. Le noir signifiait le deuil du départ des populations et l’anéantissement de l’hellénisme d’Orient. Le blanc, en revanche, symbolisait l’espoir de renaissance. En 1928, le PAOK absorba l’AEK et conserva ses couleurs et l’aigle bicéphale de l’AEK.
#661 – RCD Majorque : los Bermellones
Les vermillons. Le RCD Majorque évolue dans un maillot rouge foncé depuis 1922. Tout d’abord, revenons à la création du club. Le 27 février 1916, Adolfo Vázquez Humasqué, Antonio Moner, Rafael González, Alberto Elvira, Joaquín Mascaró et Fernando Pinillos, convinrent de fonder une association de football qu’ils dénommèrent Alfonso XIII FBC. Alfonso XIII était le nom du monarque espagnol qui régnait alors. Les fondateurs devaient donc être royalistes. Ce choix ne fut pas vain car dès le 28 juin de la même année, le roi Alfonso XIII honora la nouvelle équipe du titre de société royale. Jusqu’en 1922, les joueurs portaient un maillot, un pantalon et des chaussettes noirs. En 1922, Adolfo Vázquez Humasqué, un des principaux fondateurs et premier président du club, donna au club un équipement composé d’un maillot rouge et un short bleu, similaire à l’équipe de football espagnol. Outre le nom, ce choix renforçait encore le lien avec l’Espagne et sa monarchie.
Pourquoi ne pas avoir fait ce choix dès la création du club ? Tout simplement car l’équipe nationale d’Espagne naquit en 1920 afin de représenter le pays au Jeux Olympiques d’Anvers. Le maillot fut choisie par le président de l’époque du Comité olympique espagnol, Gonzalo Figueroa y Torres. Il opta pour un maillot rouge avec un lion rampant jaune comme blason. Le président du Comité olympique voulait un maillot aux couleurs du drapeau espagnol, rouge et jaune. Toutefois, il ne retint pas l’idée d’un maillot à 3 bandes comme le drapeau et préféra un lion rampant de couleur jaune. Cette figure héraldique apparaissait sur les armes du Roi Alfonso XIII et représentait les Pays-Bas des Habsbourg, qui dépendait de la couronne espagnole du XVème au XVIIIème siècle. Or, ce lion rampant, intégré dans le blason des Pays-Bas des Habsbourg, provenait des armes d’une des provinces des Pays-Bas, le Duché de Brabant, qui étaient noir avec un lion jaune. Et quelle ville se situait dans ce duché ? Anvers. Ainsi, l’Espagne se présentait avec des maillots aux couleurs nationales mais qui avait un lien avec la ville où se déroulait les Jeux Olympiques. En 1921, la sélection espagnole porta un maillot blanc mais redevint l’année suivante au rouge, période où Majorque l’adopta.
#660 – Coventry City FC : the Bantams
Les poids coqs, relatifs à la catégorie de boxe. Lorsque le club fut fondé en 1883 par les employés d’une fabrique de vélos, les fondateurs reprirent le nom de l’usine, Singers Cycle Company, comme nom du club, Singers FC. Dix ans plus tard, le club devint professionnel après des saisons réussies, au cours desquelles le club remporta deux fois de suite la Birmingham Junior Cup (en 1891 et 1892). En 1898, le club fut rebaptisé en Coventry City FC, un an avant d’emménager dans leur enceinte de Highfield Road, qui demeurera leur antre jusqu’en 2005. Avec le recrutement de plusieurs nouveaux joueurs, la saison 1907-1908 fut un grand succès et la meilleure de Coventry depuis sa création. Ils atteignirent pour la première fois le premier tour de la FA Cup et à l’issue de la saison, le club déposa sa demande pour intégrer la Southern League, qui à l’époque était considérée comme la troisième meilleure division du pays avec des clubs aux capacités équivalentes à ceux de la deuxième division de la Ligue nationale. Un journal local remarqua que le club de Coventry étaient l’un des rares à ne pas avoir de surnom. Comme sa candidature fut accepté le 27 mai 1908, le club ne put recruter des joueurs ayant les qualités pour évoluer à ce niveau. En outre, il perdit son atout capital, l’ailier Albert Lewis. Résultat, le club vécut une saison compliquée et apparaissait comme un petit poucet. Ce statut de poids léger de la Southern League donna naissance au surnom de bantam. A la fin de la saison, le club échappa à la relégation uniquement car le nombre de club de la Southern League passait de 20 à 22 pour l’année suivante.
Coventry adopta ce surnom seulement un mois après que Bradford City le retint aussi. C’était la mode pour les clubs d’adopter des surnoms en rapport avec les animaux, notamment des oiseaux. Bradford City prit ce surnom de bantam, qui fait référence dans ce cas à la poule naine, en raison des qualités de combat de cet oiseau (cf. #996). Pour Coventry, ce n’est donc pas le cas mais plutôt par rapport au fait que l’équipe n’évoluait pas dans la même catégorie que les autres de la Southern League. Par ailleurs, il semble que le club avait déjà des surnoms avant 1908 : au départ the vocalists (en raison du nom du club, Singers) puis the little blackbirds (les petits merles, car le club porta pendant la saison 1890-1891 un kit intégralement noir). Toutefois, ces surnom n’auraient pas survécu, ni même vraiment imprégnés les fans ou la presse.
#659 – Albion FC : el Decano
Le doyen. Le football fut introduit en Uruguay, comme dans beaucoup de pays, en particulier sud-américain, par des immigrés britanniques dans les années 1880. Le premier match de football connu en Uruguay fut celui joué en 1881 entre le Montevideo Rowing Club (club d’aviron fondé en 1874) et le Montevideo Cricket Club (club de cricket créé en 1861). Toutefois, ces deux institutions sportives n’étaient pas dédiées au football et il fallut attendre 1891 pour que le premier club de football naisse. Un professeur britannique nommé William Leslie Poole arriva en Uruguay en 1885 en provenance de l’université de Cambridge pour enseigner l’anglais au sein de la English High School à Montevideo. Au delà de son statut d’enseignant, Poole était un sportif exemplaire qui pratiquait le football, l’aviron, le cricket et le rugby. Il entraina ses élèves à ses différentes disciplines nouvelles et inspira l’un d’eux, Henry Candid Lichtenberger Levins, qui convainquit 22 autres camarades de fonder le premier club exclusivement dédié au football, sous le nom de Foot-ball Association, le 1er juin 1891. Le premier match se déroula le 2 août 1891 contre le Montevideo Cricket Club et se conclut par une défaite 3 buts à 1. Le 21 septembre 1891, lors d’une réunion tenue dans les locaux de la caserne anglaise, sur proposition de deux membres (Pepper et Clark), le nom du club fut changé en Albion Foot Ball Club (Albion est un nom alternatif de la Grande-Bretagne depuis Ptolémée), en hommage à la patrie des créateurs de ce sport et certainement aussi car les membres étaient tous des descendants de la communauté britannique de Montevideo. En 1900, avec 3 autres clubs, l’Albion participa à la création du championnat d’Uruguay et de la Uruguay Association Foot-ball League, prédécesseur de la fédération actuelle. En 1901, l’équipe d’Albion, rejointe par 2 joueurs du Club Nacional, joua contre une équipe d’Argentine, ce qui est aujourd’hui considéré comme le premier match de l’équipe nationale d’Uruguay. Aujourd’hui, le club existe toujours et navigue entre la seconde et la première division. Il demeure à jamais le doyen du football uruguayen.