#658 – FC Spartak Varna : Соколите

Les faucons. Deuxième club (après le CSKA) à représenter la Bulgarie dans les compétitions européennes, il fut fondé le 28 août 1918 par un groupe de jeunes qui jouaient au football ensemble depuis deux ans. La légende veut que Milan Georgiev, un des fondateurs, ramassa une plume de faucon qu’il trouva en se rendant à l’assemblée constituante. Il suggéra alors que le nom du club soit Сокол (faucon). Mais, au moment de l’enregistrement officiel, les fondateurs durent changer pour Български сокол (Faucon Bulgare), car il existait à cette époque à Varna une association de chasseur qui se dénommait déjà Сокол.

Toutefois, il est possible de penser qu’au-delà du lyrisme de trouver une plume de l’oiseau, les jeunes fondateurs exprimèrent aussi une opinion politique. En Tchéquie, naquit en 1862 Sokol, une association qui avait pour objectif de promouvoir l’identité slave et en particulier le nationalisme tchèque. Pour y parvenir, Sokol prônait une philosophie basée sur la pratique sportive et les valeurs morales. L’association devint une pierre angulaire dans la construction du jeune état Tchécoslovaque mais également dans l’émergence du panslavisme. Ainsi, essaimèrent dans tous les pays slaves encore sous domination de l’Empire Austro-Hongrois des associations sportives Sokol. Ce mouvement choisit un drapeau, un hymne et un symbole, le faucon (qui est la traduction du mot tchèque sokol). Cet oiseau représentait la liberté et le courage dans les pays slaves. Donc, rajouter Български (bulgare) au nom du club qui avait déjà une similitude avec un mouvement panslave dans les années 1918 où ce panslavisme était à son apogée, cela conforte l’hypothèse que l’histoire de la plume trouvée n’est peut-être qu’une légende.

#657 – Airdrieonians FC : the Diamonds

Les diamants. Il n’existe pas de centre diamantaire à Airdrie et le club ne connut pas de période dorée qui aurait consacré des joueurs comme des joyaux. L’origine de ce surnom est beaucoup plus simple. Tout d’abord, il faut savoir que le club d’Airdrieonians actuel fut fondé en 2002 afin de poursuivre l’oeuvre de la précédente association du même nom qui fit faillite le 1er mai 2002. Cette banqueroute survint après la construction et le déménagement de l’équipe vers le stade d’Excelsior en 1998. En effet, suite à la vente du stade de Broomfield par le club en 1994, le conseil d’administration du club géra mal le projet de la nouvelle enceinte, difficulté accentuée par les retards du conseil de la région de North Lanarkshire pour accorder le permis de construire. Ces retards et mauvaise gestion mirent à mal ses finances. La direction du club ne put alors investir dans une équipe compétitive ce qui eut un impact sur la qualité du jeu proposé et au final sur la fréquentation du stade. Les revenus fondèrent et en 2000 le club fut placé sous contrôle judiciaire jusqu’à sa liquidation officielle en 2002. Un comptable du nom de Ballantyne porta alors un projet de rachat du club de Clydebank, qui après approbation de la ligue écossaise, changea de nom pour Airdrie United et déménagea à Airdrie. Clydebank jouait avec un maillot blanc incluant une frange diagonale rouge. Les couleurs étaient donc les mêmes que l’ancien Airdrieonians mais le maillot de ce dernier avait une singularité connue. En effet, il affichait un scapulaire sur le devant et l’arrière du maillot, les deux se rejoignant au niveau des épaules. Cette figure ressemblait à un diamant, ce qui donna le surnom the diamonds au club. Afin de s’identifier au club disparut et permettre une continuité historique, Airdrie United reprit cette originalité sur son maillot et donc se vit également affublé du surnom de the diamonds. Mais d’où vient cette originalité ? Une chose est sure. Le premier maillot à intégrer ce diamant remonte à 1912. De 1878 (date de création du club) jusqu’en 1885, Airdrieonians évolua avec un maillot bleu et blanc rayé verticalement. Puis de 1885 à 1912, le maillot passa au rouge et blanc tout en étant toujours rayé (alternant au fil des années des bandes verticales ou horizontales). Le choix de ce double scapulaire est inconnu mais certains avancent que le club se serait inspiré de Manchester United qui porta des maillots similaires (dans la même répartition des couleurs) lors de la finale de la FA Cup anglaise en 1909 (remportée face à Bristol City). Toutefois, ce n’était pas le maillot habituel et Manchester l’abandonna pendant quelques années avant. Mais, de 1922 à 1927, Manchester reporta ce maillot comme tenue à domicile. Or, de 1921 à 1926, le manager de l’équipe était l’écossais John Chapman, qui fut auparavant le manager d’Airdrieonians pendant 11 ans. En effet, ce dernier convainquit Manchester de revenir au maillot de la finale de FA Cup de 1909, qui était aussi celui de son ancien club.

#656 – SSC Naples : Azzurri

Les bleus. Les couleurs sociales de Naples sont le bleu et le blanc, avec une prééminence du premier par rapport au second qui apparaît plutôt sur le short et sur les parements du maillot. Ce bleu varia au fil du temps entre un azur, un électrique et un clair mais fut toujours la couleur du club.

Le choix de cette couleur n’est pas clairement défini mais résulte des deux clubs qui en 1922 donnèrent naissance au club actuel. Une première association naquit en 1904 sous le nom de Naples Football & Cricket Club puis fut rebaptisé Naples Football Club en 1906. En 1911, un autre club napolitain vit le jour, l’US Internazionale. En 1922, les deux clubs fusionnèrent pour créer l’Internaples qui le 25 août 1926 devint l’Associazione Calcio Napoli. Le Naples FC évoluait dans des maillots rayés bleu azur et bleu ciel tandis que l’Internaples portait des maillots bleu marine et un short blanc. Naturellement, le nouveau club ne pouvait porter que du bleu.

En 1922, les couleurs furent le bleu, le blanc et le bleu ciel (le marine était donc abandonné). Puis, en 1926, le maillot devint définitivement bleu accompagné d’un short blanc. Il est souvent avancé que le Naples FC opta pour le bleu et le bleu ciel qui devaient représenter respectivement la mer et le ciel de Naples. Côté Internazionale, le bleu marine et le blanc furent également choisis parce qu’ils rappelaient les couleurs du golfe de Naples. La sublime situation de Naples au bord de la mer serait donc à l’origine des couleurs du club.

Toutefois, une autre hypothèse apparaît aussi valable. Au XIIIème siècle, Naples et sa région (ainsi que la Sicile) devint une possession de Charles Ier, Comte d’Anjou qui fonda alors la maison capétienne d’Anjou-Sicile, branche cadette de la famille royale de France. Elle régna sur Naples jusqu’en 1481. Ces armoiries représentaient des fleurs de lys sur fond bleu. Ainsi, le bleu marqua la ville. D’ailleurs, la famille qui dominait la Sicile et Naples au XIème siècle était la Maison normande de Hauteville dont les armes étaient également azur (bleu). Cette hypothèse prit de l’ampleur quand de 1969 à 1973, le président Corrado Ferlaino tenta d’identifier l’équipe avec l’histoire de la ville. Ainsi, les armoiries des Bourbon des Deux-Siciles s’imprima sur les abonnements et les tickets d’entrée. En outre, l’écusson du club se dota d’un N entouré par 3 fleurs de lys sur fond bleu, rappelant les armes modernes de l’Anjou (donc de la Maison d’Anjou-Sicile).

#655 – Club América : Millonetas

Les millionnaires. Au cours des années 1940 et d’une partie des années 1950, alors que le football mexicain se professionnalisait, le club connut une de ses pires périodes. Il fleurtait avec les dernières places en championnat et enregistra ses pires records. Il encaissa 101 buts lors de la saison 1945-46, connut une série de 15 matchs consécutifs sans victoire, dont 6 défaites consécutives en 1946-47 et s’effondra devant Atlas pour sa pire défaite de l’histoire en championnat (2-9) le 3 novembre 1946. Le club finit quasiment en faillite à la fin des années 1940. Durant la décennie suivante, le club alterna le bon et le mauvais. Surtout, il commença à se structurer et recevoir des soutiens importants qui lui permit de se reconstruire. L’année 1956 marqua le premier tournant dans l’histoire de l’América. L’entrepreneur Isaac Bessudo, propriétaire de la marque de boissons rafraîchissantes Jarritos, racheta le club et offrit au club une aura médiatique qui lui permit de dégager des ressources.

Une nouvelle étape fut franchit 3 ans plus tard avec la reprise du club par Emilio Azcarraga Milmo, propriétaire du groupe de média Telesistema Mexicano (aujourd’hui connu sous le nom de Televisa). A cette occasion, il déclara le jour du rachat « Compramos al América porque nuestra meta es conseguir la sede para México del Mundial de 1970. Si no estamos dentro del fútbol no podremos hacerlo. Yo no sé nada de fútbol, pero si sé de negocios y voy a convertir a América en un negocio exitoso y redituable. Me han dicho que el mejor directivo es Guillermo Cañedo, que el mejor técnico es Ignacio Trelles y que los mejores jugadores son argentinos y brasileños. Sobre esa base voy a construir al América del futuro » (Nous avons acheté l’América parce que notre but est d’obtenir que le Mexique accueille la Coupe du Monde 1970. Si nous ne sommes pas dans le football, nous ne pourrons pas le faire. Je ne connais rien au football, mais je connais les affaires et je vais faire d’América une entreprise prospère et rentable. On m’a dit que le meilleur manager est Guillermo Cañedo, que le meilleur entraîneur est Ignacio Trelles et que les meilleurs joueurs sont argentins et brésiliens. C’est sur cette base que je vais construire l’América du futur). Avec sa puissance financière, il appliqua cette politique qui voulait faire d’América un rival de Chivas, le grand club de l’époque, afin de générer de l’audience. En 1961, la présidence du club fut confiée comme prévu à Guillermo Cañedo, qui venait d’accomplir un excellent travail au club de Zacatepec (en remportant deux championnats, deux coupes et un titre de champion des champions), et les clés de l’équipe à Ignacio Trelles (qui était l’entraineur de Zacatepec que Cañedo dirigeait). Cañedo décida alors, afin de reconstruire sportivement et financièrement le club, d’acquérir des joueurs étrangers et mexicains renommés et donc coûteux. Ainsi, débarqua à l’América des joueurs comme les brésiliens Francisco Moacyr, Ney Blanco de Oliveira, Urabato Nuñez, José Alves Zague, Arlindo dos Santos et Vavá (champion du monde en 1958 et 1962 et meilleur buteur du tournoi en 1962), les milieux mexicains Antonio Jasso et Alphonse Portugal ainsi que le gardien de but péruvien Walter Ormeño. Ces investissements massifs donnèrent évidemment des résultats : 2 Coupes du Mexique en 1964 et 1965 et surtout un titre de Champion du Mexique lors de la saison 1965-1966, après 38 ans de disette. Cette richesse et le traitement privilégié des média à l’encontre du club le rendit à la fois populaire et détesté. Selon un sondage réalisé par Consulta Mitofsky et publié en janvier 2021, América est le club préféré des mexicains (23,9% des sondés) mais aussi le plus détesté, par 31,4% de l’échantillon. Cela pourrait avoir une ressemblance avec un club parisien à la différence que ce dernier n’est pas le club préféré des français mais sans aucun doute le plus détesté.

#654 – SBV Vitesse Arnhem : de Nummer 1 van Gelderland

Le numéro 1 du Gueldre (nom de la province où se situe Arnhem). Fondé en 1892 et ayant réalisé de beaux parcours nationaux, le club de Arnhem possède la suprématie par l’ancienneté et par les résultats au niveau de la province. Néanmoins, son palmarès demeure assez famélique avec seulement une Coupe des Pays-Bas pour garnir la salle des trophées et elle fut gagnée en 2017 seulement, soit 125 ans après la naissance du club. Toutefois, dans la province de Gueldre, il n’y a pas grande concurrence non plus.

L’autre club professionnel qui a connut également quelques réussites au niveau national est le NEC Nimègue et il est le seul rival du Vitesse. Mais, Arnhem prit l’ascendant sur Nimègue. Vitesse connut une première période dorée avant la Première Guerre Mondiale. Après avoir remporté le championnat de Gueldre en 1895 et 1896, le club intégra la première division qui était divisé en deux (puis trois) groupes régionaux. Il parvint à remporter le groupe de l’Est 6 fois (1897, 1898, 1903, 1913, 1914, 1915) mais fut toujours battu en final et ne gagna jamais le titre de champion des Pays-Bas. En 1912, le club atteignit également la finale de la Coupe des Pays-bas mais fut battu par Haarlem.

Derrière, les deux guerres mondiales freinèrent le développement du club qui passa la plupart de ces années dans les divisions inférieures. En 1989, sous la houlette de l’entraîneur Bert Jacobs, le club remporta la seconde division et accéda à l’élite hollandaise. L’année suivante, Vitesse réalisa l’exploit de parvenir en finale de la Coupe (perdue face à l’ogre PSV) et de terminer à la 4ème place du championnat. Résultat, lors de la saison 1990-1991, Vitesse joua ses premiers matchs en Coupe d’Europe (Coupe de l’UEFA). Dans la décennie qui suivit, Vitesse termina toujours parmi les six premiers du championnat et participa neuf fois à la Coupe de l’UEFA, où Vitesse joua des matchs mémorables contre le Real Madrid, l’Inter Milan, Braga et le Sporting Lisbonne.

#653 – Odds BK : Oddrane

Le surnom est tiré du nom du club qui est particulier car aucune ville ou région (ou aucun autre lieu géographique) se nomme ainsi. Le dimanche 29 mars 1885, une association sportive du nom de Idrætsforeningen Odd vit le jour dans la ville de Skien (elle demeure aujourd’hui l’une des plus anciens clubs sportifs de Norvège) autour d’une dizaine de fondateurs. A cette époque, même si la Norvège était dotée de son propre parlement, le pays dépendait de la couronne suédoise qui avait la main finale sur les décisions politiques. Des mouvements nationalistes norvégiens commençaient alors à s’agiter. Les fondateurs du club voulaient donc, à travers leur association, rappeler l’héritage nordique de la Norvège, son histoire ancienne et son identité forte. L’un des fondateurs, l’industriel Ragnvald Blakstad, proposa ainsi le nom de Odd. Blakstad s’inspira du livre « Seierssverdet » (l’épée de la victoire, paru en 1882) de l’auteur Viktor Rydberg, considéré comme l’un des plus grands romanciers suédois. Ce livre parle, entre autres, du héros légendaire norvégien Odd. Selon la légende, ce géant connut une épopée guerrière en Europe du Nord, qui fut couronné de succès, et possédait trois flèches magiques qui avaient la propriété d’atteindre toujours leur cible puis de revenir à leur propriétaire.

#652 – CDP Junior de Barranquilla : el Miura

L’éternel footballeur japonais, Kazu Miura, qui jouait encore à 53 ans en J-League l’année dernière, n’évolua jamais au sein de l’équipe colombienne. En l’espèce, Miura fait référence à une race de taureaux de combat aux caractéristiques uniques forgées par plusieurs générations d’une famille d’éleveurs, dont la ganadería (ferme d’élevage de taureaux de combat) se situe près de Séville. La famille Miura a réalisé depuis 1842 jusqu’à nos jours des sélections de vaches et de taureaux pour arriver à créer cette race populaire, reconnue comme la plus dangereuse et la plus combative. Ils sont généralement hauts en taille. Nombreux taureaux de cette race, par leur bravoure, ont été graciés mais ont également tués des matadors.

En 1948, le club devint professionnel et intégra le tout nouveau championnat professionnel colombien. En fin de saison, l’équipe atteignit une incroyable seconde place à quatre points du champion, Club Independiente Santa Fe. Jusqu’en 1953, cette équipe démontra combativité et bravoure. Or, ancienne colonie espagnole, la Colombie a une passion pour la tauromachie et Barranquilla n’échappe pas à la règle. Résultat, les supporteurs comparèrent ses joueurs avec cette race de taureaux. Malheureusement, en 1953, le club termina 10ème du championnat et fit face à une grave crise économique qui l’obligea à se retirer du championnat. Pendant les 12 années suivantes, le club disparait des tablettes du professionnalisme colombien pour jouer dans les ligues amateurs. Aujourd’hui, ce surnom n’est plus guère utilisé à Barranquilla. Pour ceux qui connaissent l’automobile, vous comprenez également l’origine du nom du célèbre modèle de Lamborghini, la marque au taureau.

#651 – CA Central Norte : los Azabaches

Les jais. Le jais est une pierre fine composée de restes fossiles de plantes. Sa caractéristique connue demeure sa couleur noire brillante, contenant souvent des reflets bleus métalliques, qui a donné l’expression « noir de jais ». Ce surnom est donc lié à la couleur historique du club, qui se retrouve sur son blason et son maillot, le noir. Ce choix de couleur résulte de l’origine des fondateurs. Le club fut fondé le 9 mars 1921 par des employés sportifs de la compagnie ferroviaire Ferrocarril Central Norte Argentino. Le Central était un club réservé exclusivement aux cheminots et dont le football était l’une des activités les plus pratiquées. Etant cheminots, les fondateurs choisirent le noir, couleur représentative de leur profession. Les locomotives étaient à vapeur et les cheminots maniaient du charbon, qui noircissait leur visage. Si au départ la couleur noire identifiait le lien avec les cheminots, avec le déclin du train à la fin des années 1980 et l’ouverture du club aux non-cheminots, le noir cessa d’avoir cette valeur et devint le symbole de la classe ouvrière, celle qui soutenait massivement le club.

#650 – FC Gueugnon : les Forgerons

Fondé en 1940, le club tire son surnom de l’activité économique qui forgea la réputation et la vie de la ville de Gueugnon. En 1724, dans un méandre de l’Arroux, le marquis Jean Hector de Fay de La Tour-Maubourg créa la première usine métallurgique de la région, limitée à une dizaine d’ouvriers, d’un haut-fourneau, d’une forge et d’une fonderie. La présence du bassin houiller de Blanzy ainsi que les ressources en eau offraient à la Saône et Loire les deux principaux éléments nécessaires aux activités métallurgiques. En 1845, un nouveau souffle fut trouvé avec la reprise du site par la société Campionnet et Compagnie qui exploitait déjà une usine à Mornay, à une trentaine de kilomètres de Gueugnon. L’usine fut modernisée et se développa notamment dans le laminage à chaud (afin de produire de la tole noire jusque dans les années 1970). Les effectifs suivirent passant de 80 salariés en 1845 à plus de 600 salariés en 1888.

La vie de l’usine se confondait alors avec celle de la ville de Gueugnon. En 1888, près de 20% de la population travaillaient aux Forges. Ces dernières, dans l’esprit paternaliste du capitalisme français, façonnèrent l’urbanisme de la ville en construisant des maisons ouvrières. Enfin, les différents membres de la famille Campionnet dirigeaient les Forges et également le destin de la ville en étant Maire entre 1852 et 1919. Pendant la Première Guerre mondiale, la production de l’entreprise décupla pour répondre à l’effort de guerre. Néanmoins, l’âge d’or des forges survint entre les années 1950 et 1970 avec des investissements dans le laminage à froid qui permit aux forges de devenir numéro 1 mondial de l’acier inoxydable (inox). 3 750 salariés au début des années 1960 travaillaient dans l’usine. La crise sidérurgique, en 1973, n’épargnera pas Gueugnon et marqua le début du déclin de l’usine. Aujourd’hui, après avoir été racheté par le géant Arcelor Mittal, elle appartient à Aperam, produit près 400 000 tonnes par an avec moins de 800 salariés. Mais, le transfert de près du tiers de sa production vers une usine à Genk en 2022 menace de nouveau l’existence des Forges de Gueugnon.

#649 – KV Ostende : de Kustboys

Les garçons de la côte. Surnom assez naturel pour le club de la ville d’Ostende, qui se situe sur la côte belge de la Mer du Nord. Les premières mentions de la ville remontent au IXème siècle. Elle se situait à l’extrémité Est de l’ile de Terstreep (Oost signifie Est en néerlandais et ende dérive de einde qui signifie extrémité, fin). Tout au long de son histoire, la mer fut la principale ressource de la ville. Au XVème siècle, la ville se dota d’un port et, comme pour beaucoup de cité de la Mer du Nord, la pêche au hareng fut la base de son économie. Au XVIIème siècle, la ville constitua une base arrière des corsaires. Un siècle plus tard, la Compagnie d’Ostende se trouva à la source de l’expansion économique de la ville en ayant le monopole du commerce dans les Indes orientales et occidentales (importation d’épices). Le port se développa avec l’implantation d’un phare et un bassin commercial et devint un porc franc en 1781. Ce fut à cette époque que démarra une nouvelle activité qui deviendra le nouveau poumon de l’économie d’Ostende : un aubergiste anglais implanta une première bâtisse au bord de plage afin de servir des rafraichissements aux baigneurs. Moins d’un demi-siècle après, Ostende devint la station balnéaire belge réputée dans toute l’Europe où la famille royale belge séjournait, entourée par l’aristocratie et haute-bourgeoisie européenne. La ville est aujourd’hui surnommée la « Reine des stations balnéaires ». En parallèle de l’activité balnéaire, l’ostréiculture prospéra au point que les huitres d’Ostende devint une référence internationale avant la Première Guerre Mondiale. De simple port de pêche, le port d’Ostende ajouta des activités de plaisance ainsi que des liaisons maritimes de passagers avec l’Angleterre (les anglais ayant constitué la grande masse des touristes). La mer fut aussi la principale menace de la ville. Dès la fin du XIVème siècle, il fallut déplacer la cité et l’abritait derrière une digue. Au XVIème siècle, les habitants rasèrent des dunes pour protéger la ville durant la Guerre de Quatre-Vingt ans. La mer s’engouffra immédiatement dans cette brèche et creusa un chenal à l’origine de l’entrée actuelle du port.