Les lions de Furiani. Ce surnom donna naissance à une mascotte. Arpentant le terrain comme mascotte dans les années 90, le lion disparut dans les années 2000 pour enfin revenir de nouveau comme mascotte en 2012, sous le nom de Pistellu. Son origine n’est pas connu mais il semble que dans les années 60 et 70, ce surnom n’était pas utilisé. Il serait né lors de l’épopée européenne du club lors de la saison 1977-1978. La saison précédente, l’équipe bastiaise termina à la 3ème place du championnat, obtenant le droit de disputer la Coupe de l’UEFA. Meilleure attaque du championnat (82 buts), l’équipe reposait également sur son solide libéro, Charles Orlanducci, surnommé le Lion de Vescovato. Natif de Vescovato, Orlanducci réalisait de grande chevauché, ses longs cheveux donnant l’effet d’une crinière. Sa rudesse et son courage n’était pas non plus étranger à ce surnom. Avec le meneur Claude Papi, ils étaient les symboles corses de l’équipe bastiaise, au milieu de joueurs étrangers (Johnny Rep, Abdelkrim Merry) et continentaux (Félix Lacuesta, Jean-François Larios et François Félix). Avec son stade bucolique de Furiani, Bastia réalisa une superbe campagne en atteignant la finale face au PSV Eindhoven. Certes, l’équipe fut défaite en finale mais elle réussit l’exploit d’enchainer 7 victoires d’affilée auparavant face à des bastions européens tels que le Sporting Portugal, Newcastle et le Torino (qui était invaincu sur son terrain depuis 2 ans). La 7ème victoire fut un cinglant 7-2 affligé au Carl Zeiss Iéna. Son jeu offensif (avec de longues courses agressives ou des une-deux), sa détermination, son courage, son capitaine surnommé le lion, l’équipe fut surnommé par la presse les lions. A l’issue de la demi-finale, Onze Mondial fit sa une avec l’équipe bastiaise et le titre « Les lions en finale ». Puis, lors de finale aller, « Les Lions sont lâchés » titra France Football. Surtout, le journaliste corse, Victor Sinet publia un livre sous le nom « Les lions de Furiani » qui entérina le surnom. Aujourd’hui, le club estime que ce symbole véhicule les valeurs du club : identité, force, combativité et respect.
Auteur : panamstory
#527 – CD Leganés : los Pepineros
Le terme dérive de pepino qui signifie « concombre » ou « cornichon » . Ce pseudonyme original remonte à l’époque où Leganés était une ville agricole, avec de nombreuses cultures et fermes. Pendant des siècles, les jardins maraîchers de la ville, située à une quinzaine de kilomètre de Madrid, alimentèrent les marchés centraux de Madrid. A cette époque, Leganés comptait environ six mille habitants, la plupart travailleurs agricoles, et le concombre/cornichon était le produit phare de la région. Pourtant, ce n’était pas le légume le plus cultivé. Contrairement aux autres villes de la banlieue madrilène qui avait une spécialité (Pozuelo pour les laitues, Humanes pour les choux-fleurs, Fuenlabrada pour les carottes, Tolède pour les choux rouges), les cultures maraîchères étaient diversifiées et florissantes à Leganés avec des blettes, des épinards, des choux, des poireaux et des laitues. Pourtant, le cornichon fit la réputation de la ville grace à Felipe IV, monarque espagnol du XVIIème siècle. En effet, selon la légende, son médecin parcourait les marchés de Madrid pour trouver des concombres de Leganés car le Roi appréciait ces derniers qui étaient très doux et ne le rendaient pas malade.
Mais, l’expansion de Madrid, dans les années 1960 et 1970, transforma Leganés en une ville dortoir. La population de la ville fut multiplié par 10 en dix ans, comptant aujourd’hui environ cent quatre-vingt-dix mille habitants. Le premier immeuble d’habitation à grande hauteur fut construit en 1961. Cette explosion démographique fut la plus importante de toute l’Espagne au cours des 100 dernières années. Elle devint aussi un centre industriel avec des usines du laboratoire pharmaceutique Roche, de Tapon Corona (production de capsules d’embouteillage), du fabricant d’ascenseur Otis et le constructeur de camion RVI. La tradition agricole n’a donc pas survécu à ce développement. 160 hectares étaient encore consacrés aux concombres en 1987 mais ce chiffre tombait à 60 en 2014. Mais ses habitants maintiennent fièrement le surnom de pepineros, qui est utilisé pour tout ce qui touche à la ville, comme l’équipe de football ou son stade.
#526 – AC Monza : Biancorossi
Les blancs et rouges, couleurs du club. En 1912, la fusion de plusieurs clubs de sport donna naissance au Monza FC. Le club jouait alors avec des maillots aux couleurs blanches et bleues. A la fin des années 20 (saison 1928-1929) ou au début des années 30 (saison 1932-1933), le club changea de couleurs pour celles devenues traditionnelles aujourd’hui, blanc et rouge. Les raisons de ces choix, soit au moment de la fondation, soit lors du changement, ne sont pas documentées et sont donc inconnues. Mais, il est possible d’avancer une théorie. Tout d’abord, j’en écarte une. Le club résultant de la fusion de plusieurs associations, le bleu et blanc auraient pu être la conjugaison des couleurs des anciens clubs. Mais, il est peu probable que deux couleurs suffirent pour symboliser les différents clubs. Les couleurs bleus et blanches proviendraient, à mon sens, de celles des armes de la ville. Suite à une fusion, retenir les couleurs de la ville qui était le point commun des différents clubs serait justifié. Le changement vers le rouge et blanc s’expliquerait aussi au travers de la bannière de la cité lombarde. Cette dernière affiche les armes bleues et blanches de la ville sur un fond composé d’une bande rouge et d’une bande blanche. L’origine de ces différentes couleurs sont peut-être à trouver dans le premier sceau connu de la cité (XIIIème siècle) : un croissant de lune rouge avec un demi-cercle blanc en dessous, sur un fond bleu. Selon les historiens, la lune est un symbole du pouvoir impérial, reflété dans le soleil blanc qui fait référence au pouvoir papal.
#525 – AS Douanes : les Gabelous
Le surnom était évident vu le nom du club. En 1980, l’administration des douanes sénégalaises, qui souhaitait jouer un rôle sociale, décida de créer une association omnisport pour encourager ses agents à pratiquer le sport. La création du club permettait également de modifier l’image de cette administration et de permettre à ses agents de créer des liens d’entente, de camaraderie et de solidarité. Devenu le porte-drapeau de cette administration, il est également un pilier du football et du basket sénégalais.
Présidé par le Directeur général des Douanes et directement incorporé à cette administration, les joueurs héritèrent naturellement du sobriquet de gabelous. Ce terme est devenu un synonyme de douanier. Sous l’Ancien Régime, en France, les douaniers étaient des percepteurs d’impôts. En particulier, ils collectaient la gabelle, l’impôt sur le sel. Cet impôt était considéré comme le plus injuste car il portait sur une denrée incontournable pour conserver les aliments, le sel. De gabelle fut dérivé en ancien français le terme gabeleur, pour nommer les douaniers en charge de la collecte. Dans certains dialectes, le terme devint gabelous et par extension est devenu le mot familier pour désigner les douaniers.
#524 – Jomo Cosmos FC : Ezenkosi
Les princes. Ce club de Johannesburg connut la même naissance que le club de Kaizer Chiefs. En 1983, l’ex-joueur professionnel Ephraim Sono, surnommé Jomo Sono, revint en Afrique en Sud après sa carrière menée aux Etats-Unis. Il joua pour le New York Cosmos, les Colorado Caribous, les Atlanta Chiefs et le Toronto Blizzard. Au Atlanta Chiefs, il évolua au côté d’une autre star sud-africaine, Kaizer Motaung qui au début des années 1970, fut le fondateur des Kaizer Chiefs. Jomo Sono racheta le club de Highlands Park en 1982. Pour le nom de son équipe, il décida d’associer son propre surnom Jomo et Cosmos, en l’honneur de son ancienne équipe new-yorkaise. Lorsqu’il évoluait en Afrique du Sud, aux Orlando Pirates, Sono reçut le surnom de Jomo (qui signifie « Flèche brulante ») par un fan, qui voyait en lui les mêmes qualités de leadership que celles de Jomo Kenyatta, alors président du Kenya. Jomo Sono s’investit totalement dans sa nouvelle équipe en étant à la fois son président et l’entraineur depuis 1983. Les flèches brulantes auraient pu constitué le surnom de la nouvelle équipe. Mais, finalement, elle hérita du surnom de Prince, autre surnom de Jomo Sono. En effet, pendant sa carrière, il était aussi qualifié de « Prince noir du football sud-africain ».
#523 – Club Bolívar : los Celestes
Les bleus ciels. Le 12 avril 1925, un groupe de jeunes fonda un nouveau club sportif dans la capital de La Paz. Créé l’année du centenaire du pays, les membres fondateurs voulaient donner un nom hispanique au club, contrairement aux autres clubs boliviens de l’époque qui avaient adopté des noms britanniques (The Strongest, Always Ready, Blooming …). Ils l’appelèrent ainsi Bolívar en l’honneur du grand libérateur sud-américain Simón Bolívar. Pour le choix des couleurs, ils optèrent pour l’originalité avec du bleu clair, peu répandue à l’époque. Elle reflétait la couleur du ciel au dessus de La Paz. Capitale la plus haute du monde, elle connaît des hivers particulièrement secs et ensoleillés.
#522 – Fulham FC : the Cottagers
Ce surnom est dérivé du nom du stade, Craven Cottage, où évolue le club londonien de Fulham depuis 1896. Fondé en 1879, Fulham est l’un des plus anciens clubs professionnels de football de Londres. Comme la plupart des jeunes clubs de l’époque, Fulham eut une existence nomade à ses débuts. L’équipe joua sur une pléthore de terrains, souvent à peine aménagés au sud et au nord de la Tamise : Star Road (1879-1883) près d’Earls Court, Eel Brook Common (1883-1884), Lillie Road (1884-1885), Putney Lower Common (1885-1886), Ranelagh House (1886-1888), Barn Elms (1888-1889), Parsons Green (1889-1891), Half Moon (1891-1895), Cpt. James Field (1895-1896). Puis, enfin, le 10 Octobre 1896, le club investit Craven Cottage pour quasiment plus jamais le quitter. Avec ce nombre de déménagement, Fulham est l’un des clubs ayant occupé le plus de stade en Angleterre (seul QPR les dépasse).
D’une capacité de près de 20.000 places, situé au bord de la Tamise au sud ouest de la capitale, Craven Cottage présente un charme so British, à l’opposé des stades modernes, designés, aseptisés qui fleurissent en Premier League comme ailleurs. Pas d’hotels, de centres commerciaux qui éclosent autour du stade. Sa façade de briques rouges, ses poteaux qui soutiennent le toit et gênent la vue, ses strapontins en bois … entretiennent l’atmosphère d’un écrin authentique, un cadre qui fleure bon la nostalgie. William Craven, sixième baron de Craven, fit batir en 1780 un pavillon (cottage) sur des parcelles ayant fait parti des terrains de chasse de la Reine d’Angleterre Anne Boleyn. Ce chalet fut habité par quelques célébrités avant qu’il ne soit détruit par le feu en mai 1888. Le terrain était alors à l’abandon lorsque la direction de Fulham le découvrit en 1894. Il fallut deux ans de travaux pour transformer ce terrain vague en stade de football. Les propriétaires du terrain réalisèrent les travaux en échange de la perception d’une partie des recettes des matchs. En 1904, le conseil municipal de Londres s’inquiéta du niveau de sécurité des stands et tenta de fermer l’enceinte. A la suite du procès qui s’ensuivit, l’architecte écossais, Archibald Leitch fut embauché pour améliorer le stade. Leitch avait gagné sa réputation après avoir édifié le stade d’Ibrox à Glasgow. Pour un coût de 15 000 £ (un record pour l’époque), il construisit le Stevenage Road Stand ainsi qu’un pavillon (l’actuel « Cottage »). Avec sa brique rouge caractéristique, Stevenage Road Stand, renommé Johnny Haynes Stand, constitue la plus vieille tribune des quatre divisions professionnelles anglaises et même du monde. Elle est même classée au patrimoine du royaume. Quant à ce fameux « Cottage », il résulte d’une erreur du célèbre Leitch qui oublia d’inclure des vestiaires dans la tribune de Stevenage Road. Il rajouta donc dans un angle du terrain ce pavillon pour y loger les vestiaires et le bureau du manager.
#521 – 1. FC Nuremberg : der Club
Le club. Certes, le nom du FC Nuremberg intègre le terme club (1. Fußball-Club Nürnberg). Mais, ce n’est pas le seul en Allemagne, même à l’époque de sa fondation (en 1900). D’où le surnom aurait été peu original et repris par de nombreux autres associations. Ce surnom apparût dans les années 1900 et s’imposa dans les années 1920. Avant la Première Guerre Mondiale, le FC Nuremberg était déjà un club dont la réputation montée avec ses nombreuses victoires. Le club fut tout d’abord 3 fois champion de Bavière en 1906, 1907 et 1910. Puis, avec la réorganisation des championnats régionaux, Nuremberg remporta deux titres de champion d’Allemagne du Sud (1916 et 1918). Après la fin de la Première Guerre Mondiale, le FC Nuremberg entama la décennie la plus réussie de l’histoire du club. Entre juillet 1918 et février 1922, l’équipe resta invaincue lors de 104 matches officiels. Résultat, elle se constitua un formidable palmarès en remportant 5 titres de champion d’Allemagne (1920, 1921, 1924, 1925 et 1927) et 9 titres de champion d’Allemagne du Sud (1919, 1920, 1921, 1922, 1924, 1925, 1927, 1928 et 1929). Son style de jeu agréable ainsi que son palmarès conduisit à des commentaires dithyrambiques. En 1924, l’équipe fut si brillante que le magazine spécialisé Fußball écrivit : « Wohl noch nie hat ein Teilnehmer der Endrunde verdienter gewonnen, als … der 1. FCN » (Jamais un participant au tour final n’a gagné plus que … 1. FCN). Il méritait donc d’être surnommé « le club » pour le singulariser des autres. Par la suite, le club connut d’autres succès mais plus rare. Jusqu’à la saison 1985/86, le FCN détenait le record de titre de champion d’Allemagne (avec neuf titres). Aujourd’hui, le club évolue en seconde division et ne tutoie plus les sommets. Néanmoins, le surnom est toujours présent. Lors de la saison 2012/13, en l’absence de sponsor, les joueurs arborèrent un maillot d’entrainement barré du terme « der club » .
#520 – Zorya Louhansk : Мужики
Les hommes. De 2011 à 2019, le club ukrainien fut entrainé par Yuri Vernidub. Il fut un entraineur créatif et talentueux, qui permit au club de sortir de ses années de léthargie pour revenir à des résultats honorables. Si aucun titre ne fut conquis pendant cette période, le club atteignit régulièrement les places européennes ainsi qu’une finale de Coupe d’Ukraine (perdu contre le Shakhtar 2-0). En 2015, suite à un match nul face au Dynamo Kiev, Yuri Vernidub commenta ainsi le résultat : « Мої хлопці – професіонали, мужики. Вважаю, що заслужено поділили сьогодні очки з Динамо » (Mes gars sont des professionnels, des hommes. Je pense que nous avons à juste titre partagé les points avec le Dynamo aujourd’hui). Ces termes plurent aux supporteurs du club qui décidèrent de l’adopter. Dans le stade, des bannières reprenant le mot apparurent et il n’est pas rare d’entendre les supporteurs crier « Мужики! Мужики! » (les hommes, les hommes).
#519 – Sivasspor : Yiğidolar
Les braves. Sivas est l’une des villes les plus anciennes et les plus importantes de la région de l’Anatolie centrale. Les fouilles et des recherches ont montré que le premier établissement de la région date du néolithique (8000-5500 avant JC). Puis, la ville se développa sous les différents empires qui se succédèrent (notamment Hittite, Perse, Macédoine, Romain, Byzantin, Seldjoukide et Ottoman). Sivas est une forme tronquée du nom de la ville en grec byzantin, Sivastei, lui même provenant de son nom en koinè (grec ancien) Σεβαστεία (Sébaste). Ce dernier terme dérive des mots grecs σεβαστός (qui signifie vénérable), σέβας (la crainte) et le verbe σέβομαι (éprouver de la crainte, du scrupule). Ainsi, les habitants et leur club de football se surnomment eux-mêmes Yiğido, ce qui provient du mot turc Yiğit qui signifie homme courageux.
Il est vrai qu’ils se sont aussi montrés braves dans leurs actes. Une légende raconte d’abord qu’en 324, 40 légionnaires de la Legio XII Fulminata, furent condamnés pour leur foi chrétienne. Ils n’y renoncèrent pas malgré la sanction de dormir nus la nuit dans un lac gelé. Ils moururent en martyre et devinrent des saints chrétiens fêtés le 9 mars. Puis, tout au long de l’histoire, la ville fut envahie et parfois détruite. Elle fut secouée lors du génocide arménien de 1915-1916, par les premiers mouvements nationalistes kurdes de 1920 et par les massacres islamistes de 1993. Malgré ces épreuves, la ville et ses habitants se relevèrent à chaque fois.