#268 – Royal Charleroi SC : les Zèbres

Comme la Juventus, le club a hérité de son surnom en raison de son maillot rayé noir et blanc. Il fut utilisé par les journalistes à compter de 1926 quand le club remonta en promotion après avoir été sacré champion du Hainaut. Modeste village dont les premières traces remontent à 863, la ville connut un essor significatif quand elle devint une forteresse espagnole en 1666. La ville tomba alors dans le domaine de Philippe-Balthazar de Gand, dit Vilain, prince de Masmines, comte d’Isenghien et de Middelbourg, Seigneur des Villes de Lannoy, de Watten et de Charleroi dont le blason était de sable au chef d’argent (ie noir et blanc). Ces couleurs perdurèrent au fil des successions et des nouveaux possesseurs et la ville hérita de ces deux couleurs dans son premier blason de 1847. Elles s’y trouvent encore aujourd’hui. Certainement que cela inspira les fondateurs du club pour trouver les couleurs du maillot du club.

Par ailleurs, l’utilisation du noir ne faisait pas injure à la ville qui se situe dans la province de Hainaut, surnommée le Pays Noir, en raison de son passé minier Long d’Est en Ouest de près de 45 km, large d’une bonne dizaine de kilomètre, ce bassin houiller couvrait la région de Charleroi et s’étirait jusqu’à Namur. Des documents attestent de l’exploitation de charbon dans la région dès le XIIIème siècle (1251), mais ce fut les révolutions industrielles du XVIIIème et XIXème siècle qui démultiplièrent les capacités de production et transformèrent ce pays. En 1770, le Pays Noir comptait 32 exploitations de grande taille puis, en 1830, déjà 128 puits dont le plus profond atteignait 200 mètres. En 1840, la production du Pays Noir dépassait celle du bassin de Liège et 25 ans plus tard, celle du Borinage, devenant ainsi le premier bassin houiller belge. L’extraction de charbon atteignit 7,7 millions de tonnes en 1897 et 8,6 millions de tonnes en 1910. Le bassin était alors dominé par la société des Charbonnages de Monceau-Fontaine (fondé en 1807) dont la concession s’étendait sur 7 260 hectares et 25 localités (la distance entre les deux puits les plus éloignés était de 16 km). Sa production atteignit à son apogée 2 millions de tonnes de charbon et la société devint le premier producteur belge de houille, employant plus de 10 000 personnes. A partir de l’entre deux-guerre, l’économie du charbon en Belgique démarra un long déclin. En 1929, dans le bassin houiller de Charleroi, 42 300 mineurs travaillaient dans 79 fosses pour une production annuelle de 7,8 millions de tonnes de charbon. En 1950, 18 sociétés se partageaient 57 puits pour une production de 6,7 millions de tonnes de charbon, ce qui correspondait à 33% de la production wallonne et 25% de la production belge. A partir des années 1960, avec la concurrence internationale, les puits fermèrent les uns après les autres et les derniers wagonnets de charbon remontèrent le 29 septembre 1984.

Enfin, à noter que le football à Charleroi se partage entre deux clubs : le Sporting et l’Olympic. Malgré leur fort antagonisme, les deux formations évoluent dans les mêmes couleurs, noir et blanc. Or, ce n’est pas l’Olympic qui inspira le Sporting mais l’inverse. Profitant de discordes au sein de la direction du Sporting, l’Olympic récupéra les kits du Sporting et évolue depuis dans les mêmes couleurs que son rival (à l’exception du début des années 1970 où l’Olympic joua en rouge et blanc).

#260 – Glasgow Rangers : the Light Blues

Les bleus clairs. Oui, les Rangers jouent en bleu. Mais, officiellement, il s’agit d’un bleu royal et non clair. Pour les supporteurs, il est surtout utilisé par les journaux mais peu ou pas du tout par eux. Ce surnom est donc surprenant et la raison de son apparition n’est pas clairement établie.

Le surnom pourrait malgré tout faire référence à la couleur des maillots du club. Fondé en 1872, le club opta immédiatement pour un maillot bleu. Les photographies de l’époque (en noir et blanc) laissent supposer que le maillot bleu était alors plutôt clairs. Toutefois, dans son livre « The Story of the Rangers – Fifty Years of Football 1873-1923 » , John Allan écrit qu’un procès-verbal du comité de direction de 1883 décréta un retour du club au maillot uni bleu royal. En effet, durant 4 ans, de 1879 à 1883, le club jouait avec un maillot rayé bleu et blanc. Ainsi, ce décret confirmerait que l’équipe ne portait pas de maillot clair avant 1879. Cet adjectif clair aurait peut-être eu pour raison de distinguer le bleu porté par les Rangers des maillots bleus sombres portés par d’autres équipes écossaises telles que Dundee FC (qui a pour surnom the dark blues) et Vale of Leven FC.

Néanmoins, selon un autre version, ce light pourrait faire référence au style de jeu de l’équipe plus qu’à qualifier la teinte du bleue. Cette autre histoire se rattache également et indirectement au club de Vale of Leven. Après une finale de Coupe d’Écosse contre Vale of Leven (les deux clubs s’étant affrontés deux fois en finale en 1876-1877 et 1878-1879), des journalistes décrivirent l’équipe des Rangers comme « light and speedy blues » (des bleus légers et rapides).

#257 – Sevilla FC : Rojiblancos

Les rouges et blancs. Ville portuaire, la ville entretenait des liens économiques forts avec le Royaume-Uni. Outre les liaisons maritimes, ces liens existaient au travers des usines où des entrepreneurs anglais avaient investis et où des ouvriers anglais avaient immigrés. Une des compagnies maritimes anglaises se dénommait MacAndrews et dont le co-propriétaire était Edward Farquharson Johnston, vice-consul britannique à Séville. Comme souvent à cette époque, cette immigration anglaise importa ses coutumes dont le football. En 1890, Edward Farquharson Johnston participa, aux côtés de jeunes espagnoles de descendance anglaise, à la fondation du club qui servira plus tard de base pour la création officielle du FC Séville. Le capitaine des premières années étaient l’écossais Hugh Mac-Coll, qui travaillait en tant qu’ingénieur pour la grande fonderie locale. En 1895, ce dernier rentra en Angleterre pour créer son entreprise à Sunderland, près du stade du club de football. En 1908, 3 ans après la fondation officielle du FC Séville, le club chercha de nouveaux maillots et demanda à l’un de ses membres anglais, John Wood, également capitaine du SS Cordova, bateau de la MacAndrews, de s’en procurer auprès de Sunderland, qui était un club phare du championnat anglais. Hugh Mac-Coll fut alors un intermédiaire pour faciliter l’échange avec le club de Sunderland. C’est ainsi que le rouge et blanc devient les couleurs du club andalous.

Une autre hypothèse est avancée concernant ce choix de couleurs. Dans le quartier supérieur gauche de l’écusson du club, apparaît 3 personnages. Le Roi Ferdinand III de Castille entouré de Saint Isidore et Saint Léandre, deux archevêque de la ville du VIIème siècle. Ferdinand III marqua profondément l’histoire de l’Espagne médiévale. D’une part, mort dans la ville en 1252, il délivra Séville et une grande partie de la péninsule ibérique du joug maure. D’autre part, son influence politique fut considérable, notamment en unifiant définitivement les royaumes de Castille et de León, en 1230. Ses armes reprenaient alors celles de ces deux royaumes et dont les principales couleurs était le gueules (rouge) et l’argent (blanc). Le club aurait voulu lui rendre hommage en reprenant ses couleurs.

Comme le maillot est rayé, il n’y a pas d’ordre dans les couleurs. D’où le surnom s’inverse également en blanquirrojos (les blancs et rouges).

#255 – Maccabi Haifa FC : הירוקים

Les verts. Fondé en 1913, le club évoluait dans les couleurs traditionnelles du mouvement sioniste et sportif, Maccabi, soit le bleu et le blanc. Puis, en 1953, le club changea pour le vert, un peu par hasard. En effet, le club mandata l’un de ses membres, Avigdor Hershkovitz, de faire une tournée de levée de fonds aux Etats-Unis. Le club avait acquis une petite renommée suite à une tournée américaine réalisée en 1927 où le club remporta de nombreux matchs mais perdit la moitié de son effectif qui préféra rester au pays de l’Oncle Sam. Hershkovich rencontra un millionnaire juif qui possédait un magasin de vêtement. Ce dernier lui proposa d’équiper toute l’équipe avec un nouvel uniforme. Hershkovich consulta alors la direction du club pour connaître s’il y avait une couleur particulière souhaitée. Face à cette générosité et ne voulant pas abuser de la situation, la direction indiqua que la couleur n’était pas importante, tant que les uniformes n’étaient pas rouge, la couleur du rival local, l’Hapoel Haifa (qui comme toutes les équipes du mouvement sportif Hapoel portaient des maillots rouges). Finalement, le confectionneur fournit un kit complet de couleurs vert et blanc . Avec ce nouvel uniforme, l’équipe remporta une série de victoires qui convainquit les joueurs et la direction de conserver ces couleurs.

#248 – Leeds United FC : Whites

Les blancs. L’équipe n’a pas toujours portée un uniforme blanc. Au cours des 15 premières années, le kit du club était calqué sur les chemises rayées bleues et blanches de Huddersfield Town car le président de ce dernier, Hilton Crowther, qui avait prêté 35 000 £ à Leeds, était tenté de fusionner les deux entités. En 1934, Leeds passa à des maillots coupées en deux avec une partie bleue et l’autre jaune, couleurs principales du blason de la ville, qui furent adoptées au milieu du XVIIème siècle.

A l’issue de la saison 1962, le club échappa de justesse à la relégation en 3ème division, grâce à une victoire au dernier match, et rencontrait des difficultés financières. La direction prit la décision de confier les rênes de l’équipe à un ancien joueur de 33 ans, Don Revie. Ce dernier décida de donner une nouvelle impulsion au club. Ceci passa notamment par le changement de couleurs. Il fit adopter une combinaison toute blanche, en référence à l’équipe qui dominait l’Europe, le Real Madrid (Madrid avait déjà remporté à cette époque les 5 premières Coupes des clubs champions et une Coupe intercontinentale). Son objectif était d’inspirer les joueurs et encourager les supporteurs que United pouvait rencontrer le même succès que l’équipe espagnole. Evidemment, pour les observateurs de l’époque, cette comparaison sembla absurde.

Mais, Don Revie prit plaisir à leur donner tord. Il obtint le titre de 2ème division dès 1964 et remporta même la Premier League en 69 et en 74. Au final, au cours de ses 13 années à la tête du club, Revie guida Leeds vers 2 titres de champion d’Angleterre (1969 et 1974), une FA Cup (1972), une Coupe de la Ligue (1968), deux Coupes des villes de foire (Europa League, 1968 et 1971), un titre de deuxième division (1964) et un Charity Shield (1969). Le club atteignit également trois fois la finale de la FA Cup, une finale de la Coupe des villes de foire (1967) et une finale de la Coupe des vainqueurs de coupe (1973) ainsi qu’une demi-finale de la Coupe des Clubs Champions (1970). L’équipe termina aussi deuxième de la première division à cinq reprises, troisième une fois et quatrième deux fois. Dans une enquête réalisée par le magazine Total Sport auprès de grands écrivains, historiens et universitaires du football, le Leeds United de Revie a été élu comme l’une des 50 plus grandes équipes de football de tous les temps. Avant la nomination de Revie, le club n’avait aucun palmarès. Absurde la comparaison ? Inspiration manquée ?

#247 – Independiente Santa Fe : los Cardenales

Les cardinaux. Plusieurs versions se rapportent à ce surnom mais ils font tous référence à la couleur rouge que les maillots du club arborent. Ainsi, ce maillot rappellerait le rouge des habits des cardinaux ou celui du plumage du Cardinal Rouge (sachant que cette oiseau tire son nom de la couleur rouge du plumage du mâle qui rappelle les vêtements rouges des cardinaux). Au final, tout revient aux cardinaux catholiques. Pourquoi le club joue en rouge et blanc ? Là aussi, il existe plusieurs versions. Une chose est sure, lors de son premier match, l’équipe évoluait avec un maillot bleu. Mais, la couleur souffrit au fil des lavages. Le club confectionna un nouvel uniforme en vert pour le remplacer. Mais, ces derniers se délavèrent également. Les supporteurs et l’un des fondateurs du club décidèrent de passer au rouge et blanc en référence au club anglais d’Arsenal. En mai 1942, Santa Fe fut invité à jouer dans la première division de la Ligue de Bogota. Il affronta alors la puissante équipe de l’Université, match auquel le club porta pour la première fois son maillot rouge à manches blanches. Il le remporta 7 buts à 3.

#246 – Hambourg SV : Rothosen

Les pantalons rouges. La particularité du club est de porter des maillots blancs avec des shorts rouges (d’où le surnom) alors que les couleurs de son écusson sont le bleu, le noir et le blanc. Cette multitude de couleurs résulte de la naissance du club. Le HSV naquit le 1er Juillet 1919 de la fusion de 3 clubs plus anciens : SC Germania 1887, Hamburger FC 1888 et FC Falke 1906. Comme dans beaucoup de fusion, le choix des symboles (couleurs, blason …) du nouveau club était un élément important pour la suite de l’aventure. Les symboles d’un club prendraient-ils le pas sur les autres ? Fusionner les symboles des 3 clubs ? Ou alors faire table rase du passer et doter le nouveau club de symboles neufs ?

Le choix des membres fondateurs fut un entre-deux. D’une part, ils décidèrent de donner au blason du club les couleurs des 3 anciens clubs (SC Germania 1887 (bleu et noir), Hamburger FC 1888 (bleu foncé et blanc) et FC Falke 1906 (bleu et blanc)). D’autre part, pour les combinaisons portées par les joueurs, ils décidèrent de rendre hommage à leur ville, Hambourg, et optèrent pour les couleurs de la ville, le rouge (pour le short) et le blanc (pour le maillot). Ces deux couleurs municipales reprenaient celles de la Ligue Hanséatique. Cette association réunissait des villes de commerce souvent portuaires (mer et fleuve), principalement situées au nord de l’Europe (et particulièrement en Allemagne). Ces cités se caractérisaient donc par leur forte activité marchande ainsi que leurs flottes de navires qui permettaient les échanges. Ces derniers arboraient des fanions qui étaient souvent rouge et blanc, certainement car ces couleurs se distinguaient bien en Mer.

#244 – Gençlerbirliği SK : Alkaralar

Les rouge et noir. Deux versions s’affrontent pour expliquer le choix de ces couleurs. Les étudiants, qui souhaitaient créer un club de football car ils n’avaient pas été retenus par l’équipe de leur lycée, avaient du mal à trouver un mécène. Finalement, le père d’un des fondateurs, député de la province, accepta de soutenir l’équipe et sa première demande fut de trouver un jeu de maillots. Les jeunes se rendirent dans le seul magasin qui en vendaient et les seuls maillots disponibles étaient rouge et noire.

Pour d’autres, le choix de ces couleurs résulte des fleurs de pavot. Gençlerbirliği fusionna rapidement avec l’équipe du lycée, dont les fondateurs de Gençlerbirliği avaient été exclus et supporté par l’association des professeurs. Lors de la réunion organisée pour l’unification des clubs, en signe de bonne volonté, les lycéens de Gençlerbirliği offrirent un bouquet composé de fleurs de pavot, communes dans les steppes d’Ankara, au directeur du lycée et au président de l’Association des enseignants. Les couleurs rouge-noir de ces fleurs furent alors choisies comme celles du club.

#242 – Juventus Turin : Bianconeri

Les blancs et noirs. La Juventus est connu notamment par son maillot rayé noir et blanc, que le marketing d’Adidas commence à ne plus respecter … Pourtant, ce maillot ne fut pas le premier choix du club et résultat même d’une erreur du fournisseur. Les premières couleurs du club fut le rose et noir. Aujourd’hui, la couleur rose est devenu à la mode mais à l’époque, ce choix constituait plus qu’une singularité. En réalité, les contraintes financières s’imposèrent aux fondateurs qui durent choisir le tissu le moins onéreux, le vichy rose. Mais la mauvaise qualité des maillots fit qu’au fil des rencontres, le rose devient blanchâtre. En outre, le rose atteignait la virilité du club et de ses joueurs. En 1903, insatisfaits, les dirigeants décidèrent de changer de couleur.

Là, les versions diffèrent. Une légende raconte qu’ils commandèrent à leur fournisseur anglais des maillots rouges semblables à ceux du club de Nottingham Forest, et par malheur, une erreur fit qu’on leur livra des maillots rayés blancs et noirs, de l’autre club de la ville, Notts County. A la réception de la commande, les turinois ne furent pas ravis mais, comme le premier match de championnat était proche, il était trop tard pour les renvoyer.

L’autre version repose sur John Savage, un négociant en gros de produits textiles à Turin et joueur de football. Après avoir joué pour le Torino, il rejoignit la Juventus en 1901. Originaire de Nottingham, John Savage fournit les nouveaux maillots au club, en prenant ceux de son équipe de cœur, Notts County. Ses nouvelles couleurs furent perçues comme un symbole de « simplicité, d’austérité, d’agressivité et surtout, de pouvoir » .

#241 – FC Rapid Bucarest : Alb-vișiniii

Les blanc et grenat (ou pourpre ou cerise en fonction de la traduction). Ceci traduit le rouge violacé du maillot du club. A la création du club, le choix de ces couleurs résulta d’une déduction pratique. Le 25 juin 1923, les fondateurs, des cheminots des ateliers ferroviaires du quartier de Griviţa, mirent en place le projet dans une salle de l’école primaire du quartier et dénommèrent le club Asociația Culturală și Sportivă CFR (Association Culturelle et Sportive de CFR, CFR étant la compagnie ferroviaire roumaine). Pour les couleurs, le choix revint à l’épouse du capitaine de l’équipe, Grigore Grigoriu (également tourneur aux ateliers) qui avait pour mission de concevoir les maillots et de s’occuper de l’équipement des joueurs à chaque match. Dans sa maison, elle possédait de nombreux textiles grenat ainsi que du blanc. Mme Grigoriu choisit comme couleur principale le grenat car elle estimait que les maillots se saliraient moins vite et qu’ils seraient plus faciles à nettoyer, cette couleur n’étant pas aussi sensible au lavage que le blanc. Le fait qu’elle possédait du tissu grenat et du blanc n’était peut-être pas un hasard. En effet, les couleurs de la CFR sont le rouge foncé et le blanc. D’ailleurs, l’autre grand club ferroviaire du pays, le CFR Cluj, évolue également en pourpre et blanc.