#941 – Arsenal : the Invincibles

Les invincibles. Vous ne rêvez pas depuis quelques mois. Arsenal est bien en tête de la Premier League et apparaît désormais comme un prétendant sérieux au titre suprême. Cela faisait bien des années que l’équipe du Nord de Londres n’avait pas lutté face aux cadors des Manchester, de Liverpool et de Chelsea. Il y a 20 ans en arrière, alors dirigé par le flegmatique Arsène Wenger, Arsenal constituait pourtant une des équipes majeures de l’élite anglaise et remportait son dernier titre de champion en 2004, au terme d’une saison incroyable et dont la formation demeure connu sous le surnom des Invincibles.

Entre le 7 mai 2003 et le 16 octobre 2004, cette équipe enchaina 49 matchs sans défaite en championnat (avec 36 victoires et 13 matchs nuls). Cet exploit, Arsène Wenger, en avait déjà rêvé la saison précédente. A la recherche de la perfection, le manager français annonçait déjà la couleur dans la presse anglaise en Septembre 2002 « Arsenal can go unbeaten all season […] It’s not impossible as A.C. Milan once did it but I can’t see why it’s so shocking to say it. Do you think Manchester United, Liverpool or Chelsea don’t dream that as well? They’re exactly the same. They just don’t say it because they’re scared to look ridiculous, but nobody is ridiculous in this job as we know anything can happen. » (Arsenal peut être invaincu toute une saison […] Ce n’est pas impossible comme l’AC Milan l’a fait une fois (ndlr : saison 1991-1992, Milan remporta la Série A avec 0 défaites), mais je ne vois pas pourquoi c’est si choquant de le dire. Pensez-vous que Manchester United, Liverpool ou Chelsea n’en rêvent pas aussi ? Ils sont exactement les mêmes. Ils ne le disent pas parce qu’ils ont peur d’avoir l’air ridicule, mais personne n’est ridicule dans ce travail car nous savons que tout peut arriver). Néanmoins, pour l’exercice 2002-2003, Arsenal échoua dans la conquête du titre face à Manchester United et enregistrait 6 défaites. Les deux derniers matchs de la saison se soldèrent par deux victoires faciles (6-1 face à Southampton et 4-0 face à Sunderland) qui allaient en appeler d’autres. A l’aube du nouvel exercice, la concurrence se renforça. Le Chelsea, tout juste racheté par le milliardaire russe Abramovich, commença ses transferts records avec 120 millions d’euros investis sur Makelele, Verón, Duff, Crespo, Joe Cole et Mutu. A l’inverse, Manchester United misa sur une jeunesse dorée (Cristiano Ronaldo, Saha, Alan Smith, Djemba-Djemba, Bellion et Howard). Arsenal ajusta sa formation avec l’intégration de Lehmann, Reyes, Clichy, van Persie et Fàbregas tandis que Vieira et Pires prolongeaient leur aventure londonienne. Si l’inusable David Seaman qui approchait des 40 ans et avait joué 13 saisons pour le club, le quitta, l’équipe comptait encore dans ses rangs des piliers comme son capitaine Patrick Vieira, Martin Keown, Robert Pires, Freddie Ljungberg, Dennis Bergkamp, Ray Parlour, Sol Campbell et surtout la star de l’attaque, Thierry Henry.

Arsenal débuta la campagne avec style, enregistrant quatre victoires et un nul. Mais, dès le 21 Septembre 2003, la saison à peine commencée, Arsenal se déplaçait chez son rival de Manchester United. Ce fut le moment clé, peut-être le déclic que l’exploit était possible. Dominé tout au long du match, diminué par l’expulsion de Vieira 10 minutes avant la fin du match, Arsenal connut la chance du futur champion puisque Ruud van Nistelrooy vit son pénalty s’écraser sur la barre transversale à la dernière minute de la rencontre. Arsenal repartit avec le point du match nul et enchaîna les victoires par la suite (battant au passage Liverpool et Chelsea). Cette équipe était faite d’acier et rien ne semblait les empêcher d’être champion, réussissant des matchs accomplis et des victoires mémorables. Le 9 avril 2004, alors mené à domicile 2 buts à 1 par Liverpool, Henry et Pires renversèrent la vapeur en seconde période pour l’emporter 4 buts à 2. Arsenal conquit mathématiquement le titre lors du derby face à Tottenham. Certes, il se conclut par le score de 2 buts partout mais pour les fans d’Arsenal, ce nul eut une saveur particulière puisque l’équipe était sacrée sur le terrain de leur ennemie de Tottenham. Après ce gain, la formation ne se relâcha pas et finit le travail en restant invaincue sur les 4 derniers matchs de la saison. Pourtant, elle faillit gâcher la fête lors de la dernière échéance. Alors que les joueurs londoniens affrontaient Leicester City, déjà relégué en Championship, ce dernier était devant à la mi-temps. Néanmoins, Arsenal se réveilla lors de la seconde période et finit par l’emporter grâce à ses français Henry et Vieira. Arsenal parvenait alors à égaliser l’exploit réalisé en 1888-1889 par Preston North End d’être invaincu lors d’une saison complète de championnat (seulement Preston n’avait disputé que 22 matchs contre 38 pour Arsenal). Les gunners finirent meilleure attaque (73 buts) et meilleure défense (26 buts encaissés). Thierry Henry fut consacré meilleur buteur avec 30 goals, premier joueur d’Arsenal à atteindre ce chiffre depuis les 33 buts de Ronnie Rooke lors de l’exercice 1947-1948. Les reconnaissances individuels tombèrent également. Arsène Wenger reçut les titres de Manager de l’année par l’association des managers et par la ligue. Thierry Henry récupéra les 3 titres de meilleurs joueurs de la Premier League décernés respectivement par les journalistes, les fans et les joueurs. 6 joueurs d’Arsenal (Lauren, Ashley Cole, Sol Campbell, Patrick Vieira, Robert Pires, Thierry Henry) finirent dans l’équipe type. Enfin, le titre d’équipe la plus fair-play comme le titre des meilleurs fans échurent également à l’équipe londonienne.

Puis, le 22 août 2004, lors de la saison suivante, le record de Nottingham Forest de 42 matchs sans défaite qui durait depuis 26 ans, tomba après une victoire difficile contre Middlesbrough, à Highbury. En effet, l’équipe combla un déficit de 3-1 en marquant 3 buts en 10 minutes puis le dernier but à la dernière minute (score finale de 5-3). L’exploit ne s’arrêta pas là puisque les gunners remportèrent 6 nouveaux matchs et enregistrèrent un match nul. Toute belle histoire a une fin et celle d’Arsenal s’arrêta face à son eternal rival de United. Le 24 octobre 2004, Manchester battait Arsenal 2 buts à 0 dans son antre d’Old Trafford. La barre s’arrêta donc ce mythique chiffre de 49 matchs sans défaite.

Lors de cette magnifique saison 2003-2004, Arsenal ne snoba pas les autres compétitions. Certes, il ne les remporta pas mais son parcours fut plus qu’honorable. Ces campagnes permirent aussi de rassurer ses rivaux anglais qui purent enfin les battre. En FA Cup, Arsenal fut éliminé en demi-finale par Manchester United. En Ligue des Champions, ce fut au tour de Chelsea de mettre fin aux espoirs d’Arsenal en quart de finale. En Coupe de la Ligue, le parcours s’arrêta en demi-finale face à Middlesbrough.

Dans le livre d’Amy Lawrence, « Invicible », Arsène Wenger déclarait « C’est douloureux pour moi de regarder en arrière, car je suis toujours énormément focalisé sur le fait d’aller vers l’avant. C’était l’un de mes rêves, finir champion en étant invaincu. Et je veux encore le faire. ».

#915 – Blackburn Rovers FC : Rovers

Il s’agit du nom du club, qui signifie vagabond. Le terme est peu flatteur mais, comme pour son synonyme Wanderers, il fut utilisé par un certain nombre de clubs anglais (Bolton, Bristol, Cray, Doncaster, Forest Green, Tranmere, Wolverhampton, Wycombe) comme étrangers (Sliema à Malte, Bray, Shamrock et Sligo en Irlande, Albion et Raith en Ecosse, Santiago au Chili, Montevideo en Uruguay) pour souvent signifier leur statut précaire qui les faisait notamment vagabonder d’un terrain à un autre. Non seulement, les terrains pour jouer étaient rares mais en outre, les clubs ne disposaient pas de grands moyens pour les louer (le soutien des collectivités étaient rares), s’ils n’en étaient pas simplement chassés en raison d’un projet immobilier.

Fondé le 5 Novembre 1875, en tant que précurseur, Blackburn n’échappa pas à la règle. Le premier terrain de Blackburn était à Oozehead Ground, près de l’école St Silas à Preston New Road en 1876. Oozehead n’évoquait pas le football de haut niveau vu les installations rudimentaires (pas de tribune) et la piètre qualité du terrain (presque au milieu du terrain se trouvait un ancien bassin de drainage d’une ferme, qui avait été recouverte de planches de bois et d’herbes). Sans surprise, leur séjour ici fut de courte durée et les membres trouvèrent un nouveau lieu d’accueil en 1877 : le terrain de cricket de Pleasington. Mais ce dernier était en très grande banlieu de Blackburn. D’où, un an plus tard, ils déménagèrent à Alexandra Meadows, proche du premier terrain de Oozehead. Pour la saison 1881-82, le club loua un nouveau terrain à Leamington Street, non loin du précédent. Le club investit 500 £ pour fournir des installations aux spectateurs. Mais, en 1890, Blackburn fut obligé de changer une nouvelle fois de terrain car les propriétaires du terrain de Leamington Street augmentèrent le loyer de manière exorbitante. La direction se pencha sur un lieu, dénommé Ewood situé un peu plus au Sud que leur quartier d’origine. Ewood n’était pas inconnu pour le club car l’équipe y joua 4 fois en 1882. À l’époque, Ewood était un terrain de sport polyvalent qui accueillait du football, de l’athlétisme et des courses de chiens. Ce site avait été construit en 1882 par quatre entrepreneurs locaux. Blackburn loua le terrain pendant dix ans pour commencer, à un loyer annuel de 60 £ pour les cinq premières années et de 70 £ pour le reste. Mais, le coût du déménagement (environ 2 700 £) pesait sur les finances du club, les recettes de match étant peu élevées. En 1893, il fut décidé de racheter le stade de Ewood pour 2 500 £, chargeant un peu plus le fardeau financier à court terme mais qui devait permettre à long terme d’assurer l’autonomie financière du club.

#893 – West Ham United : the Academy of Football

L’académie de football. Si les nombreux clubs londoniens affichent des moyens financiers importants, et pas seulement ces dernières années, la formation a toujours fait parti de leur stratégie. En la matière, l’un des clubs s’est particulièrement distingué, West Ham United. Sa formation est reconnue comme l’une des plus performante du pays. Avec l’afflux de nombreux joueurs étrangers en Premier League, West Ham United demeure toujours comme l’un des rares clubs formateurs.

Dans les années 1950 et 1960, le club alignait une équipe composée de nombreux jeunes formés en son sein. En effet, quand le nouveau manager Ted Felton prit le club en main en 1950 en seconde division, il comprit que le manque de moyens du club ne lui permettrait pas de décoller. Dans son autobiographie, « Home With the Hammers », Fenton écrivait : « The only way to build the club was youth. There were lots of good players around, but I had no money to buy the key players we needed. There was always the problems of running a club on a shoe-string. » (La seule façon de construire le club était la jeunesse. Il y avait beaucoup de bons joueurs, mais je n’avais pas d’argent pour acheter les joueurs clés dont nous avions besoin. Il y avait toujours les problèmes de gestion d’un club avec peu de moyens). Ainsi, avec le soutien de son président, Reg Pratt, et du dépisteur en chef du club, Wally St. Pier, une politique et un programme de développement des jeunes commencèrent à être mis en œuvre. Cette stratégie conduisit à l’avènement de nombreux joueurs tels que Ken Brown, Malcolm Musgrove et John Bond mais surtout, d’une génération dorée, à la fin des années 1950, comprenant Geoff Hurst, John Smith, John Lyall, Ronnie Boyce et Martin Peters et emmenée par le légendaire défenseur Bobby Moore. Mais, au-delà de la formation, avec la contribution considérable du joueur Malcolm Allison, Fenton infusa auprès des joueurs une nouvelle approche moderne du football. Ils introduisirent des régimes alimentaires pour améliorer leur niveau de performance et encouragèrent les joueurs à passer du temps ensemble en dehors du terrain et à discuter leurs tactiques. Ils s’inspirèrent des méthodes d’entrainement des équipes continentales, et notamment de la fameuse équipe hongroise de Ferenc Puskás. Ces concepts innovants furent connus sous le nom de The West Ham Way.

En 1961, Fenton céda sa place à Ron Greenwood, qui va poursuivre le travail. Lors de la Coupe du Monde 1966, 3 joueurs formés à West Ham, Bobby Moore, Geoff Hurst et Martin Peters, constituèrent l’ossature de l’équipe nationale. Capitaine de la sélection aux 3 lions, Moore fut décrit par Pelé comme le plus grand défenseur contre lesquels il avait joué. Lors de la finale face à l’Allemagne de l’Ouest, remporté 4 buts à 2 par les anglais, Hurst resta célèbre pour son hat trick, complété par un but de Peters. Les fans de West Ham chantèrent alors « I remember Wembley/When West Ham beat West Germany/Peters one and Geoffrey three/And Bobby got his OBE! » (Je me souviens de Wembley/quand West Ham a battu l’Allemagne de l’Ouest/Peters un et Geoffrey trois/et Bobby a obtenu son OBE – ordre de chevalerie britannique). Depuis, l’académie de West Ham a continué à produire de nombreux joueurs professionnels, dont Frank Lampard Senior, Trevor Brooking, Clyde Best, Paul Ince, Tony Cottee, Frank Lampard, Rio Ferdinand, Jermain Defoe, Glen Johnson, Sol Campbell, Joe Cole, John Terry, Anton Ferdinand et Michael Carrick.

Avec l’arrivée de Ron Greenwood, la presse commença à utiliser le terme d’Academy of Football. Il fut repris par le club qui l’utilise régulièrement dans sa communication et nomme désormais sa structure de formation the Academy of Football. Outre être une source importante pour l’équipe première, l’académie est une partie importante de l’identité du club. Lorsque le club a été relégué de la Premier League en 2003, la vente des prometteurs jeunes joueurs de l’Académie sauva le club d’un désastre financier. Pour terminer, un article d’ITV Football du 13 septembre 2004 déclarait que « The biggest single contributor to the current England national squad is not Manchester United, Arsenal, Liverpool or Chelsea, but the West Ham Youth Academy » (Le plus grand contributeur à l’équipe nationale d’Angleterre actuelle n’est pas Manchester United, Arsenal, Liverpool ou Chelsea, mais la West Ham Youth Academy).

#874 – Barnsley FC : the Colliers

Les mineurs (des mines de charbon). En regardant l’écusson du club, on peut y voir un mineur, sa lampe de fosse suspendue à son cou, tenant une pioche et de l’autre côté un souffleur de verre, soutenant un chalumeau. Ces deux ouvriers représentent les deux pans de l’économie du pays de Barnsley lors de la révolution industrielle : l’extraction de charbon et la verrerie. L’exploitation des ressources du sol démarrèrent dès le Moyen-Âge mais de manière assez artisanale. Même si l’extraction de charbon était facilité (car les réserves étaient peu profondes), l’enclavement de la région limitait cette industrie. En 1806, Barnsley ne comptait que 24 mineurs, soit seulement 2,4% de la population. Résultat, avant 1850, l’économie de Barnsley était dominée par le commerce du lin. Mais, avec les besoins de la révolution industrielle, les importantes réserves de charbon autour de Barnsley ne pouvaient pas rester inexploitées. Encouragé par le développement des voies ferrés qui permirent le transport de la production, Barnsley devint le principale filon du bassin houiller du Yorkshire, connu mondialement sous le nom de Barnsley Bed. La bonne qualité du charbon en faisait un excellent combustible pour les chemins de fer et un composant pour la sidérurgie. Plus que toute autre activité, les mines transformèrent le paysage rural du South Yorkshire. Outre, le développement des houillères, des terrils, des canaux et des chemins de fer, de nombreuses villes épousèrent cette économie. En effet, la population du bassin houiller augmenta de manière phénoménal et la nouvelle population minière, dont beaucoup étaient des migrants d’autres régions du pays, devait être logée à proximité des puits. De petites colonies furent ainsi construites, transformant des villages ruraux en petite ville ou en créant de toute pièce de nouvelles communautés. A partir de 1950, l’industrie du charbon commença son déclin. La réorganisation de l’industrie du charbon dans les années 1970 et 1980 conduisit à la fermeture de nombreuses fosses. Puis, la dernière mine ferma en 1991.

Barnsley est encore synonyme aujourd’hui de mine de charbon. La légende raconte même que dans ses premières années d’existence, le club de football s’en allait crier dans les puits pour recruter de nouveaux joueurs.

#863 – Everton FC : the Blues

Les bleus. Ce surnom est assez commun en Angleterre, étant donné qu’il est souvent associé aux équipes qui évoluent en bleu (Billericay Town, Birmingham, Chelsea, Grays Athletic, Ipswich, Manchester City, Portsmouth, Shrewsbury Town, Southend United …). Everton n’y a pas échappé avec son maillot bleu royal (associé à un short et des chaussettes blancs). Cependant, au cours des premières décennies de son histoire, l’équipement d’Everton connut de nombreux changements. De sa fondation en 1878 à 1880, les joueurs évoluèrent officiellement dans un maillot rayé blanc et bleu, qui étaient les couleurs de l’Eglise méthodiste à l’origine de la création du club. Toutefois, les nouveaux arrivant intégraient l’équipe avec leur propre équipement, qui pouvait être aux couleurs de leur ancien club. Sur le terrain, cela donnait un jolie patchwork de couleurs mais perturbant pour les joueurs d’Everton comme pour leurs adversaires. Ce désordre ne pouvait convenir à la direction qui décida en 1880 d’opter pour une tenue intégralement noire. Cette couleur résultait d’un choix économique. En effet, d’une part, il suffisait de teindre aisément les tenues déjà détenues. D’autre part, la confection de maillot supplémentaire était facilitée par le fait que les tissus noirs étaient abondants et bons marchés. Mais, jouer intégralement en noir apparaissait morbide. Ainsi, une diagonale écarlate fut rajoutée au maillot. Un journaliste décrivit ainsi la tenue dans un article paru dans le « Liverpool Courier » le 1er Octobre 1881 : « The new Everton costume consists of Black jersey and Pants and a white hose, with a crimson sash slung crosswise from shoulder to hip, a make up that gives the players a neat and business like appearance » (Le nouveau costume d’Everton se compose d’un maillot et d’un pantalon noirs et d’un bas blanc, avec une bande cramoisie portée en croix de l’épaule à la hanche, un maquillage qui donne aux joueurs une apparence soignée et professionnelle).

Malgré cette élogieuse description, de nouveaux maillots et couleurs apparurent entre 1882 et 1901. De 1882 à 1884, le maillot était composé de deux parties, une rose et une blanche, à la façon de Blackburn. Le short était blanc et les chaussettes noires. En 1884 et jusqu’en 1886, le maillot était un large damier bleu roi et blanc, accompagné d’un short et de chaussettes bleus marines. En 1886, Everton conserva le short et les chaussettes mais revint à un maillot rose avec manches blanches. En 1887, le short et les chaussettes restèrent toujours bleus marines mais le maillot passa en bleu ciel et blanc, façon Blackburn. Gardé pendant 3 saisons, le maillot changea de nouveau en 1890 pour devenir saumon. La saison d’après, il passa rouge avec quelques parements bleus ciels. Oui Everton joua avec la couleur de son rival Liverpool (qui à l’époque venait de naître et évoluait en bleu … à ne plus rien y comprendre). En 1892, cette fois, Everton abandonna le bleu marine pour le short qui devint blanc. Le maillot quant à lui fut modifié en bleu ciel. On se rapprochait ainsi de la tenue définitive du club.

Finalement, ce fut lors de l’année 1901 que le club opta pour le maillot bleu roi avec un short blanc, qui devint alors sa tenue traditionnelle. Sauf en 1929, lorsque la direction tenta d’imposer de nouveau le maillot bleu ciel. Mais, fraichement reçu par les supporteurs, le bleu roi revint la saison suivante.

#845 – Swindon Town FC : the Robins

Les rouges-gorges. Ce petit oiseau, répandu dans toute l’Europe, affiche un plumage rouge orangé sur le devant de la tête, la gorge et la poitrine. Evidemment cette couleur du plumage n’est pas sans rappeler les teintes du maillot du club. Les joueurs portèrent-ils toujours ce rouge ? Pour cela, il faut remonter aux origines du club. Or, comme beaucoup de clubs né au XIXème siècle, les véritables circonstances de la formation du Swindon Town Football Club demeurent un mystère. Pendant longtemps, la date de 1881 était celle retenue par le club qui fêta son centenaire en 1981. Dans les années 1990, des recherches permirent de découvrir de nouvelles sources qui dataient le début du club en 1879 sous une autre dénomination (Swindon AFC en 1879 puis Swindon Spartan en 1880). AFC évoluait avec un maillot rayé noir et rouge tandis que les Spartans jouèrent en blanc (avec un short noir et parfois une ceinture bleue). Puis, de 1894 à 1898, le club revient au rouge et noir. Sans connaître la raison, en 1897, il fut décidé qu’un changement était nécessaire et les joueurs portèrent désormais des maillots verts, avec des manches blanches. Toutefois, à l’orée du XXème siècle, des problèmes pour obtenir le bon vert pour les kits convainquirent la direction de changer une nouvelle fois de couleur. En 1901, un maillot uni fut retenu et fut décrit comme marron (certainement foncé) par deux journalistes (et également sur la flyer d’un match). L’année suivante, la teinte de marron s’éclaircit et s’approchait alors du plumage de l’oiseau. Le surnom apparut alors à ce moment. Le passage au rouge actuel n’est pas documenté mais il est certain que dans les années 1920, le kit du club était devenu rouge. Le rouge-gorge apparut quant à lui sur le blason du club dans les mêmes années.

#803 – Brentford FC – the Bees

Les abeilles. Avec cette magnifique abeille en majesté sur l’écusson du club, ce surnom s’est imposé pour le club quasiment au début de son existence. Mais, ce n’est pas sa présence sur le blason, ni même l’utilisation de maillot rayé par le club (dont les couleurs ne furent jamais proches de celles des abeilles) qui furent la source d’inspiration de ce surnom.

Fondé en 1889, il apparut dans les années 1894-1895 alors que l’équipe comptait dans ses rangs un attaquant d’une vingtaine d’année dénommé Joseph Gettins. Il connaîtra une certaine renommée avec Millwall et Middlesbrough mais dans ces années 1890, il était encore qu’un jeune étudiant du Borough Road College. Lors d’un match, ces camarades de l’école vinrent le voir jouer et scandèrent des tribunes le cri de guerre du collège « buck up Bs » (bougez vous les B – B pour Borough). Mais, le lendemain, les journalistes dans leurs articles retranscrirent mal le chant et le transformèrent en « buck up bees » (bougez vous les abeilles). Dans une autre version, le chant fut d’abord mal repris par l’ensemble des supporteurs dans le stade et le lendemain, la presse écrit l’erreur. Et voilà donc plus de 120 ans que ce malentendu perdure.

Le blason fit référence à ce surnom qu’à compter des années 1960. D’abord sous la forme d’une ruche qui se mariait avec les armes du Conseil de comté de de Middlesex (3 haches de mer). Puis, en 1972, un supporteur remporta un concours avec un blason intégrant directement cette fois et uniquement une abeille. Toutefois, il indiqua dans l’écusson l’année 1888 comme année de fondation du club, ce qui était une erreur (1889 réellement). Le logo fut remplacé dès 1975, abandonnant l’abeille au passage. Pour le centenaire du club en 1989, l’abeille refit son apparition sur l’écusson, sous une forme plutôt sympathique (elle arborait un beau sourire et portait une écharpe et un bonnet du club). En 1993, Andrew Henning, supporter de Brentford, conçoit un nouveau divisé en quatre quartiers qui s’inspirait des anciens. En haut à droite, deux abeilles butinent autour d’une ruche. Le quartier inférieur droit indique qu’il s’agit d’un club de football. En haut à gauche, les fameuses rayures rouges et blanches du club, réhaussées par la date de fondation (la bonne cette fois). Enfin, le quartier inférieur gauche arbore les fameuses 3 haches de mer des armoiries du comté. En 2017, nouvelle « révolution » marketing qui impose le logo actuel et souligne particulièrement l’identité du club en tant que « The Bees » .

#793 – Luton Town FC : the Hatters

Les chapeliers. Sur le blason du club, on retrouve les armes de la ville couronnées par un canotier. Depuis 1905, Luton est connue pour son usine Vauxhall de fabrication de voitures. Ces dernières années, cette activité a été complétée avec l’arrivée d’Easy Jet qui a contribué à transformer l’aéroport de Londres Luton en tant qu’aéroport régional de premier plan. TUI, le tour opérator, a confirmé cette position en installant son siège dans la ville. Mais, avant tout cela, la cité possède un riche héritage de fabrication de chapeaux depuis plus de 200 ans.

En effet, au XVIIIème siècle, l’industrie anglaise de la chapellerie se concentrait principalement sur Londres, Luton, Denton et Stockport (près de Manchester) ainsi que Atherstone (Warwickshire). Le métier se divisait en deux savoir-faire : d’un côté, la fabrication et le commerce des chapeaux de paille (chapeaux et bonnets pour femmes), de l’autre, celui du feutre (casquettes et chapeaux pour hommes). Luton se spécialisa d’abord dans le chapeau de paille car dès le XVIIème siècle, la tresse de la paille était le secteur dominant de l’économie locale. La croyance populaire veut que l’introduction du tressage de la paille en Grande-Bretagne puisse être attribuée à Marie Ier d’Écosse, qui aurait amené des artisans de Lorraine (d’où sa mère était originaire) et les aurait établis en Écosse. Son fils, Jacques Ier d’Angleterre, les aurait ensuite installés au sud de Luton, exploités par la puissante famille Napier. Au-delà de cette légende, il est prouvé que dès le milieu des années 1600, des personnes tressaient de la paille et fabriquaient des chapeaux de paille dans la région de Luton.

L’essor de l’industrie chapelière fut encouragé par les guerres napoléoniennes. Avec le blocus imposé par l’Empereur français, l’importation de paille tressée en provenance d’Italie et de chapeau devint quasi-nulle. A la sortie de la guerre, les forts droits de douanes ne permirent pas aux importations de reprendre. Ainsi, les hommes et femmes d’affaires de Luton créèrent des usines pour approvisionner les marchés locaux et nationaux en chapeaux de paille. De modeste ville, Luton se transforma en un grand centre industriel. En 1871, la ville comptait 35 000 employés dans le secteur du chapeau. Mais, la campagne environnante dépendait également grandement de cette économie. 40% de tous les tresseurs de paille du pays (environ 22 000 personnes en 1851) étaient basés dans le sud du Bedfordshire où se trouve Luton. En 1871, il y avait 20 701 tresseuses dans le Bedfordshire et 12 089 dans le Hertfordshire (comté limitrophe à Luton), avec environ 15 % de toutes les femmes du Bedfordshire qui se déclarait comme tresseuses de paille.

A compter de 1870, l’industrie de Luton se tourna également vers les chapeaux en feutre, dans le but de fournir une source de travail moins dépendante de la récolte saisonnière de paille. L’apogée de la production se réalisa pendant 50 ans, entre 1880 et 1930. A cette dernière date, la région de Luton produisait jusqu’à 70 millions de chapeaux en une seule année. En 1935, il y avait sept grandes usines de fabrication à Luton employant 1 000 femmes et 900 hommes, complétés de petites entreprises plus artisanales. En 1939, il y avait au moins 125 fabricants de ce type, dont le plus grand employait environ 100 ouvriers, tandis que le plus petit se contentait de 5 ou 6. Mais, après la Seconde Guerre mondiale, le déclin commença et la ville déclina rapidement. Le déclin de la tresse de paille démarra bien avant, dès 1880. En 1893, on estimait que moins de 5% de la tresse vendue au marché de Luton venait d’Angleterre et la fabrication était pratiquement éteinte dans la plupart des villes et villages environnants. En 1901, 98% des tresseurs avaient disparu dans le Bedfordshire et le Hertfordshire. Aujourd’hui, si Luton demeure encore synonyme de chapeau, son industrie est quasiment réduite à rien, quelques artisans tentant de perpétrer ce savoir-faire.

#768 – Stoke City FC : the Potters

Les potiers. Grâce aux abondantes réserves d’argile de la région, de sel et de plomb pour l’émail et de charbon, pour alimenter les fours, Stoke-on-Trent est façonné par la production de poterie depuis des siècles et a gagné une réputation mondiale en la matière. La production artisanale de faïence et de grès remonte au moins au XVIIème siècle. En créant son entreprise en 1759, Josiah Wedgwood aida à passer la production locale à l’ère industrielle et avec d’autres potiers célèbres du Staffordshire, tels que Joseph Spode, Thomas Minton, la famille Wood et Thomas Whieldon, il contribua à rendre la région synonyme de céramique. La croissance fut également portée par l’ouverture, en 1777, du canal Grand Trunk (aujourd’hui le canal Trent et Mersey), qui offrait un débouché aux ports de Hull et de Liverpool afin de transporter les matières premières vers la ville et pour l’exportation de la marchandise. Au XIXème siècle, les 6 différents villages (Burslem, Fenton, Hanley, Longton, Stoke-upon-Trent et Tunstall), connus sous le nom de Potteries et qui plus tard donneront naissance à Stoke, étaient devenus des villes importantes, comptant près de 300 poteries. L’écrivain, Arnold Bennett (né à Hanley en 1867) coucha sur papier la vie quotidienne des potiers de la région. Aujourd’hui, bien qu’il ne reste qu’une usine et un four en fonction, Stoke-on-Trent est toujours le centre de l’industrie britannique de la céramique et est le plus grand producteur d’argile au monde.

#750 – Brighton & Hove Albion FC : the Seagulls

Les mouettes. En matière de surnom, le football anglais demeure l’un des plus engagés, développés, et ce dès les premières années de son existence. Fondé en 1901, le pensionnaire actuel de Premier League n’a pas adhéré facilement à cette tradition. Lambs (agneaux) et Shrimps (crevettes) se succédèrent pendant les premières années mais se diffusèrent peu parmi les supporteurs. En 1950, le Brighton Standard, organe non officiel des fans, organisa un concours pour trouver un nouveau surnom mais celui plébiscité, Brovion, dérivé du nom du club, ne rencontra pas plus de succès. A l’été 1972, le club lança un vote pour trouver un surnom. Parmi les suggestions, les références à la situation maritime de la ville furent nombreuses (Coasters, Seasiders et Mariners). D’autres mettaient en avant l’âge d’or de Brighton sous le Prince Régent à la fin du XVIIIème siècle et au début du XIXème (Regents, Sovereigns, Bucks, Royals). Enfin, les oiseaux furent une autre source d’inspiration (Bluebirds, Swifts, Seagulls et Martlets). Mais le choix le plus populaire se porta sur dolphins (dauphins). Un delphinarium avait ouvert ses portes à Brighton en 1968, ce qui avait certainement influencé le choix. Surtout, les armoires de la ville de Brighton affichaient deux dauphins. Ces derniers marquèrent la longue histoire de Brighton mais il n’est pas facile de retracer leur origine. Par une conclusion hâtive, on pourrait penser que les dauphins ont été adoptés afin de rappeler le lien entre cette cité côtière et la mer (en l’occurence la Manche). Mais, les dauphins pourraient provenir des armoiries de deux familles qui firent parti des notables de la ville : la famille Scrase, associée au manoir de Brighton et la famille Lashmar. Le surnom plut en tout cas, au point que l’animal intégra le nouvel écusson du club en 1974. Mais, il ne resta que 3 ans et fut remplaçé rapidement (en 1977) par les mouettes.

Situé dans le Sussex, Brighton se retrouve isolé de la plupart des autres équipes de football, les laissant sans véritable derby à disputer. Pourtant, une rivalité va se construire avec un club situé à plus de 80 km de Brighton. En 1976, Alan Mullery fut nommé manager de l’équipe de Brighton tandis que Terry Venables débutait sa carrière d’entraineur dans le club londonien de Crystal Palace. En 3ème division, les deux clubs bataillèrent toute la saison 1976-1977 pour la montée (ils se recontrèrent 5 fois lors de cette saison) et leurs entraineurs nourrissaient en plus une certaine hostilité (qui remontait à leur passage en tant que joueur à Tottenham). Cette rivalité se renforça les deux saisons suivantes, les deux clubs évoluant dans les mêmes divisions et partageant les mêmes objectifs. Et finalement, bien que séparé de 80 km, l’autoroute A23 reliait aussi directement la ville à ce quartier sud de Londres. Or, Crystal Palace étant connu sous le nom de eagles (aigles), les fans de Brighton ne furent pas séduits de leur opposer un dauphin. Ainsi, face aux supporteurs de Crystal Palace qui scandaient « Eagles, Eagles! » , ceux de Brighton répondirent par des cris de mouettes et des chants « Seagulls, Seagulls! » (un oiseau courant sur la côte). Le surnom prit rapidement et s’imposa donc dès 1977 sur le blason du club.