#629 – Southampton FC : the Saints

Les saints. Tout remonte aux débuts du club à la fin du XIXème siècle. En 1880, un premier club dénommé Deanery FC existait près de l’église St Mary, l’une des principales de la ville et qui était alors en pleine reconstruction (débutée en 1878). Moins d’un an après l’achèvement de l’église, son révérend, Arthur Baron Sole, souhaitait utiliser le football comme une activité inclusive auprès de sa communauté de jeunes. Ainsi, en 1885, le révérend Sole présida une réunion de l’association de St. Mary’s Young Men’s Association, dans une salle à Grove Street derrière l’église St Mary, pour fonder une équipe de football, dénommé St. Mary’s Young Men’s Association FC. St. Mary’s Young Men’s Association était une organisation ouvertement chrétienne dont les membres jouaient un rôle important dans les affaires paroissiales, en particulier en tant que professeurs et choristes au sein de l’église.

Avant d’adopter le football, le YMA avait de nombreux intérêts, après l’étude de la Bible, notamment le cricket et la gymnastique. En 1887-1888, le nom du club fut raccourci pour St. Mary’s FC. . En 1894, le club rejoint la Southern League et changea de nom pour Southampton St. Mary’s FC. Le club commençait à adopter un statut professionnel et cherchait donc à élargir son audience et ses ressources en s’identifiant mieux à la ville. Enfin, après que le club remporta le titre de Southern League en 1896-1897, il se transforma en une société à responsabilité limitée et s’ouvrit complètement aux joueurs ne faisant pas parti de la paroisse ou même de l’Eglise. Il prit donc le nom de Southampton FC. Toutefois, le lien fort avec les origines religieuses du club perdura dans son surnom.

Elles sont également rappelées dans le nom de son stade. Après avoir évolué plus de 100 ans dans son enceinte du Dell, le club déménagea dans son nouvel écrin, dénommé St Mary’s Stadium. Il faut indiquer que ce nouveau stade se situe près de l’église St Mary, au point que lors de la décision de cet emplacement, tout le monde disait que le club revenait chez lui. Enfin, dans son blason, une auréole couronne un ballon de football.

#615 – Portsmouth FC : Pompey

Surnom à la fois du club et de la ville de Portsmouth. Rappelez-vous le début des années 2000. Le club de Portsmouth retrouvait la Premier League grâce aux fonds d’un milliardaire qui permit au club de s’acheter de nombreux joueurs de qualité (Peter Crouch, Sol Campbell, Sylvain Distin, Nwankwo Kanu …). Seulement, la dette s’accumula et l’actionnaire lâcha le club. Résultat, Portsmouth fit faillite et fut repris en main par ses supporteurs en 2013. Une histoire que les fans de clubs aujourd’hui détenus par un milliardaire ou un Etat devraient garder en tête plutôt que de se laisser tourner la tête par la planche à billet … Revenons plutôt à ce surnom de Pompey. Il existe de nombreuses théories et explications, certaines plus crédibles que d’autres, mais personne ne semble être en mesure d’avoir la raison exacte et définitive. En outre, personne ne sait si le surnom a d’abord été appliqué à la ville ou à l’équipe de football. Cependant, il semble que la première référence écrite a concerné le club de football. Nous avons donc rassemblé ci-après diverses explications possibles, qui convergent toutes sur un point : elles trouvent leur origine dans le monde de la marine, Portsmouth étant un des principaux ports de la Grande-Bretagne.

La première légende raconte qu’Agnes « Anggie » Weston dirigeait une auberge, Sailors’ Rest, et y donnait des conférences aux marins. En 1904, la conférence portait sur Pompée le Grand, nom élogieux donné au général et homme d’État romain Cnaeus Pompeius, afin de le comparer avec Alexandre le Grand. Pompée gagna sa notoriété militaire en menant en Hispanie une guerre difficile, en remportant des victoires sur les pirates en Méditerranée et par ses conquêtes en Orient. Il composa avec Crassus et César le premier triumvirat. Puis, à la fin du triumvirat, il fut vaincu par César lors de la bataille de Pharsale en 48 avant JC. Il s’enfuit alors en Egypte, où il fut assassiné. Agnes Weston présenta avec vigueur la chute de Pompée et lorsqu’elle décrivit son assassinat, l’un des marins, certainement ivre, cria « Poor old Pompey ! » (Pauvre vieux Pompée). Quelques jours plus tard, Portsmouth FC disputa un match où ils jouèrent mal et perdirent. Un marin dans la foule s’appropria alors le cri entendu dans le bar « Poor old Pompey ! » et les autres fans reprirent le refrain.

Il est également dit qu’un groupe de marins basé à Portsmouth aurait grimpé le pilier de Pompée près d’Alexandrie en Égypte vers 1781. Cette colonne est un bloc de granit de 28 m de haut, attribuée à tort au général romain Pompée, mais en réalité construite comme un mémorial à l’empereur romain Dioclétien. Etant donné sa sculpture, son escalade constitua un exploit et les marins gagnèrent ainsi le nom de Pompey Boys (Les garçons de Pompée).

En 1662, Charles II, Roi d’Angleterre, épousa Catherine de Bragance, membre de la famille royale portugaise. Contre le soutien militaire et naval de l’Angleterre comme protection face à l’Espagne, la monarchie portugaise donna en dot Tanger en Afrique du Nord et plusieurs îles en Inde, dont Bombay. Le mariage se déroula à Portsmouth. Lorsque les marins portugais qui accompagnaient Catherine découvrirent Portsmouth, ils trouvèrent des ressemblances entre la ville anglaise et Bombay : les deux sont des îles, les deux sont de bons ports et leur relief est plats, avec une colline en arrière-plan. Les marins surnommèrent alors Portsmouth en portugais, Bom Bhia (la bonne baie), qui donna le nom de la ville indienne. Bom Bhia fut ensuite anglicisé devenant Pompey.

Portsmouth est un port depuis l’époque romaine. A proximité de Portsmouth, se dresse le chateau fort de Portchester, fort romain très bien conservé. Ainsi, plus tard, lorsque le port commença à se développer, les habitants surnommèrent leur ville Pompey, pour rappeler ses ruines et son passé romain en la comparant avec les vestiges de Pompéi.

Portsmouth est un important port militaire de la Royal Navy où se déroulent de nombreux cérémonies. Ces « festivités » sont décrites comme the pomp and ceremony (faste et cérémonie) qui réduit devint Pompey.

Port important sur les routes marchandes et militaires, Portsmouth constituait un point de localisation pour les marins. Ceux-ci l’appelaient ainsi le Portsmouth Point et l’écrivaient en abrégé sur le journal de bord : Pom. P. Les cartes de navigation utilisaient également cette abréviation. Ceci donna le surnom Pompey. En outre, « Pom-pey » ressemble à la prononciation par des marins ivres de Portsmouth Point, d’où ils prenaient leurs bateaux.

Selon certains, l’équipe de football de Portsmouth commença à se développer en récupérant de nombreux membres de l’équipe de la Royal Artillery dont la structure disparut en 1899 (1 an après la fondation de Portsmouth FC). Cette dernière portait le surnom originel des Pompeys. Ce surnom fut acquis lorsque, lors d’une revue organisée à l’occasion de l’anniversaire de la Reine, la Royal Artillery fut simplement chargée d’encadrer la parade au lieu de défiler. Ils furent alors relégués à la mission qu’effectuait généralement la Brigade des Sapeurs Pompiers de Paris. L’année suivante, la population acclama la Royal Artillerie sous le nom de « Pompiers », qui devint par la suite Pompey.

« La Pompée » était un navire français amarré dans le port de Portsmouth. Peu après son achèvement, ce navire de classe Téméraire avait été volé par les royalistes français qui avaient fui la France après le Siège de Toulon (Septembre-décembre 1793) et donné aux britanniques à Spithead, une rade de la Royal Navy près de Portsmouth, en mai 1794. Les anglais copièrent la conception de ce bateau français qui était une réussite et construisirent des navires connus alors sous le nom de « classe Pompée », dont le Superb et l’Achilles. Le Pompée fut renommé HMS Pompée et servit dans la marine britannique dans de nombreuses campagnes en Europe et dans les Caraïbes. Il eut également des fonctions défensives en gardant le port de Portsmouth. Puis, en 1816, le Pompée devint une prison navale dans le port de Portsmouth et fut finalement démoli en 1817. Le bateau aurait donc donné le surnom à la ville. Une autre explication pourrait également venir soutenir cette version puisque dans l’argot du Nord du pays, pompey désigne une prison.

Enfin, des expressions marines pourraient également expliquer ce surnom. Dans la tragédie Antoine et Cléopâtre de William Shakespeare, un vers décline « Pompey is strong at sea » (Pompée est fort en mer) ce qui plaisait beaucoup aux marins. Par ailleurs, il existe une expression anglaise « to play Pompey » qui signifie « faire des ravages ».

Si pour certains surnoms, les explications manquent ou sont tombées dans les oubliettes de l’histoire, Portsmouth n’en connait que trop. Mais, à défaut de faire encore parti des clubs huppés de la Premier League, Portsmouth bénéficie finalement d’une autre richesse plus importante : une histoire.

#575 – Derby County FC : the Rams

Les béliers. Le surnom est né quasiment en même temps que le club puisque les fondateurs choisirent de doter leur nouvelle association d’un blason en forme de bélier. Le choix de cet ovin s’explique par le fait que le mouton et la laine furent indissociables du comté de Derbyshire à l’époque médiévale. Dès l’antiquité, l’élevage de mouton était répandu et au moyen-âge, l’industrie lainière se développa fortement. Le filage était alors réalisé par les femmes célibataires ou des vieilles filles à l’étage des maisons de tisserand. D’ailleurs, filer se dit to spin et donna le mot spinster qui signifie vieille fille. Cette activité donna également naissance à une ballade populaire nommée The Derby Ram (le bélier de Derby) ou As I was Going to Derby (Comme j’allais à Derby). Les versions et les nombres de strophes purent varier au fil des années mais l’histoire principal demeurait la même : un bélier était amené au marché de Derby, il fut égorgé par un boucher et les différentes parties étaient utilisés par les habitants. Vraisemblablement que cette histoire dérivait de rites païens anglo-saxons où un bélier était sacrifié en hiver pour apporter chance et fertilité tout au long de l’année. Ces festivités impliquaient une procession de chants et de danses, accompagnée d’un homme habillait en mouton. Puis, avec la christianisation du pays, le rite disparut mais les festivités demeurèrent. Au moyen-âge, des pièces folkloriques joués par les mummers représentaient des hommes habillés en animaux, dont probablement le bélier Derby. La chanson se répandit dans tout le pays mais également en Irlande, en Ecosse et aux Etats-Unis.

La ballade était si populaire et attachée à la région de Derby qu’en 1855, le régiment du Derbyshire (First Regiment of Derbyshire Militia), dont la caserne et le quartier général étaient à Derby, opta pour un bélier comme mascotte (à l’image de la chèvre pour le régiment Welsh Fusileers). L’armée décida même de prendre cette chanson comme celle du régiment. Naturellement, le bélier s’imposa sur les armes de la ville ou comme symbole pour le nouveau club de football. Il existe également un certain nombre de représentations de bélier à Derby. La plus notable est peut-être une grande sculpture située à la jonction d’East Street et d’Albion Street.

#559 – Birmingham City FC : the Blues

Les bleus. Le grand rival d’Aston Villa joue depuis sa fondation en bleu. En 1875, des membres de l’équipe de cricket de l’église Holy Trinity, Bordesley, dans l’est de Birmingham, décidèrent de trouver une occupation sportive pendant les longs mois d’Hiver et formèrent ainsi une équipe de football. Le nouveau club se prénomma Small Heath Alliance, quartier de la ville. Puis, il fut rebaptisé Small Heath en 1888 (lorsque le club devint la première société sportive anonyme), Birmingham en 1905 et enfin Birmingham City en 1943.

L’équipe commença par porter des maillots bleu foncé même si, dans les premiers temps, ils portaient n’importe quelle chemise bleue qu’ils avaient. Au moment du passage au professionalisme en 1888, le club changea radicalement de couleurs pour jouer avec des maillots rayés verticalement en noir et ambre. Puis, en 1889, une expérience avec des hauts noirs s’avéra impopulaire, les joueurs et les spectateurs se plaignant que l’équipe était pratiquement invisible. Pour la saison suivante, un nouvel ensemble de maillots bleu royal fut commandé et depuis, le kit présente différentes variations autour de cette couleur. Un maillot célèbre fut celui avec le scapulaire blanc adopté pendant la Première Guerre mondiale et conservé jusqu’en 1926. De 1926 jusqu’au début des années 1970, le maillot était simplement bleu royal. En 1971, ils adoptèrent un bandeau central blanc entouré de bleu, le style de l’Ajax se répandant en Europe. Mais, ici, on l’appela la version « pingouin ». Retour en 1976, du maillot bleu royal simple. Depuis, les équipementiers ont fait preuve d’imagination mais le bleu royal demeure toujours la couleur éternelle de Birmingham.

#545 – Queen’s Park Rangers FC : the R’s

Ce surnom provient directement du nom du club. Le club londonien fut fondé en 1886 par la fusion de deux équipes : Christchurch Rangers et St. Judes Institute. Aux alentours de 1884, Edward Bottle, le directeur d’une école londonienne, St Jude’s Institute, située sur Droop Street, créa, avec un groupe de jeunes étudiants, une équipe de football appelée St Jude’s. Un des fondateurs, Fred Weller, avec l’aide de Gordon Young, le révérend de l’église St Jude, eut l’idée de fusionner l’équipe de football avec un autre petit club d’un quartier voisin (Ponsard Road), les Christchurch Rangers, fondé par George Wodehouse en 1882. La plupart des joueurs viennent alors du quartier adjacent de Queen’s Park. Queen’s Park était un nouveau quartier situé dans le nord-ouest, à la limite de Londres, où un parc de 12 ha venait d’être inauguré le 5 septembre 1887 et dénommé Queen, en l’honneur de la Reine Victoria. Les membres du club décidèrent de nommer le club comme le nom du quartier et y ajoutèrent la mention de Rangers. Evidemment, ce dernier terme faisait référence au nom d’un des deux clubs fondateurs, les Christchurch Rangers. J’ajouterai aussi d’autres hypothèses. Tout d’abord, ranger signifiant garde forestier, cela put être un autre argument pour un club dont le nom était celui d’un parc. Enfin, une autre possibilité. A cette époque, l’Ecosse était un pays dominant du football grace à un style de jeu innovant fait de passes et de mouvements et le porte drapeau était l’équipe des Queen’s Park. Fondé en 1867, ce club, doyen des associations de football écossaise, trustait les coupes d’Ecosse (8 titres entre 1874 et 1886), formait la base de l’Equipe nationale (En 1872, le onze écossais, affrontant l’Angleterre, était exclusivement formé de joueurs de Queen’s Park. Ils portèrent les maillots du club, bleu marine, qui devint la couleur de l’équipe nationale) et structurait le football en Ecosse (en participant à la fondation de la ligue écossaise ou à la définition des règles). Son aura dépassait le mur d’Hadrien car, dans les premières années de la Coupe d’Angleterre, les clubs écossais étaient souvent invités à concourir. Queen’s Park termina deux fois finalistes de l’épreuve (en 1884 et en 1885) et leur dernière participation fut lors de la saison 1886-1887. Peut-être que le club londonien voulut aussi se différencier de son voisin écossais en ajoutant le terme rangers.

Le nom du club donna également les surnoms QPR (initiales du nom) et Rangers.

#534 – Preston North End FC : the Lilywhites

Les « blancs comme un lys » ou pour se rapprocher de l’expression française « blancs comme neige ». L’idée du surnom est de rendre hommage à la couleur des maillots du club. Si Preston North End évolue depuis longtemps (début des années 60) dans les divisions inférieures anglaises (actuellement en Championship), il n’en demeure pas moins un club historique du football d’outre-Manche. Fondé en 1880 (mais dont les racines remontent à 1863), le club fut l’un des premiers à rémunérer ses joueurs et l’un des membres fondateurs de la Ligue, remportant même les deux premiers éditions du championnat d’Angleterre.

Jusqu’en 1884, les joueurs portaient un maillot rayé bleu et blanc. Puis, les 3 années suivantes, ils adoptèrent un maillot blanc et rouge, accompagné d’un short bleu marine. Finalement, en 1887, pour une raison inconnue, la direction changea pour un maillot blanc et un short bleu marine. Depuis, le kit de Preston North End ne fut jamais modifié. Il y a même une légende qui raconte que le club obtint le privilège, comme Reading et Notts County, de pouvoir porter son uniforme « domicile » quelque soit les couleurs de l’adversaire (ce qui impliquerait que si le club adverse évoluait également en blanc comme Preston North End, il devait porter ses couleurs « extérieures » même s’il jouait à domicile). Notts County aurait obtenu cette dérogation car il est le plus ancien club professionnel au monde et Reading car la ville se situe dans le Comté Royal du Berkshire (la Reine Elisabeth II lui accorda ce statut au Comté en 1957 car le château de Windsor s’y situe). Pour Preston, la raison est que le club fut le premier champion d’Angleterre. Toutefois, aucun des clubs auraient utilisé ce droit … car il n’existerait tout simplement pas. John Booth, l’attaché de presse du club déclara « It’s a load of rubbish. We’re governed by the same Football League rulebook as everyone else » (Ce sont des conneries. Nous sommes régis par les mêmes de règles de la Football League que tout le monde).

#522 – Fulham FC : the Cottagers

Ce surnom est dérivé du nom du stade, Craven Cottage, où évolue le club londonien de Fulham depuis 1896. Fondé en 1879, Fulham est l’un des plus anciens clubs professionnels de football de Londres. Comme la plupart des jeunes clubs de l’époque, Fulham eut une existence nomade à ses débuts. L’équipe joua sur une pléthore de terrains, souvent à peine aménagés au sud et au nord de la Tamise : Star Road (1879-1883) près d’Earls Court, Eel Brook Common (1883-1884), Lillie Road (1884-1885), Putney Lower Common (1885-1886), Ranelagh House (1886-1888), Barn Elms (1888-1889), Parsons Green (1889-1891), Half Moon (1891-1895), Cpt. James Field (1895-1896). Puis, enfin, le 10 Octobre 1896, le club investit Craven Cottage pour quasiment plus jamais le quitter. Avec ce nombre de déménagement, Fulham est l’un des clubs ayant occupé le plus de stade en Angleterre (seul QPR les dépasse).

D’une capacité de près de 20.000 places, situé au bord de la Tamise au sud ouest de la capitale, Craven Cottage présente un charme so British, à l’opposé des stades modernes, designés, aseptisés qui fleurissent en Premier League comme ailleurs. Pas d’hotels, de centres commerciaux qui éclosent autour du stade. Sa façade de briques rouges, ses poteaux qui soutiennent le toit et gênent la vue, ses strapontins en bois … entretiennent l’atmosphère d’un écrin authentique, un cadre qui fleure bon la nostalgie. William Craven, sixième baron de Craven, fit batir en 1780 un pavillon (cottage) sur des parcelles ayant fait parti des terrains de chasse de la Reine d’Angleterre Anne Boleyn. Ce chalet fut habité par quelques célébrités avant qu’il ne soit détruit par le feu en mai 1888. Le terrain était alors à l’abandon lorsque la direction de Fulham le découvrit en 1894. Il fallut deux ans de travaux pour transformer ce terrain vague en stade de football. Les propriétaires du terrain réalisèrent les travaux en échange de la perception d’une partie des recettes des matchs. En 1904, le conseil municipal de Londres s’inquiéta du niveau de sécurité des stands et tenta de fermer l’enceinte. A la suite du procès qui s’ensuivit, l’architecte écossais, Archibald Leitch fut embauché pour améliorer le stade. Leitch avait gagné sa réputation après avoir édifié le stade d’Ibrox à Glasgow. Pour un coût de 15 000 £ (un record pour l’époque), il construisit le Stevenage Road Stand ainsi qu’un pavillon (l’actuel « Cottage »). Avec sa brique rouge caractéristique, Stevenage Road Stand, renommé Johnny Haynes Stand, constitue la plus vieille tribune des quatre divisions professionnelles anglaises et même du monde. Elle est même classée au patrimoine du royaume. Quant à ce fameux « Cottage », il résulte d’une erreur du célèbre Leitch qui oublia d’inclure des vestiaires dans la tribune de Stevenage Road. Il rajouta donc dans un angle du terrain ce pavillon pour y loger les vestiaires et le bureau du manager.

#514 – Cardiff City FC : the Bluebirds

Les oiseaux bleus. Formé sous le nom de Riverside FC en 1899, le nouveau club de football avait pour objectif d’occuper les joueurs de cricket du Riverside Cricket Club en hiver. Ces derniers portaient un kit de couleurs marron et orange. En 1905, la direction demanda de changer le nom du club en Cardiff City suite à l’octroi du statut de ville à Cardiff. La fédération du Pays de Galles n’accéda pas à la requête car elle estimait que le club évoluait dans des ligues trop mineures pour bénéficier d’un titre aussi prestigieux. Trois ans plus tard, alors que le club participait à la Ligue amateur du sud du Pays de Galles, la fédération céda et Cardiff City naquit. Pour des raisons inconnues, le club changea ses couleurs et opta pour le bleu. La même année, une pièce de théâtre « The Bluebird of Happiness » (L’oiseau bleu du bonheur) de l’écrivain belge Maurice Maeterlinck fut présentée à Cardiff. Elle connut un grand succès auprès des habitants de Cardiff. Ces derniers firent le lien entre la nouvelle couleur du club avec le titre de cette pièce et affublèrent le club du surnom de bluebirds. En 1959, l’oiseau bleu apparut sur le maillot du club et s’inscrivit dans le blason.

#511 – Charlton Athletic FC : the Addicks

Le mot n’a pas de signification et il y a un certain nombre de rumeurs et de suggestions sur la façon dont ce surnom est né. Il y a tout d’abord la version officielle qui est aussi la plus connue. Dans les premières années du club, au début du XXème siècle, Arthur Bryan tenait une poissonnerie dans la rue East Street où le club avait été fondé. Il devint un des premiers sponsors de la jeune association en fournissant des repas aux joueurs de Charlton et à ceux de l’équipe adverse. Ces collations étaient composées de haddock et de chips (le fameux fish and chips). Avec la prononciation du sud de Londres, le haddock était devenu addick. La légende rajoute que Arthur Bryan détenait une échoppe-restaurant dans le stade du club, The Valley, en 1919, et, entretenait sa réputation en se promenant dans les travées avec un bâton sur lequel était cloué un haddock. Ce lien avec l’aiglefin paraît probable car dans le journal « Kentish Independent » paraissait des dessins humoristique sur l’équipe. Le tout premier dessin du 31 octobre 1908 dénomma l’équipe les haddocks. En 1910, le surnom changea pour les termes Addicks et Haddick.

Malgré tout, d’autres histoires sont parfois évoqués pour éclairer ce surnom. L’explication la plus simple est que « Addick » est juste dérivé du nom du club, « Athletic » , semblable aux surnoms des clubs de Oldham et Wigan appelés les « Latics » comme diminutif d’ « Athletic » .

Il a également été suggéré que « Addick » proviendrait de la devise de la famille Spencer Percival, Addique, qui signifie « Prêt » en vieux français normand. Cette famille, qui détenait le titre de Comte d’Egmont, possédait un manoir à Charlton, le Charlton House.

Enfin, dernière histoire mais qui semble relever certainement plus d’une image sublimée par les supporteurs. En effet, les fans du club seraient tellement passionnés qu’ils suivaient le club n’importe où et par n’importe quel temps. En anglais, ils aurait été qualifiés de addicts (addict, fanatique).

Quelque soit la version exacte, le terme fut beaucoup utilisé les premières années. Puis, d’autres surnoms prirent le dessus, rendant Addick désuet. Finalement, dans les années 1980, à la demande du public, ce surnom fut rétabli et les autres alternatifs ne furent plus utilisés.

#500 – West Bromwich Albion FC : Baggies

Il s’agit bien du short large et long, qui fut à que le club a pour surnom. A la mode chez les adolescents dans les années 1990, ce n’est pas ce phénomène à l’origine de ce sobriquet. Mais, la véritable source est inconnue et plusieurs histoires existent.

La première version fait référence aux recettes du club et à leur transport. A la fin du XIXème siècle, son stade de The Hawthorns comptait deux entrées, une derrière chaque but. Les jours de matchs, le personnel du stade partaient des guichets avec la recette et traversaient le stade, escortés par des policiers, jusqu’au niveau de la ligne médiane où se trouvait un petit bureau sous la tribune. La recette, issue de la vente des billets d’entrée, s’élevait à des montant importants et était transporté dans de grands sacs en tissu. En passant devant les tribunes, les supporteurs prenaient l’habitude de crier « Here come the bag men ! » (eh ! les hommes aux sacs) et, ce rituel deviendra avec le temps « Here come the baggies ! » .

Une autre histoire se concentre sur les accoutrements des supporteurs du club. La ville de West Bromwich se situe dans le Black Country, cette région industrielle du centre de l’Angleterre. Riche de nombreux minerais (charbon, fer …), les mines y fleurirent puis les industries lourdes de transformation (sidérurgie, métallurgie, aciéries). Dans les hauts fourneaux, les ouvriers y travaillant portaient des vêtements robustes, en moleskine, et larges pour résister aux durs labeurs et à la chaleur. Ou alors, selon d’autres, les vêtements étaient réalisés dans un tissu nommé duck. De couleur claire au départ, le vêtement s’assombrissait au fil des lavages. Pour les réparer, une pièce blanche en duck étaient rajoutée. Ceci donnait un effet volumineux au pantalon, qui donnait l’apparence de sacs de farine. Le surnom baggies serait donc né de ces vêtements amples.

Certains avancent que le terme fut attribué par les supporteurs rivaux d’Aston Villa. Quand ceux d’Albion se déplaçaient dans le stade des Villans, en nombre et avec ces vêtements, ils étaient accueillis par des cris « Here come the Baggies of Bromwich » . Enfin, la version la moins connue se reporte aux shorts des joueurs de football. Ces derniers étaient amples et auraient donc influer sur le surnom.