#329 – AFC Bournemouth : the Cherries

Les cerises. Cette année, il est vrai que le club essaye de se refaire la cerise en Championship après avoir été relégué de Premier League la saison précédente suite à une erreur de la goal-line technology lors du match face à Aston Villa. Mais, l’origine de son surnom remonte à bien plus loin que cette épisode malheureux. Deux explications s’affrontent.

La première fait référence à la couleur rouge du maillot qui fait penser à ce fruit. Le maillot a évolué entre 1899 et aujourd’hui. Jusqu’en dans les années 1920, le club portait des maillots similaires à Southampton ou Sunderland, ie un maillot rayé verticalement rouge et blanc avec un short bleu. Puis, le club changea pour un maillot rouge et blanc, dans le style d’Arsenal. Pendant toutes les années 60, les joueurs portèrent un maillot intégralement rouge. Puis au début des années 70, le noir apparaît au côté du rouge dans un maillot de nouveau rayé verticalement. Retour au rouge intégrale au milieu des années 70. Puis, finalement, à compter de 1990, le club opta pour un maillot noir et rouge, principalement à rayures verticales, le rouge s’étant même foncé. Au final, le maillot changea mais la couleur rouge resta toujours et de façon dominante.

La seconde version installe l’origine de ce surnom en 1910. La famille Cooper-Dean accorda au club un bail emphytéotique sur des terrains vagues à côté de Kings Park. Le nouveau stade du club, nommé Dean Court, y fut construit et demeure encore aujourd’hui l’enceinte de Bournemouth. Selon la légende, ces terrains étaient situés près d’un vergers de cerisiers.

#309 – Espérance Sportive de Tunis : الدم و الذهب

Les sangs et ors. Le plus grand club tunisien évolue dans un maillot rayé sang et or, accompagné souvent d’un short noir. Toutefois, lors de sa première année d’existence, les joueurs portaient un maillot rayé certes, mais vert et blanc. L’Espérance Sportive fut fondé le 15 janvier 1919. A cette époque, la Tunisie se trouvait sous protectorat français et la création d’association sportive par les populations autochtones était un moyen de résistance, le porte drapeau du nationalisme. Ainsi, le Club Africain et l’Etoile du Sahel, les deux autres grands clubs du pays, optèrent à leur création pour les couleurs rouge et blanches, en référence au drapeau national. Mais, l’Espérance choisit le vert et blanc et la raison est inconnue. J’avancerai que dans ce contexte d’affirmation nationaliste, le choix du vert et blanc pouvait mettre à l’honneur les couleurs de l’Islam. Une autre façon d’être nationaliste. Toutefois, un an plus tard, les maillots du club changèrent et passèrent au rouge et jaune. Deux légendes s’affrontent pour la raison de ce troque. La première invoque un concours de circonstances. Suite à une pénurie persistante de maillots verts, les dirigeants en cherchèrent de nouveaux et dénichèrent un stock aux couleurs sang et or. Les joueurs portèrent ces nouvelles couleurs au match suivant et gagnèrent la partie, convainquant la direction de les conserver. L’autre histoire, plus admise, rappelle que lorsque le Dr Chadli Zouiten, dentiste et joueur, rejoignit l’équipe en 1920, il apporta avec lui les équipements de l’équipe scolaire du Tunisia Football Club. En effet, cette association venait d’être dissoute et les managers se partagèrent les biens. Chadli Zouiten récupéra les maillots rouge et jaune et en fit donc don à l’Espérance. Or, de meilleur qualité, notamment plus chaud, ces maillots convainquirent la direction et les joueurs de les adopter définitivement. 100 ans plus tard, ces couleurs sont toujours celles du club.

#274 – CA Independiente : los Diablos Rojos

Les diables rouges. Les diables, les rouges, les diables rouges sont indistinctement utilisés comme surnom pour Independiente. Et tous ces surnoms proviennent d’une histoire de style de jeu. Fondé en 1904, les premières équipes jouaient avec un maillot blanc et bleu, équipement hérité d’un club disparu. Mais, en 1908, le club anglais de Nottingham Forest réalisa une tournée en Argentine et affronta la meilleure équipe argentine de l’époque, Alumni. Cette dernière reçut une raclée (défaite 6-0). Dans les travées du stade, le président-fondateur d’Independiente, Arístides Langone, fut impressionné par le jeu des anglais ainsi que leur maillot rouge. Cette admiration l’amena à prendre la décision d’équiper Independiente avec des maillots similaires. Une autre légende raconte que ces maillots reflétaient le climat politique en Argentine à cette époque. où le socialisme et la gauche s’éveillaient. En tout cas, ce sont peut-être ces maillots rouges qui inspirèrent le jeu offensif du club en 1926. En cette année, le club remporta la Copa de Competencia de Primera División et le Campeonato de Primera División en alignant une ligne d’attaque composée de Manuel Seoane, Luis Ravaschino, Zoilo Canavery, Alberto Lalín et Raimundo Orsi. Le journaliste Hugo Marini, du journal Crítica décrivit ces attaquants comme des armes létales pratiquant un jeu diabolique. Un style unique qui les distingua des autres équipes et c’est pourquoi Marini les baptisa Los Diablos Rojos.

#257 – Sevilla FC : Rojiblancos

Les rouges et blancs. Ville portuaire, la ville entretenait des liens économiques forts avec le Royaume-Uni. Outre les liaisons maritimes, ces liens existaient au travers des usines où des entrepreneurs anglais avaient investis et où des ouvriers anglais avaient immigrés. Une des compagnies maritimes anglaises se dénommait MacAndrews et dont le co-propriétaire était Edward Farquharson Johnston, vice-consul britannique à Séville. Comme souvent à cette époque, cette immigration anglaise importa ses coutumes dont le football. En 1890, Edward Farquharson Johnston participa, aux côtés de jeunes espagnoles de descendance anglaise, à la fondation du club qui servira plus tard de base pour la création officielle du FC Séville. Le capitaine des premières années étaient l’écossais Hugh Mac-Coll, qui travaillait en tant qu’ingénieur pour la grande fonderie locale. En 1895, ce dernier rentra en Angleterre pour créer son entreprise à Sunderland, près du stade du club de football. En 1908, 3 ans après la fondation officielle du FC Séville, le club chercha de nouveaux maillots et demanda à l’un de ses membres anglais, John Wood, également capitaine du SS Cordova, bateau de la MacAndrews, de s’en procurer auprès de Sunderland, qui était un club phare du championnat anglais. Hugh Mac-Coll fut alors un intermédiaire pour faciliter l’échange avec le club de Sunderland. C’est ainsi que le rouge et blanc devient les couleurs du club andalous.

Une autre hypothèse est avancée concernant ce choix de couleurs. Dans le quartier supérieur gauche de l’écusson du club, apparaît 3 personnages. Le Roi Ferdinand III de Castille entouré de Saint Isidore et Saint Léandre, deux archevêque de la ville du VIIème siècle. Ferdinand III marqua profondément l’histoire de l’Espagne médiévale. D’une part, mort dans la ville en 1252, il délivra Séville et une grande partie de la péninsule ibérique du joug maure. D’autre part, son influence politique fut considérable, notamment en unifiant définitivement les royaumes de Castille et de León, en 1230. Ses armes reprenaient alors celles de ces deux royaumes et dont les principales couleurs était le gueules (rouge) et l’argent (blanc). Le club aurait voulu lui rendre hommage en reprenant ses couleurs.

Comme le maillot est rayé, il n’y a pas d’ordre dans les couleurs. D’où le surnom s’inverse également en blanquirrojos (les blancs et rouges).

#247 – Independiente Santa Fe : los Cardenales

Les cardinaux. Plusieurs versions se rapportent à ce surnom mais ils font tous référence à la couleur rouge que les maillots du club arborent. Ainsi, ce maillot rappellerait le rouge des habits des cardinaux ou celui du plumage du Cardinal Rouge (sachant que cette oiseau tire son nom de la couleur rouge du plumage du mâle qui rappelle les vêtements rouges des cardinaux). Au final, tout revient aux cardinaux catholiques. Pourquoi le club joue en rouge et blanc ? Là aussi, il existe plusieurs versions. Une chose est sure, lors de son premier match, l’équipe évoluait avec un maillot bleu. Mais, la couleur souffrit au fil des lavages. Le club confectionna un nouvel uniforme en vert pour le remplacer. Mais, ces derniers se délavèrent également. Les supporteurs et l’un des fondateurs du club décidèrent de passer au rouge et blanc en référence au club anglais d’Arsenal. En mai 1942, Santa Fe fut invité à jouer dans la première division de la Ligue de Bogota. Il affronta alors la puissante équipe de l’Université, match auquel le club porta pour la première fois son maillot rouge à manches blanches. Il le remporta 7 buts à 3.

#246 – Hambourg SV : Rothosen

Les pantalons rouges. La particularité du club est de porter des maillots blancs avec des shorts rouges (d’où le surnom) alors que les couleurs de son écusson sont le bleu, le noir et le blanc. Cette multitude de couleurs résulte de la naissance du club. Le HSV naquit le 1er Juillet 1919 de la fusion de 3 clubs plus anciens : SC Germania 1887, Hamburger FC 1888 et FC Falke 1906. Comme dans beaucoup de fusion, le choix des symboles (couleurs, blason …) du nouveau club était un élément important pour la suite de l’aventure. Les symboles d’un club prendraient-ils le pas sur les autres ? Fusionner les symboles des 3 clubs ? Ou alors faire table rase du passer et doter le nouveau club de symboles neufs ?

Le choix des membres fondateurs fut un entre-deux. D’une part, ils décidèrent de donner au blason du club les couleurs des 3 anciens clubs (SC Germania 1887 (bleu et noir), Hamburger FC 1888 (bleu foncé et blanc) et FC Falke 1906 (bleu et blanc)). D’autre part, pour les combinaisons portées par les joueurs, ils décidèrent de rendre hommage à leur ville, Hambourg, et optèrent pour les couleurs de la ville, le rouge (pour le short) et le blanc (pour le maillot). Ces deux couleurs municipales reprenaient celles de la Ligue Hanséatique. Cette association réunissait des villes de commerce souvent portuaires (mer et fleuve), principalement situées au nord de l’Europe (et particulièrement en Allemagne). Ces cités se caractérisaient donc par leur forte activité marchande ainsi que leurs flottes de navires qui permettaient les échanges. Ces derniers arboraient des fanions qui étaient souvent rouge et blanc, certainement car ces couleurs se distinguaient bien en Mer.

#244 – Gençlerbirliği SK : Alkaralar

Les rouge et noir. Deux versions s’affrontent pour expliquer le choix de ces couleurs. Les étudiants, qui souhaitaient créer un club de football car ils n’avaient pas été retenus par l’équipe de leur lycée, avaient du mal à trouver un mécène. Finalement, le père d’un des fondateurs, député de la province, accepta de soutenir l’équipe et sa première demande fut de trouver un jeu de maillots. Les jeunes se rendirent dans le seul magasin qui en vendaient et les seuls maillots disponibles étaient rouge et noire.

Pour d’autres, le choix de ces couleurs résulte des fleurs de pavot. Gençlerbirliği fusionna rapidement avec l’équipe du lycée, dont les fondateurs de Gençlerbirliği avaient été exclus et supporté par l’association des professeurs. Lors de la réunion organisée pour l’unification des clubs, en signe de bonne volonté, les lycéens de Gençlerbirliği offrirent un bouquet composé de fleurs de pavot, communes dans les steppes d’Ankara, au directeur du lycée et au président de l’Association des enseignants. Les couleurs rouge-noir de ces fleurs furent alors choisies comme celles du club.

#227 – Liverpool FC : the Reds

Les rouges. En Angleterre, comme partout dans le monde, reds est synonyme du club de la Mersey. Sauf que Liverpool n’a pas joué en rouge depuis sa création. Né d’une scission au sein d’Everton en 1892 (un problème de loyer entre le propriétaire du terrain et les toffees), Liverpool opta pour un maillot bleu et blanc, les couleurs du rival, Everton … qui lui jouait en rouge cette année-là. De quoi faire perdre leur latin aux supporteurs actuels. Liverpool se serait inspiré du style et des couleurs du maillot de Blackburn Rovers (qui était une référence à l’époque puisque le club du Lancashire avait déjà remporté 5 éditions de la Coupe d’Angleterre). Mais, dès l’année suivante, Everton revint au bleu (ciel et non roi comme aujourd’hui) et Liverpool changea 3 ans plus tard (1896) pour le rouge afin de se différencier.

Le maillot rouge s’imposa et après une année avec un short noir, le blanc s’imposa pour le bas de l’uniforme à compter de Septembre 1896. Jusqu’à un match de Coupe d’Europe en 1964. Pour la réception d’Anderlecht en huitième de finale de la Coupe des Clubs Champions, le manager de l’époque, Bill Shankly, imposa un short et des chaussettes rouges afin que le kit du club soit intégralement écarlate. En jouant avec un maillot rouge sang, son idée était de montrer que ses joueurs étaient des guerriers et ainsi inspirer la peur à leurs adversaires. La petite histoire raconte que Bill Shankly jeta un short rouge à son défenseur écossais Ron Yeats. Pourtant surnommé the colossus en raison de sa corpulence, Shankly lui dit « Get into those shorts and let’s see how you look’. ‘Christ, Ronnie, you look awesome, terrifying. You look 7’ tall » (Enfile ce short et voyons l’air de quoi tu as l’air. Bon sang, Ronnie, tu es superbe, terrifiant. On dirait que tu fais 2 mètres de haut). L’attaquant Ian St John proposa de faire le grand saut en mettant également des chaussettes rouges. Shankly était persuadé que ce kit intégralement rouge aurait un effet psychologique certain sur les adversaires, cette couleur symbolisant le pouvoir et le danger. Ce coup fut gagnant car Liverpool gagna 3-0. Cette nuit-là, en rentrant à la maison, il dit à sa femme Ness « Tonight, around Anfield for the first time, there was a bright flame, as if a fire was spreading » (Ce soir, aux alentours d’Anfield et pour la première fois, il y avait une flamme éclatante, comme si un feu se propageait).

Selon certaines recherches récentes, les chaussettes rouges n’auraient été introduites que lors d’un match de quatrième tour de la FA Cup contre Stockport County le 3 février 1965. Toutefois, les chaussettes rouges furent déjà portés (entre 1896 et 1934), avant que les bas rayés rouges et blancs s’imposèrent entre 1936 et 1959. Il y eut parfois des tentatives en noir pendant ces années. Ce ne fut qu’à compter de 1959 que les chaussettes blanches furent utilisées et finalement pour peu de temps.

#220 – SC Internacional : Colorados

Les rouges. Depuis la fondation, le club évolue en rouge et blanc. Le journaliste brésilien Henrique Poppe Leão, avec ses frères Luiz Madeira Poppe et José Eduardo Poppe, avaient déménagé de São Paulo à Porto Alegre en 1901 mais rencontraient depuis des années des difficultés dans la pratique du football. En effet, les principaux clubs de la ville, à l’époque, étaient réservés aux personnes d’origine allemande, ce qui n’était pas le cas des frères Poppe. Le 4 avril 1909, ils décidèrent donc de fonder leur propre club de football. Ils optèrent pour le nom « International » afin de montrer, contrairement aux autres clubs de la ville, leur ouverture à toutes les nationalités. Il s’agissait également d’un hommage à l’Internacional São Paulo, club de football dont avaient fait partie les frères Poppe.

A la 3ème réunion des membres fondateurs, au mois d’Avril 1909, le choix des couleurs fut aussi discuté. Tous les membres étaient naturellement des adeptes du carnaval de Porto Alegre et soutenaient un des deux groupes principaux qui animaient le défilé : Venezianos (les vénitiens) aux couleurs rouges et blanches et Sociedad Esmeralda (la société émeraude) aux couleurs vertes et blanches. Les Venezianos étant majoritaires lors de cette réunion, le rouge et le blanc furent donc adoptées comme couleurs du nouveau club. Comme pour le nom, les 3 frères Poppe essayèrent également de faire référence à leur club d’origine, Internacional São Paulo qui évoluait en noir et rouge, mais leur proposition d’intégrer la couleur noire fut refusée par les autres membres.

Le premier fut donc rayé verticalement en rouge et blanc. En 1912, pendant quelques mois, une tenue intégralement blanche fut adoptée. Mais, finalement, en 1913, un maillot rouge accompagné d’un short blanc fit son apparition et à l’exception de la saison 1915 (où les joueurs portèrent de nouveau un maillot rayé), le club évolue dans ce kit.

#211 – Aberdeen FC : the Reds

Les rouges. Aberdeen fut la résultante en 1903 de la fusion de 3 équipes, Aberdeen FC (créé en 1881), Orion (créé en 1885) et Victoria United (créé en 1889). Comme souvent aux prémices du football, les clubs changèrent régulièrement de couleurs de maillot, par effet de mode mais surtout par nécessité (les joueurs prenaient ce qu’ils avaient en commun dans leur garde robe ou ce que le magasin pouvait leur fournir). Ainsi, dans leurs quelques années d’existence, ces 3 clubs modifièrent régulièrement leurs tenues. Aberdeen démarra avec un maillot bordeaux et un short bleu. En 1903, ils jouaient alors avec une chemise blanche et un short bleu. Entre les deux, un maillot rayé or et bleu marine accompagné d’un short blanc constituèrent leur kit. Du côté d’Orion, le premier maillot arborait un kaki original (ou marron foncé appelé Bismark) avec un short blanc. Puis, ils passèrent sur un maillot rayé blanc et bordeaux avec un short bleu. Le club termina avec un maillot et un short blanc. Enfin, Victoria United fut un peu plus constant. maillot bleu ciel et short bleu marine de 1889 à 1896. Puis, maillot bleu marine et short blanc pour une saison. Enfin, de 1897 à 1903, le maillot revint bleu ciel, le short était blanc et les chaussettes bleus marines.

Lors de sa première année, Aberdeen évolua semble-t-il avec un maillot blanc et un short bleu marine, les deux couleurs qui étaient communes au trois clubs. Mais, finalement, la saison suivante, le club opta pour un maillot aux bandes verticales noire et jaune (entre Septembre et Octobre 1910, les rayures passèrent horizontales). Pendant de nombreuses années, le club s’identifia avec ces couleurs. Puis le 18 mars 1939, pour la réception du club écossais de Glasgow, Queens Park FC, le club changea de couleurs pour le rouge et le blanc, reprenant ainsi les couleurs de la ville d’Aberdeen. Les armes de la ville sont constituées de trois tours (parfois une) d’argent (la couleur blanche en héraldique) sur un champs de gueule (rouge). Cette conception fut utilisée pour les sceaux de la ville à partir du XVème siècle (voir avant).