#1209 – Club Universidad Nacional UNAM : Auriazules

Les Or et Bleu. Ces couleurs ne sont pas celles d’origine de l’université UNAM mais elles se sont imposées suite au choix effectué par l’une de ses associations sportives. Le symbole du Puma qui s’affiche sur le blason des équipes sportives de l’université et qui leur a également donné leur surnom provient d’un entraineur de football américain de l’UNAM (#40) dans les années 1940. Pour les couleurs, ce fut également les joueurs de football américain de l’UNAM qui en furent à la source mais quelques années auparavant.

En 1927, un groupe d’étudiants emmenés par Alejandro et Leopoldo Noriega, qui avaient effectué des voyages aux Etats-Unis et avaient pu pratiquer le football américain, fondèrent une équipe de football américain. Ils optèrent pour les couleurs or et bleu foncé, en l’honneur de l’université américaine de Notre-Dame, dont l’équipe de football américain était l’une des meilleures des Etats-Unis à cette époque. En effet, sous la houlette du célèbre entraineur Knute Rockne, les Fighting Irish (nom de l’équipe universitaire de Notre-Dame) affichèrent un bilan de 105 victoires, 12 défaites, et 5 nuls entre 1918 et 1930. Pendant cette période, cette équipe remporta 3 titres de champion national (1924, 1929 et 1930), fut invaincu lors de 5 saisons et gagna le Rose Bowl de 1925. Au delà de ces titres, Notre Dame fut également nommée par la NCAA championne nationale pour les années 1919, 1920 et 1927. Encore aujourd’hui, son programme de football américain est l’un des plus prestigieux et profitables du système universitaire américain.

Les origines de l’université de Notre Dame remontent à 1842, lorsque le père Edward Sorin, un prêtre français, fonda l’institution dans l’Indiana. Dès le départ, les couleurs de l’école se portèrent sur le jaune et le bleu, le jaune symbolisant la lumière et le bleu représentant la vérité. Etant donné qu’il s’agissait d’une institution catholique, d’autres pensent que le jaune représentait le pouvoir spirituel du pape et le bleu la couleur traditionnelle de la Vierge Marie (cf. #399 et #497). En 1879, le bâtiment principal de l’Université fut édifié, comportant un dôme, s’élevant à 60 mètres, surmonté d’une statue de la Vierge Marie de 5,2 mètres de haut. En 1886, le dome et la statue furent dorées, donnant un éclat supplémentaire à ce bâtiment majestueux. Devenu icône architecturale de l’université, synonyme d’excellence et de prestige, l’administration décida de remplacer le jaune par l’or pour ses couleurs officielles.

L’équipe des frères Noriega était connue sous le nom des osos (ours) mais en 1931, elle reçut le soutien de l’UNAM et devint la Horda Dorada (la horde dorée). Ces couleurs se répandirent alors sur toutes les équipes de l’université et par la suite, pour l’UNAM de manière générale.

#1208 – Bengaluru FC : the Blues

Les bleus. Le football indien a du mal à se développer dans un pays dominé par un sport très britannique et confidentiel pour bon nombre de pays, le cricket. Mais, des initiatives sont régulièrement lancées pour tenter de replacer l’Inde dans le concert sportif mondial et plus universel. Ainsi, en 1996, un championnat national amateur, la I-League, qui adopta le professionnalisme en 2007. En 2013, une nouvelle ligue privée et fermée fit son apparition, sous le nom d’Indian Super League, et concurrença directement la fragile I-League. La même année, la société JSW décida de créer sa franchise de football dans la ville de Bangalore. En Juillet 2013, le Bengaluru FC naissait et remportait la I-League dès sa saison inaugurale.

Fondé en 1982, JSW est un l’un des plus puissants conglomérats indiens, enregistrant un chiffre d’affaires de plus de 22 milliards d’euros et agissant dans la production d’acier, d’énergie, de ciment, de peinture ainsi que le développement et la gestion d’infrastructure. En 2012, JSW fondait sa structure dédié au développement du sport indien. Le fait qu’il s’intéresse au football donnait naturellement un coup de projecteur sur la discipline et des moyens financiers et d’organisation considérables pour la nouvelle équipe. Ayant la volonté d’avoir un conglomérat unifié et défendant les mêmes valeurs, l’ensemble des sociétés du groupe adoptèrent une image, une marque commune. Le club de football n’y échappa pas et repris les couleurs de son actionnaire et sponsor, principalement le bleu (nuancé par du rouge).

#1207 – Real Potosí : el León Imperial

Le lion impérial. Malgré une jeune histoire, le club ayant vu le jour seulement en 1988, il est devenu la fierté de la ville de Potosí, face à son vieux rival du Nacional (fondé en 1942). Le Real remporta le premier titre de champion de Bolivie pour la ville de Potosí en 2007 et en 2002, le club faisait découvrir pour la première fois la Copa Libertadores aux potosinos. Toutefois, ces exploits ne sont pas à l’origine de son surnom qui provient de l’histoire de Potosí. Le club opta pour le lion comme symbole et mascotte car le roi des animaux représente le pouvoir, la force et la royauté, des valeurs attachée à l’histoire de la ville de Potosí (tout comme le terme impérial utilisé dans le surnom).

La découverte des terres vierges des Amériques au XVème siècle fit naître rapidement des mythes et des légendes vivaces auprès des explorateurs européens en quête de nouvelle richesse. Il y eut Eldorado (de l’espagnol El Dorado qui signifie « le doré ») qui faisait exister de mystérieuses cités regorgeant d’or au Nord du continent sudaméricain. De même, au Sud, il y avait la célèbre légende de la Sierra de Plata (la montagne d’argent), une montagne qui abriterait des tonnes de métaux précieux. Aucun de ces trésors ne fut découvert mais une montagne entretint ces mythes, le Cerro Rico (Montagne riche). Haute de 4 782 mètres, cette montagne renfermait d’importants gisements de minerai d’argent, déjà connus des incas. Les espagnols s’empressèrent de les exploiter et fondèrent au pied de la montagne la ville de Potosí en 1545. L’immense richesse du Cerro Rico et l’exploitation intense des Espagnols furent la source de sa richesse et provoquèrent son incroyable développement. En 1560, quinze ans seulement après sa naissance, sa population atteignait déjà 50 000 habitants. En 1573, Potosí comptait 120 000 habitants, 150 000 en 1611 et 160 000 habitants en 1650, soit plus que de nombreuses villes européennes comme Séville, Paris et Madrid. Entre 1545 et 1600, la moitié de la production mondiale d’argent était extraite des mines de Potosí et la ville battait monnaie pour la couronne espagnole, dont elle faisait la richesse. La renommée et l’opulence de la ville était si grande qu’un dicton espagnol disait « vale un Potosí » (cela vaut un Potosí) pour signifier que quelque chose vaut une fortune.

Dès 1547, Charles 1er, Roi d’Espagne (mieux connu sous le nom de Charles Quint, Empereur du Saint Empire), accorda le statut de ville impériale à Potosí, titre qui fut confirmé et renforcé par un acte du 21 Novembre 1561, dénommé Capitulación de Potosí. Dans ses armes, la ville hérita logiquement d’abord de l’aigle bicéphale du Saint Empire, puis le Roi Philippe II d’Espagne lui ajouta les armoiries de la couronne espagnole, dont les fameux lions de León (il s’agit des armes parlante du Royaume de León, qui joua un rôle de premier plan dans la Reconquista et dans la formation du Royaume d’Espagne). Ils apparaissent encore aujourd’hui sur le drapeau et le blason de Potosí et ne sont certainement pas étrangers au surnom du club de football.

Du fait de la localisation de la ville au pied du Cerro Rico, à 4 000 mètres d’altitude, le surnom du club de football est également León de las Alturas (le lion des hauteurs).

#1206 – Sliema Wanderers : the Blues

Les bleus. La rivalité entre Sliema Wanderers et Floriana FC rythme depuis le début du XXème siècle le football maltais et les deux clubs constituent les places fortes du pays, cumulant à eux deux 52 titres de champion (26 chacun à la fin de la saison 2023-2024) et 39 coupes nationales (20 pour Sliema contre 19 pour Floriana). Les premiers matchs de football à Malte se déroulaient entre les régiments d’infanterie et de marine de l’armée britannique puis des équipes maltaises commencèrent à voir le jour. Floriana fut fondé en 1894 et Sliema en 1909. Avant 1909, l’absence d’instance dirigeante et d’un terrain adapté furent préjudiciables à l’instauration d’une compétition inter-clubs. Le problème du terrain fut résolu lorsque les autorités britanniques concédèrent aux étudiants du lycée et de l’université un terrain à Marsa pour en faire un terrain de football qui fut inauguré le 26 octobre 1907. Ce terrain permit d’organiser le premier championnat de l’île lors de la saison 1909-1910, avec la participation de 5 équipes dont Floriana et Sliema.

Lors de ce championnat, le premier match entre Sliema et Floriana fut arrêté alors que Sliema venait d’égaliser (Floriana menait 1 à 0) mais que le but fut annulé par l’arbitre. Le second match donna lieu aussi à une victoire 2 buts à 1 de Floriana et un nouvel envahissement du terrain qui arrêta prématurément le match. Floriana remporta le championnat devant Sliema. La grande rivalité était lancée. Les deux équipes jouaient dans des couleurs similaires : Floriana évoluait avec des maillots rouge et vert tandis que les joueurs de Sliema portaient des maillots jaune et vert. Les dirigeants de Sliema décidèrent donc de changer de couleurs et optèrent pour le bleu (alliance de bleu ciel et de bleu). Le bleu symbolisait la mer (ancien village de pêcheurs, Sliema se situe sur la côte et une promenade connue longe la mer). Le bleu ciel représentait Notre-Dame de la Mer (ou Stella Maris), première paroisse de Sliema, construite en 1855 et qui servait de point de repère aux pêcheurs.

#1205 – PFK Lokomotiv Plovdiv : Железничарите

Les cheminots. En connaissant un peu l’organisation de l’univers sportif par les communistes dans le bloc de l’est, vous savez que les clubs se nommant lokomotiv appartenait au syndicat des cheminots ou aux sociétés de chemin de fer. Le club de Plovdiv n’y fait pas exception.

L’histoire débuta par la création d’un club sous le nom Пловдивски Спортклуб (Club Sportif de Plovdiv) le 26 Juillet 1926, par la fusion de deux associations de quartier, « Караджа » (Karaja) et « Атлетик » (Athletic). Une autre initiative vit le jour en 1935. Le syndicat des cheminots et des marins (Железничарски подем) fit la promotion du sport parmi ses membres et lança un programme de fondation de clubs de football réservés aux cheminots dans toute la Bulgarie. A Plovdiv, le message fut entendu et un club, sous le nom de ZSK Plovdiv, fut créé le 13 Juin 1935 en ces termes « По инициативата на няколко железничари, пропили от ония благородни чувства на родолюбие, за да издигнат професията на оная висота, която ще заслужи вниманието на всички добри българи, се образува спортен футболен клуб при областта. » (A l’initiative de quelques cheminots, imprégnés de ces nobles sentiments de patriotisme, pour élever la profession à cette hauteur qui méritera l’attention de tous les bons Bulgares, un club de football sportif a été créé dans le district). Jusqu’à l’avènement du communisme en Bulgarie, les deux clubs connurent des histoires bien différentes.

D’un côté, le CS Plovdiv devint champion de Plovdiv en 1936 et participa à la fondation de la division nationale, qui regroupait les 10 meilleures équipes du pays. Il était le seul club représentant l’ensemble du sud de la Bulgarie au sein de l’élite. Dans les années 1940, l’équipe remporta le titre de champion de Bulgarie du Sud et participa en 1940 et 1942 à la finale de la Coupe nationale. En 1942 et en 1943, la Fédération nationale bulgare des sports le désigna comme le plus grand club bulgare (selon le nombre de membres inscrits). Puis, de 1945 à 1949, le club fut reconnu cinq fois de suite comme la plus grande organisation sportive de Plovdiv, et en 1948 de Bulgarie. De l’autre côté, le ZSK Plovdiv bataillait pour exister. Il ne fut affilié à la Fédération nationale bulgare des sports qu’en Avril 1938 et disputa son premier match officiel le 25 juin 1939 (par une défaite 2 buts à 11 face au CS Plovdiv). En octobre 1949, le club concourait au 3ème niveau de la hiérarchie du football de la zone sud.

Au lendemain de la guerre, les autorités communistes entreprirent de remodeler le paysage sportif du pays. Le ZSK changea de nom pour Lokomotiv (à l’image des clubs ferroviaires du grand frère soviétique). De même, le nom trop « Europe de l’Ouest » du Club Sportif fut changer pour Slavia. Dans le cadre de cette réorganisation, le Club Sportif absorba plusieurs associations (Parchevich, Chengelov). Puis, en 1949, une nouvelle vague de fusion orchestrée par le ministère des sports poussa le Lokomotiv dans les bras du Slavia. Après quelques changements de nom, la nouvelle association prit définitivement le nom de Lokomotiv et demeura dans le giron du syndicat des transports. Chaque joueur du club trouva un emploi dans des sociétés de transport routier ou ferroviaire. Mais, comme le Slavia demeurait le club de référence, ses symboles (dont les couleurs) demeurèrent et l’équipe fanion n’était constituée que des anciens joueurs du Slavia. Toutefois, le nouveau club hérita du stade moderne du Lokomotiv.

#1204 – SC Farense : Leões de Faro

Les lions de Faro. Dans l’Algarve, le SC Farense représente la ville de Faro, capitale de la région, et constitue le doyen de l’Algarve, ayant été fondé le 1er avril 1910. Le football fut importé dans la région, comme dans beaucoup d’autre partie du monde, par les échanges maritimes. En 1904, mouillait dans le port de Faro un bateau-école nommé « Duque de Palmela » et dont les marins pratiquaient le football contre des jeunes de la ville. Finalement, 5 frères du nom de Gralho (João, José, Joaquim, António et Jorge) décidèrent de former une vrai équipe qui bénéficierait d’un terrain, d’un siège et de kit, en l’échange d’une cotisation. Le club se dénomma d’abord Faro Foot-Ball.

Dans un football portugais naissant, les clubs de la capitale, parfois à peine plus âgées, imprimaient déjà leur aura sur les autres jeunes associations du pays, notamment par leurs résultats ou par leurs infrastructures/organisations développées. En 1910, le Benfica (fondé en 1904) et le Sporting Clube Portugal (fondé en 1906) voyaient leur réputation dépasser les frontières de Lisbonne. Le Sporting se voulait être une référence (l’un de ses fondateurs, José Alvalade, se donnait comme objectif « Queremos que o Sporting seja um grande Clube, tão grande como os maiores da Europa » (Nous voulons que le Sporting soit un grand club, aussi grand que le plus grand d’Europe)) et bénéficiait de meilleure infrastructure sportive qui avait déjà attiré des joueurs du Benfica en 1907. En outre, en 1910, le Sporting se distinguait sportivement, ses athlètes remportant des titres nationaux au saut à la perche, au lancer du poids, au saut en longueur et à la corde. En football, le club avait été vice-champion de Lisbonne en 1908. Les fondateurs du club de Farense avaient alors des sympathies pour le Sporting et décidèrent d’en adopter le nom et les symboles. Le Faro Foot-Ball devint le Sporting Clube Farense. Le Sporting jouait déjà à cette époque avec son maillot scindé en deux, vert et blanc. Mais, les photos de l’époque étant en noir et blanc, les membres de Farense reprirent le même maillot mais en noir et blanc. Enfin, le lion, symbole du Sporting (cf. #295) depuis sa fondation, influença également le club de Faro. Aujourd’hui, le roi des animaux, figurant sur le blason de Farense, représente la force, la bravoure et la noblesse, valeurs qui doivent se diffuser dans toutes les activités du club.

Cette influence du Sporting sur Farense se traduisit par l’affiliation de ce dernier en 1922 au club de la capitale. En effet, même s’il est indépendant, Farense a la statut de filiale du Sporting, qui en compte près de 180 dans le monde entier. Il est même officiellement la deuxième filiale.

#1203 – RAEC Mons : les Dragons

Sur le logo du club, un dragon apparaît mais son style semble peu commun (même si personne n’a jamais observé un dragon) et renvoie plutôt à char de carnaval. Mons est l’une des villes du Nord (Nord de la France et Belgique) qui s’anime à l’époque du carnaval avec des fêtes traditionnelles et des figures folkloriques (des géants ou des dragons). Lors du week-end de la trinité, soit une semaine après la pentecôte ou huitième dimanche après Pâques (donc entre mi-mai et mi-juin), Mons célèbre la Ducasse (ou Doudou, nom de la musique jouée pendant la fête).

La fête s’étire du Samedi au Lundi, jalonnée de plusieurs manifestations scénarisées. Tout commence le Samedi soir, lorsque la Châsse (le coffre contenant les reliques) de Sainte Waudru, considérée comme la fondatrice de la ville, quitte la collégiale qui porte son nom et est confiée au bourgmestre. Le Dimanche, la Châsse déambule dans les rues de la ville, posée sur un immense char d’apparat de près de 2 tonnes datant de 1780 et tiré par 6 robustes chevaux, le Car d’Or, et accompagnée de près 1 500 participants en costumes d’époque représentant les corporations et personnes importantes de la ville, comme les confréries, les paroisses, la famille de la sainte et les personnages liés à sa vie. Puis, la foule en liesse pousse les chevaux pour effectuer la remontée de la rampe qui longe la collégiale. A l’issue de cette remontée commence l’apogée de la ducasse, le Combat dit Lumeçon, qui chorégraphie la lutte de Saint Georges (le bien) contre le dragon (le mal). Descendant de la collégiale, les acteurs du combat, Saint Georges et le dragon, ainsi que 44 personnages folkloriques comme les chins-chins, diables, hommes blancs et hommes de feuilles, cybèle, poliades, pompiers et policiers, rejoignent la Grand Place et se livrent à un rituel précis et parsemé de nombreux éléments symboliques, où, au final, Saint Georges terrasse le dragon. Mu par les Hommes blancs et les Hommes feuilles, le dragon se nomme El’ Biète, mesure environ 10 mètres de long et pèse 180 kilos. Un des objectifs des spectateurs est d’attraper un crin de la queue du Dragon qui est ensuite porté en bracelet comme porte-bonheur. Puis, les festivités se poursuivent jusqu’au Lundi avec des concerts, braderies, jeux …

La procession en l’honneur de la patronne de la ville remonte à 1248. Sa date aurait été fixée au dimanche de la trinité en 1349. La représentation du combat serait apparue au XVème ou XVIème siècle, selon les sources. Puis, elle cessa au XVIIIème avant de revenir au XIXème siècle. La fête reprit de la vigueur dans les années 1930, sous l’impulsion du chanoine Edmond Puissant, qui contribua à la création de nouveaux groupes et au renouvellement des costumes. Enfin, en 1972, pâtissant de nombreux débordements et bagarres, le combat fut réaménagé par Georges Raepers qui travailla sur la scénographie et son aspect ludique. En 2005, la Ducasse de Mons obtint le statut de chefs-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité par l’UNESCO.

#1202 – Alkí Larnaca : Αθάνατη

L’immortel. Je commente assez peu les surnoms des clubs disparus car il y a déjà tellement à faire avec ceux qui existent. Mais, celui de ce club chypriote a une petite singularité. En 1948, année de fondation du club, Chypre se fracturait. Les chypriotes s’opposaient à la présence coloniale britannique. Population chypriote qui était également divisée entre la communauté grecque et la communauté turque. Enfin, important la guerre civile grecque sur le territoire chypriote, la communauté grecque se partageaient entre ceux supportant les mouvements nationalistes et ceux pour les communistes. Ces divisions se transférèrent dans le monde sportif et de nombreux clubs exclurent les turcs puis les grecques de gauche. Ces derniers prirent la décision de fonder leurs propres associations. Ainsi naquit l’Alkí Larnaca.

Dérivant d’un terme proto-indo-européen signifiant « protéger », Alkí (Αλκή) signifie prouesse, force ou combat. Né sous ces auspices, le club démarrait bien son existence et pouvait déjà paraître comme immortel. Mais, en réalité, le terme arriva un peu plus tard et pour une toute autre raison que son nom. En 1960, le club rejoignait l’élite chypriote et, en faisant le bilan à l’année 2014, Alkí participa à 42 saisons au sein de la première division, dont 20 d’affilée entre 1960 et 1981 (et 19 années en seconde). Cette constance au sein de l’élite se fit malgré la faiblesse de ses moyens et le fait d’avoir souvent flirté avec la zone de relégation. Mais elle démontrait la persévérance et la capacité à résister, à se battre du club. Les fans appelèrent alors affectueusement leur équipe, l’immortel. Un chant célèbre dit « Αλκή μου είσαι αθάνατη, τζι αθάνατη θα μείνεις » (Mon Alkí , tu es immortel, tu resteras immortel).

Pourquoi arrêter le bilan à 2014 ? Depuis un certain nombre d’année, le club rencontrait de graves difficultés financières et finit par se faire sanctionner avant le début de la saison 2013-2014 par une déduction de points et une interdiction de transfert pour les footballeurs de plus de 21 ans. La situation continua à se dégrader financièrement et sportivement, l’équipe terminant la saison avec -39 points. En mai 2014, le club fit finalement faillite et disparut définitivement … étonnant pour un immortel.

#1201 – Delfín SC : el Ídolo de Manta, el Ídolo del Puerto

L’idole de Manta, l’idole du port. Depuis une vingtaine d’année, le club est devenu l’équipe la plus populaire de la ville de Manta. Mais, auparavant, ce titre était détenu par le Manta Sport Club. Fondé en 1915, le Manta SC constituait le doyen de la ville jusqu’à sa disparition en 1996. Surtout, malgré l’émergence d’autres clubs dans les années 1960, comme la Juventud Italiana et le Club Deportivo Green Cross, Manta SC n’avait pas de rival et représentait fièrement la ville. Il parvenait même à assoir son aura en accédant à l’élite équatorienne en 1967 puis en titillant la Copa Libertadores en 1979 lorsqu’il termina à la 3ème place du championnat. Mais, en 1985, le club redescendait en seconde division et disparaissait en 1996 pour laisser la place libre au Delfín SC.

Fondé en 1989, l’équipe de Delfín débuta son existence par un premier exploit qui allait conquérir le cœur des habitants de Manta. Avec une équipe composée de peu de joueurs et la plupart méconnus, le club gagna son billet pour la première division dès sa première année d’existence. Elle resta jusqu’en 1995 au sein de l’élite et subtilisait alors le titre de el Ídolo de Manta à Manta Sport Club. Après quelques yoyos entre les catégories, Delfín s’installa de pied ferme en première division en 2016. En 2017, l’équipe terminait à la seconde place et en 2019, la consécration avec le titre de champion, le premier pour une équipe de Manta.

Si Delfín est également l’idole du port, c’est parce que le port est le poumon économique de la municipalité de Manta. Ouvert sur le Pacifique et au centre du pays, son port constitue l’un les plus importants du pays et en 2021, avait vu transiter 1 168 534 tonnes de marchandises (en hausse de 15%). 80 % des automobiles importés en Équateur entrent par ce terminal. La principale activité du port est la pêche et la transformation du thon, au point que Manta est connu comme la « Capitale mondiale du thon ». Manta a fait de l’Équateur le deuxième pays producteur de thon, devancé par la Thaïlande, leader avec 750 000 tonnes par an. Sa production annuelle s’élève à un demi-million de tonnes pour une valeur de plus d’un milliard de dollars, soit 2,5 % du produit intérieur brut du pays. Sur le plan régional, l’Équateur demeure le leader avec une production représentant 36% de la pêche de thon dans l’océan Pacifique oriental. Le port accueille une flotte de 110 navires ainsi que des conserveries (Inepaca, Conservas Isabel, Seafman, Tecopesca et Marbelize) qui emploient entre 800 et 1 200 personnes.

#1200 – ENPPI SC : القلعة البترولية

La citadelle pétrolière. Le club a connu une période assez faste au début des années 2000, en remportant deux Coupes nationales (2005 et 2011 plus 2 finales perdues 2008 et 2009) ainsi qu’une deuxième place en championnat en 2005. A peine une vingtaine d’année après sa fondation (1985), fruit de la volonté des ingénieurs de l’entreprise ENPPI (Engineering for the Petroleum & Process Industries). Cette entreprise publique égyptienne, dont le siège est au Caire, offre des services d’ingénierie et de management de projets pour les secteurs du pétrole, de la pétrochimie et de l’énergie.

Fondée en 1978, la société fait partie du triptyque d’Etat qui gère les ressources pétrolières du pays des pharaons. Pour l’ensemble des activités d’exploration et production, les deux entreprises publiques EGPC et GANOPE se partagent géographiquement les réserves. Les deux autres acteurs du secteur sont Petrojet, société de génie civil des sites de production et de transformation, ainsi que ENPPI, qui se concentre sur les services d’ingénierie et d’équipement. L’Egypte ne constitue pas une grande place pétrolière sur le marché mondial, ses réserves représentant seulement 0,2% soit 3,1 milliards barils. Au rythme de la production actuelle, les réserves seraient épuisées dans 14 ans. Depuis le pic de 1996 avec 922 000 barils par jour, la production a diminué pour atteindre 580 mille barils actuellement, avec une volonté d’augmenter de 9% à 637 580 barils pour 2024-2025. Elle repose sur 3 bassins de production principaux : la région du Golfe de Suez, (40% du volume total en 2017 (offshore et on-shore)), le désert occidental (55% de la production en 2017) et la région delta du Nil – Méditerranée (offshore et on shore). Les capacités de raffinage du pays atteignent 825 000 barils/jour et depuis 1977, l’oléoduc du SUMED entre la Mer Rouge et Alexandrie fait du pays une route importante du transport du pétrole de la péninsule arabique vers l’Europe, appuyée par l’un des plus grands terminaux pétroliers de Méditerranée, Sidi Krir.