#863 – Everton FC : the Blues

Les bleus. Ce surnom est assez commun en Angleterre, étant donné qu’il est souvent associé aux équipes qui évoluent en bleu (Billericay Town, Birmingham, Chelsea, Grays Athletic, Ipswich, Manchester City, Portsmouth, Shrewsbury Town, Southend United …). Everton n’y a pas échappé avec son maillot bleu royal (associé à un short et des chaussettes blancs). Cependant, au cours des premières décennies de son histoire, l’équipement d’Everton connut de nombreux changements. De sa fondation en 1878 à 1880, les joueurs évoluèrent officiellement dans un maillot rayé blanc et bleu, qui étaient les couleurs de l’Eglise méthodiste à l’origine de la création du club. Toutefois, les nouveaux arrivant intégraient l’équipe avec leur propre équipement, qui pouvait être aux couleurs de leur ancien club. Sur le terrain, cela donnait un jolie patchwork de couleurs mais perturbant pour les joueurs d’Everton comme pour leurs adversaires. Ce désordre ne pouvait convenir à la direction qui décida en 1880 d’opter pour une tenue intégralement noire. Cette couleur résultait d’un choix économique. En effet, d’une part, il suffisait de teindre aisément les tenues déjà détenues. D’autre part, la confection de maillot supplémentaire était facilitée par le fait que les tissus noirs étaient abondants et bons marchés. Mais, jouer intégralement en noir apparaissait morbide. Ainsi, une diagonale écarlate fut rajoutée au maillot. Un journaliste décrivit ainsi la tenue dans un article paru dans le « Liverpool Courier » le 1er Octobre 1881 : « The new Everton costume consists of Black jersey and Pants and a white hose, with a crimson sash slung crosswise from shoulder to hip, a make up that gives the players a neat and business like appearance » (Le nouveau costume d’Everton se compose d’un maillot et d’un pantalon noirs et d’un bas blanc, avec une bande cramoisie portée en croix de l’épaule à la hanche, un maquillage qui donne aux joueurs une apparence soignée et professionnelle).

Malgré cette élogieuse description, de nouveaux maillots et couleurs apparurent entre 1882 et 1901. De 1882 à 1884, le maillot était composé de deux parties, une rose et une blanche, à la façon de Blackburn. Le short était blanc et les chaussettes noires. En 1884 et jusqu’en 1886, le maillot était un large damier bleu roi et blanc, accompagné d’un short et de chaussettes bleus marines. En 1886, Everton conserva le short et les chaussettes mais revint à un maillot rose avec manches blanches. En 1887, le short et les chaussettes restèrent toujours bleus marines mais le maillot passa en bleu ciel et blanc, façon Blackburn. Gardé pendant 3 saisons, le maillot changea de nouveau en 1890 pour devenir saumon. La saison d’après, il passa rouge avec quelques parements bleus ciels. Oui Everton joua avec la couleur de son rival Liverpool (qui à l’époque venait de naître et évoluait en bleu … à ne plus rien y comprendre). En 1892, cette fois, Everton abandonna le bleu marine pour le short qui devint blanc. Le maillot quant à lui fut modifié en bleu ciel. On se rapprochait ainsi de la tenue définitive du club.

Finalement, ce fut lors de l’année 1901 que le club opta pour le maillot bleu roi avec un short blanc, qui devint alors sa tenue traditionnelle. Sauf en 1929, lorsque la direction tenta d’imposer de nouveau le maillot bleu ciel. Mais, fraichement reçu par les supporteurs, le bleu roi revint la saison suivante.

#845 – Swindon Town FC : the Robins

Les rouges-gorges. Ce petit oiseau, répandu dans toute l’Europe, affiche un plumage rouge orangé sur le devant de la tête, la gorge et la poitrine. Evidemment cette couleur du plumage n’est pas sans rappeler les teintes du maillot du club. Les joueurs portèrent-ils toujours ce rouge ? Pour cela, il faut remonter aux origines du club. Or, comme beaucoup de clubs né au XIXème siècle, les véritables circonstances de la formation du Swindon Town Football Club demeurent un mystère. Pendant longtemps, la date de 1881 était celle retenue par le club qui fêta son centenaire en 1981. Dans les années 1990, des recherches permirent de découvrir de nouvelles sources qui dataient le début du club en 1879 sous une autre dénomination (Swindon AFC en 1879 puis Swindon Spartan en 1880). AFC évoluait avec un maillot rayé noir et rouge tandis que les Spartans jouèrent en blanc (avec un short noir et parfois une ceinture bleue). Puis, de 1894 à 1898, le club revient au rouge et noir. Sans connaître la raison, en 1897, il fut décidé qu’un changement était nécessaire et les joueurs portèrent désormais des maillots verts, avec des manches blanches. Toutefois, à l’orée du XXème siècle, des problèmes pour obtenir le bon vert pour les kits convainquirent la direction de changer une nouvelle fois de couleur. En 1901, un maillot uni fut retenu et fut décrit comme marron (certainement foncé) par deux journalistes (et également sur la flyer d’un match). L’année suivante, la teinte de marron s’éclaircit et s’approchait alors du plumage de l’oiseau. Le surnom apparut alors à ce moment. Le passage au rouge actuel n’est pas documenté mais il est certain que dans les années 1920, le kit du club était devenu rouge. Le rouge-gorge apparut quant à lui sur le blason du club dans les mêmes années.

#803 – Brentford FC – the Bees

Les abeilles. Avec cette magnifique abeille en majesté sur l’écusson du club, ce surnom s’est imposé pour le club quasiment au début de son existence. Mais, ce n’est pas sa présence sur le blason, ni même l’utilisation de maillot rayé par le club (dont les couleurs ne furent jamais proches de celles des abeilles) qui furent la source d’inspiration de ce surnom.

Fondé en 1889, il apparut dans les années 1894-1895 alors que l’équipe comptait dans ses rangs un attaquant d’une vingtaine d’année dénommé Joseph Gettins. Il connaîtra une certaine renommée avec Millwall et Middlesbrough mais dans ces années 1890, il était encore qu’un jeune étudiant du Borough Road College. Lors d’un match, ces camarades de l’école vinrent le voir jouer et scandèrent des tribunes le cri de guerre du collège « buck up Bs » (bougez vous les B – B pour Borough). Mais, le lendemain, les journalistes dans leurs articles retranscrirent mal le chant et le transformèrent en « buck up bees » (bougez vous les abeilles). Dans une autre version, le chant fut d’abord mal repris par l’ensemble des supporteurs dans le stade et le lendemain, la presse écrit l’erreur. Et voilà donc plus de 120 ans que ce malentendu perdure.

Le blason fit référence à ce surnom qu’à compter des années 1960. D’abord sous la forme d’une ruche qui se mariait avec les armes du Conseil de comté de de Middlesex (3 haches de mer). Puis, en 1972, un supporteur remporta un concours avec un blason intégrant directement cette fois et uniquement une abeille. Toutefois, il indiqua dans l’écusson l’année 1888 comme année de fondation du club, ce qui était une erreur (1889 réellement). Le logo fut remplacé dès 1975, abandonnant l’abeille au passage. Pour le centenaire du club en 1989, l’abeille refit son apparition sur l’écusson, sous une forme plutôt sympathique (elle arborait un beau sourire et portait une écharpe et un bonnet du club). En 1993, Andrew Henning, supporter de Brentford, conçoit un nouveau divisé en quatre quartiers qui s’inspirait des anciens. En haut à droite, deux abeilles butinent autour d’une ruche. Le quartier inférieur droit indique qu’il s’agit d’un club de football. En haut à gauche, les fameuses rayures rouges et blanches du club, réhaussées par la date de fondation (la bonne cette fois). Enfin, le quartier inférieur gauche arbore les fameuses 3 haches de mer des armoiries du comté. En 2017, nouvelle « révolution » marketing qui impose le logo actuel et souligne particulièrement l’identité du club en tant que « The Bees » .

#793 – Luton Town FC : the Hatters

Les chapeliers. Sur le blason du club, on retrouve les armes de la ville couronnées par un canotier. Depuis 1905, Luton est connue pour son usine Vauxhall de fabrication de voitures. Ces dernières années, cette activité a été complétée avec l’arrivée d’Easy Jet qui a contribué à transformer l’aéroport de Londres Luton en tant qu’aéroport régional de premier plan. TUI, le tour opérator, a confirmé cette position en installant son siège dans la ville. Mais, avant tout cela, la cité possède un riche héritage de fabrication de chapeaux depuis plus de 200 ans.

En effet, au XVIIIème siècle, l’industrie anglaise de la chapellerie se concentrait principalement sur Londres, Luton, Denton et Stockport (près de Manchester) ainsi que Atherstone (Warwickshire). Le métier se divisait en deux savoir-faire : d’un côté, la fabrication et le commerce des chapeaux de paille (chapeaux et bonnets pour femmes), de l’autre, celui du feutre (casquettes et chapeaux pour hommes). Luton se spécialisa d’abord dans le chapeau de paille car dès le XVIIème siècle, la tresse de la paille était le secteur dominant de l’économie locale. La croyance populaire veut que l’introduction du tressage de la paille en Grande-Bretagne puisse être attribuée à Marie Ier d’Écosse, qui aurait amené des artisans de Lorraine (d’où sa mère était originaire) et les aurait établis en Écosse. Son fils, Jacques Ier d’Angleterre, les aurait ensuite installés au sud de Luton, exploités par la puissante famille Napier. Au-delà de cette légende, il est prouvé que dès le milieu des années 1600, des personnes tressaient de la paille et fabriquaient des chapeaux de paille dans la région de Luton.

L’essor de l’industrie chapelière fut encouragé par les guerres napoléoniennes. Avec le blocus imposé par l’Empereur français, l’importation de paille tressée en provenance d’Italie et de chapeau devint quasi-nulle. A la sortie de la guerre, les forts droits de douanes ne permirent pas aux importations de reprendre. Ainsi, les hommes et femmes d’affaires de Luton créèrent des usines pour approvisionner les marchés locaux et nationaux en chapeaux de paille. De modeste ville, Luton se transforma en un grand centre industriel. En 1871, la ville comptait 35 000 employés dans le secteur du chapeau. Mais, la campagne environnante dépendait également grandement de cette économie. 40% de tous les tresseurs de paille du pays (environ 22 000 personnes en 1851) étaient basés dans le sud du Bedfordshire où se trouve Luton. En 1871, il y avait 20 701 tresseuses dans le Bedfordshire et 12 089 dans le Hertfordshire (comté limitrophe à Luton), avec environ 15 % de toutes les femmes du Bedfordshire qui se déclarait comme tresseuses de paille.

A compter de 1870, l’industrie de Luton se tourna également vers les chapeaux en feutre, dans le but de fournir une source de travail moins dépendante de la récolte saisonnière de paille. L’apogée de la production se réalisa pendant 50 ans, entre 1880 et 1930. A cette dernière date, la région de Luton produisait jusqu’à 70 millions de chapeaux en une seule année. En 1935, il y avait sept grandes usines de fabrication à Luton employant 1 000 femmes et 900 hommes, complétés de petites entreprises plus artisanales. En 1939, il y avait au moins 125 fabricants de ce type, dont le plus grand employait environ 100 ouvriers, tandis que le plus petit se contentait de 5 ou 6. Mais, après la Seconde Guerre mondiale, le déclin commença et la ville déclina rapidement. Le déclin de la tresse de paille démarra bien avant, dès 1880. En 1893, on estimait que moins de 5% de la tresse vendue au marché de Luton venait d’Angleterre et la fabrication était pratiquement éteinte dans la plupart des villes et villages environnants. En 1901, 98% des tresseurs avaient disparu dans le Bedfordshire et le Hertfordshire. Aujourd’hui, si Luton demeure encore synonyme de chapeau, son industrie est quasiment réduite à rien, quelques artisans tentant de perpétrer ce savoir-faire.

#775 – Bangu AC : Alvirrubro

Les blanc et rouge, couleurs du club carioca depuis ses origines. Bangu, quartier de Rio de Janeiro, vit apparaître le football grâce à la présence de l’usine textile locale, Fábrica de Tecidos Bangu, où de nombreux employés anglais travaillaient. Car, comme dans beaucoup de pays, les expatriés anglais apportèrent avec eux leurs savoir-faire industriels mais également leurs nouveaux loisirs, tels que le football. En particulier, l’écossais Thomas Donohoe apporta des ballons de football à Bangu. En décembre 1903, l’anglais Andrew Procter proposa, notamment à ses collègues britanniques de l’usine, John Starck, Thomas Donohoe, Clarence Hibbs, Willian French, Willian Procter, et Thomas Hellowell, la création d’un club. Lors de l’assemblée constituante, le choix des couleurs se porta sur le rouge et le blanc. On suppose aujourd’hui que ce choix fut dicté par la dominance des anglais au sein du club puisque le rouge et le blanc aurait célébré Saint Georges, saint patron de l’Angleterre et présent sur le drapeau anglais au travers de sa croix rouge et blanche. En effet, la représentation de Saint Georges, terrassant un dragon, est l’aggorie de la victoire de la Foi sur un Démon. Ainsi, Saint Georges avait un cheval blanc, signe de pureté et portait également un écu et une barnière d’argent à la croix de gueules (en termes moins héraldiques, blanc et rouge). Toutefois, une autre version est apparue, avec l’aide (intentionnelle ?) du club. Comme pour d’autres clubs, les employés britanniques de l’usine textile et fondateurs étaient des fans, en particulier du club de Southampton. Ce dernier évoluait dans des maillots rayés rouge et blanc et avait une certaine notoriété, ayant été finaliste de la FA Cup en 1900 et 1902. En 2015, le club s’équipa d’un maillot extérieur bleu marine à parement jaune, totalement similaire à celui de Southampton. De quoi relancer cette version.

#768 – Stoke City FC : the Potters

Les potiers. Grâce aux abondantes réserves d’argile de la région, de sel et de plomb pour l’émail et de charbon, pour alimenter les fours, Stoke-on-Trent est façonné par la production de poterie depuis des siècles et a gagné une réputation mondiale en la matière. La production artisanale de faïence et de grès remonte au moins au XVIIème siècle. En créant son entreprise en 1759, Josiah Wedgwood aida à passer la production locale à l’ère industrielle et avec d’autres potiers célèbres du Staffordshire, tels que Joseph Spode, Thomas Minton, la famille Wood et Thomas Whieldon, il contribua à rendre la région synonyme de céramique. La croissance fut également portée par l’ouverture, en 1777, du canal Grand Trunk (aujourd’hui le canal Trent et Mersey), qui offrait un débouché aux ports de Hull et de Liverpool afin de transporter les matières premières vers la ville et pour l’exportation de la marchandise. Au XIXème siècle, les 6 différents villages (Burslem, Fenton, Hanley, Longton, Stoke-upon-Trent et Tunstall), connus sous le nom de Potteries et qui plus tard donneront naissance à Stoke, étaient devenus des villes importantes, comptant près de 300 poteries. L’écrivain, Arnold Bennett (né à Hanley en 1867) coucha sur papier la vie quotidienne des potiers de la région. Aujourd’hui, bien qu’il ne reste qu’une usine et un four en fonction, Stoke-on-Trent est toujours le centre de l’industrie britannique de la céramique et est le plus grand producteur d’argile au monde.

#750 – Brighton & Hove Albion FC : the Seagulls

Les mouettes. En matière de surnom, le football anglais demeure l’un des plus engagés, développés, et ce dès les premières années de son existence. Fondé en 1901, le pensionnaire actuel de Premier League n’a pas adhéré facilement à cette tradition. Lambs (agneaux) et Shrimps (crevettes) se succédèrent pendant les premières années mais se diffusèrent peu parmi les supporteurs. En 1950, le Brighton Standard, organe non officiel des fans, organisa un concours pour trouver un nouveau surnom mais celui plébiscité, Brovion, dérivé du nom du club, ne rencontra pas plus de succès. A l’été 1972, le club lança un vote pour trouver un surnom. Parmi les suggestions, les références à la situation maritime de la ville furent nombreuses (Coasters, Seasiders et Mariners). D’autres mettaient en avant l’âge d’or de Brighton sous le Prince Régent à la fin du XVIIIème siècle et au début du XIXème (Regents, Sovereigns, Bucks, Royals). Enfin, les oiseaux furent une autre source d’inspiration (Bluebirds, Swifts, Seagulls et Martlets). Mais le choix le plus populaire se porta sur dolphins (dauphins). Un delphinarium avait ouvert ses portes à Brighton en 1968, ce qui avait certainement influencé le choix. Surtout, les armoires de la ville de Brighton affichaient deux dauphins. Ces derniers marquèrent la longue histoire de Brighton mais il n’est pas facile de retracer leur origine. Par une conclusion hâtive, on pourrait penser que les dauphins ont été adoptés afin de rappeler le lien entre cette cité côtière et la mer (en l’occurence la Manche). Mais, les dauphins pourraient provenir des armoiries de deux familles qui firent parti des notables de la ville : la famille Scrase, associée au manoir de Brighton et la famille Lashmar. Le surnom plut en tout cas, au point que l’animal intégra le nouvel écusson du club en 1974. Mais, il ne resta que 3 ans et fut remplaçé rapidement (en 1977) par les mouettes.

Situé dans le Sussex, Brighton se retrouve isolé de la plupart des autres équipes de football, les laissant sans véritable derby à disputer. Pourtant, une rivalité va se construire avec un club situé à plus de 80 km de Brighton. En 1976, Alan Mullery fut nommé manager de l’équipe de Brighton tandis que Terry Venables débutait sa carrière d’entraineur dans le club londonien de Crystal Palace. En 3ème division, les deux clubs bataillèrent toute la saison 1976-1977 pour la montée (ils se recontrèrent 5 fois lors de cette saison) et leurs entraineurs nourrissaient en plus une certaine hostilité (qui remontait à leur passage en tant que joueur à Tottenham). Cette rivalité se renforça les deux saisons suivantes, les deux clubs évoluant dans les mêmes divisions et partageant les mêmes objectifs. Et finalement, bien que séparé de 80 km, l’autoroute A23 reliait aussi directement la ville à ce quartier sud de Londres. Or, Crystal Palace étant connu sous le nom de eagles (aigles), les fans de Brighton ne furent pas séduits de leur opposer un dauphin. Ainsi, face aux supporteurs de Crystal Palace qui scandaient « Eagles, Eagles! » , ceux de Brighton répondirent par des cris de mouettes et des chants « Seagulls, Seagulls! » (un oiseau courant sur la côte). Le surnom prit rapidement et s’imposa donc dès 1977 sur le blason du club.

#722 – Hull City AFC : the Tigers

Les tigres. La fondation du club en juillet 1904 était trop tardive pour lui permettre de rejoindre une ligue officielle. Le club se contenta lors de sa première année d’existence à disputer des matchs amicaux. L’histoire officielle indique que lors du premier match, les joueurs portèrent un maillot blanc avec un short noir (ce que certains contestent). Toutefois, assez rapidement, l’équipe arbora son fameux maillot rayé noir et ambre, couleurs qu’elle affiche encore aujourd’hui (en 1935-1936 et en 1946-1947, le club porta exceptionnellement un maillot respectivement bleu foncé et bleu clair). Ces rayures ambre et noir inspirèrent un journaliste du Hull Daily Mail en 1905 qui surnomma pour la première fois les joueurs les tigres. A l’époque, le Rugby était roi dans la ville de Kingston upon Hull et les deux équipes rivales avaient pour surnom un animal. D’un côté, Hull FC était surnommé Airlie Birds (les oiseaux d’Airlie). De l’autre côté, l’Ouest de la ville supportait les robins (rouge-gorges) de Hull Kingston Rovers. Le journaliste du Hull Daily Mail trouva donc logique de comparer l’équipe de football avec un animal et les rayures du maillot rappelaient le tigre.

Le surnom est bien ancré désormais au point que le tigre s’imposa presque sur tous les symboles du club. Tout d’abord le maillot qui, lors de certaines saisons, pouvaient abandonner les célèbres rayures pour arborer le pelage du tigre ou être barré d’un coup de griffe. Sur le blason du club, la tête de tigre a également trouvé sa place. Après la Seconde Guerre mondiale, le nouveau propriétaire de Hull, Harold Needler, souhaita rebaptiser le club sous le nom de Kingston upon Hull AFC et adopter l’orange, le bleu et le blanc comme nouvelles couleurs. Il modifia également le blason traditionnel qui reprenait les armes de la ville en faisant, pour la première fois, afficher une tête de tigre. Le changement de nom ne se concrétisa pas et le manque de tissu ne permit pas d’adopter les nouvelles couleurs. Néanmoins, le blason fut lui définitivement entériné. En 1975, le College of Arms, une institution royale qui gère les armoiries et blasons, officialisa le tigre comme armes du club. Enfin, en Août 2013, à la surprise générale, le propriétaire du club, Assem Allam, annonça qu’il avait déposé une demande auprès de la fédération anglaise pour changer le nom en Hull Tigers. Malheureusement, ce choix n’avait pas pour objectif de rendre hommage à la longue histoire du club et était basé sur de basses considérations marketing (étendre la zone de chalandise aux Etats-Unis où les franchises se nommes ainsi et vers l’Asie où le tigre est chargé d’un fort symbolisme, se distinguer des autres clubs qui s’appelaient également City ainsi que « in marketing, the shorter the name the more powerful it is » (en marketing, plus un nom est court, plus puissant il est)). Les supporteurs s’opposèrent à cette proposition et scandaient dans le stade « City Till We Die » (City jusqu’à notre mort). Ce à quoi Assem Allam répondit violement « They can die as soon as they want » (Ils peuvent mourir dès qu’ils le veulent). Finalement, le 9 avril 2014, la fédération anglaise rejeta la demande de Assem Allam. D’autres décisions calamiteuses accentua le désamour entre les fans et Assem Allam et le club finit par être vendu en Janvier 2022 à un producteur turc.

#698 – Millwall FC : the Lions

Les lions. Ce club londonien, qui vit dans l’ombre d’Arsenal, Chelsea ou Tottenham, n’en reste pas moins un club historique et comptant de nombreux fans. Le club fut fondé en 1885 sous le nom de Millwall Rovers par les ouvriers de l’usine de conserverie JT Morton à Millwall, un quartier du Sud-Est de Londres. JT Morton était une entreprise fondée en Ecosse, à Aberdeen qui ouvra sa première usine anglaise à Millwall en 1870. Cette usine attira particulièrement une main d’oeuvre venue d’Ecosse. Comme la plupart des membres du personnel de l’usine et du nouveau club étaient des écossais émigrés, le choix naturel était d’évoluer avec des maillots en bleu marine et blanc (couleurs de l’Ecosse). Lorsqu’un lion rampant rouge fut introduit sur le blason du club en 1936 (à l’initiative du manager Charlie Hewitt qui modifia également l’intensité du bleu du maillot), tout le monde fit le lien avec la figure héraldique de l’Ecosse. Pour rappel, les armes royales de l’Ecosse sont d’or (fond jaune) au lion rampant de gueules (rouge) armé et langué d’azur et auraient été utilisées pour la première fois par Guillaume Ier d’Écosse au XIIème siècle. Ainsi, certains pensent que le surnom provient des origines écossaises du club. Toutefois, ce lion rouge rampant avait surtout une ressemblance frappante avec les panneaux utilisés par les pubs nommés The Red Lion.

Une minorité estime que ce surnom est venu avec le fait que le club évolua pendant 83 ans (de 1910 à 1993) dans son enceinte qui se nommait The Old Den, Den signifiant l’antre. Un monstre ou un animal féroce comme le lion pouvait donc résider dans l’antre.

Néanmoins, il faut balayer toutes ces hypothèses et plutôt y voir que ce surnom, advenu pour une autre raison, collait bien avec l’histoire de Millwall. En effet, il apparut au début des années 1900. Le football anglais était alors dominé par les clubs du nord du pays tels que Blackburn Rovers, Aston Villa, Sunderland AFC ou Sheffield Wednesday. En 1900, en Coupe d’Angleterre, Millwall parvint jusqu’en demi-finale. En quart de finale, Millwall affronta l’ogre Aston Villa (qui avait déjà gagné 3 fois le championnat et ainsi 3 fois la FA Cup) et réussit l’exploit de les battre. Les deux équipes se neutralisèrent lors des deux premiers matchs (0-0 le 24 février 1900 et 1-1 le 28 février 1900). Rejoué le 5 mars 1900, Millwall remporta le match 2 buts à 1. Aston Villa était surnommé les lions (en raison de la présence d’écossais comme fondateurs du club qui importèrent le lion rampant sur le blason du club de Birmingham). Ayant terrassé le lion de Birmingham, Millwall gagna alors le surnom de Lion of the South (Lion du Sud, car le club évoluait dans la Southern Football League (la ligue du Sud). Puis, au fil des années, le surnom fut réduit à Lion et, sur le blason, il devint bleu, à l’image du maillot du club.

#678 – Manchester City : Brewerymen

Les hommes de la brasserie. Les racines de Manchester City se situent au XIXème siècle au sein de la paroisse de St. Mark’s dans le quartier de West Gorton, au sud-est de Manchester. Pour occuper les hommes et les jeunes pendant les longs mois d’hiver, le recteur de l’église encouragea l’équipe de cricket de la paroisse à pratiquer le football. Ainsi naquit le club de football de St. Mark’s (West Gorton) en 1880. Comme beaucoup de clubs au début du développement du football, St. Mark’s connut des premières saisons plutôt chaotiques étant donné le manque de structure et les faibles moyens financiers du club. Le principale sujet de préoccupation était de trouver un terrain d’accueil pour jouer. Le premier lieu était évidemment un terrain près de l’église St. Mark’s, dans Clowes Street, mais ce dernier était plutôt accidenté. En 1881, l’équipe déménagea sur le proche terrain de cricket de Kirkmanshulme mais la cohabitation avec les joueurs de cricket fut difficile et les footeux furent bannis du terrain en 1883-1884. Cette expulsion encouragea à la fusion avec une autre équipe locale mais l’union ne dura pas plus d’un an. Le club changea alors de nom pour Gorton AFC. Puis, en 1887, poussé par une nouvelle expulsion du terrain qu’il occupait et par le fort développement du football en Angleterre (organisation de compétition officielle, apparition du professionnalisme …), le club prit 3 importantes décisions pour se structurer et donc perdurer. Premièrement, le club trouva un nouveau terrain de jeu près d’un viaduc ferroviaire à Ardwick, qui était donc en dehors du quartier originel de Gorton. Deuxième décision, le changement de nom. En s’expatriant du quartier de Gorton, s’appeler Gorton AFC apparaît désormais un terme impropre. Par conséquent, le club fut officiellement rebaptisé Ardwick Association Football Club, du nom du nouveau quartier. Enfin, alors que le club était officiellement amateur depuis sa création, la direction décida pour la première fois en 1887 d’attribuer à un joueur un salaire hebdomadaire de 5 shillings pour ses services, le club devenant ainsi une organisation professionnelle.

Mais toutes ces décisions furent facilitées par une rencontre que permit le déménagement à Ardwick. En effet, la direction du club sympathisa avec Stephen Chesters-Thompson, en entrepreneur local, qui possédait un hôtel (avec un pub) près de la nouvelle enceinte ainsi qu’une brasserie du nom de Chester’s, fondée en 1830, dans la quartier d’Ardwick. Les bonnes relations entre la direction du club et cet entrepreneur furent décisives pour Ardwick AFC. En effet, le siège du club s’établit d’abord au sein de l’hôtel. De même, de 1887 à 1896, l’hôtel-pub servait de vestiaire aux joueurs, ce qui pourrait expliquer certaine défaite, les matchs se déroulant après l’apéritif. Puis, la brasserie Chester’s soutint le club en aidant à financer l’aménagement du terrain et également à acheter des joueurs. En échange, elle obtint la concession de l’ensemble des bars et pubs autours de l’enceinte. Les liens étant si forts, Stephen Chesters-Thompson se fraya un chemin jusqu’à la direction du club et de nombreux salariés de la brasserie intervenaient également au sein du club de football. Puis, la brasserie serait même devenue actionnaire du club. Ainsi, Ardwick AFC (qui devint Manchester City en 1894) s’assimila dans les faits avec la brasserie Chester’s et le surnom brewerymen s’imposa. En 1920, les liens se dénouèrent entre le club et la brasserie et le surnom fut moins utilisé. La brasserie d’Ardwick continua sa vie et fut démolie en 1967.