#178 – America FC : Sangue

Le sang, rappelant ainsi la couleur rouge du maillot du club. Fondé le 18 septembre 1904, les dirigeants du club optèrent d’abord pour un maillot intégralement noir. Puis, en 1906, en raison de difficulté d’approvisionnement, le maillot devint noir et rouge. Enfin, en 1908, João Evangelista Belfort Duarte qui était joueur de l’America (et qui deviendra capitaine (1911), entraîneur, directeur général du football et trésorier du club) suggéra de porter un maillot rouge, à l’image du club d’Associação Atlética Mackenzie College, que l’America avait récemment affronté lors d’un match amical. Belfort Duarte avait été l’un des fondateurs de l’Associação Atlética Mackenzie College, premier club de football formé par des Brésiliens.

#176 – Djurgårdens IF : Järnkaminerna

Les poêles en fonte. Le surnom remonte au second age d’or du club, dans les années 50. A compter de 1920 et pendant 35 ans, le club faisait l’ascenseur entre la seconde division et l’Allsvenskan, l’élite du football suédois. Au passage, l’équipe subissait, lors de la saison 1945-1946, la plus grosse défaite de tous les temps dans l’Allsvenskan contre l’IFK Norrköping (11 buts à 1).

En 1954, la direction nomma comme entraineur, le sino-anglais Franck Soo (qui exerçait depuis deux ans en Suède). Sous son impulsion, le club retrouva son lustre d’antan. Pour cela, Franck Soo développa un style de jeu rugueux et physique, basé sur des entraînements physiques rigoureux. Ainsi, le club remporta le championnat de Suède en 1955, avec le plus grand nombre de victoires (14), le plus petit nombre de défaite (3), la meilleure attaque (53) et la meilleure défense (27). Franck Soo ne resta qu’une saison à la tête de l’équipe mais son jeu s’imposa au club pour la décennie, avec son joueur emblématique Gösta « Knivsta » Sandberg. Djurgårdens rajouta ainsi 3 nouveaux titres de champion en 1959, 1964 et 1966. Ce jeu physique, dur fut symbolisé par ce surnom de poêle en fonte (cet ustensile de cuisine était si dur et faisait mal quand on se cognait avec). Cette image collait bien également avec les couleurs du club. L’équipe arborait un maillot rayé bleu foncé et rouge foncé. Le bleu rappelait la fonte, tandis que le rouge la lueur du feu.

#138 – FCSB : Roș-albaștrii

Les rouges et bleus. L’un des surnoms principal du Steaua Bucarest correspond aux couleurs du club. Il fut fondé le 7 juin 1947 à l’initiative de plusieurs officiers de la Maison royale roumaine, par un décret signé par le général Mihail Lascăr, ancien commandant suprême de l’armée royale roumaine. Il avait pour but de poursuivre dans un cadre institutionnalisé la vieille tradition de la pratique du sport dans les forces armées roumaine. Les joueurs portaient alors un maillot rouge et jaune accompagné d’un short bleu, ces 3 couleurs étant celles de la Roumanie.

Le tricolore bleu, jaune et rouge comme drapeau de la nation roumaine apparaît au début du XIXème siècle, lors de la période appelée « Renaissance culturelle roumaine ». Ce mouvement culturel et philosophique, qui se développa en Transylvanie, en Moldavie et en Valachie, fut le terreau de l’identité et du nationalisme roumain pour parvenir à l’indépendance du pays en 1859. Le drapeau tricolore se basa sur les couleurs que partageaient les 3 régions historiques. Entre le XVIIIème et le XIXème siècle, leurs drapeaux évoluèrent régulièrement mais ces 3 couleurs y étaient souvent présentes (soit une, soit une paire, voire les 3). En 1821, le drapeau utilisait par les insurgés roumains en Valachie et en Moldavie affichait déjà ces 3 couleurs, auxquelles on leur attribua un sens : Liberté (le bleu du ciel), Justice (le jaune des champs), Fraternité (le rouge du sang). En 1859, le tricolore s’imposa comme le drapeau nationale suite à l’union de la Moldavie et de la Valachie.

Seulement, lorsque le pays sombra dans le communisme à la fin de l’année 1947, la structure fut évidemment poursuivie par la nouvelle armée roumaine. Le Ministre de la Défense roumain décida de s’aligner sur le grand frère soviétique et son club de l’armée, le CSKA Moscou. L’écusson du Steaua devint une copie de celui du CSKA. De même, dans les années qui suivent, le jaune fut supprimé pour ne retenir, comme couleurs du club, que le rouge et bleu, teintes de l’armée roumaine et du CSKA. Le rouge est la couleur des forces terrestres tandis que le bleu représente les forces navales et aériennes. Finalement, en 1961, le jaune revint dans l’ensemble chromatique du club.

#134 – AC Sparta Prague : Rudí

Les rouges. Initialement, les joueurs du Sparta portaient des maillots noirs avec la lettre « S » brodée sur leur poitrine. Puis, pendant 2 ans, ils utilisaient un maillot à rayures noires et blanches. Finalement, en 1906 , un des membres du club, M. Petřík, revint d’un voyage en Angleterre. Outre-manche, il fut impressionné par le jeu d’Arsenal et décida de ramener un jeu de maillots du club. A l’époque, Arsenal évoluait dans ses couleurs originelles, ie avec des maillots de couleur groseille, une nuance sombre de rouge, avec un short blanc et des chaussettes rayées bleus et blancs. Le Sparta adopta alors ce nouveau maillot au rouge sombre. Mais, cette couleur n’était pas inconnue pour le club puisque, selon ses statuts de 1894, les dirigeants choisirent un drapeau pour le club de couleur bleu, jaune et rouge. Selon la tradition, le bleu, symbole de la vitesse, de l’athlétisme et des sports en général, fut associé au jaune et au rouge, couleurs de Prague, capitale royale. Selon une autre version, le choix du bleu aurait voulu symboliser l’Europe.

#121 – RC Lens : les Sangs et Ors

Ce sont les couleurs du club du Pas-de-Calais. Lens vit la création de son club en 1906. Cette jeune équipe arborait des maillots à damier ou rayures noirs, référence aux mines de charbon, et verts, comme la Place Verte (ancien nom de la Place de la République), sur laquelle les jeunes jouaient au football avant de créer le club. Plusieurs fois, le club rendit hommage à ces couleurs avec son maillot extérieur (2018-2019, 2019-2020 et 2025-2026). Puis, de 1908 à 1914, le club aurait arborait un maillot intégralement noir. Le club fut emporté avec le début de la Première Guerre mondiale.

Mais, en 1919, il renaît grâce à Monsieur Laroche, directeur du Comité de Secours Américain. En contrepartie de la mise à disposition d’un terrain, il demanda au club de rejoindre le giron de l’Union Sportive du Foyer Franco-américain et de porter dorénavant ses couleurs ie le bleu ciel pour le maillot, le blanc pour la culotte et le rouge pour les bas.

En 1923, René Moglia fut élu président et il fit changer les couleurs pour le fameux sang et or. La légende raconte que le nouveau président du Racing eut cette idée en passant devant les ruines de l’Église Saint-Léger, détruite lors d’un bombardement le 19 janvier 1916 et dernier vestige de la présence espagnole dans la région au XVIIIème siècle (jusqu’en 1648 la ville de Lens était une place forte des Pays-Bas espagnols). René Moglia prit alors les couleurs du drapeau espagnol. Selon le site officiel du club, les premiers maillots sang et or furent portés pour la première fois en 1924 lors de l’inauguration du nouveau stade municipal Raoul Briquet (aujourd’hui stade Léo Lagrange). Il s’agissait d’un tricot rayé verticalement sang et or, couplé à une culotte noire.

#113 – FC Bayern Munich : die Roten

Les rouges. Le club bavarois est connu notamment pour ses tuniques rouges, ce qui a conduit à ce surnom. Lors des premières années d’existence, les dirigeants choisirent le bleu et le blanc, les couleurs de la Bavière (toutefois, selon certaines sources, les joueurs portaient un maillot blanc avec un short noir). Les armoiries de l’Etat du Sud-Est de l’Allemagne sont reconnaissables par ces diamants obliques bleu et blanc (que l’on peut retrouver sur le blason du club comme sur le logo du constructeur automobile BMW). Ce maillage diagonale blanc et bleu, également appelés Wecken en héraldique allemand, provient à l’origine des armoiries des comtes de Bogen, une des plus puissantes familles nobles de Bavière au XIIème et milieu du XIIIème siècle. En 1242, les Bogen s’éteignirent et leurs possessions revinrent aux ducs de Bavière, dont la famille régnante était les Wittelsbacher. À partir de 1337, la famille Wittelsbach reprit à son compte les armoiries des Bogen qui les légua par la suite à la Bavière.

Mais revenons au Bayern qui n’affichait donc pas du rouge au début de son existence. En 1905, le club recherchait un partenariat pour recevoir un soutien financier et bénéficier d’infrastructures stables. Donc le 1er janvier 1906, il rejoignit une structure plus solide et organisée, le Münchner SC, un club omnisports (principalement connu pour le Hockey sur Glace). Toutefois, le Bayern conserva une relative autonomie avec cet associé. En échange, le Münchner SC exigea que le Bayern troqua ses shorts noirs pour des shorts rouge vin, la couleur du Münchner SC. Dans un premier temps, les adversaires les affublèrent du surnom rothosen (short rouge), qui n’était pas flatteur. Mais, depuis ce jour, le rouge est devenu la couleur du Bayern, qui le porte avec fierté.

A partir des années 1990, le bleu refait surface sur les maillots du Bayern de manière plus ou moins prononcé. Toutefois, ce mariage du bleu avec le rouge irrita les supporteurs du club car le bleu rappelait la couleur du rival honni, TSV 1860 München. En 2018, la direction du club accepta que la tenue domicile du club soit désormais uniquement en rouge et blanc.

#96 – Servette Genève : les Grenats

Ce surnom se rattache à la couleur des maillots du club genevois. Mais, l’origine de cette couleur n’est pas vraiment connu. A la création du club en 1890, les premières couleurs furent vertes et rouges, suite au don par un de ses fondateurs, M. Fiala, d’un tissu affichant ces couleurs. Puis, rapidement, les gazettes de l’époque surnommait le Servette, les rouges. Ce fut notamment le cas dans un article du 11 décembre 1903 du « Journal de Genève ».

Mais, ce même journal, 5 ans plus tard (le 6 septembre 1908), dénomma l’équipe, les grenats. Les motivations pour changer de couleur demeurent inconnues et les versions se multiplient. Certains évoquent que les raisons furent politiques. Ainsi, dans certains cantons suisses, les instances du football poussèrent des clubs liés au syndicat à changer leur maillot rouge, couleur trop connoté politiquement, pour d’autre. Toutefois, le Servette n’était pas un club prolétarien mais peut-être que les dirigeants de l’époque suivirent le mouvement et se détachèrent du rouge pour une couleur proche mais plus « noble ».

D’autres avancent une raison de courtoisie. La période 1905-1910 marqua l’émergence des premiers matchs internationaux. Bien que la fédération suisse fut créée en 1895, le premier match officiel de l’équipe nationale suisse se joua contre la France seulement le 12 février 1905 à Paris. Et dès ce premier match, le maillot de la sélection devint rouge, à l’image du drapeau de la Confédération helvétique. Par respect, le club genevois aurait donc délaissé le rouge pour que cette couleur fusse seulement portée par la Nati, l’équipe nationale helvète.

Enfin, la dernière hypothèse serait plus prosaïque et lié à la réalité de nombreuses équipes de l’époque. La qualité des maillots était aléatoire et en 1905, le fournisseur du club leur procura des maillots dont le rouge tiré vers le brun-rouge. Cette couleur sombre plut probablement aux dirigeants qui l’adoptèrent définitivement.

#94 – CS Marítimo Funchal : Verde-rubros

Les verts et rouges. Le club fut créé par opposition à une autre formation locale, Club Sports Madeira. Le CS Madeira était le club des élites locales, tandis que le CS Marítimo puisait ses origines dans les couches modestes de l’île. Le CS Madeira évoluait en bleu et blanc, les couleurs de la Monarchie. Le CS Marítimo souhaita prendre des couleurs opposés et repris celles du Parti républicain portugais (vert et rouge). Créé en 1876, le premier congrès du Parti Républicain eut lieu le 5 janvier 1891. Les partisans choisirent alors deux couleurs pour leur mouvement : le rouge et le vert. Le rouge représentait le sang versé par les combattants, en particulier les républicains. Le vert avait conquis le titre de couleur de l’espoir depuis l’avènement du courant philosophique du Positivisme d’Auguste Comte. Il eut un grand échos au XIXème siècle, en particulier au Brésil (le drapeau du pays est principalement vert avec comme devise, ordre et progrès, valeurs défendues par le Positivisme) et au Portugal.

Il faut rappeler que la création du club remonte au 20 Septembre 1910. Depuis le début du XXème siècle, le Portugal vivait d’importantes perturbations politiques et sociales. Les partis républicains, libéraux, progressistes, réformistes, socialistes, régénérateurs et monarchistes entre autre s’opposaient régulièrement. Les obstructions étaient donc nombreuses et l’agitation sociale croissante. En 1907, un coup d’Etat se produisit et renversa le système de monarchie parlementaire pour instaurer un pouvoir royal fort au profit du Roi Charles Ier. Mais cette dictature ne résista pas aux mouvements républicains. Ces derniers parvinrent à assassiner le Roi le 1er février 1908. Le fils de Charles Ier, Manuel II, monta sur le trône pour tenter de ramener en vain le calme. Une révolution à Lisbonne renversa la Monarchie et la Première République fut déclaré le 5 octobre 1910. Dans la foulée, en 1911, une commission décida de remplacer le drapeau royal du pays (bleu et blanc) par un nouveau (que nous connaissons encore aujourd’hui), qui reprenait les symboles du Parti Républicain. Le vert et le rouge était donc à la mode.

#80 – Urawa Red Diamonds : Reds

Facile de deviner d’où vient ce surnom. Le club évolue en rouge et cette couleur est inscrite dans sa raison sociale, Red Diamond signifiant les diamants rouges. L’origine de cette appellation est à chercher auprès du propriétaire du club, l’entreprise Mitsubishi, et de son logo qui représente 3 losanges, ie 3 diamants. Le nom Mitsubishi est la combinaison des mots mitsu et hishi, qui signifie respectivement 3 et châtaigne d’eau, une plante aquatique. Les Japonais utilisent depuis longtemps le mot hishi pour désigner un losange. En japonais, le son « h » est souvent prononcé comme un « b » lorsqu’il se produit au milieu d’un mot. Yataro Iwasaki, le fondateur de la société, a choisi l’emblème aux trois diamants car cela évoquait les armes à trois feuilles du clan Tosa, le premier employeur de Yataro, ainsi que les trois losanges empilés des armes de la famille Iwasaki. A l’origine, la société était une compagnie maritime qui démarra son activité avec 3 bateaux.

#76 – Galatasaray : Sarı-Kırmızılılar

Les jaune et rouge, référence aux couleurs du club. Le club n’a pas toujours évolué dans ces couleurs. Mais, à compter du 8 décembre 1908, soit 3 ans après la fondation du club, Galatasaray opta définitivement pour ces couleurs. Alors que le club allait affronter une équipe composée de marins britanniques du navire HMS Barham de la Royal Navy, les dirigeants cherchaient de nouvelles couleurs qui les amèneraient à la victoire. Ali Sami Yen, fondateur du club, raconta l’histoire: « Après avoir été dans plusieurs magasins, nous avons vu deux tissus d’apparence élégantes dans le magasin de Fatty Yanko à Bahçekapısı (entre Eminönü et Sirkeci à Istanbul, maintenant appelé Bahçekapı). L’un d’eux était assez rouge foncé, ressemblant à la couleur cerise, et l’autre un jaune riche avec une touche d’orange. Lorsque le vendeur a fait voler les deux tissus d’un tour de main, ils sont devenus si brillants que cela nous a rappelé la beauté d’un chardonneret. […] Nous imaginions les flammes jaune-rouge qui brillaient sur notre équipe et rêvions que cela nous mènerait à des victoires. En effet, ce fut le cas. ».

Mais, le choix de ces couleurs n’est peut-être pas dû au hasard, simplement au détour d’une échoppe de tissus. Le club fut fondé par des étudiants de l’École impériale Mekteb-i Sultani, précédemment appelé Galata Sarayı Enderun-u Hümayunu (aujourd’hui Lycée de Galatasaray). Même si le club n’était pas rattaché à l’école, tout l’y ramenait. Ainsi, les membres cherchaient un nom au club mais finalement ils retinrent le nom de l’école car à l’issu d’un de leur premier match, les spectateurs se questionnèrent sur l’origine de ces joueurs et d’autres répondirent « Ce sont des messieurs du Palais de Galata » (Palais se dit Saray en turc). Résultat, le club se dénomma Galatasaray Terbiye-i Bedeniye. De même, les couleurs de l’école étaient (et sont toujours) le jaune et le rouge. En effet, selon la légende, au XVème siècle, le sultan Bajazet II était parti chasser sur les collines de Galata. Il aperçut alors une cabane vétuste au milieu d’un grand jardin parfaitement entretenu. Le propriétaire de cette bicoque, du nom de Gül Baba, fit visiter son jardin et offrit au sultan deux roses : l’une jaune, l’autre rouge. Pour le récompenser de son jardin, le sultan fit édifier à cet endroit une école et un hospice.

Aujourd’hui, si l’établissement scolaire et le club sportif sont toujours séparés, ils se confondent tout de même car le blason de l’école est celui du club …….