Les oiseaux, assez logique quand on se nomme swallows, qui signifie « hirondelles » en anglais. Fondé en 1947, Moroka Swallows est l’un des deux clubs originaux de Soweto (avec Orlando Pirates). Moroka est le nom du quartier de Soweto où les 3 fondateurs Johnny ‘Walker’ Kubeka, Ishmael Lesolang et Strike Makgatho flânaient régulièrement et où ils regardaient joueurs de jeunes footballeurs avec une balle de tennis. Selon Strike Makgatho qui témoigna lors du 60ème anniversaire du club, le trio commença par composer une équipe de 11 joueurs. Une fois trouver, le trio et les joueurs se réunirent pour chercher un nom à la nouvelle équipe qu’ils formaient. Bien que certains prétendent que le nom de l’équipe fut décidé par un tirage au sort, un des joueurs, Carlton Moloi, racontent une toute autre histoire. Quelqu’un aurait soumis le nom sweepers (un poisson osseux) qui avait presque emporté l’adhésion lorsqu’un autre joueur proposa swallows. Il aurait fait valoir que les hirondelles volent plus haut et conquièrent plus d’espace que les insignifiants sweepers. L’argument était si convaincant que le nom Moroka Swallows fut adopté. Naturellement l’oiseau se retrouva sur l’écusson du club. D’autres surnoms dérivés sont également apparus tels que the beautiful birds (les beaux oiseaux) ou the Dube birds (les oiseaux de Dube, un quartier de Soweto qui était la base du club).
Étiquette : Animaux
#607 – Enyimba International FC : Peoples’ Elephant
L’éléphant du peuple. En langue Igbo, Enyimba signifie « l’éléphant du peuple » et le club a simplement adopté pour son nom le surnom de la ville d’Aba où il réside. En effet, ce surnom d’Enyimba City (ville de l’éléphant) a totalement imprégné la ville au point que la plupart des institutions publiques d’Aba sont aujourd’hui toujours identifiées par le nom d’Enyimba. Rien d’étonnant donc que le club de football reprit ce nom, sachant qu’il était lors de sa création en 1976 détenu par l’Etat d’Imo puis d’Abia (où se situe la ville d’Aba). L’éléphant est donc le symbole de la ville et il s’affiche fièrement sur le blason du club.
Il est vrai que les éléphants sont des animaux endémiques du Nigéria (même si malheureusement leur population a nettement diminué) mais la région d’Aba n’est pas particulièrement connue pour cette présence animale. Cet attachement de la cité à l’éléphant remonterait selon une légende à sa fondation. Dans les temps anciens, certaines population Igbo habitaient quelque part dans la région d’Uli, dans l’actuel État d’Anambra, et décidèrent de migrer au Sud. Une partie des populations s’installèrent alors au nord de l’Etat d’Abia (dont Aba est la capitale). Après un certain temps, le besoin d’étendre la frontière de leur nouveau territoire se fit sentir mais la méconnaissance de la région empêcha ces velléités. Puis, un jour, un éléphant émergea de nulle part et commença à mouvementer vers l’est. Les populations suivirent l’éléphant qui les mena vers ce qui est aujourd’hui connu sous le nom d’Aba. En arrivant donc au futur Aba, l’éléphant s’arrêta et disparut subitement. Les populations virent en l’éléphant un signe de Dieu, pour leur montrer le chemin et les inviter à s’installer ici, et le firent. L’endroit où l’éléphant disparut est aujourd’hui connu sous le nom de Ehi (Eléphant) Road, l’un des lieux plus populaires de la ville.
#605 – Stella Club Adjamé : les Magnans
Les magnans est le nom local des fourmis, originaires d’Afrique centrale et orientale, connues sous le nom scientifique de Dorylus. Ce surnom est commun pour l’équipe du Stella mais malheureusement son origine est inconnue. L’explication qui peut être avancée porte sur le quartier de résidence du club. En effet, club d’Abidjan, il est surtout celui du quartier-commune d’Adjamé au Nord de la capitale. Son nom signifie « lieu de rencontre et d’échanges » en langue Atchan ou Ebrié et effectivement c’est l’un des plus importants lieux de confluence d’Abidjan voire même du pays. Tout d’abord, le quartier fut fondé par le peuple des bidjan ou djemian, après une migration de l’actuel Zoo d’Abidjan, aux rives du quartier du Plateau en passant par l’emplacement actuel d’Adjamé. Depuis, le quartier abrite près de 400 000 habitants et peut accueillir plus de 2 millions de personnes en journée. En effet, Adjamé est le plus grand carrefour commercial de Côte d’Ivoire, grace à ses nombreux marchés et sa gare routière. Cette dernière, la plus importante du pays, est le lieu de départ de nombreuses lignes de cars qui desservent le pays tout entier. Migration originelle, population importante … des caractéristiques que l’on retrouve pour la race des fourmis magnans. Ces fourmis vivent dans des fourmilières pouvant compter jusqu’à 20 millions d’individus et formant une activité vive. Lorsque la nourriture se fait plus rare autour de la colonie, elles migrent, formant une colonne importante. Ainsi, ces similarités peuvent avoir été à l’origine d’un des plus fameux clubs de Côte d’Ivoire.
#594 – Africa Sports : les Aiglons
L’Africa Sports fait parti des plus grandes équipes du football ivoirien et du continent africain. Le palmarès impressionnant (notamment 17 championnats nationaux, 21 coupes nationales, 11 super coupe, 1 Ligue des Champions africaine, 2 Coupe d’Afrique des vainqueurs de coupes) acquit depuis sa fondation viennent conforter le choix des fondateurs de prendre l’aigle comme symbole du club. En effet, créé en 1947, sous le nom de CS Bété (du nom de l’ethnie d’où venait les fondateurs), le club changea de nom en 1948 afin de ne pas se réduire à une ethnie du pays et s’ouvrir à toutes les populations du Centre Ouest et de l’Ouest résidant à Abidjan. Les fondateurs retinrent le nom de Africa Sports, inspirés du nom d’un journal de l’époque « Afrique Sport », affichant des ambitions de représenter et de dominer le continent. De même, les couleurs furent modifiées de violet à vert et rouge sur la base du chandail d’un chauffeur de taxi. Ces couleurs devaient symboliser le courage et la détermination, donnant la devise du club « le sang sur le gazon ». Enfin, les membres décidèrent de doter le club d’un écusson où un aigle déploie ses ailes. Dans la culture bété, ce grand oiseau des aires symbolise la noblesse et la puissance car il vole plus haut que les autres oiseaux et ne les craint pas. Mais si pendant les 75 dernières années, les équipes furent à la hauteur de ces symboles, malheureusement, après des années d’errance de la direction, le club va connaître à compter de la saison 2021-2022 les affres de la seconde division. Un coup de tonnerre pour le football ivoirien. L’aigle reprendra-t-il son envol ?
#593 – Rangers International FC : Flying Antelopes
Les antilopes volantes. Le club de la ville d’Enugu demeure un des piliers du football nigérian : 7 championnats nationaux, 6 coupes nationales et une coupe des coupes africaine en 1977. Comme la plupart des meilleurs clubs du Nigeria, il appartient au gouvernement de l’État local, l’Etat de l’Enugu. Le club a prit pour symbole l’antilope qui apparait sur son écusson. L’animal est présent dans le nord du pays et développe des qualités de vitesse et de saut impressionnantes. Elles peuvent atteindre des vitesses de 90 à 100 km/h et bondir jusqu’à 4 mètres de hauteur et jusqu’à 15 mètres de longueur. De quoi inspirer l’équipe et ses joueurs. Malheureusement, l’animal, présent dans de nombreuses régions africaines, est souvent menacé d’extinction par l’activité humaine.
#581 – Istanbulspor : Boğalar
Les taureaux. La capitale turque compte un certain nombre de club dont les plus connus sont Galatasaray, Fenerbahçe et Beşiktaş. Mais, les autres clubs ont également leur notoriété comme Istanbulspor qui fut le premier club de la capital a remporté le championnat de Turquie en 1932. Le 4 janvier 1926, porté Kemal Halim Gürgen, les enseignants et les élèves du lycée Istanbul Erkek fondèrent Istanbulspor, le premier club sportif issu d’un établissement d’enseignement à l’époque républicaine. Les fondateurs reprirent alors pour le club les symboles du lycée. Tout d’abord les couleurs jaunes et noires. Au début de la Première Guerre mondiale, une partie des bâtiments du lycée fut réquisitionnée pour y accueillir un hôpital. Les murs furent alors peints en jaune, couleur des hôpitaux à l’époque. Lors de la bataille des Dardanelles, des étudiants du lycée moururent. Lorsque la nouvelle de leurs morts fut connue, les élèves de l’école peignèrent les fenêtres et les portes en noir à la mémoire de leurs amis. Ainsi, le jaune et noir devint les couleurs de l’école. De même, le nouveau club adopta la même mascotte que l’école, soit un taureau, qui donna son surnom.
#575 – Derby County FC : the Rams
Les béliers. Le surnom est né quasiment en même temps que le club puisque les fondateurs choisirent de doter leur nouvelle association d’un blason en forme de bélier. Le choix de cet ovin s’explique par le fait que le mouton et la laine furent indissociables du comté de Derbyshire à l’époque médiévale. Dès l’antiquité, l’élevage de mouton était répandu et au moyen-âge, l’industrie lainière se développa fortement. Le filage était alors réalisé par les femmes célibataires ou des vieilles filles à l’étage des maisons de tisserand. D’ailleurs, filer se dit to spin et donna le mot spinster qui signifie vieille fille. Cette activité donna également naissance à une ballade populaire nommée The Derby Ram (le bélier de Derby) ou As I was Going to Derby (Comme j’allais à Derby). Les versions et les nombres de strophes purent varier au fil des années mais l’histoire principal demeurait la même : un bélier était amené au marché de Derby, il fut égorgé par un boucher et les différentes parties étaient utilisés par les habitants. Vraisemblablement que cette histoire dérivait de rites païens anglo-saxons où un bélier était sacrifié en hiver pour apporter chance et fertilité tout au long de l’année. Ces festivités impliquaient une procession de chants et de danses, accompagnée d’un homme habillait en mouton. Puis, avec la christianisation du pays, le rite disparut mais les festivités demeurèrent. Au moyen-âge, des pièces folkloriques joués par les mummers représentaient des hommes habillés en animaux, dont probablement le bélier Derby. La chanson se répandit dans tout le pays mais également en Irlande, en Ecosse et aux Etats-Unis.
La ballade était si populaire et attachée à la région de Derby qu’en 1855, le régiment du Derbyshire (First Regiment of Derbyshire Militia), dont la caserne et le quartier général étaient à Derby, opta pour un bélier comme mascotte (à l’image de la chèvre pour le régiment Welsh Fusileers). L’armée décida même de prendre cette chanson comme celle du régiment. Naturellement, le bélier s’imposa sur les armes de la ville ou comme symbole pour le nouveau club de football. Il existe également un certain nombre de représentations de bélier à Derby. La plus notable est peut-être une grande sculpture située à la jonction d’East Street et d’Albion Street.
#573 – FC Paços de Ferreira : os Castores
Les castors. Evidemment il n’y a aucun castor recensé dans la région ou aucune présence d’une immigration canadienne qui supporterait le club. Ce surnom résulte d’une opération marketing lancée par la direction du club au début des années 2000. Aidée par une agence de création, la direction opta pour le rongeur comme mascotte et surnom du club. L’animal est un constructeur de digues, de barrages en bois. Avec des dents acérées, ils travaillent le bois avec une habileté inhabituelle. Le bois est essentiel aux castors comme pour les habitants de la région de Paços de Ferreira. En effet, la ville se surnomme la capitale du meuble. Avec 5 000 entreprises, dans un rayon de cinq kilomètres autour de la ville de Paços de Ferreira, l’industrie du meuble est l’un des secteurs économiques importants de la région, devant le textile. Les usines représentent 1 million de m2 de surface de production et cette économie génère 1 milliard d’euros par an. Cette activité exporte 80% de sa production, avec une chiffre d’affaires moyen mensuel de 25 millions d’euros. Enfin, son salon du meuble, organisé chaque année sous le slogan « Capital Europeia do Móvel » (capitale européenne du meuble), est le plus important du Portugal.
#566 – FC Motagua : los Águilas Azules
Les aigles bleus. L’histoire du club commença le 29 août 1928 après que deux clubs de la capital, Tegucigalpa, disparurent, Honduras Atlética et CD Aguila. Dr Marco Antonio Ponce et le poète Marco Antonio Rosa se rencontrèrent et recrutèrent les membres des deux précédents clubs pour créer une nouvelle entité. Dans les années 1920, le Honduras connaissait une période difficile de son histoire. Le pays était instable politiquement, secoué régulièrement par des coups d’état et des conflits armés, avec l’intervention des Etats-Unis. Les relations avec ses voisins, Guatemala, El Salvador et Nicaragua, n’étaient pas non plus au beau fixe. En particulier, le Honduras contestait le fleuve Motagua au Guatemala. Dans ce contexte, les fondateurs décidèrent de nommer le club du nom de ce fleuve et de prendre le bleu foncé comme couleur, afin de rappeler les eaux du fleuve.
L’aigle s’affiche sur l’écusson du club depuis les années 1970. Depuis 2014, il s’agit même de la mascotte du club. Il semble que le majestueux oiseau soit une référence au nom de l’un des clubs prédécesseurs du Motagua, le CD Aguila. Aujourd’hui, le club considère que l’aigle personnifie la grandeur, la force, le courage et le dévouement des fans du club.
#565 – SSC Bari : Galletti
Les coqs. Les symboles des équipes ne trouvent pas toujours leurs racines dans les armes ou l’histoire de la ville qui les accueillent. Pour Bari, le coq est le résultat d’une initiative journalistique. Le 10 octobre 1928, l’hebdomadaire Guerin Sportivo sorta dans les kiosques avec en une, un article se proposant de décrire l’héraldisme des équipes de football italiennes. L’humoriste et illustrateur Carlo ‘Carlin’ Bergoglio décida d’associer aux principales équipes un animal qui devait être leur mascotte. Si pour certaines équipes, le choix fut évident (cf articles #13 et #36), l’inspiration ne vint pas pour Bari.
Mais, 1928 était une année charnière pour Bari. Venant juste d’accéder à la première division, le Bari FC décida d’absorber l’autre club de la ville, US Ideale. Le nouveau club, l’US Bari, adopta alors les couleurs rouge et blanche, celles de la ville (alors que les deux clubs évoluaient dans des couleurs différentes, noire et verte pour le FC Bari et bleu et blanc pour l’US Ideale). Le 22 septembre 1928, le journaliste Alfredo Bogardo, du journal local Cinesport, trouva bonne l’idée de Carlo Bergoglio : donner un symbole à la nouvelle équipe permettrait de mieux l’ancrer auprès des habitants des pouilles. Il lança alors un référendum populaire. Le coq remporta les suffrages face à l’aigle, l’écureuil, les moineaux et les gazelles. La tenue de l’équipe (short et maillot blanc avec un col rouge) donnait aux joueurs l’allure d’un coq au plumage blanc et à la crète rouge. En outre, pour Alfredo Bogardo, le coq était une allégorie de la combativité de l’équipe.
Ainsi, Bari apparut sous les traits d’un coq dans le Guerin Sportivo. Toutefois, le coq s’afficha sur l’écusson du club qu’en 1979. Lors de cette saison, plusieurs clubs italiens redessinèrent leur blason dans l’optique de moderniser leur image et améliorer les ventes de produits du club. Le designer italien Piero Gratton proposa la tête la tête stylisée d’un coq qui s’afficha donc sur l’écusson jusqu’à la saison 2014. Puis de 2014 à 2016, seul la crête du coq subsista. En 2016, avec le changement de propriétaire, un coq en pied s’installa sur l’écusson. Enfin, en 2018, le nouveau propriétaire revint à l’image de 1979 avec la tête du coq.
