#723 – GS Dóxa Dráma : Μαυραετοί

Les aigles noirs. Le football fit irruption dans la ville de Drama par l’intermédiaire de troupes britanniques stationnant dans la région à l’issue de la Première Guerre mondiale. Après un match entre les soldats et les habitants de la ville, l’idée de la création d’un club de football fit son chemin. En 1918, naquit le club sous le nom de Pileas (Pélée, le père d’Achille) qui devint un an plus tard Dóxa Dráma (Dóxa signifiant la gloire). Le premier écusson du club affichait un trefle où dans chaque pétale s’inscrivait une initiale du nom du club. Au début des années 1950, le trefle se transforma en aigle, qui devint alors le surnom du club. Mais, ni la date exacte de ce changement, ni ses raisons ne sont connues. La mention du noir rappelle la couleur du maillot (noir et blanc). Le choix du noir avait pour objectif de rendre hommage aux habitants de la ville, victime des guerres passées, en particulier des guerres balkaniques. La ville de Drama située dans la région de Macédoine-Orientale-et-Thrace souffrit de l’occupation des Ottamans puis surtout des Bulgares. Lors de la première guerre des Balkans d’octobre 1912 à juin 1913, Drama fut sous administration bulgare. Puis, en 1913, même si revendiquée par les Bulgares, la ville fut finalement rattachée à la Grèce et acceuillit de nombreux réfugiés grecs des régions avoisinantes. En 1916, pour la deuxième fois, les Bulgares envahirent la ville et toute la région du Nord-Est de la Grèce. Pendant ces deux années d’occupation, la population grecque fut persécutée et affamée, conduisant 4 000 Grecs de la région à mourir de faim et de maladie. Pour la ville de Drama, 1 965 personnes furent exilés vers des camps de concentration et des travaux forcés en Bulgarie, dont seulement 1 359 revinrent.

#722 – Hull City AFC : the Tigers

Les tigres. La fondation du club en juillet 1904 était trop tardive pour lui permettre de rejoindre une ligue officielle. Le club se contenta lors de sa première année d’existence à disputer des matchs amicaux. L’histoire officielle indique que lors du premier match, les joueurs portèrent un maillot blanc avec un short noir (ce que certains contestent). Toutefois, assez rapidement, l’équipe arbora son fameux maillot rayé noir et ambre, couleurs qu’elle affiche encore aujourd’hui (en 1935-1936 et en 1946-1947, le club porta exceptionnellement un maillot respectivement bleu foncé et bleu clair). Ces rayures ambre et noir inspirèrent un journaliste du Hull Daily Mail en 1905 qui surnomma pour la première fois les joueurs les tigres. A l’époque, le Rugby était roi dans la ville de Kingston upon Hull et les deux équipes rivales avaient pour surnom un animal. D’un côté, Hull FC était surnommé Airlie Birds (les oiseaux d’Airlie). De l’autre côté, l’Ouest de la ville supportait les robins (rouge-gorges) de Hull Kingston Rovers. Le journaliste du Hull Daily Mail trouva donc logique de comparer l’équipe de football avec un animal et les rayures du maillot rappelaient le tigre.

Le surnom est bien ancré désormais au point que le tigre s’imposa presque sur tous les symboles du club. Tout d’abord le maillot qui, lors de certaines saisons, pouvaient abandonner les célèbres rayures pour arborer le pelage du tigre ou être barré d’un coup de griffe. Sur le blason du club, la tête de tigre a également trouvé sa place. Après la Seconde Guerre mondiale, le nouveau propriétaire de Hull, Harold Needler, souhaita rebaptiser le club sous le nom de Kingston upon Hull AFC et adopter l’orange, le bleu et le blanc comme nouvelles couleurs. Il modifia également le blason traditionnel qui reprenait les armes de la ville en faisant, pour la première fois, afficher une tête de tigre. Le changement de nom ne se concrétisa pas et le manque de tissu ne permit pas d’adopter les nouvelles couleurs. Néanmoins, le blason fut lui définitivement entériné. En 1975, le College of Arms, une institution royale qui gère les armoiries et blasons, officialisa le tigre comme armes du club. Enfin, en Août 2013, à la surprise générale, le propriétaire du club, Assem Allam, annonça qu’il avait déposé une demande auprès de la fédération anglaise pour changer le nom en Hull Tigers. Malheureusement, ce choix n’avait pas pour objectif de rendre hommage à la longue histoire du club et était basé sur de basses considérations marketing (étendre la zone de chalandise aux Etats-Unis où les franchises se nommes ainsi et vers l’Asie où le tigre est chargé d’un fort symbolisme, se distinguer des autres clubs qui s’appelaient également City ainsi que « in marketing, the shorter the name the more powerful it is » (en marketing, plus un nom est court, plus puissant il est)). Les supporteurs s’opposèrent à cette proposition et scandaient dans le stade « City Till We Die » (City jusqu’à notre mort). Ce à quoi Assem Allam répondit violement « They can die as soon as they want » (Ils peuvent mourir dès qu’ils le veulent). Finalement, le 9 avril 2014, la fédération anglaise rejeta la demande de Assem Allam. D’autres décisions calamiteuses accentua le désamour entre les fans et Assem Allam et le club finit par être vendu en Janvier 2022 à un producteur turc.

#715 – Piacenza Calcio : Lupi

Les loups. Le club naquit en 1919 par la fusion de deux associations, Giovine Italia et Unione Football Club Piacenza, qui s’affrontaient régulièrement dans les rues et places de la ville. Composés de jeunes étudiants, le club se structura et s’inscrivit à la fédération italienne pour concentrer les principales ressources footballistiques de la ville. Souhaitant devenir la référence du football de la ville, face à la concurrence des autres activités sportives populaires (aviron, cyclisme, athlétisme, gymnastique ou tir sur cible), les fondateurs identifièrent leur club avec la ville. Premier élément, les couleurs des équipements qui reprirent celle de la ville, rouge et blanc. Puis, l’écusson arriva rapidement en copiant partiellement les armoiries de la ville. Il se divisait verticalement avec une partie blanche et une autre rouge, cette dernière intégrant un carré blanc.

Ce symbole géométrique qui représente la ville est connu depuis le XIIIème siècle et se trouve représenté sur la façade de l’hôtel de ville, inauguré le 16 avril 1281. L’origine de ce carré blanc appelé dé demeure inconnue et plusieurs versions s’affrontent. La plupart se plongent dans les origines romaines de la ville. Plaisance, fondée en 218 av. J.-C. sur les restes d’une colonie celtique comme camp militaire, avait un lien fort avec Rome puisqu’elle constituait, avec Crémone, une des premières colonies de droit latin dans le nord de l’Italie. Les premières hypothèses se fondent sur des analogies entre des mots latins et le nom de la ville en latin (Placentia). Ce carré pourrait ainsi représenté un pain romain nommé placenta. Autre hypothèse latine, le mot « place, large rue » qui se disait platea et qui se représentait sous la forme d’un carré. Etant donné que la première colonie romaine était un camp militaire, le carré pourrait représenter le castrum, le camp militaire romain, qui s’organisait sur la forme d’un carré. Pour rester dans les origines militaires, d’autres pensent qu’il s’agit d’une allusion au Saint Patron de la ville, Antonin de Plaisance. Selon la légende, Antonin serait un soldat de la Légion thébaine et l’iconographie le représentait portant la bannière de la Légion thébaine (un tissu rouge avec un carré d’argent (blanc) au centre). D’ailleurs, élément qui vient étayé cette hypothèse est la présence sur les clés des voûtes de l’église Saint-Antoine du carré. Toutefois, appelé dé par les habitants de Plaisance, ce carré serait une référence à la célèbre maxime de César qu’il aurait prononcée le 10 janvier 49 av. J.-C. lorsqu’il franchît le Rubicon, « Alea jacta est » (le sort en est jeté ou les dés sont jetés). Dernière hypothèse, plus tardive, ce carré s’inspirerait du blason de la famille Pallavicino, qui domina la ville au Moyen-Âge, et qui se composait d’un damier rouge et blanc. Enfin, des chercheurs estiment que ce carré n’a aucune valeur symbolique et ne visait qu’à distinguer les armes de la ville avec celles d’autres cités.

Toutefois, il manquait un élément important sur l’écusson du club qui était présent dans les armoiries de la ville : une louve. Dès le XVème siècle, l’animal apparaît comme un autre symbole de la ville et faisait également référence aux racines romaines de la cité. En effet, la louve protégea Romulus et Rémus qui fondirent la ville de Rome (cf. article #65) et devint le symbole de la cité dans l’Antiquité. Résultat, à l’entrée de Plaisance, au bout de la Via Æmilia venant de Rimini (achevée en 187 av. J.-C.), s’élevait une colonne de granit qui supportait une copie de la fameuse « Louve capitoline » (le bronze représentant la louve allaitant Romulus et Rémus). Ce don de Rome symbolisait le statut de civitas romana (citoyenneté romaine) accordé aux habitants de Plaisance. Dans les premières années de la présidence de Léonard de Garilli (au début des années 80), le blason du club fut modifié et fit apparaître pour la première fois une louve (blanche sur fond rouge). La féline ne représentait plus seulement la ville mais également maintenant le club de football. Au point que lorsque fit faillite en 2012, la nouvelle entité qui prit la suite se nomma dans un premier temps Lupa Piacenza.

#714 – FC Sète : les Dauphins

Revenu au niveau du National, le club héraultais fait parti du patrimoine du football français, en étant l’un des tout meilleurs clubs français de l’entre-deux-guerres. Son écusson affiche un dauphin, surnom des joueurs. Les origines ne sont pas connues mais le dauphin ressemble à si méprendre à la baleine qui orne les armoiries de la ville. Et certainement qu’il faut se tourner vers la ville pour tenter de comprendre son origine. Jusqu’en 1927, le nom de la ville s’écrivait « cette » et si son étymologie n’est pas certaine, les explications possibles sont multiples et ramènent souvent au cétacé. A l’époque de l’Antiquité, la cité était connue sous différent nom (To Sition oros, Sêtion oros et Setius mons) et sa forme évolua au Moyen-Âge vers De CetaSeta, ou Cetia. Tous ces termes se référait au mont (ou montagne) car la ville se greffait au Mont Sain-Clair. Or, ce dernier ressemble à une baleine, ce qui aurait inspiré les armes de la ville. Néanmoins, pour d’autres, les mots Ceta ou Cetia proviendraient du latin cetus qui signifiait « gros poisson » et qui donna naissance au mot français cétacé. Or, cetus dérivait lui-même du grec kêtos (monstre marin) et le terme baleine découlait du grec phallaina qui désignait les monstres marins et également la baleine. Pour les tenants de cette version, ceci expliquerait la présence de la baleine sur le blason de la ville. En tout cas, ce n’est pas étonnant de voir un animal marin comme emblème pour une ville ancrée dans la Méditerranée, 2ème port français méditerranéen de pêche. Toutefois, si la baleine ornait le blason de la ville, pour le club, les joueurs furent affublés plutôt du gentil cétacé qu’est le dauphin. Il n’est d’ailleurs pas rare de voir des dauphins venir près de Sète voire malheureusement des cadavres échouer.

#708 – FK Olimpik Sarajevo : Vukovi

Les loups. En 1993, un groupe d’hommes décida en pleine guerre de Bosnie de créer un nouveau club de football. Comme un message de paix et en souvenir d’un moment important de la ville, ils le dénommèrent Olimpik car en 1984, Sarajevo avait accueilli les XIVèmes Jeux olympiques d’hiver. Pour cette olympiade, le comité d’organisation avait opté pour un flocon de neige stylisé sous la forme d’un motif de broderie local comme emblème et un loup comme mascotte. Pour ce dernier choix, un appel à candidature avait été lancé et 836 participants avaient répondus avec 7 454 propositions. Après une première sélection, 6 idées furent soumises aux lecteurs de plusieurs journaux : une boule de neige, un chamois, une belette, un agneau, un hérisson et un loup. Le canidé l’emporta (avec 3 801 votes contre 2 508 votes pour la boule de neige, 547 pour le chamois, 295 pour la belette, 168 pour l’agneau et135 pour le hérisson) car il était à la fois très présent dans le folklore yougoslave et également un animal typique des forêts de la région des Alpes dinariques, où Sarajevo se situe et où les Jeux se déroulèrent en partie.

Dessiné par le slovène Jože Trobec, ce loup, nommé Vučko, était souriant, porté une écharpe rouge et une paire de ski, et lors de sa présentation, le loup criait « Sarajevoooooo ». Selon le Comité international olympique, grâce à cette mascotte, l’animal, jusqu’alors considéré comme sanguinaire et dangereux dans cette région, devint sympathique. Il incarnait alors le courage et la force et représentait l’hiver. Le club reprit également ce symbole olympique en faisant apparaître des loups sur son écusson et le surnom fut rapidement attribué aux joueurs comme aux supporteurs.

#707 – Breiðablik Kópavogur : Blikar

Le mot provient de la dernière syllabe du nom du club est fait penser à la splendeur, le scintillement. Mais, il pourrait aussi reposer sur le mot bliki qui désigne le canard mâle en islandais. Plus connu pour son équipe féminine (18 fois championnes du pays) que celle des hommes (1 fois championne en 2010 avec tout de même plusieurs secondes places ces dernières années), le club possède un nom plutôt singulier Breiðablik, sur lequel il convient de se pencher. En effet, ce dernier fait appel à la Mythologie nordique puisque le Breiðablik est le domaine où règne le dieu Baldr. Situé dans les cieux il s’agit d’une contrée où le mal est banni. Dans l’Edda de Snorri Sturluson (dans sa première partie dénommée Gylfaginning), l’auteur explique qu' »en ce lieu rien ne peut être impur » ou « il n’y a pas dans le ciel de plus belle demeure ». Il n’en fallait pas moins pour Baldr, dieu de la lumière, la beauté, la jeunesse et l’amour. Avec comme « parrain » le dieu de la lumière, le club prit pour blason une torche blanche avec une flamme rouge sur fond vert. D’où la référence à la splendeur, au scintillement paraît logique. Comme vous l’aurez noté, la couleur principale de Breiðablik est le vert. Or, le canard colvert, qui arbore un superbe plumage vert au niveau de son visage, demeure certainement le plus connu et reconnaissable de tous les canards. Le surnom joue donc certainement sur ces deux aspects.

#703 – CD Tenerife : los Chicharreros

Le terme est dérivé du poisson Chicharro qui est le mot insulaire pour désigner une sorte de maquereau. Rien de plus normal pour une équipe qui représente l’île de Tenerife d’avoir pour surnom un poisson. En réalité, ce surnom est devenu depuis le XIXème siècle une sorte de gentilé des habitants de Santa Cruz de Tenerife, qui leur fut attribué péjorativement par ceux vivant dans la ville voisine de San Cristóbal de La Laguna. Au XIXème siècle, San Cristóbal de La Laguna était la capitale de l’île de Tenerife et des Canaries. A l’inverse, Santa Cruz de Tenerife demeurait un petit port où les habitants étaient de modeste condition. Pour vivre, ces derniers péchaient et se nourrissaient principalement de chicharros, une sorte de maquereau, un poisson bon marché. Par décret royal du 28 août 1803, le roi Charles IV accorda au modeste port le droit d’établir son propre conseil municipal, ce qui signifiait son émancipation administrative de la municipalité de San Cristóbal de La Laguna. La rivalité entre les deux cités commença à augmenter. Les habitants hautins de la capitale s’amusaient alors à dénigrer ceux du petit port en les appelant chicharrero. Seulement, une étape décisive fut franchie sous le règne de Ferdinand VII. En 1833, Santa Cruz accéda au statut de capital de la nouvelle province des Canaries, au dépend des villes de San Cristóbal de La Laguna et de Las Palmas. Cette reconnaissance dopa la fierté des habitants de la ville qui transformèrent cette moquerie en une identité. Depuis, chicharrero est donc le gentilé de Santa Cruz qui s’est même étendu à tous les insulaires de Tenerife. Le dictionnaire de l’Académie Royale espagnole considère chicharrero comme un adjectif familier, dont le sens est équivalent à celui de tinerfeño (adjectif qui qualifie les habitants de Tenerife). Pour la petite histoire, la population de San Cristóbal de La Laguna ne lâcha pas le morceau et, à la fin du XXème siècle, trouvèrent un nouveau surnom péjoratif, rambleros. Ce dernier fait référence à la vie nocturne agitée, animée dans la nouvelle capitale et ses ramblas où les discothèques pullulent (l’Avenida de las Asuncionistas, la Rambla Pulido et la partie supérieure de la Calle Ramón y Cajal).

#700 – Bologne FC : i Veltri

Les vautres. Les joueurs de Bologne ne sont pas vautrés sur le terrain, bien au contraire quand vous lirez les lignes suivantes. Vautre est un terme provenant de l’italien veltro, lui même dérivé du latin tardif vertragus (qui a certainement des origines celtes) et désigne un chien de chasse dressé et rapide comme un lévrier. Depuis le début du XXème siècle, le mot apparaît suranné mais il fut immortalisé par le plus grand poète italien, Dante, dans son oeuvre magistrale, « La Divine Comédie » . Ainsi, dès les premiers vers de « l’Enfer » , Dante indique qu’un vautre, qui symbolise la rédemption, le renouveau, devrait dévorer la louve, représentant la cupidité.

Pour Bologne, l’origine du surnom ne provient pas de Dante mais se réfère aux qualités considérées de ce chien racé (vitesse et élégance). Les versions diffèrent sur l’époque à laquelle ce surnom naquit. Pour certain, il serait venu avec la naissance du club en 1909. Les premiers spectateurs furent fascinés par les joueurs du club qui pratiquait un sport fait de mouvement et de technique, proche des qualités des veltri.

D’autres pensent que son origine proviendrait de la période dorée vécue par le club dans les années de l’entre-deux guerre pendant laquelle Bologne remporta 5 titres de champion d’Italie (1924-1925, 1928-1929, 1935-1936, 1936-1937, 1938-1939) et 2 Coupes d’Europe Centrale (1932 et 1934). Le journaliste Bruno Roghi, dans « La Gazzetta dello Sport » du 12 juillet 1929 décrivit ainsi le style de jeu du club « Il Bologna era il successore legittimo del gioco da fighter del Genoa appunto in virtù della fluidità, della esattezza e della eleganza tecnica del suo football più accademico che vigoroso. » (Bologne était le successeur légitime du jeu combattif de Gênes [NDLR : Gênes au début des années 1920 était une place forte, l’équipe la plus célèbre et la plus titrée d’Italie avec Pro Vercelli. Bologne et Gênes s’affrontèrent alors plusieurs fois en finale du championnat] précisément en vertu de la fluidité, de la précision et de l’élégance technique de son football plus académique que vigoureux). Les qualités du style de jeu de Bologne lui firent attribuées le terme de veltri à l’équipe.

Laquelle des deux versions est la bonne ? Impossible à savoir. Le fait que le terme veltri tombait en désuétude au début du XXème siècle ferait pencher la balance pour la première version. Mais, le football ne surgit pas à Bologne avec la création du club. Même si la section football du Virtus ne s’émancipa qu’en 1910, la Virtus organisa dès exhibitions de football dès le 9 mai 1891. Par ailleurs, de nombreux clubs existaient déjà en Italie avant 1909 et dès 1899, le championnat d’Italie existait.

#699 – Lillestrøm SK : Kanarifugla

Les canaris. Les joueurs du club norvégien évoluent avec un maillot jaune vif qui fait naturellement penser à l’oiseau. L’utilisation de ce surnom traditionnel remonte au début des années 1950 (lors de la saison 1952-1953) par le journaliste Folke Bålstad qui en fut l’initiateur. Bålstad était journaliste et arbitre de football. Fan du football anglais, il fut certainement inspiré par le surnom du club de Norwich (#51) et le reprit donc pour qualifier l’équipe norvégienne. Dans les années 50, Lillestrøm jouait un football léger et technique, fait de très nombreuses passes. Bålstad, qui avait un langage fleuri, surnomma également ce football Hardangersøm, qui une broderie typique de la région de Hardanger en Norvège. Mais, la référence au canari est certainement liée à la couleur du maillot du club qu’à son style de jeu.

La question est de savoir pourquoi les fondateurs optèrent pour un maillot jaune. Malheureusement, la raison est inconnue. Le club résulta de la fusion de deux associations, le 2 avril 1917, Lillestrøm Idrætslag et Sportsklubben Rask. Ces deux derniers était également le résultat de nombreux fusions de plusieurs clubs. Le jaune était-il une couleur commune ou alors justement la couleur d’aucun des deux clubs ? Les supporteurs du KFL (Kanari-Fansen Lillestrøm) raccourcirent le surnom en Fugla (oiseau) à partir des années 1990.

#698 – Millwall FC : the Lions

Les lions. Ce club londonien, qui vit dans l’ombre d’Arsenal, Chelsea ou Tottenham, n’en reste pas moins un club historique et comptant de nombreux fans. Le club fut fondé en 1885 sous le nom de Millwall Rovers par les ouvriers de l’usine de conserverie JT Morton à Millwall, un quartier du Sud-Est de Londres. JT Morton était une entreprise fondée en Ecosse, à Aberdeen qui ouvra sa première usine anglaise à Millwall en 1870. Cette usine attira particulièrement une main d’oeuvre venue d’Ecosse. Comme la plupart des membres du personnel de l’usine et du nouveau club étaient des écossais émigrés, le choix naturel était d’évoluer avec des maillots en bleu marine et blanc (couleurs de l’Ecosse). Lorsqu’un lion rampant rouge fut introduit sur le blason du club en 1936 (à l’initiative du manager Charlie Hewitt qui modifia également l’intensité du bleu du maillot), tout le monde fit le lien avec la figure héraldique de l’Ecosse. Pour rappel, les armes royales de l’Ecosse sont d’or (fond jaune) au lion rampant de gueules (rouge) armé et langué d’azur et auraient été utilisées pour la première fois par Guillaume Ier d’Écosse au XIIème siècle. Ainsi, certains pensent que le surnom provient des origines écossaises du club. Toutefois, ce lion rouge rampant avait surtout une ressemblance frappante avec les panneaux utilisés par les pubs nommés The Red Lion.

Une minorité estime que ce surnom est venu avec le fait que le club évolua pendant 83 ans (de 1910 à 1993) dans son enceinte qui se nommait The Old Den, Den signifiant l’antre. Un monstre ou un animal féroce comme le lion pouvait donc résider dans l’antre.

Néanmoins, il faut balayer toutes ces hypothèses et plutôt y voir que ce surnom, advenu pour une autre raison, collait bien avec l’histoire de Millwall. En effet, il apparut au début des années 1900. Le football anglais était alors dominé par les clubs du nord du pays tels que Blackburn Rovers, Aston Villa, Sunderland AFC ou Sheffield Wednesday. En 1900, en Coupe d’Angleterre, Millwall parvint jusqu’en demi-finale. En quart de finale, Millwall affronta l’ogre Aston Villa (qui avait déjà gagné 3 fois le championnat et ainsi 3 fois la FA Cup) et réussit l’exploit de les battre. Les deux équipes se neutralisèrent lors des deux premiers matchs (0-0 le 24 février 1900 et 1-1 le 28 février 1900). Rejoué le 5 mars 1900, Millwall remporta le match 2 buts à 1. Aston Villa était surnommé les lions (en raison de la présence d’écossais comme fondateurs du club qui importèrent le lion rampant sur le blason du club de Birmingham). Ayant terrassé le lion de Birmingham, Millwall gagna alors le surnom de Lion of the South (Lion du Sud, car le club évoluait dans la Southern Football League (la ligue du Sud). Puis, au fil des années, le surnom fut réduit à Lion et, sur le blason, il devint bleu, à l’image du maillot du club.