#761 – Lobos BUAP : los Lobos

Les loups. L’équipe professionnel de la Benemérita Universidad Autónoma de Puebla disparut en 2019. Empêtré dans les dettes, elle dut vendre sa licence à un autre club, le CF Juarez (#1233). Créée dans les années 1960, cette équipe liée à l’Université de la 4ème ville du pays, aurait pu reprendre les symboles du blason de l’école, soit le phénix, soit la déesse Athéna. Mais, ce dernier fut introduit en 1937 et les fondateurs préférèrent se référer à l’ancien écusson, qui s’inspirait des armoiries de Don Melchor de Covarrubias y Cervantes. Ces armes affichaient tout simplement un loup, un animal très commun dans l’héraldisme espagnole, qui symbolisait la combativité et la générosité. Certainement des valeurs que les fondateurs du club voulaient que l’équipe défende.

Pourquoi ces armes étaient utilisées par l’Université ? L’Université autonome de Puebla demeure un pilier de l’enseignement supérieur de sa région et occupe une place de choix parmi les universités publiques du pays. Elle est la résultante d’une longue histoire qui remonte au 9 mai 1578. Dans la nouvelle ville de Puebla, un groupe de religieux jésuites venus d’Espagne s’établit et, à la demande expresse du conseil municipal, fonda le Séminaire de la Compagnie de Jésus de San Jerónimo. Neuf ans plus tard, le 15 avril 1587, ils érigent une école sous le nom de Colegio del Espíritu Santo. Elle fut parrainée par Don Melchor de Covarrubias. Né en Espagne, ce dernier fut l’un des premiers colons à s’installer lors de la fondation de la ville de Puebla en 1531. Destiné à une carrière sacerdotale, il devint marchand dans les Amériques et amassa une fortune importante. Maire de la ville, il effectua une donation considérable aux jésuites pour fonder un établissement scolaire qui devint plus de 400 ans plus tard une des grandes université du Mexique.

#720 – CF Monterrey : la Pandilla

Le gang. En 1962, le club était officiellement surnomé los Rayados depuis le début des années 1950 (cf article #214). Néanmoins, après être remonté en première division en 1960, le club connut deux saisons difficiles où l’équipe échappa plusieurs fois à la relégation. Ces sauvetages lors des dernières journées inspirèrent Salvador Meza, le seul véritable journaliste qui suivait le club depuis ses débuts, qui décrivit l’équipe comme « una pandilla de desesperados » (un gang de désespéré). Meza avait un riche réseau au sein de la presse, principalement le speaker de la radio et de la télévision Roberto Hernández Jr. et de certains magazines de football nationaux. Son influence permit rapidement à ce surnom de s’imposer dans la presse et l’esprit des supporters, coexistant avec le traditionnel et plus populaire Rayados.

À cette époque, le mot pandilla n’avait pas de connotation négative et, selon le dictionnaire, ce terme désignait un groupe d’amis qui sortent ensemble ou se réunissent régulièrement pour réaliser une activité quelconque. L’irruption de ce surnom poussa peut-être l’équipe de 1963 puisque, sous les ordres de l’entraîneur uruguayen Roberto Scarone, le club signa sa première saison réussie en terminant à la 3ème place. Entre 1973 et 1980, le surnom de Pandilla fut officiellement utilisé par le club.

#688 – CF Atlas : los Amigos del Balón

Les amis du ballon. L’article #130 présentait l’un des surnoms les plus connus du club mexicain, Zorro, qui était venu de la façon dont le club jouait dans les années 1960. Atlas possède plein d’autres surnoms et la grande majorité provient de son style de jeu. Car, finalement, le club de l’Atlas se caractérise au cours de ses 105 ans d’histoire par sa capacité à produire du beau jeu et son engagement à former des jeunes joueurs. Dans les années 1970, cette essence fut particulièrement vrai. Tout d’abord, le club misa sur des jeunes joueurs mexicains sous la direction de l’entraineur Alfredo « Pistache » Torres. Ainsi, émergea une génération de joueurs, dont l’attaquant Ricardo « Astroboy » Chavarín, le gardien de but Héctor Brambila ainsi que Bernardino « Berna » García et José Luis « Pillo » Herrera furent les principaux éléments. Lors de la saison 1970-1971, le club connut la pire saison de son histoire, avec seulement 5 victoires sur 34 matchs, dont 17 matchs sans gagner d’affilé. Evidemment, le club descendit en seconde division mais remonta l’année d’après avec au commande Alfredo Torres. La jeune génération de joueurs parvint alors à réaliser une superbe saison en atteignant les demi-finales du championnat en 1973 et en développant un jeu rapide et tourné vers l’attaque.

Ce football offensif et chatoyant s’étala aussi dans les années 1990, lorsque l’entraîneur Marcelo Bielsa fut nommé entraineur. Bielsa testa plus de 11 000 jeunes footballeurs dont sortit des joueurs tels que Rafael Márquez, Juan Pablo Rodríguez, Jared Borgetti et Pável Pardo entre autres. Cette génération atteint son apogée à l’été 1999 lorsque l’équipe dirigée alors par Ricardo La Volpe captiva les fans avec une recherche permanente du but adverse. Lors de cette saison, pour le tournoi d’été, l’équipe termina à la seconde place du classement général en étant invaincu à domicile, ne concédant que 3 défaites, remportant des victoires prestigieuse contre Monterrey, León (par 4-0), Necaxa, América et contre Pachuca et finissant deuxième meilleure attaque et aussi deuxième meilleure défense du tournoi. Atlas parvint jusqu’en finale lors des play-off. Pour le tournoi de l’hiver de la même année, Atlas commença le tournoi par une série de 10 matchs sans défaite et vécut ce qui était probablement son meilleur tournoi de l’histoire en finissant à la première place, réalisant 11 victoires pour seulement 1 défaite, enregistrant aucune défaite à l’extérieur et en étant la meilleure attaque et la meilleure défense. Malheureusement, lors des play-off, le club échoua en demi-finale.

#655 – Club América : Millonetas

Les millionnaires. Au cours des années 1940 et d’une partie des années 1950, alors que le football mexicain se professionnalisait, le club connut une de ses pires périodes. Il fleurtait avec les dernières places en championnat et enregistra ses pires records. Il encaissa 101 buts lors de la saison 1945-46, connut une série de 15 matchs consécutifs sans victoire, dont 6 défaites consécutives en 1946-47 et s’effondra devant Atlas pour sa pire défaite de l’histoire en championnat (2-9) le 3 novembre 1946. Le club finit quasiment en faillite à la fin des années 1940. Durant la décennie suivante, le club alterna le bon et le mauvais. Surtout, il commença à se structurer et recevoir des soutiens importants qui lui permit de se reconstruire. L’année 1956 marqua le premier tournant dans l’histoire de l’América. L’entrepreneur Isaac Bessudo, propriétaire de la marque de boissons rafraîchissantes Jarritos, racheta le club et offrit au club une aura médiatique qui lui permit de dégager des ressources.

Une nouvelle étape fut franchit 3 ans plus tard avec la reprise du club par Emilio Azcarraga Milmo, propriétaire du groupe de média Telesistema Mexicano (aujourd’hui connu sous le nom de Televisa). A cette occasion, il déclara le jour du rachat « Compramos al América porque nuestra meta es conseguir la sede para México del Mundial de 1970. Si no estamos dentro del fútbol no podremos hacerlo. Yo no sé nada de fútbol, pero si sé de negocios y voy a convertir a América en un negocio exitoso y redituable. Me han dicho que el mejor directivo es Guillermo Cañedo, que el mejor técnico es Ignacio Trelles y que los mejores jugadores son argentinos y brasileños. Sobre esa base voy a construir al América del futuro » (Nous avons acheté l’América parce que notre but est d’obtenir que le Mexique accueille la Coupe du Monde 1970. Si nous ne sommes pas dans le football, nous ne pourrons pas le faire. Je ne connais rien au football, mais je connais les affaires et je vais faire d’América une entreprise prospère et rentable. On m’a dit que le meilleur manager est Guillermo Cañedo, que le meilleur entraîneur est Ignacio Trelles et que les meilleurs joueurs sont argentins et brésiliens. C’est sur cette base que je vais construire l’América du futur). Avec sa puissance financière, il appliqua cette politique qui voulait faire d’América un rival de Chivas, le grand club de l’époque, afin de générer de l’audience. En 1961, la présidence du club fut confiée comme prévu à Guillermo Cañedo, qui venait d’accomplir un excellent travail au club de Zacatepec (en remportant deux championnats, deux coupes et un titre de champion des champions), et les clés de l’équipe à Ignacio Trelles (qui était l’entraineur de Zacatepec que Cañedo dirigeait). Cañedo décida alors, afin de reconstruire sportivement et financièrement le club, d’acquérir des joueurs étrangers et mexicains renommés et donc coûteux. Ainsi, débarqua à l’América des joueurs comme les brésiliens Francisco Moacyr, Ney Blanco de Oliveira, Urabato Nuñez, José Alves Zague, Arlindo dos Santos et Vavá (champion du monde en 1958 et 1962 et meilleur buteur du tournoi en 1962), les milieux mexicains Antonio Jasso et Alphonse Portugal ainsi que le gardien de but péruvien Walter Ormeño. Ces investissements massifs donnèrent évidemment des résultats : 2 Coupes du Mexique en 1964 et 1965 et surtout un titre de Champion du Mexique lors de la saison 1965-1966, après 38 ans de disette. Cette richesse et le traitement privilégié des média à l’encontre du club le rendit à la fois populaire et détesté. Selon un sondage réalisé par Consulta Mitofsky et publié en janvier 2021, América est le club préféré des mexicains (23,9% des sondés) mais aussi le plus détesté, par 31,4% de l’échantillon. Cela pourrait avoir une ressemblance avec un club parisien à la différence que ce dernier n’est pas le club préféré des français mais sans aucun doute le plus détesté.

#628 – Club Universidad Nacional UNAM : Los del Pedregal

Ceux de Pedregal. Situé sur la Ceinture de feu, le Mexique connut et connait une activité volcanique et sismique dense. Ainsi, on dénombre des centaines de volcans à travers le pays, dont 14 se trouvent être encore actifs. Le 12 Septembre 2021, le volcan Popocatepetl (“La Montagne qui fume” en nahuatl), situé à 70 km de la capitale Mexico, connut d’ailleurs plusieurs explosions qui véhiculèrent gaz et cendres près de la ville. Car, le sud de la ville de Mexico est ceinturé par une chaîne volcanique du nom de Chichinautzin.

Un de ses volcans, Xitle (« Nombril » en nahuatl), n’eut qu’une seule éruption mais qui fut à la fois à l’origine d’un conne de cendre d’une hauteur approximative de 3 100 mètres et qui donna également naissance à une grande zone urbaine de Mexico. En effet, autour de 245-315 après J.-C., son explosion entraina une coulée de lave qui s’étala sur 70 km, détruisant au passage la ville mésoaméricaine Cuicuilco. Sur ces terres de lave volcanique parfois fertiles ou arides, dénommées pedregal (coulée, éboulement), la ville de Mexico s’étendit à partir des années 1940. On y trouve aujourd’hui aussi bien le quartier de Jardines del Pedregal, regroupant de somptueuses demeures bourgeoises, que le Pedregal de Santo Domingo, une des dernières zones disponibles dans l’aire urbaine de Mexico dans les années 1970 et colonisé illégalement en une nuit, en Septembre 1971, par 5 000 familles pauvres, migrant depuis les campagnes du Mexique.

En 1943, alors que les bâtiments universitaires de l’UNAM étaient dispersaient dans le centre ville de Mexico, la décision fut prise d’établir le nouveau campus, regroupant l’ensemble de l’université, sur cette espace volcanique, tout près du nouveau quartier en édification de Jardines del Pedregal. L’idée de construite une cité universitaire germait depuis les années 1920. Le Congrès de l’Union approuva ce choix le 31 décembre 1945 et le 11 Septembre 1946, le président Ávila Camacho publia le décret d’expropriation des 7 000 km2 de terrain destinées à la construction de la Cité Universitaire. Le plan d’ensemble du site fut réalisé par les architectes Mario Pani et Enrique del Moral, également directeur de l’Ecole d’Architecture de l’Université et chaque bâtiment fut dessiné par des étudiants de cette école. Edifiée durant les années 1950, la Cité Universitaire, par son mariage de la tradition et du moderne, sa conception harmonieuse et faisant place à la nature, et par l’implication des meilleurs architectes, ingénieurs et artistes du Mexique (dont Diego Rivera), fut déclarée site du patrimoine mondial par l’UNESCO en 2007. C’est dans cette cité que fut également construit naturellement le Stade Olympique (d’une capacité de 72 000 places) en 1952 pour accueillir les Jeux Olympiques de 1968 mais surtout l’équipe de football professionnelle de l’Université.

#580 – CA San Luis : los Tuneros

Le mot provint du terme tuna qui désigne le fruit issu du cactus connus sous le nom de figuier de barbarie. Cet espèce est originaire du Mexique, où elle est appelée nopal, et est si endémique au pays, qu’elle figure sur le drapeau du Mexique. L’Europe ne connaîtra ce fruit qu’avec la découverte des Amériques. La région de San Luis Potosí est l’un des grands centres de production de la figue au Mexique. Selon le Ministère du Développement Agricole et des Ressources Hydrauliques (Sedarh), à fin 2020, San Luis Potosí se positionnait comme la 5ème région productrice de figue de barbarie de tout le pays avec 17 045 tonnes par an, soit 5% de la production nationale. On dénombre 710 producteurs de figues de barbarie (sur 20 000 fermes au Mexique, représentant 48 000 hectares) dans 20 municipalités situées principalement dans l’Altiplano et la zone centrale de San Luis Potosí. La gastronomie de cet Etat propose également quelques plats à base de figue. Le queso de tuna (fromage de figue) est un dessert fabriqué à la main en utilisant le jus de la figue comme seul ingrédient. Cuit pendant 12 heures ou plus, le jus est réduit et épaissi, sous la surveillance d’un cuisiné équipé d’une pelle en bois pour que la substance ne colle pas ou ne brûle pas. Autre douveur : El colonche. Il s’agit d’une boisson fermentée traditionnelle qui se déguste entre juillet et octobre (la saison de récolte du tuna) et qui existait dans le monde préhispanique.

Ce surnom qualifiait l’ancienne équipe de la ville, San Luis FC, fondé en 1957 et disparu en 2013. Dès cette disparition, le nouveau club du CA San Luis se créa, en transférant à San Luis Potosí le club de Veracruz. Le CA ne reprit pas totalement les symboles de l’ancien club, notamment pour le surnom. En particulier, quand le club espagnol de l’Atlético de Madrid prit une participation dans le CA qui amena à changer les couleurs du club, les surnoms du club espagnol s’imposèrent à San Luis. Toutefois, même si le fait d’utiliser los Tuneros fit débat, il reflète tellement la région et est si associé au football local qu’il continue à être utilisé.

#504 – Club Santos Laguna : Verdiblancos, Albiverdes

Ces deux termes se réfèrent aux couleurs du club, vert et blanc (dans ce sens pour le premier mot, dans le sens inverse pour l’autre). Après la disparition du CF Torreón en 1974 et du CF Laguna en 1978, la région de Laguna resta sans équipe de football professionnelle pour les représenter au niveau national pendant 5 ans. En 1982, le club de Tuberos de Veracruz, qui évoluait en 2ème Division, disparut. Il céda sa licence à l’Instituto Mexicano del Seguro Social (IMSS – Institut Mexicain de Sécurité Sociale), qui fonda un nouveau club et le transféra à d’autres propriétaires en 1983, pour créer, dans la ville de Torreón, le Club Santos Laguna. Fondé en 1943, cet organisme public se consacre à la fourniture de services de santé et de sécurité sociale. Ainsi, dans ses premières années, l’IMSS se concentra à construire des hôpitaux. Puis au début des années 50, le concept de sécurité sociale s’élargit et les missions furent étendues afin de promouvoir la santé et faire atteindre un meilleur niveau de vie à ses assurés. L’organisme réalisa alors un grand nombre d’investissements en commençant par construire des logements bon marché et salubres. Au sein de ces immeubles, l’IMSS y développa des gymnases, restaurants et espaces de divertissement afin d’y créer un lieu de vie. Puis, l’autorité publique s’investit dans le sport, vecteur de bien-être et de santé. L’institut créa des écoles de football pour les jeunes puis au début des années 70, il organisait et sponsorisait plusieurs tournois de football dans tout le pays. A la fin des années 70 et au début des 80, l’IMSS franchit une étape supplémentaire en acquérant et créant 7 clubs de football dont Atlante, Oaxtepec et Santos Laguna. Les clubs créés reprirent les couleurs de l’IMSS, le vert et le blanc. En 1983, à sa fondation, le club évoluait en vert uniquement puis à partir de 1986, il adopta la tunique rayée verte et blanche. Aujourd’hui, le club donne une signification à ses couleurs. Le vert représente la vie, la naissance. La région de Laguna est désertique et le club en vert symbolise la vie. Le blanc est synonyme de paix, d’humilité et d’amour. Selon le club, associée au vert, la couleur génère confiance et empathie des fans.

#490 – Club Puebla : los Camoteros

L’état mexicain de Puebla et sa capitale Puebla (de Zaragoza) possède l’une des cuisines les plus riches du Mexique, reconnus pour ses plats emblématiques tels que le mole poblano ou les chiles en nogada. Il existe également de nombreuses préparations sucrées dont l’une des plus typiques est les camotes de Puebla. Il s’agit d’une préparation de patates douces mijotées dans du lait et du sucre, puis aromatisées au gout souhaité (citron, fraise, orange, noix de coco, ananas, vanille …). Ils sont présentés sous la forme d’une barre recouverte de sucre glace et emballée dans du papier. Camote, qui provient du terme nahuatl Camohtli, signifie patate douce en espagnol mais cette confiserie est si connue que personne ne confondrait la confiserie avec le tubercule quand il s’agit de camotes de Puebla.

La légende de l’origine de cette confiserie se déroule dans le couvent de Santa Clara aux environs du XVIIIème siècle. Une religieuse laissa une casserole sur le feu. Une autre pour faire une blague ajouta dans la casserole une patate douce et du sucre et les mélangea jusqu’à cela devienne une masse dégoûtante. Mais, lors de la dégustation, les religieuses découvrirent une saveur agréable et, petit à petit, améliorèrent la recette en y ajoutant des arômes.

Toutefois, ce n’est pas la seule version. Une deuxième raconte qu’à Oaxtepec, (dans l’état actuel de Morelos), une fille nommée María Guadalupe arriva pour être ordonnée au couvent de Santa Clara de Jesús. Un jour, elle voulut envoyer une confiserie comme cadeau à son père. Elle se rendit au jardin du couvent pour ramasser des patates douces. Elle les mélangea avec du sucre, un zeste de citron et produisit une pâte. Elle fabriqua alors deux barres et créa ainsi une grande tradition.

Ce n’est pas tout puisque une troisième histoire concurrence les deux autres. A l’époque coloniale, les couvents vivaient des dons des classes aisées. Mais, il y avait une ressource abondante et bon marché, la patate douce. Ainsi, un jour, un haut ministre de l’Église catholique en visite à l’un des couvents se vit servir une patate douce en dessert, un novice ayant eu cette brillante idée.

#462 – CA Morelia : los Canarios

Les canaris. Le surnom de los Canarios naquit dans les années 1950. La fédération mexicaine avait interdit aux joueurs de se parler sur le terrain. Pour communiquer, les joueurs du club contournèrent cette règle en sifflant pour appeler le ballon. Les joueurs de Morelia portaient un maillot jaune à parement rouge, couleurs de la ville de Morelia. Cette localité fut fondée par Antonio de Mendoza, vice-roi de Nouvelle-Espagne, le 18 mai 1541 et porta longtemps le nom de Valladolid. Tandis que son blason lui fut accordé par le Roi Charles I d’Espagne (connu aussi comme Charles V du Saint-Empire romain), la ville confirma son fort lien avec l’Empire Coloniale en reprenant les couleurs de l’Espagne pour son drapeau. Ainsi, comme les joueurs du club évoluait dans un maillot jaune et siffler, le surnom des canaris leur fut affectueusement donné pendant plusieurs décennies. Ce surnom tomba en désuétude avec le changement de propriétaire et de nom du club en 1999. Avec la résurgence de l’ancien nom du CA Morelia en 2020, los canarios a été officiellement récupéré par le nouveau conseil d’administration, et ils sont actuellement identifiés comme tels. Le restaurant qui était situé à la périphérie de son ancien stade, le « Campo Morelia » dans les années 50, a été baptisé ainsi Los Canarios, et les fans ont aussi surnommé le stade ainsi.

#449 – Atlante FC : Prietitos

Les petits prieto. Prieto est un terme de l’espagnol mexicain (que l’on retrouve aussi en République Dominicaine) qui désigne une personne à la peau sombre. Au début du XXème siècle, lorsque le football s’exporta au Mexique, ce sport était tout d’abord pratiqué par les expatriés anglais puis se propagea dans la bourgeoisie mexicaine via les écoles privées de la capitale (où étudiaient les enfants des expatriés britanniques). Toutefois, à l’image de son développement en Europe, le football se diffusa petit à petit dans toutes les classes de la population, en particulier dans les banlieues populaires. Mais le manque de moyen empêcha aux équipes d’ouvriers de structurer une association officielle. Ce fut le cas pour Trinidad Martínez et un groupe d’amis, employés dans l’usine de chaussures Excelsior, qui se réunissaient régulièrement dès 1916 pour jouer des matchs informels. Il leur fallut attendre 1918 pour enfin officiellement fonder un club de football, du nom de Sinaloa, qui devint en 1921 Atlante. Durant les années 30, Atlante étaient toujours supportés par des personnes aux origines modestes. Or dans la société inégalitaire mexicaine, les membres des classes populaires avaient pour beaucoup la peau matte. Ainsi, Atlante hérita du surnom prietitos. Surtout que les adversaires du club à l’époque était des associations nées au sein de la bourgeoisie (America), parmi les mexicains d’origine hispanique (CF Asturias, Real Club España) ou les colonies européennes (Germania FV) dont les membres avaient naturellement la peau plus claire.