Les mineurs. Le club réside dans la ville de Lazarevac, qui est le centre névralgique du bassin houiller de Kolubara. Ce dernier est situé à environ 50 kilomètres au sud de la capitale, Belgrade, et recouvre une vaste superficie d’environ 600 kilomètres carrés. Divisée en deux parties par le fleuve Kolubara, la production se concentre autour des municipalités de Lazarevac, Lajkovac et Ub. L’exploitation du bassin est entièrement sous le contrôle de l’État serbe. L’extraction se fait à ciel ouvert. Actuellement, le charbon (essentiellement du lignite) est extrait de quatre mines actives (Champ C, Champ E, Champ Tamnava-Ouest et Champ G, ouvert plus récemment en 2017 pour remplacer des zones épuisées). Il constitue le véritable poumon économique de Lazarevac et énergétique de la Serbie. Sa production annuelle se situe généralement entre 22 et 30 millions de tonnes de lignite et représente environ 75 % de tout le lignite extrait en Serbie. Le bassin abrite des réserves estimées à plus de 2,2 milliards de tonnes, ce qui en fait l’un des plus grands gisements de lignite en Europe. La quasi-totalité du charbon extrait n’est pas destinée à l’exportation mais à la consommation interne. Il est broyé, trié et acheminé pour alimenter les grandes centrales thermiques serbes.
L’extraction du charbon dans la région de Kolubara a commencé à la fin du XIXème siècle (aux alentours de 1896). Il s’agissait alors de petites mines souterraines. L’extraction était principalement manuelle et destinée à un usage local. Dans les années 1950, au sein de la Yougoslavie communiste, le tournant industrielle s’opéra, avec l’abandon des petites mines souterraines au profit de l’exploitation à ciel ouvert, beaucoup plus adaptée et rentable. En outre, en 1956, le régime de Tito mit en service la première centrale thermique locale, Kolubara A (à Veliki Crljeni), construite spécifiquement pour transformer immédiatement le charbon extrait en électricité. Essentiel à l’indépendance énergétique du pays, l’ensemble de l’activité resta dans le giron de l’Etat à la chute du communisme. Aujourd’hui, bien que Kolubara demeure absolument vitale pour la souveraineté énergétique serbe (comme l’ont démontré les inondations de 2014), le site fait face aux enjeux climatiques. À titre d’exemple, en 2021, un projet de longue date visant à construire une nouvelle centrale thermique a été définitivement annulé pour amorcer les efforts de décarbonation du pays. C’est ainsi qu’en un peu plus d’un siècle, Kolubara est passée de quelques puits artisanaux à l’un des plus grands complexes industriels à ciel ouvert d’Europe.
