#630 – Hapoël Haïfa : הכרישים

Les requins. Si les dauphins fréquentent les côtes israéliennes (cf article #456), les requins sont plus rares. Certes, depuis quelques années, certains spécimens provenant de l’Egypte voisine se réchauffent en hiver près des eaux chaudes rejetées par la centrale électrique d’Hadera. Mais, ce phénomène n’est pas « naturel ». En réalité, le requin, qui figure sur le blason du club, rappelle le fort lien existant entre la ville de Haïfa et la mer.

L’étymologie d’Haïfa pourrait provenir du mot hébreu חוֹף (côte), voire de la contraction des mots חוֹף יָפֶה (belle côte). Située sur la côte méditerranéenne au Nord du pays, bénéficiant d’une baie d’eau profonde de 12 km de longueur, abrité par le Mont Carmel, Haïfa demeure un port depuis ses origines et l’un des principaux centres commerciaux maritimes d’Israël. Mentionné pour la première fois en 104 avant J.-C. (lorsque Ptolémée IX débarqua dans ce port pour combattre le roi hasmonéens Alexandre Jannée), le port de Haïfa fut précédé d’autres sites dans la baie dès le XVème siècle avant J.-C.. A l’époque des croisades, le site devint prospère puis fut occupé par des pirates au XVIIIème siècle. Il fallut attendre le mandat britannique et l’année 1933 pour que les autorités achevassent le premier port moderne. A ce moment, il servit pour expulser les immigrants puis à l’indépendance, il fut la principale porte d’entrée des nouveaux arrivants.

Depuis, le port de Haïfa est devenu le leader en termes de trafic passagers et est également un port de fret majeur (29 531 000 tonnes en 2018, 1 463 997 conteneurs). Le premier port privé d’Israël, Israel Shipyards Port, ouvrit également près d’Haïfa en 2007. En 2013, son volume d’activité avait cru de 500% depuis 2008 pour atteindre 1,7 million de tonnes. Enfin, après 6 ans de construction, un port complémentaire dénommé Port du Golf fut inauguré le 1er Septembre 2021 et est exploité par la société chinoise Shanghai International Port Group. Il s’agit d’un des plus grands projets d’infrastructure établis en Israël (plus de 5,5 milliards de shekels d’investissement). Le port possède des quais, mesurant environ 800 mètres de long et 17,3 mètres de profondeur, permettant pour la première fois à des navires de 400 mètres de long et 62 mètres de large, transportant 18 000 conteneurs et plus, de mouiller en Israël.

#572 – Étoile Sportive du Sahel : جوهرة الساحل

Le joyau de la côte. Le club réside dans la ville de Sousse, capitale du Sahel tunisien, parfois surnommée la « perle du Sahel ». Situé à l’est du Pays, Sousse est une ville portuaire, sur le littoral du Sahel donnant sur la mer Méditerranée. Son club de l’ESS demeure une référence de la région et du pays. Depuis 1950, le club fut sacré champion de Tunisie à dix reprises (1950, 1958, 1963, 1966, 1972, 1986, 1987, 1997, 2007, 2016) et vainqueur également à dix reprises de la Coupe nationale (1959, 1963, 1974, 1975, 1981, 1983, 1996, 2012, 2014, 2015). Sur le plan continental, l’Etoile Sportive de Sahel remporta plus de titres de la CAF que toute autre équipe tunisienne : une Ligue des champions d’Afrique (2007), deux Supercoupe de la CAF (1998, 2008), deux Coupe de la confédération (2006 , 2015), deux Coupe de la CAF (1995, 1999) et deux Coupe d’Afrique des vainqueurs de coupe (1997, 2003). Dans le monde arabe, la moisson fut également importante : Coupe du Maghreb des clubs champions (1973), Coupe du Maghreb des vainqueurs de coupe (1975) et Coupe arabe des clubs champions (2019). Enfin, l’ESS fut la première équipe tunisienne à participer à la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, en 2007, et termina à une honorable 4ème place, le deuxième club du continent africain à atteindre les demi-finales. La CAF a classé le club parmi les clubs de football les plus prestigieux d’Afrique et l’une des équipes les plus soutenues du continent. Son influence à Sousse est telle qu’en 1993, lorsque le club échappa de peu à la relégation en seconde division, les autorités décidèrent de sacrifier tous les autres clubs de la ville (STIA Sousse, Patriote, Avenir sportif de Sousse et Football Club de Zouhour) à l’exception du Stade soussien, afin que toutes les ressources soient consacrées à l’ESS. Pas de doute, il s’agit d’un joyau.

#566 – FC Motagua : los Águilas Azules

Les aigles bleus. L’histoire du club commença le 29 août 1928 après que deux clubs de la capital, Tegucigalpa, disparurent, Honduras Atlética et CD Aguila. Dr Marco Antonio Ponce et le poète Marco Antonio Rosa se rencontrèrent et recrutèrent les membres des deux précédents clubs pour créer une nouvelle entité. Dans les années 1920, le Honduras connaissait une période difficile de son histoire. Le pays était instable politiquement, secoué régulièrement par des coups d’état et des conflits armés, avec l’intervention des Etats-Unis. Les relations avec ses voisins, Guatemala, El Salvador et Nicaragua, n’étaient pas non plus au beau fixe. En particulier, le Honduras contestait le fleuve Motagua au Guatemala. Dans ce contexte, les fondateurs décidèrent de nommer le club du nom de ce fleuve et de prendre le bleu foncé comme couleur, afin de rappeler les eaux du fleuve.

L’aigle s’affiche sur l’écusson du club depuis les années 1970. Depuis 2014, il s’agit même de la mascotte du club. Il semble que le majestueux oiseau soit une référence au nom de l’un des clubs prédécesseurs du Motagua, le CD Aguila. Aujourd’hui, le club considère que l’aigle personnifie la grandeur, la force, le courage et le dévouement des fans du club.

#562 – US Gorée : les Insulaires

Le club représente l’île de Gorée, située dans la baie de Dakar. Découverte en 1444 par des marins portugais, elle passa sous possession hollandaise, anglaise puis française. Bénéficiant d’une position stratégique, proche des côtes, et offrant un mouillage sur, l’île fut prospère, notamment avec la traite négrière. Avec la fondation de Dakar en 1857, l’activité économique et la population s’y déplaça, entrainant le déclin de l’île. Aujourd’hui, moins de 2.000 habitants y résident. Avec une superficie de seulement 0,182 km2, la place est rare et un seul terrain de football y existe. Or, cet unique terrain est célèbre car un baobab sacré y trône (les défunts de l’île y résideraient). Les joueurs, souvent les étudiants de l’école adjacente, utilisent cet arbre comme un « douzième homme ». Bien qu’un tournoi soit organisé annuellement par la fédération sénégalaise, le terrain n’était pas digne pour l’US Gorée, qui doit donc évoluer sur le continent, au Stade Demba-Diop, à Dakar.

#497 – FCG Bordeaux : les Marines et Blancs

Le maillot bordelais arbore les couleurs marines et blancs, depuis quasiment la création de la section football. Après une première tentative échouée en 1910, la section football renaquit grâce à la fusion avec d’autres clubs de sports. Les Girondins absorbèrent notamment le club de l’Argus Sport qui transmit aux Girondins ses couleurs Marine et Blanc.

Elles peuvent être un rappel de la mer et son écume, la ville étant situé sur la Garonne et dont le port fut le principal en France sur l’Océan Atlantique. Mais aucune certitude à ce sujet.

Comme pour le scapulaire (cf article #44), certains avancent que le choix de ses couleurs fut réalisé pour honorer la Vierge Marie. En effet, la Vierge Marie est systématiquement représentée vêtue d’une robe bleue. Cette couleur est porteuse de nombreuse signification telle que la fidélité, la justice et la spiritualité. Dans l’ancien testament, le bleu représente la fidélité du peuple d’Israël à Dieu tout comme la Vierge Marie. L’étoffe qui recouvre l’Arche d’Alliance est bleue et pour rappeler que la Vierge Marie, en ayant porté Jésus Christ, est comme l’Arche, elle serait représentée avec des vêtements bleus.

Plus prosaïquement, à compter du XIIIème siècle, le bleu est la couleur des princes et nobles car le pigment bleu (dit de lapis-lazuli) était l’un des plus chers. Les tissus bleus démontraient donc la richesse et la noblesse de son porteur. L’Eglise se serait servie de cette riche symbolique pour désigner le caractère sacré de la Sainte Vierge.

Au final, les raisons réelles sont inconnues mais les supporteurs sont attachés à ces couleurs. Sous la direction d’Alain Afflelou, afin de créer plus de lien (économique) avec le monde viticole bordelais, la direction changea les couleurs du club pour un vrai bordeau en 1992. Seulement, même si le club atteignit la finale de la Coupe de l’UEFA en 1996, ce choix, qui s’accompagnait également de celui de supprimer le scapulaire qui venait à peine de refaire surface après les années Claude Bez, ne convainquit jamais et le club revint au marine et blanc en 1996. De même, lorsque le fonds américain, King Street, décida de moderniser l’écusson du club, notamment en optant pour un bleu plus clair que le marine, les supporteurs se sentirent trahis (ce ne fut pas la seule modification de l’écusson qui les agaça). Ne pas respecter l’histoire d’un club en cédant aux sirènes du marketing pour au final, moins d’un an plus tard, lâcher le club, quel irrespect et gâchis (Je préfère d’ailleurs afficher pour cet article l’ancien).

#485 – Varzim SC : os Lobos do Mar

Les loups de mer. Varzim SC est l’un des clubs historiques du football portugais après 106 ans d’existence. Le club réside dans la ville de Póvoa de Varzim. Cette dernière fut l’un des principaux ports du nord du pays et aujourd’hui est devenue une station balnéaire importante, proche de Porto. Les origines des activités maritimes de la ville remontent au 11ème siècle, les bateaux commençant à cette époque à appareiller dans la crique voisine. En 1308, la population locale fut encouragée à développer le port pour permettre les expéditions des denrées agricoles produites dans la région. Jusqu’au XVIIème siècle, l’activité de pêche était peu développée mais à compter de cette période, le commerce du salage du poisson se développa considérablement, Póvoa devenant un siècle plus tard le plus grand marché aux poissons du nord du pays. En parallèle, dès le XVIème siècle, la construction maritime devint l’autre importante activité du port. Au XXème siècle, l’ensablement du port détourna l’activité économique vers d’autres ports et la ville se tourna vers le tourisme. Pour traduire cette activité et rendre hommage à ses marins, dont la réputation remontait au moins au XVIème siècle, le club fut assimilé au loup de mer, qui devint sa mascotte.

#484 – Swansea City AFC : the Jacks

Ce surnom, qui n’a pas de signification particulière, est attribué aux personnes nées dans la ville (et par extension les fans du club de football). Il apparaît parfois sous la forme développée de Swansea Jacks et la foule des supporteurs du club se fait appelé la Jack Army. L’origine de ce surnom est incertaine et différentes théories s’affrontent. La première version fait remonter l’origine au début du XIXème siècle quand les marins de Swansea avaient une grande réputation. Ils pouvaient rejoindre n’importe quel équipage en se basant simplement sur la réputation de la ville et de ses marins. Pour affronter la mer et ses intempéries, leurs vêtements était recouverts de goudron pour renforcer leur protection. Il gagnèrent le surnom de Jack Tars (tar signifiant goudron). D’autre rattache ce surnom aux mineurs. Dans les bassins houillers voisins, les mineurs étaient appelés Swansea Jacks parce que leurs panier-repas étaient uniquement faits d’étain de Swansea, surnommé Jacks. Enfin, la version, défendue par le club, mais également la plus populaire, repose sur la célébrité d’un héro canin. Né en 1930, Swansea Jack était un retriever noir (ou un terre-neuve) vivant sur les quais de la rivière Tawe à Swansea avec son maître, William Thomas. En Juin 1931, il sauva de la noyade un garçon de 12 ans. Quelques semaines après le premier – en juillet – un nageur traversait l’embouchure de la rivière près de la jetée de Swansea West quand il se retrouva en difficulté. Devant la foule, Jack sauva le nageur et le moment fut immortalisé par une photo parue dans l’ « Evening Post ». Le conseil local lui décerna un collier en argent et la légende du chien héros débuta. En 1936, il reçut le prestigieux prix du «Bravest Dog of the Year» décerné par le journal « Star » ainsi que la coupe d’argent du Lord Mayor de Londres. Il demeure le seul chien à avoir reçu 2 fois la médaille de bronze par la National Canine Defence League. Jack décéda en 1937 après avoir mangé de la mort au rat. La légende raconte qu’au cours de sa vie, il porta secours à 27 personnes. Un monument funéraire, financé par une souscription publique, est érigé sur la promenade à Swansea. En 2000, Swansea Jack a été nommé «Chien du siècle» par les NewFound Friends of Bristol qui forment les chiens domestiques aux techniques de sauvetage aquatique.

#483 – Platense FC : los Selacios

Les sélaciens. Selon la définition du dictionnaire de l’académie, les sélaciens sont un « groupe de poissons au squelette cartilagineux et à la nageoire caudale asymétrique ». On y retrouve les raies ou encore les requins. Le surnom pour le club se réfère surtout au requin, ce dernier apparaissant dans le blason du club. Platense est un club de la ville de Puerto Cortés. Connue pour être le principal port maritime du Honduras sur sa facade atlantique, cette cité est située à l’extrémité sud d’une petite péninsule, séparée du continent par la lagune d’Alvarado, et au bord de la Mer des Caraïbes qui abritent de multiples récifs et cayes à explorer. Et dans cette mer, la faune se compose de quelques requins dont le requin de récif, spécifique à cette zone, et le requin-baleine qui vient se nourrir en plancton dans ces eaux riches.

#469 – Clube do Remo : Leão Azul

Le lion bleu. Fondé le 5 février 1905, l’association reposa d’abord sur la pratique de l’aviron. Un des fondateurs, Raul Engelhard, qui avait étudié en Angleterre, proposa de s’inspirer pour le nom de celui du club d’aviron anglais, Rowing Club (Rowing signifiant aviron tout comme Remo en portugais) ainsi que reprendre les couleurs britanniques (bleu marine et blanc), pays dominant la discipline. Ainsi, depuis sa création, les joueurs du club évolue en bleu. En 1944, le club de São Cristóvão de Rio réalisa une tournée dans le Nord du Brésil. Il s’agissait d’une équipe forte, ayant terminé troisième du championnat Carioca en 1943 (l’un des championnats les plus réputés et relevés du pays). Sur le terrain, la différence était claire, São Cristóvão ne perdant aucun des matchs disputés face aux équipes de l’Etat du Pará (où se situe le Clube do Remo). Le 30 janvier, São Cristóvão affronta le Clube do Remo et s’inclina 1 but à zéro. Face à cet exploit retentissant, le lendemain, le journaliste Edgar Proença écrivit dans le journal O Estado do Pará « Como um verdadeiro Leão Azul de garras aduncas, o Clube do Remo foi a própria alma da cidade » (Comme un vrai Lion Bleu aux griffes crochues, le Clube do Remo était l’âme même de la ville). Pour le journaliste, les joueurs avait montré force et vigueur, à l’image d’un lion, pour remporter le match. La relation entre l’animal et le club est si grande qu’au bord de la pelouse du stade Evandro Almeida, il y a une statue d’un lion bleu. Le lion est désormais la mascotte du club.

De ce surnom, d’autres sont naturellement apparus tels que Leão de Antônio Baena (le club évolue dans le stade Evandro Almeida, dénommé aussi Baenão car il se situe rue Antônio Baena) et Leão da Amazônia (le club se situe à Bélem, une ville de l’estuaire de l’Amazone).

#456 – MS Ashdod : הדולפינים

Les dauphins. Figurant en bonne place sur le blason du club, l’animal marin rappelle l’emplacement géographique de la ville et de sa forte attache à la mer. 6ème plus grande ville d’Israël, mentionnée 13 fois dans la Bible, la cité possède l’un des plus grands ports de marchandise du pays, l’un des rares ports en eaux profondes de la mer Méditerranée et où environ 60% des importations du pays transitent. En 2018, 1,477 millions de conteneurs et près de 800.000 passagers sont passés par le port. Si les opérations dans le port actuel démarrèrent en 1965 (la construction du port actuel ayant été entamée en 1961), Ashdod, l’une des cinq villes des Philistins, est une ville portuaire depuis la fin de l’âge du bronze. Elle fut pour les Philistins, le centre du culte au Dieu Dagon, appartenant à la Mythologie des peuples sémites. Dagon était le Dieu de la fertilité (donc des agriculteurs) mais son étymologie le rattache souvent avec un mot cananéen pour « poisson », le considérant alors comme « dieu-poisson ». D’ailleurs, il était souvent représenté, notamment par les assyriens, sous la forme de l’équivalent d’un triton de la Mythologie grecque (corps d’homme avec une queue de poisson à la place des jambes). Avec un tel lien maritime, n’importe quelle symbole marin aurait pu être associé au club. Mais, depuis l’antiquité, dans tout le bassin méditerranéen, le dauphin est devenu le symbole de la mer. En particulier, sur les côtes d’Ashdod, il n’est pas rare de croiser des groupes de dauphins (précisément des grands dauphins dont Flipper fut un des plus illustres représentants). Ashdod accueille d’ailleurs un musée dénommé « Le Centre des dauphins et de la mer ». Le dauphin figurant sur le blason du club est un héritage de ses clubs prédécesseurs. En effet, Ashdod se forma lorsque les deux clubs de la ville, Maccabi Ashdod et Hapoel Ashdod, fusionnèrent en 1999 suite aux difficultés financières rencontrées par les deux clubs. Le dauphin faisait partie de la crête du Maccabi et les clubs décidèrent de le garder. L’équipe est également représentée par une mascotte de dauphin avec des lunettes de soleil, nommée Skipper.