#357 – ŠK Slovan Bratislava : Jastrabi z Tehelného poľa

Les faucons de Tehelného poľa. 21 mai 1969, le ŠK Slovan Bratislava devint le premier et unique club tchécoslovaque (à l’époque, Tchéquie et Slovaquie ne formaient qu’un) à remporter une Coupe d’Europe. A Bâle, après un parcours qui le vit éliminer les yougoslaves du FK Bor, les portugais du FC Porto, les italiens du Torino et les écossais de Dunfermline, le Slovan retrouvait le FC Barcelone en finale et les slovaques le remportèrent 3 buts à 2. Le célèbre commentateur Gabo Zelenay déclara à la fin du match « Vyhrali sme 3:2 ! Náš je pohár. Slávny a veľký. Nádherný ! Bravo, chlapci, naši jastrabi z Tehelného poľa bratislavského ! » (Nous avons gagné 3: 2 ! La Coupe est à nous. Célèbre et génial. Splendide ! Bravo, les garçons, nos faucons du Tehelného poľa de Bratislava !). Cette phrase est devenue célèbre et le faucon est resté comme un symbole et surnom du club. Mais pourquoi les avoir comparé à un faucon ? Personne ne le sait. Peut-être faut-il chercher dans les vieilles légendes et chansons slaves qui comparaient en effet l’homme jeune et vaillant à ce rapace respecté pour sa force légendaire. En faisant preuve de courage et de résistance, l’équipe fit alors penser à un faucon. Ou peut-être faut-il se tourner dans l’histoire du club. En 1949, le club changea de nom, suite à des fusions, et se dénomma Sokol NV Bratislava. Sokol était une association créée en 1862 et avait pour objectif de promouvoir l’identité slave et en particulier le nationalisme tchèque. Pour y parvenir, Sokol prônât une philosophie basée sur la pratique sportive et les valeurs morales. L’association devint une pierre angulaire dans la construction du jeune état Tchécoslovaque à la sortie de la première guerre mondiale. Ce fut dans ce contexte que le Slovan fut créé en 1919. A l’époque, les clubs de football de Bratislava étaient des organisations pour les communautés allemandes ou hongroises. L’intelligentsia slovaque voulait donner un élan à la nation par la création d’associations sportives ou culturelles slovaques mais son éducation et ses compétences étaient encore trop marquées par les influences de l’ancienne monarchie hongroise. Ainsi, l’idée de créer le premier club de football slovaque vint finalement de tchèques. La première réunion de travail eut lieu le 29 mars 1919 et tous les participants décidèrent la création d’un club tchéco-slovaque indépendant. Si le Sokol qui était donc très présent en Tchécoslovaquie à cette époque, ne participa pas directement à la création du club, son influence, sa philosophie y contribuèrent indirectement. Finalement, le club s’en revendiqua quelques années plus tard. Sokol signifiait faucon et l’oiseau était son emblème, qui symbolisait la liberté et le courage dans les pays slaves.

Tehelného poľa est le nom du stade où le Slovan Brastislava évolue depuis 1940. Le stade fut démoli en 2013 et reconstruit en 2014, pour devenir une enceinte moderne de 22 500 places.

#356 – IFK Norrköping : Snoka

Voici un surnom qui a plusieurs interprétations et traductions possibles. Il existe deux versions principales qui découlent de la rivalité avec l’autre club de la ville, l’IK Sleipner. En effet, dans les deux cas, le surnom fut donné par les rivaux et au final, fut adopté par les supporteurs de l’IFK. Pour la première version, Snoka dérive de Snokar, qui signifie serpent. Sleipner était l’équipe de la classe ouvrière tandis que l’IFK représentait les écoliers aisés. Les partisans de Sleipner déclarèrent que les joueurs de l’IFK était comme des serpents, c’est à dire qu’ils tentaient de paraître dangereux mais en réalité ils étaient tout à fait inoffensifs.

L’autre version se concentre sur les années 1940 et 1950, age d’or de l’IFK Norrköping, et signifie « les fouineurs » . Le club de Sleipner remporta en 1938 le premier titre de champion de Suède de la ville de Norrköping mais l’équipe ne capitalisa pas sur cette victoire. Dès la saison 1940, le club descendit en seconde division. Les raisons de ce déclin étaient certainement multiples mais l’une d’elle fut l’incapacité du club à former de nouveaux talents. En 1938, l’autre club de la ville gagna aussi son championnat, moins glorieux car il s’agissait de la seconde division mais ce titre lui procura son billet pour la ligue principale. Au contraire de Sleipner, 1938 fut le point de départ de l’age d’or de l’IFK. En effet, entre 1943 et 1963, l’IFK remporta 11 titres de champion de Suède et 2 Coupes nationales. Un splendide palmarès qu’il se forgea avec l’entraîneur hongrois Lajos Czeizler et le recruteur « Nalle » Halldén. Ce dernier fut un joueur du club et devint à la fin des années 30, son recruteur (il fut même président entre 1952 et 1955). Il commença par nettoyer les finances d’IFK puis il changea la façon dont le club travaillait avec le recrutement des joueurs. Dans un premier temps, il se détourna de l’université, qui était un viviers naturel pour le club (vu qu’il fut fondé en son sein). Halldén commença à sillonner la Suède en long, en large et en travers et se constitua un réseau solide de superviseurs. C’est ainsi qu’il « fouina » des nouveaux talents et inconnus qui allaient devenir les piliers du club et de la sélection nationale. L’IFK dénicha par exemple, Gunnar Nordahl, Knut Nordahl, Nils Liedholm, Torsten Lindberg et Birger Rosengren qui furent ensemble médaillés d’or olympiques à Londres en 1948. Gunnar Nordahl et Nils Liedholm constituèrent aussi un célèbre trio avec un autre joueur (Gunnar Gren mais non-formé à l’IFK), « Gre-No-Li », qui fera les belles heures de l’AC Milan.

Il existe une troisième version plus rarement mentionnée. Cette théorie portait sur le fait que les joueurs qui étaient recrutés par le club se voyaient proposer également des emplois dans la ville, façon de contourner l’obligation d’amateurisme de l’époque. Ils se retrouvaient ainsi comme pompiers, policiers ou douaniers. Dans ses voyages, « Nalle » Halldén était en effet accompagné par le chef de la police pour proposer des emplois au futur recruté. Or, le surnom de Snoka aurait alors son origine dans le fait que les douaniers étaient communément appelés tullsnokar (les douaniers serpents/fouineurs).

#353 – Boavista FC : as Panteras

Les panthères. Fondé le 1er août 1903 sous le nom de The Boavista Footballers, le club résulta de la détermination de deux frères anglais, Henry « Harry » Lowe et Richard « Dick » Lowe, dont le père leur avait offert un ballon importé d’Angleterre, et de quelques jeunes portugais, qui vivaient tous dans la quartier de Boavista. Les membres fondateurs optèrent pour un maillot et un short noir, équipement qui faisait leur fierté. Au fil des années, le maillot évolua pour finalement en 1933 arriver à leur maillot unique à damier, noir et blanc. Mais, quelque soit l’époque et le style, le noir demeura une des couleurs dominantes. Ainsi, la panthère, principalement connut pour son pelage noire, devint à la fois le surnom et le symbole du club. Une statue de panthère noire et agressive trône devant le stade. Malheureusement, que peut faire une panthère face à dragon (cf article #6).

#350 – Jiangsu FC : 江东雄狮

Le lion de Jiangdong. Fondé en 1958 et basé dans la ville de Nankin, le club participa à la création du championnat professionnel chinois en 1994. Toutefois, pour assurer les coûts opérationnels liés à la participation à ce championnat, le club dut, comme d’autres, s’associer à une entreprise, Maint, et changea son nom en Jiangsu Maint. Au fil des années, d’autres sociétés de la région de Jiangsu parrainèrent le club dont la société Jiangsu Sainty International Group, qui le détint pendant 15 ans. Finalement, le 21 décembre 2015, Suning Appliance Group racheta le club pour 68 millions d’euros et modifia évidemment le nom en Jiangsu Suning FC. Outre le nom, la société de distribution spécialisée dans la vente de produits d’électroniques imposa aussi son symbole, le lion. Lancé en 2015 également, le lion devait représenter, en tant que roi des animaux, le prestige et le potentiel de Suning. Le lion devint logiquement également le surnom de l’équipe et s’afficha sur son blason. Cette appropriation du club par Suning avait évidemment une logique marketing. Au Japon, lors de la création de la J-League, la fédération souhaita détacher les clubs des entreprises en interdisant le nom des sociétés dans celui des clubs. La Chine ne fit pas ce choix mais la fédération semble faire machine arrière. En effet, pour la prochaine saison 2021, il est prévu que les clubs optent pour des « noms neutres », en supprimant toute référence aux investisseurs et aux entreprises qui les possèdent. Presque toutes les équipes chinoises de Super League devraient devoir changer de nom dont Jiangsu. Mais, contrairement au Japon où la suppression du nom de l’entreprise avait pour but d’aider les supporteurs à mieux s’identifier au club, le sentiment est totalement différent en Chine. La décision de la fédération a en effet exaspéré les fans. Il faut dire que certains n’ont jamais connu leur équipe sous un autre nom que l’actuel. Les clubs de supporteurs des 5 équipes ont publiquement critiqué cette nouvelle stratégie : « Le football est une culture et un club de football n’est pas une simple entreprise, c’est un symbole culturel d’une ville ou d’une région […] Le nom de l’équipe, le logo et la couleur font un tout ». L’entreprise publicitaire a donc plutôt bien marché en Chine.

Jiangdong est une ancienne région de la Chine dont la capitale se trouvait dans la préfecture de Jiangning (aujourd’hui ville de Nankin).

#343 – The Strongest : el Tigre

Le tigre. Le club hérita de ce surnom lors de son 33ème anniversaire. En effet, le 8 avril 1941, le président de la Fédération de Football de La Paz, M. Max de la Vega, déclara un discours lors des célébrations où il baptisa le club du surnom de Tigre : « TIGRES! Yo les llamo Tigres!, porque lleváis en la piel los colores máximos del Club, que en las sombras densas han recibido el beso del sol, para, con sus rayos luminosos, hacer de la penumbra el emblema gualdinegro. Yo les llamo « Tigres »!, porque en los campos de la lid, vuestra garra y tesón me recuerdan al tigre feroz.Yo les llamo « Tigres »!, porque cuando el score os es adverso, lucháis, cual « Tigre » herido, para reconquistar el laurel » (TIGRES! Je les appelle des Tigres!, Parce que vous portez les couleurs du Club sur votre peau, qui dans les ombres denses a reçu le baiser du soleil, pour, avec ses rayons lumineux, faire sortir l’emblème noir et or de l’obscurité. Je les appelle « Tigres »! Parce que dans les champs de combat, ta griffe et ta détermination me rappellent le féroce tigre. Je les appelle « Tigres »!, Car quand le score vous est défavorable, vous vous battez, comme un « Tigre » blessé, pour reconquérir le laurier).

Le président de la Fédération ne puisa pas bien loin pour y trouver cette inspiration. En effet, en portant un maillot rayé or et noir, la référence au tigre devenait naturelle. D’ailleurs, l’équipement du club donna le surnom d’atigrados (tigrés). Ces rayures noires et jaunes représentaient pour les fondateurs le jour et la nuit et copiaient le maillot d’un ancien club de La Paz disparu en 1907, Thunder FBC. Ce dernier arborait un maillot avec des rayures horizontales noires et jaunes, inspiré du plumage noir tacheté de jaune d’un oiseau chanteur très abondant dans les parcs de la ville appelé Chayñita (une espèce de chardonneret).

En outre, avec un nom comme The Strongest (les plus forts), le club ne pouvait s’identifier qu’à un animal qui se rapproche des valeurs du club : force et courage. Dans les années 1920, le condor des Andes fut le premier animal qui s’afficha sur le maillot du club. Mais, l’oiseau disparut quelques années plus tard. Le tigre s’imposa donc à partir de 1941 mais il ne fit son apparition sur le maillot, sous la forme de la tête, qu’à compter de 1969. Jusque dans les années 1980, ce symbole était utilisé à la place du blason. Depuis, les deux s’affichent sur la tunique du club. Enfin, le pseudonyme est parfois précisé en indiquant le quartier dont est originaire le club, el tigre de Achumani.

#337 – SSC Naples : i Ciucciarelli

Les petits ânes dans le dialecte napolitain. Après Boca Junior, autre hommage à Diego Maradona avec son second club de cœur, le SSC Napoli, et l’un de ses surnoms que le club n’aurait pas hérité si l’équipe napolitaine des années 1920 avait compté Diego dans ses rangs. Dans les premières années du club, le cheval en était son symbole et s’affichait sur son écusson. L’attachement de la ville avec le cheval remontait aux premières heures de son existence. Les premiers colons grecs, fondateur de la cité, aurait découvert des chevaux dont les sabots résistants leur permettaient de se balader sur les pentes abruptes et recouvertes de blocs de lave du Vésuve. Ils firent du cheval l’emblème de leur nouvelle cité et, au moins, à partir IIIème siècle, un culte équin était célébrait dans la cité. Les habitants se réunissaient auprès d’une statue monumentale de cheval en bronze, attribuée à Virgile, pour prier et obtenir la guérison de leur équidé. Au XIVème siècle, le cheval était toujours vénéré puisque l’évêque de Naples fit abattre une statue de cheval en 1322 pour faire cesser cette tradition païenne. Au XIXème siècle, un cheval cabré orna les armes de la province. Une race de cheval est même issue de la région et est dénommée encore aujourd’hui Napolitain.

Pourtant, lors de la saison 1926-1927, la première du club, le symbole passa du cheval vers l’âne et cette transformation n’avait pas pour objectif de rendre hommage aux joueurs. Le club concourrait dans l’un des groupes de la Série A et la saison se révéla catastrophique. L’équipe termina dernière de son groupe de 10 avec seulement un point obtenu, 61 buts encaissés et 7 marqués. En 18 matchs, les joueurs parvinrent seulement à obtenir un résultat positif : un match nul face à Brescia à domicile. Le reste des confrontations se résuma uniquement à des défaites, dont certaines particulièrement sévères (9-2 face à l’Inter ou 8-0 face à la Juventus).

Les supporteurs napolitains, avec l’ironie qui les caractérisent, affublèrent les joueurs du surnom de ciucciarelli. Selon une légende, la scène se déroula dans un bar brésilien, lieu de rencontre de fervents supporteurs. Un des fans, exaspéré par les résultats, déclara : « sta squadra nosta me pare o ciuccio ‘e fichelle: trentatrè piaghe e ‘a coda frucida » (cette équipe me paraît être un âne se plaignant de ses trente-trois plaies et de sa queue pelucheuse). L’anecdote fut rapportée au journal local, qui reprit dans son édition un âne plein de tâches et une petite queue pour caricaturer le club. Depuis, l’animal, prénommé O Ciuccio, a supplanté le cheval qui disparaît du blason en 1928.

#334 – Wolverhampton Wanderers FC : the Wolves

Les loups. Wolverhampton est le seul club anglais a avoir pour surnom le loup et il provient simplement du nom de la ville qui commence par le même terme (Wolverhampton). A partir de là, il peut être évidement d’en tirer la conclusion que la toponymie de la ville trouve ses racines dans le mot « loup ». Pas du tout !

La légende raconte que la ville fut fondée par la noble anglo-saxonne, Wulfrun, en 985 suite au don par le roi Æthelred le Malavisé de neuf hides situés à Heantune (ou aussi désigné comme Hamtun). Ce dernier terme signifiait « ferme ou enceinte haute ou principale ». Le suffixe apparut un peu plus tard, en 1070. La ville était alors connue sous le nom de Wolvrenehamptonia, soit la ferme ou enceinte haute ou principal de Wulfrun.

Une autre thèse avance que la ville peut avoir gagné son nom original de Wulfereēantūn ( « l’enceinte ou la ferme haute ou principale de Wulfhere »). Wulfhere était le le Roi de Mercie, l’un des principaux royaumes anglo-saxons du Haut Moyen Âge. Le cœur de ce royaume correspondait aux Midlands où se situe Wolverhampton. Selon la tradition, ce Roi aurait établi une abbaye en 659 à Wolverhampton, mais aucune preuve n’a pu être apportée. Quoi qu’il en soit, la forme actuel du nom de la ville fit son apparition au XIVème siècle.

Il convient de noter que les deux personnages ayant pu donner leur nom à la ville contiennent dans leur nom le terme « Wulf ». Or, en vieil anglais, il signifiait loup. Peut-être un début de lien entre l’animal et la ville. En outre, avec le temps, le nom de la ville a souvent était raccourci en « Wolvo », « W’ton » ou « Wolves ». Un lien supplémentaire. Naturellement, l’animal sauvage devint le symbole de l’équipe, d’autant plus que le loup véhicule un certain nombre de valeurs qui sied bien à équipe sportive : rusé, guerrier et qui évolue en meute. Son apparition pour le club se fit assez tardivement, au début des années 1970. Les joueurs arboraient un maillot avec un loup sautant au-dessus des initiales du club. Puis, le logo changea vite pour montrer trois loups en fuite. Finalement, une tête de loup stylisée s’imposa en 1979 et demeure depuis l’écusson et le symbole du club.

#332 – Kashima Antlers :アントラーズ

Les ramures (bois de cerf). L’avantage avec les clubs japonais ou américains est que leurs surnoms sont très vite trouvés puisqu’il s’agit de leurs noms. Outil marketing puissant, ces noms, souvent imagés, sont parfois ancrés dans l’histoire de la ville ou de la région. En effet, comme souvent au Japon, au départ, le club de Kashima était une association corporatiste qui dépendait de Sumitomo Metal Industries. Ainsi, son premier nom était Sumitomo Metal Industries Factory FC.

Puis, à la création de la J-League au début des années 90, les organisateurs de cette dernière décidèrent que, pour leur nom, les clubs devaient accoler celui de la localité avec un surnom (et surtout abandonner le nom de l’entreprise dans leur dénomination). Les dirigeants de la J-League avaient compris qu’il était important qu’il existe un lien entre le club et sa localité d’attache pour attirer les fans et leur permettre de s’identifier. Ceci était d’autant plus vrai pour Kashima. Certes, le club fut créé en 1947 mais il était un club modeste cantonné aux tournois d’entreprises jusqu’en 1974. A cette date, il intégra la seconde division et toqua de manière surprenante à la porte de la J-League en 1991. Pour y parvenir, Sumitomo s’engagea à construire un stade de 15.000 places mais pour le remplir, il fallait associer à ce projet 4 communes voisines autours de Kashima (qui comptait seulement 45.000 habitants), pour élargir la zone de chalandise. Pour renforcer le lien, Antlers (ramures) fut choisit comme surnom car c’était un rappel direct à la région de Kashima, qui signifie littéralement « île des cerfs ».

#325 – Brescia Calcio : Rondinelle

Les petites hirondelles. Alors qu’un lion figure sur le blason du club, un autre animal s’est invité comme surnom, l’hirondelle. Alors, comment cela-a-t-il pu arriver ? L’origine de ce surnom semble remonter aux années 1920. Lors d’un match entre Brescia et le Torino, où l’équipe lombarde dominait (3-1), un fan de Brescia connu sous le nom de Bogia s’exclama « Mais vardì…. i somea ‘na team de rondéne qui va zo a becàga i coregn del tòr ! » (Regardez … ils ressemblent à un troupeau d’hirondelles descendant pour picorer les cornes du taureau !). La similitude séduisit et le surnom fut lancé. Pourquoi comparer les joueurs à des hirondelles ? Brescia est un des rares clubs à arborer un scapulaire (comme Bordeaux et Velez) qui de loin ressemble à une hirondelle stylisée. Il apparût pour la première fois lors de ce fameux match contre le Torino. Le club venait de déménager dans un nouveau stade, stadium di Viale Piave, qui appartenait à la congrégation de l’Oratoire de San Filippo Neri, dite « des Pères de la Paix ». Pour occuper le stade de manière perpétuelle et gratuite, le club reprit le scapulaire sur son maillot du club avec qui il venait de fusionner et qui était une émanation de la congrégation, le Voluntas Pace. Ce dernier avait un scapulaire qui symbolisait le V de son nom.

#324 – AC Ajaccio : l’Orsu

L’ours. L’ours a été introduit en Corse au XVème siècle mais a disparu au XVIème siècle, étant donné qu’il fut un concurrent pour les bergers locaux. Avec une présence aussi courte et lointaine, difficile d’imaginer qu’il réussit à laisser son empreinte 400 ans plus tard pour un club de football. Fondé en 1910, le club d’Ajaccio choisit l’ours comme emblème suite à un match amical. Le navire britannique militaire HSM Carnavon mouillait dans la rade d’Ajaccio et l’équipage souhaitait pratiquer le football. Un match fut proposé au club d’Ajaccio. Ainsi, l’équipe corse affronta sur la place du Diamant celle composée des marins du navire. Ajaccio perdit le match 3 à 1. L’unique buteur corse était Martin Baretti. Suite au but, le public scanda le prénom du joueur. Mais, au vue de la corpulence du joueur, sa puissance et sa pilosité, le public ne criât plus le nom du joueur mais « l’Ours, l’Ours » à chaque fois que Baretti touchait le ballon. Quelques mois plus tard l’Ours fît son apparition sur le maillot du club, un ballon sur la patte droite. Jusqu’au début des années 80, l’ours était présent sur l’écusson du club et donc sur le maillot. Puis, sa présence fut plus sporadique. En 2014, l’ours fut réintroduit sur le blason, dans le quartier haut droit. De ce surnom, d’autres en sont tirés : les oursons, a Squadra di l’Orsu (l’équipe de l’ours) et l’Orsi di Timizzolu (les ours de Timizzolu, Timizzolu étant le nom du stade où évolue l’ACA).