Les tisserands. A 30 km au sud de la capitale Asuncion, se situe la ville d’Itauguá, lieu de résidence du club mais également capitale du ñandutí, une dentelle typique du Paraguay. Importée par les espagnols entre le XVIIème et XVIIIème siècle, la technique provient de Tenerife, aux îles Canaries, et de sa dentelle nommée sols (dentelles soleils). Mais, les artisans paraguayens se le sont appropriés en l’enrichissant de motifs locaux tels que les astres, les fleurs et les animaux provenant de la forêt Guaraní. La fleur du Guayabo ou celle du Mburukuja sont les images les plus représentées. Ñandutí signifie toile d’araignée en guarani car cette dentelle ressemble à cette forme tissée par les aranéides. Ainsi, sur une toile tendue par un cadre en bois, la dentelle se compose de cercles brodés de fils blancs ou bien de couleurs vives et en son centre le fameux motif guarani (nommé apyte). Au XIXème siècle, le régime autoritaire établi par le Docteur Francia entreprit la modernisation économique du pays en organisant un protectionnisme dur. Dans ce contexte, l’artisanat fut favorisé pour permettre l’autosuffisance du pays. Ainsi, la production de dentelles locales se développa, notamment l’ao po’í, vêtement originaire de Yataity (une broderie sur tissu indigène, comme un nid d’abeille), laceyú provenant de Cordillera et donc le ñandutí d’Itauguá. Depuis, les femmes indigènes ou métisses d’Itauguá ont fait de cette dentelle leur gagne-pain et l’un des produit phares et typiques du Paraguay.
Auteur : panamstory
#637 – FC Rapid Bucarest : Ciocănari
Les marteaux. Ce surnom était celui des ouvriers qui travaillaient aux ateliers de maintenance ferroviaire de la capital, du nom d’Atelierele Griviţa. Pourquoi le club en a-t-il hérité ? En 1897, une usine se monta au nord de Bucarest afin de proposer des services de réparation et de maintenance des locomotives à vapeur. Ces ateliers étaient initialement consacrés aux trains desservant Bucarest, notamment depuis la Gare du Nord (Gara București Nord), toute proche et construite en 1872. Mais, au fil des années, ils devirent un maillon essentiel pour l’ensemble de l’industrie ferroviaire roumaine. Dans ces ateliers, il y avait des forges et les ouvriers utilisaient souvent des marteaux pour réaliser leurs travaux. Ainsi, ils gagnèrent le surnom de marteau.
Autour des ateliers, se développa un nouveau quartier de la capitale roumaine du nom de Grivița. Comme souvent à l’époque, lorsqu’il y avait une grande population ouvrière, les hommes passaient leur temps libre à joueur aux nouveaux sports à la mode dont le football. Ainsi, le 25 juin 1923, les ouvriers d’Atelierele Griviţa se réunirent à l’école primaire du quartier et signèrent l’acte de fondation d’une nouvelle équipe du nom de CFR Bucarest. Les autres petites équipes du quartier, telles que Rampa Militari et Excelsior, se joignirent alors à cette nouvelle organisation. Le premier président fut le contremaître Teofil Copaci et le capitaine de l’équipe le tourneur Grigore Grigoriu. L’ingénieur Aurel Fotiade fut nommé le secrétaire du club.
#636 – SC Olhanense : Leões de Olhão
Les lions de Olhão. Le lion surplombe le blason rouge et noir du club de l’Algarve et rappelle celui qui domine les armes de la ville. Avant 1928, la ville ne possédait pas vraiment d’armoiries et décida de s’en doter à cette époque. Elles représentaient un lion rugissant qui brise ses menottes, accompagné de la lettre O et de deux têtes humaines, l’une représentant un roi, l’autre un maure. Par la suite, les armoires évoluèrent mais le lion en or brisant ses chaînes demeure encore aujourd’hui. L’animal, une des figures les plus représentés en héraldisme, symbolise souvent l’audace et la bravoure et la couleur or signifie la noblesse, la foi ou la fidélité. Ce sont bien ces symboles que ce lion dans les armes de Olhão représente. En effet, le 14 Avril 1808, les troupes napoléoniennes rentrèrent dans Olhão et de nouvelles taxes impopulaires furent levées par les français. En outre, ces derniers se rendirent coupable du vol de l’argenterie de l’église. Malgré les recommandations d’apaisement du prince régent portugais, Jean VI, réfugié au Brésil, la colère montait parmi la population algarve. Le 16 Juin 1808, un soulèvement spontané de la population se produisit, poussant les français hors de la ville. Les différentes tentatives des français de reprendre le contrôle se solderont par un échec. La nouvelle de la révolte et des victoires des habitants de Olhão se répandit dans la toute la province, forçant les français à quitter l’Algarve dès le 23 Juin 1808. La légende raconte que quelques pêcheurs de Olhão prirent une modeste embarcation, une caïque, pour aller porter la bonne nouvelle au prince régent au Brésil. Cet évènement fut la première des révoltes populaires contre l’occupation française et marqua à jamais l’histoire de la ville. Le lion en or brisant ses chaînes est le symbole de ce soulèvement populaire.
#635 – Arka Gdynia : Śledzie
Les harengs. Le nom complet du club est Morski Związkowy Klub Sportowy Arka Gdynia qui signifie Club Sportif de l’Union Maritime Arka Gdynia et on comprend déjà un peu pourquoi le surnom fait référence à un poisson. En outre, le club, fondé en 1929, se construisit par fusion de plusieurs associations au fil de son histoire, notamment KS Marynarz (Club des Sports des Marins), Rybacki KS MIR (Pêche Club de Sport MIR) ou encore KS przy Urzędzie Morskim i Administracji Portowej (Club des Sports de la Direction Maritime et Portuaire).
L’existence d’autant de clubs de l’univers maritime s’explique par l’ouverture en 1924 d’un port à Gdynia. Situé dans la baie de Gdańsk, le port de Gdynia était devenu le plus grand port de la Mer Baltique et l’un des plus grands ports d’Europe avant la Seconde Guerre Mondiale. Après avoir été bombardé par les alliés (car il était devenu une base de la marine allemande), le port redevint une place maritime importante en Mer Baltique. Les autorités déclarèrent terminer l’année 2020 avec une augmentation de 2,9% de l’activité transbordement, soit 24,6 millions de tonne et une croissance de 1% pour la manutention des conteneurs, soit plus de 900 mille conteneurs EVP.
Mais, avant d’être un port, Gdynia fut dès le XIIIème siècle un village de pécheurs. A cette époque, en Mer Baltique, le hareng était particulièrement gros et facile à pêcher car la zone était son aire de ponte. En outre, salés ou fumés, ils se conservaient aisément. Il fut donc pêché par toutes les villes et villages du Nord de l’Europe et devint même le produit de base des commerçants de La Ligue Hanséatique. Ce passé marin s’affiche sur les armes de la ville où l’on retrouve deux poissons dorés se faisant face.
#634 – Daring Club Motema Pembe : les Immaculés
En 1862, un prêtre diocésain belge, Théophile Verbist, créa sa mission religieuse pour répondre à la pénurie d’orphelinat en Chine. La congrégation fut surnommée « Les Missionnaires de Scheut », nom du faubourg de Bruxelles où elle vit le jour. Toutefois, son nom officiel était « Congrégation du Cœur Immaculé de Marie ». En 1888, le Roi des Belges, Léopold II, insista pour que cette congrégation belge partit évangéliser ses terres africaines (le Congo) à la place des missionnaires étrangers, en particulier français. A partir de 1890, la collaboration entre l’État indépendant du Congo et la congrégation se renforça, Léopold II lui confiant la mission d’éduquer les congolais. Les missions et les écoles s’essaimèrent dans tout le Congo. Dans ce contexte, en juillet 1917, Raphaël de la Kethulle de Ryhove, révérend père scheutistes, arriva à Léopoldville. La nécessité de construire une école à Léopoldville lui apparaît rapidement et en 1923, il réussit à faire ouvrir le Collège Saint-Joseph, qui devint la plus prestigieuse école du pays. Par la suite, il fut à l’origine de la création de plusieurs écoles primaires, secondaires et professionnelles. Mais sa contribution ne se limita pas à l’enseignement et il proposa aux jeunes des activités extra-scolaires et des loisirs. Ainsi, il fonda le premier groupe scout du Congo, une fanfare également, organisa des représentations de théâtre et des séances de cinéma et contribua à l’édification d’enceintes sportives. Il fut aussi à l’origine d’associations sportives. En 1936, pour les élèves du Collège Saint-Joseph, il fonda le Daring Club. Pour rappeler le lien avec la congrégation religieuse auquel appartenait le fondateur, les termes Motema Pembe (« coeur immaculé » en lingala) furent ajoutés au nom du club. Le surnom était alors tout trouvé.
#633 – CDC Atlético Nacional : los Verdolagas
Le pourpier. Il s’agit d’une plante aux fleurs colorés, mesurant de 15 cm à 60 cm de hauteur. Cette plante appartient au genre portulaca, qui comprend environ 200 espèces, et à la famille des portulacacées, où l’on dénombre près de 500 variétés. Originaire d’Amérique du Sud, d’Asie et d’Afrique, son aire s’est étendue aux différentes régions ensoleillées du globe, au climat tempéré ou subtropicale. Souvent utilisé comme bordure ou parterre, notamment afin de retenir l’humidité au profit d’autres plantes, le pourpier se compose d’une tige droite ou prostrée ainsi que des feuilles vertes et charnues. Leurs fleurs peuvent être solitaires ou en grappe recouvrent une multitude de couleurs : jaune, rose, rouge et blanc. Justement, cette plante est endémique de la région d’Antioquia, où se situe Medellín, depuis l’époque précolombienne. La variété aux fleurs blanches est la plus courante dans la région. Or, cette association d’une tige et feuilles vertes et d’une fleur blanche rappelle les couleurs du maillot du club. En outre, la Colombie est un grand producteur et exportateur de fleurs (en 2019, le pays a exporté environ 1 480 millions de dollars et 260 000 tonnes de fleurs vers 100 pays) et le département d’Antioquia est connu pour sa production de chrysanthème et d’hortensias. Depuis 1957, Medellín organise même un festival annuel, Feria de las Flores (fête des fleurs), qui constitue l’événement le plus important de la ville au même titre que le carnaval à Rio ou l’Oktoberfest en Bavière. La référence à cette plante s’imposa donc comme surnom de l’équipe dès la création du club.
#632 – Go Ahead Eagles : Eagles
Les aigles. Pas d’originalité dans ce surnom. Le club fut fondé en 1902 par Leo zur Kleinsmiede et, comme d’autres clubs de l’époque (cf article #111), les fondateurs cédèrent au snobisme de l’époque de donner une consonnance étrangère au nom du club. Ainsi, le club fut dénommé Be Quick (« être rapide » en anglais). Lors de la saison 1904-1905, le club évoluait dans la ligue régionale Zutphense Voetbalbond et finit à la seconde place. L’année suivante, il intégra la fédération nationale, NVB (maintenant KNVB). Néanmoins, la NVB imposa au club de changer de nom car il existait déjà une équipe avec le même nom (Be Quick Groningen). La direction opta donc pour un nom proche, DVV Go Ahead. Toutefois, pas d’Eagle encore à l’époque. Il fallut attendre le 1er Juillet 1971 lorsque la section professionnelle se sépara de l’association amateur. L’équipe professionnelle se chercha un nouveau nom et son entraîneur gallois, Barry Hughes (de 1970 à 1973), proposa l’ajout de « Eagles« , qui séduisit le conseil d’administration. Si l’oiseau majestueux domine ses proies, ce qui est un symbolisme apprécié pour une équipe de football, il est plutôt probable que les raisons de cet aigle viennent des armes de la ville de Deventer, où réside le club. Deventer était une ville impériale libre et l’aigle, qui apparaît sur ses armoiries, dérive de celui du Saint Empire romain germanique. En tant que ville libre, la cité dépendait directement de l’Empereur et non d’un seigneur local. Pour marquer ce lien direct, en 987, l’Empereur, Otton III, accorda à la ville de Deventer pour sceau, l’aigle, symbole du Saint Empire. Etant donné que le blason fut accordé à la ville avant 1250, l’aigle ne comporte qu’une seule tête (alors que l’aigle bicéphale n’apparaît sur la bannière impériale seulement au XVème siècle).
#631 – SS Lazio : Laziale
Il s’agit de l’adjectif provenant de Lazio. Lazio est le mot italien pour désigner la région du Latium. Lors de la fondation du club, les membres pensèrent d’abord appeler le club Società Podistica Romana. Toutefois, ce nom pouvait prêter à confusion avec les autres clubs sportifs romains, tels que la Società Ginnastica Roma, créé en 1890 (10 ans avant la Lazio). En outre, l’un des fondateurs, Olindo Bitetti, souhaitait étendre la réputation du club au-delà même des frontières de l’urbe en embrassant tout le territoire régional du Latium. Même si le terme englobe aujourd’hui une large aire du centre de l’Italie (dont Rome), le Latium fait surtout référence à la région historique. Au départ, sous domination principalement Etrusque, le Latium fut par la suite contrôlé par Rome, alors l’agglomération urbaine la plus importante, et devint le centre de l’Empire. Ainsi, cette référence renforçait les liens avec l’antiquité que les fondateurs du club souhaitait donner au club (cf article #60 et #306).
#630 – Hapoël Haïfa : הכרישים
Les requins. Si les dauphins fréquentent les côtes israéliennes (cf article #456), les requins sont plus rares. Certes, depuis quelques années, certains spécimens provenant de l’Egypte voisine se réchauffent en hiver près des eaux chaudes rejetées par la centrale électrique d’Hadera. Mais, ce phénomène n’est pas « naturel ». En réalité, le requin, qui figure sur le blason du club, rappelle le fort lien existant entre la ville de Haïfa et la mer.
L’étymologie d’Haïfa pourrait provenir du mot hébreu חוֹף (côte), voire de la contraction des mots חוֹף יָפֶה (belle côte). Située sur la côte méditerranéenne au Nord du pays, bénéficiant d’une baie d’eau profonde de 12 km de longueur, abrité par le Mont Carmel, Haïfa demeure un port depuis ses origines et l’un des principaux centres commerciaux maritimes d’Israël. Mentionné pour la première fois en 104 avant J.-C. (lorsque Ptolémée IX débarqua dans ce port pour combattre le roi hasmonéens Alexandre Jannée), le port de Haïfa fut précédé d’autres sites dans la baie dès le XVème siècle avant J.-C.. A l’époque des croisades, le site devint prospère puis fut occupé par des pirates au XVIIIème siècle. Il fallut attendre le mandat britannique et l’année 1933 pour que les autorités achevassent le premier port moderne. A ce moment, il servit pour expulser les immigrants puis à l’indépendance, il fut la principale porte d’entrée des nouveaux arrivants.
Depuis, le port de Haïfa est devenu le leader en termes de trafic passagers et est également un port de fret majeur (29 531 000 tonnes en 2018, 1 463 997 conteneurs). Le premier port privé d’Israël, Israel Shipyards Port, ouvrit également près d’Haïfa en 2007. En 2013, son volume d’activité avait cru de 500% depuis 2008 pour atteindre 1,7 million de tonnes. Enfin, après 6 ans de construction, un port complémentaire dénommé Port du Golf fut inauguré le 1er Septembre 2021 et est exploité par la société chinoise Shanghai International Port Group. Il s’agit d’un des plus grands projets d’infrastructure établis en Israël (plus de 5,5 milliards de shekels d’investissement). Le port possède des quais, mesurant environ 800 mètres de long et 17,3 mètres de profondeur, permettant pour la première fois à des navires de 400 mètres de long et 62 mètres de large, transportant 18 000 conteneurs et plus, de mouiller en Israël.
#629 – Southampton FC : the Saints
Les saints. Tout remonte aux débuts du club à la fin du XIXème siècle. En 1880, un premier club dénommé Deanery FC existait près de l’église St Mary, l’une des principales de la ville et qui était alors en pleine reconstruction (débutée en 1878). Moins d’un an après l’achèvement de l’église, son révérend, Arthur Baron Sole, souhaitait utiliser le football comme une activité inclusive auprès de sa communauté de jeunes. Ainsi, en 1885, le révérend Sole présida une réunion de l’association de St. Mary’s Young Men’s Association, dans une salle à Grove Street derrière l’église St Mary, pour fonder une équipe de football, dénommé St. Mary’s Young Men’s Association FC. St. Mary’s Young Men’s Association était une organisation ouvertement chrétienne dont les membres jouaient un rôle important dans les affaires paroissiales, en particulier en tant que professeurs et choristes au sein de l’église.
Avant d’adopter le football, le YMA avait de nombreux intérêts, après l’étude de la Bible, notamment le cricket et la gymnastique. En 1887-1888, le nom du club fut raccourci pour St. Mary’s FC. . En 1894, le club rejoint la Southern League et changea de nom pour Southampton St. Mary’s FC. Le club commençait à adopter un statut professionnel et cherchait donc à élargir son audience et ses ressources en s’identifiant mieux à la ville. Enfin, après que le club remporta le titre de Southern League en 1896-1897, il se transforma en une société à responsabilité limitée et s’ouvrit complètement aux joueurs ne faisant pas parti de la paroisse ou même de l’Eglise. Il prit donc le nom de Southampton FC. Toutefois, le lien fort avec les origines religieuses du club perdura dans son surnom.
Elles sont également rappelées dans le nom de son stade. Après avoir évolué plus de 100 ans dans son enceinte du Dell, le club déménagea dans son nouvel écrin, dénommé St Mary’s Stadium. Il faut indiquer que ce nouveau stade se situe près de l’église St Mary, au point que lors de la décision de cet emplacement, tout le monde disait que le club revenait chez lui. Enfin, dans son blason, une auréole couronne un ballon de football.