#1214 – Yokohama FC : フリエ

Fulie, terme sans traduction puisqu’il s’agit simplement d’un diminutif. Toutefois, ce qui est amusant dans cette histoire, c’est que le surnom d’un club donna presque le nom d’un autre. Je m’explique. En 1998, une grave crise secouait le club de Yokohama Flügels. Fondé en 1960 comme filiale de la compagnie aérienne ANA, il participa à la création de la ligue japonaise, J-League, et changea alors de nom. Le nom de la ville pour faciliter l’appropriation et l’identification par la nouvelle base de fan auquel était ajouté le terme allemand Flügels, qui signifie « aile » et référence à son sponsor, ANA. A noter que le mot en allemand est utilisé sous la forme Flügel aussi bien au singulier qu’au pluriel. En conséquence, l’ajout du « s » pour le nom du club était une faute du point de vue de la langue allemande. Malheureusement, en 1998, l’un des propriétaires de l’équipe, Sato Labs, annonça qu’il retirait son soutien au club et l’autre propriétaire, ANA rencontrait des difficultés financières qui ne lui permettait pas d’accompagner l’équipe seule. Ainsi, ANA proposa une fusion avec les Yokohama Marinos, détenu par Nissan, donnant « naissance » au Yokohama F. Marinos. Seulement, l’opération surprit les joueurs et les supporteurs des Flügels, qui n’apprécièrent pas de fusionner avec leur rival et de découvrir qu’il s’agissait en réalité d’une absorption des Flügels par Marinos.

Les supporteurs prirent le taureau par les cornes et décidèrent de créer un nouveau club. Bien qu’un fonds, dont l’objectif était de racheter et relancer la marque Flügels, fut lancé pour récolter des dons (67 millions de yens furent tout de même obtenus), ils ne parvinrent pas à convaincre les détenteurs des droits et la réhabilitation des Flügels ne put avoir lieu. Les supporteurs montèrent donc un club qui ne serait pas officiellement la suite des Flügels mais qui s’en inspirait fortement. Une société fut créée pour porter la nouvelle structure sportive en Janvier 1999 et s’appela « Yokohama Fulie Sports Club Co., Ltd. ». Le terme fulie n’était pas le fruit du hasard puisqu’il était en réalité le diminutif des Flügels. Le nouveau club, qui se dénomma pour des questions de simplicité, Yokohama FC, récupéra ainsi le surnom des Flügels, Fulie.

#1213 – FK Kaïrat Almaty : Халық командасы

L’équipe de la nation. Sous l’ère soviétique, Almaty (ou Alma-ata, son nom à l’époque) était la capitale de la République socialiste soviétique kazakhe, un Etat rural et en retard de développement. Les autorités soviétiques tentèrent de la développer en y installant la base de décollage des aventures spatiales ainsi que le site de Semipalatinsk, vaste espace consacré à la recherche et aux essais nucléaires. Les motifs de fierté des kazakh au sein de l’URSS, Etat cosmopolite, centralisé et immense où une grande partie des richesses et pouvoirs se concentraient en Russie, à Moscou, étaient donc rares. Et dans le sport, la problématique demeurait la même : les équipes des républiques éloignées du pouvoir central (en particulier celles d’Asie centrale) évoluaient rarement au sein de l’élite.

Face à la concentration des meilleurs organisations sportives à Moscou et dans quelques villes russes, le pouvoir soviétique décida en 1959 d’ouvrir les grandes compétitions nationales, afin de les rendre plus représentatives de l’union. Ainsi, le championnat de football de l’URSS passa de 12 à 22 clubs. 18 républiques soviétiques purent ainsi proposer d’inscrire une équipe au sein de l’élite, équipe qui jusqu’à cette date concourrait dans ligues nationales mineures ou régionales. Grace à un fort lobbying de l’administration kazakh, le Kaïrat intégra la première division en 1960 et joua son premier match le 10 avril. Kaïrat ne fit jamais parti des grands clubs du football soviétique mais il fit la fierté des kazakhs en obtenant quelques beaux résultats et en étant le premier et le seul club kazakh à jouer au plus haut niveau soviétique. Il évolua pendant 24 saisons au sein de l’élite soviétique, obtenant sa meilleure place en 1986 (7ème). Il fut également 2 fois champions de seconde division (1976 et 1983). En 1963, le club fit son meilleur résultat en Coupe d’URSS en atteignant la demi-finale. Pour cet exploit, tous les membres de l’équipe furent élevés au rang de Maître des sports de l’URSS. En 1988, le club remporta la Coupe de la Fédération, un équivalent de la Coupe d’URSS réservé au club de première division. Enfin, le 12 novembre 1971, le Kairat gagna la Coupe d’Europe des chemins de fer, une compétition réunissant les clubs contrôlés par les compagnies de chemin de fer ou les syndicats des cheminots du bloc de l’Est. Il s’agissait du premier tournoi européen remporté par un club soviétique.

Depuis l’indépendance du pays, Kaïrat constitue un grand club de l’élite kazakh sans pour autant écraser le championnat (seulement 3 titres remportés en 1992, 2004 et 2020 mais tout de même 10 coupes du pays gagnées). Néanmoins, il demeure l’équipe de la nation comme le disait son président en 2015 « Кайрат — народная команда. Так было всегда, и мы хотим это возродить » (Kairat est une équipe populaire. Cela a toujours été ainsi et nous voulons le faire revivre).

#1212 – AC Fiorentina : Gigliati

Ceux à la fleur de lys. Il s’agit d’une traduction approximative car le terme n’existe pas en italien et dérive en réalité du mot giglio, qui désigne le lys. Et depuis quasiment la fondation du club historique de Florence en 1926 son écusson affiche un lys rouge, le fameux symbole des armes de la ville. Depuis le XIème siècle, la fleur de lys est le symbole de la ville mais son origine est incertaine, plusieurs légendes se disputant. La plus connue remonte à la fondation de la ville par les Romains en l’an 59 avant J.C.. Elle aurait eu lieu au printemps, au moment des Jeux Floraux (Ludi Florales ou Floralia), qui correspondaient à des fêtes et célébrations en l’honneur de la déesse des fleurs, des jardins et du printemps, Flore. Ainsi, le village prit le nom latin de Florentia (la ville des fleurs) et l’association avec le lys, qui pousse en abondance dans les alentours de Florence (notamment sur le Monte Morello), se fit naturellement. Pour d’autres, l’association serait plus tardive et liée au culte marial auquel la ville fut toujours dévouée. En effet, on attribue au lys des vertus divines, purificatrices et virginales, ce qui en fait la fleur de la Vierge Marie.

Si l’origine est incertaine, l’association florale plaisait aux florentins car le lys de Florence se compose de trois pétales et de deux étamines chargées de boutons, qui donc écloront et donneront des fleurs. Or, la floraison est le signe de la production d’un fruit (une allégorie de la production de richesse). Ainsi, ce symbole présentait l’image d’une cité florissante, c’est à dire prospère. Et cette aisance financière engendrait pour les florentins une autre vertu de leur cité, la bienveillance, la générosité.

Difficile de dater l’adoption de la fleur de lys comme armes de la ville. Il semble que les florentins l’utilisèrent dès les premières croisades (XIème siècle). Contrairement aux armoiries actuelles, la fleur de lys était blanche sur un fond rouge à cette époque. En 1251, les Guelfes (soutien du Pape) décidèrent d’inverser les couleurs pour marquer leur victoire à Florence sur les Gibelins (Soutien du Saint-Empire). Par la suite, le lys fleurit partout dans la cité florentine, sur les murs des édifices et monuments civiques et religieux, comme sur les monnaies et dans les manuscrits. D’ailleurs, en 1252, la monnaie florentine en or, qui deviendra l’équivalent du dollar d’aujourd’hui, prit le nom de fiorino (florin), qui dérivait du terme lys. De même, la nouvelle cathédrale fut baptisée Santa Maria del Fiore (Sainte-Marie-de-la-Fleur).

Toutefois, pour la petite histoire, le lys de Florence est en réalité un iris …

#1211 – CA Fénix : el Ave

L’oiseau. A Montevideo, à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle, les échanges commerciaux du Royaume-Uni avec la capitale uruguayenne étaient nombreux, favorisant l’arrivée des nouvelles modes britanniques, notamment le sport. Le football se répandit ainsi à Montevideo et dans chaque quartier de la capitale émergèrent des clubs de football. Dans celui de Capurro, en 1909, un club vit le jour sous le nom de Guaraní mais il cessa ses activités dès 1913. Le 7 Juillet 1916, des jeunes qui avait connu l’aventure Guaraní décidèrent de fonder un nouveau club pour le quartier de Capurro. Ils le nommèrent Fénix (Phénix en Français) en référence à l’oiseau magique qui renaît de ses cendres, afin de signifier que l’ancien club de Guaraní renaissait au travers de la nouvelle association. L’oiseau apparaît sur le blason du club sous sa forme héraldique, ie de face, tête de profil, ailes étendues, sur son bûcher, appelé « immortalité » .

Cet oiseau mythique au plumage souvent rouge et doué d’une extraordinaire longévité (pas moins de 500 ans) a le pouvoir de renaître de son cadavre ou de ses cendres, après s’être consumé sur un bûcher. Il représente ainsi la mort et la renaissance, la survie de l’âme. Cette immortalité le dote d’un grand pouvoir et il est donc un oiseau respecté. Son apparition peut être annonciateur d’un évènement important. Certes, les flammes le brulent, le tuent mais il s’agit d’un feu de purification et de passion. Ainsi, le phénix est également appelé oiseau de feu. Au final, le phénix représente la cyclicité du monde : le cycle de la vie par sa faculté à naître, vivre et mourir, le cycle solaire en accompagnant le feu du soleil de l’aube au crépuscule et le cycle du temps, tout n’étant qu’un éternel recommencement. Mentionné sous le nom de phénix chez les grecs et les romains, il apparaît également dans de nombreuses autres cultures. Ainsi, dans la mythologie égyptienne, il est l’âme du Dieu soleil, Rê et se nomme Bénou. Dans les croyances kurdes et perses, il s’appelle Simurgh ou Rokh. Dans la culture chinoise, il s’apparente à Fenghuang et pour les japonais à Ho-ou. Chez les juifs, les oiseaux Khôl et Ziz présentent les mêmes caractéristiques. Dans le bouddhisme tibétain, on le retrouve sous le nom de Khyung. Enfin, chez les chrétiens, il est l’un des emblèmes du Christ, mort puis ressuscité.

#1210 – Alloa Athletic FC : the Wasps

Les guêpes. Nous ne sommes pas sur une île du pacifique, ensoleillé et où le surf règne en maître mais sur la côte Est de l’Ecosse, dans la ville d’Alloa, dans le comté du Clackmannanshire, où la pluie et le vent font parti du décor. Au XIXème siècle, le football se répandit rapidement en Ecosse et la ville d’Alloa n’y échappa pas. Le club aurait été fondé en 1878 mais selon certaines sources, la date de fondation serait le 6 août 1880. Le nom du club était alors Alloa Association FC mais l’acronyme A.A.F.C. fut mal interprété par le club et la presse de Dumferline qui traduisirent par Alloa Athletic FC. Toutefois, cette erreur plut au club qui modifia son nom en 1881 mais ne l’enregistra officiellement auprès de la fédération qu’en 1997.

Côté couleurs, elles varièrent régulièrement entre noir et orange ou noir et jaune (à l’exception de la saison 1897-1898 où les joueurs évoluèrent avec un maillot rayé blanc et bleu). Le bas varia entre bleu au XIXème siècle à blanc ou noir ensuite. Depuis la fin des années 1990, les teintes se sont stabilisées sur le noir et l’orange foncé, accompagné d’un short noir depuis le milieu des années 1980. Durant près de 100 ans (de 1879 à 1960), la tenue du club était un maillot rayé (verticalement ou horizontalement). Cette combinaison de couleurs et de rayures donna le surnom de wasps.

Durant deux saisons (de 1960 à 1962), un maillot uni fit son apparition (de couleur jaune avec deux bandes horizontales noires). De 1962 à 1972, le traditionnel maillot rayé reprit ses droits. De 1972 à 1998, à quelques rares exceptions (1974-1975), le kit uni s’installa durablement. Finalement, depuis 1998, le maillot aux rayures verticales est de retour. En 1985, le club fit apparaître sur le maillot du club son premier écusson qui s’inspira de son surnom puisqu’il comportait une guêpe.

#1209 – Club Universidad Nacional UNAM : Auriazules

Les Or et Bleu. Ces couleurs ne sont pas celles d’origine de l’université UNAM mais elles se sont imposées suite au choix effectué par l’une de ses associations sportives. Le symbole du Puma qui s’affiche sur le blason des équipes sportives de l’université et qui leur a également donné leur surnom provient d’un entraineur de football américain de l’UNAM (#40) dans les années 1940. Pour les couleurs, ce fut également les joueurs de football américain de l’UNAM qui en furent à la source mais quelques années auparavant.

En 1927, un groupe d’étudiants emmenés par Alejandro et Leopoldo Noriega, qui avaient effectué des voyages aux Etats-Unis et avaient pu pratiquer le football américain, fondèrent une équipe de football américain. Ils optèrent pour les couleurs or et bleu foncé, en l’honneur de l’université américaine de Notre-Dame, dont l’équipe de football américain était l’une des meilleures des Etats-Unis à cette époque. En effet, sous la houlette du célèbre entraineur Knute Rockne, les Fighting Irish (nom de l’équipe universitaire de Notre-Dame) affichèrent un bilan de 105 victoires, 12 défaites, et 5 nuls entre 1918 et 1930. Pendant cette période, cette équipe remporta 3 titres de champion national (1924, 1929 et 1930), fut invaincu lors de 5 saisons et gagna le Rose Bowl de 1925. Au delà de ces titres, Notre Dame fut également nommée par la NCAA championne nationale pour les années 1919, 1920 et 1927. Encore aujourd’hui, son programme de football américain est l’un des plus prestigieux et profitables du système universitaire américain.

Les origines de l’université de Notre Dame remontent à 1842, lorsque le père Edward Sorin, un prêtre français, fonda l’institution dans l’Indiana. Dès le départ, les couleurs de l’école se portèrent sur le jaune et le bleu, le jaune symbolisant la lumière et le bleu représentant la vérité. Etant donné qu’il s’agissait d’une institution catholique, d’autres pensent que le jaune représentait le pouvoir spirituel du pape et le bleu la couleur traditionnelle de la Vierge Marie (cf. #399 et #497). En 1879, le bâtiment principal de l’Université fut édifié, comportant un dôme, s’élevant à 60 mètres, surmonté d’une statue de la Vierge Marie de 5,2 mètres de haut. En 1886, le dome et la statue furent dorées, donnant un éclat supplémentaire à ce bâtiment majestueux. Devenu icône architecturale de l’université, synonyme d’excellence et de prestige, l’administration décida de remplacer le jaune par l’or pour ses couleurs officielles.

L’équipe des frères Noriega était connue sous le nom des osos (ours) mais en 1931, elle reçut le soutien de l’UNAM et devint la Horda Dorada (la horde dorée). Ces couleurs se répandirent alors sur toutes les équipes de l’université et par la suite, pour l’UNAM de manière générale.

#1208 – Bengaluru FC : the Blues

Les bleus. Le football indien a du mal à se développer dans un pays dominé par un sport très britannique et confidentiel pour bon nombre de pays, le cricket. Mais, des initiatives sont régulièrement lancées pour tenter de replacer l’Inde dans le concert sportif mondial et plus universel. Ainsi, en 1996, un championnat national amateur, la I-League, qui adopta le professionnalisme en 2007. En 2013, une nouvelle ligue privée et fermée fit son apparition, sous le nom d’Indian Super League, et concurrença directement la fragile I-League. La même année, la société JSW décida de créer sa franchise de football dans la ville de Bangalore. En Juillet 2013, le Bengaluru FC naissait et remportait la I-League dès sa saison inaugurale.

Fondé en 1982, JSW est un l’un des plus puissants conglomérats indiens, enregistrant un chiffre d’affaires de plus de 22 milliards d’euros et agissant dans la production d’acier, d’énergie, de ciment, de peinture ainsi que le développement et la gestion d’infrastructure. En 2012, JSW fondait sa structure dédié au développement du sport indien. Le fait qu’il s’intéresse au football donnait naturellement un coup de projecteur sur la discipline et des moyens financiers et d’organisation considérables pour la nouvelle équipe. Ayant la volonté d’avoir un conglomérat unifié et défendant les mêmes valeurs, l’ensemble des sociétés du groupe adoptèrent une image, une marque commune. Le club de football n’y échappa pas et repris les couleurs de son actionnaire et sponsor, principalement le bleu (nuancé par du rouge).

#1207 – Real Potosí : el León Imperial

Le lion impérial. Malgré une jeune histoire, le club ayant vu le jour seulement en 1988, il est devenu la fierté de la ville de Potosí, face à son vieux rival du Nacional (fondé en 1942). Le Real remporta le premier titre de champion de Bolivie pour la ville de Potosí en 2007 et en 2002, le club faisait découvrir pour la première fois la Copa Libertadores aux potosinos. Toutefois, ces exploits ne sont pas à l’origine de son surnom qui provient de l’histoire de Potosí. Le club opta pour le lion comme symbole et mascotte car le roi des animaux représente le pouvoir, la force et la royauté, des valeurs attachée à l’histoire de la ville de Potosí (tout comme le terme impérial utilisé dans le surnom).

La découverte des terres vierges des Amériques au XVème siècle fit naître rapidement des mythes et des légendes vivaces auprès des explorateurs européens en quête de nouvelle richesse. Il y eut Eldorado (de l’espagnol El Dorado qui signifie « le doré ») qui faisait exister de mystérieuses cités regorgeant d’or au Nord du continent sudaméricain. De même, au Sud, il y avait la célèbre légende de la Sierra de Plata (la montagne d’argent), une montagne qui abriterait des tonnes de métaux précieux. Aucun de ces trésors ne fut découvert mais une montagne entretint ces mythes, le Cerro Rico (Montagne riche). Haute de 4 782 mètres, cette montagne renfermait d’importants gisements de minerai d’argent, déjà connus des incas. Les espagnols s’empressèrent de les exploiter et fondèrent au pied de la montagne la ville de Potosí en 1545. L’immense richesse du Cerro Rico et l’exploitation intense des Espagnols furent la source de sa richesse et provoquèrent son incroyable développement. En 1560, quinze ans seulement après sa naissance, sa population atteignait déjà 50 000 habitants. En 1573, Potosí comptait 120 000 habitants, 150 000 en 1611 et 160 000 habitants en 1650, soit plus que de nombreuses villes européennes comme Séville, Paris et Madrid. Entre 1545 et 1600, la moitié de la production mondiale d’argent était extraite des mines de Potosí et la ville battait monnaie pour la couronne espagnole, dont elle faisait la richesse. La renommée et l’opulence de la ville était si grande qu’un dicton espagnol disait « vale un Potosí » (cela vaut un Potosí) pour signifier que quelque chose vaut une fortune.

Dès 1547, Charles 1er, Roi d’Espagne (mieux connu sous le nom de Charles Quint, Empereur du Saint Empire), accorda le statut de ville impériale à Potosí, titre qui fut confirmé et renforcé par un acte du 21 Novembre 1561, dénommé Capitulación de Potosí. Dans ses armes, la ville hérita logiquement d’abord de l’aigle bicéphale du Saint Empire, puis le Roi Philippe II d’Espagne lui ajouta les armoiries de la couronne espagnole, dont les fameux lions de León (il s’agit des armes parlante du Royaume de León, qui joua un rôle de premier plan dans la Reconquista et dans la formation du Royaume d’Espagne). Ils apparaissent encore aujourd’hui sur le drapeau et le blason de Potosí et ne sont certainement pas étrangers au surnom du club de football.

Du fait de la localisation de la ville au pied du Cerro Rico, à 4 000 mètres d’altitude, le surnom du club de football est également León de las Alturas (le lion des hauteurs).

#1206 – Sliema Wanderers : the Blues

Les bleus. La rivalité entre Sliema Wanderers et Floriana FC rythme depuis le début du XXème siècle le football maltais et les deux clubs constituent les places fortes du pays, cumulant à eux deux 52 titres de champion (26 chacun à la fin de la saison 2023-2024) et 39 coupes nationales (20 pour Sliema contre 19 pour Floriana). Les premiers matchs de football à Malte se déroulaient entre les régiments d’infanterie et de marine de l’armée britannique puis des équipes maltaises commencèrent à voir le jour. Floriana fut fondé en 1894 et Sliema en 1909. Avant 1909, l’absence d’instance dirigeante et d’un terrain adapté furent préjudiciables à l’instauration d’une compétition inter-clubs. Le problème du terrain fut résolu lorsque les autorités britanniques concédèrent aux étudiants du lycée et de l’université un terrain à Marsa pour en faire un terrain de football qui fut inauguré le 26 octobre 1907. Ce terrain permit d’organiser le premier championnat de l’île lors de la saison 1909-1910, avec la participation de 5 équipes dont Floriana et Sliema.

Lors de ce championnat, le premier match entre Sliema et Floriana fut arrêté alors que Sliema venait d’égaliser (Floriana menait 1 à 0) mais que le but fut annulé par l’arbitre. Le second match donna lieu aussi à une victoire 2 buts à 1 de Floriana et un nouvel envahissement du terrain qui arrêta prématurément le match. Floriana remporta le championnat devant Sliema. La grande rivalité était lancée. Les deux équipes jouaient dans des couleurs similaires : Floriana évoluait avec des maillots rouge et vert tandis que les joueurs de Sliema portaient des maillots jaune et vert. Les dirigeants de Sliema décidèrent donc de changer de couleurs et optèrent pour le bleu (alliance de bleu ciel et de bleu). Le bleu symbolisait la mer (ancien village de pêcheurs, Sliema se situe sur la côte et une promenade connue longe la mer). Le bleu ciel représentait Notre-Dame de la Mer (ou Stella Maris), première paroisse de Sliema, construite en 1855 et qui servait de point de repère aux pêcheurs.

#1205 – PFK Lokomotiv Plovdiv : Железничарите

Les cheminots. En connaissant un peu l’organisation de l’univers sportif par les communistes dans le bloc de l’est, vous savez que les clubs se nommant lokomotiv appartenait au syndicat des cheminots ou aux sociétés de chemin de fer. Le club de Plovdiv n’y fait pas exception.

L’histoire débuta par la création d’un club sous le nom Пловдивски Спортклуб (Club Sportif de Plovdiv) le 26 Juillet 1926, par la fusion de deux associations de quartier, « Караджа » (Karaja) et « Атлетик » (Athletic). Une autre initiative vit le jour en 1935. Le syndicat des cheminots et des marins (Железничарски подем) fit la promotion du sport parmi ses membres et lança un programme de fondation de clubs de football réservés aux cheminots dans toute la Bulgarie. A Plovdiv, le message fut entendu et un club, sous le nom de ZSK Plovdiv, fut créé le 13 Juin 1935 en ces termes « По инициативата на няколко железничари, пропили от ония благородни чувства на родолюбие, за да издигнат професията на оная висота, която ще заслужи вниманието на всички добри българи, се образува спортен футболен клуб при областта. » (A l’initiative de quelques cheminots, imprégnés de ces nobles sentiments de patriotisme, pour élever la profession à cette hauteur qui méritera l’attention de tous les bons Bulgares, un club de football sportif a été créé dans le district). Jusqu’à l’avènement du communisme en Bulgarie, les deux clubs connurent des histoires bien différentes.

D’un côté, le CS Plovdiv devint champion de Plovdiv en 1936 et participa à la fondation de la division nationale, qui regroupait les 10 meilleures équipes du pays. Il était le seul club représentant l’ensemble du sud de la Bulgarie au sein de l’élite. Dans les années 1940, l’équipe remporta le titre de champion de Bulgarie du Sud et participa en 1940 et 1942 à la finale de la Coupe nationale. En 1942 et en 1943, la Fédération nationale bulgare des sports le désigna comme le plus grand club bulgare (selon le nombre de membres inscrits). Puis, de 1945 à 1949, le club fut reconnu cinq fois de suite comme la plus grande organisation sportive de Plovdiv, et en 1948 de Bulgarie. De l’autre côté, le ZSK Plovdiv bataillait pour exister. Il ne fut affilié à la Fédération nationale bulgare des sports qu’en Avril 1938 et disputa son premier match officiel le 25 juin 1939 (par une défaite 2 buts à 11 face au CS Plovdiv). En octobre 1949, le club concourait au 3ème niveau de la hiérarchie du football de la zone sud.

Au lendemain de la guerre, les autorités communistes entreprirent de remodeler le paysage sportif du pays. Le ZSK changea de nom pour Lokomotiv (à l’image des clubs ferroviaires du grand frère soviétique). De même, le nom trop « Europe de l’Ouest » du Club Sportif fut changer pour Slavia. Dans le cadre de cette réorganisation, le Club Sportif absorba plusieurs associations (Parchevich, Chengelov). Puis, en 1949, une nouvelle vague de fusion orchestrée par le ministère des sports poussa le Lokomotiv dans les bras du Slavia. Après quelques changements de nom, la nouvelle association prit définitivement le nom de Lokomotiv et demeura dans le giron du syndicat des transports. Chaque joueur du club trouva un emploi dans des sociétés de transport routier ou ferroviaire. Mais, comme le Slavia demeurait le club de référence, ses symboles (dont les couleurs) demeurèrent et l’équipe fanion n’était constituée que des anciens joueurs du Slavia. Toutefois, le nouveau club hérita du stade moderne du Lokomotiv.