#295 – Sporting Portugal : os Leões

Les lions. L’animal apparaît rampant sur le blason du club et ce, dès sa création en 1907. La création de l’emblème remonte aux premiers jours du club et résulta d’échanges entre les cousins José Alvalade (fondateur du club), José Roquette, António Rebelo de Andrade et Dom Fernando de Castelo Branco, Marquis de Belas, à l’été 1905. Ce dernier portait une chevalière avec les armes de sa famille, un lion rampant sur fond bleu. Dom Fernando de Castelo Branco accepta en 1907 que le club reprisse les armes de la famille. Toutefois, il demanda que la couleur bleu ne figurasse pas sur le blason du club. Il fut alors décidé de mettre le lion rampant sur un fond vert, cette couleur exprimant l’espoir placé dans la nouvelle institution.

#290 – FC Krasnodar : быки

Les taureaux. L’animal est l’emblème du club, qui s’affiche sur le blason. En 2008, à la fondation du club, les dirigeants choisirent le bœuf comme emblème car l’animal véhiculait des valeurs de persévérance et de travail acharné. Sauf que la direction n’avait pas pris en compte que le bœuf est un taureau castré ce qui facilitait les blagues et les surnoms peu flatteurs donnés par les supporteurs adverses. Le plus commun était de dénommer les joueurs de Кастраты (castré). Résultat, le club changea son fusil d’épaule et indiqua que l’emblème était désormais un taureau.

#289 – Guangzhou FC : 华南虎

Les tigres de Chine méridionale. Vous ne pouvez pas manqué l’animal sur le logo du club. Affichant une allure féroce et fière, sortant d’un lit de flamme, le tigre occupe la place centrale sur le blason et est le symbole du club, depuis sa reprise en 2010 par le groupe immobilier chinois Evergrande Group. Le tigre porte une symbolique forte, en particulier en Asie. En Chine, il représente le roi des animaux et ne connaît aucun prédateur. Il est traditionnellement une des quatre créatures majeures de l’art chinois avec le dragon, le phénix et la tortue et est le troisième animal, par ordre d’arrivée, dans l’astrologie chinoise. Il symbolise la puissance et l’élégance, ainsi que la capacité d’adaptation. Outre cette symbolique forte, il existe une race de tigre originaire du sud de la Chine, en particulier la province de Guangdong (dont Guangzhou est la capitale), dénommé « tigre de Chine méridionale ». La population était estimée à 4 000 au début des années 50 mais, en raison du braconnage, de la réduction de sa zone d’habitat et des conflits avec l’homme, il n’y aurait plus de tigres à l’état sauvage. Aujourd’hui, sa population se réduirait à 177 d’individus, tous en captivité même s’il existe des tentatives de réintroduction dans la nature. Ce tigre est classifié comme espèce en danger critique d’extinction par l’UICN depuis 1996. Espérons que la mascotte du club, C-Tiger, ne devienne jamais l’unique exemplaire de cette espèce.

#283 – Bursaspor : Yeşil Timsahlar

Les crocodiles verts. 2 août 1995, le club de Bursa affrontait le Karlsruher SC en quart de finale de la toute nouvelle Coupe Intertoto. Bursaspor avait réalisait un beau parcours pour y arriver, notamment en terminant premier de son groupe (composé d’équipes telles que Wimbledon). Le club fut éliminé par les allemands au tir au but, après un match nul 3 partout. Durant cette épopée, la nouvelle recrue du club, l’attaquant ougandais, Majid Musisi, marqua 4 buts. Pour célébrer ses réalisations, il embarqua ses coéquipiers dans une chenille à quatre pattes, qui fut décrite comme la marche du crocodile, les joueurs évoluant dans leur maillot vert. Ainsi, naquit le surnom du club qui remplaça le précédent Yeşil İnci (la perle verte).

Le club évolue en vert et en blanc depuis sa fondation. Issu de la fusion de 5 clubs, les fondateurs ne reprirent pas les couleurs de ces 5 clubs et leur choix se porta sur l’image véhiculée par la cité. Tout d’abord, Bursa est surnommé Yeşil Bursa (Bursa la verte), en référence aux nombreux parcs et espaces verts qui jalonnent l’agglomération ainsi qu’aux forêts environnantes. Ainsi, le vert fut retenu. En outre, Bursa se situe au Nord de la montagne Uludağ, dont le sommet enneigé culmine à 2 543 mètres d’altitude, et fait de la ville l’une des stations de ski préféré de la bourgeoisie stambouliote. Le blanc fut donc associé au vert.

#280 – CF Pachuca : los Tuzos

Les taupes. Les prescripteurs ont-ils été aveugles au moment de choisir ce surnom ? Il se sont plutôt inspirés de l’histoire de ce club et de sa région, berceau du football au Mexique. S’il existe un débat sur la date de création du club (1892, 1900 ou 1901), il est certain que sa fondation est due à la colonie anglaise établie à Pachuca et qui travaillait dans les mines d’argent et d’or de la ville. L’État d’Hidalgo, où se situe Pachuca, a toujours été un pôle majeur de l’activité minière au Mexique, avec une riche tradition remontant à l’époque coloniale.

Même si l’exploitation des riches ressources en or et argent, ainsi que de zinc et plomb, commença à l’époque préhispanique, la découverte des riches gisements d’argent de Pachuca et de Real del Monte par les conquistadors espagnols en 1552 marqua le début de l’histoire minière de la région. Depuis lors, de par sa proximité avec la capitale Mexico (une centaine de kilomètre), cette activité donna un essor extraordinaire à la ville et la modela car s’il existe des filons au Nord de la ville, la plupart des mines se trouvent à Pachuca même. Au XVIIIème siècle, la légende raconte que les lingots de métaux précieux provenant des mines de Pachuca étaient les plus purs. Mais, les difficultés d’exploitation en profondeur qui nécessitaient d’importants capitaux et des prises de risque plus importants associés au ralentissement économique liée à l’indépendance conduisirent à une dépression et la fermeture de nombreux puits. Au XIXème siècle, l’activité connut un nouvel élan grâce aux investissements étrangers, en particulier britanniques, qui réhabilitèrent les mines et modernisèrent l’extraction et le traitement des minéraux (chemins de fer, électricité, enrichissement du cyanure). En 1824, avec des associés anglais naquit la compagnie minière « British Company of Real del Monte » qui constitue encore aujourd’hui, sous le nom « Compañía Real del Monte y Pachuca », la principale société de l’État. La région d’Hidalgo est aujourd’hui le principal producteur de manganèse du Mexique et se classe au 2ème rang dans la production de phosphorite et, dans une moindre mesure, dans l’extraction d’or, d’argent, de plomb et de zinc. A Pachuca, l’extraction se concentre encore actuellement sur l’or, l’argent et le plomb. Selon le Service géologique mexicain, les districts miniers de Real del Monte et de Pachuca ont produit en 462 ans, 40 000 tonnes d’argent et 231 tonnes d’or, soit 16% de la production nationale d’argent et 6% de la production mondiale.

Pour rappeler ce passé minier, qui se déroulait donc sous terre, la taupe paraissait être l’animal adapté. Puis dans les années 20, le club avait du mal à demeurer en première division et effectuait le yo-yo avec la seconde voire la troisième division mexicaine. Le club donnait ainsi l’impression de passer plus de temps dans les profondeurs des championnats inférieures qu’à la lumière de la première division comme les taupes qui vivent principalement sous terre plutôt qu’à la surface.

#270 – EC Vitória : Leão da Barra

Le Lion de Barra. Fondé le 13 mai 1899 à Salvador da Bahia, le club se concentra d’abord sur le cricket avant d’ouvrir d’autres sections, l’aviron en 1902, le football en 1903, l’athlétisme en 1905, le tennis en 1906 et le tir en 1908. Et c’est un exploit en Aviron qui va donner naissance à ce surnom qui deviendra également la mascotte du club. En 1902, les rameurs du club relièrent Porto da Barra à Porto dos Tainheiros, à Itapagipe, soit environ 9 milles marins. Cet exploit eut un grand retentissement à l’époque et ces athlètes héritèrent du surnom de Leão da Barra. Les fondateurs du club ne pouvaient en être que satisfaits puisque des lions ornaient l’entrée de leur maison. En outre, le lion symbolisait la noblesse et la force. Aujourd’hui, le lion est devenu la mascotte du club, dont le nom est Lelê Leão, et également le titre du deuxième hymne du club.

#268 – Royal Charleroi SC : les Zèbres

Comme la Juventus, le club a hérité de son surnom en raison de son maillot rayé noir et blanc. Il fut utilisé par les journalistes à compter de 1926 quand le club remonta en promotion après avoir été sacré champion du Hainaut. Modeste village dont les premières traces remontent à 863, la ville connut un essor significatif quand elle devint une forteresse espagnole en 1666. La ville tomba alors dans le domaine de Philippe-Balthazar de Gand, dit Vilain, prince de Masmines, comte d’Isenghien et de Middelbourg, Seigneur des Villes de Lannoy, de Watten et de Charleroi dont le blason était de sable au chef d’argent (ie noir et blanc). Ces couleurs perdurèrent au fil des successions et des nouveaux possesseurs et la ville hérita de ces deux couleurs dans son premier blason de 1847. Elles s’y trouvent encore aujourd’hui. Certainement que cela inspira les fondateurs du club pour trouver les couleurs du maillot du club.

Par ailleurs, l’utilisation du noir ne faisait pas injure à la ville qui se situe dans la province de Hainaut, surnommée le Pays Noir, en raison de son passé minier Long d’Est en Ouest de près de 45 km, large d’une bonne dizaine de kilomètre, ce bassin houiller couvrait la région de Charleroi et s’étirait jusqu’à Namur. Des documents attestent de l’exploitation de charbon dans la région dès le XIIIème siècle (1251), mais ce fut les révolutions industrielles du XVIIIème et XIXème siècle qui démultiplièrent les capacités de production et transformèrent ce pays. En 1770, le Pays Noir comptait 32 exploitations de grande taille puis, en 1830, déjà 128 puits dont le plus profond atteignait 200 mètres. En 1840, la production du Pays Noir dépassait celle du bassin de Liège et 25 ans plus tard, celle du Borinage, devenant ainsi le premier bassin houiller belge. L’extraction de charbon atteignit 7,7 millions de tonnes en 1897 et 8,6 millions de tonnes en 1910. Le bassin était alors dominé par la société des Charbonnages de Monceau-Fontaine (fondé en 1807) dont la concession s’étendait sur 7 260 hectares et 25 localités (la distance entre les deux puits les plus éloignés était de 16 km). Sa production atteignit à son apogée 2 millions de tonnes de charbon et la société devint le premier producteur belge de houille, employant plus de 10 000 personnes. A partir de l’entre deux-guerre, l’économie du charbon en Belgique démarra un long déclin. En 1929, dans le bassin houiller de Charleroi, 42 300 mineurs travaillaient dans 79 fosses pour une production annuelle de 7,8 millions de tonnes de charbon. En 1950, 18 sociétés se partageaient 57 puits pour une production de 6,7 millions de tonnes de charbon, ce qui correspondait à 33% de la production wallonne et 25% de la production belge. A partir des années 1960, avec la concurrence internationale, les puits fermèrent les uns après les autres et les derniers wagonnets de charbon remontèrent le 29 septembre 1984.

Enfin, à noter que le football à Charleroi se partage entre deux clubs : le Sporting et l’Olympic. Malgré leur fort antagonisme, les deux formations évoluent dans les mêmes couleurs, noir et blanc. Or, ce n’est pas l’Olympic qui inspira le Sporting mais l’inverse. Profitant de discordes au sein de la direction du Sporting, l’Olympic récupéra les kits du Sporting et évolue depuis dans les mêmes couleurs que son rival (à l’exception du début des années 1970 où l’Olympic joua en rouge et blanc).

#266 – West Bromwich Albion FC : Throstles

Les grives. Throstles est le terme du Black Country pour le mot anglais thrush qui désigne les grives. Le Black Country se réfère généralement à la région des West Midlands, à l’Ouest de Birmingham, où se situe West Bromwich. Elle regroupe plus d’un million de personnes et pendant la révolution industrielle, elle était devenue l’une des parties les plus industrialisées du Royaume-Uni avec des industries lourdes (mines de charbon, aciéries, industries sidérurgiques, cokeries, usines de verre et briqueteries) produisant un niveau élevé de pollution atmosphérique, d’où le terme Black Country. Dans ce paysage fut créé en 1878 le club de football de West Bromwich Albion. Avec un tel bassin de population de la classe ouvrière, le club connaîtra la popularité rapidement, au point de régulièrement changer de stade durant les premières années (4 en 7 ans) pour accompagner la croissance des spectateurs. Ainsi, dès la saison 1881-1882, le club investit le terrain clos de Bunn’s Field, d’une capacité de 1 500/2 000 places, qui permet de faire payer un droit d’entrée au spectateur. En 1885, le club jouait au stade Four Acres et atteignit une affluence de 16 393 lors d’un match contre Blackburn Rovers. En 1900, le club s’offrit un terrain de 10 acres, en dehors de la ville pour construire un nouveau stade. La nouvelle enceinte fut nommée The Hawthorns (aubépine), d’après les buissons d’aubépine qui couvraient la zone et qui avaient été déracinés pour faire place au stade. Or, dans ces buissons logeaient des grives. Depuis lors, la grive devint un emblème du club. Ainsi, pendant de nombreuses années, une grive vivait dans une cage en bois suspendue au-dessus du tunnel d’accès au stade. Puis, jusque dans les années 1930, une grive en cage était placée à côté de la ligne de touche pendant les matchs et on racontait que si Albion gagnait, elle chantait. Plus tard, en 1979, une effigie d’une grive fut érigée au-dessus du tableau d’affichage situé dans le coin du stade dénommé Woodman. Enfin, à la fin des années 1880, le secrétaire du club, Tom Smith, suggéra qu’une grive assis sur une barre transversale soit adoptée comme blason du club. Puis, la barre transversale fut remplacée ultérieurement par une branche d’aubépine.

#263 – PFK Ludogorets Razgrad : Орлите

Les aigles. Généralement, les surnoms des clubs puisent leurs explications dans l’origine des clubs ou au fin fond de l’histoire de la ville. Celui de Razgrad remonte à … 2014. Pourtant le club existe depuis 1945. En tout cas, même si l’emblème est récent, il apparaît depuis sur le blason du club et il est dérivé de la mascotte du club, un aigle female, dénommée Fortuna. D’ailleurs, le club fait voler cet aigle female avant chaque match, suivant le même rituel que les clubs de Benfica (#153 dont l’aigle se nomme Vitoria) et de la Lazio (#306 dont l’oiseau s’appelle Olympia). Ce n’est pas un hasard de copier le club italien.

Lors de la saison 2013-2014, éliminé des barrages de la Ligue des Champions, Ludogorets participa à la Ligue Europa. Premier de sa poule qui était accessible, le club affronta la Lazio de Rome en 1/16ème de finale. Le 20 février 2014, au Stade Olympique de Rome, Ludogorets signa un exploit en remportant le match aller 1-0. Au retour, 7 jours plus tard, le club tint bon (résultat 3-3) et obtint la qualification au tour suivant. Lors du match aller, le président bulgare, Kiril Domuschiev, fut emballé par le vol de l’aigle dénommé Olympia, mascotte de la Lazio, au dessus du Stade Olympique. Ainsi, avant d’affronter Valence au tour suivant, le président du club italien, Claudio Lotito, offrit à son homologue bulgare un aigle en signe de respect suite à la qualification du club bulgare. Malheureusement, ce geste ne porta pas chance puisque Valence balaya le club bulgare (4-0 sur l’ensemble des matchs). Et, même si l’aigle tenta plusieurs fois de partir du stade de Ludogorets, il survole encore aujourd’hui le stade avant chaque match.

#261 – FC Sochaux : les Lionceaux

La raison de ce surnom est assez logique quand on connaît l’histoire du club franc-comtois. Même si Jean-Claude Plessis, président du club entre 1999 et 2008, déclarait « Peugeot fabrique des voitures, pas des footballeurs. Une victoire en rallye donnera toujours plus de crédibilité à ses voitures » , le club fut longtemps intimement lié au constructeur automobile. Dans une vision paternaliste et publicitaire aussi, assez habituelle à la fin du XIXème siècle, Peugeot supporta la création de plusieurs associations sportives dans ses différentes usines située dans la vallée du Doubs. La principale (Peugeot Cycle) se trouvait dans la banlieue de Sochaux, à Valentigney. Renommé dans toute la Franche-Comté, l’AS Valentigney connut son heure de gloire avec une finale de Coupe de France, perdue en 1926 face à l’Olympique de Marseille.

En 1928, Jean-Pierre Peugeot, président du groupe Peugeot, qui venait de réorganiser toute son outil de production en le centralisant à Sochaux, ne pouvait pas s’appuyer sur la structure amateur de Valentigney pour accueillir son vecteur de publicité de la marque Peugeot. Or, deux salariés de la filiale automobile venaient de créer le FC Sochaux. Jean-Pierre Peugeot décida de soutenir cette structure en en faisant un auxiliaire du constructeur automobile. D’un côté, une équipe professionnelle, comptant de nombreux joueurs étrangers vedettes, pour promouvoir Peugeot (alors que le professionnalisme n’était pas encore accepté par la fédération française). De l’autre, des formations amateures où se soulageaient et se dépensaient les ouvriers de l’usine. D’autres d’entreprises avaient déjà fait de même (Fiat avec Juventus, Casino avec Saint-Etienne, Pommery avec Reims, Philips avec PSV …).

Les symboles du club (blason, couleurs) ne firent pas l’objet de grande discussion. Lié à l’entreprise automobile, le club reprit ses codes. Ainsi, le lion devint l’emblème du club qui figure depuis la création sur son écusson. Mais d’où vient le lion ? Au milieu du XIXème siècle, l’entreprise Peugeot n’était pas encore concentrée dans l’automobile et fabriquait plutôt des outils, en particulier des lames de scie. Les frères Jules et Emile Peugeot demandèrent alors à un orfèvre et graveur de Montbéliard, Justin Blazer, de créer un logo basé sur le lion. Marchant sur ses quatre pattes de profil, ce lion symbolisait « la souplesse de la lame, la résistance des dents, et la rapidité de coupe ». En 1948, le lion prit la posture héraldique, reprenant ainsi alors le design du lion de la Franche-Comté, région où se situe Sochaux, le berceau de Peugeot. Le lion présentait donc l’avantage de rattacher le club à ses origines industrielles comme géographiques. Mais, le 17 juillet 2015, Peugeot se retira du club et Sochaux fut racheté par un groupe chinois. Le lion ne disparaît pas de l’écusson mais il se détache alors du design du groupe automobile.

Mais, pourquoi les lionceaux plutôt que les lions ? Dans les années 1930, le FC Sochaux, avec le soutien financier de Peugeot, recrutait à prix d’or des joueurs reconnus. Mais, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les poches du constructeurs n’étaient plus si pleines et devaient consacrer ses moyens à son développement. Le président du club sochalien, Fortuné Chabrier, eut alors une idée révolutionnaire : repérer des jeunes talents sur tout le territoire français, notamment grace au réseau Peugeot, les rapatrier à Sochaux et les former au football ainsi que leur apprendre un métier au sein des usines de la marque. Concept inédit à l’époque et dénommé « Opération Lionceaux » , il s’agissait du premier centre de formation qui fit tant d’émule un peu partout dans le monde plus tard. Les jeunes joueurs intégrèrent petit à petit l’équipe première et la politique des Lionceaux permit au club de traverser les années 1950 sans quitter l’élite. Le nom de l’opération devint le surnom du club.