#847 – SC Eendracht Alost : de Ajuinen

Les oignons. Dans toute la Flandre, les habitants d’Alost sont connus pour être des oignons. Et si, au départ, le terme était certainement utilisé de manière ironique, le sobriquet semble être devenu un titre honorifique pour les habitants. Il se rapporte à l’une des activités économiques importantes de la ville et ses alentours au XIXème siècle. Bordée de polder, la rivière Dendre offrait des rives fertiles pour la culture de l’oignon. Résultat, la majorité des paysans d’Alost cultivait des oignons. Outre le grand marché du houblon, un célèbre marché aux oignons se tenait également à Alost. Ce sobriquet moqueur a connu des dérivés au fil du temps tels que ajuinpelders (éplucheurs d’oignons), ajuinboeren (producteurs d’oignons), ajuinfretters (moulins à oignons). Les premières traces de ce surnom apparaissent dans une chanson folklorique de Flandre orientale de Termonde, datant de 1843. Normal car les deux villes entretenaient une saine rivalité. Pour les termondois, les oignons permettaient de désigner les alostois comme des idiots, des cancres. Mais ces derniers, fiers de cette culture, ne furent pas gêner par ces moqueries. D’ailleurs, en 1890, lors d’une procession, les habitants d’Alost représentèrent leur cité sous la forme d’un oignon.

Naturellement, la plante potagère est ancrée dans la culture et le folklore locale. Dans la région, l’expression « Hij heeft nen ajuin gehad » (il a eu un oignon) signifiait qu’une femme abandonnait son mari. La porte du pauvre malheureux pouvait même se voir décorer d’une rangée d’oignons. Si, aujourd’hui la culture a décliné, l’oignon demeure toujours un symbole vivant. Dans la gastronomie belge, la soupe à l’oignon d’Alost y tient sa place. Evénement majeur de la ville, vieux de 600 ans, le carnaval d’Alost est mondialement connu et rassemble chaque année, pendant 3 jours, près de 100 000 personnes. Placé sous le signe de l’exubérance et de la parodie, le carnaval est rythmé de différentes festivités : un défilé de chars et de géants, une danse des balais pour chasser les fantômes de l’hiver, une parade burlesque de jeunes gens travestis en femmes (Voil Jeanetten) ainsi qu’en rituel final, la mise au bucher de l’effigie du carnaval. Parmi ces spectacles, la lancée d’oignons (Ajuinworp) demeure une institution. Depuis le balcon de la mairie, sur la Grote Markt (la place centrale de la ville et lieu principal des festivités), des oignons sont jetés au public, qui espère pouvoir attraper l’un des oignons dorés (gouden ajuin).

Toutefois, les jeunes générations connaissent moins bien les origines de l’oignon comme symbole et activité florissante de la ville. Une toute autre version a ainsi émergé. Selon cette dernière interprétation, le surnom d’oignons s’expliquerait plutôt par une particularité du dialecte de la région. Pour répondre positivement, les habitants d’Alost disait régulièrement « ha, ja hij » (ah ben oui), ce qui ressemblait à la prononciation du mot oignon dans le dialecte local ([a’join]).

#782 – AC San Martín de Mendoza : los Chacareros

Les paysans. Le terme ne s’entend pas dans son sens péjoratif et est assumé avec une profonde fierté par les supporters du club. Il fait directement référence à l’une des principales activités économiques de la région de Mendoza, l’agriculture. Située au pied de la cordillère des Andes dans le centre-ouest de l’Argentine, la province de Mendoza offre des sols fertils, des rivières généreuses et des climats à la fois tempérés, continentaux ou méditérrannéen, conditions propices à diverses cultures. L’histoire agricole est donc riche, avec des premiers témoignages qui remontent à 9 000 ans avant J.-C. et des écrits des colonisateurs européens au XVIème siècle. L’activité agricole dans la région est d’abord dominé par la vigne. Mendoza est, sans aucun doute, la province argentine avec la plus grande superficie dédiée à la culture de la vigne et représente 71% de la superficie totale cultivée en vigne dans le pays. 98% de cette production est destinée à la production de vin. Grâce aux oasis, les arbres fruitiers constituent la deuxième culture de Mendoza et produisent des pommes, poires, pêches, nectarines, cerises, prunes, raisins mais également des noix et des amandes. Enfin, la province de Mendoza est l’une des principales productrices de légumes d’Argentine (la deuxième place du pays). La culture maraîchaire constitue la première employeuse de la région. Productrice d’Oignons, de Citrouilles, de Tomates, de Carottes et de Pomme de Terre, Mendoza est surtout le premier fournisseur d’ail du pays et représente 97% des exportations d’ail d’Argentine (80 344 tonnes exportés en 2016, +18 % vs 2014). Pour encore mesurer l’importance de l’activité, il faut rappeller que sur ces 2 denrières années, le gouvernement provincial a consacré 100 millions d’euros de financement pour moderniser les infrastructures, acheter du matériel agricole (dont des filets anti-grêle) et améliorer l’efficacité des systèmes d’irrigation. Enfin, outre les grandes fermes, en 2021, Mendoza était la première province du pays en nombre d’exploitations familiales (8 025 unités).

Ce surnom fut instauré en 1967 par le célèbre journaliste radio José María Muñoz lors du premier match du club dans l’élite du pays face à Independiente de Avellaneda.

#747 – Deportes Quindío : los Cafeteros

Les caféiculteurs. Café semble être un synonyme de Colombie, tellement la culture du caféier est ancrée dans le pays et constitue son or noir. Par ailleurs, le café colombien est réputé dans le monde entier pour sa qualité et son goût délicieux. 500 à 600 000 cafeteros colombiens perpetuent cette tradition introduite lors de la colonisation espagnole au XVIIIème siècle. Avec sa forêt tropicale, alliant soleil, précipitation et climat doux, la Colombie présente la géographie idéale pour la culture difficile du café et produit plus de 12 millions de sacs (pesant 60 Kg) chaque année. Avec la concurrence des pays africains et du Vietnam, la Colombie se classe au 3ème rang mondial de la production de café, classement toujours dominé par le Brésil. Produisant uniquement de l’Arabica, la Colombie conserve sa 2ème place de producteur mondial pour ce type de café. La production du café a pesé jusqu’à 75% des revenus du pays dans les années 1920 et 1930 (la Colombie devenait en 1937 le 2ème plus grand exportateur au monde, avec près de 5 millions de sacs). En 2016, le café représentait 8,1% des exportations du pays (soit 2,45 milliards de dollar US), loin derrière le pétrole (32.5%) et le charbon (15%). Les plantations s’étirent sur les contreforts de la Cordillère des Andes. En particulier, une région localisée dans le centre-ouest du pays, regroupant les départements de Caldas, Risaralda, Quindío, l’Antioquia et de Tolima, concentrent la grande partie de la production. Elle est appelée l’eje cafetero (l’axe cafetier). Cette région représentait au début des années 1930 quasiment la moitié de la production nationale et en 2011, étant donné son importance dans l’économie colombienne et ses paysages caractéristiques, une partie de l’eje cafetero a été classée au patrimoine mondial. Au sein de cette région, le triangle constitué par les villes de Manizales, Pereira et Armenia se nomme el triángulo del Café (le triangle du café). Armenia, capitale du département de Quindio et ville de résidence du club, est l’un des principaux centres de la caféiculture colombienne. Le café a été à la base de l’économie de la ville et de son développement, Armenia fonctionnant comme un centre de collecte pour toute la production agricole des environs.

#645 – Kouban Krasnodar : овощи

Les légumes. Créé en 1928, le premier Kouban Krasnodar fit faillite le 30 Mai 2018. Dès Juin de la même année, une nouvelle structure fut fondée pour reprendre le football dans la ville de Krasnodar. Le vice-gouverneur du territoire de Krasnodar, supervisant les sports, Nikolai Doluda annonça le 14 Juin 2018 que ce nouveau club prendra le nom de Екатеринодар (Ekaterinodar, ancien nom de la ville de Krasnodar). Toutefois, le même jour, le président de la Fédération régionale de football, Ivan Peronko, indiqua que le nouveau club était intégré dans le championnat de deuxième division russe de la saison 2018/19 sous le nom de ФК Урожай (FC Récolte). Bel imbroglio. Selon Doluda, tous les documents pour le changement de nom du Kouban Krasnodar étaient préparés avec le nom Ekaterinodar. Mais au dernier moment, pour des raisons inconnues, la décision changea en faveur de Урожай. Pourtant, du 5 au 14 juin, le site Yuga.ru réalisa un sondage auprès de ses lecteurs pour connaître leur préférence quant au nouveau nom du club de Krasnodar. Au total, 2 400 personnes y participèrent et, avec 24,6 % des voix, le gagnant fut « Ekaterinodar ». Les autres propositions K-1928, Живая Кубань (Live Kouban) et Кубанckue kaзaku (Cosaques de Kouban) suivaient avec plus de 20% des voix (mais le terme Kouban ne pouvait être utilisé car il appartenait à l’ancien club en faillite). En dernière place (et nettement derrière) arriva Урожай (Récolte), avec 10,7%.

Résultat étonnant quand on connaît l’histoire du premier Kouban Krasnodar. En effet, il fut créé en 1928 sous l’égide du NKVD (l’ancêtre du KGB) et prit donc le nom de Dynamo (le syndicat sportif dépendant du NKVD). Puis, en 1954, il changea de dénomination pour Нефтяник, le nom du syndicat pétrolier. De 1958 à 1960, il se dénomma Kouban, du nom de la région de Krasnodar, étant passé dans le giron du syndicat sportif régional des ouvriers. Puis, de 1960 à 1962, il intégra le syndicat national des travailleurs du tertiaire et de la culture et prit donc le nom de Спартак (Spartak). En 1963, il repassa dans l’escarcelle des syndicats régionaux et reprit le nom de Kouban. Enfin, en 1971, le club fut définitivement affilié à l’intersyndical régional des ouvriers d’Etat ruraux, Урожай (Récolte). Certes, le club ne modifia pas une nouvelle fois son nom mais il hérita, de l’organisation sportive, ses couleurs puis le blason du club intégra des épis de blé, symbole du syndicat. L’effondrement de l’URSS en 1992 ne bouleversa pas la symbolique du club. Résultat, en 2018, quand le club fit faillite, les dirigeants du nouveau, qui étaient tous issu de l’ancien, voulurent certainement bénéficier de la notoriété du Kouban en reprenant ses couleurs, en intégrant des épis de blé au blason et en lui attribuant le nom de l’ancien syndicat (malgré les préférences des supporteurs). Dernière étape le 24 Juillet 2020, le club adopta de nouveau le nom de Kouban Krasnodar (en n’ayant pas le droit officiellement d’afficher ou récupérer l’héritage sportif du club disparu en 2018).

Situé dans le Sud de la Russie, Krasnodar demeure l’un des plus grands centres économiques du pays et le poumon de la région du Kouban. Pendant plusieurs années, le magazine Forbes a nommé Krasnodar la meilleure ville pour les affaires en Russie. En 2015, elle représentait plus de 45% du PNB de la région du Kouban, un tiers des entreprises industrielles, 70 % de la production et de la distribution d’énergie, environ 45 % du chiffre d’affaires du commerce de détail. Son activité commerciale est fortement développée (par habitant, Krasnodar a le plus grand nombre de centres commerciaux en Russie) ainsi que son secteur industriel, où plus de 40% se concentre dans l’agro-alimentaire et la production d’engrais. Ce n’est pas un hasard si ces dernières industries sont importantes à Krasnodar et si le club fut longtemps dans le giron du syndicat des ouvriers agricoles. En effet, composée des fameuses terres noires (épaisses, très fertiles en raison de la forte proportion d’humus), le Kouban s’impose comme la région agricole la plus importante du pays (1ère place en Russie). En 2018, le Kouban produisit plus de 10% de la production agricole de la Russie. Le territoire de Krasnodar est le leader de la culture de céréales (10 % du total du pays) et de betterave sucrière (17,3 %), l’un des principaux producteurs de graines de tournesol (15 %) et de vins (37 %), et est également le principal producteur de thé russe. Parmi les cultures de légumes peuvent être identifiées tomates, choux, concombres etc. Pour les fruits, on retrouve pommes, melons, poires, cerises, pêches … En 2021, la récolte atteignit un record avec plus de 10 millions de tonnes de blé, 850 000 tonnes de riz, 800 000 tonnes de légumes, 180 000 tonnes de raisins. Sur les 7,5 millions d’hectare de superficie de la région de Kouban, 63% est consacré à l’agriculture, comprenant environ 7 000 exploitations employant environ 400 000 personnes. Enfin, Krasnodar accueille depuis 1922 l’une des plus grandes universités agricoles du pays (22 000 étudiants et 4 000 enseignants).

#623 – K Lierse SK : Pallieters

On peut avoir 112 ans d’existence et remporté 4 Championnats de Belgique et deux Coupes nationales, cela ne constitue pas pour autant un paravent contre la faillite. Surtout en Belgique, où le football professionnel a beaucoup souffert depuis l’Arrêt Bosman (faillite ou fusion des clubs fondés avant 1930 : RFC Seraing en 1996, Boom FC en 1998, K. Beerschot en 1999, Entente Sambrevilloise en 2000, RCS Saint-Josse en 2001, Stade Leuven et RRC Tournaisien en 2002, RWD Molenbeek et RFC Athois en 2003, KVK Waaslandia en 2004, KV Ourodenberg-Aarschot en 2007, KFCV Geel en 2008, RAA Louviéroise en 2009, Excelsior Mouscron et SRU Verviers en 2010, Vilvoorde FC en 2011, KV Hemiksem en 2013, Ans FC en 2014, R. Albert Elisabeth Club Mons en 2015, K. Sportkring Halle en 2017, KSV Roulers en 2019, KSC Lokeren en 2020). La liste n’est évidemment pas exhaustive mais elle traduit assez bien l’hécatombe.

Fondé en 1906, le club de la ville de Lier fit pour sa part faillite définitivement en 2018 et partageait son surnom Pallieters avec les habitants de la ville. Ce terme flamand, qui n’a pas de traduction en français, caractérise une personne qui prend la vie facilement, un bon vivant, quelqu’un qui profite du jour présent et provient du titre du roman de Felix Timmermans (paru en 1916). Né à Lier en 1886 et mort dans cette même ville en 1947, Timmermans était profondément attaché à cette cité et fut un grand défenseur de l’identité culturelle flamande. Considéré comme l’un des plus grands auteurs flamands, il connut le succès grâce au roman Pallieter traduit en quarante langues, et qui fut adapté au cinéma en 1976. Le livre à l’intrigue décousue décrit les aventures d’un adulte assez banal dans sa région de Netheland, près de Lier. Profitant des choses simples et parfois éphémères, le « héros » glorifie la nature et s’extasie naïvement de la vie en général. Timmermans imagine un Netheland comme un paysage paradisiaque dans lequel vit son héros simplement et au rythme des saisons, au sein d’une communauté joyeuse, solidaire et unie par la nature. Ainsi, l’écrivain mit en valeur le monde rural flamand et utilisa de nombreux mots et expressions du dialecte de Lier. La renommée du roman, qui célèbre la vie quotidienne et la culture de la région de Lier, conduisit à surnommer les habitants de la ville et les joueurs du club Pallieters.

#599 – Ismaily SC : المانجاوية

Les garçons mangues. Le surnom du 3ème club le plus titré d’Egypte fait référence à l’une des cultures les plus connues de la ville d’Ismaïlia : la mangue. Ce fruit représente l’une des plus importantes cultures fruitières en Egypte, avec 30 variétés cultivées sur plus de 90 000 hectares. L’Égypte a récolté quelque 2 millions de tonnes de mangues en 2020 et 53 000 tonnes ont été vendues à l’étranger, devenant pour l’agriculture égyptienne le 2ème fruit d’exportation après les agrumes. En 2019, les exportations des mangues représentaient seulement 15 211 tonnes. Les mangues égyptiennes sont expédiées vers plus de 50 pays, les principales destinations étant l’Europe, le Moyen-Orient, l’Asie et la Russie. Originaire des forêts de l’Inde, la mangue est cultivée depuis plus de 4 000 ans et s’est répandue rapidement sur la planète. Elle fut importée en Egypte en provenance du Sri Lanka. En 1825, Mohamed Ali Pacha, souverain d’Egypte, fit planter les premiers arbustes en Egypte, dans ce que l’on appelle aujourd’hui le jardin de la faculté égyptienne d’agriculture de l’université Ain Shams. La région d’Ismaïlia est devenue la principale région productrice de mangues, ces dernières ayant la réputation d’être les meilleures d’Egypte. Son sol fertile (car proche du canal de Suez) et son climat sont particulièrement favorables à la culture des mangues. En 2020, la région d’Ismaïlia a produit 260 000 tonnes, soit près de 12 % de la production totale égyptienne de mangue. Le député de la région déclarait, il y a peu, à un journal que « la culture de la mangue est l’épine dorsale de l’économie de cette ville » . Malheureusement, en 2021, en raison de la hausse des températures, les producteurs de mangues d’Ismaïlia ont perdu plus de 80 % de leur production.

 

#598 – KAC Marrakech : فارس النخيل

Le chevalier de la palmeraie. Avec neuf titres dont une Coupe continentale (Coupe de la CAF 1996) et deux titres de champion du Maroc (1958 et 1992), le KAC Marrakech est le 5ème club le plus titré du Royaume Chérifien. Malheureusement, depuis plus de deux ans, le club est retombé en 2nde division et, surtout, connaît une grave crise financière et institutionnelle. Toutefois, il demeure toujours le club phare de la cité impériale, 3ème agglomération marocaine. Pour le surnom, l’un des emblèmes de la ville a été retenu : la Palmeraie. Ecrin de verdure situé au nord-est de la ville, la Palmeraie de Marrakech constitue l’un des plus grands sites historiques et touristiques du Maroc. Composée de plus de 100 000 palmiers sur un terrain de 14 000 hectares, la Palmeraie fut créée à l’époque de la dynastie almoravide au XIème siècle. Le Sultan Youssef Ibn Tachfin, fondateur de la dynastie almoravide, fit de Marrakech la capitale de son nouvel Empire et dota la ville de cette Palmeraie en faisant construire un réseau de canaux souterrains (khettaras) pour l’irriguer. A cette époque, certaines espèces de palmiers étaient vénérées, symboles de la vie. Aujourd’hui, lieu incontournable pour les touristes, la Palmeraie est entourée par des complexes touristiques de luxe. Mais, elle permet aussi la culture de dates et de cœur de palmier ainsi que la production d’huile ou de vin de palme.

#588 – Home Farm FC : the Farm Boys

Les garçons fermiers. Le surnom provient directement du nom de ce club de Dublin, reconnu en Irlande pour ses qualités de formation. De nombreux de ses joueurs évoluèrent par la suite dans les clubs de la République d’Irlande et du Royaume-Uni. En outre, beaucoup ont également représenté la République d’Irlande au niveau international. Le club fut fondé en 1928. A cette époque, les tournois de football réunissaient des clubs de quartier, qui se nommaient en fonction du nom des rues d’où étaient originaires les joueurs. Ainsi, naquit les clubs de Drumcondra Road, Ormonde Road, Shamrock Rovers (Shamrock Avenue), Shelbourne FC (Shelbourne Road), Hollybank Road, Richmond Road et Home Farm Road. Les deux derniers clubs fusionnèrent en 1928 pour donner naissance au club actuel. Les fondateurs et joueurs de Home Farm Road venaient donc de cette rue. Située dans la partie supérieure du quartier de Drumcondra, à Dublin, longue d’un demi-mile, cette rue s’appela à une époque St. Mary’s Road. Puis, elle prit le nom de Home Farm pour rappelait qu’une ferme appartenant à la Cathédrale Christ Church se trouvait non loin, dans le quartier de Glasnevin.

#580 – CA San Luis : los Tuneros

Le mot provint du terme tuna qui désigne le fruit issu du cactus connus sous le nom de figuier de barbarie. Cet espèce est originaire du Mexique, où elle est appelée nopal, et est si endémique au pays, qu’elle figure sur le drapeau du Mexique. L’Europe ne connaîtra ce fruit qu’avec la découverte des Amériques. La région de San Luis Potosí est l’un des grands centres de production de la figue au Mexique. Selon le Ministère du Développement Agricole et des Ressources Hydrauliques (Sedarh), à fin 2020, San Luis Potosí se positionnait comme la 5ème région productrice de figue de barbarie de tout le pays avec 17 045 tonnes par an, soit 5% de la production nationale. On dénombre 710 producteurs de figues de barbarie (sur 20 000 fermes au Mexique, représentant 48 000 hectares) dans 20 municipalités situées principalement dans l’Altiplano et la zone centrale de San Luis Potosí. La gastronomie de cet Etat propose également quelques plats à base de figue. Le queso de tuna (fromage de figue) est un dessert fabriqué à la main en utilisant le jus de la figue comme seul ingrédient. Cuit pendant 12 heures ou plus, le jus est réduit et épaissi, sous la surveillance d’un cuisiné équipé d’une pelle en bois pour que la substance ne colle pas ou ne brûle pas. Autre douveur : El colonche. Il s’agit d’une boisson fermentée traditionnelle qui se déguste entre juillet et octobre (la saison de récolte du tuna) et qui existait dans le monde préhispanique.

Ce surnom qualifiait l’ancienne équipe de la ville, San Luis FC, fondé en 1957 et disparu en 2013. Dès cette disparition, le nouveau club du CA San Luis se créa, en transférant à San Luis Potosí le club de Veracruz. Le CA ne reprit pas totalement les symboles de l’ancien club, notamment pour le surnom. En particulier, quand le club espagnol de l’Atlético de Madrid prit une participation dans le CA qui amena à changer les couleurs du club, les surnoms du club espagnol s’imposèrent à San Luis. Toutefois, même si le fait d’utiliser los Tuneros fit débat, il reflète tellement la région et est si associé au football local qu’il continue à être utilisé.

#564 – Randers FC : Hestene

Les chevaux. En 2002, Randers Freja, le club historique de la ville de Randers, fondé en 1898, évoluait en première division (le seul à Randers). Si les résultats sportifs étaient plutôt satisfaisants, la situation financière était quant à elle catastrophique, le club courant tout droit vers la faillite. Des efforts furent déployés pour sauver le club, et un groupe d’hommes d’affaires et de footballeurs réussirent à convaincre 6 clubs de la ville à unir leurs forces pour donner naissance à une structure concentrant les moyens financiers et humains de la ville de Randers. Ainsi, Randers Freja, Kristrup Boldklub (fondé en 1908), Randers KFUM (fondé en 1920), Dronningborg Boldklub (fondé en 1928), Vorup Frederiksberg Boldklub (fondé en 1930) et Hornbæk Sportsforening (fondé en 1945) donnèrent naissance au nouveau club le 25 novembre 2002. Lors d’une assemblée générale extraordinaire, les statuts furent adoptés, marquant le nouveau nom de Randers FC ainsi que le nouveau logo présentant un cheval cabré. La volonté était de rendre hommage à une économie, le marché aux chevaux, qui eut une grande importance pour le développement de la ville et de la région. Au XIXème et au XXème siècle, se tenait dans la ville de Randers l’un des plus grands marchés aux chevaux du Danemark. Randers devint ainsi la première ville équestre du pays. L’histoire n’a pas retenu quand ce marché a démarré mais il existe de nombreux témoignage sur leurs ampleurs et leurs fréquentations. Plusieurs marchés se tenaient dans l’année et on dénombrait jusqu’à 1 400 à 1 500 chevaux présents sur le marché. Jusqu’en 1925, ce marché se déroulait dans les rues du centre-ville, entrainant des désagréments pour les riverains (bruit, odeur, saleté) et des recettes exceptionnelles pour les commerces. Dès 1811, les plaintes et les protestations se multipliaient mais la tradition perdurait. Finalement, en 1925, le marché fut déplacé sur la place du marché à Mariagervej pour des raisons d’hygiène. D’autres marchés se développèrent alors, notamment un marché aux bestiaux (dont des chevaux) près du port, qui perdura jusqu’au début des années 1990. En 1969, pour rendre hommage à cette activité, une sculpture en bronze de 6,5 mètres, dénommée Den Jyske Hingst (l’étalon du Jutland) représentant un cheval fut érigée dans la ville.