#408 – Blackburn Rovers FC : the Riversiders

Ceux qui longent la rivière. Fondé le 5 Novembre 1875, comme de nombreux clubs de l’époque, l’équipe vagabondera de terrain en terrain. Le premier terrain de Blackburn était à Oozehead Ground, près de l’école St Silas à Preston New Road en 1876. Oozehead n’évoquait pas le football de haut niveau vu les installations rudimentaires (pas de tribune) et la piètre qualité du terrain (presque au milieu du terrain se trouvait un ancien bassin de drainage d’une ferme, qui avait été recouverte de planches de bois et d’herbes). Sans surprise, leur séjour ici fut de courte durée et les membres trouvèrent un nouveau lieu d’accueil en 1877 : le terrain de cricket de Pleasington. Mais ce dernier était en très grande banlieu de Blackburn. D’où, un an plus tard, ils déménagèrent à Alexandra Meadows, proche du premier terrain de Oozehead. Pour la saison 1881-1882, le club loua un nouveau terrain à Leamington Street, non loin du précédent. Le club investit 500 £ pour fournir des installations aux spectateurs. Mais, en 1890, Blackburn fut obligé de changer une nouvelle fois de terrain car les propriétaires du terrain de Leamington Street augmentèrent le loyer de manière exorbitante.

La direction se pencha sur un lieu, dénommé Ewood situé un peu plus au Sud que leur quartier d’origine. Ewood n’était pas inconnu pour le club car l’équipe y joua 4 fois en 1882. À l’époque, Ewood était un terrain de sport polyvalent qui accueillait du football, de l’athlétisme et des courses de chiens. Ce site avait été construit en 1882 par quatre entrepreneurs locaux. Blackburn loua le terrain pendant dix ans pour commencer, à un loyer annuel de 60 £ pour les cinq premières années et de 70 £ pour le reste. Mais, le coût du déménagement (environ 2 700 £) pesait sur les finances du club, les recettes de match étant peu élevées. En 1893, il fut décidé de racheter le stade d’Ewood pour 2 500 £, chargeant un peu plus le fardeau financier à court terme mais qui devait permettre à long terme d’assurer l’autonomie financière du club. Or, ce stade longe Alum House Brook, un affluent de la rivière Dawen, donnant ainsi l’idée d’un surnom à Blackburn, the Riversiders. Ce surnom était en outre approprié pour la ville car une des hypothèses de l’origine du nom de Blackburn est la rivière Blakewater qui coule au sein de la ville.

#390 – Burnley FC : Clarets

Les grenats. Burnley évolue dans un maillot bleu et grenat, souvent porté en Angleterre. Membres fondateurs de la Ligue de football, Burnley commença sa vie en tant que club de rugby sous le nom de Burnley Rovers. Voyant d’autres clubs de rugby de la région passés au football (appelé football association à l’époque), les membres de Burnley firent également la conversion en 1882 et changea alors de nom. Ils continuèrent tout de même avec les couleurs des Rovers, bleu et blanc, sous différentes variations, jusqu’en 1891. Une exception en janvier 1889 : les joueurs se présentèrent vêtus de maillots noirs unis lors d’un match contre Derby County en hommage à un joueur du nom de Cropper, décédé des suites de blessures subies en jouant pour le Staveley FC la semaine précédente. Puis de 1891 à 1900, les couleurs changèrent de nombreuses fois (maillot rayé jaune et grenat, maillot rayé noir et jaune, maillot rayé rose et blanc puis intégralement rouge). De 1900 à 1910, le club stabilisa son uniforme en optant pour un maillot intégralement vert et un short blanc. Seulement cette période coïncida avec des années difficiles sur le plan sportif, le club connaissant les affres de la relégation de la première division et demeurant en seconde division pendant toutes cette période.

Pour conjurer le mauvais sort supposément lié à la couleur verte, le comité de direction, poussé par son manager fraichement nommé, John Haworth, prit la décision d’abandonner cette couleur en 1910 au profit des couleurs de l’équipe dominante de l’époque, Aston Villa, alors déjà en bordeau et bleu. Ce changement accompagna effectivement le renouveau de l’équipe. Lors de la saison 1912–13, l’équipe gagna sa promotion en première division et atteignit la demi-finale de FA Cup. Burnley remporta son premier grand titre l’année suivante, en battant Liverpool lors de la finale de la FA Cup (1 but à 0).

Depuis plus de 100 ans, Burnley s’est donc approprié les couleurs d’Aston Villa (et parfois même le design du maillot). Toutefois, à partir de 1935 et jusqu’à la fin de la Second Guerre Mondiale, le club fit une disgression en arborant un maillot blanc et short noir. Selon certaines sources, ce choix s’expliquerait par des raisons économiques, les teintures étant chers à cette époque. A la sortie de la guerre, les supporteurs écrivirent de nombreuses lettres au journal Burnley Express pour réclamer le retour aux couleurs traditionnelles. Ils envoyèrent même des tissus grenats et bleus qui finirent par faire céder la direction en 1946.

#360 – Sheffield United FC : the Blades

Les lames. Les origines de Sheffield remonte à la seconde moitié du premier millénaire avant JC mais la ville ne connut qu’un fort développement à la révolution industrielle au XIXème siècle. Entre ces deux périodes, la ville de Sheffield n’était qu’une petite ville mais de grande renommée pour sa production de coutellerie. La situation géographique de Sheffield, au bord de deux rivières (la Sheaf et le Don) et entouré par des collines riches en matières premières dont du charbon, de gré et du fer, en faisait un endroit idéal pour des moulins à eau et des meules. Ces derniers étaient utilisés au départ pour moudre le grain mais ils furent rapidement aussi consacrés à la fabrication de couteaux et d’épées. La première référence à la coutellerie produite à Sheffield remonte à 1297, lorsque les livres fiscaux enregistraient un redevable du nom de Robertus le Coteler (Robert le coutelier). En 1340, Sheffield était déjà renommé pour cette artisanat, le trésor du roi Édouard III dans la Tour de Londres comprenant un couteau provenant de Sheffield. Dans The Reves Tale (le Conte du régisseur), le troisième livre des Contes de Canterbury (écrit entre 1387 et 1400), Geoffrey Chaucer mentionnait « Ay by his belt he baar a long panade/And of a swerd ful trenchant was the blade/A joly poppere baar he in his pouche/Ther was no man, for peril, dorste hym touche/A Sheffeld thwitel baar he in his hose » (Toujours dans sa ceinture de cuir, il portait une machette/une épée avec une longue lame mordante/Dans sa poche, il portait un joli couteau/aucun homme n’a osé le toucher, pour la possibilité de perdre la vie/Un long couteau de Sheffield qu’il portait à sa ceinture). Résultat, aux XIVème et XVème siècles, Sheffield et ses environs était l’un des principaux centres britanniques de fabrication après Londres et produisait des couteaux, épées, ciseaux, faux, lames… . A compter du XVIIème siècle, le métier s’organisa à Sheffield sous l’impulsion des Comtes de Shrewsbury qui mirent en place des jurys de couteliers. Ces derniers enregistraient les marques et artisans, contrôlaient l’apprentissage ainsi que les pratiques et savoir-faire. Puis, en 1624, une loi fut votée par le Parlement, établissant une guilde du nom de Company of Cutlers in Hallamshire qui, outre les compétences des jurys, réglementaient également la qualité de la coutellerie produite. Par la suite, le développement de la production d’acier dans la région et les évolutions dans sa qualité participèrent à passer à la production de masse pour la coutellerie. Au début du XIXème siècle, un tiers des produits manufacturés à Sheffield étaient exportés vers l’Amérique, dont le fameux couteau Bowie. En 1950, environ 15 000 personnes étaient employées dans l’industrie de la coutellerie, la plupart travaillant dans de petites entreprises comptant moins d’une douzaine d’employés. Mais, la contraction des marchés étrangers et l’augmentation de la concurrence étrangère moins chère, en particulier d’Asie, firent mal à l’industrie de la coutellerie à Sheffield. Dans les années 1990, il ne restait à Sheffield qu’environ 1 000 personnes employées par une dizaine de fabricants de coutellerie. Beaucoup de ces entreprises familiales fonctionnent encore aujourd’hui, produisant principalement des couverts. Le club, pour rendre hommage à cette industrie, affiche deux sabres sur son écusson depuis les années 1950.

Il faut noter qu’au départ le surnom de blades ou cutlers (couteliers) étaient attachés à tous les clubs de Sheffield (FC, United ou Wednesday) lorsqu’ils jouaient à l’extérieur. Wednesday revendiquait même ce surnom, le club ayant été fondé avec United. Il semblerait qu’en 1907, un dessinateur fit publié dans une gazette locale une caricature des deux équipes où Wednesday apparaît sous la forme d’un hiboux et United sous la forme de lame. En effet, ce dessinateur ne maitrisait pas l’accent local et quand il entendit que Wednesday jouait à Owlerton (prononcé ole-ler-tun par les habitants de Sheffield), il fit l’analogie avec le Owl (cf. article #199). Depuis, Wednesday adopta le hibou et United conserva le surnom de blades.

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#334 – Wolverhampton Wanderers FC : the Wolves

Les loups. Wolverhampton est le seul club anglais a avoir pour surnom le loup et il provient simplement du nom de la ville qui commence par le même terme (Wolverhampton). A partir de là, il peut être évidement d’en tirer la conclusion que la toponymie de la ville trouve ses racines dans le mot « loup ». Pas du tout !

La légende raconte que la ville fut fondée par la noble anglo-saxonne, Wulfrun, en 985 suite au don par le roi Æthelred le Malavisé de neuf hides situés à Heantune (ou aussi désigné comme Hamtun). Ce dernier terme signifiait « ferme ou enceinte haute ou principale ». Le suffixe apparut un peu plus tard, en 1070. La ville était alors connue sous le nom de Wolvrenehamptonia, soit la ferme ou enceinte haute ou principal de Wulfrun.

Une autre thèse avance que la ville peut avoir gagné son nom original de Wulfereēantūn ( « l’enceinte ou la ferme haute ou principale de Wulfhere »). Wulfhere était le le Roi de Mercie, l’un des principaux royaumes anglo-saxons du Haut Moyen Âge. Le cœur de ce royaume correspondait aux Midlands où se situe Wolverhampton. Selon la tradition, ce Roi aurait établi une abbaye en 659 à Wolverhampton, mais aucune preuve n’a pu être apportée. Quoi qu’il en soit, la forme actuel du nom de la ville fit son apparition au XIVème siècle.

Il convient de noter que les deux personnages ayant pu donner leur nom à la ville contiennent dans leur nom le terme « Wulf ». Or, en vieil anglais, il signifiait loup. Peut-être un début de lien entre l’animal et la ville. En outre, avec le temps, le nom de la ville a souvent était raccourci en « Wolvo », « W’ton » ou « Wolves ». Un lien supplémentaire. Naturellement, l’animal sauvage devint le symbole de l’équipe, d’autant plus que le loup véhicule un certain nombre de valeurs qui sied bien à équipe sportive : rusé, guerrier et qui évolue en meute. Son apparition pour le club se fit assez tardivement, au début des années 1970. Les joueurs arboraient un maillot avec un loup sautant au-dessus des initiales du club. Puis, le logo changea vite pour montrer trois loups en fuite. Finalement, une tête de loup stylisée s’imposa en 1979 et demeure depuis l’écusson et le symbole du club.

#329 – AFC Bournemouth : the Cherries

Les cerises. Cette année, il est vrai que le club essaye de se refaire la cerise en Championship après avoir été relégué de Premier League la saison précédente suite à une erreur de la goal-line technology lors du match face à Aston Villa. Mais, l’origine de son surnom remonte à bien plus loin que cette épisode malheureux. Deux explications s’affrontent.

La première fait référence à la couleur rouge du maillot qui fait penser à ce fruit. Le maillot a évolué entre 1899 et aujourd’hui. Jusqu’en dans les années 1920, le club portait des maillots similaires à Southampton ou Sunderland, ie un maillot rayé verticalement rouge et blanc avec un short bleu. Puis, le club changea pour un maillot rouge et blanc, dans le style d’Arsenal. Pendant toutes les années 60, les joueurs portèrent un maillot intégralement rouge. Puis au début des années 70, le noir apparaît au côté du rouge dans un maillot de nouveau rayé verticalement. Retour au rouge intégrale au milieu des années 70. Puis, finalement, à compter de 1990, le club opta pour un maillot noir et rouge, principalement à rayures verticales, le rouge s’étant même foncé. Au final, le maillot changea mais la couleur rouge resta toujours et de façon dominante.

La seconde version installe l’origine de ce surnom en 1910. La famille Cooper-Dean accorda au club un bail emphytéotique sur des terrains vagues à côté de Kings Park. Le nouveau stade du club, nommé Dean Court, y fut construit et demeure encore aujourd’hui l’enceinte de Bournemouth. Selon la légende, ces terrains étaient situés près d’un vergers de cerisiers.

#313 – West Ham United : the Hammers

Les marteaux. Les joueurs de West Ham ne sont pas plus fous que les autres et les plus marteaux étaient le crazy gang de Vinnie Jones, Dennis Wise et consorts (mais qui évoluaient au milieu des années 80 à Wimbledon). Ici, il est fait plutôt référence aux origines du club. Au XIXème siècle, au bord de la Tamise, au niveau des quartiers de Blackhall et Bow Creek, au sud de West Ham, était érigé l’usine de la Thames Ironworks and Shipbuilding Company, à la fois un chantier naval, spécialisé dans les bateaux construits en fer, et une aciérie. Elle se diversifia également dans tous les ouvrages en fer, tels que dans le génie civil, les moteurs marins, les grues, l’électrotechnique et les automobiles.

En 1895, son directeur général, Arnold Hills, se laissa convaincre par l’un de ses contremaîtres, l’arbitre de football local Dave Taylor, de créer un club de football pour les ouvriers de l’usine. Syd King, ancien joueur et président du club, résuma ainsi la création du club : « In the summer of 1895, when the clanging of « hammers » was heard on the banks of Father Thames and the great warships were rearing their heads above the Victoria Dock Road, a few enthusiasts, with the love of football within them, were talking about the grand old game and the formation of a club for the workers of the Thames Iron Works Limited. There were platers and riveters in the Limited who had chased the big ball in the north country. There were men among them who had learned to give the subtle pass and to urge the leather goalwards » (À l’été 1895, lorsque le bruit des « marteaux » se fit entendre sur les rives de Father Thames et que les grands navires de guerre élevaient leurs têtes au-dessus de Victoria Dock Road, quelques passionnés, avec l’amour du football en eux, parlaient sur le vieux grand jeu et la formation d’un club pour les travailleurs de la Thames Iron Works Limited. Il y avait des plaqueurs et des riveteurs dans la Limited qui avaient chassé la grosse balle dans le nord du pays. Il y avait parmi eux des hommes qui avaient appris à donner la passe subtilement et pousser les cuirs vers le but). Les marteaux étaient un des outils principaux de ces ouvriers qui fondèrent West Ham et on retrouve aujourd’hui cet instrument sur l’emblème du club.

Par ailleurs, outre la référence à l’activité de l’enterprise dont est originaire le club, le mot hammers présente aussi l’avantage d’apparaître comme une extension du nom du quartier de West Ham.

#299 – Newcastle United : the Toon Army

Ce surnom caractérise plus les supporteurs du club que le club lui-même. Et, quand les supporteurs arrivent au stade en masse en provenance de toute la ville, on les compare à une armée. Le stade de Newcastle, St James’ Park, est la maison de Newcastle United depuis 1892 et le premier match de football s’y est déroulé en 1880. Avec une capacité de 52 350 places, c’est le 8ème plus grand stade de football d’Angleterre. A noter que la capacité de l’enceinte était déjà de 30 000 personnes en 1899 et le record d’affluence fut atteint le 3 février 1930 avec 68 386 spectateurs pour un match entre Newcastle United et Chelsea. Il se situe à proximité du centre-ville, à 500 m environ au nord de la gare centrale, la principale de la ville. Tout au long de son histoire, le désir d’expansion a provoqué des conflits avec les résidents locaux et le conseil municipal. Plusieurs propositions furent faîtes pour le déplacer mais sa situation centrale et l’attachement des supporteurs lui ont permis de résister. Le centre ville se nomme town en anglais et, comme dans beaucoup de région anglaise, les habitants de Newcastle ont leur propre accent et jargon, le Geordie. Ainsi, le mot town se prononce alors toon. Et voici donc les supporteurs se rendant au stade surnommés la toon army.

#276 – Crystal Palace FC : Palace

Le surnom n’a pas été trop difficile à trouver puisqu’il reprend une partie du nom du club. Ce dernier est tiré de la structure d’acier et de verre conçue par Joseph Paxton à Hyde Park en 1851, pour accueillir une grande exposition universelle, dénommée Great Exhibition of the Works of Industry of All Nations. A l’issue de l’exposition, le bâtiment fut déplacé dans un quartier du sud de Londres connu sous le nom de Penge Common (exactement au sommet de Penge Peak, à côté de Sydenham Hill, une banlieue aisée). Autour de cette structure, tout un quartier fut remodelé pour créer quasiment un parc d’attraction. Le quartier résidentiel voisin fut rebaptisé Crystal Palace. Un parc, Crystal Palace Park, fut aménagé, comprenant notamment un espace dédié à des statuts de dinosaures, Crystal Palace Dinosaurs. Des terrains de sports, principalement de cricket, furent également érigés. Mais surtout, le stade de football, Crystal Palace National Sports Center, fut construit et accueillit la finale de la toute jeune FA Cup entre 1895 et 1914. Ce complexe était exploité par la Crystal Palace Company. Pour occuper ses employés qui jouaient au cricket l’été, la compagnie créa un club de cricket, forcément dénommé Crystal Palace, qui développa par la suite une section football pour proposer une activité l’hiver. Ce club fut un des membres fondateurs de la Football Association, la fédération anglaise, en 1863. Mais, le club disparut en 1875, pendant une vingtaine d’année. La raison de la disparition est inconnue mais il est possible que la pratique du football l’hiver endommageait le terrain de cricket. Finalement, en 1905, porté par la construction du Crystal Palace National Sports Center, un nouveau club de football (le Crystal Palace que nous connaissons) prit la suite, avec comme actionnaire majoritaire, la Crystal Palace Company.

#266 – West Bromwich Albion FC : Throstles

Les grives. Throstles est le terme du Black Country pour le mot anglais thrush qui désigne les grives. Le Black Country se réfère généralement à la région des West Midlands, à l’Ouest de Birmingham, où se situe West Bromwich. Elle regroupe plus d’un million de personnes et pendant la révolution industrielle, elle était devenue l’une des parties les plus industrialisées du Royaume-Uni avec des industries lourdes (mines de charbon, aciéries, industries sidérurgiques, cokeries, usines de verre et briqueteries) produisant un niveau élevé de pollution atmosphérique, d’où le terme Black Country.

Dans ce paysage fut créé en 1878 le club de football de West Bromwich Albion. Avec un tel bassin de population de la classe ouvrière, le club connaîtra la popularité rapidement, au point de régulièrement changer de stade durant les premières années (4 en 7 ans) pour accompagner la croissance des spectateurs. Ainsi, dès la saison 1881-1882, le club investit le terrain clos de Bunn’s Field, d’une capacité de 1 500/2 000 places, qui permit de faire payer un droit d’entrée aux spectateurs. En 1885, le club jouait au stade Four Acres et atteignit une affluence de 16 393 lors d’un match contre Blackburn Rovers. En 1900, West Bromwich s’offrit un terrain de 10 acres (4 hectares), en dehors de la ville pour construire un nouveau stade. La nouvelle enceinte fut nommée The Hawthorns (aubépine), d’après les buissons d’aubépine qui couvraient la zone et qui avaient été déracinés pour faire place au stade. Or, dans ces buissons logeaient des grives. Depuis lors, la grive devint un emblème du club.

Ainsi, pendant de nombreuses années, une grive vivait dans une cage en bois suspendue au-dessus du tunnel d’accès au stade. Puis, jusque dans les années 1930, une grive en cage était placée à côté de la ligne de touche pendant les matchs et on racontait que si Albion gagnait, elle chantait. Plus tard, en 1979, une effigie d’une grive fut érigée au-dessus du tableau d’affichage situé dans le coin du stade dénommé Woodman. Enfin, à la fin des années 1980, le secrétaire du club, Tom Smith, suggéra qu’une grive assis sur une barre transversale soit adoptée comme blason du club. Puis, la barre transversale fut remplacée ultérieurement par une branche d’aubépine.

#248 – Leeds United FC : Whites

Les blancs. L’équipe n’a pas toujours portée un uniforme blanc. Au cours des 15 premières années, le kit du club était calqué sur les chemises rayées bleues et blanches de Huddersfield Town car le président de ce dernier, Hilton Crowther, qui avait prêté 35 000 £ à Leeds, était tenté de fusionner les deux entités. En 1934, Leeds passa à des maillots coupées en deux avec une partie bleue et l’autre jaune, couleurs principales du blason de la ville, qui furent adoptées au milieu du XVIIème siècle.

A l’issue de la saison 1962, le club échappa de justesse à la relégation en 3ème division, grâce à une victoire au dernier match, et rencontrait des difficultés financières. La direction prit la décision de confier les rênes de l’équipe à un ancien joueur de 33 ans, Don Revie. Ce dernier décida de donner une nouvelle impulsion au club. Ceci passa notamment par le changement de couleurs. Il fit adopter une combinaison toute blanche, en référence à l’équipe qui dominait l’Europe, le Real Madrid (Madrid avait déjà remporté à cette époque les 5 premières Coupes des clubs champions et une Coupe intercontinentale). Son objectif était d’inspirer les joueurs et encourager les supporteurs que United pouvait rencontrer le même succès que l’équipe espagnole. Evidemment, pour les observateurs de l’époque, cette comparaison sembla absurde.

Mais, Don Revie prit plaisir à leur donner tord. Il obtint le titre de 2ème division dès 1964 et remporta même la Premier League en 69 et en 74. Au final, au cours de ses 13 années à la tête du club, Revie guida Leeds vers 2 titres de champion d’Angleterre (1969 et 1974), une FA Cup (1972), une Coupe de la Ligue (1968), deux Coupes des villes de foire (Europa League, 1968 et 1971), un titre de deuxième division (1964) et un Charity Shield (1969). Le club atteignit également trois fois la finale de la FA Cup, une finale de la Coupe des villes de foire (1967) et une finale de la Coupe des vainqueurs de coupe (1973) ainsi qu’une demi-finale de la Coupe des Clubs Champions (1970). L’équipe termina aussi deuxième de la première division à cinq reprises, troisième une fois et quatrième deux fois. Dans une enquête réalisée par le magazine Total Sport auprès de grands écrivains, historiens et universitaires du football, le Leeds United de Revie a été élu comme l’une des 50 plus grandes équipes de football de tous les temps. Avant la nomination de Revie, le club n’avait aucun palmarès. Absurde la comparaison ? Inspiration manquée ?