Le chevalier de la palmeraie. Avec neuf titres dont une Coupe continentale (Coupe de la CAF 1996) et deux titres de champion du Maroc (1958 et 1992), le KAC Marrakech est le 5ème club le plus titré du Royaume Chérifien. Malheureusement, depuis plus de deux ans, le club est retombé en 2nde division et, surtout, connaît une grave crise financière et institutionnelle. Toutefois, il demeure toujours le club phare de la cité impériale, 3ème agglomération marocaine. Pour le surnom, l’un des emblèmes de la ville a été retenu : la Palmeraie. Ecrin de verdure situé au nord-est de la ville, la Palmeraie de Marrakech constitue l’un des plus grands sites historiques et touristiques du Maroc. Composée de plus de 100 000 palmiers sur un terrain de 14 000 hectares, la Palmeraie fut créée à l’époque de la dynastie almoravide au XIème siècle. Le Sultan Youssef Ibn Tachfin, fondateur de la dynastie almoravide, fit de Marrakech la capitale de son nouvel Empire et dota la ville de cette Palmeraie en faisant construire un réseau de canaux souterrains (khettaras) pour l’irriguer. A cette époque, certaines espèces de palmiers étaient vénérées, symboles de la vie. Aujourd’hui, lieu incontournable pour les touristes, la Palmeraie est entourée par des complexes touristiques de luxe. Mais, elle permet aussi la culture de dates et de cœur de palmier ainsi que la production d’huile ou de vin de palme.
Auteur : panamstory
#597 – MC Alger : الشهداء
Les martyrs. Lors d’une soirée de 1921, le futur fondateur du club, Aouf Abderrhamane, se baladait sur le Place du Gouvernement, au centre d’Alger, près de la Casbah, et regarda des jeunes arabes jouer au football. Un groupe de soldats français passa à côté d’eux et un sergent dit aux enfants « Ici, c’est le Parc des Princes des arabes ! ». A l’époque, le Parc des Princes était un terrain de Rugby (où le XV de France joua son 1er match officiel en 1906) et de Football (l’équipe de France y joua également son 1er match officiel en 1905), ceinturé par un vélodrome. Avec le stade de Colombes et celui de Pershing, il était l’une des principales arènes sportives françaises. Aouf Abderrhamane se sentit insulté par cette remarque et décida de fonder le premier club musulman capable de rivaliser avec les clubs français. Le 7 août 1921, les statuts du Mouloudia Club d’Alger furent déposés. En 1962, après l’indépendance du pays, la Place du Gouvernement fut renommée place des Martyrs et donna son surnom au club.
#596- Amazulu FC : Usuthu
Il s’agit d’un cri de guerre zoulou. En 1932, au sein du township Umlazi, au Sud-Ouest de Durban, les travailleurs zoulous émigrés fondèrent un club de football dénommé Zulu Royals. Présenté au roi zoulou de l’époque, Salomon, ce dernier accorda au club le droit d’utiliser le bouclier comme logo, un des symboles de la culture zoulou, et changea les couleurs de l’équipe en bleu royal et blanc. Par la suite le nom se transforma en Amazulu qui signifie les zoulous. Attaché à la culture zoulou, le surnom se porta sur usuthu.
Selon la tradition, en 1851, le prince zoulou Cetshwayo ramena comme butin, après une expédition contre un autre peuple, des bovidés appelés suthu. Les bovidés étaient dans la culture zoulou une des principales mesures de la richesse. Ces bovins capturés étaient alors plus imposants que le cheptel zoulous. Impressionnés par leur force, Cetshwayo et ses partisans se faisaient alors appeler les suthu. Lorsque Cetshwayo accéda au trône en 1872, usuthu devient le cri national des zoulous. D’ailleurs, lors de la guerre de 1879, qui opposa l’Empire Britannique au Royaume zoulou, le terme usuthu fut le cri de ralliement des zoulous.
#595 – GD Interclube : os Polícias
Les policiers. Le 28 février 1976, 3 mois après l’indépendance de l’Angola de l’Empire Portugais, le nouveau commandant général de la police nationale angolaise, Santana André Pitra dit Petroff, prit la décision le même jour, d’un côté, de fonder la police nationale angolaise, et, d’un autre côté, de doter cette nouvelle force d’une association sportive, le Grupo Desportivo e Recreativo do Corpo da Polícia de Angola (Groupement Sportif et Récréatif de la Police Angolaise). Au travers de ce club, l’objectif était double. Premièrement, le club devait combler le manque de structures proposant des loisirs et des sports, en vue d’entretenir le physique des forces de police. Ensuite, il devait permettre aussi de différencier la police de la nouvelle République Populaire d’Angola des forces répressives de la police nationale coloniale, en lui permettant de lui créer une image plus « proche du peuple ». Aujourd’hui encore, le club, qui est omnisport, est toujours rattaché au Ministère de l’Intérieur.
#594 – Africa Sports : les Aiglons
L’Africa Sports fait parti des plus grandes équipes du football ivoirien et du continent africain. Le palmarès impressionnant (notamment 17 championnats nationaux, 21 coupes nationales, 11 super coupe, 1 Ligue des Champions africaine, 2 Coupe d’Afrique des vainqueurs de coupes) acquit depuis sa fondation viennent conforter le choix des fondateurs de prendre l’aigle comme symbole du club. En effet, créé en 1947, sous le nom de CS Bété (du nom de l’ethnie d’où venait les fondateurs), le club changea de nom en 1948 afin de ne pas se réduire à une ethnie du pays et s’ouvrir à toutes les populations du Centre Ouest et de l’Ouest résidant à Abidjan. Les fondateurs retinrent le nom de Africa Sports, inspirés du nom d’un journal de l’époque « Afrique Sport », affichant des ambitions de représenter et de dominer le continent. De même, les couleurs furent modifiées de violet à vert et rouge sur la base du chandail d’un chauffeur de taxi. Ces couleurs devaient symboliser le courage et la détermination, donnant la devise du club « le sang sur le gazon ». Enfin, les membres décidèrent de doter le club d’un écusson où un aigle déploie ses ailes. Dans la culture bété, ce grand oiseau des aires symbolise la noblesse et la puissance car il vole plus haut que les autres oiseaux et ne les craint pas. Mais si pendant les 75 dernières années, les équipes furent à la hauteur de ces symboles, malheureusement, après des années d’errance de la direction, le club va connaître à compter de la saison 2021-2022 les affres de la seconde division. Un coup de tonnerre pour le football ivoirien. L’aigle reprendra-t-il son envol ?
#593 – Rangers International FC : Flying Antelopes
Les antilopes volantes. Le club de la ville d’Enugu demeure un des piliers du football nigérian : 7 championnats nationaux, 6 coupes nationales et une coupe des coupes africaine en 1977. Comme la plupart des meilleurs clubs du Nigeria, il appartient au gouvernement de l’État local, l’Etat de l’Enugu. Le club a prit pour symbole l’antilope qui apparait sur son écusson. L’animal est présent dans le nord du pays et développe des qualités de vitesse et de saut impressionnantes. Elles peuvent atteindre des vitesses de 90 à 100 km/h et bondir jusqu’à 4 mètres de hauteur et jusqu’à 15 mètres de longueur. De quoi inspirer l’équipe et ses joueurs. Malheureusement, l’animal, présent dans de nombreuses régions africaines, est souvent menacé d’extinction par l’activité humaine.
#592 – Hearts of Oak SC : Phobia
Phobie. Ce surnom est largement utilisé par les fans pour désigner Hearts of Oak. Basé dans la capital Accra, le club fut officiellement formé le 11 novembre 1911 et demeure l’un des plus anciens clubs de tout le continent africain. Hearts fait également parti des clubs ghanéen les plus éminents et connaît un grand succès depuis la formation de la ligue de football ghanéenne en 1956, ayant remporté le titre de champion à 21 reprises. Dans les années 1960, Hearts était injouable et battait quasiment toutes les équipes à tel point que les adversaires craignaient de jouer contre eux. La peur que l’équipe de Hearts inspirait amena l’expression « la phobie des Hearts ». C’est ainsi que « Phoooobia » est devenu un synonyme de Hearts.
#591 – Vancouver Whitecaps : the Village
Le village. Après la fin de la fameuse ligue nord-américaine NASL en 1984, un nouveau club vit le jour en 1986 à Vancouver du nom des 86ers. Jusqu’en 2011, le club évolua dans différentes ligues canadienne ou nord-américaine mineures avant d’intégrer la plus prestigieuse, la MLS. En 2001, le club voulut profiter de la notoriété de l’ancien club de la ville, les Vancouver Whitecaps, en reprenant leur nom et leur logo. Cette dernière franchise concourut dans la NASL de 1974 à 1984 et connut son heure de gloire en 1979, en remportant le championnat. Il s’agissait du premier titre de la ville de Vancouver dans un championnat majeur nord-américain.
A cette époque, le football n’était pas le sport roi en Colombie-Britannique où l’équipe de hockey sur glace, les Vancouver Canucks, attirait tous les regards. Mais, après avoir terminé premier de sa division, les Whitecaps entamèrent un magnifique parcours en play-off qui les conduisit au titre et qui engendra un formidable engouement au sein de la ville. En quart de finale, Vancouver élimina les Los Angeles Aztecs de Johan Cruyff et, pour les demi-finales, se dressait le monstre du New York Cosmos. La franchise new-yorkaise avait remporté les deux derniers championnats et, même si Pelé avait déjà quitté la franchise, cette dernière comptait tout de même dans ses rangs, le champion du monde brésilien Carlos Alberto, l’attaquant star de la Lazio, Giorgio Chinaglia, l’ailier anglais Dennis Tueart, le yougoslave Vladislav Bogićević, le hollandais Wim Rijsbergen, double finaliste de la Coupe du Monde ainsi que les stars Franz Beckenbauer et Johan Neeskens. Face à cet armada, les Whitecaps présentait le profil du classique outsider. Dépourvus de stars, l’équipe débordait de caractère, était farouchement déterminés, composée de travailleurs et soudée comme une famille. Après l’élimination de New York, l’équipe remporta le championnat face au Tampa Bay Rowdies. A leur retour à Vancouver, une foule de 100 à 150 000 personnes accueillit les nouvelles stars de la ville. Le commentateur d’ABC, Jim McKay, déclara que « Vancouver must be like the deserted village right now » (Vancouver doit être comme un village désert maintenant – supposant que tous les habitants étaient devant leur TV pour regarder le match). Evidemment, les canadiens prirent très mal cette allusion au village, estimant que Vancouver était une grande ville et que les américains dénigraient encore une fois le Canada. Mais, au final, très vite, le terme Village of Vancouver apparût et finalement s’imposa comme un surnom du club, qui se transmit à la nouvelle franchise MLS.
#590 – CD Magallanes : la Academia
L’Académie. Dénommé CD Magallanes depuis 1904, le club s’appela à sa fondation en 1897 Club Atlético Escuela Normal. En effet, par décret du gouvernement chilien, la Escuela Normal Superior, l’école normale supérieure, en charge de former les futurs enseignants, fut autorisé à fonder un club de sport. Ainsi, le jour de l’anniversaire du directeur de l’école, un groupe d’étudiants encouragés par le professeur Erasmo Arellano fonda une association à vocation culturelle et sportive ouverte à tous les membres de l’école mais également au-delà des murs de cette académie. Après des fusions avec d’autres entités (soit créées au sein de l’Ecole Normale, soit au sein d’autres écoles comme la Escuela de Artes y Oficios, l’Ecole des Arts et Métiers), le club changea de nom pour Magallanes. En effet, en 1904, le club fut admis au sein de la seconde division de Santiago. Pour poursuivre le développement du club, la direction estima qu’il fallait prendre ses distances avec la Escuela Normal Superior. Ceci passa notamment par le changement du nom du club. Il est généralement admis que le nom fut tiré du conflit frontalier entre le Chili et l’Argentine pour la possession du détroit de Magellan, qui conduit au traité de 1881 où l’Argentine reconnut la souveraineté chilienne sur ce détroit situé en Patagonie, dans la région de Magallanes et de l’Antarctique chilien. Mais, même après ce détachement de l’Ecole ainsi que la disparition de l’Ecole Normale chilienne en 1974, le club et ses supporteurs restent attachés à ses origines scolaires.
#589 – FK Vardar Skopje : Црвено-Црни
Les rouge et noir. Le club de la capital macédonienne dont la section handball est l’un des meilleurs clubs européens, domina le football macédonien avec 11 championnats et 5 coupes. Mais bien qu’il fut champion en 2020, le club termina à la 11ème place en 2021 et fut relégué en seconde division. En 1947, lors de l’assemblé entérinant la création du club, les membres décidèrent d’opter pour le bleu et blanc comme couleurs du club. Mais, dès l’assemblée suivante, une nouvelle décision fut prise pour changer vers le rouge et blanc. Ces dernières furent les symboles du club et de ses équipements jusqu’en 1963. Le 26 juillet 1963, à 5 h 17 du matin, un violent tremblement de terre, d’une magnitude de 6,9 sur l’échelle de Richter, détruisit 80% de la ville. 1 070 personnes moururent et 3 300 autres furent blessés. Un grand élan international de générosité s’en suivit. Pour le club de football, il se traduisit par un don du grand Milan AC, qui deux mois auparavant avait remporté la Ligue des Champions. Le club italien envoya un lot de ses maillots au Vardar Skopje afin d’équiper les joueurs macédoniens. Résultat, depuis cette année, Vardar joue avec des maillots rayés rouges et noirs.