#325 – Brescia Calcio : Rondinelle

Les petites hirondelles. Alors qu’un lion figure sur le blason du club, un autre animal s’est invité comme surnom, l’hirondelle. Alors, comment cela-a-t-il pu arriver ? L’origine de ce surnom semble remonter aux années 1920. Lors d’un match entre Brescia et le Torino, où l’équipe lombarde dominait (3-1), un fan de Brescia connu sous le nom de Bogia s’exclama « Mais vardì…. i somea ‘na team de rondéne qui va zo a becàga i coregn del tòr ! » (Regardez … ils ressemblent à un troupeau d’hirondelles descendant pour picorer les cornes du taureau !). La similitude séduisit et le surnom fut lancé. Pourquoi comparer les joueurs à des hirondelles ? Brescia est un des rares clubs à arborer un scapulaire (comme Bordeaux et Velez) qui de loin ressemble à une hirondelle stylisée. Il apparût pour la première fois lors de ce fameux match contre le Torino. Le club venait de déménager dans un nouveau stade, stadium di Viale Piave, qui appartenait à la congrégation de l’Oratoire de San Filippo Neri, dite « des Pères de la Paix ». Pour occuper le stade de manière perpétuelle et gratuite, le club reprit le scapulaire sur son maillot du club avec qui il venait de fusionner et qui était une émanation de la congrégation, le Voluntas Pace. Ce dernier avait un scapulaire qui symbolisait le V de son nom.

#324 – AC Ajaccio : l’Orsu

L’ours. L’ours a été introduit en Corse au XVème siècle mais a disparu au XVIème siècle, étant donné qu’il fut un concurrent pour les bergers locaux. Avec une présence aussi courte et lointaine, difficile d’imaginer qu’il réussit à laisser son empreinte 400 ans plus tard pour un club de football. Fondé en 1910, le club d’Ajaccio choisit l’ours comme emblème suite à un match amical. Le navire britannique militaire HSM Carnavon mouillait dans la rade d’Ajaccio et l’équipage souhaitait pratiquer le football. Un match fut proposé au club d’Ajaccio. Ainsi, l’équipe corse affronta sur la place du Diamant celle composée des marins du navire. Ajaccio perdit le match 3 à 1. L’unique buteur corse était Martin Baretti. Suite au but, le public scanda le prénom du joueur. Mais, au vue de la corpulence du joueur, sa puissance et sa pilosité, le public ne criât plus le nom du joueur mais « l’Ours, l’Ours » à chaque fois que Baretti touchait le ballon. Quelques mois plus tard l’Ours fît son apparition sur le maillot du club, un ballon sur la patte droite. Jusqu’au début des années 80, l’ours était présent sur l’écusson du club et donc sur le maillot. Puis, sa présence fut plus sporadique. En 2014, l’ours fut réintroduit sur le blason, dans le quartier haut droit. De ce surnom, d’autres en sont tirés : les oursons, a Squadra di l’Orsu (l’équipe de l’ours) et l’Orsi di Timizzolu (les ours de Timizzolu, Timizzolu étant le nom du stade où évolue l’ACA).

#322 – CDP Junior de Barranquilla : el Tiburón

Le requin. L’équipe colombienne de Junior Barranquilla était connu depuis les années 40/50 comme « los miuras » , un race de taureau apprécié pour participer au corralejas (spectacle de tauromachie des régions caribéennes de Colombie où le taureau n’est pas tué à la fin du combat, cf article #652). Mais, en 1978, un fan du nom de Oscar Borrás décida de se rendre au stade avec un costume de requin en papier mâché, fil de fer et carton. L’inspiration fut simple pour ce supporteur puisqu’il était membre d’un club de natation de la ville qui s’appelait « los Tiburones » . Ce costume fut bien accueillit par les autres supporteurs car le requin n’était pas étranger à la ville de Barranquilla. Cette dernière est située sur la côte de la Mer des Caraïbes et est traversée par le Río Magdalena. Justement, l’embouchure de la rivière Magdalena dans la mer des Caraïbes, appelée « Bocas de Ceniza« , abrite des requins. Par ailleurs, ce nouveau surnom correspondait aussi bien avec la nouvelle période qui s’ouvrit pour le club. Si le surnom de los miuras restait attaché à l’équipe courageuse, forte et multiculturelle des années 50, le requin était plus à l’image de la nouvelle équipe de la fin des années 70, emmenée par des argentins (l’entraineur José Varacka, les joueurs Eduardo Solari, Juan Ramón Verón, Juan Carlos Delmenico et Alfredo Arango) qui prônaient la victoire avant tout. Les résultats suivirent puisque le club décrocha en 77 son premier championnat colombien. Et un autre en 1980.

Avec ce déguisement, Oscar Borrás fut la mascotte non-officielle du club pendant près de 30 ans. Mais, dans les années 2000, la direction prit la décision d’officialiser cette mascotte. Ainsi, un costume gonflable fut fabriqué et un autre supporteur du nom de Willy Evaristo de la Hoz Martínez prit la relève. Cette mascotte fut donc nommée Willy. Ayant des traits plutôt sympas, certainement dans un soucis de marketing pour attirer, séduire les jeunes supporteurs, la mascotte Willy fut pourtant plusieurs fois suspendue en raison de comportements inappropriés (frottement contre la mascotte adverse ou les pom-pom girls, déchirage de maillot adverses …). Un requin reste un requin.

#312 – Gimnasia y Esgrima La Plata : el Lobo

Le loup. Jusqu’en 1953, le club était caricaturé sous les traits d’un boucher, en raison d’un autre surnom du club : lors triperos (les tripiers, cf. #621). Mais, selon le site du club, Gimnasia était déjà représenté parfois sous la forme d’un loup. Ce dernier surnom gagna en popularité au début des années 1950. En 1953, un dessinateur dénommé Julio Cesar « Pilo » Trouet aimait croquer les clubs de football en les associant à des personnages et ses caricatures accompagnaient les articles du journal « La Plata » sur les rencontres dominicales.

Toutefois, il n’était pas satisfait de l’image du boucher pour le club de Gimnasia y Esgrima. Après en avoir discuté avec des amis, il publia une caricature dans la journal régional « El Día » où le club était représenté sous la forme d’un loup. Pourquoi un loup ? Deux raisons inspirèrent le dessinateur. Tout d’abord, le stade du club, depuis 1929, se situe dans le seul parc de la ville, dénommé Paseo del Bosque. Le stade dont le vrai nom est Estadio Juan Carmelo Zerillo hérita du surnom, el Bosque (la forêt). Or, que trouve-t-on dans une forêt ? Des loups. Ensuite, l’équipe jouait un football rapide, rusé et audacieux, caractéristiques que le loup symbolisait.

Les fans adoptèrent ce symbole lors de la grande campagne de la saison de 1962. Après un début de saison moyen, où le club perdit à domicile 1 à 0 face à son rival d’Estudiantes, Gimnasia y Esgrima demeura invaincu pendant 15 matchs de suite. Ce parcours hissa le club à la première place du classement à quelques matchs de la fin du championnat. Au final, il termina à la 3ème place avec 16 victoires, 6 nuls et 6 défaites. Emmené par les buteurs Alfredo « Tanque » Rojas avec 17 buts et Diego Bayo avec 10 buts, l’équipe marqua 47 buts pour 28 buts encaissés. Comme de nombreuses équipes perdirent dans l’enceinte de Gimnasia y Esgrima, les supporteurs estimèrent que le loup était alors le symbole du club. Aujourd’hui, le loup est la mascotte du club.

#307 – Cruz Azul : los Liebres, los Conejos

Les lièvres, les lapins. Même s’il ne s’agit pas du même animal, les supporteurs comme les journalistes utilisent indifféremment les deux. Pourtant, devenu mascotte du club, dénommé Blu, le conseil d’administration du club statua que la mascotte était un lièvre et non un lapin. Les origines de ce surnom sont multiples même si une version « officielle » se détache. En effet, dans les années 1960 (d’autres avancent dans les années 1940), l’équipe développa un style de jeu vertical, basé sur la vitesse et la mobilité des joueurs. En outre, comme à l’époque, l’équipe évoluait dans un maillot blanc, les supporteurs les comparèrent à des lièvres. Avec les années, ce lièvre se transforma en lapin. L’attribution du surnom fut facilité par le fait que les lièvres et lapins pullulaient dans la région d’Hidalgo où évolue le club. Une autre histoire est avancée et liée à l’usine de cimenterie, à l’origine de la création du club (cf article #81). Quand les ouvriers sortaient de l’usine après une journée de travail, ils étaient recouverts d’une poussière blanche, résidus de la production de ciment, et qui faisait penser au pelage du lapin. Enfin, une dernière histoire, plutôt ironique et assez peu répandue, prétend que ce surnom provient des qualités reproductrices des habitants de la région. Dans les années 50, les familles étaient souvent composées de plus de 5 enfants. Les footballeurs étaient encore plus prolifiques, leur moyen financier leur permettant d’entretenir de plus grandes familles. Les adversaires disaient alors qu’ils se reproduisaient comme des lapins.

#306 – SS Lazio : Aquile, Aquilotti

L’aigle, l’aiglet. L’aigle aux ailes déployés a quasiment toujours protégé le blason du club romain et demeure son symbole fort. Il apparut sur le blason vers 1906 (une lettre du 17 mars 1906 émanant du président de l’époque, Fortunato Ballerini, affiche cet écusson surmonté de l’aigle). Mais, la découverte récente d’une photo montrant le joueur Bruto Seghettini avec un badge métallique arborant le fameux aigle permet de penser que ce symbole remonte à l’année précédente (la photo datant du 1er octobre 1905).

Pourquoi avoir adopté l’aigle ? Il semble que le président Fortunato Ballerini en soit à l’origine. La première hypothèse est qu’il aurait voulu s’ancrer dans les idéaux du fondateur, Luigi Bigiarelli, qui voulait, avec la création de la Lazio, rendre hommage à l’olympisme et la Grèce antique. Or, l’aigle était l’animal favori de Zeus, le Dieu de tous les Dieux, le Dieu de l’Olympe. En outre, l’animal était dans la mythologie grecque un symbole de puissance, de victoire et de prospérité. Quoi de mieux pour inspirer l’équipe. Enfin, l’oiseau permettait également de se rattacher aux origines de la ville. En effet, l’aigle à l’époque de l’Empire romain était le protecteur des légions sur le champ de bataille et, selon la croyance de l’époque, favorisait les victoires des anciens Romains au combat. Il représentait l’étendard des troupes (l’aquila) qui ne fallait pas perdre aux combats sous peine de défaite. Il fut introduit par Caius Marius, pendant son second consulat, entre 104 et 102 av. J.-C., décernant l’aigle à ses légions comme distinction honorifique. L’oiseau était également attaché au Dieu des Dieux de la mythologie romaine puisqu’il était le messager de Jupiter. L’animal avait alors toutes les qualités pour représenter le club.

Mais il se peut que Fortunato Ballerini s’inspira d’un autre club sportif. Très investi dans le milieu sportif naissant de la capitale, il fut l’un des fondateurs en 1898 de l’Audax Ciclistico Italiano, une association cycliste dont l’emblème était une roue surmontée d’un aigle. Enfin, une autre hypothèse suppose que Fortunato Ballerini puisa cette idée dans une autre de ses passions : la randonnée. D’ailleurs, la Lazio ouvra en 1906 une section randonnée sous son impulsion. Amoureux de la nature et des grands sommets, Fortunato Ballerini adorait les balades en haute altitude et lors de ces excursions, il admirait souvent le rapace pour sa majesté. Ainsi, il décida de doter le club de ce symbole. Certainement que tous ces éléments jouèrent dans l’adoption par la Lazio de l’Aigle. En tout cas, aujourd’hui, il est bien ancré dans la vie du club. Au point, qu’en 2010, le président Lotito, fit voler un aigle dans le stade avant un match face au Milan AC. Depuis, ce spectacle est devenu une tradition et l’aigle adopté fut nommé Olimpia, en hommage à l’olympisme cher au fondateur. Cette tradition fit même des émules auprès du club bulgare du Ludogorets Razgrad.

#305 – Club Universidad de Chile : el León

Le lion. Drôle de surnom pour ce club qui affiche une chouette sur son blason et dont justement son surnom est la chouette (cf article #26). Dans les années 60, le club argentin d’Estudiantes La Plata domina le football sud-américain et même mondial. Sous la houlette de l’entraîneur Osvaldo Zubeldía, le club argentin mit en place une équipe jeune terriblement douée, dont Carlos Bilardo est le capitaine. Cette équipe brisa d’abord l’hégémonie des 5 grands clubs argentins (River Plate, Boca Juniors, Racing Club, Independiente et San Lorenzo) en remportant le championnat de 1967. Dans la foulée, le club remporta la Copa Libertadores 3 fois de suite (1968, 1969 et 1970), première équipe à réaliser cet exploit. Puis, en 1968, Estudiantes grimpa sur le toit du monde en battant le Manchester United de Georges Best lors de la finale de la Coupe Intercontinentale. L’équipe d’Estudiantes était alors surnommé el Léon (le lion). L’une des légende indique que ce surnom fut hérité du style de jeu de cette équipe qui se battait comme un lion sur le terrain et dont les attaques griffaient ces adversaires. A cette époque, la Universidad vivait aussi une époque dorée mais seulement au niveau national (Champion du Chili en 1962, 1964, 1965, 1967 et 1969). L’équipe jouait un football offensif et technique. Les deux équipes s’affrontèrent et l’équipe chilienne battit Estudiantes. La presse chilienne s’emballa devant ce qu’elle qualifia de démonstration de beau football et surnomma alors la Universidad el león chileno (le lion chilien), en référence au surnom de l’équipe argentine. Aujourd’hui, le lion est devenu la mascotte du club.

#295 – Sporting Portugal : os Leões

Les lions. L’animal apparaît rampant sur le blason du club et ce, dès sa création en 1907. La création de l’emblème remonte aux premiers jours du club et résulta d’échanges entre les cousins José Alvalade (fondateur du club), José Roquette, António Rebelo de Andrade et Dom Fernando de Castelo Branco, Marquis de Belas, à l’été 1905. Ce dernier portait une chevalière avec les armes de sa famille, un lion rampant sur fond bleu. Dom Fernando de Castelo Branco accepta en 1907 que le club reprisse les armes de la famille. Toutefois, il demanda que la couleur bleu ne figurasse pas sur le blason du club. Il fut alors décidé de mettre le lion rampant sur un fond vert, cette couleur exprimant l’espoir placé dans la nouvelle institution.

#290 – FC Krasnodar : быки

Les taureaux. L’animal est l’emblème du club, qui s’affiche sur le blason. En 2008, à la fondation du club, les dirigeants choisirent le bœuf comme emblème car l’animal véhiculait des valeurs de persévérance et de travail acharné. Sauf que la direction n’avait pas pris en compte que le bœuf est un taureau castré ce qui facilitait les blagues et les surnoms peu flatteurs donnés par les supporteurs adverses. Le plus commun était de dénommer les joueurs de Кастраты (castré). Résultat, le club changea son fusil d’épaule et indiqua que l’emblème était désormais un taureau.

#289 – Guangzhou FC : 华南虎

Les tigres de Chine méridionale. Vous ne pouvez pas manqué l’animal sur le logo du club. Affichant une allure féroce et fière, sortant d’un lit de flamme, le tigre occupe la place centrale sur le blason et est le symbole du club, depuis sa reprise en 2010 par le groupe immobilier chinois Evergrande Group. Le tigre porte une symbolique forte, en particulier en Asie. En Chine, il représente le roi des animaux et ne connaît aucun prédateur. Il est traditionnellement une des quatre créatures majeures de l’art chinois avec le dragon, le phénix et la tortue et est le troisième animal, par ordre d’arrivée, dans l’astrologie chinoise. Il symbolise la puissance et l’élégance, ainsi que la capacité d’adaptation. Outre cette symbolique forte, il existe une race de tigre originaire du sud de la Chine, en particulier la province de Guangdong (dont Guangzhou est la capitale), dénommé « tigre de Chine méridionale ». La population était estimée à 4 000 au début des années 50 mais, en raison du braconnage, de la réduction de sa zone d’habitat et des conflits avec l’homme, il n’y aurait plus de tigres à l’état sauvage. Aujourd’hui, sa population se réduirait à 177 d’individus, tous en captivité même s’il existe des tentatives de réintroduction dans la nature. Ce tigre est classifié comme espèce en danger critique d’extinction par l’UICN depuis 1996. Espérons que la mascotte du club, C-Tiger, ne devienne jamais l’unique exemplaire de cette espèce.