#374 – Jaguares de Córdoba : los Felinos

Les félins. Ce surnom provient du nom du club qui fait la part belle au jaguar. Le choix de cet animal ne résulte évidement pas du hasard. En effet, le club réside dans la ville de Montería, qui se situe dans le département de Córdoba. Or, la ville comme le département affichent sur leur blason le jaguar. La Colombie et le département de Córdoba constituent une partie de l’aire de répartition du félin, ce qui en fait naturellement un symbole pour la région. Un symbole en réalité ancien. Car, le jaguar était un animal mystique pour la civilisation pré-colombienne des Zenú (ou Sinú) qui vivait dans un territoire correspondant aux actuels départements de Córdoba et de Sucre, entre 450 et 1500 après J.C.. De manière générale, de nombreux peuples préhispaniques (Aztèques, Mayas, Kogi, Muisca, Embera …) avaient une fascination pour ce félin. Tout d’abord, le jaguar, dans son milieu naturel, est le prédateur par excellence, un chasseur précis, le plus fort des carnivores du continent américain. Voyageant librement à travers toutes les zones de son territoire, il représentait le guerrier, le gardien de la lignée et le souverain. D’où, beaucoup se prétendait descendant du jaguar; parfois considéré parmi le premier habitant de la terre. En plus de sa relation symbolique avec la force et le pouvoir, son rugissement rauque, profond et sonore, semblait être la garantie du bien-être du milieu naturel. Il annonçait alors l’arrivée des pluies et, avec elles, une nature luxuriante, des sols fertiles. Enfin, la figure du jaguar était transcendantale et permettait au chaman de faire le lien avec la nature environnante. Ainsi, ce félin représentait souvent dans cette mythologie l’harmonie entre les êtres humains et la nature. Résultat, pour un club avec si peu d’histoire (sa fondation eut lieu en 2012 en reprenant les activités du Sucre FC), se rattacher à un animal endémique de la région, à la symbolique forte et présent dans la mythologie locale, c’était du pain béni pour s’ancrer auprès des supporteurs.

#373 – Fenerbahçe SK : Sarı Kanaryalar

Les canaris jaunes. Avec un tel surnom, on comprend immédiatement à quoi il fait référence. Le surnom de « canaris » est souvent utilisé par les équipes évoluant en jaune (Norwich cf article #51, FC Nantes cf article #208, JS Kabylie cf article #323 et KuPS cf article #365) mais, dans ce cas, le club turque a fait une belle tautologie. Pour sa défense, tous les canaris ne sont pas jaunes. Toutefois, la question ne se situe pas là et par ce surnom, il est surtout souligné la seule couleur qui demeura toujours sur le blason et les maillots du club : le jaune. En effet, en 1907, les fondateurs marièrent d’abord le blanc au jaune car ces couleurs rappelaient les camomilles qui fleurissaient dans les prés de Fenerbahçe. Peu de temps après, en raison d’un problème de « qualité » de ces maillots jaunes et blancs (cf article #131), le club dut en acheter des nouveaux. Sauf que ces derniers n’étant pas disponibles immédiatement, l’un des dirigeants décida de se rabattre sur des maillots jaunes et bleus que le fournisseur avait en réserve. Depuis lors, le jaune et le bleu sont les couleurs officielles.

Le surnom apparut avec un légendaire joueur du club, le gardien de but Cihat Arman, qui a joué pour Fenerbahçe entre 1939 et 1952. Ayant une certaine aisance dans ses sorties aériennes et multipliant les parades acrobatiques, il était connu comme « l’homme volant ». Puis, comme il portait généralement un pull jaune pendant les matchs, les fans finirent pas l’appeler le canari jaune. L’expression serait exactement apparue lors d’un match lorsqu’un spectateur scanda, suite à une nouvelle envolé du gardien dans sa cage, « Hey yavrum kanaryama bak, yine uçtu » (Hé, bébé, regarde mon canari, il a encore volé.). Après sa retraite, la jeune équipe de Fenerbahçe qui prit la relève fut également appelé les canaris jaunes.

#366 – Hellas Vérone FC : i Mastini

Les mastiffs. Si le nom du club fait référence à la Grèce antique (Hellas), pour ses couleurs comme son blason, le club fit appel à l’histoire de la ville. En 1945, le blason du club évolua en fusionnant le symbolisme de la ville (une croix or sur fond bleu) avec celui de sa province (une échelle d’argent sur fond rouge). La province rendait ainsi hommage à une célèbre famille noble véronaise, Della Scala (ou Scaligera). À Vérone, cette famille apparut à partir de la fin du XIème siècle et faisait partie de la classe aisée. Ses membres étaient des hommes de loi et faisaient partie de l’administration municipale. Puis, en 1259, un des membres de la famille, Mastino I della Scala, devint Podestat de Vérone. A partir de là, la famille Della Scala exerça son emprise sur les affaires communales jusqu’à quasiment la fin du XIVème siècle. Ses armes affichaient donc une échelle (scala en italien) blanche sur fond rouge. Elles évoluèrent avec l’ajout de part et d’autre de l’échelle de deux mastiffs se faisant face, en l’honneur de ses deux plus illustres membres, Mastino I et Mastino II (mastino étant un prénom et le mot italien pour mastiff). En 1984, le Hellas changea de blason et fit appel alors à l’agence de publicité Orti Manara, avec l’objectif d’apposer ce nouveau logo sur les maillots. Le choix des dirigeants se porta sur un blason, qui renforçait le symbolisme avec la famille Scala, avec deux têtes de mastiff en forme de « V », partagé au centre par la fameuse échelle. Depuis cette date, les mastiffs ne quittèrent plus le blason du club et devint le surnom de l’équipe.

#365 – Kuopion Palloseura : Kanarialinnut

Les canaris. Assez naturellement ce surnom se réfère à la couleur jaune des maillots du club finlandais. En Mars 1923, 16 personnes se réunirent afin de créer un club de football à Kuopio, qui fut finalement fondé le 16 Mars 1923, en présence de 25 membres. Les premiers équipements de l’équipe étaient rayés noir et vert avec un short blanc. Mais, au regard de la difficulté de trouver des tissus verts, les dirigeants décidèrent de changer de couleur en 1935. Différentes options furent étudiées mais finalement, le choix se porta sur des maillots rayés noir et jaune, les couleurs traditionnelles de la Savonie. Cette dernière est une province historique de la Finlande, habitée par les Savoniens, et dont Kuopio était une des capitales administratives au XIXème siècle.

#361 – CD Guadalajara : las Chivas

Les chèvres. Ce surnom provient de la rivalité qui anime les deux clubs de la ville de Guadalajara : le CD et l’Atlas FC. Suite à une victoire du CD face à l’équipe de Tampico, sur le plus faible des scores (1-0), le 1er octobre 1948, le journal El Informador publia le résumé de la rencontre sous le titre « Jugaron a las carreras y ganaron las ‘chivas’ uno a cero » (ils ont courus et les chèvres ont gagné 1-0). L’article avait pourtant été écrit par un journaliste, Manuel Gómez Gutiérrez, fan du CD, mais un autre journaliste, Martín del Campo, supporteur de l’Atlas, avait été chargé de relire et de donner un titre à la chronique de son partenaire. Le ton de l’article fut tout aussi sévère avec la prestation du CD : « Uno de los partidos más desastrosos que hemos presenciado en los torneos de Liga Mayor…No valió la pena el evento, que se fue haciendo tedioso a medida que transcurría, pues los jugadores se concretaban a ejecutar carreras por todos lados, sin organizar ningún avance digno de mención…El verdadero futbol brilló por su ausencia » (Un des matchs les plus désastreux auxquels nous ayons assisté dans le championnat mexicain … L’événement n’en valait pas la peine, c’est devenu fastidieux au fur et à mesure que le temps passait, car les joueurs faisaient des courses partout, sans s’organiser, aucune attaque digne d’être signalée … Le vrai football a brillé par son absence). Aux yeux des journalistes, le club avait gagné mais en déroulant un jeu digne des chèvres. Pourquoi prendre comme référence des chèvres plutôt qu’un autre animal ? Pendant le match, les journalistes entendirent, provenant du rang des supporteurs, un cri « ¡Míralos, parecen Chivas! » (regardez on dirait des chèvres). Le spectateur faisait alors référence à un joueur du CD qui avant chaque centre, sautillait à côté du défenseur de Tampico, motivant la comparaison avec les chèvres. Evidemment, suite à l’article, les rivaux de l’Atlas reprirent le terme de chivas pour désigner de manière désobligeante les fans et l’équipe du CD. Et comme souvent, le mot ironique ou insultant utilisé par les fans adverses est devenu une référence pour le club moqué. En effet, un an plus tard, en 1949, les joueurs du CD rentrèrent sur le terrain accompagnés d’une chèvre habillée aux couleurs de l’équipe. Le gardien de but de cette équipe lança alors cette phrase qui immortalisa ce surnom : « ¡Sí, somos «Chivas» y qué! ¡Decir «Chivas» es decir Guadalajara! » (Oui, nous sommes des chèvres et alors ! Dire chèvres c’est dire Guadalajara).

#357 – ŠK Slovan Bratislava : Jastrabi z Tehelného poľa

Les faucons de Tehelného poľa. 21 mai 1969, le ŠK Slovan Bratislava devint le premier et unique club tchécoslovaque (à l’époque, Tchéquie et Slovaquie ne formaient qu’un) à remporter une Coupe d’Europe. A Bâle, après un parcours qui le vit éliminer les yougoslaves du FK Bor, les portugais du FC Porto, les italiens du Torino et les écossais de Dunfermline, le Slovan retrouvait le FC Barcelone en finale et les slovaques le remportèrent 3 buts à 2. Le célèbre commentateur Gabo Zelenay déclara à la fin du match « Vyhrali sme 3:2 ! Náš je pohár. Slávny a veľký. Nádherný ! Bravo, chlapci, naši jastrabi z Tehelného poľa bratislavského ! » (Nous avons gagné 3: 2 ! La Coupe est à nous. Célèbre et génial. Splendide ! Bravo, les garçons, nos faucons du Tehelného poľa de Bratislava !). Cette phrase est devenue célèbre et le faucon est resté comme un symbole et surnom du club. Mais pourquoi les avoir comparé à un faucon ? Personne ne le sait. Peut-être faut-il chercher dans les vieilles légendes et chansons slaves qui comparaient en effet l’homme jeune et vaillant à ce rapace respecté pour sa force légendaire. En faisant preuve de courage et de résistance, l’équipe fit alors penser à un faucon. Ou peut-être faut-il se tourner dans l’histoire du club. En 1949, le club changea de nom, suite à des fusions, et se dénomma Sokol NV Bratislava. Sokol était une association créée en 1862 et avait pour objectif de promouvoir l’identité slave et en particulier le nationalisme tchèque. Pour y parvenir, Sokol prônât une philosophie basée sur la pratique sportive et les valeurs morales. L’association devint une pierre angulaire dans la construction du jeune état Tchécoslovaque à la sortie de la première guerre mondiale. Ce fut dans ce contexte que le Slovan fut créé en 1919. A l’époque, les clubs de football de Bratislava étaient des organisations pour les communautés allemandes ou hongroises. L’intelligentsia slovaque voulait donner un élan à la nation par la création d’associations sportives ou culturelles slovaques mais son éducation et ses compétences étaient encore trop marquées par les influences de l’ancienne monarchie hongroise. Ainsi, l’idée de créer le premier club de football slovaque vint finalement de tchèques. La première réunion de travail eut lieu le 29 mars 1919 et tous les participants décidèrent la création d’un club tchéco-slovaque indépendant. Si le Sokol qui était donc très présent en Tchécoslovaquie à cette époque, ne participa pas directement à la création du club, son influence, sa philosophie y contribuèrent indirectement. Finalement, le club s’en revendiqua quelques années plus tard. Sokol signifiait faucon et l’oiseau était son emblème, qui symbolisait la liberté et le courage dans les pays slaves.

Tehelného poľa est le nom du stade où le Slovan Brastislava évolue depuis 1940. Le stade fut démoli en 2013 et reconstruit en 2014, pour devenir une enceinte moderne de 22 500 places.

#356 – IFK Norrköping : Snoka

Voici un surnom qui a plusieurs interprétations et traductions possibles. Il existe deux versions principales qui découlent de la rivalité avec l’autre club de la ville, l’IK Sleipner. En effet, dans les deux cas, le surnom fut donné par les rivaux et au final, fut adopté par les supporteurs de l’IFK. Pour la première version, Snoka dérive de Snokar, qui signifie serpent. Sleipner était l’équipe de la classe ouvrière tandis que l’IFK représentait les écoliers aisés. Les partisans de Sleipner déclarèrent que les joueurs de l’IFK était comme des serpents, c’est à dire qu’ils tentaient de paraître dangereux mais en réalité ils étaient tout à fait inoffensifs.

L’autre version se concentre sur les années 1940 et 1950, age d’or de l’IFK Norrköping, et signifie « les fouineurs » . Le club de Sleipner remporta en 1938 le premier titre de champion de Suède de la ville de Norrköping mais l’équipe ne capitalisa pas sur cette victoire. Dès la saison 1940, le club descendit en seconde division. Les raisons de ce déclin étaient certainement multiples mais l’une d’elle fut l’incapacité du club à former de nouveaux talents. En 1938, l’autre club de la ville gagna aussi son championnat, moins glorieux car il s’agissait de la seconde division mais ce titre lui procura son billet pour la ligue principale. Au contraire de Sleipner, 1938 fut le point de départ de l’age d’or de l’IFK. En effet, entre 1943 et 1963, l’IFK remporta 11 titres de champion de Suède et 2 Coupes nationales. Un splendide palmarès qu’il se forgea avec l’entraîneur hongrois Lajos Czeizler et le recruteur « Nalle » Halldén. Ce dernier fut un joueur du club et devint à la fin des années 30, son recruteur (il fut même président entre 1952 et 1955). Il commença par nettoyer les finances d’IFK puis il changea la façon dont le club travaillait avec le recrutement des joueurs. Dans un premier temps, il se détourna de l’université, qui était un viviers naturel pour le club (vu qu’il fut fondé en son sein). Halldén commença à sillonner la Suède en long, en large et en travers et se constitua un réseau solide de superviseurs. C’est ainsi qu’il « fouina » des nouveaux talents et inconnus qui allaient devenir les piliers du club et de la sélection nationale. L’IFK dénicha par exemple, Gunnar Nordahl, Knut Nordahl, Nils Liedholm, Torsten Lindberg et Birger Rosengren qui furent ensemble médaillés d’or olympiques à Londres en 1948. Gunnar Nordahl et Nils Liedholm constituèrent aussi un célèbre trio avec un autre joueur (Gunnar Gren mais non-formé à l’IFK), « Gre-No-Li », qui fera les belles heures de l’AC Milan.

Il existe une troisième version plus rarement mentionnée. Cette théorie portait sur le fait que les joueurs qui étaient recrutés par le club se voyaient proposer également des emplois dans la ville, façon de contourner l’obligation d’amateurisme de l’époque. Ils se retrouvaient ainsi comme pompiers, policiers ou douaniers. Dans ses voyages, « Nalle » Halldén était en effet accompagné par le chef de la police pour proposer des emplois au futur recruté. Or, le surnom de Snoka aurait alors son origine dans le fait que les douaniers étaient communément appelés tullsnokar (les douaniers serpents/fouineurs).

#353 – Boavista FC : as Panteras

Les panthères. Fondé le 1er août 1903 sous le nom de The Boavista Footballers, le club résulta de la détermination de deux frères anglais, Henry « Harry » Lowe et Richard « Dick » Lowe, dont le père leur avait offert un ballon importé d’Angleterre, et de quelques jeunes portugais, qui vivaient tous dans la quartier de Boavista. Les membres fondateurs optèrent pour un maillot et un short noir, équipement qui faisait leur fierté. Au fil des années, le maillot évolua pour finalement en 1933 arriver à leur maillot unique à damier, noir et blanc. Mais, quelque soit l’époque et le style, le noir demeura une des couleurs dominantes. Ainsi, la panthère, principalement connut pour son pelage noire, devint à la fois le surnom et le symbole du club. Une statue de panthère noire et agressive trône devant le stade. Malheureusement, que peut faire une panthère face à dragon (cf article #6).

#350 – Jiangsu FC : 江东雄狮

Le lion de Jiangdong. Fondé en 1958 et basé dans la ville de Nankin, le club participa à la création du championnat professionnel chinois en 1994. Toutefois, pour assurer les coûts opérationnels liés à la participation à ce championnat, le club dut, comme d’autres, s’associer à une entreprise, Maint, et changea son nom en Jiangsu Maint. Au fil des années, d’autres sociétés de la région de Jiangsu parrainèrent le club dont la société Jiangsu Sainty International Group, qui le détint pendant 15 ans. Finalement, le 21 décembre 2015, Suning Appliance Group racheta le club pour 68 millions d’euros et modifia évidemment le nom en Jiangsu Suning FC. Outre le nom, la société de distribution spécialisée dans la vente de produits d’électroniques imposa aussi son symbole, le lion. Lancé en 2015 également, le lion devait représenter, en tant que roi des animaux, le prestige et le potentiel de Suning. Le lion devint logiquement également le surnom de l’équipe et s’afficha sur son blason. Cette appropriation du club par Suning avait évidemment une logique marketing. Au Japon, lors de la création de la J-League, la fédération souhaita détacher les clubs des entreprises en interdisant le nom des sociétés dans celui des clubs. La Chine ne fit pas ce choix mais la fédération semble faire machine arrière. En effet, pour la prochaine saison 2021, il est prévu que les clubs optent pour des « noms neutres », en supprimant toute référence aux investisseurs et aux entreprises qui les possèdent. Presque toutes les équipes chinoises de Super League devraient devoir changer de nom dont Jiangsu. Mais, contrairement au Japon où la suppression du nom de l’entreprise avait pour but d’aider les supporteurs à mieux s’identifier au club, le sentiment est totalement différent en Chine. La décision de la fédération a en effet exaspéré les fans. Il faut dire que certains n’ont jamais connu leur équipe sous un autre nom que l’actuel. Les clubs de supporteurs des 5 équipes ont publiquement critiqué cette nouvelle stratégie : « Le football est une culture et un club de football n’est pas une simple entreprise, c’est un symbole culturel d’une ville ou d’une région […] Le nom de l’équipe, le logo et la couleur font un tout ». L’entreprise publicitaire a donc plutôt bien marché en Chine.

Jiangdong est une ancienne région de la Chine dont la capitale se trouvait dans la préfecture de Jiangning (aujourd’hui ville de Nankin).

#343 – The Strongest : el Tigre

Le tigre. Le club hérita de ce surnom lors de son 33ème anniversaire. En effet, le 8 avril 1941, le président de la Fédération de Football de La Paz, M. Max de la Vega, déclara un discours lors des célébrations où il baptisa le club du surnom de Tigre : « TIGRES! Yo les llamo Tigres!, porque lleváis en la piel los colores máximos del Club, que en las sombras densas han recibido el beso del sol, para, con sus rayos luminosos, hacer de la penumbra el emblema gualdinegro. Yo les llamo « Tigres »!, porque en los campos de la lid, vuestra garra y tesón me recuerdan al tigre feroz.Yo les llamo « Tigres »!, porque cuando el score os es adverso, lucháis, cual « Tigre » herido, para reconquistar el laurel » (TIGRES! Je les appelle des Tigres!, Parce que vous portez les couleurs du Club sur votre peau, qui dans les ombres denses a reçu le baiser du soleil, pour, avec ses rayons lumineux, faire sortir l’emblème noir et or de l’obscurité. Je les appelle « Tigres »! Parce que dans les champs de combat, ta griffe et ta détermination me rappellent le féroce tigre. Je les appelle « Tigres »!, Car quand le score vous est défavorable, vous vous battez, comme un « Tigre » blessé, pour reconquérir le laurier).

Le président de la Fédération ne puisa pas bien loin pour y trouver cette inspiration. En effet, en portant un maillot rayé or et noir, la référence au tigre devenait naturelle. D’ailleurs, l’équipement du club donna le surnom d’atigrados (tigrés). Ces rayures noires et jaunes représentaient pour les fondateurs le jour et la nuit et copiaient le maillot d’un ancien club de La Paz disparu en 1907, Thunder FBC. Ce dernier arborait un maillot avec des rayures horizontales noires et jaunes, inspiré du plumage noir tacheté de jaune d’un oiseau chanteur très abondant dans les parcs de la ville appelé Chayñita (une espèce de chardonneret).

En outre, avec un nom comme The Strongest (les plus forts), le club ne pouvait s’identifier qu’à un animal qui se rapproche des valeurs du club : force et courage. Dans les années 1920, le condor des Andes fut le premier animal qui s’afficha sur le maillot du club. Mais, l’oiseau disparut quelques années plus tard. Le tigre s’imposa donc à partir de 1941 mais il ne fit son apparition sur le maillot, sous la forme de la tête, qu’à compter de 1969. Jusque dans les années 1980, ce symbole était utilisé à la place du blason. Depuis, les deux s’affichent sur la tunique du club. Enfin, le pseudonyme est parfois précisé en indiquant le quartier dont est originaire le club, el tigre de Achumani.