Les éclairs bleus. Le bleu est définitivement la couleur du club qui vient d’accéder à la première division turque puisque que le maillot de l’équipe marie usuellement du bleu et du bleu marine. En 1940, en pleine Seconde Guerre Mondiale, alors que le Turquie demeurait neutre, l’Etat Kémaliste préparait la jeunesse à un éventuel conflit. Une loi nommée « Obligation de défense civile » fut votée dans le but d’orienter les jeunes vers le sport pour qu’ils s’entretinssent physiquement, aiguisassent leur esprit de compétition et leur sentiment nationaliste et se disciplinassent. Ainsi, les entreprises employant plus de 500 collaborateurs du secteur public ou privé devaient créer des associations sportives. Adana est un centre ferroviaire et ce depuis longtemps. La première ligne de chemin de fer vers Adana fut construite par les Britanniques en 1886. Situé sur la ligne Istanbul-Bagdad, passant par Ankara, Adana accueille la 6ème direction régionale de la compagnie des chemins de fer turque, TCDD. Résultat, en 1940, le directeur des opérations de la TCDD, Esref Demırag, fonda le club. Lié à la compagnie ferroviaire, l’association adopta sa couleur, ie le bleu.
Auteur : panamstory
#557 – Albacete Balompié : el Queso Mecánico
Le fromage mécanique. Au début de la saison 1989-1990, le club évoluait encore en seconde division et nomma à la tête de l’équipe première un jeune entraineur de 29 ans, Benito Floro. Dès sa seconde saison, Floro réussit à terminer premier de son groupe et fit accéder Albacete Balompié à la première division, grace à un style de jeu brillant et offensif. Après cette montée, l’entraîneur et son équipe obtinrent l’un des meilleurs résultats sportifs de l’histoire du club, en étant la révélation de la saison et en terminant à la 7ème place – à un point seulement de participer à la Coupe de l’UEFA. Durant cette saison, l’équipe enchaîna 15 matchs consécutifs sans défaite. Le club demeura 5 saisons en première division mais le travail de Benito Floro fut remarqué et il rejoint dès 1992 le grand Real Madrid.
Le succès et le jeu développé par l’équipe eurent un grand écho et un fort impact médiatique dans l’Espagne des années 1990. Benito Floro promut un jeu offensif tout en reposant sur un bloc solide et solidaire. Il innova également avec le recours à de psychologues pour motiver l’équipe. Cette dernière fut ainsi comparée aux Pays-Bas de Johan Cruyff, connus sous le nom d’Orange mécanique et qui pratiquait le fameux « football total » (en raison de la mécanique lié au football total, de la couleur orange du maillot et de la sortie en 1971 du film de Stanley Kubrick). Albacete hérita alors du surnom de queso mecánico, la région d’Albacete étant productrice du fameux fromage espagnol, le Manchego.
#556 – CD Coquimbo Unido : los Piratas
Les pirates. Avant le XIXème siècle, Coquimbo n’était qu’une magnifique baie aux eaux calmes, proche de la ville de La Serena. En 1680, des attaques de pirates étaient attendues dans les principaux ports du Chili. Le gouvernement colonial mobilisa ses troupes sur les deux principaux ports du pays, Concepción et Valparaíso au dépend des autres tels que La Serena. Cette désertion provoqua des conditions favorables pour le corsaire Bartholomew Sharp qui cacha son navire et ses 140 pirates dans la baie de Coquimbo. Ils pillèrent alors la ville de La Serena. Sharp se dirigea à Coquimbo car cette baie était connu depuis longtemps des pirates. Selon une légende racontée dans le livre « El tesoro de los piratas del Guayacán » (Le trésor des pirates de Guayacán) de l’archéologue et folkloriste Ricardo Cartwright, le légendaire corsaire Francis Drake, en fuyant, aurait trouvé la baie de Coquimbo et en aurait fait un refuge pour lui-même et ses compagnons pirates, corsaires et flibustiers. L’œuvre suggère que le corsaire anglais Francis Drake y enfouit un trésor dans la plage de La Herradura, qui attend toujours d’être retrouvé. Au delà de la légende, des historiens mirent en avant que Drake était l’un des 5 pirates qui débarquèrent dans la baie de Coquimbo. Les plus célèbres étaient donc Francis Drake (1579), Bartholomew Sharp (1680) et Edward Davis (1686), qui semèrent la terreur et la panique dans la population côtière. Aujourd’hui, ils sont célébrés par la population, faisant parti du patrimoine culturel de la ville de Coquimbo et une attraction touristique.
L’écusson du club affiche un pirate depuis 1962, soit 5 ans après la création du club. Francisco Balanda, un des membres fondateurs, expliqua que l’idée de mettre un pirate sur l’écusson naquit lors d’une réunion du Rotary Club International tenue à Coquimbo. De nombreux membres de la direction du club de l’époque appartenaient à cette organisation, et en observant l’un des tableaux qui ornaient l’une des salles où se réunit le Rotary, ils furent frappés par un blason espagnol, où un pirate apparaissait debout, le pied droit sur un coffre à trésor. Cette image resta dans la tête des dirigeants et ils firent la relation avec les histoires de pirates du port de Coquimbo. C’est ainsi qu’ils décidèrent de reprendre l’image du pirate à leur compte, dans l’écusson du club.
#555 – CA Nueva Chicago : Torito de Mataderos
Le petit taureau de Mataderos. Situé à Buenos Aires, le CA Nueva Chicago est le club du quartier de Mataderos, où naquit et vécut Justo Suárez, l’une des premières idoles populaires du sport argentin. Ce boxeur gagna son importante popularité grace à ses victoires mais également de par sa vie. En pleine crise des années 1930, le peuple argentin s’identifia à ce destin tragique. Sorti de la misère grace à la boxe, il connut la gloire et l’argent avant de mourir de la tuberculose à seulement 29 ans. Quinzième enfant d’une famille qui en comptait 25, Justo travailla aux abattoirs dès l’age de 9 ans. A 10 ans, il était déjà un boxeur amateur, qui gagnait quelques pesos dans certains galas. Féroce, rapide et puissant mais désordonné, il démolissait ses rivaux et remporta 48 combats en tant qu’amateur (dont les titres de champion argentin et sud-américain des poids plumes). Avec son style et son allure, il gagna le surnom de Torito de Mataderos. Puis, il tenta sa chance avec succès aux Etats-Unis, la Mecque de la boxe. Malheureusement, il n’eut jamais la chance de concourir pour le titre mondial. Atteint de la tuberculose dès 1932, sa carrière commença par décliner. Il se retira à Cordoue en 1935 et vécut ses 3 dernières années dans la misère. Depuis sa mort, Suárez fait parti de la culture populaire argentine. Il existe des tangos, des histoires, des bandes dessinées, des chansons et même des films qui racontent sa vie. Enfin, le nom de la rue où se trouve l’accès principal du stade de Nueva Chicago porte le nom de Suárez. Le club hérita ainsi du surnom de Suárez.
#554 – Anji Makhatchkala : орлы
Les aigles. Equipe inconnue du Daghestan, le club russe fit parler de lui en 2011 avec l’arrivée à sa tête du milliardaire Sulejman Kerimov. Rapidement, l’Anji se renforca avec les arrivées de joueurs étrangers tels que Roberto Carlos, Samuel Eto’o et Lassana Diarra. Difficile de résister à l’attrait du Daghestan et son club réputé, surtout quand les joueurs étaient grassement payés (A 30 ans, Eto’o signa un contrat de trois ans où il émargeait à 20,5 millions d’euros net par an plus 20 000 € par but et 10 000 € par passe décisive). Deux ans après, avec des résultats moyens, Kerimov se lassa de son jouet et coupa les vannes. Dès l’annonce de son retrait, les mercenaires repartirent aussi vite qu’ils étaient venus. Logiquement, le club regagna l’anonymat et évolue aujourd’hui entre la seconde et troisième division russe. Il n’empêche que pour cette petite république russe du Caucase, l’Anji est depuis sa création en 1991 une source de fierté, un vecteur de communication. Résultat, les symboles de la région se sont naturellement fondus dans ceux du club, dont l’aigle. L’écusson du club arbore deux aigles royales, oiseau que l’on retrouve sur les armoiries de la République du Daghestan. De manière générale, l’aigle dans le symbolisme international signifie le pouvoir et la suprématie de l’État. Dans la culture des peuples du Daghestan, il est l’un des animaux les plus vénérés, personnification de l’indépendance et de la liberté, du courage et de la bravoure, de la fierté et de l’endurance. De manière générale Ainsi, l’aigle des armoiries du Daghestan porte les valeurs du pouvoir étatique et également celles du peuple (indépendance, liberté, fierté).
#553 – FC Zurich : die Löwen
Les lions. Le 1er août 1896, des membres de trois clubs locaux (FC Turicum, FC Excelsior et FC Viktoria) s’unirent pour fonder le FC Zurich. Si le palmarès du club est fourni (12 championnats et 7 coupes), il est nettement devancé par son rival du Grasshopper (28 championnats et 18 coupes) tout comme en ancienneté (1886 vs 1896). Pourtant, en termes de popularité, le FCZ bénéficie d’un large soutien à Zurich, certainement car il était le club des couches populaires (Grasshopper étant le club de la haute bourgeoisie). Résultat, le FCZ se présente comme le club de la ville et s’est totalement identifié à elle. Le FCZ arbore un écusson aux couleurs bleues et blanches (les couleurs de la ville et du canton) entouré de deux lions, copie quasi-identique des armes de la cité.
En tant que ville impériale depuis 1218, Zurich devait certainement posséder un étendard à cette époque. Mais, sa première mention remonte à la bataille de Mortarten en 1315, où il semblerait que les fanions portés par les Zurichois étaient bleus et blancs. En tout cas, les armoiries actuelles de Zurich, un écu divisé en diagonale en blanc et en bleu, sont attestées pour la première fois sur un sceau de la cour datant de 1389.
Des vitraux de Lukas Zeiner datant de 1490 (exposés au Musée national suisse) montrent les armoiries de la cité accompagnées de deux lions comme porte-bouclier. La présence de support est assez commune en héraldisme mais depuis 1500, les armoiries de Zurich sont représentés presque exclusivement avec les deux félins (alors que généralement, les armoiries sont résumées à l’écu). Portant parfois une épée, le globe impériale et une palme, en fonction des époques, le lion, connu sous le nom de Zürileu, est devenu un symbole de Zurich, qui orne de nombreux bâtiments et statuts dans la ville. L’animal représente les valeurs de courage, de force, d’audace et de bravoure.
#552 – Júbilo Iwata : ジュビロ
Júbilo, toujours l’avantage avec les clubs japonais et nord-américain de prendre comme surnom, le nom de la franchise. Il s’agit d’une franchise historique de la ligue japonaise qui participa à la deuxième saison en 1994. Appartenant initialement à l’entreprise Yamaha, conglomérat fabricant principalement des motos et des moteurs de bateau. Avec l’avènement de la ligue, les clubs durent se séparer de leur entreprise et Iwata se surnomma Júbilo. Comme pour les franchises américaines, l’idée était de trouver un nom qui deviennent une marque. Les dirigeants de l’époque retinrent alors le mot Júbilo, qui signifie aussi bien en espagnol qu’en portugais, la joie. Certainement le sentiment que le club voulait donner à ses supporteurs en le voyant jouer. Cela va être le cas pendant 7 ans. De 1997 à 2003, le club remporta 3 championnats (1997, 1999 et 2002) et termina second les autres années (à l’exception de la saison 2000 où il finit à la 4ème place). En 1999, ils furent également sacrés champions d’Asie.
#551 – EC Taubaté : Burro da Central
L’âne du centre. Ce surnom apparût en 1955 suite à une belle bourde du club. Il évoluait alors en 2ème division du championnat paulista. Le 1er Mai 1955, l’équipe remporta un match contre Comercial FC 6 buts à 3, victoire qui fut réduite à néant quelques jours après. La Fédération de football pauliste se rendit en effet compte que Taubaté avait fait rentrer en cours de match l’attaquant Alcino, qui n’avait pas été enregistré par la direction du club auprès de la fédération. Ayant pris connaissance de cette erreur, Comercial fit appel et la Fédération n’eut pas d’autre choix que d’annuler la victoire et les points acquis par Taubaté. Ce genre d’erreur administrative arrive parfois dans le football (en 1996, Paris faillit ne pas se qualifier face au Steaua pour une raison similaire. S’il n’avait pas rectifier le tir au match retour, le club de la capitale n’aurait pas accédé à la Ligue des Champions cette année-là. Comme quoi l’amateurisme ne se trouve pas uniquement dans les clubs brésiliens de seconde division).
Tout comme Paris, cette défaite sur tapis vert n’était pas sans conséquence pour Taubaté. Le tournoi de seconde division débuta en 1954 avec 19 équipes concourant dans 3 poules. A l’issue de cette phase, un nouveau championnat était organisé avec les deux premiers de chaque poule pour déterminer les équipes qui accéderaient à la première division. Après un investissement important dans l’équipe, Taubaté réalisa une première partie de championnat quasi-parfaite (15 points sur 20 possible) et s’imposa comme un candidat sérieux à la montée. La phase finale débuta contre Comercial le 1er mai 1955. La victoire 6-3 semblait donc idéal pour lancer la campagne d’accession de Taubaté … sans la négligence des dirigeants. Le journaliste Thomaz Mazzoni de Gazeta Esportiva caricatura le club sous la forme d’un âne. A côté de cette âne, deux personnage se moquaient de l’animal. L’un des personnages qualifia le club de Burro da Central tandis que l’autre déclarait « clube que ganha no campo e perde na secretaria é…burro » (un club qui gagne sur le terrain et perd au secrétariat est… idiot). Au final, Taubaté ne parvint pas à monter en première division. Malgré cet épisode tragique pour le club et l’ironie associée à l’âne, les supporteurs s’approprièrent le surnom. Enfin pas tous car certains racontent à leurs rejetons que l’origine du surnom est la présence d’ânes à côté du stade du club, que parfois on entendait braire lors des matchs.
Enfin, le terme Central ne vient pas de la localisation de la ville. Certes, Taubaté se situe à une position stratégique, quasiment au milieu des deux plus importantes villes du Brésil (Saõ Paulo et Rio de Janeiro), et entre l’océan Atlantique et les montagnes. Mais, ici, le journaliste faisait allusion à la compagnie de chemin de fer, Estrada de Ferro Central do Brasil, qui était l’un des principaux réseau ferré du Brésil, reliant les provinces de Rio de Janeiro, São Paulo et Minas Gerais. La gare de Taubaté était desservie par ce réseau.
#550 – Cagliari Calcio : Rossoblù
Les rouges et bleus. Les couleurs du club sont le rouge et le bleu depuis sa fondation le 30 mai 1920. Pourtant, pour son premier match, l’équipe porta un kit tout blanc. Le fondateur, Gaetano Fichera, chirurgien de son état, réadapta des blouses blanches de l’hôpital pour confectionner le premier kit. Assez rapidement, le club se pourvut de maillots rouges et bleus, sous différentes design (à rayure, partagé, façon ajax …) durant les 5 premières années d’existence. Puis, le 25 janvier 1925, lors d’un match contre une sélection militaire (issue des rangs du 46ème régiment d’infanterie), le club arbora pour la première fois un maillot rayé noir et bleu et le conserva jusqu’en 1928. A compter de la saison 1928-1929, le maillot rossoblù fut définitivement adopté et en 1930, le club opta pour le maillot partagé horizontalement, d’un côté bleu et de l’autre rouge (couleurs inversées dans le dos). Depuis, cette tunique constitue l’un des symboles du club sarde.
Les raisons du choix des couleurs rouges et bleus ne sont pas à aller chercher bien loin. Ce sont en effet celles du drapeau et des armes de la ville. A l’origine les couleurs de la ville, tirées de celles des armoiries, étaient le rouge et l’or (couleurs du Royaume d’Aragon dont dépendait la Sardaigne). En 1718, à la suite de la guerre de Succession d’Espagne, la Sardaigne passa de la domination Espagnole à celle de la Maison de Savoie, dont le Duc était également Prince du Piémont. Ainsi, de cette date à 1861, Sardaigne et Piémont constituèrent un nouvel Etat dénommé le royaume de Piémont-Sardaigne. Au fil des années, la bannière et le blason de la ville reprirent donc les couleurs de la Maison de Savoie et de celles du Piémont. Depuis le XIIème siècle, les armoiries de la famille de Savoie se blasonnent « de gueules (rouge) à la croix d’argent (blanche) ». Cette croix blanche sur fond rouge devint naturellement le blason du Piémont et avec l’unification se répandit également sur les armes de Cagliari (et sa couleur rouge à sa bannière). Le bleu provient aussi de la Maison de Savoie puisque c’est sa couleur traditionnelle. Deux histoires alimentent l’explication de ce choix. Le 20 juin 1366, Amédée VI, Comte de Savoie, partit en croisade afin d’aider son cousin, Jean V Paléologue, Empereur Byzantin. Il exigea que ses bateaux arborèrent un pavillon bleu à côté de l’étendard de la Savoie, en l’honneur de la Vierge (le bleu est la couleur de la Vierge Marie). Une autre histoire se déroule au XVIème siècle. Emmanuel-Philibert, Duc de Savoie et Prince du Piémont, décida de changer la couleur des manteaux des chevaliers de l’Ordre suprême de la Très Sainte Annonciade du rouge vers le bleu, devenant par la suite la couleur de la dynastie de Savoie. Profondément restructuré par le duc Charles III de Savoie, en 1518, l’ordre prit son actuel et fut encore plus consacré à la Vierge, expliquant peut-être le choix de changer la couleur du manteau pour le bleu.
#549 – FC Viktoria Plzeň : Viktorka
Victoire en tchèque. Par dérivé, les joueurs du club s’appellent Viktoriáni (les Victoriens). Le nom du club, Viktoria, est une adaptation du mot latin victoria qui signifie victoire. Dans la Mythologie romaine, Victoria était le nom de la déesse de la victoire (équivalent de Nike dans la Mythologie grecque). Dès la réunion de fondation du club le 11 juin 1911, les membres optèrent pour le nom Viktoria. Il aurait été donné en l’honneur de la victoire de l’équipe représentant la Bohème au Championnat d’Europe amateur à Roubaix, la même année. En 1911, la ville du nord de la France organisa une Exposition Internationale du 30 avril au 6 novembre. Les nations se retrouvaient à ce genre d’évènement dans le cadre de la compétition mondiale qui prévalait avant la Première Guerre Mondiale. Naturellement, des compétitions sportives s’organisaient en marge de ces expositions, comme un autre exutoire de cette affrontement entre nations. Pour les sports naissant de la fin du XIXème siècle, les expositions internationales étaient une belle vitrine pour se faire connaître. Ainsi, l’UIAFA (Union Internationale Amateur de Football Association), une nouvelle rivale amateur de la FIFA, profita de l’exposition internationale de Roubaix pour créer un tournoi dénommé « Grand Tournoi européen de football association » du 25 au 29 mai. Il regroupait 4 nations : France, Angleterre, Bohème et Sélection du Nord (en remplacement de la Suisse qui renonça à participer). La Bohème faisait parti de l’Empire Austro-Hongrois mais, dans cet Etat multinational, le football au début du XXème siècle était le lieu des revendications nationalistes de chaque peuple slave (slovène, tchèque, serbe …). Ainsi, des équipes « nationales » slaves se constituèrent au grand dam de l’Empire. A partir de 1905, sous la houlette de John Madden, un écossais triple champion d’Ecosse avec le Celtic, la sélection de Bohème-Moravie devint une place reconnue du football continental. Ainsi, en 1908, les Tchèques reçurent la sélection olympique d’Angleterre et s’inclinèrent 4 buts à zéro, une défaite en réalité flatueuse face à l’équipe la plus forte du moment (et de loin) et qui venait d’étriller les Autrichiens 11-1 et les Hongrois 7-0. Lors de ce fameux tournoi de Roubaix, qui fut vu comme un championnat d’Europe amateur, la sélection de Bohème bâtit en demi-finale 4 buts à 1 l’Equipe de France et surtout remporta le finale face à une sélection anglaise 2 buts à 1. Battre l’Angleterre (même si ce n’était pas la sélection officielle car composée de joueurs amateurs – mais à cet époque, tout joueur britannique était généralement supérieur à tout footballeur du continent) était un grand exploit et eut donc son retentissement parmi les fondateurs du club.
En 1948, avec l’avènement du communisme en Tchécoslovaquie, le Comité d’action du Front national décida que toutes les associations sportives devaient fusionner en une seule organisation sportive nationale, dénommée Sokol. Cette association unifiée s’appuya sur les syndicats et ainsi Viktoria Plzeň devient Sokol Škoda Plzeň. Jusqu’en 1992, le club connut alors différents noms (Sokol, Spartak, Škoda). En 1993, avec la fin du communisme et la séparation en deux de la Tchécoslovaquie, le club reprit son nom historique de Viktoria Plzeň.