Les panthères. Fondé le 1er août 1903 sous le nom de The Boavista Footballers, le club résulta de la détermination de deux frères anglais, Henry « Harry » Lowe et Richard « Dick » Lowe, dont le père leur avait offert un ballon importé d’Angleterre, et de quelques jeunes portugais, qui vivaient tous dans la quartier de Boavista. Les membres fondateurs optèrent pour un maillot et un short noir, équipement qui faisait leur fierté. Au fil des années, le maillot évolua pour finalement en 1933 arriver à leur maillot unique à damier, noir et blanc. Mais, quelque soit l’époque et le style, le noir demeura une des couleurs dominantes. Ainsi, la panthère, principalement connut pour son pelage noire, devint à la fois le surnom et le symbole du club. Une statue de panthère noire et agressive trône devant le stade. Malheureusement, que peut faire une panthère face à dragon (cf article #6).
Étiquette : Couleurs
#349 – Inter Milan : Nerazzurri
Les noirs et bleus. La tenue traditionnel de l’Inter se compose d’un maillot à rayures verticales noires et bleues, combinée avec un short et des chaussettes noirs (à partir de 1924, avant le short étant blanc). En 1908, une dissidence se créa au sein du Milan Cricket and Football Club (futur AC Milan) et le 9 mars, un groupe d’italiens et de suisses s’éloignèrent du Milan, en fondant l’Internazionale. Les raisons de ce schisme étaient multiples mais la principale demeura le refus du Milan d’intégrer des joueurs étrangers. Les dissidents créèrent donc un club qui acceptait des joueurs étrangers sans limites ainsi que des italiens (d’où le non Internazionale). La fondation eut lieu au restaurant « Orologio » de la Piazza del Duomo à Milan, le 9 mars 1908, en fin de soirée.
Le peintre futuriste Giorgio Muggiani, l’un des membres, réalisa le premier blason du club et choisit également les couleurs du club, noir et bleu. Un des fondateurs déclara plus tard que « Questa notte splendida darà i colori al nostro stemma: il nero e l’azzurro sullo sfondo d’oro delle stelle. Si chiamerà Internazionale, perchè noi siamo fratelli del mondo » (Cette merveilleuse nuit donnera les couleurs de notre blason : noir et bleu sur le fond doré des étoiles. Il s’appellera International, parce que nous sommes frères du monde). Le choix du noir et du bleu résulterait donc du moment de la création du club, en représentant les couleurs du ciel.
Mais, la réalité serait moins « romantique ». Une des premières versions raconte que le bleu fut choisi car, à l’époque, il existait des crayons bicolores, rouge d’un côté et bleu de l’autre. Symboliquement le bleu était opposé au rouge, couleur qui était celle de l’ancien club des dissidents et futur rival, l’AC Milan. Mais, selon une autre version encore moins poétique, le peintre n’avait que deux couleurs sur sa palette : le noir et le bleu.
En 1928, suite à la fusion avec l’Unione Sportiva Milanese, imposée par le régime fasciste, le club fut contraint d’adopter un maillot blanc arborant une immense croix-rouge (reprenant alors le drapeau de Milan) accompagné d’un short noir. Cependant, déjà la fin de la même saison, l’Inter recommença à porter les rayures verticales noires et bleues plus habituelles.
#347 – Caracas FC : el Rojo
Le rouge. L’un des plus beaux palmarès du football vénézuélien évolue en maillot rouge, ce qui donna son surnom à l’équipe. Pourtant, à la création du club en 1967, le club opta pour un maillot blanc, un short bleu marine et des chaussettes blanches. Toutefois, comme deuxième uniforme, les fondateurs choisirent un maillot rouge, un short blanc et des chaussettes blanches, les couleurs dans lesquelles évoluait l’équipe nationale). Jusqu’en 1989, le club oscilla entre les ligues amateurs et quelques percées vers les ligues de seconde et première division. Toutefois, à la fin des années 80, les problèmes financiers persistaient qui conduisit à la vente du club au Docteur Guillermo Valentiner, ce donna un coup de pouce important à la structuration et l’essor du club. Le Docteur Guillermo Valentiner, propriétaire du laboratoire pharmaceutique Vargas, créa une structure dénommée Organización Deportiva Cocodrilos qui racheta l’équipe de basket de Caracas, qu’il dénomma Cocodrilos de Caracas, et le club de football du Caracas FC. Il décida d’unifier les couleurs des deux clubs vers le rouge. Pourquoi le rouge ? Selon la légende, Docteur Guillermo Valentiner était un fan du Bayern Munich. L’autre surnom du club est los Rojos del Ávila (les rouges d’Ávila), Ávila étant le massif montagneux qui domine la ville de Caracas.
#340 – CA Newell’s Old Boys : Rojinegros
Les rouges et noires. Le club qui rapatria Diego Maradona après ces derniers déboires européens et qui lui permit de participer à la Coupe du Monde 1994. Des anciens étudiants du Colegio Comercial Anglicano Argentino qui souhaitaient poursuivre le football qu’ils apprirent au collège fondèrent le club en 1903. Le directeur de l’école, l’immigrant anglais, Isaac Newell, avaient importé le football à Rosario. En son honneur, le club prit son nom. Les couleurs du club furent également influencées par la famille Newell, dont le fils, Claudio Lorenzo Newell, faisait parti des membres fondateurs. Le rouge représentait la couleur du drapeau anglais, patrie de Isaac Newell, tandis que le noir, la couleur du drapeau allemand, les parents de sa femme, Katherine Gertrude Dodd, étant allemand.
#331 – Liverpool FC : Negriazules
Les noir et bleu. Il s’agit bien évidemment d’une référence aux couleurs du club, qui a toujours évolué avec ces deux couleurs. Né en 1915, les fondateurs optèrent pour le nom de Liverpool pour rendre hommage à l’équipe anglaise des Reds, déjà deux fois championne d’Angleterre à cette époque. Non seulement les anglais inventèrent le football mais surtout au début du XXème siècle, ils l’exportèrent un peu partout dans le monde. Sous influence et dans l’admiration, les jeunes qui créaient des clubs souhaitaient les angliciser, soit dans le choix du nom, soit dans celui des couleurs ou du style de maillot. L’Uruguay n’échappa pas à cette mode et ainsi naquit le Montevideo Wanderers (cf article #150), Dublin FC ou encore le Bristol FC. Les membres fondateurs du Liverpool FC, étudiants du Colegio de los Padres Capuchinos, cherchèrent également un nom anglais et se penchèrent donc sur une carte du pays. L’un d’eux, José Freire, arrêta ses yeux sur la ville de Liverpool et se souvint de l’insistance de son professeur de géographie à mentionner cette ville comme le principal port exportateur de charbon d’Angleterre. Ainsi, presque tous les navires anglais qui opéraient à Montevideo provenaient de Liverpool. Un lien existait donc entre les deux villes et son équipe de football était forte. Ceci justifia de retenir Liverpool comme nom. Toutefois, l’hommage rendu au club anglais se limita au nom car les fondateurs retinrent les couleurs noir et bleu (et non le rouge). En fait, ils souhaitèrent cette fois rendre hommage à deux autres clubs de football mais uruguayens. Le bleu était associé au club dénommé Titán, champion d’une ligue régionale. Le noir était la couleur du club de Defensa, une autre équipe renommée de l’époque.
#330 – SK Sigma Olomouc : Modrá Lavina
L’avalanche bleue. Fondé en 1919, le club opta pour la couleur bleue seulement à la fin des années 60. A sa fondation, par manque de moyen, les joueurs apportèrent leurs propres équipements et épinglaient simplement un écusson siglé FHK (FK Hejčín était l’ancien nom) sur leur vêtement. Quelques années après, le club s’équipa grace au soutien d’un ancien légionnaire tchèque, Alois Trefil. Les maillots étaient alors noirs, avec des cols et des poignets blancs.
Dans l’Union soviétique communiste et dans ses satellites d’Europe de l’Est comme la Tchécoslovaquie, tous les aspects de la vie sociale étaient politisés, y compris le passe-temps le plus populaire sur le continent à l’époque : le football. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, où les organisations civiles furent appauvris, les clubs tchèques soutenus avant guerre par de riches mécènes recherchaient dans cette nouvelle organisation des nouveaux sponsors. Ainsi, en 1947, le club s’associa une première fois à un sponsor, l’usine sidérurgique, Moravské Železárny (MŽ), en changeant de nom, TJ MŽ Olomouc. Puis, en 1966, si le club voulait franchir un cap et rejoindre l’élite footballistique tchécoslovaque, il fallait se lier à une entreprise économiquement forte. Sigma, une société spécialisée dans les pompes industrielles, dont le siège se situait à Lutín, dans le district d’Olomouc, apporta son soutien financier au club. L’entreprise avait le vent en poupe à cette époque. En 1965, le groupe Sigma, qui regroupait tous les fabricants de pompes et de vannes de l’ancienne Tchécoslovaquie, fut créé. Et 3 ans plus tard, la société allait fêter son centenaire.
Ce soutien financier modifia la symbolique du club de football. D’une part, le nom du club intégra celui de l’entreprise. D’autre part, le club adopta les couleurs de l’entreprise, bleue et blanche. Pourtant, dans les 40 qui suivirent, le club osa quelques nouveautés vestimentaires, rouge, orange voire même des maillots verts et noirs à rayures horizontales. Mais, ces excentricités ne durent jamais très longtemps car ces couleurs n’avaient aucun lien avec l’histoire du club.
#329 – AFC Bournemouth : the Cherries
Les cerises. Cette année, il est vrai que le club essaye de se refaire la cerise en Championship après avoir été relégué de Premier League la saison précédente suite à une erreur de la goal-line technology lors du match face à Aston Villa. Mais, l’origine de son surnom remonte à bien plus loin que cette épisode malheureux. Deux explications s’affrontent.
La première fait référence à la couleur rouge du maillot qui fait penser à ce fruit. Le maillot a évolué entre 1899 et aujourd’hui. Jusqu’en dans les années 1920, le club portait des maillots similaires à Southampton ou Sunderland, ie un maillot rayé verticalement rouge et blanc avec un short bleu. Puis, le club changea pour un maillot rouge et blanc, dans le style d’Arsenal. Pendant toutes les années 60, les joueurs portèrent un maillot intégralement rouge. Puis au début des années 70, le noir apparaît au côté du rouge dans un maillot de nouveau rayé verticalement. Retour au rouge intégrale au milieu des années 70. Puis, finalement, à compter de 1990, le club opta pour un maillot noir et rouge, principalement à rayures verticales, le rouge s’étant même foncé. Au final, le maillot changea mais la couleur rouge resta toujours et de façon dominante.
La seconde version installe l’origine de ce surnom en 1910. La famille Cooper-Dean accorda au club un bail emphytéotique sur des terrains vagues à côté de Kings Park. Le nouveau stade du club, nommé Dean Court, y fut construit et demeure encore aujourd’hui l’enceinte de Bournemouth. Selon la légende, ces terrains étaient situés près d’un vergers de cerisiers.
#327 – Club Universitario de Deportes : los Cremas
Les crèmes. Le club péruvien n’a pas acquis l’un des plus beau palmarès du pays en étant gentil, une crème. Il ne fut pas non plus fondé en 1924 par la confrérie des pâtissiers de Lima. Ce surnom fait référence à la couleur particulière du maillot : crème. Cette couleur est en effet plutôt rare dans le football et au départ, le club opta pour une couleur plus classique. Jusqu’en 1932, le maillot était intégralement blanc avec un U rouge encerclé, pour écusson sur la poitrine. La légende veut qu’en 1932, l’équipe allait disputer un match mais elle n’avait pas son uniforme. En effet, ce dernier avait été envoyé à la blanchisserie et n’était pas encore revenu. La direction mit alors la pression sur la blanchisserie pour récupérer au plus vite les maillots. Sous la pression, les laveurs n’enlevèrent pas les écussons rouges des maillots blanc. Le rouge délava sur le maillot, lui donnant cette couleur crème particulière. Dans l’impossibilité de trouver un nouveau kit, les joueurs se présentèrent avec ce maillot crème et gagnèrent le match. Les succès s’enchaînèrent et par superstition, il ne fut plus question de racheter un jeu de maillot blanc. Une autre histoire, moins répandue, raconte que le fabricant se trompa en envoyant des maillots de couleur crème. Quoiqu’il en soit, la crème a pris et n’est pas prête de tourner.
#323 – JS Kabylie : الكناري
Les canaris. Pour une équipe portant des maillots jaune et vert, il s’agit du surnom classique. Pourtant, de 1946 à 1981, le club évolua en rouge et vert. Le choix de ces couleurs fut faîte par défaut car, manquant de moyen, la JS Kabylie fonctionna sur la base de don pour s’équiper. Ainsi, Mansour Abtouche, kabyle et gardien de but du MC Alger, sollicita son club qui accepta de donner de ses équipements pour aider une nouvelle équipes d’indigènes. Ainsi, le club kabyle porta pendant de nombreuses années les mêmes couleurs que son futur rival (les deux clubs étant aujourd’hui des frères enemies du Championnat algérien). Puis, pour sa première finale continentale (la Coupe d’Afrique des Clubs Champions), l’équipe changea de maillots pour passer au jaune et vert. C’était également les couleurs traditionnelles de l’équipe congolaise adverse, AS Vita Club, mais qui arborait alors des maillots vert et blanc. Le choix du jaune et vert avait l’objectif de créer un lien avec la ville de Tizi-Ouzou, où résidait le club. Tizi-Ouzou signifie en berbère « col des genêts », les genêts épineux étant assez nombreux dans les cols qui entourent la ville. Or, cette arbuste se compose d’une tige verte et d’une fleur jaune. Avec la victoire (5-0 au total) et ce premier sacre continental, ces couleurs étaient définitivement adoptées.
#317 – Real Madrid : Blancos, Casa Blanca
Les blancs, la maison blanche. La couleur blanche est indissociable du club madrilène et ce depuis sa création en 1902. Dans les statuts du club, les fondateurs établirent que l’uniforme réglementaire se composerait d’une chemise blanche, d’un pantalon bleu foncé et de chaussettes foncées. Des pantalons et des chaussettes qui avec le temps deviendront totalement blancs. Deux légendes coexistent pour expliquer le choix de cette couleur. Au début du football, il aurait été courant de jouer avec un maillot blanc et presque toutes les équipes portaient du blanc. La raison de ce penchant immaculé était le prix des équipements. Les équipes pouvaient se procurer facilement des chemises blanches à des prix compétitif alors que les tenues colorés venant d’Angleterre étaient onéreuses. Au fil du temps, les équipements se démocratisèrent et de nombreux clubs choisirent de coloriser leurs uniformes mais le Real Madrid continua à utiliser des maillots blancs, sous prétexte qu’il était l’un des plus anciens clubs madrilènes.
L’autre version est celle qui est la plus connue. Les fondateurs auraient choisi le maillot blanc avec un pantalon et des chaussettes noires pour rendre hommage au club anglais des Corinthians FC, qui évoluait dans cette tenue. Ce dernier était un club amateur basé à Londres et fondé en 1882 par Nicholas Lane Jackson, secrétaire adjoint de la Fédération Anglaise. Jackson voulait rassembler dans ce club les meilleurs joueurs amateurs pour rivaliser avec l’équipe nationale d’Ecosse, qui dominait alors les débats. En outre, le club défendit un certain football, promouvant l’esprit sportif et le fair-play, et jouant pour l’amour du jeu. Le club anglais inspira ainsi plusieurs nouveaux clubs naissant. Le Real Madrid en aurait repris les couleurs et les brésiliens du Sport Club Corinthians Paulista copièrent le nom. Mais, en 1925, le club subit deux défaites sévères face à Barcelone (5-1 à domicile et 3-0 dans la capitale catalane) et le président Pedro Paragés conclut que les tenus foncées étaient la cause de ces deux revers. Le short tourna alors blanc et 26 ans plus tard les chaussettes suivirent.
