#530 – Los Angeles Galaxy : Galaxy

Avec les franchises américaines ou nippones, il n’est pas nécessaire de se casser la tête pour trouver un surnom. Il suffit de reprendre leur nom. Lors de la création de la MLS en 1993, Los Angeles ne pouvait pas ne pas posséder de franchise. Deuxième agglomération des États-Unis, Los Angeles avait déjà vu défilé d’autres franchises de soccer qui avaient porté haut les couleurs de la ville (LA Kickers, LA Aztecs). Après avoir été porté par le propriétaire d’une chaine de restaurants, le club fut repris en 1995 par le groupe AEG (Anschutz Entertainment Group), qui se transformait à cette époque en un organisateur d’évènements culturels et sportifs. AGE décida de renommer le club, qui s’appelait alors Salsa. Comme le groupe AEG se développait dans l’entertainment, il relia le nom du club avec cette industrie qui faisait la notoriété de Los Angeles. Outre la production cinématographique (avec les 5 grands majors Universal, Paramount, Warner Bros., Walt Disney et Columbia, et plus de 500 films produits par an), cette économie intègre aussi dans la ville la production audiovisuelle, musicale et de jeux vidéo. Centre mondial du cinéma des années 1920 jusqu’en dans les années 1960, Hollywood attira de nombreuses stars dans la ville. Aujourd’hui encore, Los Angeles, grâce à sa qualité de vie (mer et soleil) et cette industrie rayonnante (même si elle n’est pas dominante), accueillent nombre de personnalités. Ainsi, le nom de Galaxy faisait référence à la constellation de célébrités vivant à Los Angeles.

#527 – CD Leganés : los Pepineros

Le terme dérive de pepino qui signifie « concombre » ou « cornichon » . Ce pseudonyme original remonte à l’époque où Leganés était une ville agricole, avec de nombreuses cultures et fermes. Pendant des siècles, les jardins maraîchers de la ville, située à une quinzaine de kilomètre de Madrid, alimentèrent les marchés centraux de Madrid. A cette époque, Leganés comptait environ six mille habitants, la plupart travailleurs agricoles, et le concombre/cornichon était le produit phare de la région. Pourtant, ce n’était pas le légume le plus cultivé. Contrairement aux autres villes de la banlieue madrilène qui avait une spécialité (Pozuelo pour les laitues, Humanes pour les choux-fleurs, Fuenlabrada pour les carottes, Tolède pour les choux rouges), les cultures maraîchères étaient diversifiées et florissantes à Leganés avec des blettes, des épinards, des choux, des poireaux et des laitues. Pourtant, le cornichon fit la réputation de la ville grace à Felipe IV, monarque espagnol du XVIIème siècle. En effet, selon la légende, son médecin parcourait les marchés de Madrid pour trouver des concombres de Leganés car le Roi appréciait ces derniers qui étaient très doux et ne le rendaient pas malade.

Mais, l’expansion de Madrid, dans les années 1960 et 1970, transforma Leganés en une ville dortoir. La population de la ville fut multiplié par 10 en dix ans, comptant aujourd’hui environ cent quatre-vingt-dix mille habitants. Le premier immeuble d’habitation à grande hauteur fut construit en 1961. Cette explosion démographique fut la plus importante de toute l’Espagne au cours des 100 dernières années. Elle devint aussi un centre industriel avec des usines du laboratoire pharmaceutique Roche, de Tapon Corona (production de capsules d’embouteillage), du fabricant d’ascenseur Otis et le constructeur de camion RVI. La tradition agricole n’a donc pas survécu à ce développement. 160 hectares étaient encore consacrés aux concombres en 1987 mais ce chiffre tombait à 60 en 2014. Mais ses habitants maintiennent fièrement le surnom de pepineros, qui est utilisé pour tout ce qui touche à la ville, comme l’équipe de football ou son stade.

#500 – West Bromwich Albion FC : Baggies

Il s’agit bien du short large et long que le club a pour surnom. A la mode chez les adolescents dans les années 1990, ce n’est pas ce phénomène à l’origine de ce sobriquet. Mais, la véritable source est inconnue et plusieurs histoires existent. La première version fait référence aux recettes du club et à leur transport. A la fin du XIXème siècle, son stade de The Hawthorns comptait deux entrées, une derrière chaque but. Les jours de matchs, le personnel du stade partaient des guichets avec la recette et traversaient le stade, escortés par des policiers, jusqu’au niveau de la ligne médiane où se trouvait un petit bureau sous la tribune. La recette, issue de la vente des billets d’entrée, s’élevait à des montant importants et était transporté dans de grands sacs en tissu. En passant devant les tribunes, les supporteurs prenaient l’habitude de crier « Here come the bag men ! » (eh ! les hommes aux sacs) et, ce rituel deviendra avec le temps « Here come the baggies ! » . Une autre histoire se concentre sur les accoutrements des supporteurs du club. La ville de West Bromwich se situe dans le Black Country, cette région industrielle du centre de l’Angleterre. Riche de nombreux minerais (charbon, fer …), les mines y fleurirent puis les industries lourdes de transformation (sidérurgie, métallurgie, aciéries). Dans les hauts fourneaux, les ouvriers y travaillant portaient des vêtements robustes, en moleskine, et larges pour résister aux durs labeurs et à la chaleur. Ou alors, selon d’autres, les vêtements étaient réalisés dans un tissu nommé duck. De couleur claire au départ, le vêtement s’assombrissait au fil des lavages. Pour les réparer, une pièce blanche en duck étaient rajoutée. Ceci donnait un effet volumineux au pantalon, qui donnait l’apparence de sacs de farine. Le surnom baggies serait donc né de ces vêtements amples. Certains avancent que le terme fut attribué par les supporteurs rivaux d’Aston Villa. Quand ceux d’Albion se déplaçaient dans le stade des Villans, en nombre et avec ces vêtements, ils étaient accueillis par des cris « Here come the Baggies of Bromwich » . Enfin, la version la moins connue se reporte aux shorts des joueurs de football. Ces derniers étaient amples et auraient donc influer sur le surnom.

#491 – SD Éibar : Armaginak

Les armuriers en basque. Le surnom se dit également en espagnol los armeros. Éibar est une petite municipalité de la région basque de Guipúzcoa, à mi-chemin entre Bilbao et Saint-Sébastien. Sur les rives de l’Ego, proche des Pyrénées riche en minerai de fer, son activité économique s’est tout d’abord développée avec les forges. Puis, de la production de fer, la ville, et la région de Guipúzcoa, se tourna vers des produits manufacturés, particulièrement les armes. La commune voisine de Placencia de las Armas accueillit la fabrique royale d’armes (Real Fábrica de Armas) tandis que cette activité longtemps florissante à Éibar conduisit à la baptiser la villa armera (la ville armurière).

Le premier document faisant référence à la fabrication d’armes à Eibar date de 1482 (écrit décrivant l’envoi au Duc de Medina Sidonia de deux canons). En 1538, une commande de 15 000 arquebuses fut passées, soulignant l’importance prises par Éibar dans la production d’armes. Tout au long du XVIIème siècle, l’industrie se développa considérablement et en 1735, la Real Compañía Guipuzcoana de Caracas (une société qui avait le monopole du commerce entre l’Espagne et le Venezuela) intervint pour organiser la production d’armes et son système corporatiste. En 1865, après différentes reprises, ce système syndicaliste disparaît, avec la révolution industrielle et l’amélioration des techniques, au profit de sociétés indépendantes et concurrentes entre-elles. Au début du XXème siècle, Éibar comptait 1 149 armuriers (fabriquant principalement des armes de poing) et connut une croissance vertigineuse. En 1887, 130 000 pièces furent fabriqués à Éibar, puis 200 000 en 1900 et finalement 484 000 huit ans après. La Première Guerre Mondiale constitua à la fois le pic de l’activité mais également sa chute (la fin de la guerre plus la fermeture de certains marchés réduisant les débouchés). Une partie des armureries se reconvertirent alors en fabriquant de bicyclettes ou de machines à coudre. Les autres poursuivirent leur activité qui se réduisit au fil des années, particulièrement au moment des crises des années 1970 et 1980. Avec la fermeture le 27 mai 1997 de la dernière grande usine d’armes STAR, Bonifacio Echeverría SA, la production locale est devenue rare et se concentre sur les armes de chasse de luxe. Un musée de l’armurerie a ouvert en 2007 et la Escuela de Armería (l’Ecole d’Armurerie), ouverte en 1913, continue d’enseigner ce savoir-faire.

#487 – FK Teplice : Skláři

Les verriers. Fondé juste après la Seconde Guerre mondiale, en 1946, le FK Teplice se construisit sur les bases de l’ancien club de la ville, disparu en 1939, Teplitzer FK. Jusqu’en 1966, le club changea régulièrement de nom (Slovan, Sokol, Tatran), accompagnant également les changements de sponsor. En 1966, le club modifia une nouvelle fois son nom pour intégrer son nouveau parraineur, l’entreprise de verre, Sklo Union. Cette société, créée en un an auparavant, avait son siège à Teplice et visait à unir toutes les verreries tchèques et moraves produisant du verre pressé. Ces usines se trouvaient à Rosice, Hermanova Hut, Nemsova, Rudolfova Hut et Libochovice, les deux derniers étant les plus proches de Teplice.

Au début des années 90, la société se retrouva démantelée et privatisée, conduisant à sa liquidation en 1996. Aujourd’hui, le principal sponsor du club est l’entreprise AGC, société belge, filiale du groupe japonais Asahi Glass Co., fondée en 1907 et leader mondial en verre plat. AGC fabrique du verre pour la construction, pour les constructeurs automobiles et des industries spécialisées telles que transports et électroménager. 

L’industrie du verre en Tchéquie et en particulier à Teplice relève d’une longue tradition et bénéfice d’une certaine renommée. Dès l’antiquité, les populations celtes établies en Tchéquie produisaient de verre de qualité.  À partir du 8ème siècle, l’industrie du verre redémarre timidement en Tchéquie et Moravie. Puis, avec l’arrivée des allemands au XIIIème siècle, la fabrication s’améliora au point d’atteindre un premier age d’or au XVIème siècle, concurrençant alors les verres de Venise. La guerre de Trente ans marqua un coup d’arrêt et, seulement au XVIIème siècle, la région regagna ses lettres de noblesses avec un verre si transparent qu’il se fit connaître sous le nom de « cristal tchèque ». Entre 1720 et 1750, le verre tchèque atteignit son apogée, en ayant supplanté le verre vénitien. Puis, les usines de verre se modernisèrent avec la révolution industrielle au XIXème siècle, des innovations furent réalisées mais leur production ne dominait plus le marché (les goûts des consommateurs ayant évolués). Jusqu’à cette époque, les produits tchèques se limitaient à la vaisselle et aux objets décoratifs et étaient à la fois des objets de la vie courante comme des oeuvres d’art. A l’issue de la Première Guerre mondiale, plus de 90% de l’industrie verrière de l’ex-Autriche-Hongrie rejoignit la nouvelle République Tchécoslovaque. Sous le communisme, l’industrie fut nationalisée et les verreries tchèques gagnèrent en renommée avec le verre pressé (que Sklo Union gérera), en remportant notamment un prix lors de l’Exposition Universelle de 1958 à Bruxelles. Depuis, la vague de privatisation du début des années 1990, l’industrie du verre tchèque continue de prospérer grâce à son niveau de qualité. La production actuelle se concentre surtout sur le verre plat pour la construction et le transport, suivi par le verre d’emballage pour les industries alimentaire et chimique. La production de verre spécial, en particulier d’optiques de précision, a également une part importante.

#485 – Varzim SC : os Lobos do Mar

Les loups de mer. Varzim SC est l’un des clubs historiques du football portugais après 106 ans d’existence. Le club réside dans la ville de Póvoa de Varzim. Cette dernière fut l’un des principaux ports du nord du pays et aujourd’hui est devenue une station balnéaire importante, proche de Porto. Les origines des activités maritimes de la ville remontent au 11ème siècle, les bateaux commençant à cette époque à appareiller dans la crique voisine. En 1308, la population locale fut encouragée à développer le port pour permettre les expéditions des denrées agricoles produites dans la région. Jusqu’au XVIIème siècle, l’activité de pêche était peu développée mais à compter de cette période, le commerce du salage du poisson se développa considérablement, Póvoa devenant un siècle plus tard le plus grand marché aux poissons du nord du pays. En parallèle, dès le XVIème siècle, la construction maritime devint l’autre importante activité du port. Au XXème siècle, l’ensablement du port détourna l’activité économique vers d’autres ports et la ville se tourna vers le tourisme. Pour traduire cette activité et rendre hommage à ses marins, dont la réputation remontait au moins au XVIème siècle, le club fut assimilé au loup de mer, qui devint sa mascotte.

#478 – FC Dallas : Toros

Les taureaux. A sa création en 1996, la franchise MLS, qui se dénomma d’abord Burn, misa sur un autre animal comme symbole sur son écusson : le mustang noir. Il rappelait le fidèle compagnon des cowboys, mythique cavalier du Texas qui conduisait le bétail. Le nom Burn (bruler) faisait référence à la fois au climat chaud du Texas et aux champs de pétrole (où le gaz extrait avec le pétrole est brulé dans une torchère). En 2004, le club déménagea dans un nouveau stade et en profita pour changer de marque. La franchise fut renommée FC Dallas. Puis, de nouveaux uniformes et un nouveau logo furent dévoilés. Ainsi, apparût le taureau sur le blason. Si le coton ou le pétrole ont constitué des pans importants de l’économie de Dallas, une fois de plus, il fut fait référence à l’agriculture et en particulier aux élevages de bovins. Le Texas possède le plus grand nombre de fermes et la plus grande superficie agricole des États-Unis. L’État est même le numéro 1 pour les revenus générés par le bétail et les produits de l’élevage. Un taureau, nommé Tex Hooper, est devenu la mascotte du club. Si le surnom est en espagnol et non en anglais, c’est surement en raison de la communauté hispanique de la ville qui représente plus de 40% de la population et dont l’amour pour le football est connu.

#475 – FC Saint-Gall : les Brodeurs

Le surnom est plutôt utilisé en suisse francophone qu’en suisse alémanique, pourtant là où se situe la ville de Saint-Gall. La tradition du textile à Saint-Gall constitue un patrimoine historique. Jusqu’au XVIIème siècle, les toiles de la région connaissaient une grande réputation. Mais, la concurrence étrangère ainsi que le développement de la filière du coton par un de ses commerçants, Peter Bion, contribua à migrer de la toile vers les produits en coton. Puis, le blocus continental au début du XIXème siècle poussa une nouvelle fois l’industrie textile de Saint-Gall à se tourner vers une autre de ses productions : la broderie.

A la fin du XVIIIème siècle, jusqu’à 100 000 personnes étaient employés dans l’industrie de la broderie de Saint-Gall. Au XIXème siècle jusqu’à la veille de la première guerre mondiale, soutenue par le libre-échangisme, la ville devint l’une des principales zones de production mondiale. Ainsi, au début du XXème siècle, presque chaque foyer comptait une personne qui travaillait pour l’industrie de la broderie, ce qui conduisit la ville à représenter 50% de la production mondiale et 18% des exportations suisses. Cette production fit de Saint-Gall l’une des villes les plus riches de Suisse et des bâtiments ostentatoires furent érigés à cette époque. La demande s’effondra par la suite sous l’effet de la première guerre mondiale et des mesures protectionnistes mises en place par de nombreux pays. Aujourd’hui, il demeure encore quelques entreprises de broderies qui perpétuent ce savoir-faire reconnu mondialement.

#466 – Chamois Niortais FC : les Chamois

Niort, chef-lieu du département des Deux-Sèvres, fait partie intégrante du Parc naturel régional du Marais poitevin. Ce dernier ne présente pas les paysages de forêts et de rocheuses, aires naturelles des chamois. Pourtant l’animal s’inscrit dans le nom du club, constitue son surnom et enfin s’affiche fièrement sur le blason. Pour comprendre pourquoi il est si présent, il faut remonter aux origines du club et à la vie économique de cette époque. Si la ville est depuis les années 50 connut pour être une place forte des mutuelles (MACIF, MAIF, MAAF … ont été fondées à Niort et possèdent encore une partie de leurs sièges et centres administratifs), dans les années 20, à l’époque de la création du club, une des industries historiques était le travail des peaux et cuirs, en particulier le chamoisage. Cette dernière est une technique artisanale visant à transformer des peaux (de chamois au départ, d’où l’origine du mot « chamoisage ») en cuir souple et de qualité par traitement avec de l’huile de poisson. Ces cuirs étaient principalement utilisés par les entreprises de ganterie. Si les premières chamoiseries (usine faisant du chamoisage) s’établirent autour de Poitiers et Niort sous le règne de François 1er (aider par le développement du commerce entre La Rochelle et le Canada où peaux et poissons étaient abondants), la tradition chamoisine niortaise semble vieille de près de 700 ans. Une pierre tombale datée du XIIIème siècle, trouvée à La Rochénard (25 km au sud-ouest de Niort) montre les outils alors usités pour le travail des peaux. Une lettre patente de 1285 rédigée par l’abbé Mathieu octroyait un port franc aux bourgeois niortais qui commerçaient cuirs et poissons, confirmant l’importance de cette économie. Cette industrie se développa au fil des années au point qu’en 1744, Niort comptait 57 entreprises de chamoiserie et de ganterie qui employaient 1/5ème
de la population de la ville. Après une décrue au début du XIXème siècle, l’industrie des peaux repartit en croissance avec le règne de Napoléon III. La totalité de la Garde Impériale (infanterie et cavalerie) étaient alors équipés de gants provenant de Niort. Les deux plus importantes gantiers de Niort employaient 1 200 ouvriers et produisaient alors 13 000 paires de gants par an. Les deux tiers de leurs productions étaient exportés en Europe, en Russie et en Amérique (Etats-Unis, Mexique, Brésil). Pour fournir ces gantiers, 8 fabriques de chamoiserie demeuraient alors en activité à cette époque, employant une centaine d’ouvriers et produisant environ 270 000 peaux chamoisées par an. Au début du XXème siècle, Niort demeurait encore le premier centre français de peausserie. Au fil du XXème siècle, avec les crises économiques (1929), les deux guerres mondiales et la concurrence asiatique, l’activité décrût et finit par disparaître dans les années 70. Toutefois, à compter de la fin du XIXème siècle et pendant tout le suivant, une famille arrivée tardivement dans ce secteur émergeât et s’imposa comme la plus importante maison chamoisine : la famille Boinot. En 1880, Théophile Boinot s’installa à Niort en reprenant une première chamoiserie. Puis, en 1902, il fit l’acquisition de la plus importante chamoiserie niortaise (entreprise Noirot). Pendant les années 20, les établissements Boinot devinrent l’un des principaux employeurs de la ville. Après la création d’un club de football par Théophile Boinot à la fin de la première guerre mondiale, son fils, Charles Boinot, qui avait repris la direction des usines, fonda le club des Chamois Niortais. Sans appartenir à l’entreprise, le club y était intimement lié. Pour la première saison, la présidence du club fut confiée à Jean Gavaggio, un ingénieur chimiste à l’usine tandis que Georges Poussard, aussi ouvrier de l’usine, fut nommé secrétaire du club.

#465 – 1.FC Union Berlin : Eiserne

Les ferreux. Fondé en 1966 pour offrir aux travailleurs de Berlin-Est un club à supporter, l’Union puise ses origines dans le club dénommé FC Olympia Oberschöneweide créé le 17 juin 1906 par l’union de 3 petites associations sportives. Oberschöneweide était alors une municipalité (qui fut intégrée à Berlin en 1920) qui connut un fort développement à la fin du XIXème siècle en raison de son industrialisation. De grandes entreprises, telles qu’AEG ou Niles, achetèrent d’importants terrains alors agricoles, notamment le long des rives de la Spree, pour y construire un ensemble remarquable d’usines à plusieurs étages, de vastes halls de production et de bâtiments administratifs. La ville devint ainsi un important centre industriel, dominé par les entreprises électriques (aussi bien des centrales que des fabricants de matériel électrique), l’industrie métallurgique et la construction mécanique.

Les habitants étaient alors les ouvriers des usines, les industriels faisant construire près de leurs usines des habitations pour leurs employés. Dans ses premières années d’existence, le FC Olympia Oberschöneweide, initialement composé presque entièrement d’étudiants, s’associa en tant qu’équipe de jeunes à d’autres clubs plus matures. Ainsi, après une première association infructueuse, il se lia avec le récent vainqueur du championnat allemand, le BTuFC Union 1892. Son effectif constitua pendant deux ans la quatrième équipe réserve du BTuFC. En février 1909, l’équipe voulut voler de ses propres ailes et se détacha du BTuFC. Par amitié et afin de les honorer, les joueurs reprirent à la fois le nom (le club devenant désormais Union Oberschöneweide) ainsi que les couleurs bleu et blanc de l’Union 92. Or, ce maillot bleu à parement blanc faisait penser aux bleus de travail des ouvriers qui travaillaient dans l’industrie métallurgique d’Oberschöneweide. Ainsi, le surnom Eiserne s’imposa. En 1998, Nina Hagen, la chanteuse punk, associa sa voix avec le nouvel hymne du club, Eisern Union.

Après la Seconde Guerre mondiale, le club se divisa en deux, une partie en RDA et une autre en RFA. Mais, le club est-allemand était fortement affaibli par la perte de la quasi-totalité de l’équipe première. Pour le maintenir en première division, les autorités communistes l’intégèrent au sein de la structure sportive d’une branche industrielle et le club se retrouva associé à la VEB Transformatorenwerk Karl Liebknecht, un fabricant de transformateur électrique. Les couleurs traditionnelles furent également modifiées : le bleu et blanc du club précédent (et du club frère à l’ouest) furent bannis au profit du rouge et blanc, qui demeure jusqu’à présent.